• Rose-Croix (6)

    FRATERNITE UNIVERSELLE

    Dans la « Prière Rosicrucienne », il y a un paragraphe qui traite tout spécialement de la
    Fraternité Universelle.
    « Un seul charbon ne suffit pas pour faire un feu ; mais lorsque
    plusieurs sont mis ensemble, la force latente qui est en chacun peut
    être éveillée en une flamme émettant lumière et chaleur, et c’est en
    conformité avec cette même loi de la nature que nous nous somme
    réunis ici, ce soir, afin qu’en amassant nos aspirations spirituelles,
    nous puissions allumer et tenir enflammé le flambeau de la véritable
    fraternité spirituelle qui est le baume de Galaad, la seule panacée
    contre les maux de la terre ».
    L’Association Rosicrucienne est une école et non une religion. Pour
    appliquer son enseignement il faut s’en pénétrer, d’où la nécessité de
    relire souvent la « Cosmogonie des Rose-Croix ».
    Lorsqu’on a bien compris ce qu’est la Fraternité Universelle, et qu’on est sur la voie de sa
    réalisation, on se trouve à la porte de l’Initiation ou de la Sainteté, on est à la veille de
    l’illumination intérieure.
    Mais, comme tout problème à résoudre, il faut revenir à la source : prenons l’étude dès le
    commencement du pèlerinage des Esprits-Vierges, afin de nous rendre compte que nous
    sommes tous frères par l’Esprit et non par la chair.
    Il est nécessaire que nous ayons une vision claire du double chemin de l’involution et de
    l’évolution afin que nous puissions répondre aux questions :
    · D’où venons nous ?
    · Que sommes-nous venus faire sur cette terre ?
    · Où allons-nous ?

    Avant de vouloir appliquer la Fraternité Universelle, il faut comprendre ce qu’elle est. Si on
    dit à un homme : « il faut aimer vos ennemis », il trouvera que c’est difficile de le mettre en
    pratique s’il ne possède pas une grande foi : celle d’admettre que l’on puisse aimer un ennemi
    et non pas seulement lui pardonner.
    Pardonner à un ennemi, c’est oublier les différents qui nous séparaient, ne plus tenir compte
    du mal qu’il nous a fait.
    L’aimer c’est aller au-devant de lui et le considérer comme un autre soi-même, en lui
    prodiguant les marques d’affection les plus douces : c’est l’écueil contre lequel se heurte
    souvent celui qui pense que la Fraternité Universelle peut être facilement réalisée.
    Pour comprendre ce problème, il faut une confiance profonde en la réalité des enseignements
    de la philosophie rosicrucienne qu’il faut reconsidérer depuis les premiers éléments, se rendre
    compte de la constitution de l’univers, ce qu’est la vie hiérarchisée et divisée dans les sept
    plans cosmiques. Ces plans représentent le monde de la manifestation, dans lequel il y a des
    galaxies et, dans ces galaxies, des Logos solaires.
    Pour les êtres humains, il y a lieu de considérer que sur les 60 milliards environ d’Esprits
    Vierges, il n’y a que 3 ou 4 milliards environ en incarnation (en 1966), aux moments de
    pointe, les autres étant en attente de leur venue sur terre.
    Lorsque nous aurons atteint le niveau de développement de conscience dans le monde de
    l’Esprit Divin, nous serons à même de pouvoir devenir un Centre de Vie, un Logos solaire.
    Lorsqu’une hiérarchie est libérée du champ de la vie d’un Logos solaire (le Père), elle éclate
    et devient une galaxie.
    Dans une galaxie, il y a des centaines de milliards d’étoiles, chaque étoile étant un Logos
    solaire.
    « Notre Père » est un Logos qui, ayant atteint le développement de conscience dans le cadre
    d’une galaxie, est le plus haut initié de la période de Saturne. Au moment de la concentration
    du 6ème au 7ème plan, le Logos solaire diffuse lui-même sa conscience dans un point de
    l’espace et fait pénétrer les Esprits Vierges qui la composent dans le Monde de l’Esprit Divin
    pour les isoler du plan spirituel, et commence l’évolution des différentes hiérarchies célestes
    évoluant dans le corps divin de notre Père : notre Logos solaire avec ses douze hiérarchies.
    Nous sommes frères par l’Esprit, cette parcelle de Vie universelle qui est en nous. Nous
    sommes frères également grâce aux différents voiles de l’Esprit divin, de l’Esprit vital qui
    séparent les Esprits Vierges et forment des Egos. La parcelle de Vie de chaque Ego est
    séparée de celle de tous les autres et en cela nous sommes frères dans le sein du même Père.
    Au cours de nombreuses incarnations, l’Ego fait des expériences, tantôt comme homme,
    tantôt comme femme. Il ne se souvient pas de celles qu’il a réalisées dans chacune de ses
    propres personnalités (de ses masques), mais il apporte à chaque incarnation une conscience
    accrue par les expériences assimilées entre deux vies.

    Lorsque nous sommes frères par la chair (même père, même mère), nous constatons souvent
    des inimitiés inhérentes à la trame de la destinée. Ces frères pouvaient être ennemis dans des
    vies passées et maintenant il est nécessaire qu’ils vivent ensemble, dans une même famille,
    afin d’arriver à une compréhension mutuelle puis à la fraternité.
    La prière rosicrucienne, que nous devrions lire avec sincérité chaque jour, nous indique :
    « La reconnaissance de l’unité fondamentale de chacun en tous, la fraternité de l’esprit
    sont la réalisation de Dieu.
    Pour atteindre à cette réalisation, efforçons-nous toujours d’oublier l’extérieur souvent
    antipathique de nos frères, et de chercher à servir l’essence divine cachée au dedans, ce
    qui est la base de la fraternité ».
    Après son acquisition des : corps physique (stade minéral), corps vital (stade végétal), corps
    du Désir (stade animal), l’Ego reçut, au cours de l’Epoque Atlantéenne, l’Intellect qui lui
    permit de se diriger seul.
    Il comprit que tout effet provient d’une cause et que toute cause produit un effet. Peu à peu les
    Anges gardiens chargés de nous guider se retirèrent ; il nous appartenait dorénavant de nous
    corriger nous-mêmes de nos erreurs, de suivre la loi de cause à effet, de dompter notre corps
    du désir et d’acquérir la Sagesse par le développement de notre Intellect.
    Au début, il n’y avait qu’une seule nation pour l’ensemble de l’humanité, puis les Frères
    Aînés procédèrent à la division en races, nations, familles pour nous permettre de prendre
    conscience du Moi, mais de ce fait nous avons oublié notre origine divine, unique.
    Par suite de nos erreurs nous nous sommes cristallisés de plus en plus pour tomber dans
    l’égocentrisme. Au bas de l’échelle la Loi d’Amour disparaissait et pardonner à un ennemi
    était une faiblesse.
    Dans le plan divin, il avait été prévu qu’il serait envoyé un Instructeur : le Christ est venu
    pour aider l’humanité en apportant une loi nouvelle.
    A sa mort, Il a déchiré le voile du Temple. Il a élevé le taux de vibration du corps du désir de
    la Terre et a ouvert le chemin de l’Initiation qui, jusqu'à ce moment, était réservée à une
    catégorie de privilégiés. Ceux-ci vivaient dans l’aura d’un gourou ou d’un hiérophante qui les
    dirigeait.
    Il existe deux chemins dans l’évolution de l’humanité : celui de la Foi et celui de la
    Connaissance. Ces deux voies doivent se rejoindre dans l’avenir et ne former qu’une seule
    route. Animés par l’Amour, ceux qui suivent soit le sentier de la Connaissance, soit le sentier
    de la Foi, se rencontreront. Mais la Foi et la Connaissance sans l’Amour sont inutiles et ne
    permettent pas le développement spirituel.

    La prière rosicrucienne nous rapporte ce que Paul a souligné dans la Première Epître aux
    Corinthiens, chapitre XIII :
    « Lorsque je parlerais toutes les langues des hommes et le langage des anges, si je n’ai
    pas la charité, je suis comme un airain qui résonne ou une cymbale qui retentit. Alors
    que j’aurais le don de prophétie et une parfaite connaissance de toutes choses, que je
    pénétrerais tous les mystères et que j’aurais même toute la Foi qui transporte les
    montagnes, je ne suis rien ... Si je n’ai point la charité, tout cela ne sert de rien ».
    C’est l’affirmation que si la pensée pouvait concentrer une force telle qu’elle puisse modifier
    l’archétype d’une montagne et la déplacer, elle n’aurait aucune valeur sans la charité.
    La Foi sans Amour conduit l’humanité au fanatisme, au désastre. Il suffit de se souvenir que
    c’est au nom de la Foi, au Nom du Christ que l’on a égorgé et brûlé tant d’êtres qui ne
    suivaient pas la même religion. Au moment des Croisades, c’est au nom du Christ que l’on est
    allé délivrer des pierres et qu’on a égorgé ceux qui les gardaient : exemple de la Foi sans
    Amour.
    L’erreur de la Connaissance sans l’Amour est semblable. La science de l’énergie atomique
    conduit à créer des armes pour détruire, alors que l’on pourrait utiliser cette science pour
    guérir.
    L’humanité est actuellement à un tournant de son histoire et la science peut la détruire. Il faut
    utiliser les sommes considérables que l’on dépense pour la bombe atomique, à soulager la
    misère, à aider ceux qui souffrent de la faim et autres calamités.
    Pour ceux qui suivent le sentier de la Foi, quand l’Amour fleurit dans le coeur, cela fait un
    Saint François d’Assise, un Gandhi, un Martin Luther King. Ce dernier est véritablement un
    Saint François d’Assise moderne ; sans aucun doute, il est un être très évolué et il a choisi
    cette voie en se réincarnant dans un corps de noir pour faire connaître la Loi d’amour, se faire
    comprendre de ses frères de couleur, en ce milieu américain où la ségrégation est si vivace.
    Pour atteindre le degré de sagesse, d’Amour, d’un Martin Luther King, il faut s’être approché
    du Christ dans des vies précédentes et avoir tout sacrifié pour remplir cette mission, même au
    point d’envisager de devenir un martyr comme le fut Gandhi. Pour l’être d’une évolution
    supérieure à celle de ses semblables, il y a souvent danger de mort violente. Martin Luther
    King accepterait cette mort car il sait que son sang versé aiderait au développement de
    l’amour humain.
    Martin Luther King demande avec insistance de pardonner à ses ennemis et de les aimer : il
    affirme que détruire ainsi ses ennemis, c’est en faire des amis. C’est une vérité profonde. Il
    faut se souvenir que le Monde du Désir se divise en deux régions qui sont régies par deux lois
    différentes : l’Attraction et la Répulsion.
    Pardonner à son ennemi c’est le livrer à la loi de Répulsion ; par suite du choc en retour, sa
    haine revient vers lui, les sentiments agressifs se détruisent et l’ennemi devient un ami. On dit
    que la haine attire la haine, c’est que celle-ci est régit par la loi de Répulsion qui tend à
    purifier et à détruire le mal.

    La Cosmogonie indique que lorsque la forme d’un désir vil est attirée par une autre forme de
    même nature, il y a discordance entre leurs vibrations et elles ont l’une sur l’autre un effet
    destructeur. Au lieu de s’unir et d’amalgamer le mal avec le mal, elles agissent avec un
    pouvoir réciproque de destruction qui réduit les limites du mal.
    Si l’on comprend bien la loi de cause à effet, on commence à s’examiner et on constate
    qu’aucun de nous n’est un saint. Nous avons tous des défauts et des qualités et il ne faut pas
    voir, chez le prochain, uniquement ses défauts, il faut surtout considérer ses qualités. Il faut
    savoir aimer son prochain et, même, aimer ses défauts de façon à l’aider à les réformer.
    Chacun dans la vie a sa croix qui existe effectivement en archétype. C’est la résultante des
    leçons apprises dans des vies antérieures. Le Christ a dit : « Si quelqu’un veut me suivre, qu’il
    renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix et qu’il me suive » (Luc IX-23).
    Il faut bien remarquer que le Christ a dit que chaque jour à force de prier, de méditer, et grâce
    à des exercices de rétrospection, on arrive à se libérer la nuit d’une partie de sa croix par le
    travail d’Aide invisible. Au réveil on la reprend, allégée, mais il faut la porter jusqu'à
    complète transmutation, travail, travail qui ne se fait pas en un jour, le corps vital ne se
    modifiant que par la répétition.
    Grâce à la concentration de l’Intellect sur un sujet spirituel on élève le taux de vibration des
    éthers, par la prière on fait naître de bonnes émotions, on se purifie, par la rétrospection on
    extrait l’essence des services rendus au cours de la journée pour l’assimiler peu à peu dans le
    corps de l’âme. Le Christ est la Lumière qui est venue éclairer toute âme (corps émotionnel)
    venant en ce monde : celle d’un bandit, d’un sauvage comme celle d’un Saint François
    d’Assise. Cette influence n’est que passagère, elle persiste puisque Christ est dans le corps
    émotionnel de la Terre et qu’Il a dit : « Voici, Je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin
    des temps » (Mathieu XXVIII -20). - Le Christ étant un Archange, son corps fait d’émotion, a
    été diffusé dans le corps de la Terre.
    Au moment du Saint Sacrifice de la messe, quand le prêtre prononce les paroles de la
    consécration, il lie le Corps émotionnel du Christ à l’hostie, de même, il lie dans le vin, une
    partie de la Lumière christique. Un jour doit venir où chacun devrait pouvoir dire sa messe et
    opérer cette consécration.
    Nous ne devons pas être étonnés d’éprouver des états dépressifs, les mystiques eux-mêmes ne
    sont pas à l’abri de tels inconvénients. C’est une conséquence de la loi du balancier, loi du
    binaire, qui joue. Après la nuit vient le jour, après une période de joie vient une période
    d’ennuis, de tristesse. Connaissant cette loi nous acceptons mieux ces difficultés
    momentanées. Toutefois on peut les éviter quand il ne s’agit pas de destinée mûre, à condition
    que par la prière et la méditation on sache s’élever au-dessus de ces influences inférieures. Le
    balancier continue à aller de droite à gauche, de gauche à droite, et cela pendant des mois, des
    années, puis un jour la Lumière du Christ pénètre notre âme.
    Pour Martin Luther King il n’y a plus d’ennemis : il a atteint le stade de l’indifférence, il n’y a
    plus de race, nous faisons tous partie de cette fraternité universelle : tendre la main à celui qui
    tombe au lieu de le condamner.

    Saint François d’Assise a eu cette foi ardente et la Lumière est descendue en lui. Pour que
    l’âme vive et progresse sur le sentier souvent pénible, il faut sans cesse prier. Une nourriture
    saine est nécessaire pour le corps, il faut offrir une nourriture spirituelle à notre âme.
    Comprendre c’est arrivé à l’indifférence, même en présence de la maladie qui est, en fait, une
    Croix. Si la maladie survient, il y a une raison : erreurs dans les incarnations précédentes ou
    simplement dans cette vie. Il existe des maladies d’origine mystique en ce sens que
    l’élévation du taux de vibration conduit à la dysharmonie dans l’organisme. Lorsqu’on essaie
    de corriger ses défauts il arrive qu’on retombe dans la même faute : cette chute n’a pas grande
    importance, on arrive pas en un jour à détruire une mauvaise habitude. Ce qui serait fâcheux
    ce serait d’abandonner quand la lutte est commencée. Ce que nous ne pouvons épurer en cette
    vie, nous le ferons dans une autre si nous sommes persévérants : un effort n’est jamais perdu.
    Nos tentatives d’amélioration portent des fruits et nous permettrons d’avoir des possibilités
    plus grandes dans la vie à venir. Si nous ne sommes pas libérés maintenant, gardons l’espoir
    de progresser dans une nouvelle existence.
    Quand notre Croix nous paraît plus lourde, c’est le moment où l’aide du Christ est la plus
    forte, et c’est le moment d’intensifier notre appel vers Lui.
    M. Lachambre recommande la lecture journalière de la Prière rosicrucienne, lecture sincère
    avec la compréhension et la conscience de ce qu’il lit.
    Ainsi, les mots :
    « Pas même plus d’amour, mais le don de changer en caresse un simple mouvement
    d’humeur »
    font comprendre que, même le simple sentiment de mauvaise humeur doit être changé en
    sourire intérieur.
    L’âme doit avoir faim de rendre service, « service désintéressé » qui est la vraie nourriture de
    l’âme, qui a faim de donner et de se donner.
    L’exercice de rétrospection doit être fait régulièrement en éveillant en soi le désir de servir
    pendant la nuit en qualité d’Aide Invisible. Même si nous ne nous souvenons pas du service
    effectué, nous devons avoir confiance qu’un jour nous nous rappellerons de notre travail
    nocturne.
    Nous sentirons alors dans notre coeur le sentiment de paix qu’ont connu Saint François
    d’Assise, Gandhi et tous les grands mystiques. Plus rien ne viendra nous troubler, car nous
    serons à l’abri de la Lumière du Christ.
    Puis M. Lachambre termine son exposé par un passage de l’Evangile selon Saint Jean :
    « Mes petits enfants : je suis peu de temps encore avec vous. Vous me chercherez et
    comme j’ai dit aux Juifs : vous ne pouvez venir où je suis ; je vous le dit également
    maintenant. Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres ;
    comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous
    connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres
    (Jean XIII-33/35) ».

     


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