• Les secrets de la Basmala


    Introduction
    Le texte dont la traduction figure ci-dessous est tiré d’un
    ouvrage du grand saint soufi `Abd al-Qâdir al-Jîlânî (1077-1166),
    originaire du Jîlân (au nord de l’actuel Iran), enterré à Bagdad, et
    dont l’influence spirituelle a été et est encore très vivace au sein de
    nombreuses branches du Taçawwuf (soufisme).
    Il s’agit d’un commentaire de la formule Bismillâh al-
    Rahmân al-Rahîm (« Au nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le
    Très-Miséricordieux ») qui se trouve en tête du Coran, et en
    particulier de la première sourate, la Fâtiha (« Celle qui ouvre » le
    Livre sacré). Cette formule, appelée la Basmala, qui se retrouve
    d’ailleurs en tête de toutes les sourates (à l’exception de la
    neuvième) peut donc être considérée comme un symbole du Coran
    lui-même.21
    21 Afin d’écarter dès l’abord une objection possible, signalons que certaines écoles de
    droit musulman considèrent que ce verset ne fait pas explicitement partie de la Fâtiha, et
    donc ne doit pas être récité lors de la prière. Néanmoins, la question est clairement
    tranchée par Ibn ‘Arabî lui-même qui affirme au début du chapitre 5 des Futûhât que la
    Basmala est « le premier verset (de la Fâtiha), et en fait nécessairement partie comme en
    étant le plus éminent, contrairement à ce qui est communément admis parmi les
    oulémas ». Nous considérerons donc dans tout ce qui suit que la Basmala est bien partie
    intégrante de la première sourate, ce qui est d’ailleurs logiquement en conformité avec le
    hadith dont il est question au paragraphe suivant.
    26
    Selon un célèbre hadith22, en effet, le Coran tout entier est
    contenu dans la Fâtiha et la Fâtiha est elle-même contenue dans la
    formule Bismillâh al-Rahmân al-Rahîm. Une autre tradition
    remontant à `Alî affirme encore que la Basmala est elle-même
    contenue dans sa première lettre qui est le bâ’, lequel est à son tour
    contenu dans son point diacritique souscrit. La lettre bâ’, qui est
    donc la lettre par laquelle s’ouvre le Coran, est un symbole de
    l’Esprit universel (al-Rûh). C’est pourquoi elle est la première
    lettre du Livre, comme l’Esprit qu’elle représente est à l’origine de
    la création. Selon un symbolisme bien connu, le monde est en
    effet :
    « le Grand Livre (al-muçhaf al-kabîr) que Dieu (al-Haqq)
    récite sur nous d’une récitation extérieure, de même que le
    Coran est pour nous la récitation d’une parole. Le monde est
    composé de lettres écrites et alignées sur le parchemin
    déployé de l’existence, sur lequel l’écriture perpétuelle ne
    cesse ni ne s’arrête jamais »23.
    Dans un texte consacré au symbolisme du tissage, René
    Guénon nous livre le même enseignement :
    « ...l’Univers lui-même, dans certaines traditions, est parfois
    symbolisé par un livre : nous rappellerons seulement à ce
    propos, le Liber Mundi des Rose-Croix, et aussi le symbole
    bien connu du Liber Vitae apocalyptique. A ce point de vue
    encore, les fils de la chaîne, par lesquels sont reliés les points
    correspondants dans tous les états, constituent le livre sacré
    par excellence, qui est le prototype (ou plutôt l’archétype) de
    toutes les écritures traditionnelles, et dont celles-ci ne sont
    que des expressions en langage humain ; les fils de la trame,
    22 Voir par exemple Titus Burckhardt, Introduction aux Doctrines ésotériques de l’Islam,
    Dervy-Livres, 1969, pp. 64 sq.
    23 Ibn `Arabî, Futûhât, ch.5. Allusion à Cor. 52, 2-3.
    27
    dont chacun est le déroulement des événements dans un
    certain état, en constituent le commentaire, en ce sens qu’ils
    donnent les applications relatives aux différents états ; tous
    les événements, envisagés dans la simultanéité de
    l’“intemporel”, sont ainsi inscrits dans ce Livre, dont chacun
    est pour ainsi dire un caractère, s’identifiant d’autre part à un
    point du tissu. Sur ce symbolisme du livre, nous citerons
    aussi un résumé de l’enseignement de Mohyiddin ibn Arabi :
    “L’Univers est un immense livre ; les caractères de ce livre
    sont tous écrits, en principe, de la même encre et transcrits à
    la Table éternelle par la plume divine ; tous sont transcrits
    simultanément et indivisibles ; c’est pourquoi les
    phénomènes essentiels divins cachés dans le ‘secret des
    secrets’ prirent le nom de ‘lettres transcendantes’. Et ces
    mêmes lettres transcendantes, c’est-à-dire toutes les
    créatures, après avoir été condensées virtuellement dans
    l’omniscience divine, sont, par le souffle divin, descendues
    aux lignes inférieures, et ont composé et formé l’Univers
    manifesté” »24.
    Cette correspondance entre l’univers manifesté et le livre
    concerne naturellement au premier chef le Livre révélé, c’est-àdire
    le Coran ; et c’est l’Homme universel, à la fois « symbole de
    l’Existence universelle » (ramz al-wujûd) et « frère du Coran » qui
    est seul susceptible de lire à la fois l’un et l’autre.
    Par ailleurs, c’est dans cette correspondance que se trouve le
    fondement de la « Science des Lettres » :
    « ...le “message divin” est le “Livre du Monde”, archétype de
    tous les Livres sacrés, et les “lettres transcendantes” qui
    composent ce Livre sont toutes les créatures, ainsi qu’il a été
    expliqué plus haut. Il résulte aussi de là que la “science des
    24 René Guénon, Le Symbolisme de la Croix, ch. XIV.
    28
    lettres” (ilmul-hurûf), entendue dans son sens supérieur, est la
    connaissance de toutes choses dans le principe même, en tant
    qu’essences éternelles ; dans un sens que l’on peut dire
    moyen, c’est la cosmogonie ; enfin, dans le sens inférieur,
    c’est la connaissance des vertus des noms et des nombres, en
    tant qu’ils expriment la nature de chaque être, connaissance
    permettant d’exercer par leur moyen, en raison de cette
    correspondance, une action d’ordre “magique” sur les êtres
    eux-mêmes. »25
    Du fait de l’analogie entre Livre révélé et Liber Mundi, la
    sourate qui ouvre le Livre, la Fâtiha, et plus particulièrement la
    Basmala, qui est « la Fâtiha de la Fâtiha », doit correspondre au
    principe de la manifestation. Ce principe n’est pas envisagé ici
    sous le rapport de l’Essence en elle-même, à laquelle correspond la
    lettre alif (dont la valeur numérale est 1)26, mais en tant qu’il est
    l’Esprit (al-Rûh) ou encore l’Intellect premier (al-`aql al-awwal)
    qui est le principe immédiat de la création ; c’est pourquoi il lui
    correspond la lettre bâ’ (dont la valeur est 2). Cet Esprit lui-même
    est à la fois incréé et créé : c’est cet aspect que symbolise le point
    diacritique, et auquel Ibn `Arabî fait allusion en disant :
    « C’est par le bâ’ que l’existence s’est manifestée, et c’est par
    le point (diacritique sous le bâ’) que l’adorateur se distingue
    de l’adoré. On dit à Shiblî – qu’Allâh soit satisfait de lui ! – :
    “Tu es Shiblî”. Il répondit : “Je suis le point qui est sous le
    bâ’ ”. Ce qui est ce que nous disions, à savoir que le point se
    rapporte à la distinction. C’est l’existence du serviteur par
    laquelle est manifestée pour lui la réalité essentielle de la
    servitude. C’est pourquoi le shaykh Abû Madyan – qu’Allâh
    25 René Guénon, Le Symbolisme de la Croix, ch. XVII, en note.
    26 Selon Ibn `Arabî, d’ailleurs, « l’alif n’est pas une lettre pour qui a humé le parfum des
    Réalités essentielles (haqâ’iq) » (Futûhât, ch. 2).
    29
    lui fasse miséricorde – disait : “Je n’ai jamais vu une chose
    sans voir la lettre bâ’ écrite sur elle” »27.
    La « distinction » dont il s’agit est aussi bien entendu sous un
    autre rapport une union ; mais qui dit union pose par là même deux
    termes distincts entre lesquels cette union puisse avoir lieu. Nous
    sommes ici, s’il est permis de s’exprimer ainsi, à l’origine même
    de la dualité. Al-Rûh est
    « la “limite” même posée entre El-Haqq et el-khalq, “limite”
    par laquelle la création est séparée de son Principe divin et lui
    est unie tout à la fois, suivant le point de vue sous lequel on
    l’envisage ; c’est donc, en d’autres termes, le barzakh par
    excellence »28.
    On peut également rapprocher al-Rûh du Calame divin, ce
    qui est encore une allusion à la science des lettres. Selon un hadith
    prophétique, en effet : « La première chose que Dieu créa est le
    Calame », tandis que selon un autre hadith : « La première chose
    que Dieu créa est l’Esprit ». Il en résulte que le Calame symbolise
    l’Esprit universel : c’est la Plume divine, qui écrit la Science divine
    englobée par l’Esprit. Le point qui est sous le bâ’ représente la
    pointe de ce Calame ; on dit aussi qu’il est la première goutte
    d’encre qui s’échappa du Calame, et que toutes les lettres sont
    virtuellement contenues dans ce point : il est donc bien in
    principio, au commencement du Livre, de même que l’Esprit qui
    « procède du commandement de mon Seigneur » (Cor. 17, 84) est
    le principe immédiat de la création :
    « C’est donc le bâ’ qui est proprement à l’origine de la
    création, et celle-ci s’accomplit par lui et en lui, c’est-à-dire
    qu’il en est à la fois le “moyen” et le “lieu”, suivant les deux
    27 Ibn `Arabî, Futûhât, ch. 5.
    28 René Guénon, Aperçus sur l’ésotérisme islamique et la Taoïsme, ch. V (Er-Rûh).
    30
    sens qu’a cette lettre quand elle est prise comme la
    préposition bi »29, ce qui est effectivement le cas au début de
    la Fâtiha, où bism est formé de la préposition en question
    suivie du mot ism (nom), de sorte que l’on peut comprendre
    tout à la fois « au Nom », « par le Nom », et « dans le
    Nom »30.
    Dans certaines versions du hadith rapporté par `Alî, celui-ci
    ajoute : « ...et je suis le point sous le bâ’ ». Il s’agit alors d’un
    symbole de l’Homme universel, lequel est également, bien que
    sous un autre rapport, le barzakh par excellence. On a vu plus haut
    que Shiblî faisait usage du même symbolisme, qui fut « employé
    par certains grands initiés pour exprimer la perfection de leur
    réalisation spirituelle »31. Ibn `Arabî utilise le même symbolisme
    dans sa Prière sur le Prophète, où il désigne celui-ci par les
    expressions de « Parole du Nom Suprême », « Fâtiha du Trésor
    Inviolable », « point de la Basmala qui renferme ce qui sera et ce
    qui a été », et « vocable du Décret qui tourne sur les circonférences
    des mondes ». Michel Vâlsan, dans sa traduction de cette Prière,
    commente comme suit cette dernière expression :
    « Ce vocable n’est rien d’autre que l’expression, sous un
    aspect distinctif et dynamique, du point sous le bâ’. On
    remarquera en même temps que ce point est lui-même la
    projection de la pointe supérieure de l’alif dont le trait
    vertical représente l’axe suivant lequel se manifeste le Décret
    divin. L’élément circulaire de la forme du bâ’ représente les
    “circonférences” des mondes, qui, en tant que non séparées
    29 « C’est aussi pourquoi le bâ’ ou son équivalent est la lettre initiale des Livres sacrés : la
    Thorah commence par Bereshit, le Qorân par Bismi’Llah et bien qu’on n’ait pas
    actuellement le texte de l’Evangile dans une langue sacrée, on peut du moins remarquer
    que le premier mot de l’Evangile de Saint Jean, en hébreu, serait aussi Bereshit » (Note
    de René Guénon).
    30 René Guénon, Aperçus sur l’ésotérisme islamique et la Taoïsme, ch. V (Er-Rûh).
    31 Ibn `Arabî, Prière sur le Prophète, traduction et notes de Michel Vâlsan, Etudes
    Traditionnelles, 1974, p. 243.
    31
    les unes des autres, forment ensemble une spirale sur laquelle
    tourne le vocable du Décret »32.
    Ces considérations permettent de comprendre que le Prophète
    Muhammad - sur lui la Grâce et la Paix - a pu dire : « Je suis le
    Calame (anâ al-qalam) ». Or, selon un hadith transmis par Sa`îd
    ibn Mançûr : "La première chose qu’écrivit le Calame fut : «En
    vérité, Ma miséricorde précède (ou : l’emporte sur) Ma colère»".
    C’est pourquoi l’une des significations du point sous le bâ’ est
    celle de miséricorde (rahma); cette signification, qui se retrouve
    dans les noms divins « al-Rahmân » et « al-Rahîm » mentionnés
    dans la basmala, renvoie elle aussi aux liens très étroits qui
    unissent la rahma et le Prophète – sur lui la Grâce et la Paix
    divines.
    Les deux noms qui viennent d’être mentionnés se rattachent
    tous deux à l’idée de miséricorde (rahma)33, mais il y a néanmoins
    entre eux plus qu’une nuance : Allâh est al-Rahmân en tant que
    « Sa miséricorde embrasse toute chose » (Cor. 7, 156) ; Il est al-
    Rahîm en tant qu’Il fait miséricorde. Par Son nom al-Rahmân, Il
    crée le monde ; par Son nom al-Rahîm, Il y fait descendre Sa
    grâce et le sauve. C’est par l’Expir du Tout-Miséricordieux (nafas
    al-Rahmân) que toute chose vient à l’existence : « Al-Rahmân est
    la Qualité commune (à tous les degrés de l’Existence universelle),
    car Il est Rahmân de ce monde et de l’autre »34. En revanche, « le
    Nom al-Rahîm s’applique plus particulièrement à la demeure de
    l’au-delà », ce qui, transposé sur le plan initiatique, signifie que ce
    Nom se réfère à l’Homme universel, qui est la véritable finalité de
    la création.
    32 Ibid.
    33 A noter également l’idée de « matrice » (rihm).
    34 Dans tout ce qui suit, et sauf mention explicite du contraire, toutes les citations
    renvoient au chapitre 5 des Futûhat d’Ibn `Arabî, consacré au commentaire de la Fâtiha.
    32
    Les trois noms divins qui apparaissent dans la Basmala
    peuvent également être mis en correspondance respective avec les
    domaines de l’Essence, des Attributs et des Actes : Allâh est le
    Nom de l’Essence ; al-Rahmân est l’Attribut par excellence, qui
    contient en quelque sorte tous les autres ; et al-Rahîm correspond
    au domaine des Actes divins, au sein duquel se manifeste la Forme
    prophétique.
    Les trois mondes de l’Essence, des Attributs et des Actes sont
    également symbolisés dans la Basmala par trois alif qui y sont
    « occultés »35. Le premier est caché dans le vocable bism qui est en
    réalité composé de deux mots, la préposition bi, réduite à une seule
    lettre, étant préfixée au mot suivant, ism, qui signifie « nom ». Ce
    mot commence en principe par un alif, mais la présence de la
    préposition a pour effet de le faire disparaître. Cet alif « perdu »,
    dont le Prophète a dit qu’il avait été volé par Satan, symbolise le
    Nom suprême de Dieu : de même que celui-ci est voilé par la
    manifestation, de même l’alif est-il voilé par le bâ’ :
    « Et l’alif supprimé à la place duquel se trouve le bâ’ est la
    Réalité essentielle du Très-Haut, Recteur de l’univers (alqâ’im
    bi-l-kull), dont la miséricorde est voilée dans le point
    qui est sous le bâ’. »
    Deux autres alif sont également occultés dans la Basmala, en
    ce sens qu’ils sont prononcés, mais non écrits : l’alif qui se trouve
    dans le nom Allâh, entre le deuxième lam et le hâ’ ; et l’alif du
    nom al-Rahmân, entre le mîm et le nûn. Le premier, étant voilé
    dans le nom Allâh, est un symbole de l’Essence divine ; le second
    se rapporte au nom al-Rahmân et par là au monde des Attributs
    divins ; quant à l’alif occulté dans le vocable bism, il correspond
    comme nous l’avons dit au Nom suprême qui est en relation avec
    35 Ce point est également développé par al-Qâshâni dans son commentaire de la Fâtiha.
    Cf. la traduction et les notes de Michel Vâlsan, Etudes Traditionnelles, 1963, pp. 81 sq.
    33
    l’Homme Universel, et donc aussi au troisième Nom énoncé dans
    la Basmala. Ces trois alif constituent ainsi une expression de
    l’unité dans les trois mondes ; juxtaposés, ils forment le nombre
    111, qui est le nombre du Pôle (qutb)36.
    Nous venons de voir que le premier et le dernier mot de la
    Basmala renvoient à l’Homme Universel ; cependant, Ibn `Arabî
    est plus précis encore et indique les rapprochements suivants :
    « Al-Rahîm est Muhammad – sur lui la Grâce et la Paix
    divines – et Bism est notre père Adam ».
    Autrement dit, Bism et al-Rahîm ouvrent et ferment la
    Basmala, de même que Adam et Muhammad ouvrent et ferment
    respectivement le cycle de la Prophétie. En outre :
    « Adam – sur lui la Paix – était porteur des Noms selon la
    Parole du Très-Haut : « Et Il enseigna à Adam tous les
    Noms »37, et Muhammad – sur lui la Grâce et la Paix – était
    porteur des significations de ces Noms que portait Adam –
    sur lui la Paix. Ce sont les Paroles, selon ce qu’a dit le
    Prophète – sur lui la Grâce et la Paix : “J’ai reçu les Sommes
    des Paroles” ».
    Il est à noter en outre que la lettre mîm vient en dernier dans
    le nom d’Adam, qui est le premier des hommes mais aussi des
    Prophètes, et qu’elle vient en premier dans le nom de Muhammad,
    qui est le dernier des Prophètes et des Envoyés et les récapitule
    tous38.
    36 Ainsi d’ailleurs que le nombre formé par le total des lettres composant le mot alif luimême.
    Cf. René Guénon, Symboles [Fondamentaux] de la Science Sacrée, ch. XV.
    37 Cor. 2, 31.
    38 Cf. Ibn `Arabî, La Profession de Foi, Sindbad, 1978, p.138.
    34
    Nous devons arrêter ici ces brèves considérations, que nous
    ne pouvons développer davantage dans le cadre de la présente
    introduction. Par ailleurs, un livre n’y suffirait pas. Les
    commentaires de la Basmala se rencontrent, ainsi qu’il est naturel,
    très souvent dans le soufisme. Nous devons toutefois réserver une
    mention particulière au traité d’`Abd al-Karim al-Jîlî sur le même
    sujet39. La traduction en est récemment parue, précédée d’une
    longue et excellente introduction qui développe plusieurs points ici
    à peine effleurés. Nous ne pouvons qu’y renvoyer le lecteur
    désireux d’en approfondir la connaissance.
    Les secrets de la Basmala
    (Extrait de l’ouvrage « Trésor pour les chercheurs de la Voie de
    Dieu » - al-Ghunya li-tâlibî tarîq al-Haqq - d’`Abd al-Qâdir al-
    Jîlânî)40
    1. De la vertu (fadl) de Bismillâh al-Rahmân
    al-Rahîm
    `Atâ’ a rapporté, d’après Jâbir ibn `Abdallâh – qu’Allâh soit
    satisfait d’eux : « Lorsque fut révélé (le verset) Bismillâh al-
    Rahmân al-Rahîm, les nuages fuirent vers l’orient, les vents
    s’apaisèrent, la mer se souleva, les animaux tendirent l’oreille à
    son appel, les démons furent lapidés depuis le ciel, et Allâh
    39 Abd-el-Karim el-Jîlî, Un Commentaire ésotérique de la formule inaugurale du Coran,
    traduit et annoté par Jâbir Clément-François, Editions Albouraq, 2002. Bien
    qu’également originaire du Jîlân, cet autre grand soufi (mort en 1428) ne doit pas être
    confondu avec `Abd al-Qâdir al-Jîlânî, auteur du commentaire dont la traduction figure
    ci-dessous.
    40 `Abd al-Qâdir al-Jîlânî al-Hassanî : Al-Ghunya li-tâlibî târiq al-Haqq fi-l-akhlâq wa-ltaçawwuf
    wa-l-âdâb al-islâmiyya. Dâr al-fikr éd., première partie, pp. 110-116.
    35
    puissant et majestueux jura par sa Toute-Puissance que l’on
    n’invoquerait pas son Nom lors d’une maladie sans être guéri, que
    l’on n’invoquerait pas son Nom sur une chose sans que celle-ci soit
    bénie, et que qui réciterait Bismillâh al-Rahmân al-Rahîm entrerait
    au Paradis ».
    Abû Wâ’il a rapporté, d’après `Abdallâh ibn Mas`ud –
    qu’Allâh soit satisfait de lui : « Celui qui veut qu’Allâh le délivre
    des dix-neuf gardiens (al-zabâniya)41, qu’il dise Bismillâh al-
    Rahmân al-Rahîm, car cette parole est (composée) de dix-neuf
    lettres, et Allâh le Très-Haut fera de chacune de ces lettres un
    paradis »42.
    D’après Tâwus, Ibn`Abbas – qu’Allâh soit satisfait d’eux – a
    rapporté que `Uthmân ibn `Affân – qu’Allâh soit satisfait de lui –
    avait demandé au Prophète – sur lui la grâce et la Paix divines – la
    signification de Bismillâh al-Rahmân al-Rahîm. Celui-ci répondit :
    « C’est un nom d’entre les noms d’Allâh puissant et majestueux ;
    entre ce nom et le Nom Suprême d’Allâh, il n’y a pas plus de
    distance qu’entre le noir et le blanc de l’oeil »43.
    41 Le terme al-zabâniya est coranique : voir Cor. 96, 18. C’est dans un autre passage
    (Cor. 74, 30) qu’il est précisé que les gardiens du Feu sont au nombre de dix-neuf.
    42 Ce sont les lettres effectivement écrites dans la transcription de ce verset qui sont au
    nombre de dix-neuf. Il y a lieu de considérer en outre 3 alif « occultés » dans l’Ecriture :
    le premier, entre le bâ’ et le sîn de bism ; le second, prononcé mais non écrit, entre le
    second lâm et le hâ’ de Allâh ; le troisième, également prononcé mais non écrit, entre le
    mîm et le nûn de Rahmân ; ce qui a pour effet de porter à vingt-deux le nombre total de
    lettres de la Basmala. Al-Qâshânî met ces 19 lettres en relation avec les « mondes »
    suivants : le monde de la Toute-Puissance (Jabarût), le monde de la Royauté (Malakût),
    le Trône (al-’Arsh), le Piédestal (al-Kursî), les sept cieux, les quatre éléments, les trois
    règnes et le monde de l’homme qui synthétise l’ensemble des degrés d’existence (Cf.
    Etudes Traditionnelles, 1963, p. 84).
    43 Littéralement : sous le rapport de la proximité (min al-qurb). Il faut se souvenir,
    conformément à une remarque de Michel Vâlsan, que les termes qurb, qurba sont
    souvent utilisés pour parler à mots couverts de l’Identité Suprême (E.T., 1966, p. 248).
    36
    D’après Anas ibn Mâlik – qu’Allâh soit satisfait de lui –
    l’Envoyé d’Allâh – sur lui la Grâce et la Paix divines – a dit :
    « Celui qui ramasse sur le sol une feuille sur laquelle est inscrit
    Bismillâh al-Rahmân al-Rahîm, par considération envers Allâh et
    pour éviter qu’elle soit foulée aux pieds, Allâh l’inscrit parmi les
    véridiques et éloigne de ses parents le châtiment de l’enfer, même
    si ceux-ci sont mécréants ».
    Il est dit aussi : « Iblîs le réprouvé n’a jamais fait entendre de
    gémissements aussi plaintifs qu’en trois occasions : le premier
    gémissement, lorsqu’il fut maudit et chassé du royaume céleste
    (malakût al-sama’) ; le deuxième gémissement, lorsque naquit le
    Prophète – sur lui la Grâce et la Paix divines ; et le troisième
    gémissement lorsque fut révélée la Fâtiha du Livre, à cause de la
    présence en elle de Bismillâh al-Rahmân al-Rahîm ».
    Sâlim ibn al-Ja`d a rapporté qu’`Alî – qu’Allâh soit satisfait
    de lui – a dit : « Lorsque fut révélé Bismillâh al-Rahmân al-Rahîm,
    l’Envoyé d’Allâh – sur lui la Grâce et la Paix divines – dit : la
    première descente de ce verset eut lieu sur Adam ; celui-ci dit : ma
    postérité sera à l’abri du châtiment tant qu’elle le récitera. Ensuite,
    ce verset remonta, puis descendit sur Ibrâhîm, l’Ami intime
    (d’Allâh). Il le récita alors qu’il se trouvait dans le plateau du
    mangonneau44 et Allâh fit pour lui du feu fraîcheur et paix45.
    Après cela, le verset remonta, et ne descendit plus si ce n’est sur
    Sulaymân ; et les anges dirent alors : à présent Allâh a parfait ta
    souveraineté (mulk). Ensuite le verset remonta et Allâh puissant et
    majestueux le fit descendre sur moi ; au Jour de la Résurrection,
    ma communauté se présentera en disant Bismillâh al-Rahmân al-
    Rahîm, et lorsque leurs actions seront déposées dans la Balance, les
    bonnes actions l’emporteront ».
    44 Le mangonneau (manjanîq) est une machine de guerre destinée à lancer des pierres.
    Selon la tradition, Nemrod avait lancé Abraham dans la fournaise au moyen de cette
    machine.
    45 « Nous dîmes : ô feu, sois pour Ibrâhîm fraîcheur et paix » (Cor. 2l, 69).
    37
    L’Envoyé d’Allâh – sur lui la Grâce et la Paix divines – a dit
    aussi : « Ecrivez ce verset en tête de vos lettres, car si vous
    l’écrivez, vous parlerez en Son nom ».
    2. De la vertu de Bismillâh al-Rahmân al-
    Rahîm (suite)
    `Ikrima – qu’Allâh lui fasse miséricorde – a rapporté (une
    version beaucoup plus complète du propos cité ci-dessus et attribué
    à `Alî) :
    « La première chose qu’Allâh a créée, c’est la Table et le
    Calame. Allâh ordonna au Calame d’inscrire sur la Table tout ce
    qui devait être jusqu’au Jour de la Résurrection. Et la première
    chose qui fut écrite sur la Table est Bismillâh al-Rahmân al-Rahîm.
    Allâh fit de ce verset une sauvegarde (amân) pour ses créatures
    tant qu’elles le réciteront. C’est la récitation des habitants des sept
    Cieux, des gens du Pardon suprême, des gens des Pavillons de la
    Splendeur, des chérubins, des purs et de ceux qui louent Allâh (almusabbihûn).
    Ce verset descendit tout d’abord sur Adam – sur lui la Paix –
    et Adam dit : « Ce verset protègera ma postérité du châtiment, pour
    autant qu’elle ne cesse de le réciter ». Il remonta, puis descendit
    sur Ibrâhîm, l’Ami intime – sur lui la Paix – dans la sourate
    « Louange (à Allâh)... » (c’est-à-dire la Fâtiha). Il la récita alors
    qu’il se trouvait dans le plateau du mangonneau, et Allâh fit pour
    lui du feu fraîcheur et paix. Ensuite il remonta, puis descendit sur
    Mûsâ – sur lui la paix – dans les feuillets révélés (çuhuf)46; c’est
    dans ce verset que se trouvait la victoire sur Pharaon et ses
    magiciens, sur Hâmân et ses armées, ainsi que sur Qârûn et ses
    46 Cf. Cor. 87, 18.
    38
    partisans47. Après lui, il remonta puis descendit sur Sulaymân ibn
    Dâwud – sur eux la Paix – et c’est à son sujet que les anges dirent :
    « O fils de Dâwud, aujourd’hui Allâh a parfait ta souveraineté ».
    Car Sulaymân ne prononçait pas ce verset sur une chose sans que
    celle-ci lui soit soumise. Le jour où Il le fit descendre sur lui, Allâh
    lui ordonna de déclarer aux tribus des Banû Isrâ’îl : « Que celui
    d’entre vous qui veut entendre le verset de la protection divine
    (amân Allâh) se présente dans le sanctuaire de Dâwud devant
    Sulaymân, car celui-ci désire y tenir un prône ». Il ne resta pas un
    ermite ni un voyageur sans accourir vers lui. Lorsque les prêtres,
    les adorateurs, les ermites et les tribus furent tous rassemblés
    auprès de lui, il se leva et gravit la chaire d’Ibrâhîm, l’Ami intime.
    Puis il leur récita le verset de la protection : Bismillâh al-Rahmân
    al-Rahîm. Et personne ne l’entendit sans être rempli d’une grande
    joie. Et ils dirent : nous témoignons que tu es en vérité l’Envoyé
    d’Allâh (nashshaddu annaka larasul Allâh haqqan). C’est grâce à
    ce verset que Sulaymân a vaincu les rois de la Terre, et c’est par lui
    qu’Allâh donna la victoire à La Mekke à son Prophète – qu’Allâh
    prie sur lui et le salue.
    Après Sulaymân, le verset remonta, puis redescendit sur le
    Messie, `Isâ fils de Maryam – sur lui la Paix ; il fut rempli de joie,
    et les Apôtres se réjouirent de même. Allâh le Très-Haut lui révéla
    alors : « O fils de la Vierge, sais-tu quel est ce verset qui est
    descendu sur toi ? C’est le verset de la protection, à savoir la
    Parole Bismillâh al-Rahmân al-Rahîm. Multiplie sa récitation que
    tu sois debout, assis ou couché, que tu ailles ou que tu viennes, que
    tu montes ou que tu descendes48. Car celui dont le feuillet
    contiendra au jour de la Résurrection huit cents fois Bismillâh al-
    47 Pharaon, Hâmân et Qârûn sont cités ensemble dans le Coran : « Quant à Qârûn,
    Pharaon et Hâmân, Moïse leur avait apporté des preuves décisives, mais ils
    s’enorgueillirent sur la Terre et ils n’échappèrent pas (au châtiment) » (Cor. 29, 39).
    Qârûn n’est autre que le Coré biblique (Nb., ch. 16). Il est encore question de lui dans la
    sourate Le Récit (Cor. 28, 76-82).
    48 Il y a ici une allusion très nette aux directions de l’espace (aller et venir se situant dans
    le plan horizontal, monter et descendre selon l’axe vertical). Pour les positions « debout,
    assis ou couché », on peut se référer à Cor. 3, 191 et à Cor. 4, 103.
    39
    Rahmân al-Rahîm, qui croit en Moi et en Ma seigneurie, Je le
    sauverai du Feu et Je le ferai entrer au Paradis. Que ce verset soit
    le commencement de ta récitation et de ta prière, car celui qui
    mourra après l’avoir placé au début de sa récitation et de sa prière,
    Munkar et Nakîr49 ne le terroriseront pas, les affres de l’agonie et
    l’oppression du tombeau lui seront facilitées, Ma miséricorde sera
    sur lui, Je le mettrai à l’aise dans sa tombe et J’y éclairerai ce qu’il
    voit, Je le ferai sortir de la tombe le corps blanchi et le visage
    illuminé, de telle sorte qu’il rayonnera ; Je rendrai facile la
    reddition de son compte, Je surchargerai (le plateau contenant les
    bonnes actions dans) ses balances, Je lui donnerai la Lumière
    Parfaite sur le Pont enjambant la Géhenne (çirât) jusqu’à ce qu’il
    pénètre dans le Paradis, et j’ordonnerai à celui qui convoquera (en
    ce Jour) de l’accueillir dans les jardins de la Résurrection par la
    félicité et le pardon ». `Isâ – sur lui la Paix – demanda :
    « Allâhumma, ô Seigneur, cela est-il pour moi particulièrement ? »
    Le Très-Haut répondit : « C’est en particulier pour toi et pour qui
    te suivra, adoptera ta voie et parlera selon ta parole ; et c’est aussi
    pour Ahmad (nom céleste de Muhammad) et sa communauté qui
    viendront après toi. » C’est ainsi que `Isâ – sur lui la Paix – avertit
    ses disciples (qu’un autre Prophète le suivrait), et dit : « (O fils
    d’Israël, je suis l’Envoyé d’Allâh auprès de vous pour confirmer ce
    qui de la Tora est entre mes mains) et pour vous annoncer la bonne
    nouvelle d’un Envoyé qui viendra après moi, et dont le nom sera
    Ahmad » (Cor. 61, 6). Il leur fit part de tel et tel caractère, qualité
    ou vertu qui seraient les siens. Il reçut leur allégeance concernant
    leur foi en lui, et renouvela ce pacte avec ses compagnons au
    moment où Allâh le Très-Haut l’éleva vers le ciel. Lorsque les
    Apôtres et ceux qui le suivaient moururent, et que d’autres vinrent,
    ils s’égarèrent et égarèrent les autres, ils changèrent et substituèrent
    la vie de ce monde à la religion ; le verset de la protection quitta
    alors la poitrine des chrétiens (naçârâ), tandis qu’il resta dans la
    49 Munkar et Nakîr sont les anges "terribles" chargés d’interroger les défunts dans leurs
    tombes.
    40
    poitrine des véritables croyants parmi les gens de l’Evangile (ahl
    al-Injîl)50, tels Bahîrâ le moine51 et ses semblables. Cela jusqu’à ce
    qu’Allâh envoie le Prophète - sur lui la Grâce et la Paix divines - et
    le fasse descendre sur lui dans la sourate de la Louange (sûrat alhamd,
    c’est-à-dire la Fâtiha) à La Mekke. L’Envoyé d’Allâh - sur
    lui la Grâce et la Paix - ordonna que ce verset soit écrit en tête de
    toutes les sourates, ainsi qu’en exergue des lettres et des livres. La
    révélation de ce verset sur l’Envoyé d’Allâh – sur lui la Grâce et la
    Paix – fut une ouverture (fath) sublime. Le Maître de la Puissance
    jura par sa Toute-Puissance qu’aucun croyant ne le prononcerait
    avec une totale conviction en commençant quelque chose sans
    qu’elle ne soit pour lui une source de bénédiction, et qu’aucun
    croyant ne la réciterait sans que le Paradis ne lui dise : « A ton
    service et à tes ordres ! Allâhumma, fais entrer ce serviteur chez
    moi, à cause de Bismillâh al-Rahmâm al-Rahîm ! » Et si le Paradis
    adresse cette demande pour un serviteur, assurément cela a pour
    conséquence que celui-ci y entre ! »
    50 Il y a donc une distinction entre les chrétiens qui ont trahi le message du Christ (et qui
    sont désignés par le terme naçârâ) et ceux qui sont restés fidèles à son enseignement,
    désignés littéralement par « les musulmans d’entre les gens de l’Evangile ». Cette
    distinction est en quelque sorte comparable à celle que le Coran établit entre les Yahûd et
    les Bânû Isrâ’îl. Voir à ce sujet les notes de Michel Vâlsan à sa traduction du
    Commentaire de la Fâtiha d’`Abd al-Razzâq al-Qâshânî, Etudes Traditionnelles, 1963,
    pp. 90 sq.
    51 Il s’agit du moine nestorien Bahîrâ (prénommé Serge ou Georges) qui reconnut
    Mohammed pour le Prophète de Dieu alors que celui-ci était encore enfant (pour les
    circonstances de cet épisode, voir par exemple : Tabari : Mohammed, Sceau des
    Prophètes (extrait de la Chronique), Sindbad, 1983, pp. 34-35. On pourra se rappeler, à
    la suite de René Guénon « que les Nestoriens, dont les relations avec le Lamaïsme
    semblent incontestables, eurent une action importante, bien qu’assez énigmatique, dans
    les débuts de l’Islam » (Le Roi du Monde, ch. II, en note). Le texte qui avait motivé cette
    note disait, après avoir mentionné le « Royaume du Prêtre Jean » dont il était question au
    Moyen Age : « C’était le temps où ce qu’on pourrait désigner comme la “couverture
    extérieure” du centre en question [i.e. l’Agartha] se trouvait formé, pour une bonne part,
    par les Nestoriens (ou ce qu’on est convenu d’appeler ainsi à tort ou à raison) et les
    Sabéens. »
    41
    L’Envoyé – sur lui la Grâce et la Paix – a dit aussi : « La
    requête qui commence par Bismillâh al-Rahmân al-Rahîm ne sera
    pas rejetée. » Et de même : « Si les gens de ma communauté
    parviennent au Jour de la Résurrection sans cesser de dire
    Bismillâh al-Rahmân al-Rahîm, leurs bonnes actions seront
    alourdies dans la Balance et les (autres) communautés diront :
    comme les balances de la communauté de Muhammad – sur lui la
    Grâce et la Paix – pèsent davantage (que les nôtres) ! Leurs
    Envoyés leur diront alors : c’est parce que (ceux de) la
    communauté de Muhammad – sur lui la Grâce et la Paix –
    mettaient en tête de leurs paroles trois noms d’entre les nobles
    noms d’Allâh – exalté soit-Il ! Et si l’on déposait dans l’un des
    plateaux de la Balance (les bonnes actions de ceux de la
    communauté de Muhammad) et dans l’autre plateau les mauvaises
    actions de toutes les créatures, ce seraient les bonnes actions qui
    l’emporteraient ». Il a dit aussi qu’Allâh le Très-Haut institua ce
    verset comme guérison de tout mal, comme aide à tout remède,
    comme indépendance de toute pauvreté, comme voile pour le Feu,
    et comme protection contre toute humiliation, toute insulte et toute
    laideur pour autant qu’on ne cesse de le réciter.


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