• Ascèse monastique ascèse chevaleresque

     

     

     

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    "L'Ancien Jospeh l'Hésychaste" du Père Jospeh de Vatopaidi (Cerf, 2002, pp.45-49) :

    "Alors je vis s'approcher de moi un grand et glorieux général qui me dit : 'Veux-tu venir combattre en première ligne ?' Je me réjouis beaucoup, car c'était aussi mon désir. Je lui demandais, si possible, de m'y placer. Je ressentis dans mon âme beaucoup de haine et de fureur contre ces adversaires, car je comrpenais qu'il s'agissait de démons. Alors, ce général me sépara de la ligne des autres pères avec lesquels je me trouvais. Nous dépassâmes trois ou quatre lignes qui ressemblaient à des bataillons en position de combat. Il me plaça en première ligne avec un ou deux moines. Il me regarda, me sourit et me dit : 'Celui qui veut combattre courageausement ces êtres de ténèbres, je ne lui ferai pas obstacle. Bien au contraire, je le secourrai.' Quand je revins à moi après cette vision, je saisis rapidement son sens et je me dis : 'Humble Joseph, prépare-toi à remplir tes promesses'. De fait, les tentatioons ne tardèrent pas à se multiplier.

    (...) J'avais une pleine conscience de la guerre et je me suis battu durement (...). Lorsque je me trouvais dans un état de fatigue qui semblait sans issue, la grâce se renforçait. Alors, je recommençais. Mais plus le temps passait, plus la bataille était rude, pratiquement ininterrompu.

    (...) Comme la guerre ne faiblissait pas, alors, mois non plus, je ne faiblis pas dans ma résistance, dans la mortification et particulièrement dans la veille et la bastonnade. J'ai pleuré, gémi, invoqué Notre Souveraine la Mère de Dieu qui me réconfortait souvent, mais aucun apaisement ne se manifestait. Le combat s'arrêtait un peu que je puisse souffler, puis il repartait de plus belle. Malgré tout mon corps commençait à être épuisé et mon courage ébranlé car mes armes s'émoussaient. C'est dans la prière que je trouvais le repos et c'était pour moi un encouragement."

     

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    12 juin 2007

    Bibliographie pour une chevalerie spirituelle

     

    La chevalerie spirituelle est un sujet assez délicat à aborder. En effet, l'imaginaire chevaleresque du public contemporain a deux facettes tout à fait opposées : la première met en valeur les idéaux laïcs de la chevalerie qui défend "la veuve et l'orphelin" et la deuxième avance plutôt l'image du chevalier "brute épaisse" prêt à tout pour s'amuser, ou s'imposer, en guerroyant.

    A partir de là, il est très difficile d'expliquer à nos contemporains ce à quoi correspond cette fameuse chevalerie spirituelle dont l'initiation se réclame. En effet, elle a quelque chose de religieux et des valeurs plus spirituelles que la seule défense de la veuve et de l'orphelin. Elle a également une lecture idéalisée de cette "guerre" que le chevalier doit mener contre une part de lui-même et contre le mal dans ce monde.

    Quelques livres existent et sont accessibles au grand public. Ce sont les plus connus parmi ceux là que j'ai souhaité mettre en avant sur ce site. Evidemment, je ne parlerais pas ici de la meilleure façon d'aborder la chevalerie spirituelle, c'est-à-dire la mise en oeuvre de cette démarche initiatique particulière dans le cadre d'un Ordre chevaleresque où le souci d'une élévation spirituelle est la préoccupation première.

    Deux auteurs principaux sont à citer lorsque l'on souhaite aborder la chevalerie sous sa facette initiatique : Gérard de Sorval et Pascal Gambirasio d'Asseux.

     

     

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    Sorval est l'auteur de deux ouvrages principaux : "Le langage secret du blason" (Dervy, août 2003) et "La voie chevaleresque et l'initiation royale dans la tradition chrétienne " (Dervy, octobre 1993). Dans le premier livre, on abordera un domaine très surprenant où il s'agira de comprendre l'héraldique dans ses dimensions techniques et spirituels. On apprendra qu'on ne peut pas faire n'importe quoi n'importe comment et qu'il y a une grammaire et une orthographe à respecter comme dans tout autre langue. On découvrira surtout la signification spirituelle des couleurs (émaux et métaux pour reprendre la terminologie technique) et celle des meubles qui ornent les blasons. Dans "La voie chevaleresque" Sorval propose une étude sur la chevalerie en général (dont l'héraldique n'est qu'un élément) en abordant le métier de chevalier, le mythe de la quête du Graal et le cérémonial royal.

     

     

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    Gambirasio est lui aussi l'auteur de deux ouvrages principaux : "La voie du blason" (Télètes, 3è trimestre 1997) et "Le miroir de la chevalerie" (Télètes, 4è trimestre 1998). Dans "La voie du blason" il présente les émaux-métaux, les meubles ainsi que les formes des écus. Comme chez Sorval, il s'agit là aussi d'une aide à la compréhension du sens spirituels et des contraintes techniques à prendre en compte lorsqu'on construit son blason. La pédagogie de Gambirasion est probablement un peu plus adaptée au lecteur novice. Le deuxième ouvrage de Gambirasio est là aussi l'occasion d'aborder la problématique de la chevalerie du point de vue des idéaux qui la caractérise. L'aspect réellement initiatique est abordé par Gambirasio dans un autre ouvrage intitulé "L'homme de lumière" (Télètes, 4ème trimestre 2001) mais qui ne concerne pas exclusivement l'initiation chevaleresque mais toute initiation chrétienne.

     

     

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    Enfin pour "garder les pieds sur terre", il serait utile de prendre connaissance de l'aspect historique de l'apparition des grades à consonance chevaleresque dans la Franc-maçonnerie du XVIIIè siècle. Pour cela, le livre fondamental de Pierre Mollier intitulé "La chevalerie maçonnique, Franc-maçonnerie, imaginaire chevaleresque et légende templière au siècle des Lumières" (Dervy, Août 2005).

    Pierre Mollier est le directeur du service Bibliothèque - Archives - Musée du Grand Orient de France. Il est également rédacteur en chef de l’excellente revue Renaissance Traditionnelle. C’est dans cette revue qu’il a publié durant ces dernières années une série d’articles traitant de l’imaginaire chevaleresque dans la franc-maçonnerie. Les articles constituant cette série, complétés par un autre paru dans la revue Aries, ont été réunis dans un unique tome paru aux éditions Dervy en août 2005 sous le titre « La chevalerie maçonnique » et le sous-titre « Franc-maçonnerie, imaginaire chevaleresque et légende templière au siècle des Lumières ».

    L’auteur, avec la rigueur qui le caractérise, présente dans cet ouvrage un aspect souvent mal connu de l’histoire de la franc-maçonnerie, plus particulièrement de celle des hauts grades. En effet, loin des légendes dont il ne nie pas l’intérêt, Mollier analyse le contexte littéraire et social dans lequel sont apparus les premiers grades maçonniques à consonance chevaleresque. Il analyse aussi la genèse de la légende templière qui a longtemps nourri la Stricte Observance, dont est issu, entre autres, notre Régime Ecossais Rectifié.

    Comme chacun sait, cette problématique de la liaison entre chevalerie et maçonnerie est l’un des éléments les plus fréquemment étudier : de nombreux ouvrages traitent cette problématique avec plus ou moins de bonheur. Pierre Mollier, quant à lui, aborde cette question dans le sens inverse de ce qu’on a l’habitude de lire : en effet, au lieu de partir de la chevalerie pour essayer d’en trouver le prolongement dans la Franc-maçonnerie, notre auteur part de la franc-maçonnerie du siècle des lumières pour comprendre ce qui la pousse à se rattacher à une institution médiévale telle que la chevalerie.

    Pour conclure en essayant d'indiquer le sens de l'appartenance à cette chevalerie spirituelle, je souhaite emprunter quelques mots à mon Frère Dominicus i.o. Eques a Rosis Vitae dans lesquels il décrit bien l'articulation qui fait passer le maçon à l'état de chevalier : "La classe maçonnique a préparé les frères à l’entrée dans ce nouvel ordre par l’exercice des vertus cardinales, seul moyen de lutte contre les passions et préjugés qui obscurcissent l’âme, envahissent le cœur et entraînent l’homme dans les profondeurs de sa nature corporelle au lieu de l’élever vers les régions supérieures qui sont sa vraie demeure (...). Les travaux dans cette classe furent des travaux de purification par l’exercice des vertus morales et religieuses vécu comme une véritable ascèse. Puis l’heure est enfin venue pour les frères de cette classe de dépasser cet état et de s’engager dans une voie plus étroite encore devant mener à la Sagesse ceux qu’un désir pur et une noble persévérance appellent (...). N’en doutons pas, les chevaliers sont bien exposés dans leur combat aux plus grands dangers et avant de les affronter chacun aura dû se préparer, selon la voie qui est la sienne, dans l’espérance des secours divins que sont les vertus théologales de foi, espérance et charité qui sont conférées par la grâce de l’Esprit Saint aux hommes qui vivent dans l’imitation de Notre Seigneur Jésus-Christ et suivant son commandement (...). Et c’est avec ces armes qu’il pourra se joindre à ses frères dans un combat célestiel en correspondance du combat des légions angéliques mené sous d’autres cieux et ceci dans une même perspective universelle et eschatologique que celle de la divine liturgie où fidèles et ordres angéliques se rejoignent pour proclamer d’une seule voix la gloire et la puissance de Notre Divin Maître, Notre Seigneur Jésus Christ dans cette acclamation : « Saint, Saint, Saint le Seigneur Dieu de l’univers, le ciel et la terre son remplis de sa gloire. Hosannah au plus Haut des Cieux »" (Document particulier, Février 2006).





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