• Les
    CONSTITUTIONS
    Des
    Francs-Maçons


    Contenant
    L'Histoire, Les Obligations,
    Règlements, etc.
    De cette très Ancienne et
    Très Vénérable CONFRERIE
    A l'Usage des loges
    Londres
    Imprimé par William Hunter, pour John Senex au
    globe, et Joh, Hooke à la Fleur-de-lis en face de
    l'église St Dunstan, dans Fleet-street
    En l'année de la maçonnerie 5723
    En l'An de Grâce 1723
    A
    Sa Grâce le DUC de
    MONTAGU.
    My Lord,
    Sur l'ordre de sa Grâce le duc de Wharton, le
    présent Très Vénérable GRAND-MAÎTRE des
    Francs-maçons; et, à titre de son député,
    je dédie humblement ce Livre des Constitutions de
    notre ancienne Confrérie à votre Grâce, en
    Témoignage de la façon honorable, prudente, et
    vigilante dont elle a Rempli l'An dernier l'Office de
    notre GRAND-MAÎTRE.
    Je n'ai pas besoin de dire à votre GRÂCE quelle
    Peine a prise notre savant AUTEUR pour compiler
    et ordonner ce Livre d'après les vieilles Archives, et
    avec quelle exactitude il a comparé et concilié
    toutes choses avec l'Histoire et la Chronologie, de
    façon à faire de ces NOUVELLES
    CONSTITUTIONS un Exposé fidèle et exact de la
    Maçonnerie depuis le Commencement du Monde
    jusqu'à la MAÎTRISE de votre Grâce, conservant
    cependant tout ce qui était vraiment ancien et
    authentique dans les anciennes : car chaque Frère
    sera satisfait du Travail accompli, s'il sait qu'il a été
    Examiné et Approuvé par votre GRÂCE, et qu'il est
    maintenant imprimé à l'Usage des Loges, après
    avoir été approuvé par la GRANDE-LOGE, quand
    votre GRÂCE était GRAND-MAÎTRE. Toute la
    Confrérie se souviendra toujours de l'Honneur que
    votre GRÂCE lui a fait, et de votre Sollicitude pour
    sa Paix, et son Harmonie, et de votre solide Amitié :
    ce à quoi personne n'est plus dûment sensible que,
    My LORD,
    De Votre GRÂCE,
    Le plus obligé, et
    Le plus obéissant Serviteur,
    Et Fidèle Frère,
    J. T. DÉSAGULIERS
    Député Grand-maître
    1
    LA
    CONSTITUTION (1)
    Histoire, Lois, Obligations,
    Ordonnances
    Règlements et Usages
    DE LA
    TRES RESPECTABLE
    CONFRERIE DES
    FRANCS-MAÇONS ACCEPTÉS
    RECUEILLIS
    De leurs ARCHIVES GÉNÉRALES et
    de leurs fidèles TRADITIONS
    de nombreux âges
    POUR ETRE LUES (2)
    à l'admission d un NOUVEAU FRERE, quand le
    Maître ou le Surveillant commencera ou
    ordonnera à quelque autre Frère de lire
    comme il suit : 123
    ADAM, notre premier ancêtre, créé à l'image
    de Dieu, le Grand Architecte de l'Univers, dut
    avoir les Sciences libérales, particulièrement
    la Géométrie, inscrites dans son coeur, car
    depuis la chute même, nous trouvons ces
    principes [inscrits] dans le coeur de ses
    descendants, lesquels principes, au cours des
    temps, ont été exposés et combinés en une
    Année du Monde 1
    4003 avant J.C.
    page 2
    méthode adéquate de propositions, en
    observant les lois de la proportion
    empruntées à la technique (1). Si bien que les
    arts mécaniques donnèrent l'occasion aux
    savants de réduire les éléments de Géométrie
    en une méthode ; cette noble science, ainsi
    réduite, est le fondement de tous ces arts
    (particulièrement de la Maçonnerie et de
    l'Architecture) et la règle par laquelle ils sont
    conduits et appliqués.
    Nul doute qu'Adam enseigna à ses fils la
    Géométrie et son usage dans les divers arts et
    métiers convenant, au moins, à ces temps
    anciens ; car CAIN, à ce que nous savons,
    construisit une Cité qu'il appela « CONSACREE
    » OU « DEDIEE », d'après le nom de son fils
    aîné ÉNOCH (2), et, devenu le prince d'une
    moitié de l'Humanité, sa postérité voulut
    imiter son royal exemple en développant à la
    fois la noble science et l'art utile.
    Nous ne pouvons pas supposer non plus que
    Seth fut moins instruit qui, devenant le Prince
    de l'autre moitié de l'Humanité et aussi le
    premier qui cultiva l'Astronomie, a dû prendre
    un soin égal à enseigner la Géométrie et la
    Maçonnerie à ses descendants
    ----------------------------------
    D'autres Arts furent aussi développés par eux,
    à savoir: le travail du métal par TUBAL CAIN,
    la musique par JUBAL, l'élevage et la
    fabrication des tentes par JABAL -ce dernier
    art étant de la bonne architecture ( 3 ).
    3
    qui eurent aussi le puissant avantage d'avoir
    Adam vivant au milieu d'eux .
    Mais, sans tenir compte des récits douteux,
    nous pouvons conclure avec certitude que le
    Vieux Monde, qui dura 1 656 ans (1) ne
    pouvait pas être ignorant de la Maçonnerie et
    que la famille de Seth, tout comme celle de
    Caïn, érigea de nombreux ouvrages
    surprenants, jusqu'à ce qu'à la fin, NOE, le
    neuvième descendant de Seth, [se vît]
    commandé et dirigé par Dieu pour construire
    la Grande Arche qui, quoiqu'en bois, fut
    certainement fabriquée selon la géométrie et
    d'après les règles de la Maçonnerie (2).
    NOE et ses trois fils, JAPHET, SEM et CHAM,
    tous maçons authentiques, amenèrent avec
    eux, après le Déluge, les traditions et les arts
    antédiluviens et les communiquèrent
    largement à leur descendance de plus en plus
    nombreuse ; c'est ainsi que 101 ans après le
    Déluge, nous trouvons un grand nombre
    d'entre eux, sinon la race entière de NOE,
    employés dans la vallée de Sbinear (3) à la
    construction d'une ville et d'une grande tour
    (4), afin de se donner à eux-mêmes un nom et
    Année du Monde 1757
    P 85
    avant J.C. 2247
    Car, par quelques vestiges de l'Antiquité,
    nous savons que l'un d'eux, le pieux ENOCH
    (5) (qui ne mourut pas mais fut transporté
    vivant au Ciel), prophétisa la conflagration
    finale au Jour du Jugement (comme nous le dit
    SAINT-JUDE (6)) et aussi le déluge général
    pour la punition du Monde. C'est pour cela
    qu'il éleva deux grands piliers (d'autres les
    attribuent à Seth), un de pierres et l'autre de
    briques sur lesquels étaient gravées les
    sciences libérales, etc. Et que le pilier de
    pierre subsista en Syrie jusqu'aux jours de
    l'Empereur Vespasien. (7)
    4
    de prévenir leur dispersion. Et ainsi, ils
    élevèrent leur ouvrage à une hauteur
    monstrueuse et, par leur vanité, provoquèrent
    Dieu à confondre leurs desseins en
    confondant leur langage, ce qui occasionna
    leur dispersion; cependant leur habileté n'en
    doit pas moins être louée car ils ont consacré
    plus de cinquante-trois ans à ce travail (1)
    prodigieux et, après leur dispersion, ils
    amenèrent avec eux la science suprême dans
    des contrées lointaines où ils en firent un bon
    usage dans l'établissement de leurs
    royaumes, républiques et dynasties. Et si, par
    la suite, cette science] fut perdue sur la plus
    grande partie de la Terre, elle fut
    particulièrement conservée à Sbineur et en
    Assyrie où NEMROD *, le fondateur de cette
    monarchie, après la dispersion, construisit
    beaucoup de splendides cités comme Erec,
    Accad et Calné en SHINEAR, d'où il passa plus
    tard en ASSYRIE et construisit Ninive,
    Rebovot, Calasb et Resen. (2)
    Année du Monde 1810
    2194 avant J.C.
    Dans ces régions, au bord du Tigre et de
    l'Euphrate, fleurirent plus tard de nombreux
    savants prêtres et mathématiciens
    NEMROD, qui signifie « un rebelle » fut le nom
    qui lui fut donné par la Sainte-famille et par
    Moise, mais, parmi ses amis, en Chaldée, son
    propre nom était BEL, qui signifie « SEIGNEUR
    » et, par la suite, il fut adoré comme un Dieu
    par beaucoup de nations sous le nom de Bel
    ou Baal, et il devint le Bacchus des anciens ou
    Bar Cush, le fils de CUSH. (3)
    5
    connus sous le nom de CHALDEENS OU
    MAGES (1) qui conservèrent [cette] bonne
    science [qu'est] la Géométrie, de même que
    les ROIS et les grands hommes encouragèrent
    l'Art Royal. Mais il n'est pas opportun de
    parler davantage des prémisses, sauf dans
    une Loge formée.
    De là, par conséquent, la Science et l'Art
    furent transmis à la fois aux âges postérieurs
    et à des climats éloignés, malgré la dispersion
    des langues ou dialectes, qui a pu donner
    naissance à la possibilité [qu'ont les] maçons
    et à l'ancien usage universel de [pouvoir
    converser sans parler et de se reconnaître l'un
    l'autre à distance plutôt qu'elle n'entravât les
    progrès de la Maçonnerie dans chaque colonie
    et leur communication dans leur dialecte
    national distinct. (2)
    Et, il n'y a pas de doute, l'Art Royal fut
    apporté en Egypte par MITSRAÏM, le second
    fils de CHAM, environ six ans après la
    confusion de Babel et 160 ans après le
    déluge, quand il conduisit là sa colonie (car
    Egypte [se dit] Mitsraïm en hébreu). Nous
    savons en effet que l'inondation des rivages
    du fleuve du Nil a rapidement amené un
    progrès en géométrie qui, en conséquence,
    mit la Maçonnerie fort à contribution En effet,
    les anciennes [et] nobles villes, avec les
    autres magnifiques édifices de ce pays, en
    particulier les fameuses Pyramides,
    démontrent le goût précoce et le génie de cet
    ancien Royaume. De plus, (4) une de ces
    PYRAMIDES d'Egypte
    Les pierres de marbre, amenées par un long chemin
    des carrières d'Arabie, avaient, pour la plupart
    d'entre elles, 30 pieds de long et ses fondations
    couvraient le sol sur 700 pieds de chaque côté ou 2
    800 pieds de tour et 481 de hauteur perpendiculaire.
    Et pour accomplir cet ouvrage, il fut employé,
    chaque jour, pendant 20 années entières, 360 000
    hommes, par quelque ancien roi d'Egypte,
    longtemps avant que les Israélites fussent un
    peuple, pour l'honneur de son Empire et pour qu'à la
    fin elle devînt sa tombe. (5)
    123 18 mai 2000
    6
    est considérée comme la première des Sept
    Merveilles du Monde (1), sa description par les
    historiens et les voyageurs est presque
    incroyable.
    Les Archives sacrées nous apprennent bien
    que les onze petits-fils de CANAAN (le plus
    jeune fils de CHAM) (2), se fortifièrent tôt dans
    des places-fortes et des villes solidement
    entourées de murs et érigèrent beaucoup de
    beaux temples et maisons particulières aussi,
    quand les Israélites, sous le Grand Josué,
    envahirent leur pays, ils le trouvèrent si
    régulièrement défendu que, sans l'immédiate
    intervention de Dieu en faveur de son peuple
    élu, les Cananéens eussent été inexpugnables
    et invincibles. Et nous ne pouvons pas
    supposer que les autres fils de CHAM, à savoir
    Chush son aîné en Arabie du Sud et Phut ou
    Phuts (maintenant appelé Fes) en Afrique
    Occidentale, n'aient pas fait aussi bien. (3)
    Et sûrement, la belle et vaillante postérité de
    JAPHET (le fils aîné de Noé), même ceux qui
    voyagèrent à travers les îles des Gentils (4),
    doit avoir été aussi habile en Géométrie et en
    Maçonnerie, quoique nous ne connaissions
    que peu de leurs activités et de leurs oeuvres
    puissantes, jusqu'à ce que leur surprenante
    connais7
    sance fût presque perdue par le désastre de la
    guerre et parce qu'elle n'a pas maintenu de relations
    convenables avec les nations policées et instruites:
    en effet, quand ces relations furent ouvertes dans
    les âges postérieurs, nous savons qu'ils
    commencèrent à devenir de très surprenants
    architectes.
    La postérité de SEM a eu aussi les mêmes
    occasions de cultiver l'Art utile, même ceux d'entre
    eux qui plantèrent leurs colonies dans le Sud et l'Est
    de l'Asie; [et], à plus forte raison, ceux d'entre eux
    qui, dans le grand Empire assyrien, vécurent dans
    un Etat distinct ou furent mêlés à d'autres familles
    (1).De plus cette branche sacrée de SEM (de
    laquelle, par la chair, le CHRIST est venu) (2), ne
    dut pas être maladroite dans les arts savants
    d'Assyrie: car ABRAM, environ 268 ans après la
    confusion de Babel (3), fut appelé en dehors d'Ur en
    Chaldée où il avait appris la Géométrie et les Arts
    qui en sont issus, chose qu'il dut soigneusement
    transmettre à Ismaël, à Isaac et à ses enfants nés
    de Ketura (4) et, par Isaac, à Esaü et à Jacob et aux
    douze patriarches. Même les Juifs croient
    qu'ABRAM instruisit aussi les Egyptiens dans la
    science assyrienne.
    AM. 2078
    1926 avant J.C.
    En fait, la famille élue [n'] utilisera longtemps [que] la
    seule architecture militaire, car ils étaient passagers
    parmi les [nations] étrangères, mais, avant que les
    430 années de leur pérégrination fussent expirées,
    86 ans même avant leur Exode (5), les Rois
    d'Egypte forcèrent la plupart d'entre eux à
    abandonner leurs instruments de berger et leurs
    équipements de guerre et
    AM. 2427 1577 avant J.C.
    8
    les exercèrent à un autre genre d'architecture
    en pierre et en brique comme la Sainte
    Ecriture et d'autres histoires nous
    l'apprennent ( 1 ); en quoi Dieu les dirigea
    avec sagesse, pour faire d'eux de bons
    maçons avant qu'ils ne possèdent la Terre
    promise alors fameuse par une très
    surprenante Maçonnerie. Et tandis qu'ils
    marchaient vers Canaan, à travers l'Arabie,
    sous Moïse, Dieu prit plaisir à inspirer la
    sagesse au coeur de BETSALEEL, de la tribu
    de Juda, et d'AHOLIAB, de la tribu de Dan (3),
    pour ériger cette très glorieuse tente ou
    tabernacle, à l'intérieur de laquelle résidait la
    Shekina (4) qui, quoique n'étant ni de pierre,
    ni de brique, fut disposée selon la Géométrie.
    [C'était] une très belle pièce d'architecture
    (qui servit plus tard de modèle au Temple de
    Salomon), d'après le modèle que Dieu avait
    montré à Moïse sur la Montagne (5), en
    conséquence de quoi [Moïse] devint le MAITRE
    MACON GENERAL aussi bien que roi de
    Jeschurun (6), car il était à la fois habile dans
    toutes les connaissances égyptiennes et
    divinement inspiré par la plus sublime
    connaissance en Maçonnerie.
    Ainsi les Israélites, à leur sortie d'Egypte,
    étaient un entier royaume de Maçons, bien
    instruits, sous la conduite de leur GRANDMAITRE
    MOISE qui les ordonna souvent en
    une Loge régulière et générale, quand ils
    étaient dans le Désert et leur donna de sages
    obligations, règlements, etc. Les ont-ils bien
    observés ? Mais on ne peut mentionner
    davantage que les Prémisses.
    9
    Et après qu'il furent possesseurs de Canaan, les
    Israélites ne se montrèrent pas inférieurs en
    Maçonnerie aux anciens habitants, mais, au
    contraire, la développèrent largement, grâce à la
    direction spéciale du Ciel; ils fortifièrent mieux et
    améliorèrent les maisons de leurs villes et les palais
    de leurs chefs et ils furent seulement inférieurs en
    architecture sacrée tant que le Tabernacle fut
    debout, mais pas pour longtemps, car le plus bel
    édifice sacré des Cananéens fut le Temple de
    Dagon à Gaza des Philistins, fort magnifique et
    assez grand pour recevoir 5000 personnes sous son
    toit, lequel [Temple] était artistement soutenu par
    deux colonnes principales et était une admirable
    découverte de leur puissante habileté en
    maçonnerie authentique, ainsi qu'on doit le
    reconnaître (2).
    AM. 2554
    1450 avant J.C.
    Mais ce Temple de Dagon, et les plus beaux
    agencements de Tyr et de Sidon ne peuvent
    pas être comparés au Temple du Dieu Eternel
    à Jérusalem, commencé et fini, à
    l'étonnement du monde entier, dans le court
    espace de sept ans et six mois, par le très
    habile homme et très glorieux Roi d'lsrael, le
    Prince de la Paix et de l'Architecture,
    SALOMON, le fils de David, à qui
    AM. 2554
    1450 avant J.C
    Par lesquelles (colonnes) le glorieux SAMSON
    [fit] écrouler [le Temple] sur les seigneurs des
    Philistins et fut aussi entraîné dans la même
    mort qu'il avait lancée sur ses ennemis parce
    qu'ils lui avaient crevé les yeux aprés qu'il eut
    révélé ses secrets à sa femme qui l'avait trahi
    [et livré] entre leurs mains; à cause de cette
    faiblesse, il n'eut jamais l'honneur d'être
    compté parmi les Maçons. Mais il n'est pas
    convenable d'écrire d'avantage à ce sujet (3).
    10
    fut refusé cet honneur car il était homme
    sanguinaire (1), sous la direction de Dieu,
    sans [qu'on entendît] le bruit des marteaux
    des ouvriers (2), quoiqu'il y fût employé non
    moins de 3 600 princes ou maîtres maçons
    pour conduire le travail d'après les
    instructions de Salomon, avec 80 000 tailleurs
    de pierre ou compagnons dans la montagne;
    et 70 000 manoeuvres: en tout .......
    153 600
    en plus de la levée, sous Adoniram, pour
    travailler dans les montagnes du Liban
    alternativement avec les Sidoniens,
    à savoir......... 30 000
    faisant en tout :........ 183 600(3)
    Pour un aussi grand nombre de Maçons
    habiles, Salomon fut largement obligé par
    HIRAM ou Huram, roi de Tyr, qui envoya ses
    maçons et charpentiers à Jérusalem
    Dans I Rois, V, 16, ils sont appelés Harodim,
    chefs ou prévôts assistant le roi Salomon, qui
    surveillaient le travail et leur nombre était
    seulement de 3 300. Mais [dans] 11 Chron. Il,
    18, ils sont appelés Menabim, surveillants et
    contremaîtres du peuple au travail et au
    nombre de 3 600, soit parce que 300
    pouvaient être de plus habiles artisans et les
    surveillants desdits 3 300, soit plutôt parce
    qu'ils n'étaient pas si excellents et [étaient]
    seulement députés maîtres pour remplir leur
    place en cas de mort ou d'absence, en sorte
    qu'il y ait toujours 3 300 maîtres en activité
    au complet; ou encore ils pourraient être les
    Surveillants des 70 000 Ish Sabbal, hommes
    de peine ou manoeuvres qui n'étaient pas
    maçons mais servaient les 80 000 Ish Hotseb,
    tailleurs de pierres, appelés aussi Giblim,
    appareilleurs et sculpteurs, ou aussi Bonai
    bâtisseurs en pierres (4), dont une partie
    dépendait de Salomon, et l'autre d'Hiram, roi
    de Tyr, 1, Rois, V, 18. (5).
    11
    et les pins et cèdres du Liban à Jaffa, le plus
    proche port de mer (1).
    Mais, par dessus tout, il envoya son
    homonyme, HIRAM ou Huram (2), le Maçon le
    plus accompli de la Terre .
    Nous lisons (11 Chron. Il, 13) qu'HIRAM, roi de
    Tyr, (appelé ici Huram), dans sa lettre au roi
    SALOMON, dit: J'ai envoyé (3) un homme
    habile le Huram Abi. Il ne faut pas traduire [ce
    terme] selon [la version] vulgaire grecque ou
    latine, Huram, mon père comme si cet
    architecte était le père du roi HIRAM, car sa
    description, ver[set] 14, réfute [cette
    interprétation] et le texte original signifie
    clairement Huram de mon père, c'est-à-dire le
    chef maître maçon de mon père, le roi ABIBAL
    (4) (qui grandit et embellit la ville de Tyr,
    comme nous en informent d'anciennes
    histoires, d'après lesquelles les Tyriens de ce
    temps étaient fort experts en Maçonnerie) (5).
    Quelques-uns pensent qu'HIRAM le Roi aurait
    pu appeler Hiram l'architecte « père », ainsi
    que l'on pouvait appeler dans les anciens
    temps des gens savants et habiles, ou
    commeJoseph fut appelé le père du
    PHARAON, ou comme le même Hiram est
    appelé le père de Salomon (11 Chron. IV, 16)
    où il est dit:
    Shlomo lamelek abi huram asa
    Hiram, son père, fit pour le roi Salomon
    Mais on surmonte cette difficulté en
    admettant d'abord que le mot Abif est le
    surnom d'Hiram le Maçon appelé aussi (chap.
    Il, 13) Hiram Abi [comme ici Hiram Abifl, car,
    comme il est si amplement décrit (chap. Il,
    14), nous pouvons facilement supposer que
    son surnom n'aurait pu être caché. Et cette
    lecture prend son sens plein et complet, à
    savoir qu'HIRAM, roi de Tyr, envoya au roi
    Salomon son homonyme HIRAM ABIF, le
    prince des Architectes, dépeint (I Rois, Vll, 14)
    comme étant le fils d'une veuve de la tribu de
    Nephtali et (dans II Chron. II, 14) ledit roi de
    Tyr l'appelle l'enfant d'une femme parmi les
    filles de Dan et dans les deux références [il
    est dit] que son père était un homme de Tyr.
    Cette difficulté est résolue,
    12
    Et la prodigieuse dépense faite à cette
    occasion en augmenta encore l'excellence,
    car, à côté des vastes préparatifs du roi David
    (1), SALOMON, son fils, plus riche, et tous les
    Israélites fortunés et les nobles de tous les
    royaumes voisins y contribuèrent largement
    en or, argent et riches joyaux qui se
    montèrent à une somme presque incroyable
    (2).
    Et nous ne lisons rien sur aucune chose en Canaan
    [qui soit] aussi grand le mur qui l'entourait faisait 7
    700 pieds de tour (3) ;
    si nous supposons que sa mère était, soit de
    la tribu de Dan, soit [une des] filles de la ville
    appelée Dan dans la tribu de Nepôtali et que
    feu son père avait été un Nepôtalinite [ce qui
    explique pourquoi] sa mère était appelée une
    veuve de Nephtali, car son père n'est pas
    appelé un Tyrien d'origine, mais un homme
    de Tyr par résidence, comme Obed Edom, le
    lévite, est appelé un Githéen (4) parce qu'il
    vivait parmi les Githéens et l'apôtre Paul un
    homme de Tarse. D'ailleurs, en admettant
    une erreur des scribes et que son père ait été
    réellement un Tyrien par le sang et sa mère
    seule une enfant de Dan ou de Nephtali, ceci
    n'est pas un obstacle pour reconnaître sa
    vaste capacité car, comme son père travaillait
    dans l'airain, ainsi lui-même était empli de
    sagesse, d'intelligence et de savoir pour faire
    toutes sortes d'ouvrages d'airain. Et quand le
    roi SALOMON k réclama, le roi HIRAM, dans sa
    lettre à Salomon, dit : le t'envoie donc un
    homme habile et intelligent. Il est habile pour
    les ouvrages en or, en argent, en airain, en
    fer, en pierre et en bois, en étoffes teintes de
    pourpre et de bleu, en étoffes de byssus et de
    carmin et pour toutes les espèces de
    sculptures et d'objets d'art qu'on lui donne à
    exécuter. Il travaillera avec tes hommes
    habiles et avec les hommes habiles de mon
    seigneur David, ton père. Ce travailleur
    divinement inspiré confirma cette réputation
    en érigeant le Temple et en fabriquant sur
    place les objets du culte, bien loin au-delà des
    réalisations d'Aholiab et de Betsaleel, car il
    était aussi universellement apte à toute
    espèce de Maçonnerie.
    13
    aucune construction sacrée ne pourrait de loin
    lui être comparée pour l'exactitude de ses
    proportions et de ses belles dimensions, du
    magnifique portique à l'est au glorieux et
    vénérable Saint des Saints à l'ouest (1), avec
    les appartements très élégants et très
    pratiques pour les rois et les princes, les
    prêtres et les lévites (2), les Israélites et aussi
    les Gentils, car [le Temple] était une maison
    de prière pour toutes les nations (3) et [il
    pouvait] recevoir dans le Temple proprement
    dit et dans toutes les cours et appartements
    réunis, pas moins de 300 000 personnes, en
    accordant une coudée carré par individu,
    selon un modeste calcul (4).
    Et si nous considérons les 1453 colonnes de
    marbre de Paros avec ses pilastres en nombre
    double, les uns et les autres couronnés de
    splendides chapiteaux de divers ordres, ainsi
    qu'environ 2 246 fenêtres en plus de ceux du
    dallage avec les coûteuses décorations de
    l'intérieur que l'on ne peut décrire (et nous
    pourrions dire beaucoup plus) (5), nous
    devons conclure que son coup d'¦il dépasse
    l'entendement et qu'il fut, à juste titre,
    considéré comme la plus belle pièce de
    Maçonnerie sur Terre, de très loin, avant
    comme après, et la principale merveille du
    Monde ; et il fut dédié ou consacré de la
    manière la plus solennelle par le roi SALOMON
    (7).
    AM. 3000
    11004 avant J.C. (6)
    Mais en laissant de côté ce que nous ne
    devons pas et, par conséquent, nous ne
    pouvons pas transmettre par l'écriture, nous
    pouvons en confiance affirmer que,
    quelqu'ambitieux qu'aient été les païens en
    cultivant l'Art royal, cet Art ne fut jamais
    rendu parfait jusqu'à ce que Dieu
    condescendît à instruire son Peuple élu en
    élevant l'importante tente dont nous avons
    parlé (8) et en construisant
    14
    à la fin cette maison magnifique, élevée pour
    l'éclat spécial de sa gloire où il résidait entre
    les Chérubins (1) sur le Propitiatoire, et de là,
    il leur donna fréquemment des réponses
    d'oracles (2).
    Cet édifice très somptueux, splendide, beau
    et glorieux attira bientôt des artistes curieux
    de toutes les nations [en sorte qu'] ils
    passèrent quelque temps à Jérusalem pour
    observer ses perfections particulières, tout
    autant qu'il était permis aux Gentils : de la
    sorte, ils découvrirent bientôt que le monde
    entier, toute habileté jointe, avait été fort
    inférieur aux Israélites (3) en sagesse et en
    habileté dans l'architecture, quand le sage roi
    SALOMON était GRAND-MAITRE de la Loge de
    Jérusalem, que le savant roi HIRAM était
    Grand maître de la Loge de Tyr et l'inspiré
    HIRAM ABI était Maître des Travaux et que la
    Maçonnerie était sous le soin et la direction
    immédiate du Ciel, quand les nobles et les
    sages tenaient à l'honneur d'aider les maîtres
    habiles et les artisans et quand le Temple du
    VRAI DIEU devint la Merveille pour tous les
    voyageurs, au moyen de laquelle, comme sur
    le plus parfait modèle, ils corrigeaient à leur
    retour l'architecture de leur propre pays.
    Ainsi, après l'érection du Temple de Salomon,
    la Maçonnerie fut développée dans toutes les
    nations voisines, car les nombreux artistes qui
    y avaient été employés sous la direction
    d'Hiram Abi se dispersèrent après son
    achèvement en Syrie, Mésopotamie, Assyrie,
    Chaldée, Babylonie, Médie,
    15
    Perse, Arabie, Afrique, Asie mineure, Grèce et
    autres parties de l'Europe où ils enseignèrent
    cet art libéral aux fils de naissance libre (1)
    des personnes éminentes, grâce à l'habileté
    desquels les Rois, Princes et Potentats
    construisirent beaucoup de glorieux édifices
    et devinrent GRANDS MAITRES, chacun sur
    son propre territoire, et se piquèrent
    d'émulation pour exceller dans cet art royal.
    Bien plus, même à propos de l'INDE (2) avec
    laquelle des relations furent ouvertes, nous
    pouvons conclure de même. Mais aucune de
    ces nations, même toutes ensemble, ne put
    rivaliser avec les Israélites, encore moins les
    dépasser, et leurTemple demeura le modèle
    constant .
    AM. 3648
    356 avant J.C.
    Car quoique l'on suppose que le temple de
    Diane à Ephèse fut d'abord construit par
    quelques uns des descendants de Japhet qui
    avaient fait un établissement en Ionie vers les
    temps de Moïse, cependant il fut souvent
    détruit, et alors rebâti pour être perfectionné
    en Maçonnerie et nous ne pouvons calculer
    que l'époque de sa dernière et glorieuse
    érection (laquelle devint une autre des Sept
    Merveilles du Monde) n'a pas été antérieure à
    celle du Temple de Salomon (3) : au contraire,
    c'est longtemps après que les rois de l'Asie
    Mineure se groupèrent pendant 220 ans pour
    1'achever, avec 107 colonnes du marbre le
    plus fin et beaucoup d'entre elles [décorém]
    de très exquises sculptures (chacune étant
    [élevée] aux frais d'un roi par les Maîtres
    Maçons DRESIPHON et ARCHIPHRON) pour
    soutenir le plafond en planches et le toit de
    pur bois de cèdre, tandis que les portes et
    revêtements étaient en cyprès (4). Par quoi il
    devint la perle de l'Asie Mineure, avec 425
    pieds de long et 220 pieds de large (5). Aussi
    était-il un édifice si admirable que XERXES le
    laissa debout alors qu'il brûlait les autres
    temples dans sa route vers la Grèce :
    cependant, à la fin, il fut la proie du feu et fut
    complètement brûlé par un vil compagnon qui
    n'avait d'autre désir que de faire parler de lui,
    le jour même de la naissance d'Alexandre-Le-
    Grand (6).
    16
    C'est ainsi que le GRAND MONARQUE
    NABUCHODONOSOR ne put jamais, malgré
    ses indescriptibles avantages, élever sa
    maçonnerie jusqu'à la belle grandeur et
    magnificence de l'édifice du Temple, aussi,
    dans sa belliqueuse rage, le brûla-t-il après
    qu'il eut subsisté dans sa splendeur 416 ans
    depuis sa consécration (1). Mais après avoir
    terminé ses guerres et proclamé la paix
    générale, il dirigea son coeur vers
    l'architecture et devint le GRAND-MAITRE
    MAÇON; et comme il avait auparavant amené
    captifs les habiles artistes de la Judée et des
    autres pays conquis (2), il créa vraiment la
    plus grande oeuvre sur Terre, les murs même
    et la ville, les palais et
    AM. 3416
    588 avant J.C.
    [Ces murs avaient] 77 pieds d'épaisseur (3),
    350 pieds de hauteur et 480 furlongs, ou 60
    miles anglais, de tour, en un carré parfait de
    15 miles de côté, construits en grandes
    briques, cimentées de bitume dur de cette
    vieille vallée de Shinear avec 100 portes
    d'airain, soit 25 sur chaque côté et 250 tours,
    plus hautes que les murs de 10 pieds.
    De ces 25 portes partaient de chaque côté 25 rues
    en ligne droite, soit en tout 50 rues, chacune de 15
    miles de long, avec quatre demi-rues à côté des
    murs, chacune de 200 pieds de large, alors que les
    rues entières étaient larges de 150 pieds. Et ainsi la
    cité entière était découpée en 676 carrés, chacun
    ayant 2 miles 1/4 de tour; autour de ces carrés
    étaient construites des maisons hautes de trois ou
    quatre étages, bien ornées et pourvues de cours, de
    jardins, etc. Une branche de l'Euphrate coulait en
    son milieu du nord au sud, sur laquelle, dans le
    coeur de la ville, fut construit un pont superbe d'un
    furlong de long et de 30 pieds de large, d'un art
    admirable pour pallier l'absence de fondations dans
    le fleuve. Et aux deux extrémités de ce pont étaient
    deux magnifiques palais, le Vieux Palais, résidence
    des
    17
    les Jardins Suspendus, le Pont et le Temple de
    Babylone, la troisième des Sept Merveilles du
    Monde, cependant de beaucoup inférieurs
    quant à la sublime perfection de la
    Maçonnerie au saint, charmant, gracieux
    Temple de DIEU. Mais comme les Juifs captifs
    furent d'une utilité spéciale à
    Nabuchodonosor pour ses glorieuses
    constructions, et
    anciens rois, à l'extrémité est, qui occupait
    l'espace de quatre carrés et le Nouveau
    Palais, à l'extrémité ouest, construit par
    Nabuchodonosor, qui occupait neuf carrés
    avec les Jardins Suspendus (si souvent
    célébrés par les Grecs), où les arbres les plus
    hauts pouvaient pousser comme dans les
    champs. [Ces jardins] formaient un carré de
    400 pieds de chaque côté, s'élevaient en
    terrasses et étaient soutenus par de grandes
    voûtes construites sur d'autres voûtes jusqu'à
    la terrasse la plus élevée [qui] atteignait en
    hauteur les murs de la ville, avec un aqueduc
    remarquable pour arroser l'ensemble des
    jardins. L'ancienne Babel, rénovée, se situait
    du côté est du fleuve et la nouvelle ville, sur
    le côté ouest, beaucoup plus grande que
    l'ancienne, [était] construite de façon que
    cette capitale fût plus importante que
    l'ancienne Ninive, quoiqu'elle n'atteignît
    jamais plus de la moitié de ses habitants. Le
    fleuve était endigué par des berges de
    briques aussi épaisses que les murs de la
    ville, de 20 miles de long, à savoir 15 miles à
    1'intérieur de la ville et 2 miles 1/2 en amont
    et en aval, de façon à garder 1'eau à
    l'intérieur de son cheval, et chaque rue qui
    traversait le fleuve avait une porte d'airain
    pour descendre à l'eau sur les deux berges. A
    l'ouest de la ville était un lac prodigieux de
    160 miles de tour avec un canal coulant
    depuis le fleuve pour prévenir les inondations
    en été.
    Dans la vieille ville était la vieille tour de BABEL (1)
    dont les fondations formaient un carré de deux miles
    consistant en huit tours carrées construites l'une sur
    l'autre, avec des escaliers extérieurs tout autour
    [qui] conduisaient à l'observatoire du sommet, haut
    de 600 pieds (soit 19 pieds plus haut que la plus
    haute pyramide) grâce auquel [les Babyloniens]
    devinrent les premiers astronomes. Et dans les
    18
    continuant ainsi à travailler, ils conservèrent
    leur grande habileté en Maçonnerie et
    restèrent très capables de reconstruire le
    Saint Temple et la Cité de SALEM (1) sur ses
    vieilles fondations lorsque cela fut ordonné
    par l'édit ou décret du GRAND CYRUS,
    conformément à la parole de Dieu qui avait
    prédit ce relèvement et ce décret (2). Et
    pièces de la Grande Tour, avec des toits
    voûtés soutenus par des piliers de 75 pieds de
    haut, on célébrait l'idolâtre adoration de leur
    dieu BEL, jusqu'au moment où ce puissant
    maçon et monarque érigea autour de l'ancien
    édifice un Temple de deux furlongs de chaque
    côté, c'est-à-dire d'un mile de tour dans lequel
    il logea les trophées sacrés du Temple de
    SALOMON et une image en or de 90 pieds de
    haut qu'il avait consacrée dans la plaine de
    Dura, tout comme il logeait auparavant dans
    la Tour beaucoup d'autres images en or et de
    nombreux objets précieux qui furent tous, par
    la suite, saisis par XERXES et dont la valeur
    dépassait vingt et un millions de sterling.
    Et quand [les constructions] furent achevées,
    le Roi Nabuchodonosor [qui] marchait en
    cortège officiel dans les jardins suspendus et
    [qui], de là, embrassait d'un coup d'¦il la cité
    entière, se vanta avec orgueil de son oeuvre
    grandiose: « N'est-ce pas ici Babylone-la-
    Grande que j'ai bâtie comme résidence royale
    pour la puissance de ma force et pour la
    gloire de ma magnificence ? » Mais son
    orgueil fut immédiatement rabattu par une
    voix du Ciel et il fut puni pendant sept ans par
    une brutale démence jusqu'à ce qu'il rendît
    gloire au Dieu du Ciel, l'Omnipotent Architecte
    de l'Univers, chose qu'il rendit publique par un
    décret [promulgué] à travers tout l'Empire (3).
    Et il mourut l'année suivante alors que sa
    Grande Babylone n'était pas encore à moitié
    habitée (quoiqu'il eût amené pour cela
    beaucoup de nations en captivité), et elle ne
    fut jamais entièrement peuplée car, 25 ans
    après sa mort, le GRAND CYRUS la conquit et
    transféra le trône à Suse en PERSE (4).
    AM. 3468
    536 avant J. C.
    19
    CYRUS ayant désigné ZOROBABEL (1), le fils
    de Salathiel (de la lignée de David par
    Nathan, le frère de Salomon dont la famille
    royale était désormais éteinte) comme tête ou
    Prince de la Captivité et comme le conducteur
    des Juifs et des Israélites revenant à
    Jérusalem, ils commencèrent à poser les
    fondations du SECOND TEMPLE et l'auraient
    rapidement fini si CYRUS avait vécu (2).
    Cependant, à la fin, ils placèrent le chaperon
    dans la sixième année de DARIUS, le
    monarque perse, date à laquelle [le Temple]
    fut dédié avec joie et beaucoup de sacrifices
    par ZOROBABEL, le Prince et Maître Maçon
    Général des Juifs, environ vingt ans après le
    décret du Grand Cyrus (3). Et, bien que ce
    Temple de ZOROBABEL fût bien inférieur à
    celui de Salomon, qu'il ne fût pas si richement
    orné d'or et de diamants et de toutes sortes
    de pierres précieuses, qu'il n'y eût ni la
    Shekina ni les saintes reliques de Moïse, etc.,
    [et comme] il avait été élevé exactement sur
    les fondations de Salomon et conformément
    au modèle, il était encore l'édifice le plus
    régulier, le plus symétrique et le plus glorieux
    du monde entier, comme les ennemis des
    Juifs en ont toujours témoigné et reconnu (4).
    Enfin, l'ART ROYAL fut apporté en Grèce dont
    les habitants ne nous ont pas laissé de
    témoignage de progrès aussi importants en
    Maçonnerie avant le Temple
    AM. 3489
    515 avant J.C.
    20
    de Salomon (1); quant à leurs plus anciens
    bâtiments, comme la citadelle d'Athènes,
    avec le Parthénon ou temple de Minerve, ainsi
    que les temples de Thésée ou de Jupiter
    Olympien, etc. (2), ainsi que leurs portiques et
    forums, leurs théâtres et Gymnases, leurs
    salles publiques, leurs surprenants ponts,
    leurs fortifications régulières, leurs puissants
    bateaux de guerre et leurs palais majestueux,
    tout ceci fut élevé après le Temple de
    Salomon* et, pour la plupart de [ces
    monuments], même après le Temple de
    Zorobabel. Nous ne trouvons nulle part non
    plus que les GRECS fussent arrivés à aucune
    connaissance considérable en Géométrie
    avant le grand Thalès de Milet, le philosophe,
    (3), qui mourut pendant le règne de Balthezar
    et aux temps de la Captivité des Juifs (4). Mais
    son disciple, PYTHAGORE (5), le très grand,
    est l'auteur de la quarante-septième
    proposition du premier
    * Les Grecs, étant tombés depuis longtemps
    dans la Barbaric, [en] oubliant leur habileté
    originelle en Maçonnerie (que leurs ancêtres
    avaient apporté d'Assyrie) à cause de leurs
    fréquents métissages avec d'autres peuples
    barbares, de leurs invasions intestines
    réciproques et de leurs guerres dévastatrices
    et sanglantes, jusqu'à ce que, par leurs
    voyages et relations avec les Asiatiques et les
    Egyptiens (6), ils fassent revivre leurs
    connaissances en Géométrie et en
    Maçonnerie à la fois, encore que peu de Grecs
    eussent eu l'honneur de les posséder.
    AM. 3457 547 avant J.C.
    21
    livre d'Euclide (1) qui, si elle est dûment
    observée, est le fondement de toute
    Maçonnerie sacrée, civile et militaire*. Le
    peuple de l'Asie mineure, vers cette époque,
    donna de grands encouragements aux
    Maçons pour qu'ils érigent toutes sortes de
    constructions somptueuses dont l'une ne doit
    pas être oubliée, car elle est généralement
    considérée comme la quatrième des Sept
    Merveilles du Monde, à savoir le Mausolée, ou
    tombe de Mausole, roi de Carie, entre la Lycie
    et l'Ionie, à Halicarnasse sur les flancs du
    mont Taurus en ce royaume, [édifié] à la
    commande d'Artémise, sa veuve éplorée,
    comme splendide témoignage de son amour
    pour lui. [Il était] construit du marbre le plus
    surprenant, [mesurait] 411 pieds de tour, 25
    coudées de hauteur, [était] surmonté de 26
    colonnes ornées de la plus fameuse sculpture,
    le tout [était] ouvert de tous côtés avec des
    voûtes de 73 pieds de large édifiées par les
    quatre principaux Maîtres Maçons et graveurs
    de ces temps,
    * PYTHAGORE voyagea en Egypte l'année de
    la mort de Thalès et y vécut 22 ans parmi les
    prêtres, devint expert en Géométrie et dans
    toutes les sciences égyptiennes jusqu'à ce
    qu'il fût capturé par Cambyse, roi de Perse, et
    envoyé à Babylone où il eut de nombreux
    entretiens avec les MAGES chaldéens et les
    érudits JUIFS babyloniens, de qui il acquit une
    grande connaissance qui le rendit très célèbre
    en Grèce et en Italie; à cette époque,
    Mardochée était premier ministre d'Etat
    d'Assuérus, roi de Perse et, dix ans aprés, le
    Temple de ZOROBABEL fut achevé ( 3 );
    AM. 3652
    352 avant J.C.
    AM. 3479
    525 avant J.C.
    AM. 3498
    506 avant J.C.
    22
    à savoir le côté est par Scopas, l'ouest par
    Léochares, le nord par Brias et le sud par
    Timothée.
    Mais après PYTHAGORE, la Géométrie devint
    l'étude chérie de la Grèce où apparurent
    beaucoup de savants philosophes. Quelquesuns
    d'entre eux inventèrent diverses
    propositions ou éléments de Géométrie et les
    rendirent applicables aux arts mécaniques*.
    Nous ne pouvons pas non plus douter du fait
    que la Maçonnerie resta en bons termes avec
    la Géométrie, ou plutôt la suivit toujours au
    fur et à mesure de ses progrès graduels,
    jusqu'au moment où l'admirable EUCLIDE de
    Tyr fleurit à Alexandrie, lequel Euclide (1),
    rassemblant les éléments épars de la
    Géométrie, les synthétisa en une méthode qui
    n'a jamais été améliorée (et pour cela son
    nom sera toujours célébré), sous le patronage
    de PTOLEMEE, fils de Lagos, roi d'Egypte (2),
    un des successeurs immédiats d'Alexandre le
    Grand.
    * Peut-être ont-ils emprunté à d'autres nations
    leurs prétendues inventions (3) comme
    Anaxagore, Oenapide, Brysson, Antiphon,
    Démocrite, Hippocrate et Théodore de
    Cyrène, le maître du divin PLATON, qui
    développa la Géométrie et publia l'Art
    Analytique; de son académie sortirent un
    grand nombre de savants qui *répandirent
    bientôt leur connaissance en pays lointains
    comme Léodamos, Théétète, Archytas, Léan,
    Eudoxe, Ménechme et Xénocrate, le maître
    d'Aristote, de l'Académie duquel sortirent
    aussi Eudème, Théophraste, Aristée, Isidore,
    Hypsiclès et beaucoup d'autres (4).
    AM. 3 700
    304 avant J.C.
    23
    Et comme la noble science vint à être plus
    méthodiquement enseignée, l'Art royal plus
    généralement estimé et développé parmi les
    Grecs, ceux-ci, à la fin, arrivèrent à la même
    habileté et magnificence [en cet art] que leurs
    maîtres, les Asiatiques et les Egyptiens.
    Le roi d'Egypte [qui lui] succéda, PTOLEMEE
    PHILADELPHE (1), ce grand promoteur des
    arts libéraux et de toutes les connaissances
    utiles, rassembla la plus grande bibliothèque
    de la Terre et fit pour la première fois traduire
    l'Ancien Testament (au moins le Pentateuque)
    en grec (2), devint un excellent architecte et
    le Maître MAÇON GENERAL, [car il] éleva,
    parmi ses autres constructions, la fameuse
    TOUR DE PHAROS , la cinquième des Sept
    Merveilles du Monde.
    AM. 3 748
    256 avant J.C.
    10- Elle était située dans une île près
    d'Alexandrie, à l'une des embouchures du Nil,
    d'une hauteur merveilleuse, [réalisée grâce]
    au travail le plus habile, le tout en marbre le
    plus fin; et elle coûta 800 talents, soit environ
    480 000 couronnes. Le maître d'oeuvre, sous
    [les ordres] du roi fut Sostrate, un Maçon très
    habile. Et [cette Tour] fut, plus tard, fort
    admirée par Jules César qui était bon juge de
    la plupart des choses quoique essentiellement
    compétent en [matière de] guerre et de
    politique (3).Elle était destinée à [être] un
    phare pour le port d'Alexandrie. A cause de
    cela, les phares de la méditerranée furent
    souvent appelés « Pharos ». Cependant,
    quelques auteurs mentionnent à sa place, en
    tant que cinquième Merveille du monde, le
    Grand OBELISQUE de Sémiramis, haut de 150
    pieds, [occupant] 24 pieds carrés à la base,
    ou 90 de tour au niveau du sol, le tout en une
    seule pierre s'élevant en pyramide, apportée
    d'Arménie à Babylone à peu près à l'époque
    du siège de Troie, si nous en croyons l'histoire
    de SEMIRAMIS (4).
    24
    Nous pouvons croire réellement que les
    nations africaines, jusqu'à la côte atlantique
    même, imitèrent vite l'Egypte dans de tels
    progrès quoique l'histoire soit muette et
    qu'aucun voyageur n'ait été encouragé à
    découvrir les restes estimables de ces nations
    autrefois renommées (1).
    Nous ne devons pas oublier non plus la
    savante ile de SICILE OU fleurit le prodigieux
    géomètre ARCHIMEDE* lequel,
    malheureusement, fut mis à mort quand
    Syracuse fut prise par le général romain
    Marcellus (2): car [c'est] de Sicile tout autant
    que de la Grèce, de l'Egypte ou de l'Asie [que]
    les anciens Romains apprirent à la fois la
    SCIENCE et l'ART, [car] ce qu'ils savaient
    auparavant était, ou maigre ou irrégulier mais
    au fur et à mesure qu'ils subjuguaient les
    Nations, ils firent d'importantes découvertes
    dans l'une ou dans l'autre et, en hommes
    avisés, ils emmenèrent en captivité à Rome,
    non la masse du peuple, mais les arts et les
    sciences, [en la personne des] plus éminents
    professeurs et techniciens; ainsi Rome devint
    le centre de la Connaissance aussi bien, que
    du pouvoir impérial jusqu'à ce que [les
    Romains] arrivent au zénith de la gloire, SOUS
    AUGUSTE CESAR (3) (SOUS le règne de qui est
    né le MESSIE de Dieu, le
    AM. 3792 /212 avant J.C. / AM. 4004
    · A cette époque fleurissaient en Grèce
    ERATOSTHENE et CONON (4), à qui
    succédèrent 1'excellent APOLLONUS de
    Perga et bien d'autres qui Vécurent avant la
    naissance du Christ, lesquels, quoique
    n'étant pas des maçons opératifs, étaient
    cependant de bons géomètres ou, du moins,
    cultivaient la Géométrie qui est la base solide
    de la Maçonnerie authentique et de sa règle.
    25
    Grand Architecte de l'Eglise) (1) lequel, ayant
    donné le calme au monde en proclamant la
    paix universelle, encouragea hautement les
    artistes habiles qui avaient été élevés dans la
    liberté romaine ainsi que leurs savants
    disciples et élèves, en particulier le grand
    VITRUVE, le père de tous les vrais Architectes
    jusqu'à ce jour (2).
    C'est pourquoi on peut croire raisonnablement
    que le glorieux AUGUSTE devint Grand-Maître
    de la Loge de Rome car, outre qu'il patronnait
    Vitruve, il améliora fortement le bien-être des
    compagnons, ainsi qu'il ressort du grand
    nombre d'édifices magnifiques [élevés] sous
    son règne, dont les vestiges sont le modèle et
    le critère de la Maçonnerie authentique, car ils
    sont vraiment la synthèse des architectures
    asiatiques, égyptiennes, grecques et
    siciliennes, que nous désignons souvent sous
    le terme de STYLE D'AUGUSTE et que nous ne
    faisons maintenant qu'imiter sans être encore
    arrivés à la perfection.
    Les vieilles Archives des Maçons contiennent
    d'importants renseignements sur leurs Loges depuis
    le commencement du monde dans les nations
    civilisées, spécialement en temps de paix et lorsque
    les pouvoirs civils, haïssant la tyrannie et
    l'esclavage, donnèrent carrière légitime au brillant et
    libre génie de leurs heureux sujets; car les Maçons
    étaient toujours au-dessus des autres artistes, les
    favoris des Puissants et ils leur devinrent
    nécessaires pour leurs grandes entreprises en
    toutes
    26
    sortes de matériaux, non seulement en pierre,
    brique, bois, plâtre, mais aussi en toile ou en
    peau ou en quoi que ce soit [qui sert] à faire
    des tentes et dans les différentes sortes
    d'architecture.
    Il ne faut pas oublier non plus que les peintres
    aussi et les statuaires* furent toujours
    considérés comme bons maçons, aussi bien
    que les constructeurs, les tailleurs de pierre,
    les briquetiers, les charpentiers, les
    menuisiers, les tapissiers ou les fabricants de
    tentes et un grand nombre d'artisans que l'on
    pourrait nommer qui travaillaient selon la
    géométrie et les règles de la construction,
    * Car ce n'est pas sans de bonnes raisons que
    les Anciens pensaient que les règles des
    belles proportions dans la construction étaient
    copiées ou relevées d'après les proportions
    du corps naturel: c'est pourquoi PHIDIAS est
    reconnu comme un ancien Maçon pour avoir
    érigé la statue de la déesse Nemesis à
    Rhamnonte, haute de 10 coudées, et celle de
    Minerve à Athènes, de 26 coudées de haut, et
    celle de JUPITER OLYMPIEN assis dans son
    temple, en Achaïe, entre les cités d'Elis et de
    Pise, statue faite d'un nombre incalculable de
    petits morceaux de porphyre. [Et cette statue
    était] fort grandiose et proportionnée, à tel
    point qu'elle fut considérée comme une des
    Sept Merveilles du Monde (1), comme le
    fameux COLOSSE de Rhodes [qui] en était
    une autre [et qui était] la plus grande statue
    qui ait jamais été érigée, faite de métal et
    dédiée au SOLEIL. [Elle mesurait] 70 coudées
    de haut. A distance, elle ressemblait à une
    grande tour à l'entrée d'un port [elle avait]
    I'enjambement assez grand pour que les plus
    importants bateaux puisse passer dessous à
    la voile. [Elle fut] construite en 12 ans par
    CARES, un fameux Maçon et statuaire de
    Sicyone, élève du grand Lysippe de la même
    Fraternité. Ce puissant COLOSSE, après avoir
    tenu 56 ans, fut renversé par un tremblement
    de terre et tomba en ruine, [il restait] la
    Merveille du Monde jusqu'en l'année du
    Seigneur 600, date à laquelle le sultan
    d'Égypte en enleva les restes, ce qui
    nécessita 900 chameaux (2).
    27
    quoique aucun depuis Hiram Abi ne fût
    renommé pour son habileté dans toutes les
    branches de la Maçonnerie: Et là-dessus,
    assez.
    Mais parmi les païens, tandis que la noble
    science [de la] géométrie était dûment
    cultivée à la fois avant et après le règne
    d'Auguste, même jusqu'au V' siècle de l'Ere
    Chrétienne la Maçonnerie était tenue en
    grande estime et vénération; et, tant que
    l'Empire romain subsista dans sa gloire, l'Art
    Royal fut protégé avec soin jusqu'à l'Extrême
    Thulé (1) et une Loge [était] érigée dans
    presque chaque garnison romaine (2), grâce à
    quoi les Romains transmirent généreusement
    leur habileté aux parties septentrionales et
    occidentales de l'Europe qui avaient grandi
    dans la barbarie avant la conquête romaine,
    quoique nous ne sachions pas exactement
    pendant combien de temps. Quelques auteurs
    en effet pensent qu'il y eut quelques vestiges
    de bonne Maçonnerie [datant] d'avant cette
    période dans quelques parties de l'Europe,
    élevés par le talent surprenant que les
    premières colonies amenèrent avec elles, tels
    sont les édifices celtiques érigés par les
    anciens Gaulois et par les anciens
    --------------------------------------------
    11- Par Ménélas, Claude, Ptolémée (qui fut
    aussi le prince des astronomes), Plutarque,
    Eutocins (qui raconte les inventions de Pbilon
    Dioclès, Nicomède, Sphoros et du savant
    mécanicien Héron), par Ctésibius aussi,
    I'inventeur des pompes (célébré par Vitruve,
    Proclus, Pline et Athénée) ainsi que par
    Geminos que quelques-uns ont égalé à
    Euclide, ainsi que par Diophante, Nicomaque,
    Serenus, Proclus, Pappus, Théan, etc., tous
    géomètres et illustres pratiquants des arts
    mécaniques ( 3 ).
    28
    MAITRES, chacun sur son propre territoire, et
    se piquèrent d'émulation pour exceller dans cet
    art royal. Bien plus, même à propos de l'INDE
    (2) avec laquelle des relations furent ouvertes,
    nous pouvons conclure de même. Mais aucune
    de ces nations, même toutes ensemble, ne put
    rivaliser avec les Israélites, encore moins les
    dépasser, et leurTemple demeura le modèle
    constant .
    AM. 3648
    356 avant J.C.
    ------------------------------------
    Car quoique l'on suppose que le temple de
    Diane à Ephèse fut d'abord construit par
    quelques uns des descendants de Japhet qui
    avaient fait un établissement en Ionie vers les
    temps de Moïse, cependant il fut souvent
    détruit, et alors rebâti pour être perfectionné
    en Maçonnerie et nous ne pouvons calculer
    que l'époque de sa dernière et glorieuse
    érection (laquelle devint une autre des Sept
    Merveilles du Monde) n'a pas été antérieure à
    celle du Temple de Salomon (3) : au contraire,
    c'est longtemps aprés que les rois de l'Asie
    Mineure se groupèrent pendant 220 ans pour
    1'achever, avec 107 colonnes du marbre le
    plus fin et beaucoup d'entre elles [décorém] de
    très exquises sculptures (chacune étant
    [élevée] aux frais d'un roi par les Maîtres
    Maçons DRESIPHON et ARCHIPHRON) pour
    soutenir le plafond en planches et le toit de pur
    bois de cèdre, tandis que les portes et
    revêtements étaient en cyprès (4). Par quoi il
    devint la perle de l'Asie Mineure, avec 425
    pieds de long et 220 pieds de large (5). Aussi
    était-il un édifice si admirable que XERXES le
    laissa debout alors qu'il brûlait les autres
    temples dans sa route vers la Grèce :
    cependant, à la fin, il fut la proie du feu et fut
    complètement brûlé par un vil compagnon qui
    n'avait d'autre désir que de faire parler de lui,
    le jour même de la naissance d'Alexandre-Le-
    Grand (6).
    16
    C'est ainsi que le GRAND MONARQUE
    NABUCHODONOSOR ne put jamais, malgré ses
    indescriptibles avantages, élever sa
    maçonnerie jusqu'à la belle grandeur et
    magnificence de l'édifice du Temple, aussi,
    dans sa belliqueuse rage, le brûla-t-il après
    qu'il eut subsisté dans sa splendeur 416 ans
    depuis sa consécration (1). Mais après avoir
    terminé ses guerres et proclamé la paix
    générale, il dirigea son c¦ur vers l'architecture
    et devint le GRAND-MAITRE MAÇON; et comme
    il avait auparavant amené captifs les habiles
    artistes de la Judée et des autres pays couquis
    (2), il créa vraiment la plus grande ¦uvre sur
    Terre, les murs même et la ville, les palais et
    AM. 3416
    588 avant J.C.
    ---------------------------------------
    [Ces murs avaient] 77 pieds d'épaisseur (3),
    350 pieds de hauteur et 480 furlongs, ou 60
    miles anglais, de tour, en un carré parfait de
    15 miles de côté, construits en grandes
    briques, cimentées de bitume dur de cette
    vieille vallée de Shinear avec 100 portes
    d'airain, soit 25 sur chaque côté et 250 tours,
    plus hautes que les murs de 10 pieds.
    De ces 25 portes partaient de chaque côté 25 rues en
    ligne droite, soit en tout 50 rues, chacune de 15 miles
    de long, avec quatre demirues à côté des murs,
    chacune de 200 pieds de large, alors que les rues
    entières étaient larges de 150 pieds. Et ainsi la cité
    entière était découpée en 676 carrés, chacun ayant 2
    miles 1/4 de tour; autour de ces carrés étaient
    construites des maisons hautes de trois ou quatre
    étages, bien ornces et pourvues de cours, de jardins,
    etc. Une branche de l'Euphrate coulait en son milieu
    du nord au sud, sur laquelle, dans le c¦ur de la ville,
    fut construit un pont superbe d'un furlong de long et
    de 30 pieds de large, d'un art admirable pour pallier
    1'absen¦ de fondations dans le fleuve. Et aux deux
    extrémités de ce pont étaient deux magnifiques
    palais, le Vieux Palais, résidence des 17
    les Jardins Suspendus, le Pont et le Temple de
    Babylone, la troisième des Sept Merveilles du
    Monde, cependant de beaucoup inférieurs
    quant à la sublime perfection de la Maçonnerie
    au saint, charmant, gracieux Temple de DIEU.
    Mais comme les Juifs captifs furent d'une utilité
    spéciale à Nabuchodonosor pour ses glorieuses
    constructions, et
    ---------------------------------------
    anciens rois, à l'extrémité est, qui occupait
    l'espace de quatre carrés et le Nouveau Palais,
    à l'extrémité ouest, construit par
    Nabuchodonosor, qui occupait neuf carrés avec
    les Jardins Suspendus (si souvent célébrés par
    les Grecs), où les arbres les plus hauts
    pouvaient pousser comme dans les champs.
    [Ces jardins] formaient un carré de 400 pieds
    de chaque côté, s'élevaient en terrasses et
    étaient soutenus par de grandes voûtes
    construites sur d'autres voûtes jusqu'à la
    terrasse la plus élevée [qui] atteignait en
    hauteur les murs de la ville, avec un aqueduc
    remarquable pour arroser l'ensembje des
    jardins. L'ancienne Babel, rénavée, se situait
    du côté est du fleuve et la nouvelle ville, sur le
    côté ouest, beaucoup plus grande que
    l'ancienne, [était] construite de façon que cette
    capitale fût plus importante que l'ancienne
    Niniw, quoiqu'elle n'atteignît jamais plus de la
    moitié de ses habitants. Le fleuve était endigué
    par des berges de briques aussi épaisses que
    les murs de la ville, de 20 miles de long, à
    savoir 15 miles à 1'intérieur de la ville et 2
    miles 1/2 en amont et en aval, de façon à
    garder 1'eau à l'intérieur de son cheval, et
    chaque rue qui traversait le fleuve avait une
    porte d'airain pour descendre à l'eau sur les
    deux berges. A l'ouest de la ville était un lac
    prodigieux de 160 miles de tour avec un canal
    coulant depuis le fleuve pour prévenir les
    inondations en été.
    Dans la vieille ville était la vieille tour de BABEL
    (1) dont les fondations formaient un carré de
    deux miles consistant en huit tours carrées
    construites l'une sur l'autre, avec des escaliers
    extérieurs tout autour [qui] conduisaient à
    l'observatoire du sommet, haut de 600 pieds
    (soit 19 pieds plus haut que la plus haute
    pyramide) grâce auquel [les Babyloniens]
    devinrent les premiers astronomes. Et dans les
    18
    continuant ainsi à travailler, ils conservèrent
    leur grande habileté en Maçonnerie et
    restèrent très capables de reconstruire le Saint
    Temple et la Cité de SALEM (1) sur ses vieilles
    fondations lorsque cela fut ordonné par l'édit
    ou décret du GRAND CYRUS, conformément à
    la parole de Dieu qui avait prédit ce relèvement
    et ce décret (2). Et
    pièces de la Grande Tour, avec des toits voûtés
    soutenus par des piliers de 75 pieds de haut,
    on célébrait l'idolâtre adoration de leur dieu
    BEL, jusqu'au moment où ce puissant maçon et
    monarque érigea autour de l'ancien édifice un
    Temple de deux furlongs de chaque côté, c'estàdire
    d'un mile de tour dans lequel il logea les
    trophées sacrés du Temple de SALOMON et
    une image en or de 90 pieds de haut qu'il avait
    consa«ée dans la plaine de Dura, tout comme il
    logeait auparavant dans la Tour beaucoup
    d'autres images en or et de nombreux objets
    précieux qui furent tous, par la suite, saisis par
    XERXES et dont la valeur dépassait vingt et un
    millions de sterling.
    Et quand [les constructions] furent achevées, le
    Roi Nabuchodonosor [qui] marchait en cortège
    officiel dans les jardins suspendus et [qui], de
    là, embrassait d'un coup d'¦il la cité entière, se
    vanta avec orgueil de son ¦uvre grandiose: «
    N'est-ce pas ici Babylone-la-Grande que j'ai
    bâtie comme résidence royale pour la
    puissance de ma force et pour la gloire de ma
    magnificence ? » Mais son orgueil fut
    immédiatement rabattu par une voix du Ciel et
    il fut puni pendant sept ans par une brutale
    démence jusqu'à ce qu'il rendît gloire au Dieu
    du Ciel, 1'0mnipotent Architecte de l'Univers,
    chose qu'il rendit publique par un décret
    [promulgué] à travers tout l'Empire (3). Et il
    mourut l'année suivante alors que sa Grande
    Babylone n'était pas encore à moitié habitée
    (quoiqu'il eût amené pour cela beaucoup de
    nations en captivité), et elle ne fut jamais
    entièrement peuplée car, 25 ans après sa mort,
    le GRAND CYRUS la conquit et transféra le
    trône à Suse en PERSE (4).
    AM. 3468
    536 avant J. C.
    19
    CYRUS ayant désigné ZOROBABEL (1), le fils de
    Salathiel (de la lignée de David par Nathan, le
    frère de Salomon dont la famille royale était
    désormais éteinte) comme tête ou Prince de la
    Captivité et comme le conducteur des Juifs et
    des Isruélites revenant à Jérusalem, ils
    commencèrent à poser les fondations du
    SECOND TEMPLE et l'auraient rapidement fini si
    CYRUS avait vécu (2). Cependant, à la fin, ils
    placèrent le chaperon dans la sixième année
    de DAR1US, le monarque perse, date à laquelle
    [le Temple] fut dédié avec joie et beaucoup de
    sacrifices par ZOROBABEL, le Prince et Maitre-
    Maçon Général des Juifs, environ vingt ans
    après le décret du Grand Cyrus (3). Et, bien
    que ce Temple de ZOROBABEL fût bien
    inférieur à celui de Salomon, qu'il ne fût pas si
    richement orné d'or et de diamants et de
    toutes sortes de pierres précieuses, qu'il n'y
    eût ni la Shekina ni les saintes reliques de
    Moïse, etc., [et comme] il avait été élevé
    exactement sur les fondations de Salomon et
    conformément au modèle, il était encore
    l'édifice le plus régulier, le plus symétrique et
    le plus glorieux du monde entier, comme les
    ennemis des Juifs en ont toujours témoigné et
    reconnu (4).
    Enfin, 1'ART ROYAL fut apporté en Grèce dont
    les habitants ne nous ont pas laissé de
    témoignage de progrès aussi importants en
    Maçonnerie avant le Temple
    AM. 3489
    515 avant J.C.
    20
    de Salomon (1); quant à leurs plus anciens
    bâtiments, comme la citadelle d'Athènes, avec
    le Parthénon ou temple de Minerve, ainsi que
    les temples de Thésée ou de Jupiter Olympien,
    etc. (2), ainsi que leurs portiques et forums,
    leurs théâtres etGymnases, leurs salles
    publiques, leurs surprenants ponts, leurs
    fortifications régulières, leurs puissants
    bateaux de guerre et leurs palais majestueux,
    tout ceci fut élevé après le Temple de
    Salomon* et, pour la plupart de [ces
    monuments], même après le Temple de
    Zorobabel.
    Nous ne trouvons nulle part non plus que les
    GRECS fussent arrivés à aucune connaissance
    considérable en Géométrie avant le grand
    Thalès de Milet, le philosophe, (3), qui mourut
    pendant le règne de Balthezar et aux temps de
    la Captivité des Juifs (4). Mais son disciple,
    PYTHAGORE (5), le très grand, est l'auteur de la
    quarante-septième proposition du premier
    * Les Grecs, étant tombés depuis longtemps
    dans la Barbaric, [en] oubliant leur habileté
    originelle en Maçonnerie (que leurs ancètres
    avaient apportée d'Assyrie) à cause de leurs
    fréquents métissages avec d'autres peuples
    barbares, de leurs invasions intestines
    réciproques et de leurs guerres dévastatrices
    et sanglantes, jusqu'à ce que, par leurs
    voyages et relations avec les Asiatigues et les
    Egyptiens (6), ils fassent revivre leurs
    connaissances en Géométrie et en Maçonnerie
    à la fois, encore que peu de Grecs eussent eu
    l'honneur de les posséder.
    AM. 3457
    547 avant J.C.
    21
    livre d'Euclide (1) qui, si elle est dûment
    observée, est le fondement de toute
    Maçonnerie sacrée, civile et militaire*.
    Le peuple de l'Asie mineure, vers cette époque,
    donna de grands encouragements auxMaçons
    pourqu'ilsérigent toutes sortes de constructions
    somptueuses dont l'une ne doit pas être
    oubliée, car elle est généralement considérée
    comme la quatrième des Sept Merveilles du
    Monde, à savoir le Mausolée, ou tombe de
    Mausole, roi de Carie, entre la Lycie et l'Ionie, à
    Halicarnasse sur les flancs du mont Taurus en
    ce royaume, [édifié] à la commande
    d'Artémise, sa veuve éplorée, comme
    splendide témoignage de son amour pour lui.
    [Il était] construit du marbre le plus surprenant,
    [mesurait] 411 pieds de tour, 25 coudées de
    hauteur, [était] surmonté de 26 colonnes
    ornées de la plus fameuse sculpture, le tout
    [était] ouvert de tous côtés avec des voûtes de
    73 pieds de large édifiées par les quatre
    principaux Maîtres Maçons et graveurs de ces
    temps,
    * PYTHAGORE voyagea en Egypte l'année de la
    mort de Tbalès et y vécut 22 ans parmi les
    prêtres, devint expert en Géométrie et dans
    toutes les sciences égyptiennes jusqu'à ce qu'il
    fût capturé par Cambyse, roi de Perse, et
    envoyé à Babylone où il eut de nombreux
    entretiens avec les MAGES chaldéens et les
    érudits JUIFS babyloniens, de qui il acquit une
    grande connaissance qui le rendit très célèbre
    en Grèce et en Italie; à cette époque,
    Mardochée était premier ministre d'Êtat
    d'Assuérus, roi de Perse et, dix ans aprés, le
    Temple de ZOROBABEL fut achevé ( 3 );
    AM. 3652
    352 avant J.C.
    AM. 3479
    525 avant J.C.
    AM. 3498
    506 avant J.C.
    22
    à savoir le côté est par Scopas, l'ouest par
    Léochares, le nord par Brias et le sud par
    Timothée.
    Mais après PYTHAGORE, la Géométrie devint
    l'étude chérie de la Grèce où apparurent
    beaucoup de savants philosophes. Quelquesuns
    d'entre eux inventèrent diverses
    propositions ou éléments de Géométrie et les
    rendirent applicables aux arts mécaniques*.
    Nous ne pouvons pas non plus douter du fait
    que la Maconnerie resta en bons termes avec
    la Géométrie, ou plutôt la suivit toujours au fur
    et à mesure de ses progrès graduels, jusqu'au
    moment où l'admirable EUCLIDE de Tyr fleurit à
    Alexandrie, lequel Euclide (1), rassemblant les
    éléments épars de la Géométrie, les synthétisa
    en une méthode qui n'a jamais été améliorée
    (et pour cela son nom sera toujours célébré),
    sous le patronage de PTOLEMEE, fils de Lagos,
    roi d'Egypte (2), un des successeurs immédiats
    d'Alexandre le Grand.
    * Peut-être ont-ils emprunté à d'autres nations
    leurs prétendues inventions (3) comme
    Anaxagore, Oenapide, Brysson, Antiphon,
    Démocrite, Hippocrate et Théodore de Cyrène,
    le maître du divin PLATON, qui développa la
    Géométrie et publia l'Art Analytique; de son
    académie sortirent un grand nombre de
    savants qui *répandirent bientôt leur
    connaissance en pays lointains comme
    Léodamos, Théétète, Archytas, Léan, Eudoxe,
    Ménechme et Xénocrate, le maître d'Aristote,
    de l'Académie duquel sortirent aussi Eudème,
    Théophraste, Aristée, Isidore, Hypsiclès et
    beaucoup d'autres (4).
    AM. 3 700
    304 avant J.C.
    23
    Et comme la noble science vint à être plus
    méthodiquement enseignée, l'Art royal plus
    généralement estimé et développé parmi les
    Grecs, ceux-ci, à la fin, arrivèrent à la même
    habileté et magnificence [en cet art] que leurs
    maîtres, les Asiatiques et les Egyptiens.
    Le roi d'Egypte [qui lui] succéda, PTOLEMEE
    PHILADELPHE (1), ce grand promoteur des arts
    libéraux et de toutes les connaissances utiles,
    rassembla la plus grande bibliothèque de la
    Terre et fit pour la première fois traduire
    l'Ancien Testament (au moins le Pentateuque)
    en grec (2), devint un excellent architecte et le
    Maître MAÇON GENERAL, [car il] éleva, parmi
    ses autres constructions, la fameuse TOUR DE
    PHAROS , la cinquième des Sept Merveilles du
    Monde.
    AM. 3 748
    256 avant J.C.
    ----------------------------------
    10- Elle était située dans une île près
    d'Alexandrie, à l'une des embouchures du Nil,
    d'une hauteur merveilleuse, [réalisée grâce] au
    travail le plus habile, le tout en marbre le plus
    fin; et elle coûta 800 talents, soit environ 480
    000 couronnes. Le maître d'¦uvre, sous [les
    ordres] du roi fut Sostrate, un Maçon très
    habile. Et [cette Tour] fut, plus tard, fort
    admirée par Jules César qui était bon juge de la
    plupart des choses quoique essentiellement
    compétent en [matière de] guerre et de
    politique (3).Elle était destinée à [être] un
    phare pour le port d'Alexandrie. A cause de
    cela, les phares de la méditerranée furent
    souvent appelés « Pharos ». Cependant,
    quelques auteurs mentionnent à sa place, en
    tant que cinquième Merveille du monde, le
    Grand OBÉLISQUE de Sémiramis, haut de 150
    pieds, [occupant] 24 pieds carrés à la base, ou
    90 de tour au niveau du sol, le tout en une
    seule pierre s'élevant en pyramide, apportée
    d'Arménie à Babylone à peu près à l'époque du
    siège de Troie, si nous en croyons l'histoire de
    SEMIRAMIS (4).
    24
    Nous pouvons croire rcellement que les nations
    africaines, jusqu'à la côte atlantique même,
    imitèrent vite l'Egypte dans de tels progrès
    quoique l'histoire soit muette et qu'aucun
    voyageur n'ait été encouragé à découvrir les
    restes estimables de ces nations autrefois
    renommées (1).
    Nous ne devons pas oublier non plus la savante
    ile de SICILE OU fleurit le prodigieux géomètre
    ARCHIMEDE* lequel, malheureusement, fut mis
    à mort quand Syracuse fut prise par le général
    romain Marcellus (2): car [c'est] de Sicile tout
    autant que de la Grèce, de l'Egypte ou de l'Asie
    [que] les anciens Romains apprirent à la fois la
    SCIENCE et 1'ART, [car] ce qu'ils savaient
    auparavant était, ou maigre ou irrégulier mais
    au fur et à mesure qu'ils subjuguaient les
    Nations, ils firent d'importantes découvertes
    dans l'une ou dans l'autre et, en hommes
    avisés, ils emmenèrent en captivité à Rome,
    non la masse du peuple, mais les arts et les
    seiences, [en la personne des] plus éminents
    professeurs et techniciens; ainsi Rome devint le
    centre de la Connaissance aussi bier, que du
    pouvoir impérial jusqu'à ce que [les Romains]
    arrivent au zénith de la gloire, SOUS AUGUSTE
    CESAR (3) (SOUS le règne de qui est né le
    MESSIE de Dieu, le
    * A cette époque fleurissaient en Grèce
    ERATOSTHENE et CONON (4), à qui
    succédèrent 1'excellent APOLLONUS de Perga
    et bien d'autres qui Vécurent avant la
    naissance du Christ, lesquels, quoique n'étant
    pas des maçons opératifs, étaient cependant
    de bons géomètres ou, du moins, cultivaient la
    Géométrie qui est la base solide de la
    Maçonnerie authentique et de sa règle.
    AM. 3792
    212 avant J.C.
    AM. 4004
    25
    Grand Architecte de l'Eglise) (1) lequel, ayant
    donné le calme au monde en proclamant la
    paix universelle, encouragea hautement les
    artistes habiles qui avaient été élevés dans la
    liberté romaine ainsi que leurs savants
    disciples et élèves, en particulier le grand
    VITRUVE, le père de tous les vrais Architectes
    jusqu'à ce jour (2).
    C'est pourquoi on peut croire raisonnablement
    que le glorieux AUGUSTE devint Grand-Maître
    de la Loge de Rome car, outre qu'il patronait
    Vitruve, il améliora fortement le bien-être des
    compagnons, ainsi qu'il ressort du grand
    nombre d'édifices magnifiques [élevés] sous
    son règne, dont les vestiges sont le modèle et
    le critère de la Maçonnerie authentique, car ils
    sont vraiment la synthèse des architectures
    asiatiques, égyptiennes, grecques et
    siciliennes, que nous désignons souvent sous le
    terme de STYLE D'AUGUSTE et que nous ne
    faisons maintenant qu'imiter sans être encore
    arrivés à la perfection.
    Les vieilles Archives des Maçons contiennent
    d'importants renseignements sur leurs Loges
    depuis le commencement du monde dans les
    nations civilisées, spécialement en temps de
    paix et lorsque les pouvoirs civils, haïssant la
    tyrannie et l'esclavage, donnèrent carrière
    légitime au brillant et libre génie de leurs
    heureux sujets; car les Maçons étaient toujours
    au-dessus des autres artistes, les favoris des
    Puissants et ils leur devinrent nécessaires pour
    leurs grandes entreprises en toutes
    26
    sortes de matériaux, non seulement en pierre,
    brique, bois, plâtre, mais aussi en toile ou en
    peau ou en quoi que ce soit [qui sert] à faire
    des tentes et dans les différentes sortes
    d'architecture.
    Il ne faut pas oublier non plus que les peintres
    aussi et les statuaires* furent toujours
    considérés comme bons maçons, aussi bien
    que les constructeurs, les tailleurs de pierre,
    les briquetiers, les charpentiers, les menuisiers,
    les tapissiers ou les fabricants de tentes et un
    grand nombre d'artisans que l'on pourrait
    nommer qui travaillaient selon la géométrie et
    les règles de la construction,
    * Car ce n'est pas sans de bonnes raisons que
    les Anciens pensaient que les règles des belles
    proportions dans la construction étaient
    copiées ou relevées d'après les proportions du
    corps naturel: c'est pourquoi PHIDIAS est
    reconnu comme un ancien Maçon pour avoir
    érigé la statue de la déesse Nemesis à
    Rhamnonte, haute de 10 coudées, et celle de
    Minerve à Athènes, de 26 coudées de haut, et
    celle de JUPITER OLYMPIEN assis dans son
    temple, en Achaïe, entre les cités d'Elis et de
    Pise, statue faite d'un nombre incalculable de
    petits morceaux de porphyre. [Et cette statue
    était] fort grandiose et proportionnée, à tel
    point qu'elle fut considérée comme une des
    Sept Merveilles du Monde (1), comme le
    fameux COLOSSE de Rhodes [qui] en était une
    autre [et qui était] la plus grande statue qui ait
    jamais été érigée, faite de métal et dédiée au
    SOLEIL. [Elle mesurait] 70 coudées de haut. A
    distance, elle ressemblait à une grande tour à
    l'entrée d'un port [elle avait] I'enjambement
    assez grand pour que les plus importants
    bateaux puisse passer dessous à la voile. [Elle
    fut] construite en 12 ans par CARES, un fameux
    Maçon et statuaire de Sicyone, élève du grand
    Lysippe de la méme Fraternité. Ce puissant
    COLOSSE, après avoir tenu 56 ans, fut renversé
    par un tremblement de terre et tomba en
    ruine, [il restait] la Merveille du Monde jusqu'en
    l'année du Seigneur 600, date à laquelle le
    sultan d'Égypte en enleva les restes, ce qui
    nécessita 900 chameaux (2).
    27
    quoique aucun depuis Hiram Abi ne fût
    renommé pour son habileté dans toutes les
    branches de la Maçonnerie: Et làdessus, assez.
    Mais parmi les païens, tandis que la noble
    science [de la] géométrie était dûment cultivée
    à la fois avant et après le règne d'Auguste,
    même jusqu'au V' siècle de l'Ere Chrétienne la
    Maçonnerie était tenue en grande estime et
    vénération; et, tant que l'Empire romain
    subsista dans sa gloire, l'Art Royal fut protégé
    avec soin jusqu'à l'Extrême Thulé (1) et une
    Loge [était] érigée dans presque chaque
    garnison romaine (2), grâce à quoi les Romains
    transmirent généreusèment leur babileté aux
    parties septentrionales et occidentales de
    l'Europe qui avaient grandi dans la barbarie
    avant la conquete romaine, quoique nous ne
    sachions pas exactement pendant combien de
    temps. Quelques auteurs en effet pensent qu'il
    y eut quelques vestiges de bonne Maçonnerie
    [datant] d'avant cette période dans quelques
    parties de l'Europe, élevés par le talent
    surprenant que les premières colonies
    amenèrent avec elles, tels sont les édifices
    celtiques érigés par les anciens Gaulois et par
    les anciens
    --------------------------------------------
    11- Par Ménélas, Claude, Ptolémée (qui fut
    aussi le prince des astronomes), Plutarque,
    Eutocins (qui raconte les inventions de Pbilon
    Dioclès, Nicomède, Sphoros et du savant
    mécanicien Héron), par Ctésibius aussi,
    I'inventeur des pompes (célébré par Vitruve,
    Proclus, Pline et Athénée) ainsi que par
    Geminos que quelques-uns ont égalé à Euclide,
    ainsi que par Diophante, Nicomaque, Serenus,
    Proclus, Pappus, Théan, etc., tous géomètres
    et illustres pratiquants des arts mécaniques ( 3
    ).
    28
    Bretons (1), aussi qui étaient une colonie de
    Celtes, longtemps avant que les Romains
    n'envahissent cette terre*.
    Mais quand les GOTHS et les VANDALES qui
    n'avaient jamais été conquis par les Romains,
    submergèrent, comme un déluge général,
    l'EMPIRE ROMAIN, ils détruisirent
    complètement, dans leur rage belliqueuse et
    leur grande ignorance, beaucoup des plus
    beaux édifices, dégradèrent les autres [et n'en
    laissèrent] échapper [que] fort peu (2). De
    même, les nations asiatiques et africaines
    subirent la même calamité à la suite des
    conquêtes des MUSULMANS dont le grand
    dessein était seulement de convertir le monde
    par le Feu et l'Epée au lieu de cultiver les Arts
    et les Sciences (3).
    Ainsi, sur le déclin de l'Empire romain, quand
    les garnisons de Bretagne furent épuisées, les
    ANGLEs et autres BAS SAXONS (4), invités par
    les anciens BRETONS à venir à leur secours
    contre les SCOTS et
    * Les indigènes vivant dans les colonies
    romaines doivent d'abord s'être instruits en
    construisant des citadelles et des ponts et
    autres fortifications indispensables et, ensuite,
    quand leur établissement amena la paix, la
    liberté, et l'abondance, les aborigènes
    imitèrent vite en Maçonnerie leurs conquérants
    savants et policés [car ils] eurent alors le loisir
    et l'envie d'élever de magnifiques
    constructions. Mieux, même les hommes
    ingénieux des nations voisines qui n'avaient
    pas été conquises apprirent beaucoup des
    garnisons romaines, en temps de paix et de
    libres relations; aussi ces nations devinrent des
    émules de la gloire romaine et furent
    reconnaissantes d'avoir été conquises car
    c'était pour elles le moyen de revenir de leur
    ancienne ignorance et de leurs préventions
    quand elles commencèrent à faire leurs délices
    de l'Art royal (5).
    448 après J.C.
    29
    les PICTES subjuguèrent finalement la partie
    sud de cette ile qu'ils appelèrent Angleterre ou
    terre des Angles; [ces Angles], apparentés aux
    Goths, ou plutôt une branche des Vandales (1),
    avaient les mêmes dispositions guerrières et,
    comme [ils étaient] des païens ignorants, ils
    n'encouragèrent rien d'autre que la guerre,
    jusqu'à ce qu'ils devinssent chrétiens (2). Mais
    alors, trop tard, ils regrettèrent l'ignorance de
    leurs pères [qui avait causé] la grande perte de
    la Maçonnerie romaine, mais ils ne savaient
    pas comment la réparer (3).
    Toutefois, en devenant un peuple libre (ainsi
    qu'en attestent les anciennes lois saxonnes) (4)
    et ayant des dispositions pour la Maçonnerie,
    ils commencèrent* bientôt à imiter les
    Asiatiques, les Grecs et les Romains en
    érigeant des Loges et en encourageant
    Sans doute, quelques rois saxons et écossais,
    ainsi que beaucoup de [membres de la]
    Noblesse, de la haute Gentry et du Haut-Clergé
    devinrent les Grands-Maîtres de ces Loges
    primitives, à cause du grand zèle qui régnait
    alors pour la construction de magnifiques
    Temples chrétiens (5). Ce zèle devait aussi les
    amener à s'enquérir des lois, obligations,
    règlements, coutumes et usages des anciennes
    Loges qui avaient dû, pour la plupart être
    préservées par la tradition et [par le fait que]
    elles se trouvaient probablement toutes dans
    les parties des iles Britanniques qui ne furent
    pas conquises par les Saxons (6); de là, avec le
    temps, elles ont pu être rapportées et les
    Saxons s'y sont intéressés avec plus de soin
    [qu'ils n'en ont mis à] faire revivre la
    Géométrie et la Maçonnerie romaines, car de
    tous temps nombreux ont été ceux qui ont été
    plus curieux et soigneux des lois, formes et
    usages de leurs sociétés respectives que de
    leurs ARTS et SCIENCES.
    Mais ni ce qui fut transmis, ni la manière
    utilisée ne peuvent être communiqués par
    écrit, tout comme aucun homme ne peut
    vraiment le comprendre sans la clef d'un
    compagnon.
    30
    les Maçons. Car ils furent instruits non
    seulement par les fidèles traditions et les
    restes estimables des BRETONS, mais aussi par
    des princes étrangers dans les Etats desquels
    l'Art royal avait été bien préservé des ruines
    [causées par les Goths, particulièrement par
    CHARLES-MARTEL, roi de France,
    il mourut en 741 après J.C.
    qui, d'après les anciennes Archives des
    Maçons, envoya en Angleterre plusieurs
    artisans experts et savants architectes,
    conformément aux v¦ux des rois saxons (1).
    Ainsi, durant l'Heptarchie (2), l'Architecture
    gothique (3) fut aussi fortement encouragée ici
    que dans les autres terres chrétiennes.
    Et quoique les nombreuses invasions des
    DANOIS (4) aient occasionné la perte de
    nombreuses archives, elles n'ont pas empêché
    cependant, dans les temps de trêve ou de paix,
    le bon travail, quoique [celui-ci ne fût pas]
    réalisé selon le style d 'Auguste. Mieux,les
    grandes dépenses engagées à cet effet, ainsi
    que les surprenantes inventions des artistes
    pour suppléer à l'habileté romaine, aussi bien
    qu'ils le pouvaient, démontrent leur estime et
    leur amour de l'Art royal et ont rendu les
    CONSTRUCTIONS GOTHIQUES vénérables,
    encore que ceux qui goûtent l'architecture
    ancienne [les considèrent comme n'étant pas
    l'exemple] à imiter.
    Et après que les Saxons et les Danois eurent
    été conquis par les NORMANDS (5), dès que les
    guerres eurent pris fin et que la Paix eut été
    proclamée, la Maçonnerie gothique fut en
    832 après J.C.
    1066 après J.C.
    31
    couragée, même sous le règne du Conquérant*
    et de son fils GUILLAUME-LE-ROUX qui
    construisit Westminster Hall, peut-être la plus
    grande salle de l'univers (1).
    D'ailleurs, ni les guerres des Barons (2), ni les
    nombreuses guerres sanglantes des rois
    normands qui leur succédèrent et les conflits
    [qui éclatèrent] entre leurs branches ne
    gênèrent guère (3) [la construction] des très
    somptueux et très splendides édifices de ces
    temps, élevés par le Haut-Clergé (qui,
    bénéficiant de gros revenus, pouvait bien
    supporter cette dépense) et même par la
    COURONNE, car nous lisons que le roi
    EDOUARD III avait un officier appelé Franc-
    Maçon du roi ou Inspecteur général de ses
    bâtiments dont le nom était HENRY YEVELE,
    employé par le roi pour construire diverses
    abbayes (4) ainsi que la CHAPELLE de Saint-
    Etienne à Westminster, où siège maintenant la
    chambre des Communes en Parlement (5).
    Mais pour l'instruction complémentairedes
    candidats et des plus jeunes Frères, [il existe]
    un certain [document d'] Archives des Francs-
    Maçons écrit sous le règne d'EDOUARD IV, de
    la branche normande, [qui] donne les
    renseignements suivants, à savoir
    * Guillaume leconquérant construisit la Tour de
    LONDRES et beaucoup de châteaux-forts dans
    le pays (6) ainsi que plusieurs édifices
    religieux. Son exemple fut suivi par la nablesse
    et le clergé, particulièrement par Roger de
    Montgemery, comte d'Arandel (7), l'archevêque
    d' York, l 'évêque de Durbam (8) et GUNDULPH,
    évêque de Rochester et éminent Architecte (9).
    Vers 1362 après J.C.
    Vers 1475 après J.C.
    32
    que (1), bien que les anciennes Archives de la
    Confrérie en Angleterre aient été, pour
    beaucoup d'entre elles, détruites ou perdues
    dans les guerres des Saxons et des Danois (2),
    pendant que le roi Athelstan ( 3 ),(le petit-fils
    du Roi ALERED-LE-GRAND, architecte éminent),
    le premier roi d'Angleterre oint et qui traduisit
    la Sainte Bible en langue saxonne, après qu'il
    eut redonné au pays le repos et la paix (4),
    construisit beaucoup de grands ouvrages et
    encouragea beaucoup de Maçons [venus de
    France qui furent nommés Surveillants de ses
    travaux et [qui] apportèrent avec eux les
    obligations et les règlements des Loges
    conservés depuis l'époque romaine. Ils
    persuadèrent aussi le Roi d'améliorer la
    Constitution des Loges anglaises, d'après le
    modèle étranger et d'augmenter les salaires
    des Maçons opératifs (4).
    Que le plus jeune des fils dudit roi (5), le prince
    Edwin, [qui] avait été instruit en Maçonnerie,
    assuma les charges de MAITRE MAÇON à cause
    de l'amour qu'il avait pour ledit métier et les
    honorables principes sur lesquels il est fondé,
    qu'il acheta (6) une charte de liberté de son
    père, le roi Atbelstan, pour les Maçons qui
    avaient le droit de correction entre eux
    (comme on disait autrefois), c'est-à-dire la
    liberté et le pouvoir de s'administrer euxmêmes,
    d'amender ce qui pouvait advenir de
    mal et de tenir une communication ou
    Assemblée générale annuelle.
    Que, en conséquence, le prince EDWIN
    convoqua tous les Maçons du royaume pour se
    joindre à lui dans une Assemblée
    Vers 930 après J.C.
    33
    à York (1). Ils vinrent et formèrent une Loge
    générale, de laquelle le roi fut GRAND-MAITRE
    et, comme ils avaient amené avec eux tous les
    écrits et archives existants, quelques-uns en
    grec, d'autres en latin, d'autres en français et
    en d'autres langues, cette Assemblée, à partir
    de leur contenu, rédigea la CONSTITUTION et
    les Obligations d'une Loge anglaise.
    [L'Assemblée] fit une loi pour que [cette
    constitution] fût conservée et observée dans
    tous les temps à venir et ordonna une bonne
    paye pour les Maçons opératifs, etc. (2).
    Que, dans les temps ultérieurs, lorsque les
    Loges furent devenues plus nombreuses (3), le
    Très Respectable GrandMaitre et les
    Compagnons, avec le consentement des
    LORDS du Royaume (car la plupart des grands
    hommes étaient alors Maçons), décrétèrent
    qu'à l'avenir, en initiant ou en admettant un
    Frère, la CONSTiTUTiON ainsi que les
    Obligations y annexées seraient lues par le
    Maître ou le Surveillant (4) et que ceux qui
    allaient être reçus Maîtres-maçons ou Maîtres
    d'¦uvre devaient subir un examen [pour savoir
    si] ils étaient capables de servir avec habileté
    leurs seigneurs respectifs, aussi bien le plus
    humble que le plus élevé, pour l'honneur et la
    puissance de l'Art susmentionné et le profit de
    leurs seigneurs, car ce sont les seigneurs qui
    les emploient et les paient pour leurs service et
    déplacement (5).
    Et à côté de beaucoup d'autres choses, ledit
    [document] d'Archives ajoute: que ces
    obligations et lois des FRANCS-MA’ONs ont été
    vues et examinées par feu notre souverain, le
    roi Henri Vl (6) et par les Lords de son
    honorable conseil,
    34
    qui les ont autorisées et dit qu'elles étaient
    justes, bonnes et raisonnables [et devaient
    être] appliquées, car elles avaient été extraites
    et rassemblées d'après les Archives des temps
    anciens* .
    Et quoique, dans la troisième année [du règne]
    dudit roi Henri VI qui n'était qu'un enfant âgé
    de quatre ans environ, le Parlement fît un acte
    qui touchait seulement les Maçons opératifs qui
    avaient, contrairement aux statuts des
    Man¦uvres ( 1),
    * Dans un autre manuscrit plus ancien, nous
    lisons (2): « Que quand le MaÎtre et les
    Surveillants se réunissent en Loge, si cela est
    nécessaire, le sheriff du Comté ou le maire de
    la Cité ou l'alderman de la ville dans laquelle se
    tient l'Assemblée, doit être fait Compagnon et
    associé auMaÎtre pour l'aider contre les rebelles
    et pour sauvegarder les droits du Royaume.
    « Que les Apprentis entrés (3), à leur initiation,
    seront enjoints de n'être ni voleurs ni recéleurs,
    qu'ils doivent voyager (4) honnêtement pour
    leur salaire et aimer leurs compagnons comme
    eux-mêmes et être fidèles au roi d'Angleterre
    et au royaume et à la Loge.
    « Qu'à ces Assemblées on s'enquerra si
    quelque Maître ou Compagnon a enfreint un
    des articles convenus. Et si le coupable,
    dûment cité à comparaître,fait rébellion et ne
    veut pas se présenter, alors la Loge
    déterminera contre lui qu'il a forfait (ou
    renoncé) à sa Maçonnerie et ne peut plus
    exercer ce Métier; et s'il a la prétention de
    l'exercer, le sheriff du Comté l'emprisonnera et
    mettra tous ses biens entre les mains du roi
    jusqu'à ce que sa grâce soit accordée et
    promulguée (5). [C'est] principalement pour
    cela que ces Assemblées ont été instituées,
    afin que le plus humble comme le plus élevé
    soient convenablement et fidèlement servis
    [lorsqu'ils auront besoin] de l'Art susmentionné
    [et ceci] en quelque part que ce soit à travers
    tout le royaume d'Angleterre.
    "Amen, qu'il en soit ainsi"
    35
    fait une confédération pour ne travailler qu'aux
    prix et salaires fixés par eux, et parce que l'on
    supposa que de tels accords avaient été pris en
    Loges générales, appelées dans l'Acte,
    CHAPITRES ou CONFEDERATIONS de MAÇONS,
    il fut alors jugé commode d'établir ladite loi
    cantre lesdites assemblées*. Mais quand ledit
    roi Henri Vl arriva à l'âge d'homme, les Maçons
    présentèrent devant lui et ses Lords les
    Archives et les Obligations ci-dessus
    mentionnées et il est clair qu'ils les
    examinérent et les approuvèrent
    solennellement comme bonnes et raisonnables
    à observer. Plus encore, ledit roi et ses Lords
    *Troisième (année) d'Henri Vl, Chap. 1, 1425
    (2).
    Titre. - « Les Maçons ne devront pas se
    confédérer en Chapîtres et Assemblées »
    « Considérant que dans les Assemblées et
    Confédérations annuelles tenues par les
    Maçons dans leurs assemblées générales, la
    bonne application et effet des statuts des
    maneuvres sont ouvertement violés et
    enfreints, au mépris de la loi et au grand
    dommage de tout le public, notre dit Souverain
    Seigneur le Roi désirant, en cette circonstance,
    donner un remède, sur l'avis et l'approbation
    susmentionnée et à la requête spéciale des
    Communes, a ordonné et établi que de tels
    Chapîtres ou Assemblées ne pourraient plus se
    tenir ultérieurement et si [quelqu'un] se tient,
    ceux qui auront été la cause du rassemblement
    et de la tenue de tels chapîtres ou assembltes,
    s'ils sont convaincus de ce fait, seront jugés
    comme félons et que les autres maçons qui se
    rendraient à de tels chapitres ou assemblées
    seraient punis par l'emprisonnement de leurs
    corps et soumis à l'amende et rançon au gré du
    Roi.
    « Coke, INSTITUTES, 3, p. 99 »
    36
    ont dû avoir été incorporés parmi les Francs-
    Maçons avant que [ces Maçons] aient pu faire
    une [aussi importante] révision de leurs
    Archives et, sous son règne, avant les troubles
    du roi Henn (1), les Maçons furent fort
    encouragés. D'ailleurs, en aucune circonstance,
    cet acte n'a été appliqué sous son règne, ni
    aucun autre depuis et les Maçons ne
    négligèrent jamais leurs Loges à cause de lui,
    ni n'ont jamais cru qu'il valait la peine de faire
    intervenir pour son abrogation leurs nobles et
    savants frères, parce que les Maçons opératifs
    qui sont indépendants de la Loge répugnent à
    se rendre coupables de pareilles machinations
    et que les autres Francs-Maçons ne sont pas
    concernés par des infractions aux statuts des
    man¦uvres*.
    * Cet Acte fut fait dans des temps d'ignorance
    où la vraie connaissance était regardée comme
    un crime et la Géométrie condamnée pour
    conjuration, mais elle ne peut porter atteinte à
    l'honneur de l'ancienne Fraternité qui n'aurait
    certainement jamais encouragé une telle
    Confédération de la part de ses Frères
    opératifs. Mais on peut croire, suivant la
    tradition, que les membres du Parlement furent
    alors trop influencés par un Clergé illettré dont
    [les membres] n'étaient pas des Maçons
    acceptés et ne comprenaient rien à
    l'Architecture (comme le Clergé de certains
    âges lointains) et étaient généralement
    considérés comme indignes de [faire partie] de
    cette confrérie. Cependant [ces clercs]
    croyaient qu'ils possédaient un droit
    imprescriptible de connaître tous les secrets,
    en vertu de la confession auriculaire, alors que
    les Maçons ne confessèrent jamais rien à ce
    sujet (2). Ledit Clergé se jugea alors hautement
    offensé et d'abord suspecta les Maçons de
    perversité, les représenta comme dangereux
    pour l'Etat pendant la minorité et bientôt
    influença les gens du Parlement [pour qu'ils]
    s'appuient sur ces prétendues décisions des
    Maçons opératifs pour faire un Acte qui
    semblerait jeter le déshonneur sur toute la
    respectable Fraternité en faveur de laquelle
    plusieurs actes avaient été promulgués avant
    et après cette période.
    37
    Les rois d'Ecosse encouragèrent beaucoup l'Art
    royal depuis les temps les plus anciens jusqu'à
    l'Union des Couronnes, comme il apparaît par
    les vestiges des glorieuses constructions dans
    cet ancien royaume et par les Loges qui se sont
    conservées sans interruption depuis nombre de
    centaines d'annéts, dont les Archives et
    traditions (1) témoignent du grand respect de
    ces rois pour cette honorable Fraternité qui leur
    a toujours donné des marques convaincantes
    de son amour et de sa loyauté, ce qui explique
    que c'est là qu'est né le vieux toast [en usage]
    parmi les Maçons d'Ecosse, à savoir: DIEU
    BENISSE LE ROI ET LE METIER (2).
    Et l'exemple royal ne fut pas négligé par la
    Noblesse, la Gentry et le Clergé d'Ecosse qui
    s'unirent, en toutes circonstances, pour le bien
    du métier et de la Confrérie. Les rois étaient
    souvent les Grands-Maîtres jusqu'au moment
    où, entre autres privilèges, les Maçons
    d'Ecosse eurent le droit d'avoir un Grand-
    Maitre et un Grand Surveillant (3) indiscutables
    et permanents qui reçurent un traitement de la
    Couronne et aussi un don de reconnaissance
    de la part de chaque nouveau Frère du
    Royaume, lors de son entrée (4). Leur
    occupation ne fut pas seulement de régler ce
    qui pouvait arriver de malheureux dans la
    Confrérie, mais encore d'écouter et finalement
    de décider toute controverse entre Maçon et
    Seigneur, de punir le Maçon s'il desservait son
    maître et d'imposer aux deux une solution
    équitable. A ces audiences, si le Grand-Maître
    était absent (lequel était toujours de naissance
    noble), le Grand Surveillant présidait. Ce
    privilège sùbsista jusqu'aux
    38
    guerres civiles (1), mais il est maintenant
    désuet et il ne pourra vraiment être restauré
    avant que le roi ne devienne Maçon, car il ne
    fut pas réellement appliqué lors de l'Union des
    Royaumes (2).
    De plus, le grand soin que les ECOSSAIS prirent
    de la vraie Maçonnerie devint par la suite très
    utile à 1'ANGLETERRE, car la savante et
    magnanime reine Elisabeth (3) qui encouragea
    d'autres arts découragea celui-là, parce que,
    étant une femme, elle ne pouvait être initiée,
    quoique, comme beaucoup d'autres grandes
    dames, comme Sémiramis et Artémise, elle
    aurait pu souvent employer des Maçons*.
    Mais après sa mort, le roi Jacques VI d'Ecosse
    lui succéda à la couronne d'Angleterre (4) et,
    comme il était un roi maçon, il restaura les
    Loges anglaises et, comme il fut le premier roi
    de Grande-Bretagne, il fut aussi le premier
    prince du monde qui restaura l'Architecture
    romaine des ruines de l'ignorancegothique.
    * ELISABETH se méfiait de toute assemblée de
    ses sujets sur l'activité desquelles elle n'était
    pas dûment informée, elle tenta de dissoudre
    la Communication annuelle desMaçons comme
    dangereuse pour son gouvernement. Mais de
    vieux Maçons ont transmis une tradition [aux
    termes de laquelle] lorsque les nobles
    personnes que Sa Majesté avait nommées pour
    cette mission et qui avaient amené avec eux à
    York, le jour de la Saint-Jean, une force armée
    suffisante furent admis dans la Loge, ils
    n'eurent pas à faire usage de leurs armes et
    rapportèrent à la reine un compte rendu très
    honorable sur l'ancienne Fraternité. A la suite
    de quoi ses peurs et doutes politiques furent
    dissipés et elle les laissa [tranquilles] comme
    des gens très respectés par les nobles et les
    sages de toutes les nations policees, mais
    négligea l'Art pendant tout son règne (5).
    1640
    1707
    39
    En effet, après de longues époques sombres et
    illettrées, aussitôt que les branches du savoir
    refleurirent, la Géométrie retrouva sa place et
    les nations policées commencèrent à découvrir
    la confusion et l'impropriété des constructions
    gothiques. Au quinzième et seizième siècle, le
    STYLE D'AUGUSTE se releva de ses décombres
    en Italie, grâce à BRAMANTE, BARBARO,
    SANSOVINO, SANGALLO, MICHEL
    ANGE, RAPHAEL DURBIN, JULES ROMAIN,
    SERGLIO, LABACO, SCAMOZZI, VIGNOLE (1) et
    beaucoup d'autres brillants architectes, mais
    surtout grâce au grand PALLADIO (2) qui n'a
    jamais enCore été dûment imité en Italie
    quoique notre Grand-Maître Maçon INIGO
    JONES ait vraiment rivalisé avec lui en
    Angleterre (3).
    Mais, quoique tous les vrais Maçons honorent
    la mémoire de ces architectes italiens, il faut
    reconnaître que le style d'Auguste ne fut
    réveillé par aucune tête couronnée avant que
    le roi JACQUES VI d'ÉCOSSE et premier
    d'ANGLETERRE patronnât le dit glorieux Inigo
    Jones qu'il employa pour construire son palais
    royal de WHiTE-HALL; mais durant son règne
    sur toute la Grande-Bretagne, seule la SALLE
    DES BANQUETS, en première pièce de ce
    palais, fut édifiée (4), laquelle est une des plus
    belles salles du monde et l'habile M. Nicholas
    Stone la bâtit en qualité de Maitre-Maçon
    (5) Sous [la direction de] l'architecte JONES.
    40
    Ala mort [de Jacques 1er], son fils, le roi
    CHARLEs 1er (1), lui aussi Maçon, patronna
    aussi M. Jones et il avait la ferme intention de
    poursuivre les plans de WHITE-HALL [conçus
    par] son royal père et selon le style de M.
    Jones, mais il en fut malheureusement
    détourné par les guerres civiles*.Après la fin de
    ces guerres et la restauration de la famille
    royale, la Maçonnerie authentique fut
    pareillement restaurée, en particulier à la suite
    de la malheureuse affaire de l'incendie de
    Londres en l'année 1666 (2). Alors, les maisons
    de la ville furent reconstruites surtout d'après
    le style romain (3) et c'est alors que le roi
    Charles II (4) posa les fondations
    * Le plan et la perspective de ce glorieux projet
    étant encore conservés, beaucoup
    d'architectes habiles estiment qu'ils dépassent
    tout autre palais dans le monde connu par la
    symétrie, la solidité, la beauté et la
    convenance de l'Architecture car, en vérité,
    tous les projets et toutes les constructions de
    Maître Jones sont surprenants et, à première
    vue, révèlent qu'il en a été l'Architecte. Mieux,
    son puissant génie invita la Noblesse et la
    Gentry de toute la [Grande]Bretagne (car on
    l'honora autant en Ecosse qu'en Angleterre) à
    aimer et à faire revivre l'ancien style de la
    Maçonnerie trop longtemps négligé ainsi qu'il
    apparait par les nombreux édifices surprenants
    de ces temps. L'un d'eux doit être maintenant
    mentionné et [c'est] peutêtre un des plus
    beaux, la fameuse PORTE du Jardin botanique
    d'OXFORD, élevée par HENRY DANVERS,COMTE
    DE DANBY, qui coûta à Sa Seigneurie plusieurs
    centaines de livres. C'est un surprenant petit
    élément de Maçonnerie, tel qu'il n'en fut jamais
    construit auparavant ou depuis, portant sur le
    fronton l'inscription suivante,àsavoir(5):
    A LA GLOIRE DE DIEU TRES BON ET TRES
    GRAND. EN L'HONNEUR DU ROI CHARLES A
    L'USAGE DE L'ACADEMIE ET DE L'ETAT, EN L'AN
    1632.
    HENRI, COMTE DE DANBY.
    1666 après J C.
    41
    de la Cathédrale actuelle de Saint-Paul (1) (car
    l'ancien édifice gothique avait été détruit par le
    feu) [en s'inspirant] beaucoup du style de
    SAINT PIERRE de Rome, [construction] dirigée
    par l'habile architecte sir CHRISTOPHER WREN
    (2). Le roi fonda aussi son palais royal à
    GREENWICH d'après un plan de M. Inigo Jones
    (3) (qu'il avait établi avant sa mort) [et les
    travaux furent] conduits par son gendre M.
    WEBB (4); il est maintenant transformé en
    hôpital pour les marins. Il fonda aussi Chelsea
    College, un hôpital pour les soldats (5) et à
    EDIMBOURG, il fonda et acheva à la fois son
    palais royal de Haly Rood House, selon le plan
    et sous la direction de sir William Bruce,
    baronnet (6), maître des travaux royaux en
    Ecosse*. Aussi, en plus de la tradition
    [transmise] par des vieux Maçons encore
    vivants et sur laquelle il est permis de
    s'appuyer, nous avons de bonnes raisons de
    croire que le roi CHARLES II fut un Franc-Maçon
    accepté, car chacun reconnaît qu'il encouragea
    fort les artisans (7).
    Mais, durant le règne de son frère JACQUES II
    (8), bien que quelques constructions romaines
    fussent poursuivies, les Loges de Francs-
    Maçons de Londres tombèrent dans une lourde
    ignorance parce qu'elles ne furent pas dûment
    fréquentées et cultivées (9).
    * C'était un ancien palais royal qui fut
    reconstruit selon un style d'Auguste si pur que,
    de l'avis de juges compétents, il a été
    considéré comme le plus beau palais
    appartenant à la Couronne. Et, bien que pas
    très grand, il est à la fois magnifique et
    agréable, aussi bien à l'intérieur qu'à
    l'extérieur, avec de grands jardins et un trés
    grand parc et tous autres aménagements
    annexes (10).
    42
    Mais*, après la Révolution, en l'an 1688, le ROI
    GUILLAUME (1), quoique prince belliqueux,
    montra du goût pour l'Architecture et continna
    la construction des deux hôpitaux cidessus
    mentionnés de Greenwich et de Chelsea,
    construisit la belle partie
    * Suivant l'exemple royal de son frère le roi
    Charles II, la Cité de LONDRES érigea le fameux
    Monument [à l'endroit où] le Grand Incendie
    avait commencé. [C'est] une colonne d'ordre
    dorique, toute en pierre solide, de 202 pieds de
    hauteur au-dessus du sol, de 15 pieds de
    diamètre, avec [en son] centre un surprenant
    escalier de marbre noir et un balcon de fer au
    sommet (semblable à ceux des colonnes de
    Trajan et d'Antonin à Rome (2)), duquel on
    peut voir la Cité et les faubourys. C'est la plus
    haute colonne que nous connaissions sur Terre.
    Son piédestal est de 21 pieds carrés et de 40
    pieds de haut, son front est orné des plus
    ingénieux emblèmes en bas relief dus à ce
    fameux scuplteur, Gabriel Cibber, avec de
    grandes inscriptions latines sur les côtés. Elle
    fut commencée en l'année 1671 et terminé e
    en l'année 1677 (3).
    A cette époque aussi, la Société des
    MARCHANDS AVENTURIERS (4) reconstruisit le
    ROYAL ÈXCHANGE de Londres (5) (l'ancien
    avait été détruit par le feu), tout en pierre, de
    style romain, la plus belle construction de ce
    genre en Europe, avec une statue du roi, très
    vivante, en marbre blanc, au milieu de la place
    (ouvragte par le fameux maître sculpteur et
    statuaire, M. GRINLIN GIBBONS (6) qui était à
    juste titre admiré dans toute l'Europe pour
    avoir égalé, sinon surpassé, les plus célèbres
    maître s italiens), sur le piédestal de laquelle
    est placée l'inscription suivante, à savoir:
    A CHARLES II, CESAR BRITANNIQVE
    PERE DE LA PATRIE
    LE MEILLEUR, LE PLUS CLEMENT, LE PLUS
    AUGUSTE DES ROIS
    LES DELICES DU GENRE HUMAIN
    CALME DANS L'UNE ET L'AUTRE FORTUNE
    ARUITRE DE LA PAIX EN EUROPE
    MAITRE ET SOWERAIN DES MERS
    LA SOCIËTE DES MARCHANDS AVENTURIERS
    D'ANGLETERRE
    QUI DEPUIS PRES DE 400 ANS,
    FLEURIT PAR LA GRACE ROYALE.
    DE LOYAUTE ET D'ETERNELLE GRATITUDE
    CE TEMOIGNAGE
    [EN SIGNE] DE VENERATION A ERIGE
    EN L'AN DU SEIGNEUR MDCLXXXIV
    43
    de son palais royal d'HAMPTON COURT (1) et
    fonda et acheva son incomparable palais de
    Loo en Hollande, etc. (2). Et le brillant exemple
    de ce glorieux prince (qui est reconnu comme
    Franc-Maçon par la plupart des gens (3)
    encouragea la noblesse, la Gentry, les riches et
    les savants à s'intéresser beaucoup au style
    d'Auguste, ainsi qu'en témoignent un grand
    nombre d'édifices très surprenants érigés
    depuis à travers le Royaume. C'est ainsi que,
    durant la neuvième annéede notre dernière
    souveraine, LA REINE ANNE (4),Sa Majesté et le
    Parlement firent ensernble un acte pour ériger
    cinquante nouvelles églises paroissiales (5) à
    Londres, Westminster et les faubourgs, et la
    REINE
    N'oublions pas non plus le fameux THEATRE
    D'OXFORD (6), bâti à ses propres frais, par
    l'archeveque SHELDON (7), lequel [théâtre] fut
    aussi construit selon les plans et sous la
    direction de sir Christopher Wren, architecte du
    roi, et qui est justement admiré par les
    connaisseurs. Et le MUSEE contigu, belle
    construction, [a été] élevé aux frais de cette
    illustre UNIVERSITE ou ont été érigées depuis
    plusieurs autres constructions romaines telles
    que la chapelle du collège de la Trinité, l'église
    de Tous les Saints dans High Street, Peckwater
    Square dans le collège de l'Eglise du Christ, la
    nouvelle imprimerie et l'ensemble du collège
    de la Reine qui a été rebâti, etc., grâce à des
    donationslibérales de quelques éminents
    bienfaiteurs et grâce aussi à l'esprit public, à la
    vigilance et à la fidélité des principaux des
    collèges qui ont généralement un vrai goût de
    l'architecture romaine (8).
    La savante UNIVERSITE DE CAMBRIDGE n'a pas
    bénéficié de donations si libérales et n'a pas
    autant de belles constructions, mais elle a deux
    des plus surprenantes et excellentes
    [constructions] de GrandeBretagne, l'une est
    un édifice gothique, le COLLEGE DU ROI
    (seulement si on fait exception de la chapelle
    du roi Henri Vll à l'abbaye de Westminster) et
    l'autre [est] une construction romaine, la
    BIBLIOTHEQUE DU COLLEGE DE LA TRINITE (9).
    44
    avait nommé une commission formée de
    plusieurs ministres d'Etat, des principaux
    membres de la Noblesse, de la haute Gentry et
    d'éminents citoyens, des deux archeveques,
    avec quelques autres évoqués et des
    clergymen de distinction pour mettre l'acte en
    application (1). Ils ordonnèrent que lesdites
    nouvelles églises seraient élevées selon
    l'ancien style romain, ainsi qu'il apparaît par
    celles qui ont déjà été élevées. Et les
    honorables commissaires actuels qui ont le
    même bon jugement sur l'Architecture
    poursuivent le même grand et louable projet et
    font revivre l'ancien style, par ordre, protection
    et encouragement de Sa Majesté actuelle, le
    ROI GEORGE, qui a bien voulu aussi poser la
    première pierre de la fondation de son église
    paroissiale de SAINT-MARTIN des Champs (3),
    dans 1'angle sud-est (par le mandataire d'alors
    de Sa Majesté qui est actuellement évèque de
    Salisbury), laquelle est maintenant en voie de
    reconstruction, forte, grande et belle, aux frais
    des paroissiens*.
    Bref, il faudrait de nombreux gros volumes
    pour rassembler les nombreux et splendides
    exemples de la puissante influence de la
    Maçonnerie depuis la création, à toute époque
    * L'éveque de Salisbury, dûment accompagné,
    s'y rendit en procession ordonnée et, ayant mis
    au niveau la première pierre, la frappa de deux
    ou trois coups de maillet. Aprés quoi les
    trompettes sonnèrent et une grande foule
    poussa de retentissantes acclamations de joie
    quand Sa Seigneurie déposa sur la pierre une
    bourse de 100 guinées comme présent de Sa
    Majesté au profit des Artisans. L'inscription
    suivante fut gravée sur la pierre de fondation
    et recouverte d'une feuille de plomb, à savoir:
    45
    et dans chaque Nation comme ils pourraient
    être recueillis [dans les récits] des historiens et
    des voyageurs. Mais surtout dans ces parties
    du monde où les Européens ont établi des
    relations de commerce, de tels vestiges
    d'anciennes, grandes, surprenantes et
    magnifiques colonnades ont été découverts par
    des chercheurs qui ne peuvent assez déplorer
    les dévastations générales des Goths et des
    Musulmans et nous devons en conclure
    qu'aucun Art n'a jamais été aussi encouragé
    que
    CONSACREE A DIEU
    LE SERENISSIME ROI GEORGES
    PAR SON MANDATAIRE
    LE TRES REVEREND PERE EN CHRIST
    RICHARD, EVEQUE DE SALISBURY
    SON GRAND-AUMONIER
    ASSISTE (SUR ORDRE DU ROI)
    PAR SIR THOMAS HEWET, CHEVALIER
    DES EDIFICES ROYAUX INSPECTEUR
    PRINCIPAL
    LA PREMIERE PIERRE DE CETTE EGLISE
    A POSEE
    LE 19 MARS DE L'AN DU SEIGNEUR 1721
    ET LA HUITIEME ANNEE DE SON REGNE
    46
    celui-ci, car véritablement aucun n'est aussi
    utile à l'humanité*.
    De plus, s'il était utile, on pourrait montrer que
    les sociétés ou ordres de CHEVALIERS
    militaires, tout comme celles de religieux, ont
    au cours des temps emprunté à cette ancienne
    Fraternité un grand nombre d'usages
    solennels, car aucun d'eux ne fut mieux
    institué, plus décemment installé, ou n'observa
    d'une façon plus sacrée ses Lois et Obligations
    que ne l'ont fait les Maçons acceptés qui, à
    toute époque et dans tous les pays, ont
    maintenu
    * On n'en finirait pas de compter et de décrire
    les nombreux et surprenants édifices romains
    en Grande-Bretagne seulement, érigés depuis
    le réveil de la Maçonnerie romaine: en dehors
    de ceux qui ont déjà été mentionnés, quelques
    autres peuvent être cités, à savoir (1):
    LA MAISON DE LA REINE A GREENWICH
    -appartenant à la Couronne
    LA GRANDE GALERIE DANS LES JARDINS DE
    SOMERSET - appartenant à la Couronne
    GUNNERSBURY HOUSE,PRES DE
    BRENTFORT,MIDDLESEX - possession du duc de
    Qucensbury
    LINDSAY HOUSE, DANS LE LINCOLNS INN
    FIELDS - duc d'Ancaster
    LES ESCALIERS DE YORK, SUR LA TAMISE,
    DANS YORK BUILDINGS L'EGLISE SAINT-PAUL
    AVEC SON GLORIEUX PORTIQUE DANS COVENT
    GARDEN
    LE BATIMENT ET LA PLACE DE COVENT
    GARDEN - Duc de Bedford
    CHATEAU DE WILTON DANS LE WILTSHIRE -
    Comte de Pembroke
    CHATEAU DE ASHBY DANS LE
    NORTHAMPTONSHIRE- Comte de Strafford
    PARC DE STOKE DANS DITTO - Arundel, Esqu.
    WING HOUSE DANS LE BEDFORDSHIRE - Hon.
    Wm Stanhope, Esqu.
    CHEVINING HousE DANS LE KENT - Comte de
    Stanhope
    AMBROSE BURY DANS LE WILTSHIRE - Lord
    Carleton
    Tous ont été construits sur des plans de
    l'incomparable INIGO J0NES et la plupart édifiés
    sous sa direction ou celle de son gendre, M.
    Webb, selon les plans de M. Jones.
    En outre, beaucoup d'autres ont été bâtis sous
    la conduite d'autres architectes influencés par
    le même heureux génie. Tels que:
    LE CLOCHER DE BOW CHURCH DANS
    CHEAPSIDE - bâti par Sir Chri. Wren HOTHAM
    HOUSE A BEVERLEY, DANS LE YORKSHIRE, sir
    Charles Hotham, baronet.
    47
    et propagé leur activité dans leur voie
    particulière que même les plus habiles et les
    plus savants ne peuvent pénétrer, bien qu'ils
    l'aient souvent tenté, tandis qu'ils se
    connaissent et s'aiment les uns et les autres,
    même sans le secours de la parole ou quand
    leurs langues sont différentes.
    Et de nos jours, les libres NATIONS
    BRITANNIQUES, délivrées des guerres civiles et
    jouissant des bons fruits de la paix et de la
    liberté, ont depuis peu orienté leur heureux
    génie vers la Maçonnerie de toute espèce et
    fait revivre les Loges déclinantes de Londres,
    cette belle métropole, ainsi que celles des
    autres parties [de l'Angleterre]. Plusieurs Loges
    particulières ont une tenue de Grande Loge
    trimestrielle et une grande Assemblée annuelle
    (1), danslesquelles les formes et usages de la
    plus ancienne et respectable
    MELVIN HOUSE DANS LE FIFE (2) - Comte de
    Levin
    LONGLEATE HOUSE DANS LEWILTSHIRE
    -Vicomte Weymouth
    CHESTERLEE-STREET-HOUSE DANS LE COMTE
    DE DURHAM - John
    Edworth, Esq.
    MoNTAGUE HOUSE A BLOOMBURY, LONDRES -
    Duc de Montagu
    CHATEAU DE DRUMLARING DANS LE
    NITHISDALESHIRE - Duc de
    Queensbury
    CHATEAU DE HOWARD DANS LE YORKSHIRE -
    Comte de Carlisle
    STAINBOROUGH HOUSE DANS DITTO - Comte
    de Strafford
    CHATEAU DE HOPTON DANS LE
    LINLITHGOWSHIRE - Comte de
    Hopton
    CHATEAU DE~ BLENHEIM A WOODSTOCK,
    OXFORDSHIRE - Duc de
    Malborough
    CHATEAU DE CHATSWORTH DANS LE
    DERBYSHIRE - Duc de Devonshire
    PALAIS DE HAMlLTON DANS LE CLYSDALESHIRE
    - Duc de Hamilton
    WANSTEAD HOUSE DANS EPPING FOREST,
    ESSEX - Lord Castlemain
    PARC DE DUNCOMB DANS LE YORKSHIREThomasDuncomb,
    Esq.
    CHATEAU DE MEREWORTH DANS LE KENT
    -Hon. John Fane, Esq.
    STERLING HOUSE, PRES DU CHATEAU DE
    STERLING - Duc d'Argyle
    KlNROSS HOUSE DANS LE KINROSSHIRE - Sir
    William Bruce, Baronet
    CHATEAU DE STOURTON DANS LE WILTSHIRE -
    Henri Hoar, Esq.
    WILBURY HOUSE DANS DITTO - William Benson,
    Esq.
    CHATEAU DE BUTE DANS LILE DE BUTE - Comte
    de Bute
    WALPOLE HOUSE PRES DE LIN RÈGIS, NoRFOLK
    - Hon. Rob. Walpole, Esq.
    48
    Fraternité sont sagement
    propagés,l'Artroyaldûmentcultivé et le ciment
    de la Confrérie conservé, si bien que le corps
    tout entier ressemble à une voûte bien
    construite. Plusieurs nobles et gentlemen de
    meilleur rang, avec des clergymen et des
    savants érudits de la plupart des confessions et
    dénominations s'y sont franchement ralliés et
    se sont engagés à assurer les Obligations et à
    porter les décors d'un Maçon franc et accepté,
    sous [l'autorité] de notre actuel et digne Grand-
    Maître, le très noble PRINCE John, duc de
    MONTAGU.
    BURLINGTON HOUSE (1) DANS PlCADlLLY, STJAMES,
    WESTMINSTER - Comte de Burlington
    LE DORTOlR DE KING'S SCHOOL,
    WESTMINSTER - La Couronne
    PARC DE TOTTENHAM DANS LE WILTSHIRE -
    Lord Bruce
    Les plans de ¦s trois derniers ont été dessinés
    et [les travaux)conduits par le comte de
    Burlington qui promet de devenir le meilleur
    architecte de [Grande]-Bretagne (s'il ne l'est
    déjà) et nous avons entendu dire que Sa
    Seigneurie a l'intention de publier les précieux
    documents de M. Inigo Jones pour servir aux
    progrès d'autres architectes (2).
    [Existent] en outre beaucoup [de bâtiments] du
    même style romain, et encore beaucoup plus
    qui l'imitent et qui, bien que ne pouvant être
    réduits à un style précis, sont des constructions
    imposantes, belles et agréables malgré les
    erreurs de leurs divers architectes. Et à côté
    des somptueuses et vénérables constructions
    gothiques, comme les cathédrales, les églises
    paroissiales, les chapelles, les ponts, les vieux
    palais des rois, de la Noblesse, des Eveques et
    de la Gentry, bien connues des voyageurs et
    aussi des lecteurs des Histoires des Comtés et
    des anciens Monuments des grandes familles,
    etc., ces constructions de style romain peuvent
    être recensées dans le livre intelligent de M.
    Campbell, architecte, intitulé « LE VITRUVE
    BRITANNIQUE » (3). Et si les bonnes
    dispositions pour l'ancienne Maçonnerie
    authentique prévalent pour quelque temps
    parmi les Nobles, les gentlemen et les gens
    instruits (ainsi qu'il est vraisemblable), cette
    ILE deviendra la MAITRESSE de la Terre pour
    les plans, les dessins etla conduite des travaux
    et [deviendra] capable d'instruire toutes les
    autres Nations dans toutes les choses relatives
    à l'ART ROYAL.


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