• Papus

    L'occultisme contemporain

    Paris 1887

     

    Préface

    Donner aux Enfants de la veuve d'après les conseils de leur auteur sacré Ragon aux kabbalistes et aux Théosophistes une bibliographie qui leur permette d'étendre le domaine de leurs connaissances, fournir aux critiques le moyen de savoir ce dont ils parlent, ce qui ne leur arrive pas toujours, remettre en lumière des savants injustement ignorés comme, Louis Lucas ou Hoëne Wronski, enfin montrer à tous la réaction anti-matérialiste qui se produit en ce moment, telles sont les fins que je me propose en publiant ce petit traité. Je compte qu'il sera lu par tous ceux qui pensent, ce sera ma plus belle récompense.

    Autant que possible de nombreux renvois prouvent ce, que j'avance et je ne regrette qu'une chose, c'est que le cadre trop étroit de ce traité ne m'ait pas permis de faire autant de citations que je l'aurais désiré. De toute façon j'offre au public le fruit d'un long et difficile travail et non le produit d'une imagination plus ou moins fertile.

    PAPUS.

    Juin 1887.

     

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    PREMIERE PARTIE

    INTRODUCTION

    Il n'est pas aujourd'hui d'homme vraiment instruit qui ne sache que la science ne repose sur aucun fondement stable.

    Quel rapport établir entre l'attraction universelle, la cohésion, l'affinité et l'attraction moléculaire, alors que les lois ne sont plus identiques pour toutes les forces ? La loi du carré est trop faible pour expliquer I'attraction moléculaire et, la loi du cube est trop forte.

    Quelle confiance accorder aux théories chimiques, en apparences solides que l'isomérie est venue contredire. Que croire des affirmations contemporaines, après les travaux chimiques de Louis Lucas 1 ?

    Enfin que dire des médecins qui se vantent avec orgueil de ne pas étudier la vie autrement que par ses effets ? Est-ce en essayant de rebâtir les murailles d'une ville, à mesure que l'artillerie ennemie les abat, ou bien en faisant taire cette artillerie qu'on protège les citoyens ? Vous aurez beau reconstruire, le canon détruira toujours, médecins vous aurez beau traiter les symptômes, la cause de la maladie qui nous est inconnue agira toujours.

    On a voulu faire une science des faits, et les faits sont venus détruire les données admises 2.

    Devant ces contradictions multiples, les chercheurs consciencieux se sont demandés s'il n'existait pas une autre science.

     

    1. V Chimie naturelle; de Louis Lucas Paris, 1854 in 8

    2. V les bulletins de la société de psychologie, physiologique de Paris, 1885 et 1886.

     

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    C'est alors qu'ils ont entrevu, à travers les âges, une science toujours la même et toujours soigneusement cachée, aussi riche en idées que la nôtre était riche en faits : c'est la science occulte.

    Courageusement ils se sont lancés en avant, mais bientôt les déceptions sont venues abattre la plupart d'entre eux. Comment deviner ce qui se cachait derrière cet amas de termes obscurs, de hiéroglyphes bizarres et de recettes faussées à dessein. Peu ont poursuivi l'étude, les autres se sont remis à étudier la science de leur temps.

    C'est qu'elle est bien belle malgré tout, l'induction magnifique qui procède à l'établissement de nos connaissances contemporaines. Que nous importe d'abandonner l'étude des principes généraux quand les détails révélés par l'expérience viennent jeter de si vives lumières sur chaque branche de notre savoir. Nous avons construit à la face du ciel un monument dont chaque pierre a été travaillée par nos meilleurs esprits, disent les savants, que nous importe de n'en pas connaître les bases.

    Mais cet inconnu sur lequel vous avez bâti fera un jour crouler votre monument, disent les occultistes, et d'autres viendront mettre sur ses bases solides les pierres qui vous ont donné tant de mal.

     

    Laissant à ceux qui fouillent les détails la considération et les honneurs, les audacieux ont poursuivi la route. Après un travail assidu les symboles ont commencé à parler, les chercheurs ont vu la science de toutes les époques apparaître au milieu des mots incompréhensibles aux profanes, ils ont deviné derrière une pense toute une autre époque plus instruite que la nôtre 1.

    1. V. Louis Lucas, Le Roman alchimique et Saint-Yves d'Alveydre, Missions des juifs.

     

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    Enfin l'alliance des découvertes modernes et de la science occulte dans l'éternelle vérité s'est laissé entrevoir aux vrais chercheurs et la synthèse s'est manifestée à leur esprit 1.

    C'est alors qu'ils se sont tournés vers leur collègue de jadis pour le prier d'unir ses découvertes à leurs idées. Mais l'homme n'est plus le même, il a vieilli dans une douce quiétude, flatté par ses contemporains, malheur à celui qui s'est dévoyé, à celui qui a méprisé l'étude du détail. Quand il vient offrir ses idées de synthèse il est traité d'utopiste, de songe creux, on ne veut même pas écouter ses rapports 2 et quand, il n'est plus -là le savant illustre se prend à jalouser celui qui a su lire dans le livre fermé pour lui et l'adepte meurt de misère 3 ou de silence 4.

    Tout cela est arrivé et peut-être n'est pas encore fini. Quand donc les hommes comprendront-ils que leur personnalité n'est rien dans la Vérité? C'est quand le grain de blé pourri dans la terre semble mort pour jamais que la vie s'élance du chaos qui la renfermait et manifeste une plante; c'est quand le successeur de Philippe le Bel se croit plus solidement établi sur le trône que jamais, que le successeur de Jacques B. Molay l'enferme dans le Temple et se venge. Toute action nécessite une réaction égale.

    Des hommes vraiment instruits ont succombé sous le complot du silence, ils sont morts de misère et de faim, de leur supplice naîtront des écoles qui répandront partout la parole qu'on voulait cacher et quelque jour la renommée scientifique de quelques-uns s'effondrera sous le ridicule dont ils ont voulu couvrir ceux qui les gênaient.

    1. Voyez les travaux de Lucas; Wronski, Lacuria et Eliphas Lévi.

    2. 3.Wronski.

    4. Louis Lucas.

     

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    C'est de tous ces inconnus d'hier et de demain que je veux parler aujourd'hui, de ceux qui luttent dans l'ombre pour la Science et non pour un titre ou un collier honorifique quelconque, des enfants à qui la Liberté a légué quelques-unes de ses volontés 1.

    Mais je le répète encore, les occultistes n'ont traité particulièrement que le côté général, métaphysique de la nature 2 tandis que les savants traitait le particulier.

    Prise séparément pour tout expliquer, la métaphysique est aussi fausse que la physique. C'est en s'appuyant l'une sur l'autre seulement qu'elles peuvent donner naissance à la synthèse scientifique sociale et religieuse.

    1. Voyez le Testament de la Liberté d'Eliphas Lévi.

    2. à l'exception cependant de Louis Lucas.

     

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    Deuxième partie

    Le magnétisme, le spiritisme et les savants

    Parler d'un mouvement contemporain n'est certes pas chose facile. Dès qu'un temps quelconque s'est écoulé depuis la production des faits, ils ont pu subir un commencement de classification, ce qui n'a pas lieu pour le sujet qui nous occupe.

    Quelque attention que l'on fasse, il .est impossible de ne pas laisser échapper un livre, une personne ou une action importante. Aussi ,je prie d'avance le lecteur de me pardonner les omissions ou les erreurs qui pourraient s'être glissées dans mon travail.

    Dans le mouvement en faveur des sciences occultes qui s'est manifesté depuis 1848, plusieurs courants se sont établis.

    Les uns, tout entiers aux découvertes pratiques de Mesmer, ne voient dans la science occulte que le magnétisme fluidique, d'autres, venus un peu plus tard, ne voient que manifestations d'intelligences appartenant ou ayant appartenu aux humains, d'autres enfin se sont élevés assez pour édifier une synthèse générale.

    Les deux premiers seuls, magnétiseurs et spirites, se sont trouvés en lutte directe avec les savants ; les autres, retranchés dans le domaine de la théorie, ont échappé jusqu'ici à une polémique vraiment active.

    Voyons d'abord les adversaires en présence

    D'un côté se trouvent des gens peu instruits, anciens ouvriers 1, petits bourgeois 2 ou officiers en retraite produisant des phénomènes à tort et à travers sans la moindre méthode scientifique, mais sûrs de l'existence du fluide mesmérien.

    1 Cahagnet

    2 Ricard

     

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    De l'autre, se trouvent les savants, hommes instruits, sceptiques à l'égard de ce qu'ils n'ont pas découvert, aussi nécessaires à l'inventeur que la résistance à la production de la force.

    Comme le savant est le même, ou à peu prés, à toutes les époques, voyons la façon dont les juge un esprit élevé qui a été à même de les connaître et de les étudier : Goethe.

    " Les questions scientifiques sont très souvent des questions d'existence. Une seule découverte peut faire la célébrité d'un homme et fonder sa fortune sociale. Voilà pourquoi règnent dans les sciences cette rudesse, cette opiniâtreté, cette ,jalousie des aperçus découverts par les autres. Dans l'empire du beau tout marche avec plus de douceur ; les pensées sont toutes plus ou moins une propriété innée, commune à tous les hommes ; le mérite est de savoir les mettre en oeuvre et il y a naturellement là moins de place pour la jalousie. Mais dans les sciences la forme n'est rien ; tout est dans l'aperçu découvert.

    Il n'y à là presque rien de commun à tous ; des phénomènes qui renferment les lois de la nature sont devant nous comme des sphinx immobiles, fixes et muets ; chaque phénomène expliqué est une découverte, chaque découverte une propriété : Si on touche à une de ces propriétés, un homme accourt aussitôt avec toutes ses passions pour la défendre. Mais ce que les savants regardent aussi comme leur propriété, c'est ce qu'on leur a transmis et qu'ils ont appris à l'Université. Si quelqu'un arrive apportant du nouveau, il se met en opposition par là même avec le credo que depuis des années nous ressassons et répétons sans cesse aux autres et menace de renverser ce credo; alors tous .les intérêts et toutes les passions se soulèvent contre lui, et on cherche par torts les moyens possibles à étouffer sa voix.

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    On lutte contre lui comme on peut: on fait comme si on ne l'entendait pas, comme si on ne le comprenait pas ; on parle de lui avec dédain comme si ses idées ne valaient pas la peine d'être examinées et c'est ainsi qu'une vérité peut très longtemps attendre pour se frayer son chemin 1."

    Goethe.

    Maintenant que nous connaissons chacun des deux adversaires, voyons-les en lutte.

     

    Première période – Le magnétisme

    A la suite des divulgations de Mesmer, divers centres de magnétiseurs s'étaient formés qui luttaient à coups d'expériences contre les académies. Celles-ci niaient dans leurs rapports tous les phénomènes produits par leurs adversaires en tant que dépendant d'un fluide spécial. Elles les mettaient sur le compte, de la naïveté et de l'imagination des adeptes.

     

    Deleuze 2 Du Potet 3, Puységur, Cahagnet 4, Ricard 5, Charnel 6, luttaient dans le camp des magnétiseurs.

    Il faut avouer que ces auteurs donnaient prise aux critiques des savants en publiant comme Cahagnet, des livres sur l'état de l'âme dans l'autre monde d'après les révélations de plusieurs somnambules extatiques.

    1. Conversation, t 1, p 75, et Caro, la philosophie de Goethe, 2ème édition, 1880, p 81.

    2. instruction pratique sur 1e magnétisme animal 1883.

    3. Magie dévoilée Saint-Germain, 1875.

    4. Magie magnétique.

    5. Almanach du magnétiseur 1846.

    6. Esquisse de la nature humaine, (recommandé spécialement aux occultistes).

     

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    C'était brusquer un peu les révélations. Quoi qu'il en soit, la lutte devenait d'autant plus vive que les gens du monde y avaient pris part et les salons étaient partagés en deux camps : les savants retranchés dans leur scepticisme et leur dédain, et les révolutionnaires de la science endormant à tort et à travers, guérissant les incurables, proclamant partout l'existence du fluide mesmérien et mettant sur la couverture de leurs livres des épigraphes dans le genre de celle-ci ;

    "Si !es soi-disant savant, refusent encore d'avaler la vérité que je proclame avec tant de persévérance, je finirai par la leur ingurgiter 1".

    Comme on le voit, l'accord n'était pas facile et les académiciens, piqués dans leur amour propre, faisaient la sourde oreille. L'infatigable, magnétiseur Ricard alla même jusqu'à en endormir quelques-uns 2, les autres prétendirent que c'étaient des compères !!

    Toutefois les savants, sous l'influence des écrits de leurs adversaires invoquant tous la haute antiquité de leurs phénomènes, s'étaient mis a étudier quelques branches de ces fameuses sciences occultes.

    Louis Figuier publiait une belle étude l'Alchimie et les Alchimistes 1856, dans laquelle il nie l'existence de la pierre philosophale en fournissant lui-même à son insu la preuve irréfutable de trois transmutations 3.

    A. Franck publiait un remarquable travail sur la Kabbale 5, à laquelle il ne comprend rien, pas plus que Figuier à l'Alchimie, faute de connaissances spéciales suffisantes.

     

    1. 2. J J A Ricard, Almanach du magnétiseur pratique 1846.

     

    4. Voir la Pierre philosophale prouvée par les faits (PAPUS) n°3 du Lotus juin 1887.

    5. A. Franck, La Kabbale, Paris, 1863, in 8:.

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    En même temps, on étudiait les mystiques d'où semblaient provenir les idées philosophiques des Adeptes.

    La critique s'exerçait sur Claude de Saint-Martin 1, le "Philosophe inconnu", dont les idées avaient nourri deux des plus grands hommes de l'époque Balzac et Sainte-Beuve.

     

    Successivement parurent la Réflexion sur les idées de Louis-Claude de Saint-Martin de Moreau 1850, l'étude sur la philosophie mystique en France et sur Saint-Martin et Martinez Pasqualis, de A. Franck, membre de l'Institut, 1866, etc.

    De toutes ces études et de l'existence de plus en plus évidente de la réalité des faits produits pas les magnétiseurs, les savants entraient peu à peu dans la voie de la conviction : mais leurs Paroles antérieures ne leur permettaient pas de s'avouer publiquement convaincus.

    Sur ces entrefaites, arriva la guerre franco-allemaude 1870 qui jeta quelques troubles dans les travaux des deux partis.

     

    Deuxième période – L'hypnotisme

    Après la guerre, les académies trouvèrent un sauveur dans la personne d'un docteur anglais, Braid. Celui-ci annonça au monde savant qu'il arrivait à produire la plupart des phénomènes invoqués par les magnétiseurs à l'appui de leurs doctrines, sans le moindre fluide, en fatiguant le regard par des procédés tout mécaniques. On désigna le nouveau procédé sous le nom d'hypnotisme, et les académies se mirent à étudier les phénomènes nouvellement produits par ses membres comme si le reste n'avait jamais existé.

     

    1. je recommande aux occultistes la lecture du Crocodile, de Saint-Martin paru l'an 2 de la République.

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    Il faut avouer toutes que les études furent magistralement conduites comme toutes celles qui sont sérieusement entreprises par la science contemporaine. On retrouva un à un tous les faits précédemment découverts par les magnétiseurs ; mais en déterminant exactement le moyen et la durée de leur production et en établissant même une classification qui rendit, claire et simple l'énorme nomenclature des phénomène produits sans ordre et sans méthode par les premiers magnétiseurs.

    Toutefois, les physiologistes et les médecins qui poursuivaient cette étude, et qui la poursuivent encore, étaient trop matérialistes pour entrer dans les vues théoriques des disciples de Mesmer.

    Fiers de la production mécanique des phénomènes, ils niaient toute existence de fluides spéciaux quand un à un les faits produits- par eux-mêmes ,vinrent leur donner un démenti.

    Aussitôt, deux écoles, se formèrent au sein des sociétés savantes : les uns niaient tous les phénomènes capables d'infirmer les doctrines matérialistes, les autres soutenaient énergiquement la possibilité de produire les phénomènes à distance et par suite l'existence, d'un agent impalpable et invisible transmetteur (Il faut lire les comptes-rendus de la Société d'Etudes de psychologie-physio1ogique de Paris et les disputes homériques de Richet et de ses collègues pour se rendre compte de l'acharnement qu'on montre, des 2 côtés).

    En somme, la même lutte ouverte autrefois par les magnétiseurs et les savants, et qui finit par la défaite de ces derniers, se reproduit aujourd'hui entre les partisans du fluide et ses détracteurs. Nous verrons bien qui l'emportera.

     

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    Troisième période - le spiritisme

    Quelque temps après le magnétisme, une nouvelle doctrine apparaissait, qui bientôt allait suivre les mêmes phases que son aînée : C'était le spiritisme.

    D'Amérique, la nouvelle venue se répandit en Angleterre, et de là en France, donnant naissance à une littérature spéciale et à une polémique aussi vive que le magnétisme.

    Les principaux écrivains spirites furent en France Allan Kardec 1, Auguez 2 , Esquiros; Delanne, Delaage 3 , etc.

    Je recommande la lecture des ouvrages d'Auguez et de Delaage aux travailleurs consciencieux.

    Auguez fournira des renseignements et une bibliographie sérieux.

    Delaage est un des modernes qui ont le plus travaillé à répandre l'initiation aux mystères antiques et nous devons l'en remercier particulièrement. Son livre est un résumé excellent en tous points.

    Le spiritisme rencontra de nombreux détracteurs niant, sans vouloir les constater, tous les phénomènes. Mais bientôt les savants américains se déclarèrent convaincus, puis quelques savants anglais, entre autres, Crookes, et enfin, malgré le traitement prescrit par la médecine pour les spirites qui sont considérés comme des hallucinés 4 , un ancien interne des hôpitaux de Paris, Préparateur au Muséum, le docteur Paul Gibier, vient de publier un livre dans lequel il se déclare con vaincu.

    1. Le livre des esprits 1862 et le livre des médiums 1863

    2 les manifestations des esprits 1857 , des Elus de l'avenir 1858

    3. La dernière œuvre de Delaage c'est la Science du Vrai 1885

    1. Article spiritisme de l'encyclopédie des Sciences médicales de Dechambre

     

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    Il révèle en même temps l'existence très ancienne de tous ces phénomènes dans l'Inde 1.

    Il faut voir l'article de critique consacré à Paul Gibier et à son livre dans la Revue scientifique pour comprendre la rage sourde des corps savants devant ces phénomènes.

    Ne pouvant mettre en doute la sincérité des expériences irréfutables du savant anglais Crookes, la critique s'attaque à celles de Gibier qui, je crois, a eu tort de les publier. Elle le blâme de vouloir former une société pour l'étude des phénomènes et avoue que des savants s'en occupent en secret.

    "M. Gibier appelle de ses vœux la formation d'une société pour étudier cette nouvelle branche de la physiologie psychologique et paraît croire qu'il est chez nous le seul, sinon le premier, parmi les savants compétents, à s'intéresser à cette question. Que M. Gibier se rassure et soit satisfait. Un certain nombre de chercheurs très compétents, ceux mêmes qui ont commencé par le commencement et ont déjà mis un certain ordre dans le fouillis du surnaturel, s'occupent de cette question et continuent leur œuvre... sans en entretenir le public.

    Revue scientifique 13 Novembre 1886 N°20 pages 631 et 632.

     

    Si jamais cette assertion était confirmée, cela jetterait un singulier jour sur les procédés de ceux. qui pratiquent ces études expérimentales. Il me semblait pourtant que la divulgation était à l'ordre du jour ?.

    1. Le spiritisme par le docteur Paul Gibier, Paris 1887 in 18.

     

    Troisième partie

    La science occulte appliquée aux sciences modernes

    Louis Lucas 1816 +1863

    Etudier tous les philosophes anciens, chercher le point commun entre leurs doctrines si différentes au premier abord puis réunir en une seule synthèse philosophique, l'œuvre des Alexandrins, des Alchimistes et des Scolastiques pour en tirer les principes premiers. D'autre part, étudier expérimentalement les sciences modernes surtout la physique, la chimie, la physiologie et la médecine, et baser ces travaux pratiques sur les théories philosophiques précédentes, telle est l'œuvre entreprise et menée à bonne fin par Louis Lucas.

    Mourir ignoré, étouffé peut-être par certaines personnalités jalouses et officielles, être indignement pillé par les théoriciens de toute école, n'être mentionné ni par eux, ni par aucun dictionnaire ou aucune biographie soi-disant universelle, telle est la récompense de tous ces travaux.

    Du reste, Louis Lucas ne s'était fait aucune illusion sur ce, qu'il attendait puisqu'il écrivait :

    L'auteur voué aux principes généraux doit, en commençant son travail, être complètement désillusionné sur 1'importance du fruit qu'il en retirera, quand il n'a pas à s'armer encore d'un nouveau courage pour combattre les dangers qui naîtront de ses écrits. Il faut surtout, comme les anciens, se trouver "parvi contentus" et marcher en avant avec cette gaîté du pauvre qui s'abrite derrière la médiocrité de ses désirs 1.

     

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    Si j'avais affaire à un de ces mille théoriciens qui croient chacun bouleverser l'univers parce qu'ils ont une idée souvent vieille comme le monde et neuve uniquement pour eux, je ne protesterais pas comme je le fais contre l'oubli du nom d'un homme.

    Mais c'est un savant que j'ai découvert et que je suis peut-être le premier à remettre au jour, c'est un praticien autant qu'un théoricien qui joint une expérience personnelle à chacune des hypothèses qu'il avance, c'est un homme qui a fait plusieurs découvertes, entre autres le Biomètre, dont une seule suffirait à faire entrer un ambitieux dans les sociétés savantes officielles, c'est un homme dont le nom est soigneusement caché et les idées soigneusement pillées par ceux qui connaissent ses oeuvres.

    Pourquoi ses vues tirées à de nombreux exemplaires sont-ils introuvables ?

    J'ai mis deux ans à me procurer la chimie nouvelle. Pourquoi ?

    Quelques savants modernes profiteraient-ils de l'oubli qui s'est fuit autour de lui pour le copier ? Lisez avec conscience la Chimie nouvelle, puis parcourez, les théories soi-disant nouvelles sur la philosophie des sciences depuis la thermochimie jusqu'aux calculs récents sur l'éther et vous pouvez vérifier la plupart des faits que je me permets d'avancer.

    La critique scientifique qui fait de si belles choses devrait bien s'adresser aux oeuvres de Louis Lucas. Elle verrait qu'il s'est trompé quelque fois, ce qui arrive à tout écrivain, "errare humanum est", mais elle serait bien forcée d'avouer qu'il a eu raison le plus souvent.

     

    1 Louis Lucas, chimie nouvelle p 18

     

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    Vous avez des laboratoires bien montés, vérifiez ses expériences chimiques et biologiques, montrez celles qui ne réussissent pas mais montrez aussi celles qui sont vraies et tâchez de les expliquer autrement que lui.

    D'ailleurs vous n'avez rien à craindre, Louis Lucas est mort en 1863 et il ne vous fera pas concurrence la première fois que vous vous présenterez à une place honorifique.

    Du reste, si vous persistez à taire son nom et ses oeuvres, l'étranger le fera, je l'espère. L'occultisme devient de plus en plus puissant et Louis Lucas se vante avec orgueil d'être un disciple de ces alchimistes 1 à qui il a consacré une de ses plus belles œuvres. 2

    Au point de vue des sciences occultes, Louis Lucas a retrouvé la force universelle désignée sous tant de noms (ignis, lumière astrale, magnès, azoth, etc.

    Il a désigné cette force sous le nom de mouvement et il étudie ses lois sous le nom de lois de la série dont la série trinitaire est la base. Une fois ces lois connues, il aborde l'expérience en les appliquant.

    Après avoir fait ressortir les contradictions et les erreurs théoriques des savants modernes sur les questions générales, il applique ses découvertes dans les cas où la science balbutie et, quand il le faut, il appuie son dire d'une expérience inédite ou d'un appareil nouveau.

    Il n'emploie aucun terme symbolique, ses ouvrages sont écrits dans la langue des savants de son époque.

    Toutefois plusieurs choses rendent l'étude de ses oeuvres désagréable à la critique. En premier lieu, le

     

    1. Médecine nouvelle p. 15 tome I

    2. le Roman alchimique

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    nombre énorme de faits cités dans ses livres et les connaissances qu'il possédait dans plusieurs branches très différentes du savoir humain (particulièrement en chimie et en musique) nécessitent une certaine instruction générale ; enfin, les railleries et les critiques mordantes dont il accable certains savants le font traiter de dément par ceux à qui elles sont adressées.

    Il avoue toutefois son admiration pour les vrais savants qu'il cite avec joie et ne réserve ses attaques que pour les pédantes médiocrités qui encombrent la science contemporaine.

    Il a débuté en publiant, en 1849, une Révolution dans la musique, essai d'application à la musique d'une théorie philosophique, par Louis Lucas, rédacteur en chef du journal le Dix décembre, précédé d'une préface par Théodore Bamille et suivi du traité d'Euclide et du dialogue de Plutarque sur la musique 1.

    Cet ouvrage fut édité à Paris en 1849 Paullin et Lechevalier, rue Richelieu 60.

     

    C'est là que Lucas ébauche les théories qu'il développera plus tard dans ses autres volumes.

    En 1854, paraissait son chef-d'œuvre, un véritable de "rerum natura" contemporain qui contient une foule de faits et d'expériences encore inconnus en 1887. C'est : la Chimie nouvelle appuyée sur des découvertes importantes qui modifient profondément l'étude de l'électricité, du magnétisme, de la lumière, de l'analyse et des affinités chimiques, avec une histoire dogmatique des Sciences physiques. Physique, chimie, physiologie, médecine, histoire naturelle, par Louis Lucas, éditée par l'auteur.

     

    1. Ce livre se trouve à la bibliothèque nationale, salle des imprimés, lettre v.

     

    page 23

     

    Voici l'épigraphe de cet ouvrage :

    La plus grande difficulté que rencontre l'esprit humain dans l'étude des principes naturels est justement l'extrême simplicité de ces principes. Le savant ne veut pas y croire et il passe outre.

    Enfin, voici son dernier ouvrage qui reste obscur si l'on n'a pas lu et travaillé la chimie nouvelle : La Médecine nouvelle basée sur des principes de physique et de chimie transcendantales et sur des expériences capitales qui font voir mécaniquement l'origine du principe de la vie, par Louis Lucas, auteur de la Chimie de l`Acoustique nouvelle, etc. paris, 1862, Dentu et Savy 2 vol. in 8. C'est son ouvrage le moins rare.

    Entre temps avait paru :

    Le Roman Alchimique, merveilleuse analyse occulte, sociale et philosophique sous forme de roman 1857.

    Tous ces ouvrages se trouvent à la Bibliothèque nationale.

     

    Hoêne Wronski

    Il est une partie de nos sciences modernes que Louis Lucas n'a pas cru avoir aborder autant que les autres l : je veux parler des mathématiques.

    Ce travail a été entrepris par 1e polonais Hoêne Wronski.

    Celui-ci est moins Inconnu que Louis Lucas. L'encyclopédie universelle de Larousse lui consacre quelques lignes. Erdan, dans la France Mystique daigne le "blaguer" pendant un chapitre et les savants contemporains se sont conduits envers lui d'une façon que je laisse aux lecteurs impartiaux le soin de qualifier.

     

    1. Il aborde toutefois la géométrie et donne quelques idées générales sur elle dans la chimie nouvelle page 85.

     

     

    Page 24

     

    Toutefois Wronski criait à chaque nouvelle injustice 1 et profitait chaque fois qu'un membre de l'institut daignait s'attribuer une de ses découvertes.

    Cette conduite scandaleuse vis-à-vis de la science porta les fruits qu'elle devait porter 2.

    Après avoir vu pendant l'année 1822 ses ouvrages presque entièrement détruits, Hoêne Wronski mourut de misère et presque de faim le 9 août 1863.

    Lisez le récit de sa mort dans l'œuvre que lui consacre un témoin oculaire 3.

    Quant à la preuve de destruction de ses ouvrages, la voici : Nous prions le lecteur de remarquer qu'en 1822, lorsque l'auteur publia à Londres le 3e de ses opuscules, il venait de recevoir de Paris la nouvelle que ses ouvrages mathématiques allaient être vendus au poids du papier et que cette triste nouvelle lui arrivait ainsi au moment où il venait d'éprouver de la part des savants anglais la spoliation dont il est question.

    Wronski. Prolégomènes de Messianisme, p. 306 note.

    Maintenant, si vous voulez savoir pourquoi ses ouvrages furent détruits, reportez-vous à la page 243 de ce même volume et vous lirez ce qui suit :

    Après le décès de Lagrange, aucun géomètre en France, sans doute par suite de préoccupations différentes, n'a pu trouver le temps pour étudier ni par conséquent, approfondir ces vérités nouvelles et générales

     

    1. voir les prolégomènes du messianisme

    2. Voyez ci-dessus le jugement de Goethe sur la conduite des savants vis-à-vis des novateurs et vérifiez-le en l'appliquant à Lucas et Wronski.

    3. Voyez Lazare Augé. Notice sur Hoêne Wronski Paris, 1865, Bibliothèque Nationale L.27n.20.957.

     

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    que l'institut avait qualifiées ainsi 1 ; au point que le propriétaire des ouvrages mathématiques qui veulent être publié sur la demande de ces géomètres ne pouvant les céder aux libraires français chez lesquels on les avait décriés comme ne contenant que des rêveries fut forcé de les vendre au poids du papier à la halle de Paris.

    N'est-ce pas toujours l'application de ce procédé si bien décrit par Goethe ?

    . Du reste, un second rapport fut présenté à l'institut par Arago et Legendre. Ce rapport été entièrement le contraire du précédent dont les rapporteurs ignoraient sans doute l'existence ; Wronski pour se venger publia les deux rapports côte à côte. 2

    Wronski prétend avoir découvert une méthode grâce à laquelle on parvient facilement à la connaissance de l'absolu.

    Cette méthode il l'applique dans ses ouvrages qui sont très obscurs et il faut les étudier patiemment voir la vérité apparaître magnifique de place en place.

    Il tire ses données de la Kabbale, comme l'a bien vu Eliphas Lévi :

    Cet admirable résumé magique de Paracelse peut servir de clef aux ouvrages obscurs du cabaliste Wronski, savant remarquable, qui s'est laissé entraîner plus d'une fois hors de son absolue raison par le mysticisme de sa nation et, des spéculations pécuniaires indignes d'un penseur aussi illustre. 3.

    En effet, dans sa vie privée, Wronski a été mêlé à plusieurs affaires d'argent. Du reste, je ne comprends

    1. Voir le rapport élogieux de Lagrange sur Wronski à l'Institut en 1810 Prolégomènes du magnétisme p. 241.

    2. voir réforme du savoir humain page * 2 Volume et réfutation des fonctions analytique de Lagrange

    3. Dogme de la Haute Magie (VII). Le Trident de Paracelse.

     

     

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    guère les arguments de ces gens qui, pour combattre les doctrines d'un auteur, sortent toutes les sales histoires qu'ils peuvent trouver sur son compte. Qu'importe tout cela à la science et à la vérité ! De nos jours on emploie le même truc contre Saint-Yves d'Alveydre et Madame Blavatsky. Pour montrer la fausseté de leurs idées on s'attaque à leurs personnes. Qu'est-ce que cela prouve?

    D'après Landur 1 Wronski aurait puisé à trois sources principales : Jacob Boehme, Saint-Martin, la cabale.

    Dans ces derniers temps les "Décadents" ont publié dans leur revue "La Vogue" une étude sur H Wronski et quelques-uns de ses écrits inédits.

    Je conseille à ceux qui voudront étudier la philosophie de Wronski de lire d'abord l'ouvrage de Landur intitulé : Exposition abrégée de la Philosophie absolue d'Hoêne Wronski paru en 1857.

    Cet ouvrage se trouve à la Bibliothèque Nationale aux indications : R 8886.

    Voici une liste par année des ouvrages de Wronski ; je l'extrait de l'opuscule de Lazare Augé.

    Les curieux trouveront un portrait de Wronski dans la France Mystique de Erdan.

    1800. Le Bombardier polonais.

    1801. Mémoires sur l'aberration des astres mobiles.

    1802. Philosophie antique découverte par kant et fondée définitivement sur le principe du savoir.

    1810. Premiers principes des méthodes algorithmiques comme base de la technie des mathématiques (Mémoire à l'Institut . Rapport favorable de Lagrange.

     

    1. Landur, Recherche des Principes du Savoir et de l'Action Paris 1865 in 8

     

    Page 27

    1811. Philosophie des Mathématiques.

    1812. Programme d'un cours de Philosophie transcendantale.

    1814. Philosophie de l'Infini.

    1815. - 1817. Philosophie algorithmique.

    1818. Réponse au mémoire d'Arson.

    1819. Critique de la théorie des fonctions génératrices de Laplace.

    Le Sphinx.

    1820. Solution du problème des réfractions astronomiques.

     

    1821. Introduction à un cours de mathématiques (en anglais).

    1827 Canons de Logarithmes.

    1829. Problème fondamental de la politique moderne.

    Machines à vapeur.

    1831. Prodrome du Messianisme.

    1832. Bulletins messianiques.

    133. Sort téléologique du hasard.

    1835. Nouveaux systèmes de machines à vapeur. 10 opuscules sur la locomotion spontanée.

    1839 Question décisive sur Napoléon.

    1840. La Métapolitique.

    1840. Le Faux napoléonisme.

    1842. Le destin de la France, de l'Allemagne et de la Russie comme Prolégomènes du Messianisme 1 .

    1848. Réforme du Savoir Humain 2 Adresse aux nations slaves sur les destinées du monde.

    Epître au prince Gzarloryski sur les destinées de la Pologne.

    1849. Derniers épîtres aux hommes supérieurs.

    1 op. cit. ci-dessus.

    2 Le plus important de ses ouvrages.

     

    Page 28

    1850. Les cent pages décisives.

    1851. Epître à L'empereur de Russie.

    Epître à Louis Napoléon.

    Documents historiques sur les nations slaves.

    1852. Historiosophie.

    Secret politique de Napoléon.

    1852 – 1853 Opuscules sur les Marées.

    1855. Propédeutique Messianique.

    1861 . Développement progressif et but final de l'humanité.

    Ces deux derniers ouvrages sont posthumes, ils ont été publiés par Madame veuve Wronski qui a aussi fait paraître sous son nom : petit traité de Métaphysique élémentaire, Paris, 1854, in 8.

     

    LES OCCULTISTES

     

    ÉLIPHAS LEVI

    Cet auteur ouvre la série de ceux qui traitent principalement de l'occultisme en lui -même sans s'appliquer à l'alliance de la science contemporaine avec lui.

    Dans ce genre d'études,, il faut bien noter qu'un auteur est rarement complet par lui-même. C'est pourquoi, quoique les oeuvres d'Eliphas Lévi doivent être le vade-mecum de tout étudiant en occultisme, il est nécessaire de les compléter par celles de Lacuria, de Cyliani, de Wronski et de Louis Lucas.

    C'est alors qu'on pourra aborder avec fruits l'étude des publications plus modernes de Madame Blavatsky.

     

    Page - 29 –

    Eliphas Lévi a d'abord écrit des ouvrages socialistes dont -l'un d'eux, le Testament de la Liberté, lui a valu quelques mois de prison (1848).

    Disciple de Fourier et de Wronski 1, il a surtout travaillé la Kabbale et la Genèse d'Hénoch.

    Desbarolles 2 l'appelait une bibliothèque vivante et de fait c'est le plus savant de tous les occultistes contemporains.

    Ses principaux ouvrages sont en occultisme :

    1861 Dogme et Rituel de la Haute-magie (théorie).

    1861 Histoire de la Magie (Réalisation).

    1861 Clef des grands mystères (Adaptation).

    1862 Fable et Symboles.

    1861 Le Sorcier de Meudon.

    1860 La Science des Esprits.

     

    LACURIA

    Encore un inconnu. Il a fait un livre, Harmonies de l'Etre exprimée par les nombres, Paris, 1847, 2 vol. in-8 avec planches qui ne dit pas grand' chose par lui-même, mais qui devient merveilleux comme complément des oeuvres d'Eliphas Lévi et de Wronski.

     

    CYLIANI

    Un des derniers alchimistes qui aient écrit sur la pierre philosophale. A fait en 1882 un ouvrage anonyme que je recommande à tous les occultistes : Hermès dévoilé, in-8. Les Enfants de la veuve y trouveront des symboles instructifs pour eux.

    1. Voir Lazare Auger, ouvrage cité, P. 10.

    2. Mystères de la main. Préface.

     

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    ÉMILE BERTRAND

    A publié plusieurs ouvrages dont l'un est remarquable c'est : Le XIXe et l'avenir, Paris, 1860, in 8.

    Enfin je citerai comme un résumé très peu connu et fort bien fait de la Kabbale le livre de LENAIN : La Science cabalistique, publié à Amiens en 1823.

    Tous ces ouvrages se trouvent à la Bibliothèque nationale.

     

    CHRISTIAN

    S'est surtout occupé de l'astrologie; a publié deux volumes : L'homme rouge des Tuileries 1854. - Histoire de la Magie 1870.

    Enfin je citerai dans un ordre de sciences qui se ,rapporte aux sciences occultes, l'abbé MICHON, auteur d'une Méthode de graphologie ou jugement des caractères d'après l'écriture.

     

    Page 31

    Quatrième partie

    Les occultistes vivants

    ,

    Aujourd'hui l'occultisme recrute des adhérents de plus en plus nombreux et de plus en plus instruits. Au premier rang des Français je dois citer :

     

    Saint-Yves d'Alveydre

    Qui a fait trois ouvrages merveilleux tant pour le travail qu'il comporte que pour le style tout à fait spécial qui les caractérise. Le marquis Saint Yves d'Alveydre traite surtout la partie historique et sociale de l'occulte : c'est un brillant défenseur de la Synarchie déjà entrevue par Wronski et par Saint-Martin.

    Dans ces derniers temps, cet auteur a été en butte aux plus viles calomnies, ce qui ne doit pas étonner ceux qui savent ce qui a toujours attendu les occultistes instruits. Je n'ai pas l'honneur de connaître M. d'Alveydre, mais la lecture de ses ouvrages me suffit pour l'estimer. En admettant, ce que je ne crois pas, que les viles accusations portées contre lui aient un semblant de vérité, cela ne touche qu'à l'homme et n'atteint en rien l'écrivain des trois missions : Mission des ouvriers - Missions des souverains 1882 (anonyme). - Mission des juifs (1884). Son ouvrage le plus célèbre est le dernier. Il a exercé une grande influence sur tous ceux qui s'occupaient de la question. Il suffit pour le constater de lire les écrits postérieurs à son apparition.

    Ainsi un autre auteur, ALBERT JHOUNEY, vient de publier un livre où il s'inspire surtout de la Kabbale.

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    Il a un talent d'exposition tout à fait personnel ; mais beaucoup de ses idées sont tirées des écrits d'Eliphas Lévi (pour la Kabbale) de Lacuria (pour la religion) et de Saint-Yves ( pour la synarchie). Ceux qui écrivent savent bien que souvent on ignore avoir copié quelqu'un. Ainsi, je suis persuadé que M. Jhouney ne connaît pas Lacuria et qu'il a trouvé seul les belles choses qu'il nous dit. C'est pourquoi je salue un des kabbalistes gnostiques les plus instruits de notre temps dans l'auteur du Royaume de Dieu 1. Des écrits des occultistes et particulièrement d'Eliphas Lévi est née école littéraire dont les productions ont fait sensation. J'ai nommé L'Ecole Symbolique représentée principalement par Joséphin Péladan un des décadents sérieux de notre époque. Il publie une éthopée, la Décadence latine en quatre volumes, trois ont déjà paru ce sont : Le vice suprême ; - Curieuse ; - L'initiation sentimentale ; un va paraître : A coeur perdu. -

    A cette école se rattache DE GUAITA, qui a publié une belle brochure intitulée Au seuil du mystère 2, dans laquelle il résume dans, un merveilleux style, les idées. d'Eliphas Lévi et de Saint-Yves d'Alveydre.

    Citons encore un auteur scientifique de ce groupe, Charles Henry,.qui a publié plusieurs études intéressantes et des écrits de Wronski dans la Vogue revue des décadents.

     

    A côté de tous ces auteurs, se rangent les vulgarisateurs de-la science occulte -parmi lesquels - je –citerai DURVILLE, magnétiseur qui lutte avec persévérance pour la science. Il a fait paraître dans ces derniers temps des études fort intéressantes complétant celles

    1. Paris, 1887 Carré éditeur.

    2. Chez Carré

    3. Voir les œuvres de Décle et Chazarain qui demandent pour eux la priorité des découverte de cet auteur.

     

     

    Page 33

     

    du Baron de Reichemback sur la polarité humaine 1 et sur une force universelle, qu'il aurait découverte cette force est celle si bien étudiée par Louis Lucas dans ses applications physiques et médicales, et par Eliphas Lévi dans ses applications occultes. Lucas l'appelle le mouvement (comme Durville) et Eliphas la lumière astrale. Quoi qu'il en soit, je salue en Durville un zélé vulgarisateur de la science magnétique.

    123

    Parmi les vulgarisateurs, signalons encore Maître LOUIS MOND 2, écrivain lyonnais qui a une tendance fâcheuse à s'attribuer les découvertes de Mesmer et d'Eliphas Lévi sans citer ses maîtres. ELY STAR 3 qui a fait un excellent petit résumé de Christian, écrit dans un style qui ne rappelle heureusement pas celui de l'écrivain précédent.

    Citons encore pour mémoire l'Histoire de l'occulte de Fabart (Paris, 1885), pleine de renseignements précieux et que je pense connue de tous les occultistes.

    Mais le a grand mouvement contemporain nous vient de l'Inde. Sous l'inspiration de grands initiés orientaux une société a été fondée à New York en 1875. Cette société a acquis aujourd'hui une énorme importance. Elle a 136 branches dans différentes villes du monde 4,des librairies, des journaux indépendants et des correspondants partout : c'est la Société Théosophique.

    Une société d'Anglais prétend, que les initiés du Thibet n'existent que dans l'imagination des sociétaires

     

    1. – traité expérimental et thérapeutique du magnétiseur, par H. Durville 1885-1886

    1. Cours de Magnétisme et cours de Graphologie à la Bibliothèque universelle -34 rue de la Montagne Sainte-Geneviève

    2. cours d'astrologie même librairie

    4. Voir le nom et l'adresse de ces branches dans le Lotus, revue française de la Société.

     

    Page - 34

    Pour mon compte, je ne le perse pas et de toutes façons une lettre d'un de ces initiés Kouth-Houmi insérée dans la Mission des juifs et dans le Monde occulte, dénote un esprit si supérieur que je n'hésite pas à regarder celui qui l'a écrite, initié ou mystificateur, comme un vrai maître dans le sens complet de ce mot. Les Enfants de la Veuve me comprendront peut-être.

    A ce mouvement oriental étudiant particulièrement le bouddhisme ésotérique, se rattachent les auteurs et les écrits suivants :

     

    Madame BLAVATSKY

    initiée en Orient, calomniée un peu partout. Secrétaire de la Société et écrivain très. distingué, a écrit un ouvrage admirable sur l'occultisme intitulé 1sis unveiled 1. C'est un des seuls auteurs vivants qui, à notre connaissance, joigne la pratique a la théorie.

    Elle s'occupe, paraît-il, actuellement, d'un autre travail intitulé : la Doctrine secrète. Je ne regrette qu'une chose ; c'est qu'elle n'écrit pas assez souvent en français, car ses articles sont vraiment remarquables 2. Comme tous les adeptes elle a été l'objet d'attaques très vives de la part de ses contemporains. Elle a été traité de Charlatan, de Mystificatrice, etc. Elle supporte du reste .gaiement ces petits désagréments et fait preuve de beaucoup d'esprit dans ses réponses aux reporters affamés que les articles contre elle font vivre. 3

    Citons encore dans le même sens les écrits de Sinnet : Occult word et Esoteric Buddhism,

     

    1. New York, 1877, 2 volume in-8, Bibliothèque Nationale à la marque suivante : R 1404

    1. Voir le Lotus .Carré éditeur.

    2. Voir le numéro 4 du Lotus.

     

     

    Page –35-

    dont le premier a été traduit en français par un traducteur consciencieux que nous devons remercier des services qu'il rend aux occultistes français en prenant sur ses études un temps précieux pour mettre à notre portée les grands ouvrages étrangers. Je veux paner de GABORIAU 1. Ajoutons à ces noms celui du Président de l'Isis, une des branches françaises de la Société Théosophique, DRAMARD, auteur d'une brochure intéressante intitulée la science occulte (chez Carré).

    Il faut aussi citer comme un des vulgarisateurs des doctrines théosophiques lady Caithness, duchesse de Pomar, qui a écrit plusieurs ouvrages inspirés par le Bouddhisme ésotérique de Sinnet 2. La duchesse a été présidente d'une branche française de la Société. Elle dirige une revue qui a pour but, si j'ai bien compris; de montrer aux catholiques l'unité des cultes du Christ et du Bouddha. Fera-t-elle cesser l'intolérance bien connue des religions d'Occident ? Félicitons-la toutefois de sa tentative. Enfin, je ne puis terminer avec cette société à qui l'occultisme doit tant sans citer Ch. BARLET, un des meilleurs écrivains contemporains dans la question qui a publié une série d'articles dans le Lotus et le poète J. RAMEAU, jeune et déjà célèbre.

    Au dernier moment je reçois un ouvrage absolument remarquable que je regrette de ne pouvoir que citer : Les forces non définies par A. de ROCHAS (chez Masson).

    En somme, aujourd'hui encore deux camps Philosophiques se trouvent en présence, les occultistes et leurs détracteurs. Ces derniers ne savent généralement

     

    1. Le monde occulte de Sinnet par Gaboriau, chez Carré

    2. Théosophie bouddhiste, 1886, in-8 (Carré), Fragments de théosophie occulte (Carré).

     

    Page 36

    rien des questions qu'ils combattent. Ce n'est donc pas en les insultant et en froissant leur amour-propre; mais bien en les instruisant qu'on les convaincra. On peut être très fort mathématicien, très fort physiologiste ou très fort médecin et être un âne en alchimie ou en astrologie. Mais il ne faut pas décrier ce que l'on ne connaît pas et le médecin qui raille la science occulte est semblable à la concierge qui "blague" les médecins. La preuve de ceci c'est le ton que prennent les journaux scientifiques pour parler du spiritisme 1 maintenant que des savants officiels s'en sont occupés 2. Ce journal n'eût certes pas parlé ainsi il y a dix ans.

    Laissons donc marcher le mouvement et comprenons bien qu'à un moment donné les courants noient dans leurs tourbillons ceux qui veulent s'opposer à leur marche.

    Aussi ne saurais-je en terminant exhorter trop les occultistes à laisser là les questions de personnalité ou de doctrines arrêtées. Groupez-vous; si vous ne voulez pas former une société ou entrer dans une de celles qui existent. Allez-vous voir mutuellement. Faites la connaissance de ceux qui s'occupent de la même question et bientôt les sciences occultes prendront la place qu'elles méritent dans l'ordre des connaissances humaines.

    1. Voir la revue scientifique. Loc. cit.

    2. W. Crookes, de l'académie royale de Londres. Zoellner, professeur correspondant de notre Institut en Allemagne…


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