• De la fin de l'Antiquité aux Mérovingiens

    Clovis devient roi des Francs en 481à la mort de son père Childéric: il n'a que 15 ans mais cet âge n'est pas choquant puisque la loi fixait la nubilité à 14 ans pour les garçons et que la moyenne d'âge était alors de 20 ans !

    Il n'est à cette époque que le roi d'un modeste territoire autour de Tournai (en Belgique actuelle).

     

    Comme son père, Clovis cumule une autorité militaire (chef des Francs) et civile (administrateur de la Belgique Seconde).

    Il se marie avec une princesse thuringienne ou rhénane et son 1er fils, Thierry, nait probablement avant les conquêtes de 486. On ne sait que peu de chose concernant ce mariage car Grégoire de Tours choisi d'ignorer cette princesse paîenne et considère son fils comme un bâtard.*

    • Clovis et le Catholicisme :

    L'Evêque de Reims, Saint Rémi, entretient avec lui des contacts réguliers qui vont l'inciter à respecter l'église et à s'occuper de tous les citoyens situés sur son territoire : une étrange symbiose* et un profond respect naissent au contact de ce roi païen et de l'évêque catholique. Une lettre écrite par Saint Rémi et adressée à Clovis nous est d'ailleurs parvenue et est très révélatrice quant au rôle de conseil assuré par l'église.

    C'est dans ce contexte et suite à l'encouragement de St Rémi que juste avant son avènement,* Clovis entreprend "la fusion" des francs avec les gallo-romains en donnant à tous les même droits et devoirs.

    Cette "coopération" est bénéfique pour les deux partis :

    - Pour Saint Rémi, ces contacts sont indispensables car il réalise que l'indépendance du clergé n'est pas possible : il doit donc composer avec les barbares, et choisit ceux qui répondent le mieux selon lui à ses critères de valeur. Les francs sont considérés comme un rempart et une épée contre l'arianisme.

    - Pour Clovis, il s'agit de profiter de l'expérience et du crédit d'une église respectée par une partie des notables et écoutée par une frange de la population gallo-romaine.

    • Début de l'expansion franque :

    Dès sa prise de pouvoir, Clovis est étriqué* dans son étroit territoire centré sur la Belgique. Il tente d'étendre son royaume avec l'aide de quelques milliers de soldats armés de lances à crochet ("framée") et de haches de jet (la fameuse "francisque")

    - Il s'allie en 484 avec le roi franc rhénan

    Il entre ensuite en conflit avec Syagrius, dernier représentant romain qui a hérité du pouvoir de son père Aegidius mais n'a plus de fonction officielle suite à la chute de l'empire. Il est maître de la région de Soissons et le roi franc ne peut accepter les liens étroits qu'il entretient avec les Wisigoths.

    En 486, l'armée franque de Clovis écrase celle de Syagrius et pille la région conquise : c'est dans ce contexte que ce déroule le fameux épisode du Vase de Soissons. Clovis hérite ainsi de la légitimité romaine et commence l'expansion de son territoire, qui comprend désormais Soissons, Senlis et Beauvais. Clovis somme les wisigoths chez qui Syagrius s'est réfugié de lui remettre le vaincu : ces derniers s'exécutent et Clovis fait égorger Syagrius.

    Il s'approprie également Paris, sa future capitale, car Geneviève s'en remet à son autorité : elle bénéficie d'une extraordinaire reconnaissance dans la population suite au courage qu'elle a manifesté lorsque les huns d'Attila étaient aux portes de Paris.

    Il soumet partiellement les thuringiens en 491 : cette campagne, durant laquelle il élimine les roitelets* parents Chararic (qui s'était montré lâche durant le conflit avec Syagrius) et Ragnacaire lui permet de s'assurer tout le nord-est du pays avant de partir à la conquête du sud (contre les wisigoths) et de l'est (contre les alamans) . Le territoire de la Thuringie n'a jamais été circonscrit avec précision par les historiens : il était probablement situé sur la rive droite du Rhin.

    Cette expansion reste toutefois très limitée à la fin du Vème siècle en comparaison de celle des goths.

    En effet, les ostrogoths, qui étaient jusqu'alors restés sur les terres de l'empire Romain d'Orient, envahissent l'Italie avec 100 000 personnes (dont 20 000 soldats) et la bénédiction de Zénon, Empereur Romain d'Orient. Leur roi Théodoric le Grand renverse Odoacre qui avait pris possession de l'Italie, provoquant la chute du dernier empereur romain d'Occident en 476. Odoacre signe sa reddition en 493 mais est aussitôt assassiné par son vainqueur lors d'un banquet. Une période de 40 années de prospérité recommence alors en Italie, en se basant sur une administration romaine contrôlée par les ostrogoths.

    Fin stratège, Théodoric mène une "politique matrimoniale" intense pour accroître son prestige et mieux se positionner en arbitre de l'Occident : il est en effet beau-frère du roi des francs (Clovis) et du roi des vandales (qui tenaient l'Afrique et la Sicile) et beau-père du roi des wisigoths (Alaric II) et du prince héritier des burgondes !

    Les ostrogoths représentent donc un obstacle de plus pour Clovis, circonscrit et isolé dans son modeste territoire : à la fin du Vème siècle, Clovis reste un petit roi face au roi burgonde Gondebaud, aux rois goths Théodoric le Grand (osthrogoths) et Alaric (wisigoths). De plus, il se marginalise en étant le seul païen face à ces trois rois ariens.

    La Vase de Soissons

    Le célèbre vase de Soissons provient en fait du diocèse de Reims : il s'agit d'un vase liturgique en argent qui fut intégré au butin des francs lors de la guerre entre Clovis et Syagrius.

    L'évêque de Reims Saint Rémi envoya un messager à Clovis afin qu'il restitue cet objet mais la règle de partage des prises de guerre était stricte : chaque part, y compris celle du roi, était tirée au sort. Afin de respecter les bonnes relations qu'il entretenait avec l'église et étant donné que le tirage au sort à Soissons (d'où le nom « vase de Soissons ») n'attribua pas le vase à Clovis, ce dernier le réclama en prétextant un passe-droit. Un soldat s'y opposa, frappa le vase avec une hache en disant : « tu n'auras rien que ce que le sort t'attribuera vraiment ».Clovis s'inclina, mais parvint tout de même à échanger d'autres objets contre le vase cabossé qu'il restitua à l'évêque : il n'a donc pas été cassé comme l'indiquent certains manuels d'histoire.

    Lors d'une revue de son armée à Soissons bien plus tard, Clovis, qui avait la rancune tenace, remarqua que les armes de celui qui avait frappé le vase étaient mal entretenues : il les jeta à terre et tandis qu'il se penchait pour les ramasser, Clovis lui fracassa le crâne en disant : « ainsi as-tu fait à Soissons avec le vase ». Il profita ainsi du droit de vie et de mort que le Roi avait sur ses sujets.

    Baptéme de Clovis

    L'église avait besoin d'une "épée" pour combattre l'hérésie arienne* : Saint Rémi a donc tout intérêt à convertir par le baptême le roi Clovis afin que les francs deviennent les protecteurs de l'église : c'est dans ce contexte que Saint Rémi incite Clovis à demander en mariage Clothilde, une princesse burgonde catholique et nièce du roi Gondebaud.

    Le roi Gondebaud accepte cette union par intérêt politique, en espérant pouvoir profiter de la bienveillance de Clovis : le mariage est célébré en 493 à Soissons et à partir de ce moment, Clothilde pousse son mari à se convertir à sa religion en tentant de vaincre ses réticences.

    Clovis reste au début méfiant vis à vis de la religion catholique :

    • il doute de l'existence du Dieu de Clothilde suite au décès de leur 1er enfant qui meurt dans ses habits de baptême,

    • il est conscient que cet acte peut lui faire perdre le caractère sacré que lui reconnaissaient les francs en anéantissant le prestige de son origine réputée divine : il court le risque de se voir abandonné par une partie de son peuple.

    Il va changer d'opinion à l'occasion de la bataille de Tolbiac (près de Cologne). Vers 496, tandis que Clovis combat les Alamans pour étendre son royaume sur l'actuelle Alsace et Allemagne, l'armée franque est sur le point d'être dominée malgré l'appel à tous les dieux païens de la guerre : Clovis invoque alors le Christ de Clothilde et s'engage à croire en lui et à se faire baptiser s'il obtient la victoire. Le roi des Alamans est alors tué d'une flèche, signant la débandade puis le retrait des troupes ennemies, poussant Clovis vers la victoire (la mort de leur roi était le symbole pour les Alamans de l'abandon de leurs Dieux).

    Il faut toutefois noter que ces faits n'ont aucun fondement réellement historique :

    • Ce n'est qu'en 1539, soit un bon millénaire après l'événement, qu'un écrivain a proposé de placer à Tolbiac " la " bataille de Clovis contre les Alamans, et c'est sans aucun fondement (il y eut en fait plusieurs batailles contre les Alamans en divers lieux dans la région rhénane).

    La phrase de Clovis (" Dieu de Clothilde, si tu m'entends ... ") est une anecdote édifiante dont ne font état ni Avit, ni Nizier, deux saints prosélytes* qui en auraient argument. Le marchandage prêté à Clovis (" ma conversion contre une victoire ") n'est de toute façon pas très catholique.

    Pourquoi cette incertitude concernant la date du baptême ?

    Elle est due au manque de données fournies par Grégoire de Tours, qui n'est pas contemporain de cette époque : ce dernier constitue, grâce à son ouvrage "L'Histoire des Francs" la principale source d'informations concernant cette époque. Les travaux récents des historiens semblent donner pour improbable l'année 496 mais confirment le 25 décembre qui est symboliquement le jour de la naissance du Christ. Puisqu'en 1896 on avait commémoré le 1400ème anniversaire du baptême de Clovis, on a conservé 1996 pour le 1500ème.

    De plus, la datation en années de l'ère chrétienne inventée par un moine au VIème siècle n'apparait en Gaule qu'au VIIIe : cela complique largement la datation des événements.

    Clovis se décide :

    Après un temps de réflexion et de maturation, Clovis est baptisé à Reims par Saint Rémi le 25 Décembre 496 ou 498

    Description du Baptême :

    Au moment où il allait être baptisé Saint Rémi lui dit : "Baisse la tête avec humilité Sicambre, retire tes colliers, adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré ! »
    (les colliers étaient des "porte-bonheur" païens et Sicambre le nom d'une tribu à l'origine des Francs saliens).

    Le roi, après avoir confessé le Tout-Puissant, Dieu en trois personnes, fut baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit et oint du saint-chrème au moyen du signe de la croix du Christ.

    Plus de trois mille hommes de son armée reçurent également le baptême le même jour.

    La légende de la Sainte Ampoule

    La légende de la Sainte Ampoule est évoquée dans la vie de Saint Rémi (écrit par l'archevêque de Reims Hincmar en 876) :
    "Au moment du baptême de Clovis, le diacre apportant le saint chrême, pris dans l'embouteillage des fidèles, ne put arriver à temps. Mais une colombe descend du ciel, tenant dans son bec une ampoule remplie d'huile. C'est avec cette huile miraculeuse que Saint Rémi donna au roi des francs l'onction."

    Il a d'ailleurs été découvert dans le tombeau de Saint Rémi une ampoule de verre remplie d'un baume parfumé comme on en plaçait dans les tombes gallo-romaines. Cette relique fut intégrée dans un reliquaire où elle formait le corps d'une colombe. Elle fut hélas détruite en 1793 et quelques fragments ont été ensuite rassemblés dans un nouveau reliquaire réalisé pour Charles X en 1820.

    La tradition du sacre à Reims est ainsi initialisée pour les rois de France qui reçoivent leur pouvoir de Dieu : Charles X sera le dernier roi à être ainsi consacré en 1825.

    Les traces du baptistère contemporain au baptême de Clovis ont d'ailleurs été retrouvées dans la cathédrale de Reims.

    Conséquences de la conversion de Clovis au catholicisme :

    Ce baptême est loin de se limiter à sa seule dimension religieuse par ses nombreuses conséquences au niveau politique :

    • Création de la 1ère entité politique* cohérente sur le sol de France : l'empereur d'Orient Anastase prend d'ailleurs parti pour le catholique Clovis (il recevra plus tard les insignes consulaires, signe du plus grand souverain d'Occident)

    • Ouverture d'une fracture décisive entre les francs et les goths ariens : le roi wisigoth Alaric ne peut supporter cette reconnaissance officielle de Clovis.

    • Reconnaissance aux yeux des gallo-romains, de la réputation de Clovis, notamment pour la classe sénatoriale : les rois ariens* sont désormais en porte à faux* vis à vis de la majorité de leur sujets.

    • Modification de la nature du pouvoir royal : la monarchie mérovingienne était élective au sein de la famille du roi et l'assemblée de guerriers pouvait déposer le roi pour désigner un remplaçant. Le baptême de Clovis légalisait donc son droit de régner au nom de Dieu et écartait du pouvoir ses parents à l'exception de sa descendance directe.

    S'il ne faut pas négliger les convictions religieuses de Clovis, il est indéniable que les conséquences politiques de cet acte ont été calculées : son baptême jouera un rôle déterminant dans l'hégémonie* que Clovis finira par imposée à toute la Gaule, en le positionnant en protecteur des églises du royaume et en défenseur de la foi catholique.

    Affirmation de Clovis

    Clovis poursuit son projet d'expansion et d'affirmation de son pouvoir, fort du soutien de l'épiscopat* obtenu grâce à son baptême : il étend son royaume et fixe sa capitale à Paris, supprime ses éventuels "concurrents", et légifère* pour imposer les lois telles qu'il les conçoit.

    Suite de l'expansion territoriale : victoire sur les wisigoths

    Les wisigoths sont maîtres d'un immense territoire en ce début du VIème siècle : leur roi Alaric II règne de l'Espagne jusqu'à la Loire et de l'Atlantique à la Méditerranée, et ils ont pour prétention de s'étendre au nord de la Loire sur les terres des francs. Après une rencontre cordiale mais inefficace entre les 2 rois et des tentatives de conciliations du roi ostrogoth Théodoric le Grand, le conflit est inévitable.

    Un accord secret entre Clovis et l'empereur romain d'Orient, Anastase Ier, est passé, stipulant que Clovis attaquera les wisigoths tandis qu'Anastase 1er s'occupera des ostrogoths :

    • Anastase Ier souhaite affaiblir la toute puissance des ostrogoths en Italie en incitant Clovis à attaquer les wisigoths, leurs frères de race.

    • Clovis sait qu'une alliance entre les ostrogoths et les wisigoths lui serait fatale : ce plan fonctionne puisque ces derniers se limiteront à défendre l'Italie contre l'invasion des troupes romaines et n'aideront pas les wisigoths.

    Description de la bataille : Au printemps 507, l'armée franque franchit la Loire en direction de Poitiers sous le commandement de Clovis et de son fils aîné Thierry. L'armée wisigothique marche au nord pour limiter leur progression en espérant que les ostrogoths les appuieront. La rencontre a lieu dans la plaine de Vouillé près de Poitiers (un monolithe de granit signale aujourd'hui ce lieu). Un terrible corps à corps commence, jusqu'à ce que le roi Alaric II soit tué par Clovis en personne. Comme pour la bataille de Tolbiac, cette mort marque la débandade des wisigoths qui seront massacrés par les francs.

    On peut donc affirmer que Clovis, qui a hérité de son père d'un modeste territoire, a véritablement fondé suite à ses conquêtes le royaume franc : les "anciennes terres gauloises" sont sous son contrôle à l'exception :

    • De la Provence et de la Septimanie restées aux mains des goths (qui vont d'ailleurs reconquérir dès 509 Narbonne, Orange et Avignon),

    • De la Burgondie : les batailles contre les burgondes de 500 à 502 ne lui permettent pas de contrôler ce territoire, mais tracent la route pour ses héritiers.

    Paris, capitale du Royaume :

    Clovis décide en 508 de fixer sa capitale à Paris (après Tournai en Belgique et Soissons), qui ne se nomme plus Lutèce depuis plus d'un siècle. Probablement influencé par Sainte Geneviève avant sa mort, ce choix est également justifié par la «monumentalité» de la ville héritée de Rome et par sa situation stratégique (site insulaire, voie fluviale est-ouest et route nord-sud).

    Il vit probablement dans le palais construit sous l'empereur romain Julien sur l'île de la Cité : ce dernier restera résidence royale pendant plus de 1000 ans avant d'occuper une fonction de justice. Afin d'ajouter sa marque, Clovis décide de construire une basilique sur le tombeau de Sainte Geneviève, décédée vers 502. Clovis puis sa femme Clothilde y seront également enterrés : à l'image des empereurs, ce geste symbolise son souhait de reconnaissance impériale et sacrée.

    Cette basilique deviendra l'église Sainte-Geneviève mais sera détruite par les Normands en 857 (seuls deux chapiteaux subsistent, exposés au Louvre et au musée de Carnavalet). Le Panthéon sera bâti sur son emplacement, et une partie de ses fondations se trouvent sous l'actuelle rue Clovis à Paris située dans le 5ème arrondissement (juste à côté de la rue Clothilde).

    Le royaume mérovingien conserve Paris comme "principale" capitale jusqu'à la fin du règne de Dagobert : avec la décadence du pouvoir des derniers rois mérovingiens, Paris perdra ensuite de son importance (sous les Carolingiens, la capitale deviendra Aix-la-Chapelle en Allemagne).

    Liquidation pour préserver le royaume :

    Afin d'éviter le partage de son royaume avec un parent, Clovis fait assassiner au moins 12 de ses anciens frères d'armes et membres de sa famille susceptibles de lui disputer son pouvoir. Il veut ainsi réserver exclusivement son royaume à ses fils. Pour contrôler qu'il n'a oublié personne, il se plaint lors d'un banquet de n'avoir plus de parents à ses côtés : il vérifie ainsi l'accomplissement de sa tâche car aucun convive ne se manifeste !

    Tous les chefs francs Saliens et Rhénans, dont il devient le roi vers 510, sont ainsi exécutés.

    Clovis législateur :

    Après la liquidation de ses frères d'arme lui assurant les pleins pouvoirs, Clovis souhaite donner à son royaume une base législative solide afin de se positionner en refondateur de l'état de droit.

    C'est ainsi qu'il fait rédiger entre 508 et 510 un ensemble de lois (dites Lois Saliques car Clovis était un franc salien) à partir du Bréviaire d'Alaric et d'anciennes lois germaniques.

    Elle consiste essentiellement à régler :

    • l'égalité entre tous les citoyens, qu'ils soient gallo-romains ou germains,

    • la liberté de mariage,

    • les problèmes de procédure concernant les personnes et les biens : en particulier, elle essaie de supprimer la coutume du "droit de vengeance" dans les familles en codifiant, par compensation financière, le dédommagement de la parenté en cas de meurtre ou blessure d'un des siens.

    • les droits de succession pour les biens fonciers (terres) : ceux-ci ne peuvent échoir qu'aux hommes. Les femmes peuvent hériter des autres biens mais pas des propriétés terriennes, ce qui les exclue des partages des royaumes.

    La loi Salique est le premier code de loi à avoir été rédigé dans notre pays : si le code Napoléon n'en garde que peu de traces, la législation médiévale en fut largement imprégnée.

    Clovis meurt en 511 après 30 années de règne

    Le premier partage du royaume

    Durant l'époque mérovingienne, la notion d'Etat n'existait pas : le royaume était considéré comme un patrimoine familial.

    Selon la coutume franque, le Royaume est partagé à la mort de Clovis en 511 entre ses quatre fils, sans aucune considération éthnique ou géographique :

    • Thierry hérite de la région de Metz,

    • Clodomir prend possession d'Orléans,

    • Childebert règne à Paris,

    Clotaire hérite de Soissons.

    L'Aquitaine, conquise en 506-507, est morcelée entre les 4 rois : malgré leur victoire contre les wisigoths, les francs ne réussissent pas à s'y établir durablement car les Aquitains les détestent. Ceci explique pourquoi cette région a été "morcelée" dans l'héritage.

    Devenir et poursuite de l'expansion du royaume :

    Pour poursuivre l'oeuvre de leur père Clovis, les mérovingiens mènent des opérations pour conquérir de nouvelles terres :

    • Conquête de la Burgondie (534) :

    Le royaume des burgondes avait été terriblement affaibli par les combats contre les wisigoths et les ostrogoths. Afin de renforcer le pouvoir royal de son fils Sigismond, le roi Gondebaud décide avant sa mort de lui léguer son royaume sans appliquer le traditionnel partage des terres entre les héritiers. Sigismond devient ainsi maître de la Burgondie en 516.

    Les fils de Clovis profitent du séjour de Sigismond dans un monastère en 522 (il se repend d'avoir étranglé son fils !) pour envahir la Burgondie : le roi est capturé et jeté avec sa famille dans un puits. Son frère Godomar se fait aussitôt proclamer roi et mobilise une lourde armée qui défait les francs près de Vienne en 524.

    Clodomir est tué durant cette bataille : Childebert et Clotaire, ses frères, en profitent pour assassiner deux de ses enfants (7 et 11 ans) afin d'éviter un partage supplémentaire du royaume.

    Un 3ème fils, Clodoald, échappe au massacre in extremis grâce à des serviteurs : il se cache dans un couvent puis fonde le monastère de Saint-Cloud (à l'origine de la ville du même nom).

    Ce n'est qu'en 534 que les francs parviennent à anéantir l'armée burgonde : le territoire conquit est alors intégré au royaume mérovingien.

    • Prise de contrôle de la Provence (537) :

    La Provence est occupée par les ostrogoths depuis 509. Après la mort de Théodoric le Grand, le nouveau roi ostrogoth a beaucoup à faire pour contrer les velléités de l'empereur romain d'Orient qui veut reprendre le contrôle de l'Italie. Afin de s'assurer la neutralité des francs, celui-ci leur cède la Provence, qui passe donc sous contrôle mérovingien sans combat en 537.
    Le retrait des ostrogoths marque la fin du dernier royaume germanique en Gaule.

    Le royaume franc est alors le plus grand royaume d'Occident.

    Dans l'ancienne Gaule, seule la Septimanie (sud du Languedoc), toujours aux mains des wisigoths, échappent aux mérovingiens. Malgré un coup de force en 542 qui les fera franchir les Pyrénées, ils échoueront devant Saragosse et devront se replier.

    A la mort de Clodomir et suite à l'élimination de ses héritiers, le nouveau royaume est alors redivisé entre les 3 frères restants, et trois territoires se forment :

    L'Austrasie : est de la France.

    La Neustrie : Nord-Ouest (vient des mots germaniques "Ne Oesterreich", qui siginifie pays de l'ouest).

    La Burgondie, qui deviendra la Bourgogne.

     

    Mort de Thierry :

    Thierry meurt en 534 après avoir envahi la Thuringe qui s'était soulevée : il laisse l'Austrasie à son fils Thibert (ou Théodebert) qui fait de Metz sa capitale. Il parvient à occuper le nord de l'Italie en 542 en violant l'accord avec les ostrogoths qui avaient cédé la Provence en échange de la neutralité des francs.

    Ce dernier meurt d'une chute de cheval en 548 et son fils dégénéré, Théodebald, lui succède. Piètre stratège, ses troupes seront écrasées par les byzantins qui ont repris pied dans la péninsule à la place des ostrogoths (qui quittent définitivement l'histoire) : les mérovingiens sont alors contraints d'abandonner les terres conquises en Italie. Il meurt en 555, sans laisser de descendants : c'est ainsi que Clotaire annexe l'Austrasie.

    Réunification du royaume franc :

    Childebert meurt à son tour en 558 sans laisser d'héritier : le royaume mérovingien est ainsi de nouveau réuni sous l'autorité de Clotaire Ier.

    Tiers de sou d'or de Gildebert 1e

    Ce dernier, malgré une intelligence qui lui permet de maintenir l'intégrité de son territoire, fait preuve de beaucoup de cruauté et d'une vie dissolue :

    • il n'hésite pas, suite à la révolte de l'un de ses fils, à l'enchaîner dans une cabane avec sa femme, ses enfants et sa mère (une de ses nombreuses épouses) et à y mettre le feu,

    • l'une de ses femmes, Radegonde, fille d'un roi vaincu que Clotaire choisira pour épouse alors qu'elle n'a que 8 ans, préfère s'exiler dans un couvent que de rester avec lui,

    • une de ses 6 femmes se plaint du fait que sa sœur ne trouve pas un beau parti pour se marier : Clotaire l'épouse en prétextant : « j'ai cherché un homme riche et sage, et n'ai trouvé mieux que moi-même » ! Quelle modestie ! (sa dépouille a été retrouvée à Saint Denis en 1959)

    (Statue datant du XIIIéme siécle et représentant Clotaire 1er)

    Clotaire Ier meurt en 561 en prononçant cette phrase : "quelle est donc la puissance de ce roi du ciel qui fait mourir les plus grands rois de la Terre".

    Le "Regnum Francorum", territoire occupé par les mérovingiens, est alors à son apogée : il englobe toute la Gaule à l'exception de la Septimanie) et une partie de l'Allemagne. A peine réunifié, il est hélas à nouveau partagé entre les 4 enfants que Clotaire a eu de mères différentes :

    • Charibert, qui meurt en 567 sans laisser d'héritier (malgré ses 4 épouses !).

    • Gontran, qui meurt en 592 sans laisser d'héritier non plus.

    • Sigebert devient roi d'Austrasie.

    • Chilpéric devient roi de Neustrie.

    De nombreuses disputes entre ces derniers donneront naissance à des guerres civiles, bloquant tout développement économique du royaume franc pendant plus de 50 ans.

    Guerre civile

    Après la mort de Clotaire (fils de Clovis) en 561, des disputes incessantes entre ses fils Chilpéric et Sigebert va donner naissance à une véritable guerre civile au sein du royaume franc :

    Sigebert épouse Brunehaut, fille du roi des wisigoths (alors retranchés en Espagne) : afin de l'imiter dans sa stratégie de mariage d'intérêt, son frère Chilpéric épouse à son tour la sœur de cette dernière, Galeswinthe. Celle-ci ne se sentant pas aimée demande à Chilpéric le droit de pouvoir se retirer dans un couvent.

    Ce dernier accepte mais la fait étrangler vers 570 pour plaire à une de ses domestiques, Frédégonde, qu'il épousera ensuite.

    Une haine farouche va ainsi opposer Chilpéric à Sigebert et Brunehaut à Frédégonde et 50 années de luttes fratricides vont suivre : cette période est connue sous le nom de faide* royale.

    Frédégonde est à la source d'un nombre impressionnant d'assassinats :

    Elle fait assassiner Sigebert, roi d'Austrasie, en 575 : son territoire est alors dirigé par son fils Childebert II sous la tutelle de Brunehaut, elle exécute par la suite tous les enfants que son mari Chilpéric a eu avec d'autres femmes pour réserver le trône à son enfant, elle tue enfin son mari en 584 après qu'il se soit aperçu qu'elle entretenait des relations coupables avec un Maire du Palais !

    Frédégonde assure alors dès 584 la régence de son fils Clotaire II (qu'elle a eu avec Chilpéric) qui n'a alors que 4 mois : commence l'époque des reines sanguinaires Frédégonde et Brunehaut, qui accentue la division Est-Ouest entre l'Austrasie et la Neustrie et qui bloque tout développement de la dynastie mérovingienne :

    • Frédégonde empoisonne le roi Childebert II en 596 avant de mourir une année plus tard.

    • Clotaire II se fait livrer en 613 à la suite d'une trahison la reine Brunehaut qui a 70 ans : après 3 jours de torture, il l'attache à la queue d'un cheval lancé au galop avant d'assassiner ses 4 petits-enfants.

    Brunehaut attachée à la queue du cheval

    En 613, Clotaire II, suivant le modèle de sa mère, aura donc fini par éliminer tous les autres prétendants francs et dirige le Regnum Francorum en son entier (Austrasie, Neustrie et Burgondie) : recommence alors enfin une période de paix, attendue depuis 561 !

    Toutefois, malgré cette réunification, deux éléments vont contribuer à affaiblir définitivement l'autorité de la dynastie mérovingienne :

    • les fortes dissensions entre la Neustrie et l'Austrasie font perdre toute homogénéité au royaume,

    • les Maires du Palais bénéficient d'un pouvoir croissant : afin de les remercier de leur concours durant ses conquêtes, l'inamovibilité leur est accordée.

    Clotaire II meurt en 629 en laissant deux fils :

    • Charibert, qui meurt en 632,

    • Dagobert, qui assassine son neveu pour devenir unique héritier du royaume.

    Le roi Dagobert

    Le règne de Dagobert (632 - 639) fut l'une des apogées de la civilisation mérovingienne.

    Dagobert est d'ailleurs avec Clovis et Charlemagne l'un des monarques que l'histoire a retenu dans la galerie des rois du haut Moyen Age. Les moines de Saint Denis ont beaucoup écrit à son sujet, mais l'ont transformé en héros de légende en signe de remerciement pour les dons et faveurs qu'il a accordé à l'église (à l'inverse, la Révolution en fera un "bouffon").

    Unité du Royaume

    Après avoir été nommé par Clotaire II roi d'Austrasie en 623, Dagobert règne sur le royaume unifié après la mort de son père et de son frère Charibert en 632 (dont il fait assassiner le fils pour éviter un nouveau partage).

    Il parvient à restaurer en partie l'autorité royale et à maintenir l'unité du royaume :

    • il initialise des voyages "politiques" en Neustrie et en Bourgogne (nouveau nom de la Burgondie),

    • il défend son territoire contre les Saxons, les Bretons et les Gascons,

    • il n'hésite pas à exiler ou exécuter tous ceux qui s'opposent à lui,

    • il assure par passion du luxe la promotion de la culture et de l'orfèvrerie : la légende rapporte qu'il se serait fait fabriquer un trône en or massif !

    Rôle des évêques :

    En plus de Pépin de Landen (Maire du Palais d'Austrasie et ancêtre des carolingiens), Dagobert est conseillé par des évêques de qualité, comme Saint Eloi (qui est à cette époque trésorier du royaume), Saint Ouen ou Arnoul de Metz. Sous leur impulsion, il multiplie les fondations religieuses et charitables : c'est lui qui fondera en 625 l'abbaye de Saint Denis.

    à Ces liens tissés avec les églises ont été pour Dagobert des agents de stabilité politique mais également de rayonnement idéologiques.

    Dagobert accorde à la ville de Saint Denis :

    • Son indépendance par rapport à l'évêque de Paris.

    • Le droit d'organiser une foire franche, source de revenus pour les religieux.

    • Des privilèges fiscaux.

    • Et surtout l'immense honneur d'accueillir sa propre tombe : ainsi naît la nécropole royale, où reposèrent par la suite la plupart des rois de France jusqu'à la révolution française.

    La fondation de l'église Saint Denis où Dagobert sera inhumé.

    Mort de Dagobert :

    A la mort de Dagobert en 639, l'unité du royaume sous l'autorité d'un monarque mérovingien est définitivement de l'histoire ancienne. Le territoire est à nouveau partagé entre ses deux fils :

    • Sigebert III qui a 9 ans et hérite de l'Austrasie et de l'Aquitaine.

    • Clovis II qui n'a que 4 ans et hérite de la Neustrie et de la Bourgogne.


    Tombeau de Dagobert à Saint-Denis

    C'est à partir de cette période que la décadence de la dynastie mérovingienne commence et que le pouvoir effectif passe entre les mains des Maires du Palais (sortes de 1er Ministres), issus de riches familles aristocratiques.

    Saint Eloi entre dans les ordres et devient évêque : son ami Saint Ouen lui consacrera un ouvrage "Vie de Saint Eloi" qui sera une source d'information riche sur cette époque.

    Chute de la dynastie

    Les rois succédant à Dagobert Ier sont connus sous le nom de "rois fainéants" : durant le dernier siècle de la dynastie mérovingienne (de 639 à 751), le pouvoir va être exercé par les Maires du Palais qui ne laissent aux rois que l'apparence du pouvoir. Si le nom de ces rois n'apparaissaient pas au bas de certains documents officiels, on ne saurait pratiquement rien de ces derniers, dont l'espérance de vie était d'ailleurs extrêmement courte.

     

    Explication de la perte de pouvoir des derniers mérovingiens :

    Les richesses de la monarchie mérovingienne ont cessé de croître par le concours de divers facteurs :

    • Absence de victoires militaires, privant le royaume des tributs et butins habituellement acquis.

    • Diminution des domaines du fisc à cause de donations pour acheter certains dévouements.

    • Absence de budget due à l'incapacité à faire rentrer les impôts et taxes suite à des révoltes et aux détournements ou usurpations des fonctionnaires qui en ont la charge.

    Ainsi, les descendants de Dagobert étaient contraints de dilapider les richesses acquises pour acheter la reconnaissance et la fidélité de leurs hommes. C'est donc privés du renouvellement des richesses que le pouvoir s'affaiblit, à la faveur de riches familles aristocratiques : c'est dans ce contexte que les Pippinides, ancêtres de la future dynastie des Carolingiens, prirent une place des plus importantes.

    On constate durant cette période une évolution fondamentale de la fonction de Maire du Palais : à l'origine simple intendant du Palais, il sont devenus chefs de l'administration en nommant les comtes et les ducs, en agréant les évêques, en correspondant avec les cours étrangères et en décidant de la guerre et de la paix.

    • Affirmation de la famille des Pippinides :

    De 639 à 751, la famille des Pippinides ne va cesser de porter son empreinte sur la monarchie mérovingienne avant de prendre sa place sous le nom de "carolingiens". Les membres influents de cette famille seront successivement :

    - Pépin de Landen : comme on l'a vu, il a été l'un des conseillers de Dagobert avant d'être écarté pour calmer ses prétentions. Il redevient Maire du Palais d'Austrasie en 639 à la demande de la régente du royaume (les fils de Dagobert sont trop jeunes pour régner) et en profite pour prendre possession de la moitié du trésor royal !

    - Grimoald : fils de Pépin de Landen, il est initialement écarté de la Mairie du Palais d'Austrasie (comme son père, ses ardeurs effraient la monarchie). Il parvient toutefois à ses fins après avoir gagné la confiance du roi Sigebert III (fils de Dagobert) et fait assassiner Otton qui occupe la fonction tant convoitée. Pour asseoir son propre fils sur le trône, il imagine un plan d'une audace extrême : à la mort de Clovis II en 657, il le fait adopter par le roi Sigebert III (il va même jusqu'à se permettre de faire baptiser son fils du nom royal de Childebert !). Afin d'écarter le descendant légitime de Sigebert III au profit de son fils, Grimoald le fait tonsurer et enfermer dans un couvent. Cette usurpation va générer des protestations chez les austrasiens qui aboutiront à l'assassinat en 662 de Grimoald et de son fils.

    - Pépin de Herstal (ou Pépin II) : environ 10 ans après l'assassinat de son oncle Grimoald, Pépin de Herstal s'impose en qualité de Maire du Palais d'Austrasie (sa puissance militaire et "politique" font de lui un homme incontournable). En 687 et après avoir essuyé 2 échecs, il s'empare à l'issue de la bataille de Tertry de la Mairie du Palais de Neustrie : les Pippinides s'affirment désormais comme maîtres incontestés de tout le royaume du Nord (Neustrie et Austrasie). Il meurt en 714.

    - Charles Martel : la mort de son père Pépin de Herstal et la désastreuse régence de sa femme Plectrude vont inciter la Neustrie à se soulever contre les austrasiens. Sur le point d'être battue, l'Austrasie est sauvé in extremis par un des fils de Pépin de Herstal, Charles Martel, qui s'évade après avoir été emprisonné par Plectrude qui se méfiait de son ambition et souhaitait transmettre le pouvoir à ses fils naturels. Charles Martel parviendra en quelques années à rétablir l'autorité des Pippinides.

    Charles Martel va notamment s'affirmer en arrêtant les Arabes en 732

    En pleine guerre sainte, les califes arabes contrôlent un territoire considérable (grande partie du Proche Orient, Afrique du Nord, Inde, Espagne et Septimanie). Charles Martel mettra fin à leur progression en 732 près de Poitiers (à Moussais-la-Bataille dans la Vienne) : la cavalerie lourde mérovingienne (ancêtre des chevaliers) écrase la cavalerie légère des sarrasins. Il doit d'ailleurs son surnom de "Martel" à ses prouesses lors de ce combat.


    Martel

    Pour prouver l'inutilité des rois mérovingiens, il laisse le trône vacant après la mort de Thierry IV en 737 (tous les documents officiels seront daté de 737 pendant les 7 années de vacance !).
    Il meurt en 741 et est enseveli dans la Basilique Saint Denis comme un monarque.

    - Pépin le Bref (ou Pépin III) : il prend ses fonctions de Maire des palais d'Austrasie et de Neustrie à la mort de son père en 741, et doit son surnom à sa petite taille. C'est avec l'aval du Pape Zacharie qu'il dépose le dernier roi mérovingien Childéric III : il est nommé officiellement roi en 751 et sera sacré à Saint Denis en 754, mettant définitivement fin à la dynastie des mérovingiens et donnant naissance à la dynastie des carolingiens. Son fils Charlemagne prendra sa digne suite.

    Les derniers rois mérovingiens (qualifiés de fainéants) :

    Childéric III vit dans un monastère quand Pépin le Bref l'appelle sur le trône en 743 pour symboliser le pouvoir mérovingien.
    Pépin le Bref le fait tonsurer en 751 (la longue chevelure était alors un signe de royauté) avant de le faire enfermer dans un monastère.

    Childéric III est ainsi le dernier roi mérovingien : il meurt en 755, mettant fin à la 1ère famille des rois de France.

    Naissance de la dynastie des carolingiens

    Ainsi, la famille des Pippinides (Grimoald, Pépin de Herstal, Charles Martel puis Pépin de Bref) aura durant 110 ans occupé le pouvoir à la place d'une dynastie mérovingienne effacée.

    Pépin le Bref est proclamé officiellement roi en 751 et sera sacré à Saint Denis en 754 avec l'aval du Pape Zacharie.

    Ainsi nait la dynastie des carolingiens, qui perdurera jusqu'en 987, avec notamment Charlemagne, fils de Pépin le Bref.


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