• La civilisation maya

    Les anciennes cités mayas

    Les cités mayas formaient, avec leur arrière-pays agricole, des centres administratifs et rituels. Les grandes cités mayas étaient très populeuses. Au centre même de Tikal par exemple, se dressaient sur 15,6 kilomètres carrés, quelque 10 000 bâtiments, allant des temples-pyramides aux huttes à toit de chaume. On évalue la population de Tikal à plus de 60 000 habitants, une densité beaucoup plus forte que celle d'une ville moyenne d'Europe ou d'Amérique à la même époque.

    Une ville maya de la période classique consistait habituellement en une série de plates-formes stratifiées surmontées de structures de maçonnerie qui pouvaient aussi bien être de grands temples-pyramides et des palais que de simples maisons individuelles. Autour de ces structures étaient aménagées de vastes cours ou esplanades. L'architecture maya se caractérisait par l'abondance des sculptures en bas relief et des peintures murales ornant les édifices, qui dénotaient un sens aigu de l'art et de la décoration. Dans les grandes cités comme Tikal, des routes ou des chemins en pierre reliaient parfois les édifices imposants et les grands ensembles entre eux.


    Les cités, rarement disposées sous forme de quadrilatères, semblent s'être développées sans plan préconçu, les temples et les palais ayant été détruits et rebâtis maintes fois au cours des siècles. L'aménagement apparemment arbitraire des cités mayas complique le tracé de leurs frontières. Certaines sont délimitées par des fossés tandis que d'autres sont parfois, quoique rarement, entourées de fortifications. On ne bâtissait pas d'ordinaire de murailles autour des sites, à l'exception de certaines villes récemment découvertes datant de l'effondrement de la civilisation maya où l'on s'était ainsi prémuni contre l'envahisseur.

    Les temples-pyramides représentent les plus impressionnants fleurons des cités mayas. Construits de blocs de calcaire taillés à la main, ils surplombaient les bâtiments environnants. Les temples comptaient habituellement une ou plusieurs pièces, mais celles-ci étaient si exiguës qu'elles ne pouvaient servir qu'à la tenue de cérémonies réservées aux initiés. Il y avait une signification symbolique aux alignements des bâtiments cérémoniels.

     

    Si les temples étaient les structures les plus imposantes, plus nombreux étaient les palais d'un étage, d'aspect semblable, mais aux plates-formes beaucoup plus basses. Ces palais comportaient quelques douzaines de pièces aux murs enduits de plâtre. Souvent, contrairement aux temples-pyramides, une ou deux cours intérieures étaient aménagées dans l'enceinte des palais.

    On ne sait pas au juste à quoi servaient ces «palais». Les chefs ou d'autres membres de l'élite y habitaient peut-être, quoique les pièces fussent minuscules et sans confort. Selon les archéologues, il est plus vraisemblable que les nobles aient vécu dans des édifices aujourd'hui disparus. Il se pourrait aussi que des moines, des religieuses ou des prêtres aient vécu dans ces «cellules», bien que l'existence d'ordres ecclésiastiques ou monastiques chez les anciens Mayas ne soit pas attestée.

    Dans certaines régions, l'eau souterraine était rare, si bien que l'on fabriquait sans doute, dans de grands centres comme Tikal, de vastes réservoirs pour servir la population durant la saison sèche. De nombreux sites disposaient aussi de terrains de jeux. Certains étaient munis de bains de vapeur, probablement d'origine mexicaine. Devant les grands temples et palais des villes importantes se dressaient habituellement, dans le stuc des terrasses et des esplanades, une multitude de piliers ou de stèles. Ces stèles, parfois placées sur les plates-formes, servaient alors à étayer les temples-pyramides et il n'était pas rare que soient disposés devant elles des autels plats et peu élevés, de forme arrondie.

    Parmi les constantes des principes architecturaux figurent la voûte en encorbellement et la crête couronnant le toit. Contrairement aux arches européennes, la voûte n'avait pas de clé, ce qui lui donnait davantage l'apparence d'un triangle étroit que d'une arcade. Bien que cette forme inhabituelle ait parfois été attribuée à la méconnaissance des techniques nécessaires à la fabrication des clés, d'aucuns prétendent qu'il s'agissait d'un choix délibéré. La voûte comportait toujours neuf strates de pierre représentant les neuf strates du monde souterrain; la clé de voûte superposée aurait constitué un élément de plus, étranger à la cosmologie maya.

     


    Le Grand portail, à Labná (sud du Yucatán), est un beau spécimen d'architecture du style puuc. Les architectes ont préféré peut-ê le symbolisme de la voûte maya au fonctionnalisme d'une véritable arche avec clef de voûte.

     


    Le temple du Soleil, à Palenque, a été bâti par Chan-Bahlum («serpent-jaguar»), fils de Pacal, vers 690 apr. J.-C. L'arête de toit n'a pas de fonction structurelle, mais on peut considérer qu'elle ressemble au panache de cérémonie porté par un roi. Le toit mansardé du temple est orné de magnifiques figures en stuc qui font la renommée de Palenque, avec raison d'ailleurs.

    La crête du toit consistait en un treillis de pierre surmontant la structure, déjà élevée, des temples-pyramides. Peut-être les architectes mayas, craignant que ces temples ne fussent pas assez grandioses, voulaient-ils ainsi les rehausser. La crête était toujours abondamment ornementée de reliefs peints en plâtre, à l'instar des façades des temples. Les entrées, les montants de porte et les façades de nombreux autres bâtiments mayas étaient également décorés d'une multitude de sculptures en bois ou en pierre.





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