• Génèse et

    symbolique de l'Art

    Roman

     

     

    Quand se trouvant au fond de la nef d'une église romane et que du milieu de l'allée centrale, on regarde devant soi, l'œil est attiré par un point situé dans le chœur, juste au-dessus de l'autel
    Ce point focalise notre attention car c 'est vers lui que convergent toutes les lignes de fuite de l'architecture intérieure de l'édifice.
    Ce point purement imaginaire résulte, nous disent les savants, d'un effet de perspective mais il correspond bien à l'idée que notre mental peut se faire de l'infini, cet infini auquel inconsciemment tout homme aspire et vers lequel on peut diriger ses pas.
    Jusqu 'à la hauteur de la quatrième arcade, rien ne vient perturber notre marche vers la lumière. Au quatrième pilier, les choses ont tendance à se modifier, quelque chose se passe qui agit sur notre psychisme. C'est à cet endroit que généralement, les touristes inconsciemment font halte.
    A partir de là, nous constatons que notre vision des lieux et notre conception des choses commencent à s'élargir. De nouvelles perspectives totalement imprévues se dévoilent à nos yeux et de nouveaux points de repère s'imposent à notre esprit.
    Et puis, brusquement, au moment précis où l'on arrive au milieu du transept, sous la coupole, à l'endroit que les bâtisseurs nommaient le Cardo (le gond), tout bascule. Il se produit alors un renversement total des perspectives. Les lignes de fuite ont disparu. Toutes les lignes architecturales de l’église convergent sur nous-mêmes et nous pénètrent.
    C’est une véritable conversion.
    L'infini n’est plus un point imaginaire situé quelque part sur la ligne d'horizon, vers un au-delà pratiquement inaccessible. L'infini est en nous. C'est en nous-mêmes que se situe le lieu géométrique d'unification de cette construction sacrée. Le centre de la croix tridimensionnelle invisible, autour de laquelle s'édifie cette architecture est en nous. Nous sommes intégrés à la construction pour devenir nous aussi une demeure de Dieu dans l'esprit. Tel est le message spirituel légué par les bâtisseurs d'églises du Moyen-âge : c’est du cœur des êtres qu’émanent et rayonnent indéfiniment les reflets de l'énergie divine qui créé, soutient et anime sans cesse l'univers.
    Au cœur de l'univers et de tous les mondes
    Au cœur de l'Etre et de toute la création
    En dehors du temps et de l'espace, c’est le centre de toutes choses.
    Un et infiniment multiple, c’est,
    - le Christos des Pères Grecs et de St-Jean,
    - L’Oeil universel des anciens égyptiens qui se trouve au centre de la vie et dont la lumière crée à chaque instant, la totalité des lois du cosmos.
    C'est la clef de voute de toute la construction.
    Au-delà de tout ce qui peut être atteint par les sens et les facultés qui procèdent de l'ordre sensible, il est un point métaphysique primordial invisible qui est le centre immobile d'une multitude de circonférences autour desquelles se tissent les chaînes et la trame de toutes les contingences, de toutes les forces, de tous les mondes et de tous les états de conscientisation et d'évolution de la vie manifestée, la pensée et toutes les formes d'intelligence.
    C'est le point fixe autour duquel s'élaborent, se construisent et s'accomplissent perpétuellement, toutes les métamorphoses et révolutions cosmiques et individuelles, selon les lois harmoniques qui régissent tout la création, des lois que connaissaient certaines vieilles civilisations imprégnées par le divin, notamment les Egyptiens qui furent les premiers dans l'antiquité à affirmer l'existence d'un au-delà, des lois qui dans les conditions intellectuelles où se trouve actuellement le monde occidental, sont oubliées et généralement ignorées, des lois que seule une approche métaphysique et la compréhension de leurs implications symboliques permettent de décrypter. Les œuvres d'art, particulièrement de l'Art Roman, n'ont pas de significations littérales ou objectives. Elles ne sont que les expressions symboliques et subjectives des sentiments et de la pensée de ceux qui les ont réalisées, ce qui ne les empêche pas d'exprimer des réalités qui répondent encore aux multiples aspirations spirituelles des hommes d'aujourd'hui.
    En elles se réunissent toujours le ciel et la terre, la matière et l'esprit, la nature et la culture, le réel et le rêve, l'inconscient et la conscience, par qui les choses sont.
    Puisse cet ouvrage sur les «Arcanes de l'Art Roman » permettre aux lecteurs de percer des secrets jusqu'alors inaperçus, de mieux cerner les dimensions symboliques de son architecture et d'en découvrir les vraies valeurs.

     

     

     

    Les sept abbayes construites par St Colomban à la fin du 6ème siècle en Occident, représentaient sur le sol, la constellation de la Grande Ourse Les églises romanes cisterciennes consacrées à Notre Dame, sont géographiquement implantées de telle sorte qu'elles représentent la constellation de la Vierge.
    Tout cela n'est pas le fait du hasard, très nombreuses furent dans le lointain passé les civilisations qui s'intéressent aux mouvements célestes -les hommes ont très tôt essayé de comprendre ce qui se passait dans le ciel-ce ciel où on voit la nuit se déplacer, la lune et des myriades d'étoiles et le jour briller le soleil sans lequel toute vie ici-bas serait impossible.
    Dans cette étendue incommensurable ils eurent l'idée pour s'y retrouver de relier par un trait imaginaire, certaines étoiles entre elles pour former des signes dont l'aspect suggérait des êtres vivants, facilement reconnaissable, tels un lion,, un bélier, un taureau ou un poisson.
    Le ciel devint alors pour eux une sorte de cinérama géant, peuplé de constellations formant au-dessus de l'horizon, ce que les Grecs avaient baptisé « la ceinture d'Eurydice » et que nous appelons le zodiaque. Dans tous les pays et toutes les époques explorées par la science historique, on retrouve ce fameux zodiaque, avec sa forme circulaire et ses douze signes presque identiques. Partout il est associé aux monuments humains les plus importants, les stèles, les temples et les lieux où se célébraient les mystères et rites religieux.
    On a retrouvé des os incisés de l'époque glacière qui nous font penser que des hommes il y a plus de 32 000 ans avaient déjà pris conscience de la périodicité lunaire, mais c'est de Mésopotamie que nous est parvenue, grâce à l'écriture cunéiforme datée du IVème millénaire avant Jésus Christ, la confirmation de ces observations et de leurs applications dans la vie religieuse de cette époque.
    Chaque ville de Chaldée ou d'Assyrie était alors dominée par un gigantesque Ziggourat qui permettait aux prêtres d'observer le ciel sur un vaste horizon. Ce sont les astrologues qui utilisèrent le grand cercle que décrit le soleil en un an dans son mouvement apparent autour de la terre pour mesurer l'espace et le temps.
    La Chine, l'Inde, le Tibet et l'Amérique du Nord et du Sud connaissaient le zodiaque. Les Egyptiens puis les Grecs adoptèrent ces données astronomiques ainsi que les Celtes qui construisirent à Stonehenge (ex Grande-Bretagne) 2750 ans avant notre ère, un observatoire qui leur permettait de prévoir les différentes phases des mouvements du soleil, de la lune et des planètes, donc d'établir avec précision les dates de leurs fêtes religieuses selon les saisons et les jours.
    Quant à la fin de l'âge de bronze, les premiers Celtes venant du nord de la Loire, le fleuve du dieu Lug, arrivèrent dans la région où s'implantèrent les tribus Arvernes, ils n'eurent pas à construire un observatoire pour étudier le ciel. Il leur a suffit d'accéder au sommet de la plus haute montagne -le mont Dumias- (aujourd'hui le puy de dôme), qui se dresse en son centre et qui constitue un observatoire idéal.
    De ce haut lieu en effet, l'horizon bordé de monts, de plateaux ou de collines forme un cercle naturel -quasi-parfait- un immense crombech, des centaines de fois plus grand que Stonehenge. Sur la plupart de ces sommets périphériques, subsistent encore des pierres plantées qui devraient servir de repères géographiques déterminants les endroits où le soleil se lève et se couche entre le solstice d'été et le solstice d'hiver.

     

    La forme circulaire de ce pays contribua sûrement à faire du Mont Dumias une montagne sacrée, sur laquelle on dressa la statue gigantesque de Teutatès le dieu protecteur et bâtisseur, le législateur qui confère aux hommes l'immortalité. Le cercle a toujours été le symbole de la perfection divine. Au centre de tout cercle magique se trouvait « l'Omphalos ». Le nombril de la terre sacrée sur lequel les Celtes, comme les Grecs dressaient aussi des « Hermaï », dédiés à Hermès le messager de la bonne nouvelle qui favorisait les échanges entre le ciel et la terre. Les Grecs avaient fait de lui le messager des dieux. A Rome, il devint le dieu Mercure et tous les peuples consacrés à Hermès comme celui du Mont Dumias en arvernie vont devenir des temples de Mercure.

     

    De la cime du Mont Dumias le soleil le jour des équinoxes se lève à l'horizon exactement à l'est, au-dessus du monastère de l'Hermitage et se couche à l'ouest au-dessus de l'église romane d'Herment. Les vestiges de ce lointain passé abondent.
    En Arvernie les lieux de cultes celtes sont innombrables, malheureusement nous ne savons pas les voir.
    Il est vrai qu'on a procédé au cours des siècles et surtout depuis le moyen-âge à une destruction systématique des indices qui permettaient de les identifier.

     

    Il y a un siècle, l'art celtique avec son côté fantastique, ses motifs géométriques et symboliques au service de l'imaginaire et des réalités invisibles, était encore considéré comme un art de sauvages.

     

    Même l'art Roman, parce qu'il s'en était fortement inspiré, fut longtemps perçu par certain comme un art décadent.
    Aujourd'hui la progression irréductible du matérialisme qui touche non seulement à la vie pratique, mais aux structures mentales et jusqu'aux conceptions religieuses, nous empêche très souvent de percevoir certaines réalités spirituelles et d'aborder des domaines autres que ceux établis par notre système scientifique, notamment celui de la métaphysique.
    Or, la vérité peut-être une et présenter une multitude de facettes que nous ne pouvons voir d'un seul regard. Sous l'angle de la mystique certaines réalités restent encore cachées à la science, ceux qui parviennent à les deviner et à les entrevoir s'émerveillent devant l'immensité de tout ce que nous ignorons encore, alors que tant d'autres les avaient déjà découvertes dans le passé.

     

     

    Toutes les églises romanes sont construites sur des lieux qui étaient déjà à l’époque néolithique, des lieux de rendez-vous, de rassemblements, de rencontres, de réflexion, de communions, de sacrifice et de guérison.
    Des lieux situés à des carrefours, à la croisée des chemins.
    D’après l’enseignement symbolique de toutes traditions, un carrefour est, pour celui qui s’y trouve placé, un véritable centre du monde, un lieu privilégié, où un arrêt est toujours de rigueur. Comme si une pause de réflexion, de recueillement sacré, voire de sacrifices était nécessaire avant de poursuivre son chemin.

    Le carrefour est aussi un lieu d’espérance. Il offre souvent aux voyageurs égarés une nouvelle chance de retrouver le bon chemin. En Gaule, sous l’occupation romaine, les lieux sacrés qui se trouvaient être loin de toute habitation, devinrent des lieux de refuge des chrétiens persécutés pour leur foi. Et beaucoup d’anachorètes, (des ermites) s’installèrent dans ce qui devint les premiers « ermitages ».

    Sans doute parce qu’à cette époque on se souvenait encore, que depuis l’âge de bronze ces lieux ont été placés sous la protection d’Hermès.
    Hermès, le messager par excellence, que Zeus avait choisi comme moyen d’échange entre les mondes infernaux terrestres et célestes.
    L’initiateur, le conseiller avisé, le guide des hommes en quête de changement et de spiritualité.

    Hermès à qui les grecs avaient donné le nom d’Euaggelion » ( à l’origine du mot évangile) qui signifie : le messager de la bonne nouvelle.
    Il était souvent représenté portant un agneau sur les épaules. Pour les bergers égéens il était « le bon pasteur ».
    Il avait pour attributs des sandales ailées qui signifiaient son aptitude aux déplacements rapides et sa capacité d’élévation dans les cieux.
    Dieu des voyageurs il était particulièrement honoré par les pèlerins qui se rendaient aux sanctuaires. Toutes les routes qui y menaient étaient jalonnées de pierres plantées les Hermaïs, qui lui étaient consacrées.
    Beaucoup de ces monuments mégalithiques à qui nous donnons le nom breton de Menhirs subsistent encore de nos jours.

    Mais Hermès n’était pas seulement le chargé des relations publiques et le porte-parole de l’Olympe. Il était aussi un brillant intellectuel. Le peintre Dürer là représenté sous les traits du dieu de l’Eloquence.
    C’était un savant. Il fut sans doute le premier polytechnicien. Les Grecs voyaient en lui l’inventeur de la flûte et de la lyre dont il fit présent à Apollon en échange du « Caducée d’or » qui devint son emblème.

    Le caducée qu’Asclépios, le père des médecins, choisit comme symbole de l’équilibre, de la santé et de la juste mesure, était un des plus anciens symboles de l’humanité. Il représentait sous la forme d’un sceptre, une baguette autour de laquelle s’enroulaient, en sens inverse, deux serpents. Cette image se trouve déjà gravée sur la coupe d’un roi Sumérien bâtisseur 2600 ans avant J-C.
    On la retrouve encore aujourd’hui en Grèce surmontant le bâton épiscopal des Primats des églises orthodoxes
    La légende du caducée se rapporte clairement au chaos primordial quand les courants cosmiques figurés par les deux serpents se battent, et à sa polarisation, quand sous l’action divine, ils s’enroulent autour de l’axe du monde réalisant l’équilibre des tendances contraires et la paix.

    L’influence d’Hermès sur la vie religieuse des peuples de l’antiquité fut considérable, son culte était universel. En Irlande, les Celtes l’assimilèrent au dieu Lug qui transcende les fonctions de tous les autres. Il était lui aussi un dieu polytechnicien : druide et medecin, alchimiste, métallurgiste et magicien.
    À Rome, il devint le fameux dieu Mercure qui présidait au commerce et protégeait les marchands et les voleurs. On relève en gaule comme dans tous les pays occupés par les romains, un très grand nombre de traces de son culte.
    En Égypte en le considérait comme l’équivalent du dieu de Thot le plus savant des dieux « le trois fois grand ».

    Durant les premiers siècles de notre ère, alors que le christianisme commencait à se répandre tout autour de la méditerranée, il circulait dans les milieux égypto-grecs une abondante littérature que nous qualifions aujourd’hui de hermétique consacrée aux 42 traités d’Hermès le Trismégiste et que saint Clément d’Alexandrie tenait pour essentiel sur la religion et les cérémonies religieuses. Saint augustin, dans « la Cité de Dieu », donne un extrait de son « Discours parfait ».

    Lactance, le célèbre apologiste chrétien qui écrivit le premier exposé d’ensemble de la religion chrétienne admirait Hermès, qui disait-il « a réussi à explorer presque toute la vérité » et il qualifiait son témoignage de quasi-divin.
    Le Trismégiste proposait en effet de réconcilier les divers courants religieux de son temps, en réunissant tous les vestiges d’une révélation primordiale, commune à l’ensemble des hommes et dont l’Egypte avait seule conservé la mémoire.
    Dépassant les exigences d’une méditation solitaire et d’une dévotion purement privée, il appelait à la constitution de groupes communautaires et à l’accomplissement de certaines cérémonies.
    Pour Trismégiste, l’homme créé à l’image de Dieu, doit adorer le ciel, mais prendre également soin des choses terrestres afin de conserver l’ordre universel, l’équilibre cosmique et l’harmonie sociale.
    Lorsque le Christ apparaît dans l’histoire de l’humanité, le peuple juif n’est pas le seul à attendre l’arrivée d’un Messie.

    Toutes les religions de l’antiquité ont plus ou moins aspiré à la rédemption de l’homme, et l’on retrouve partout l’apparition d’un être divin qui se sacrifie délibérément pour le salut du monde. Le courant Osirien en Égypte gravitait inconsciemment autour du grand mystère du Golgotha et était très certainement prêt à déboucher sur le christianisme ou à fusionner avec lui. Comme le firent alors de nombreux coptes de Hermopolis la ville d’Hermès où l’on formait depuis toujours les futurs Maîtres d’Oeuvre et les bâtisseurs de temples.
    Dans le système théologique égyptien, traitant de la création du monde, c’est à Hermopolis que fut créée la terre sous la forme d’une colline.
    Et c’est sur cette colline primordiale, que se trouvait l’œuf d’où sortit le dieu soleil qui commença à organiser le monde.
    C’est à Hermopolis, que naquit le concept de la déesse Maât la fille du soleil levant, la déesse de l’Harmonie universelle, par laquelle Pharaon préservait le monde du chaos et maintenait l’unité et la pérennité de l’Egypte ancienne.


    LES HYPERBOREENS

    Hermès était le fils de Zeus et de la nymphe Maïa, qui abritait ses amours dans une caverne, archéthype de la matrice maternelle. Il était comme Apollon un hyperboréen. Les Grecs considéraient l'Hyperborée, à la manière de l'Atlantide, comme une sorte de paradis terrestre où séjournaient les Bien heureux. Un pays lointain, mal défini géographiquement, au delà du Vent du Nord : c'était le pays auréolé de rêves de toutes les enfances et de tous les âges d'or.

    C'est de là qu'était partie la flêche prodigieuse qui avait formé au ciel la constellation du sagittaire ; d'où le Centaure tire les flèches de la connaissance qui relient le ciel et la terre.

    C'est un hyperboréen : Olen qui avait fondé "l'oraculum" de Delphes.

    Pythagore passait pour être la réincarnation d'un hyperboréen.

    L'hyperborée était dans l'Antiquité, le pays d'où venaient les sages, les savants et tous ceux qui possedaient la connaissance des secrets divins et des lois qui régissent la marche de l'univers.

    C'était aussi le pays d'où venaient l'Etain et l'Ambre jaune.

    L'Etain, qu'on avait, bien avant l'âge de pierre, ajouté au cuivre pour fabriquer du bronze ; et l'Ambre, "l'électron", qui symbolisait en Grèce l'attraction solaire, spirituelle et divine.

    C'est le mathématicien Thalès qui découvrit ses propriétés magnétiques. Les chapelets d'Ambre sont des condensateurs de courants. Ils représentaient le fil psychique reliant l'énergie individuelle à l'énergie cosmique, l'âme individuelle à l'âme universelle. 

     

    Un père de l'Eglise grecque, Clément d'Alexandrie (150-216) présentait la vérité chrétienne comme le couronnement de la philosophie, celle-ci n'étant disait-il, qu'une application de la sagesse, la science des choses divines et humaines et de leurs causes.
    Au premier rang de ceux qui répandirent la lumière dans les nations il citait les Egyptiens, les Chaldéens, les Assyriens et les druides gaulois. Dans les récits épiques et mythologiques de l'époque médiévale, le mot «DRUID» signifie: le très savant. Il est spécial du monde celte. Un monde que les découvertes archéologiques de ces dernières années nous permettent de mieux appréhender. Le celticisme fut cette grande civilisation qui regroupa, à partir du troisième millénaire avant notre ère, la multitude des peuples de culture indo-européenne, qui cohabitaient depuis l'époque néolithique sur le vaste territoire qu'on appelait déjà l'Europe.
    Sur ce continent entre l'atlantique et l'Oural, les Druides jouaient le même rôle que les mages en orient ou les Brahmanes aux Indes.

    Ils étaient comme eux des prêtres investis de l'autorité spirituelle, un intermédiaire entre les dieux et les hommes, mais aussi les gardiens de la culture, maîtres des symboles, détenteurs des lois de la nature, sourciers, chimistes et médecins. Ils connaissaient le zodiaque et le mouvement des planètes. Disciples de Pythagore, ils maîtrisaient parfaitement la géométrie et les mathématiques.

    Quand on considère la richesse symbolique d'une croix celte ou d'une triskèle, il est impensable d'imaginer qu'elles aient pu être conçues par des artistes ignorants les lois des nombres et leurs applications métaphysiques.
    Ingénieurs et architectes, les druides conféraient aux signes abstraits une valeur quasi magique, spécialement parce qu'ils leur permettaient de traduire par des lignes un univers spirituel que l'art figuratif ne pouvait atteindre. Ils attribuaient également aux formes géométriques le pouvoir d'agir sur l'environnement et d'influer sur les psychismes et les structures mentales de ceux qui les approchaient.
    En Gaule, chaque roi avait près de lui un druide qui était à la fois son ambassadeur et son conseiller. Celui qui savait ce qui convenait de faire pour le bien de tous.
    Ces druides n'assumaient aucune charge politique, cependant leur pouvoir fut prépondérant dans l'organisation de la société. Ils furent sans aucun doute, d'une manière toute pacifique et sans jamais attenter aux libertés et à la personnalité de chaque ethnie, les instigateurs et les animateurs de la vie sociale et religieuse des peuples celtes, avant les conquêtes de César.
    C'est en 52 de notre ère que la gaule tomba sous le joug romain.
    Certains ont beaucoup vanté les bienfaits de la colonisation romaine, passant sous silence la brutalité avec laquelle ces bienfaits ont été imposés. On oublie généralement de dire que Rome introduisit en gaule l'esclavage et que durant cette période, les libertés essentielles ont été bafouées.

    Une des premières mesures prises par Auguste, fut de placer la gaule sous le signe religieux de l'autel de Rome et de pourchasser comme éléments subversifs, tous les druides. Après la révolte gauloise de l'an 21, Tibère déclara que les druides devaient être supprimés. Sous le règne de Claude, c'était chose faite, et on proclama la complète abolition du druidisme.
    C'est seulement en 475 après la prise de Rome par les Wisigoths que les peuples gaulois furent définitivement libérés des institutions romaines, que l'esclavage fut aboli et que le pouvoir temporel fut à nouveau exercé par des autochtones.
    Sur le plan religieux tous les anciens lieux de culte druidiques sont alors christianisés et deviennent les premiers lieux de rassemblement de l'église primitive à laquelle, beaucoup de celtes se sont déjà convertis.
    Mais la culture celte qui existait bien avant la fondation de Rome a toutefois survécu à l'occupation romaine, grâce notamment à la survivance de la langue qui n'a jamais cessé d'être parlée, grâce aux coutumes qui n'ont jamais cessé d'être transmises dans les familles de génération en génération. Grâce surtout à la préservation de leur traditionnel savoir-faire, qui put enfin à nouveau s'exprimer durant tout le moyen-âge dans tous les corps de métiers, des orfèvres aux enlumineurs, des forgerons aux charpentiers et surtout aux tailleurs de pierres qui sculptèrent les chapiteaux et construisirent les premières églises de la chrétienté.
    Beaucoup d'historiens pensent aujourd'hui que l'art roman est l'aboutissement, l'épanouissement de l'art celte. Cet art que la longue occupation romaine avait empêché de se concrétiser plus tôt.

    Toutes nos églises romanes ont été édifiées sur les emplacements d'anciens lieux de culte gaulois, donc soumis aux mêmes influences telluriques et cosmiques. Des lieux de mystère où déjà à l'époque druidique, des hommes et des femmes venaient pratiquer leur culte et communier avec le divin.
    L'art et la science des bâtisseurs ont fait de ces églises des lieux sacrés par excellence. Des lieux où tout contribue à la réalisation en ce monde du mystère de l'incarnation.

     

     

    Les Maîtres d’œuvre qui construisirent nos églises romanes se faisaient de l'univers une idée bien différente de celle des architectes d'aujourd'hui.

     

    « L'univers est une montée de conscience » disait Teilhard de Chardin.
    De métamorphoses en métamorphoses, il a fallu des milliards d'années d'évolution cosmique pour engendrer un cerveau humain capable de se poser des questions sur le sens et la finalité de son existence.
    Pour que l'homme parvienne a percer quelques secrets de l'univers et qu’il réussisse un jour à ériger ses sanctuaires et des basiliques à son image.

    Au moyen - âge, les sciences, la philosophie et la religion ne s'opposaient pas. Toute la création, l'univers entier était à l'image de Dieu en Jésus-Christ.

    Ceux qui ont édifié nos basiliques croyaient en l'absolu, non pas comme un état inaccessible que seuls quelques illuminés cherchent à atteindre mais comme une réalité sacrée, une sagesse supérieure donnant la lumière sur toutes choses.

    Ils croyaient qu'il est au cœur de l'univers comme au plus profond de soi, une puissance unificatrice qui régit et anime tout ce qui existe. Ce qui, dans l'instant présent, est toujours inattendu, toujours nouveau mais permanent et éternel, qui ne fut pas crée dans le passé et qui ne sera jamais détruit dans le futur.

    Dans l'absolu, l'esprit et la matière sont éternellement la même chose. La matière et l'esprit ne sont pas une dualité. L'esprit dans la matière est la sagesse divine qui pénètre partout et qui donne la vie.

    La nature originale de l'Esprit, bien qu’elle soit souvent ternie par les vues définies des hommes, demeure éternellement inchangée. Si la vraie nature de l'esprit n'existait pas, alors toute l'existence n’existerait pas. Il n’y aurait rien pour le montrer.
    L'univers dans l'absolu est un et infiniment multiple et l'homme
    n 'existe que dans la mesure où il s'unifie à lui.
    L'amour divin est la loi profonde de l'univers. C 'est lui sa raison d'être et son soutien. C'est lui l'origine, le sens et la fin de tout ce qui est.
    Tous les plans de l'existence manifestée viennent de l'esprit originel. De la forme spirituelle naissent toutes les formes visibles et invisibles. Tout est un. Toutes les catégories, les faits et les phénomènes sont animés par l'unique créateur.
    Ce sont les théories spéculatives du système scientifique actuel qui différencient l'infiniment grand de l'infiniment petit, la physique de la chimie, de la biologie et de l'astronomie.
    Tout ce qui existe, les étoiles, les astres, notre terre avec sa végétation, ses animaux et les humains qui la peuplent, tout est fait de la même matière, des mêmes particules élémentaires.
    Tout est structuré selon les mêmes rapports et les lois de l'harmonie universelle. Seul diffère l'état d'organisation de ses particules.
    A partir de son centre et suivant le processus des métamorphoses, le cosmos se structure à l’ infini, selon les lignes de force qui l'unifient, l'équilibrent et le maintiennent éternellement en vie.


    LE CENTRE DE L'UNIVERS

    L'orsque Zeus voulut déterminer où se trouvait le centre de notre univers, il prit deux aigles - l'oiseau roi, le seul qui soit capable de voler au-dessus des nuages et de fixer le soleil.

    Et, à l'aube de l'équinoxe de printemps, il les fit s'envoler, l'un du point de l'horizon où se lève le soleil le jour du soltice d'été, l'autre du point où il se lève le jour du solstice d'hiver.

    Là où ils se rencontrèrent, au Zénith, à midi, juste avant que le soleil n'amorce sa descente vers le couchant Zeus laissa tomber l'Omphalos, la pierre blanche de forme ovoïdale qui marqua en arrivant au sol l'endroit où se trouvait exactement l'ombilic de notre monde. 

     

     

     

    La terre est la matière dont le créateur a façonné l'homme.

     

    Selon la genèse, elle est la « Matéria Prima », le symbole de la fécondité, assimilée à la mère, source de vie.

    Dans toutes les religions, elle préside comme mère à la naissance et à la régénération de toutes choses. Elle enfante tous les êtres, elle les nourrit, les fortifie et les protège, comme une mère tout au long de leur vie, elle est la for ce vitale universelle.

    Dans la théologie hindoue qui inclut dans une même vision microcosme et macrocosme, l'atomique et le global, la mère divine est comme le continuum qui relie et soutient l'univers.

    La mère divine dans la tradition chrétienne est la Vierge Marie qui conçut Jésus du Saint-Esprit.

    Le nom de Marie qui signifie en hébreu « la mère de tous », vient d'un terme sanscrit : « MA » = « La mesure et le principe de toutes choses». C'est le même terme que l'on retrouve dans les mots français : matière, matrice, manifestation et bien sûr de maman.

    Sur le plan mystique, Marie est en nous et dans toute création, le lieu spirituel privilégié, immaculé, préservé de toutes souillures par le créateur, pour son incarnation en chaque créature.

    Marie pour un chrétien exprime une réalité historique et un symbole doublement significatif, à savoir que la virginité n 'exclut pas une maternité très réelle et d'autre part, que dieu peut féconder la créature indépendamment des lois naturelles.

    Mais la mère, suivant la transposition mystique du christianisme, c’est aussi l'église conçue comme la communauté, l'assemblée des hommes et des femmes sur qui règne dieu.
    C'est le lieu saint par excellence où les chrétiens puisent la vie de la grâce, l'édifice sacré où se déroule la liturgie du salut, où se réalise l'incarnation de la connaissance en qui triomphe l'esprit où se célèbrent les sacrements et se chante la gloire de dieu.

    La plupart des églises romanes sont dédiées à la vierge Marie, représentée sous les traits d'une femme couronnée, assise sur un trône. Beaucoup sont noires. Ce sont les vierges noires dites en majesté présentant un enfant divin à ceux qui viennent la vénérer ou présenter leurs intentions de prières.

    Toutes les basiliques romanes portent le nom de « Notre Dame », suivi du nom du lieu-dit où elles sont implantées.

    Elles ont toutes été construites sur des lieux prédestinés, généralement sur d'anciens lieux sacrés druidiques, là où des forces telluriques et des forces cosmiques s'équilibrent pour donner la vie, sur des lieux de régénérescences physiques et spirituels. Elles sont toujours en parfaite harmonie avec le monde qui les entoure.
    Les maîtres d'œuvre romans étaient des magiciens de la pierre, de la lumière et de l'invisible. Ils savaient utiliser toutes les potentialités des lieux où ils érigeaient leurs sanctuaires.
    Il est indubitable que ces hommes, en ces temps là, possédaient un étonnant savoir, un haut degré d'élévation mentale et spirituelle.
    Ils élaborèrent un nouveau langage architectural. Ils créèrent l'art roman qui changea alors la face du monde occidental, un art dont nous n'avons pas encore découvert tous les arcanes ...


    Le Sanctuaire de Delphes

    Il était autrefois à Delphes, sur les pentes du Mont Parnasse, au nord du golfe de Corinthe, un important sanctuaire, dédié à Apollon, le Dieu de la lumière, de la juste mesure et de la sagesse.

    Il était érigé exactement à l'endroit où Zeus, de son Omphalos, avait situé le centre de son univers. Le lieu, où par hasard, se trouvait justement, la crevasse dans laquelle s'étaient englouties les eaux du déluge de Deucalion. L'endroit d'où s'exhalait depuis, sous la forme d'un énorme serpent, un puissant vorthex tellurique, responsable de tous les malheurs de ce monde. Le fameux Python ; cette divinité infernale qu'Apollon tua de son arc d'Argent.

    Delphes devint dès lors, non seulement le lieu où avaient été dispersées à jamais les ténébres, mais le symbole de la victoire de la sagesse sur la violence et les sombres puissances chtéhoniennes que chacun porte encore en lui-même. L'on y vint durant des siècles s'entrainer dans l'enthousiasme à la maîtrise de soi-même, mais surtout pour consulter Pythie la célèbre prophétresse qui dispensait en ce lieu les conseils et la bonne parole salvatrice du Dieu Apollon.

    Au moins six temples furent construits sur ce sanctuaire. Tous sur le même concept et selon les même règles architecturales. Celles qu'avaient rapportées avec eux, les anciens Hellènes, des Hyperboréens, quand ils étaient descendus en Grèce quelques millénaires auparavant et que les colons d'alors avaient rapidement propagées dans tout le bassin méditerranéen.

    Des concepts et des règles qu'adoptèrent également les peuples Celtes, pour la construction de leurs temples et au moyen-âge, tous les bâtisseurs de basiliques. 

     

     

     

    Les premiers écrits qui attestent de la présence de chrétiens coptes à Alexandrie datent du deuxième siècle.

    Saint Antoine et Saint Pakôme furent, d'après la tradition, les premiers qui eurent l'idée en Egypte, d'aller vivre en dehors du monde, dans le désert, en communautés spécifiquement chrétiennes, dans des « monastères » selon une règle de vie compatible avec les exigences évangéliques.

    En 270, Antoine, le premier anachorète, se retire dans le désert de haute Egypte.

    C'est vers 318 que le futur Saint Pakôme fonde à Tabennesi le premier monastère copte. Quand il mourra en 355, il en aura fondé 8 autres, dont deux monastères de femmes.
    Pakôme s'était converti au christianisme assez tard : on sait que, tout jeune, il fréquentait, dès l'âge de huit ans, les temples égyptiens, qu'il fut enrôlé de force dans l'armée romaine, et que c’est durant cette période qu’il découvrit des chrétiens qui se laissaient martyriser plutôt que de renier leur foi.
    Il subsistait encore en Egypte à cette époque, un certain nombre de centres initiatiques, notamment à Abydos, aux 7 chapelles consacrées à la voûte céleste où avait été enseveli Osiris, à Héliopolis, la ville du soleil où les prêtres égyptiens enseignaient les mystères d'Isis. C'est là que Platon étudia, durant 13 années, dans l'ancienne école d'Héliopolis où séjournèrent également Archimède, Solon, Homère et Pythagore. C'est également là que la Sainte Famille se serait reposée lors de la fuite en Egypte.
    A Hermopolis - la ville d'Hermès - dans le temple dédié à THOT, l'inventeur des Mathématiques, de la Médecine, de l'Astronomie et de l'Architecture, on enseignait aux futurs Maîtres d'œuvre, les secrets de la Balance Cosmique de MAAT, la déesse de la Justice-Vérité, qui établissait par son mouvement régulier, l'équilibre entre le monde visible et le monde invisible. Ces secrets étaient ensuite transmis aux bâtisseurs de temples dans les Maisons de la vie, ces loges qui jouxtaient les grands chantiers et dans lesquelles vivaient en communautés séparées, les différents corps de métiers. Pakôme, le fondateur du monachisme copte, avait sûrement reçu cet enseignement avant sa conversion, ce qui lui permit de devenir plus tard le plus grand bâtisseur de son temps.
    Ses monastères devaient, selon sa règle, pouvoir héberger jusqu'à 1440 moines généralement laïcs. Ils se composaient, en plus, d'une immense église, de maisons d'habitation (1 pour 36 moines, 1 cellule pour 3 moines) et des ateliers et bâtiments de services. La construction de tous ces monastères qui étaient chacun, de véritables « cités de Dieu », n’aurait jamais pu se faire en un temps relativement court, sans l'utilisation du fameux module universel des bâtisseurs de temples qu’utilisaient depuis des millénaires, les Maîtres d'œuvre égyptiens. D'ailleurs, les plans des premiers monastères pakômiens qui subsistent encore, s'ils ont été conçus pour la vie en communauté de centaines de moines, sont néanmoins conformes à ce module.
    Bien d'autres aspects de ces communautés proviennent en droite ligne de l'Egypte Antique. La règle stricte que Pakôme imposa, s'inspire directement de la règle de vie en communautés des corporations égyptiennes. Les moines sont également regroupés par maisons selon leurs métiers, menuisiers, tisserands, cordonniers, économes, etc, ...
    Les Maîtres de ces maisons qui dirigeaient « au doigt et à l'œil » le travail des moines, rappellent les chefs de corvée de l'époque pharaonique. Des monastères sont dirigés par un supérieur - un higoumène -nommépar Pakôme lui-même, puis Théodore qui continue son œuvre.
    L'ascèse pratiquée par les moines pakômiens, qu’on appelait alors les « Cénobites », ceux qui vivent en communauté, était soumise elle aussi à des règles très strictes, très différentes pour certaines, de celles des anachorètes vivant en solitaires dans le désert, car les problèmes posés par une ascèse collective ne sont pas les mêmes. En communauté, un danger guettait le moine - celui de l'ostentation - jeûner, se mortifier, non pour soi-même mais pour paraître puisque tout se passait au grand jour.
    C'est pourquoi les anciens multipliaient les conseils de prudence et engageaient les novices à ne pas trop jeûner, à ne pas se croire affranchis des exigences du corps et à toujours prendre un minimum de nourriture, fut-ce contre leur gré, pour éviter l'orgueil. Chaque moine était également tenu de travailler et de participer aux travaux qui assuraient les ressources nécessaires à l'existence du monastère, en plus de ceux de sa maison.
    Très rapidement, l 'ordre pakômien essaime non seulement dans toute l'Egypte, mais en Palestine, en Cappadoce, en Grèce et dans tout le bassin méditerranéen.
    A partir de 470, des moines de Haute Egypte sont aux Iles Lérins et à Marseille où Cassien, après être passé par Byzance, fonde les deux monastères d'hommes et de femmes. C'est à un moine égyptien qu'est confiée l'éducation du futur Saint-Patrick, l'évangélisateur de l'Irlande. Et c'est d'un monastère irlandais que viendra en 591, le moine Colomban qui fondera en Occident, les monastères d'Annegray, de Luxeuil, de Fontaine et de Robbio.
    Tous ces hommes venus d'Egypte ou formés par des moines égyptiens, transportaient avec eux la même règle de vie communautaire, celle qu'un ange, selon une légende chrétienne, aurait un jour transmise à Pakôme dans le désert de Tabennêsi.
    Ils apportaient leur expérience en matière de formation spirituelle et d'ascétisme, ainsi que leurs techniques et leur savoir-faire de bâtisseurs.
    Ce sont eux qui en chrétienté, durant des siècles, ont détenu et transmis les secrets des bâtisseurs des temples pharaoniques, ces secrets qui permirent, à partir de l'an mil le prodigieux essor du monachisme en Occident, sous l 'impulsion des moines de Cluny et de Cîteaux.
     

     

     

    L'Occident après la mort de Charlemagne, traversa une des crises les plus graves de son histoire. En 843, au traité de Verdun, les trois fils de Louis le Pieux se partagent l'Empire Carolingien qui ne retrouvera plus jamais son unité politique. La lutte pour le pouvoir engendra d'interminables conflits entre les états et les grandes familles dominantes, et au sein même de ces familles, entre les frères et les cousins, pour agrandir leurs domaines, ainsi qu'entre les états et l'église et, dans les provinces, entre le pouvoir épiscopal et le pouvoir laïc.
    Dans ce monde troublé, les seuls qui aient réussi à préserver un semblant d'unité sont les monastères Bénédictins, d'hommes et de femmes, qu'avaient fondés dans leurs fiefs et ce, dans tout l'empire, de grands seigneurs, soucieux de sauver leur âme, par exemple, le Duc d'Auvergne, CALMIN, gouverneur d'Aquitaine, qui deviendra Saint-Calmin et qui fonda en 675 au retour d'un voyage à Rome et aux Iles Lerins, les monastères de Villars, Tulle et Mozac ou Guillaume le Grand, Comte de Narbonne et Marquis de Gothie, qui fonda, un siècle plus tard, le monastère de Saint Guilhem du Désert ou encore la femme du Comte d'Auvergne Bernard II de Plantevelue, Ermengarde, qui fonda en 860, à Blesle, un monastère de femmes après avoir rencontré le Pape qui lui offrit la pierre d'autel de son église dédiée à Saint Pierre.

    Toutes ces communautés, qui vivaient sous la règle commune de Saint Benoît, avaient toujours gardé entre elles d'étroites relations, quels que furent les bouleversements et les influences diverses qu'elles avaient pu subir, d'où l'idée qui germa alors dans l'esprit d'un certain nombre de dignitaires et membres des grandes familles seigneuriales, à la tête desquelles devait figurer le fils de Charlemagne, Louis le Pieux, lui-même.
    L'unité perdue de l'ancien empire carolingien n'allait désormais plus pouvoir se faire par la réunion des différents royaumes et duchés qui avaient retrouvé leur indépendance. Cependant, elle restait encore possible par l'implantation, dans tout l'Occident, de monastères, toujours régis par la règle bénédictine, mais dépendant tous d'un unique pouvoir, celui d'un abbé totalement indépendant.
    Nul prince séculier, aucun comte, aucun évêque, pas même le pontifdu Saint Siège Romain, ne devra pouvoir porter atteinte à l'indépendance de cet abbé, stipulera la charte de fondation qui précise :
    "Les moines ne devront être soumis au joug d'aucune puissance terrestre, pas même celle de la Majesté Royale. Les moines auront le pouvoir et la liberté de choisir comme abbé et recteur, le religieux de leur ordre qu'ils en juger ont digne, selon la règle de Saint Benoît, sans qu'aucune opposition du fait d'un quelconque puissant, ne puisse empêcher cette élection".
    Dès lors, nous voyons se mettre peu à peu en place, toujours sous la direction "d'hommes pieux", tout un processus préparatoire, arrangements et alliances, échanges et acquisitions de domaines, nominations au sein même de l'ordre bénédictin, jusqu'à la fondation par Guillaume le Pieux, en 910. de l'Abbaye de Cluny, confiée à la direction de l'Abbé Bernon, abbé de Baume les Messieurs, issu d'une famille comtale de Bourgogne, en relation avec les milieux aristocratiques du Saint Empire Romano-Germanique.
    Cluny, géographiquement, est situé au centre de l'occident chrétien, sur une terre que la soeur de Guillaume le Pieux avait échangée en 893, contre une propriété qu'il possédait en Auvergne, près de Sauxillanges.
    Guillaume le Pieux était Comte d'Auvergne, du Velay, de Maçon, de Bourges et Duc d'Aquitaine. Il était le fils de Bernard de Plantevelue, que Charles le Chauve avait fait, en 872, Marquis et Comte de Toulouse, de Rouergue et d'Auvergne. C'est sa mère, Ermengarde, qui avait fondée 860, à Blesle, un monastère de femmes placé sous l'autorité du Saint Siège.
    Il était un descendant de Guillaume le Grand et, par sa grand-mère Engelberge, l'arrière petit-fils de l'Empereur Louis II le Germanique. C'était donc un des représentants de cette très haute aristocratie du Royaume dont les ancêtres avaient reçu d'importantes charges comtales et qui concentraient encore entre leurs mains la réalité de la puissance.
    Nombreux jurent les membres de cette vieille noblesse Carolingienne qui furent séduits par cette idée de monachisme totalement indépendant et qui contribuèrent à la prospérité et au rayonnement de la nouvelle abbaye.
    C'est de ces familles que sont issus les grands abbés qui ont présidé aux destinées de ce que l'on nommera plus tard, l'ordre de Cluny, notamment celui que l'on considère comme le véritable fondateur de cet ordre : Odilon de Mercoeur.
    Les Mercoeur, qui furent en Auvergne, au Moyen âge, une des principales puissances princières après les Comtes Dauphins, étaient installés dans les massifs montagneux de la Margeride et du Cézallier. Leur domaine s'étendait du Val d'Allier à la région de Blesle et de la Couze d'Ardes. Lors de la naissance d'Odilon, ces terres relevaient encore des Comtes d'Auvergne, ce qui explique que la Comtesse Ermengarde ait pu en 860, fonder à Blesle, son monastère destinée à recevoir les filles et veuves des grandes familles de la région.
    Des trois ou quatre châteaux que firent construire dans ces régions les Mercoeur, il ne subsiste guère que la Tour de Blesle. Au petit village de Mercoeur, berceau de la famille, on ne retrouve plus aucun vestige, seule la vieille chapelle dont le saint patron est Odilon qui fut canonisé, garde le souvenir de ces lointains seigneurs.

    Saint Odilon de Mercoeur fut le 5ème abbé de Cluny, de 994 à 1049, après Mayeul de Forcalquier et soixante ans avant Pierre de Montboissier, un autre grand auvergnat plus connu sous le nom de Pierre le Vénérable. C'est avec Odilon que prend corps la notion « d'Empire monastique » qui s'étendra tout au long du Moyen âge, marquant le rôle prestigieux joué par Cluny au cours de son histoire.
    Le rêve de Louis le Pieux était en train de se réaliser. L'œuvre civilisatrice du grand Charlemagne pouvait désormais continuer. Dans toutes les provinces d'Occident soumises aux caprices et aux exactions des princes au pouvoir, des hommes pieux, sages et déterminés apportaient au nom du Christ, un peu d'amour, de justice et de paix.
    Odilon sera le conseiller et le conciliateur des princes, le pacificateur et le civilisateur d'une société féodale encore très violente. Il instaure la trêve de Dieu, impose quatre jours hebdomadaires de suspension d'armes, et finit par ajouter trois cents jours annuels de paix obligatoires. Il sera également le réformateur des moeurs ecclésiastiques de son temps. Il institue la Fête des morts le 2 novembre. L'Italie lui demande de réformer le Mont Cassin. Pour assister les pauvres en temps de famine, il fait fondre et vendre les vases sacrés, ainsi que la couronne d'or donnée à Cluny par l'Empereur Henry.
    Odilon, tout enfant, avait les jambes nouées et ne pouvait marcher, jusqu'au jour où il fut miraculeusement guéri, devant la statue d'une vierge noire à qui il voua toute sa vie, la plus grande dévotion.
    Cent ans après la fondation de Cluny par le Comte d'Auvergne, Guillaume le Pieux, on estime à près de 1200 le nombre de monastères Clunisiens implantés dans toute l'Europe : 883 pour les provinces françaises, 99 pour les provinces germaniques, 44 pour l'Angleterre, 55 pour la Lombardie, 31 pour l'Espagne. A ces chiffres, il convient d'ajouter les nombreuses abbayes restées indépendantes, sur lesquelles Cluny exerça son influence pour l'organisation de la vie religieuse et communautaire.
    Quatre abbés de Cluny furent canonisés.
    Six papes y auront été moines dont Urbain II (1086-1099) qui prêcha à Clermont, la première croisade.
    Bien que l'office liturgique ait tenu la première place dans la vie monacale, il ne mobilisait pas tout le temps des moines. Cluny eut la plus importante activité culturelle de son temps. Sa bibliothèque créée par l'Abbé Odon, est restée célèbre. On y trouvait de nombreux ouvrages sur l'antiquité, notamment sur les Pythagoriciens. La musique qui jouera un rôle primordial dans la vie des moines, orientera pour des siècles, le chant sacré en Occident mais Cluny reste surtout dans l'histoire de l'art, comme étant le créateur de l'Art Roman. Le véritable miracle Clunisien est avant tout d'ordre architectural, avec toutes ses composantes, travail de la pierre, du bois, des métaux et du verre et ce, en un peu plus d'un siècle et à l'échelle d'un continent.
    On sait qu’un cloître outre son église, assez grande pour contenir l'ensemble de la communauté, comportait une salle capitulaire, un auditorium, le réfectoire avec ses cuisines et son cellier, l'hôtellerie et à l'étage, le dortoir et un scriptorium. Or, créer 1200 monastères en 100 ans signifie qu'il fallut en bâtir un par mois, dans la mesure improbable où leur construction aurait été équitablement répartie dans le temps.

    Sans compter l'église dite Cluny III, commencée en 1088, qui éclipsera par sa taille et sa magnificence, toutes celles qui l'ont précédée, et qui restera jusqu 'à la construction de Saint-Pierre de Rome, la plus grande église chrétienne, ce qui signifie que Cluny devait posséder des secrets de construction dont on ne parle jamais justement par ce que c 'était des secrets qui se transmettaient oralement dans certains monastères spécialement chargés de la formation des maîtres d'oeuvre et de ceux, qui seraient capables de mener à bien la prodigieuse entreprise, car, il est impensable que, dans cette époque de désordre et d'insécurité, d'invasions, de guerres, d'épidémies, de famines et d'ignorance, on ait pu trouver les techniciens et la main-d'oeuvre compétente pour construire en si peu de temps un aussi grand nombre d'édifices.
    D'autant plus qu 'au même moment, toute la population se trouvait déjà enrôlée de force par les seigneurs, pour bâtir les murailles des villes et les châteaux-forts qui devaient arrêter les ennemis venus d'ailleurs.
    Les églises romanes ne furent pas, comme certains l'ont dit, le fruit d'heureuses solutions trouvées par hasard, au cours de longues années de laborieuses recherches jalonnées de nombreux échecs, elles ont toutes été érigées d'un seul jet et sans rupture, ce qui prouve bien que leurs constructeurs obéissaient à un plan sur un véritable schéma initiatique.
    Et si l'on considère le plan de la deuxième abbatiale de Cluny construite à partir de 948, on constate qu 'il est inspiré directement des églises coptes, notamment celui du monastère de DEIR ELABIAD où l'on voit apparaître pour la première fois, autour de l'autel, des chapelles semi-circulaires, un déambulatoire, un transept et des bas-côtés le long de la nef centrale.
    Les milliers d'églises construites en Europe aux Xème, Xlème et Xllème siècle, dont celles fondées par l'ordre des Cisterciens sous l'implusion de Saint Bernard, ont toutes, à quelques détails près, le même plan directeur. Elles sont toutes bâties sur le même module architectural. Elles respectent les mêmes règles esthétiques, les mêmes lois harmonieuses. Seules changent leurs dimensions qui dépendent du nombre de fidèles qu 'elles étaient destiné à accueillir, et de la place disponible pour leur implantation.
    Et cependant, elles conservent toutes, leur spécificité propre et la marque de leurs bâtisseurs. Les piliers, selon les régions, seront circulaires, quadrilobés ou fascicules. Des fenêtres surmontées d'un arc de cercle en plein cintre, seront ébrasées ou géminées et cantonnées de colonnes, les façades nues ou dotées d'une riche ornementation sculptée. Toutes procèdent de la même volonté des moines bâtisseurs romans, de faire d'elles de véritables enceintes liturgiques et sacrées, des lieux de régénérescence spirituelle où tout homme peut être transfiguré.
     

     

     

     

    Lorsqu’un scientifique nous parle de la terre et du ciel, de la mer, des fleuves, des montagnes et des collines, avec leurs faunes et leurs flores, c 'est toujours de la nature et de ses réalités physiques, chimiques ou biologiques qu’il s'agit.

    Lorsqu’ un mystique nous parle de la nature, c’est toujours de l'homme et de réalités spirituelles, parce que pour lui, « ce monde que dieu créa, c'est nous, avec toutes nos possibilités de sublimation et de pervertissement ».

    Quand les textes sacrés de tous les temps nous parlent de la création, ce n’est pas pour nous diviniser la nature mais parce que c’est toujours le meilleur moyen d'expliquer par comparaison les réalités cachées de la vie spirituelle. « L'homme ayant été créé à l'image de dieu, de la forme spirituelle est née la forme visible ».

    Les anciens expérimentaient déjà sur le plan scientifique les correspondances entre l'infiniment petit et l'infiniment grand, en fonction de la loi de l'interdépendance entre le ciel et la terre.

    En Grèce, les épicuriens étudièrent ces échanges auxquels ils donnèrent le nom d'effluves. Puis, les stoïciens développèrent surtout la notion de solidarité entre les planètes et la terre qui se réalise, disaient-ils, par un échange incessant de molécules ou de mouvements propagés. Le monde est un. Le monde est un être unique vivant.


    Comme la terre qui vit au sein de l'univers, l'homme habitant la terre est une minuscule partie de l'univers. C'est un microcosme.

    La partie est semblable au tout: le monde est animé d'une même énergie et l'homme façonné par l'action incessante de ces influx cosmiques, est semblable au monde. Faisant partie de l'univers, il contient tous les caractères de l'univers. Il les condense en lui, de même qu’une cellule possède tous les attributs de l'organisme. L'homme est un cosmos en réduction semblable au grand cosmos, le Macro-cosmos.

    «L'homme disait Paracelse, au moyen-âge, est un microcosme et il l'est non seulement au point de vue de la forme et de la substance mais aussi au point de vue des vertus et des actions dont est doté le macrocosme.

    Ainsi, on trouve dans l'homme tous les mouvements célestes, toutes les propriétés de la terre, de l'eau et de l'air. On trouve chez lui la matière de tous les métaux, la force de tous les éléments, l'action de toutes les constellations et de tous les vents. Il n 'est rien sur terre qui ne soit contenu en même temps dans l'homme ».

    Et nous savons aujourd'hui que tous ces éléments dont l'homme est constitués : éléments physiques ou bio-chimiques se sont créés lors de l'explosion d'une étoile, il y a des milliards d'années. Et nous savons aussi que ces matières vivantes échangent des flux d'énergie et d'informations avec leur environnement.

    « Des choses semblables qui ne sont pas attenantes mais qui sont séparées par un intervalle, sympatisent en vertu de leur ressemblance. Sans être en contact, les choses agissent et elles ont nécessairement une action à distance », écrivait déjà Plotin en 250.

    Puisque l'homme est fait du tissu de l'univers, il vit et vibre avec lui par nature. La partie et le tout sont pris dans une simultanéité globale, et il y a co-existence et concomitance d'un même cycle, d"une même vibration dans le ciel et dans l'homme, qui tous deux constituent un être unique : l'univers.

    Peu importe la distance qui existe entre eux. Il y a indépendance entre les astres et l'homme au sein de l'unité du cosmos. Ils sont soumis aux mêmes influx qui se propagent d'un élément semblable à un autre. Ils vivent ensemble et agissent simultanément l'un sur l'autre.

    Toute vie humaine a des résonnances planétaires et détermine également de l'univers son existence et son avenir.
    « Tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » enseignait Hermès Trismegiste dans « la Table d'Emeraude ».
     

     

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