• Le Soleil astre sacré

     

    Le rôle du soleil dans la vie spirituelle

    Les hommes ont toujours adoré le Soleil, ils se sont tournés vers lui pour répondre à leurs interrogations concernant le monde ou leur propre origine. Ils l'ont ainsi personnifié comme un Dieu et l'ont élévé au rang de religion.
    Dans de nombreuses croyances, comme l'astrologie, ainsi que dans des contes ou des textes mythologiques, le Soleil est un symbole masculin, le principe actif.
    Les peuples nomades d'Asie centrale considèrent que le Soleil est femelle (la mère Soleil) et que la Lune est mâle (le père Lune). Le nom du Soleil est féminin en celtique et dans toutes les langues indo-européennes anciennes.
    Les esquimaux nomment le Soleil Malina et la Lune est Aningan.
    Ils pensent qu'il s'agit d'une trés belle femme tenant une torche dans le ciel chassée par son frère Aningan.
    Cette chasse explique l'alternance du Soleil et de la Lune dans les cycles lumière/nuit.
    Le Soleil représente le côté droit, l'autorité, le jour ou encore le symbole du père dans les mythologies solaires.
    La dualité Soleil-Lune recouvre celle de mâle-femelle, de jour et nuit, de bien et mal, etc...

    Cette dualité rappelle le symbole chinois Yin-Yang, les 2 contraires qui ne s'opposent jamais totalement, contenant un peu l'un de l'autre (un peu de lumière dans la nuit et un peu d'ombre dans la lumière). Le Soleil est toujours Yang (blanc) et la Lune est Yin (noir).Yin et Yang sont interdépendants, le rythme de leur alternance est celui du monde, le jour succède à la nuit puis inversement et le temps s'écoule naturellement.
    C'est le symbole par excellence de la dualité et de la complémentarité universelle qu'il existe dans toute chose et dans tout être.

    Source de chaleur et de lumière, le Soleil est devenu un symbole de vie et de puissance dans quasiment toutes les civilisations.

    Symbole de vie

    Pour les anciens Egyptiens, Râ, le dieu Soleil, a créé le monde (également connu sous le nom de Rê, Amun-Ra, Aton ou Amon)
    Ce dieu est représenté sous de nombreuses formes: disque, scarabée, bélier, tête de faucon...
    Durant la nuit, Râ se déplaçait en barque à travers le royaume des morts avant de revenir éclairer la Terre le lendemain matin. Parmi les centaines de dieux de l'ancienne Egypte, Râ était le plus important.
    Le pharaon était considéré comme le descendant du premier Roi, le créateur Râ.
    La pyramide (son tombeau royal) était une rampe lui permettant de rejoindre après sa mort le Ciel et le Soleil.
    Construites dans les années 2000 av.JC, les pyramides d'Egypte font partie des 7 merveilles du monde et c'est aujourd'hui la seule "merveille" encore visible.
    Celle de Chéops, à Gizeh est la plus grande : 147 m.

    Son nom complet est Ra-Atum-Khepri, trois noms représentants les trois états du Soleil :
    Khepri le Soleil montant
    Ra le Soleil au Zenith
    Atum le Soleil au couchant.

    Symbole de puissance


    En Amérique du Sud, des peuples ont aussi construit des pyramides, non pour enterrer leurs rois mais pour vénérer le dieu Soleil, la religion officielle du peuple inca, il y a entre 500 et 800 ans.
    A la même époque, le peuple aztèque pratiquait des sacrifices humains sur ses pyramides pour obtenir la protection de Huitzilopochtli, dieu du Soleil,...et de la Guerre (dieu du Sud, de la chasse, maître du monde)
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    Les japonais nomment et symbolisent leur pays Nippon : le soleil levant.
    Les légendes sur leur déesse Ama-terasu retrace l'histoire de la création du Japon.

    Quand il n'est pas considéré comme un dieu, il reste un symbole très puissant. C'est un symbole royal, Louis XIV (1638-1715) était surnommé le Roi-Soleil.

    La mythologie Grecque

    Apollon, aussi appelé Phébus, est considéré comme le dieu du Soleil.
    Fils de Zeus et de Lêto, il est le dieu de la poésie et de la musique, devin et guérisseur.
    Il est l'idéal de la beauté masculine avec de sombres cheveux d'or et des yeux d'un bleu orageux. Son fils est Phaeton est mort en tombant du chariot de son père.

     

    Le soleil comme symbole

     

    Le soleil a de tout temps captivé les hommes. Ils ont en effet très vite compris son influence sur les récoltes. Objet d’adoration, de crainte, il apparait comme symbole dans la plupart des cultures. Il est souvent considéré comme un principe, source de chaleur et de vie, mais aussi d’aveuglement et de mort...

    Soleil et mythologie.

    Pour les anciens égyptiens, le soleil, déifié sous la forme du dieu Râ, avait créé le monde. La nuit, il disparaissait dans le royaume des morts à bord de sa barque pour revenir sur terre au petit matin. Les pharaons étaient ses représentants sur terre. Cette religion comme beaucoup d’autres était donc avant tout un culte solaire.

    Les anciens grecs l’adoraient en la personne d’Apollon. Il était aussi le dieu de la poésie, de la musique et avait des pouvoirs de guérisons. Il était aussi l’idéal de la beauté masculine avec ses cheveux d’or semblables aux rayons du soleil et ses yeux bleus couleur du ciel. Mais, les flèches qu’il décochait de son char pouvaient provoquer la peste et décimer des rangs entiers de soldats !

    La religion inca était une religion fondée sur le culte du soleil auquel ils érigeaient des temples pyramidaux. Symbole de puissance, il était celui qui avait droit de vie et de mort, la sécheresse étant un des fléaux de la région. Dieu de la guerre, il fallait parfois l’apaiser en lui offrant des vies humaines par le biais de sacrifices rituels.

    Au Japon, "le pays du soleil levant", on adore la déesse Amaterasu, "celle qui brille dans le ciel". Chaque année des milliers de japonais se retrouvent en pélerinage à l’aube du jour de l’an et claquent deux fois des mains quand le soleil apparait afin d’attirer sur eux la bénédiction divine.

    Le soleil dans la culture française.

    Le soleil est aussi l’une des lames du tarot de Marseille. Dans ce symbole de lumière, de réussite et de bonheur, on retrouve aussi la notion d’accomplissement, d’avancée et de puissance... Mais il est aussi celui qui peut aveugler et peut venir signer la présence d’un orgueil trop fort ou de tromperie...

    L’un des plus grands rois de l’histoire française, Louis XIV n’a d’ailleurs pas hésité à se faire appeler "le roi soleil" et représenté comme celui dont le rayonnement éblouissait les autres et pouvait terrasser ses ennemis...

    Symbole de puissance, de vie, de beauté, de chaleur ; le soleil n’en reste pas moins celui qui peut aveugler, brûler et qui aurait pouvoir de vie et de mort... Alors attention cet été, pour l’apaiser, n’oubliez pas votre créme solaire !

     

    Symbolisme de l'opposition lumière et ténèbres

     

    L’opposition lumière-ténèbres constitue un symbole universel. Pour en esquisser l’enjeu symbolique, on peut introduire trois grandes acceptions de la lumière sur le plan de l’imaginaire : la lumière-séparation, la lumière-orientation, la lumière-transformation. Ces trois aspects de la lumière comme symbole se définissent par rapport à trois altérités ou trois formes de ténèbres, soit, respectivement : l’abîme ; l’obscurité ; l’ombre et l’opacité. Lumière-séparation et abîme s’opposent dans une symbolique de la création. Lumière-orientation et obscurité structurent la symbolique de la connaissance. La lumière-transformation se heurte à une double altérité : s’opposant à l’opacité, elle est le symbole de la manifestation, se confrontant à l’ombre, elle devient le symbole de la purification (catharsis).

    La dimension proprement démiurgique de cette opposition se retrouve à la racine de toutes les grandes cosmogonies. Du sein d’un abîme préalable (chaos, tehom, tohu-bohu), sans fond, sans forme, va brusquement émerger l’ordre, c’est-à-dire la séparation-archétype originelle.
    Deux principes opposés sont ainsi différenciés : la lumière et les ténèbres. Trois séparations démiurgiques vont en procéder. Elles engendrent le cosmos dans sa totalité. Une première séparation opère la création des grandes oppositions cosmogoniques fondamentales : l’avant et l’après, le haut et le bas, la nuit et le jour. Elle correspond à la croisée horizontale et verticale du ciel et de la terre. Il s’agit du symbolisme lié à la lumière-répartition . Celle-ci déploie l’intermonde où vont jouer les forces fécondantes ouraniennes et les forces matricielles chtoniennes. La deuxième séparation est liée à la genèse de la vie. Elle joue sur les variations régulières nuit-jour qui déterminent les saisons. Création des cycles de mort et de renaissance, de lumière croissante et décroissante entre solstice d’hiver et solstice d’été. Cette séparation règle donc le jeu d’équilibre et de conflit entre eau et feu. Lui correspondent tous les symboles de la lumière-fécondation : lumière souterraine et psychopompe d’Anubis, «soleil vert» de l’émeraude qui est sang et fécondité chez les Mayas comme dans le symbole du Graal, soleil chtonien comme dieu-grain qui meurt à l’automne et ressuscite au printemps, etc. La troisième séparation cosmogonique a lieu entre zénith et nadir. Au-dessus de la fertilité végétale et de l’âme lunaire et aquatique se différencie le symbolisme de l’esprit et de la lumière-illumination . Ce symbolisme oppose les images ascensionnelles de l’air et du vent aux images de la pesanteur de la terre. Au soleil terrestre et à ses cycles de fécondation se surordonne la permanence du soleil céleste, porteur de la clarté de l’intellect symbolisée par la lumière éclatante de la foudre.

    La dimension spécifique de la lumière-orientation se donne à travers l’image-archétype du chemin. Chemin ascendant peuplé d’images lumineuses, aériennes, portant allégresse et éveil ; chemin descendant jalonné d’images sombres, étouffantes, lourdes de toutes les peurs et de tous les tourments. Symbole d’un combat éternellement recommencé entre l’élan spirituel vers la lumière et l’inertie matérielle qui fait régresser dans les obscurités de l’âme. Toutes les gnoses reposent sur ce conflit latent. D’une part règne le constat effrayant de l’obscurité du vécu de l’âme ... «Sauve-moi de la matière et des ténèbres», supplie la Pistis Sophia . D’autre part lui répond la lueur d’espoir née de ce constat même - universellement, l’étoile est l’image symbolique de la lumière salvatrice. Dans la nuit de l’âme, seule brille l’étoile-guide (étoile polaire, étoile des bergers, des Rois mages, «étincelle» des alchimistes, etc.). Si certains gnostiques accentuent le dualisme à l’extrême, la plupart des gnoses présentent le chemin de retour de l’âme vers la lumière, comme constitué d’alternances entre phases sombres et phases claires. Ce chemin se donne alors dans les symboles «noirs et blancs» des damiers et des échiquiers, des pavements sacrés, des labyrinthes sur le sol des cathédrales, du côté noir et du côté blanc de l’ouroboros, etc. L’orientation symbolique est une conversion à la lumière : de la connaissance lunaire (réfléchie, cyclique, rationnelle), le regard se retourne vers la connaissance solaire (jaillissante, irradiante, intuitive). Le symbolisme de la lumière-orientation joue sur l’opposition montagne-caverne (cf. le mythe de la caverne de La République de Platon). Le héros ou l’âme exilée, tel Gilgamesh, doit affronter l’obscurité du monde souterrain, pour sortir de «l’autre côté» de la montagne dans la lumière de l’aurore. Que ce soit l’orphisme, le poème de Parménide, la gnose valentinienne, les actes de Thomas, les récits visionnaires de Sohrawardi, Avicenne ou ‘Attar, il s’agit toujours d’un voyage vers la lumière de la connaissance, par la distinction initiale entre la droite (lumineuse, aurorale) et la gauche (obscure, crépusculaire). Ces deux directions se révèlent être l’Orient et l’Occident de l’âme (cf. H. Corbin). Si l’aurore symbolise la sortie de la nuit de l’inconscient (cf. C. G. Jung), c’est en plein midi qu’a lieu la délivrance de l’agnoia (l’inconnaissance). «Soudain, une lumière, comme un feu jaillissant, surgira dans l’âme» (Platon, Lettre VII ) ; «Tout à coup, vers midi, une vive lumière venant du ciel resplendit autour de moi» (Actes des Apôtres, XXII, 6) ; «Pour le connaissant, il est toujours midi» (Chandogya Upanishad , III, XI, 3). Tout au bout du chemin de connaissance (Gnôsis , Jnana ), la lumière-orientation symbolise finalement la brusque éclaircie de la contemplation, comme ouverture de l’instant sur l’éternité (cf. A. Coomaraswamy), disparition de la durée du moi, apparition de la présence du soi.

    Enfin, lumière et ténèbres déterminent un troisième axe de symbolisation, celui de la transformation de la réalité. La création se transforme par le regard de la créature. Ce regard est le creuset de l’alchimiste, par où se transmue la nature en visage. Ce troisième aspect de l’opposition repose sur la reconnaissance symbolique du paradoxe de la lumière. D’une part, la lumière est à soi-même son propre obstacle et donc sa propre altération. La lumière révèle, manifeste, suscite la vision réceptrice ; mais par là même elle se diffracte dans le «prisme» de la vision. En retour, elle permet éclairage et focalisation ; mais par là même, elle crée de l’asymétrie, de l’écart, du retard, entre le jaillissement et le reflet, entre le sujet et l’objet, entre l’original et sa représentation. D’autre part, la lumière est à soi-même illumination et retour à son intégrité. Au mystère de la lumière créatrice correspond le miracle de la vision réceptrice. Ainsi, la lumière est saisie symboliquement comme tissage avec soi-même. «C’est lumière sur lumière», affirme le Coran ; «Dans Ta lumière nous verrons La lumière», annonce la Bible. Lumière et ténèbres sont les deux faces d’une même réalité. La lumière voile en dévoilant, les ténèbres dévoilent en voilant. La lumière engendre et dissipe ses propres ombres, mais elle est formée d’opacité. La lumière est la forme de l’apparaître et de sa propre disparition.

     

     

    La lune et le soleil  
    par Elizabeth LIBRAIRE
     
    Soleil et lune représentent respectivement le principe masculin et le principe féminin. Ils sont la polarité basique, Shiva-Agni, du Hatha Yoga, complémentaires dans leur destruction créatrice. L’efficacité de leur interaction est d’autant plus radicale que la posture est inversée. Cela nous rappelle que le yoga n’est pas purement corporel, ses symboles sont essentiels.
    "Toute l'ambroisie qui s'écoule de la Lune à la divine beauté est, sans en rien excepter, dévorée par le Soleil et c'est pour cela que le corps est sujet à la décrépitude".

    Ce texte tiré de la Hatha-Yoga Pradipika (111,77) et relatif à l'attitude inversée (viparita karani) met en valeur la symbolique de la Lune (Chandra) et du Soleil (Surya), symbolique omniprésente dans l'ensemble du traité et fondamentale pour la compréhension du Hatha- Yoga en général et des postures inversées en particulier. […]

    La pratique de l'attitude inversée fait partie des nombreuses techniques décrites dans les textes et destinées à favoriser l'union du Soleil et de la Lune. Quel est le contenu symbolique de ces deux astres? Quelle est la nature de cette union? Par quel processus la position inversée du corps accélère-t-elle l'évolution vers l'unification? En un mot comment décoder ce langage symbolique? […]

    La lune est une planète qui ne produit pas sa propre lumière, elle n'existe que par l'action éclairante du Soleil: de ce fait elle est symbole de dépendance car elle a besoin du soleil pour faire naître son reflet. Aussi de nombreuses traditions divinisent les deux grands luminaires et font de la Lune l'épouse du Soleil.

    La Lune croit, décroît et disparaît. Cette périodicité sans fin consacre en elle l'astre des rythmes biologiques, du renouvellement, de l'éternel retour, car sa "mort" n'est jamais définitive mais suivie d'une résurrection. Ces différents aspects font d'elle un symbole de transformation et de croissance (croissant de lune), le symbole du passage d'un état à une nouvelle modalité d'existence.

    Liée à l'eau, la Lune est productrice de pluie. De ce fait, elle
    devient source et symbole de fécondité et représente le princi-pe féminin, l'archétype maternel par excellence que l'on associe fréquemment à la coupe, réceptacle des eaux primordiales ainsi que des germes de vie.

    Astre de la nuit, elfe évoque aussi la beauté de la lumière dans l'immensité ténébreuse. Beauté devient alors synonyme de clarté donc de Connaissance. Mais il s'agit là d'une connaissance indirecte (puisque la lumière de la Lune n'est que le reflet de celle du Soleil), théorique, discursive et froide.

    Passive et réceptive, elle représente une polarité "yin" par rapport au Soleil qui est "yang". Elle est l'eau par rapport au feu solaire, le froid par rapport à la chaleur, le nord et l'hiver symboliques opposés au Sud et à l'été, etc...

    La Lune évoque encore les valeurs nocturnes, donc le rêve, l'inconscient, l'imaginaire. […]
    Le symbolisme du Soleil est lié à celui du Feu. Dans le sujet qui nous préoccupe ici, lis Soleil (Sûrya) et le Feu (Agni) sont étroitement associés, voir même confondus. If s'agit là de deux symboles "clé" sur lesquels s'appuient la plupart des mythologies et qui se caractérisent par une très forte ambivalence puisque l'un et l'autre participent à la création et à la destruction de la matière. […]

    Ill - L'AMBROISIE

    Revenons maintenant à Chandra, la Lune qui orne le front de Shiva et contient le Soma, appelé aussi amrita, que l'on traduit par nectar lunaire, ou ambroisie.

    Soma (ou amrita) est un breuvage extrait d'une plante encore mal déterminée -probablement le jus d'un champignon hallucinogène - que les prêtres utilisaient pour les cérémonies et les sacrifices à l'époque védique. A l'origine, cet élixir appartenait aux dieux, mais l'aigle Gandharva en fit don aux mortels, afin qu'ils le servent en offrande aux Dieux et qu'ils puissent communier avec le divin en l'absorbant de manière rituelle, déclenchant ainsi une extase momentanée. […]

    Cette boisson divine était particulièrement prisée du Dieu Indra, souvent associé au Feu, Agni comme nous l'avons vu précédemment.

    Transposé à l'échelle de l'homme microcosmique, ce nectar est localisé symboliquement dans la cavité au-dessus du palais et rend l'homme invulnérable et immortel. […]

    Chez l'homme ordinaire, le Soma s'égoutte continuellement depuis la cavité palatale pour être consumé par le feu gastrique qui en est particulièrement avide. L'objectif du hatha-yogi consiste à préserver ce nectar, à limiter son écoulement ou à le stopper et nombreuses sont les techniques proposées par les shastra pour aller dans ce sens. […]

    Le nectar lunaire, l'ambroisie divine représente le potentiel vital et psychique de l'homme. C'est une sorte de réserve d'énergie particulièrement utile dans le processus de transformation de l'adepte. C'est là qu'il puise la motivation et la force nécessaires pour assumer les différentes étapes de son évolution, cette évolution étant caractérisée par la purification progressive de tous ses niveaux d'être (physique, énergétique, émotionnel, intellectuel) qui s'accomplit grâce au Feu. Au terme de cette démarche longue et ardue qui nécessite l'assistance d'un guru et grâce notamment aux pratiques qui permettent d'"économiser" le Soma, le yogi évite la décrépitude et atteint à l'Immortalité.

    Cette immortalité ne concerne pas le corps physique, encore que ces pratiques, lorsqu'elles sont appliquées dans des conditions adéquates, peuvent aider à maintenir le corps dans des conditions de vitalité optimales et ralentir le processus du vieillissement. Le mot d'immortalité signifie que l'adepte, au terme de celte ascèse, atteint un degré de purification telle qu'il transcende tous les plans de son être (physique, énergétique, émotionnel, mental), qu'il découvre la Réalité Ultime qui l'habite et que l'on appelle Atman, Brahma, ou encore Parasita. Celle Réalité possède les qualités de Pure Conscience, de Totale Béatitude et d'Immortalité. Le yogi qui réalise cette phase ultime de son évolution est alors libéré du Karma et de l'enchaînement au cycle sans fin des réincarnations (samsâra).

    Dans la tradition Hatha-yogique, l'adepte arrivé au terme de
    son évolution et qui réalise cet état de Pure Conscience,
    Totale Béatitude, au delà du temps, réalise en même temps le but ultime indiqué par les shastra: l'union du Soleil et de le Lune. […]

    D'un point de vue énergétique (l'énergie étant comprise ici dans sa dimension physique mais également psychique), l'inversion du corps associée à la pratique des bandha permet l'activation du feu gastrique, cette source d'énergie fondamentale à partir de laquelle s'effectue la purification progressive du corps et de ses différentes enveloppes. En effet, au--delà du corps grossier et de son enveloppe physique (sthula sharira et annamaya kosha liés à muladhara chakra), l'action purificatrice d'Agni va s'exercer sur le corps subtil (sukshma sharira) et les enveloppes qui le constituent: pranamaya kosha, l'enveloppe faite d'énergie et de vitalité, reliée à svadhisthana et manipura chakra, manomaya kosha qui correspond au mental et à ses implications sur notre nature émotionnelle, en liaison avec anahata chakra, vijnanamaya kosha, l'enveloppe faite d'intelligence objective qui nous permet d'appréhender la réalité sans émotion, avec une parfaite ouverture du coeur et de la conscience grace à la purification de vishuddha et ajna chakra. Lorsque tous ces niveaux d'être (physique, émotionnel, mental) sont transcendés, l'étape ultime peut intervenir: il s'agit de l'accès au Soi et la découverte de la totale Béatitude (Sat-Cit-Ananda) qui requiert de la part de l'adepte un niveau de parfaite pureté.


     

     





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