• Maçonnerie et Église catholique

    Maçonnerie et Église catholique. I. (de Giovanni Caprile S.J.) résumé par Nicole C.

     
    Renaissance Traditionnelle N°25 - Janvier 1976.
    p 32 – Tome VII

    La FM est comprise par ses adversaires comme une société secrète perverse et malignement occulte, ayant pour objectif la domination du monde...
    Une revue comme la nôtre, c'est-à-dire la revue des jésuites italiens d'où cet article est tiré et traduit : La Civiltà Cattolica, ne pouvez faire moins que de renseigner nos interlocuteurs, ne serait-ce qu'à titre informatif.

    SEVERITE A TOUT PRIX

    Léon de Poncin, un des écrivains les plus redoutable antimaçonnique, son volume « Christianisme et Franc-Maçonnerie » (1969) se propose de réfuter ceux d'Alec Mellor, afin de battre en brèche « La campagne insinuante », tenace et persistante menée dans les milieux catholiques favorables à la franc-maçonnerie, dirigée par le clan progressiste, actuellement très influent en France avec l'appui tacite ou déclaré d'une partie importante du Clergé, de la presse catholique et des prélats qui forment actuellement l'assemblée des évêques et des cardinaux de France.
    L'auteur réaffirme la valeur inchangée de toute condamnation pontificale du passé, montre encore comment le secret maçonnique couvre encore des méfais de toute sorte surtout en matière politique, comme par ex :
    Le traité de paix de 1919
    La constitution de la société des nations
    La victoire de la gauche en 1924
    Les accords désastreux de Yalta
    Judaïsme et Franc-maçonnerie
    Satanisme et naturalisme
    Théologie occulte etc.... la Franc-Maçonnerie et la Révolution de 1789 et insiste l'auteur, chacun de ces évènements a porté avec lui un grand enjeu de faillite, d'injustice et de souffrance et de sang.
    L'histoire n'est pas faite avec des fragments de revues, mais avec des documents et des preuves d'une toute autre portée.
    Se rapportant aux documents pontificaux du passé, l'auteur les transporte et les applique en bloc à des situations qui aujourd'hui sont ou, au moins, peuvent être bien différentes.
    Le concile n'a rien apporté à l'auteur ; les maçons sont et devront rester excommuniés pour toujours ; ils sont et resteront fatalement les ennemis de l'église, et les responsables de tout mal qu'il soit civil, social ou religieux ; ils sont pastoralement irrécupérables, dignes seulement d'être chassés par le poids de la répétition pure et simple des condamnations passées.
    Une mentalité analogue affleure aussi 2 articles parus dans la presse italienne, Celui de Silvi que la Franc-maçonnerie au cours d'un congrès mondial véhicule des idées et des informations fausses, des manipulations à des fins particulières, ainsi que Célada juge très sévèrement les initiations de Don Esposito...

    INTERROGER L'HISTOIRE

    Le R Père Ferrer Benimelli Jésuite espagnol prépare un important travail en 8 volumes mené avec une rigueur scientifique partant du point de vue juste que le Concile a eu des conséquences décisives, même sur les lignes directrices des rapports entre Eglise et Maçonnerie, il retient que le problème essentiel a vérifier, pour dissiper tous malentendus qui se sont accumulés par la suite, est celui des motifs et des circonstances de la première condamnation pontificale.
    Il propose une enquête historique scrupuleuse sur le développement de la maçonnerie et de ses rapports avec l'église.
    1° il existe une exceptionnelle confusion d'idées dans le domaine de la FM, en raison de définitions et de jugements tellement divers et opposés, qu'en ce qui la concerne, on arrive à douter qu'il s'agisse encore vraiment de la même association, ou de versions peut-être déformées. Autrement dit on ne peut parler de maçonnerie comme d'une institution monolithique, unique et invariable.
    2° une grande confusion, aussi, a été faite entre la FM et les autres sociétés secrètes, non seulement sur la nature même d'une société secrète, mais encore en retenant ipso facto qu'elle est synonyme d'impiété et de complot contre l'Eglise et l'autorité civile légitime.
    3° dans les pays latins, et en Italie (par la présence du pouvoir temporel) la FM au XIX° siècle a subitement et considérablement évolué dans ses positions concernant la politique et la religion. Cependant, si quelques secteurs de la FM ont eu un caractère anticlérical, il faut bien se garder de projeter sur d'autres époques car autre temps autre mœurs.
    4°il en résulte, qu'il est de plus en plus anachronique de parler de FM dans un sens univoque, étant donné que bien des groupes FM sont indépendants les uns des autres. Et qu'à l'intérieur de chacun d'eux il existe diversité de rites.
    5°il existe par conséquent, le problème d'une clarification et d'une révision conséquente d'attitude d'autant plus que, à la lumière du concile, bien des points d'oppositions et de malentendus pourraient être facilement dépassés.
    6°il existe aussi des solutions possibles : connaissance plus rigoureuse et impartiale de la FM, au-delà des préjugés encore très répandus ; approfondissements historiques ; dialogue serein et respectueux. Prise de conscience des évolutions possibles, sans s'obstiner sur les condamnations d'hier.
    Sur la même ligne que le R Père Benimeli s'était déjà affirmé le Dierickx, dont nous signalons l'œuvre dans sa traduction allemande (FM, grande inconnue).Il s'agit d'un ouvrage plutôt descriptif qui propose de présenter avec objectivité le visage de la FM, ses buts, sa genèse et son évolution. L'auteur affronte le problème des rapports entre la FM et l'église et tout particulièrement le point suivant déjà soulevé par Mellon, Riquet et d'autres. La FM veut exclure toute machination contre l'église et contre l'autorité légitime dans l'esprit du concile le problème devrait être étudié à fond.

    L'OUVRAGE DE GUICHARD

    Toujours en vue de l'ouverture d'un dialogue Guichard présente plusieurs points : certains de ceux-ci devraient être acceptés par tous comme faisant partie de la « bonne éducation humaine et chrétienne » et d'autres pris valablement comme hypothèse de travail.
    1° Une grande compréhension est nécessaire : les catholiques et les maçons ne doivent pas continuer à s'accuser mutuellement mais s'efforcer de comprendre que les uns ont une série de difficultés pour adhérer à la Foi, et que les autres peuvent faire de la Foi l'âme de leur vie sans être taxés d'infirmité mentale.
    2° Préjugés réciproques dont il faut se débarrasser qui enveniment au départ les rapports mutuels. « A une époque où beaucoup étaient privés de la possibilité d'exercer des responsabilités dans les affaires de l'église et de l'état, tous pouvaient s'unir dans une parfaite égalité et sans rivalité, dans leurs loges, où un climat de courtoisie était assuré par les principes de la FM.
    L'orsqu'Anderson publia ses constitutions, il ne créa pas un nouvel univers mais il donna l'autorité de l'écriture à quelque chose qui existait déjà dans les faits. Les heurts d'opinions devaient être évités ; mais sans se laisser aller aux disputes, les frères étaient libres de penser comme ils le voulaient.

    Tandis que la philosophie à la mode du XVIII° siècle se proposait de fonder la morale sur la connaissance naturelle du bien et du mal, dépréciant la notion de châtiment et de récompense, L FM avait tendance à s'en tenir aux anciennes notions inscrite dans le Livre de la Loi sacrée. A suivre
    Textes traduit par Jean Clément et notes traduites par Jeanne Blaquières.

    L'opinion d'Hitler sur la FM.

    Je ne crois pas sérieusement, bien sur, que cet organisme attaché pour le moment à la promotion mutuelles des intérêts propres de ses membres, soit si peu que ce soit mauvais ou dangereux. Elle a toujours été inoffensive en Allemagne. J'ai été informé par des recherches, les horreurs qui ont être dévoilées en ce qui concerne les squelettes, les cercueils, et les cérémonies secrètes ne peuvent que effrayer les enfants.
    Ce qui est dangereux, c'est qu'elle constitue une Aristocratie semblable à celle du Clergé au moyens de rites particuliers de doctrine secrète, un enseignement qui par le biais des symboles et des rites conduit a une plus grande compréhension et éclaire l'intelligence.
    Ne voyez vous pas que notre Parti est tout à fait semblable, un ordre, une prêtrise séculière ? Alors ou bien il y a nous, ou bien l'Eglise et la FM. Mais pas les deux côte à côte. C'est impossible. L'Eglise catholique à pris une position claire, au mois en ce qui concerne la FM. Maintenant nous, sommes les plus forts et par conséquent nous éliminerons à la fois l'Eglise et les francs-Maçons (entretiens 1940)

    B A B A sur l'Anti-Maçonnisme de Jérome Rousse Lacordaire

    Les anti-maçons de tout bord sont au moins d'accord sur un point : la FM est efficace, et ce grâce au secret dont elle s'entoure. Partant de là il est naturel que le modèle maçonnique ait fait florès.
    L'assimilation de la FM au Judaïsme est ancienne. Déjà en 1690 ou 1691, l'Ecossais Robert Kirk, écrivant à Robert Boyle à propos des curiosités spécifiques à l'Ecosse, présentait le mot de Maçon comme une « tradition rabbinique à la manière d'un commentaire sur Jachin et Boaz, les deux piliers érigés dans le Temple de Salomon ». La FM puise très largement dans l'ancien Testament.
    Puis autre chose encore ; c'est l'esprit Juif qui inspire et domine la FM, sortie toute entière du Judaïsme Kabbalistique. Les noms, les grades, les légendes, les initiations et surtout les doctrines, tout procède de la Kabbale judaïque.
    Après la Première Guerre Mondiale, quelques Prêtres catholiques, remués par la Fraternité des tranchées, firent plusieurs tentatives de rapprochement avec la FM.

    CONCLUSION

    Solidement étayée par des documents de diverses provenances, cette étude impartiale ne favorise aucun aspect au détriment des autres, elle ne milite aucunement en faveur de celui-ci ou de celui-là. Elle présente des faits et invite à une lecture plus approfondie des données. Seule manière de se faire une opinion sur ce phénomène discuté.




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