• ROSE CROIX (23)

    LA ROSE+CROIX

     

    Dans notre société matérialiste du fric-roi où l'aspiration générale vise à acquérir toujours plus de richesses matérielles plutôt que d'enrichir ses connaissances ou sa spiritualité, une fraternité initiatique telle que la Rose+Croix peut apparaître utopique et tout à fait anachronique.

    Aujourd'hui, le culte du dieu-argent et celui du plaisir immédiat, associés aux démons de la vitesse et de la jouissance, semblent l'idéal de vie de la majorité des hommes. Beaucoup de nos contemporains ont depuis belle lurette jeté aux oubliettes l'existence même de leur âme, oubliant du même coup les aspirations spirituelles et la soif d'absolu qu'elle exige.

    La prière, la morale, le respect de la vie, la fraternité, sont des vertus qui font rire.

    Chez les intellectuels, la raison pure, la vérité scientifique, ont force de loi. Les spéculations religieuses ou philosophiques impliquant la transcendance ont été rejetées définitivement.

    Les mathématiques et la physique, sciences nécessaires, ont chassé la métaphysique, connaissance essentielle.

    Pourtant, dans le tréfonds de beaucoup de nos contemporains et surtout de la jeunesse, un fort besoin de spiritualité subsiste, même si dans le contexte ultra-rationaliste qui prévaut, cela prête à sourire, et s'il est malséant d'exprimer publiquement sa foi.

    Pis encore, la plupart du temps, lorsque ce besoin se manifeste, il apparaît sous une forme marchande, dévoyée, abâtardie, confisquée par des charlatans dont le commerce est une véritable escroquerie.

    Mais, voici qu'en marge de notre société libre, démocratique, profane et hédoniste, nous assistons à la montée des intégrismes, excroissances maladives, véritables cancers proliférant au sein des religions traditionnelles, sous une forme excessive, tapageuse, parfois même séditieuse et criminelle.

    Dans ce contexte, les hommes et les femmes intègres qui militent avec foi et abnégation pour une société plus juste sur le plan matériel et plus ouverte sur le plan spirituel, passent souvent pour de doux dingues, des illuminés ou des sectaires marginaux infréquentables par les "bien pensants".

    Parmi ces fraternités philosophiques, qui, en marge des religions officielles, prônent le progrès spirituel, l'altruisme et le partage, en s'appuyant sur une tradition ancienne, il y a la Rose+Croix. Elle aborde les problèmes de la vie matérielle, les rapports entre les hommes, les rapports avec Dieu sans sectarisme ni exclusive. Elle propose à l'adepte un chemin initiatique qui le conduira vers une compréhension des grandes questions métaphysiques - qui se posent un jour ou l'autre à chacun de nous -, sans renoncer à la science.

     

    L'histoire et la légende

    Depuis les Croisades, l'influence de sociétés initiatiques secrètes d'Orient s'étend jusqu'en Occident. A Constantinople (Byzance), où les races et les religions les plus disparates se côtoient, les hermétistes, les alchimistes et les kabbalistes sont très actifs en marge ou au sein même de l'Église. Lorsque l'empire byzantin s'écroule (1453), de nombreux initiés s'intallent en Europe où ils transmettent leur savoir ésotérique à leurs pairs.

    C'est l'époque où des initiés prétendent pouvoir fabriquer de l'or à partir du plomb, créer des homuncules, distiller un élixir de longue vie. Par le mystère des transmutations, certains pensent obtenir l'immortalité au travers de perpétuelles métamorphoses.

    C'est l'époque aussi des soubresauts de la Réforme et de la Contre-Réforme, où il est dangereux d'exposer tout haut certaines idées. Toute déviation, toute transgression du dogme est considérée comme un crime. L'inquisiteur est à l'affût du moindre aveu extorqué sous la torture. Le bourreau prêt à exécuter la sentence. Dans ce contexte, mieux vaut tourner sept fois la langue dans sa bouche, avant d'exprimer des idées originales.

    A travers l'Europe entière, des clercs, des chercheurs, des philosophes, des médecins de différentes obédiences tissent entre eux des liens informels, formant une sorte de société initiatique secrète à l'abri des oreilles indiscrètes. Quelques-uns des plus grands esprits de l'époque semblent avoir adhéré à cette fraternité de grands initiés.

    Celle-ci regroupa à la fin du Moyen-Age, des personnalités aussi diverses que Joachim de Flore, Jacob Bœhme, Coménius, Descartes ou Paracelse.

    Préfiguration de la "Communauté de Mages" fondée par Cornélius Agrippa, qu'illustreront Robert Fludd, Michel Maïer, l'abbé Trithème ou Henri Khunrath, cette fraternité secrète a des ramifications dans tout le monde chrétien et même au-delà.

    Selon Fludd les Frères sont divisés en deux ordres : la plus haute, l'Auraeae crucis fratres abrite les théosophes, les chercheurs en quête d'absolu, qui maîtrisent la théurgie ; la seconde, se compose des Rosae crucis fratres dont les activités se limitent aux choses de ce monde, frères prêcheurs et thaumaturges.

     

    La légende

    Selon une légende bien établie, la Rose+Croix remonterait au XVe siècle, lorsque une fraternité initiatique se serait constituée autour de la personnalité mythique de Christian Rosenkreutz (vers 1420).

    Le personnage que ce nom désigne (en allemand : Croix de Rose), est évidemment purement symbolique. Deux écrits anonymes, parus en 1614 à Cassel, (attribués à Johann Valentin Andreæ) : La Fama Fraternitatis, ou Confrérie du célèbre ordre des Rose-Croix et la Confessio Fratrum Rosae Crucis, accréditent ce conte.

    La Fama comporte une biographie imaginaire de Christian Rosenkreutz. Selon cet écrit, ce sage aurait séjourné à Damas avant de fonder, au Monastère du Saint-Esprit en Allemagne, une fraternité chrétienne dont le but était d'atteindre la science universelle par l'illumination intérieure et la mystique.

    Cent-vingt ans après sa mort présumée, en 1604, on aurait retrouvé son corps intact, entouré de symboles et de devises initiatiques.

    L'histoire ne nous a pas laissé de preuves de l'existence de Christian Rosenkreutz et de son prétendu ordre Rose-Croix. Mais il semble que ces noms personnifient tout un courant ésotérique que Jean-Valentin Andreæ a pris pour modèle de son héros mythique et de sa fraternité idéale.

     

    Des clercs philosophes et utopistes anglais comme Thomas More ou sir Francis Bacon, des philosophes comme Joachim de Flore (dont on a dit qu'il fut le prototype de Rosenkreutz) et son disciple Tommaso Campanella, des médecins tel Paracelse, à la fois naturaliste et alchimiste, ou Robert Fludd, des alchimistes mystiques tel Heinrich Khunrath, dont l'Amphithéâtre de la Sagesse éternelle contient l'image d'une rose portant une effigie humaine les bras en croix, véhiculèrent dans leurs travaux et leurs écrits l'esprit de la philosophie Rose+Croix.

    Les sources historiques

    Dans un manuscrit conservé à Leipzig, Michel Maïer affirme qu'un des "Chapitres" de la Communauté des Mages devint vers 1570, un Ordre des Frères de la Rose-Croix d'Or. En 1598, Simon Stubion crée la Milita Crucifera Evangelica, absorbée au début du siècle suivant par la "Fraternité des Rose-Croix". Il semble que l'origine directe de la Rose-Croix historique date de ce "Chapitre" de Cassel, fondé sous l'égide du comte Maurice de Hesse-Cassel qui comportait une Fraternité officielle et un Collège Invisible.

    Johann Valentin Andreæ, le père fondateur

     

    Au début du XVIIe siècle, la renommée de ce mystérieux et mythique Ordre de la Rose+Croix inspire de nombreux ouvrages dont l'un des premiers et des plus célèbres fut Les Noces chymiques de Christian Rosenkreutz, de Johann Valentin Andreæ, publié en 1616. Les adeptes attribuent généralement la véritable paternité de la philosophie Rose-Croix à cet auteur.

    Petit-fils du célèbre théologien luthérien Jakob Andreæ (1528-1590), Johann Valentin Andreæ (1586-1654), se retrouve orphelin de père à l'âge de 15 ans. En compagnie de sa mère et de ses six frères et sœurs, il quitte Herrensberg, sa ville natale, pour gagner Tübingen, ville universitaire, lorsque, épuisé par une route harrassante, il tombe sous les roues de la voiture qui les transporte et demeure infirme pour la vie.

    Dès l'adolescence, tout en poursuivant des études de théologie au séminaire de Tübingen, qui le conduiront au pastorat de l'église luthérienne, il se passionne pour les sciences exactes, les sciences naturelles, devient un mathématicien hors-pair et maîtrise aussi bien les langues anciennes que les langues modernes.

    En marge de ses études classiques, il s'intéresse également à l'astrologie, à l'alchimie, et généralement à toutes les sciences occultes.

    A 18 ans, il écrit les Noces chymiques de Christian Rosencreutz, un texte étonnant, où il livre sous une forme allégorique son grand projet de réforme du monde.

    Pendant ses années d'études, Andreæ forge son caractère et noue de solides amitiés avec des personnalités tel Christophe Besold ou Wilhelm Wense, qui ont les mêmes préoccupations philosophiques que lui.

    C'est en leur compagnie qu'il produit, polit, façonne, remanie, la philosophie rosicrucienne, dont les trois amis sont, semble-t-il, les pères fondateurs.

    En effet, à la fois généreux et utopiste, Jean-Valentin ne se contente pas du luthérianisme officiel. Il rêve d'un monde plus juste, sans mensonge ni hypocrisie, où toutes les richesses seraient partagées équitablement.

    Un temps il épouse les idées caritatives et mystiques de Johannes Arndt, dont l'évangélisme pur, intègre et intransigeant, le conforte dans ses propres convictions.

    Grand voyageur, c'est en 1611, lors d'un séjour à Genève, que la lecture de l'Imitation de Jésus-Christ, lui révèle le sens réel de sa mission sur terre : "Juvare res christianae", aider la cause du christianisme.

    Amour et solidarité

     

    Sa "Réformation", pamphlet révolutionnaire pour l'époque, sa "Fama", qui pose les premières bases de sa philosophie altruiste sous le couvert de l'histoire mystique de Rosenkreutz, sa Confessio qui ouvre très largement les portes d'une véritable fraternité basée sur l'amour et la solidarité des êtres, sont autant de supports historiques qui confirment la mission évangélique du père fondateur de la Rose+Croix.

    Mais la vie de Jean-Valentin Andreæ n'est qu'une longue succession de désillusions et de trahisons. Profondément déçu par l'accueil glacial réservé à ses textes fondamentaux sur la Rose+Croix, il reniera le mouvement qu'il avait lancé, l'année même où parurent ses Noces chymiques (1616).

    Echaudé par cette Rose-Croix dont personne ne veut et qui finira par se flétrir dès les années 1620, Jean-Valentin imagine une république "christianopolitaine", sorte de nouvelle Jérusalem terrestre, placée sous la protection directe de Dieu.

    Un plan social est même rédigé, avec le concours de Wilhelm Wense, et un opuscule imprimé en 1620, envoyé aux quatre coins de l'Europe.

    La guerre met fin à ce beau rêve utopiste et les amis se dispersent dans la tourmente et le tumulte des tragiques événements. La plupart des exemplaires de ce "plan" sont à jamais perdus. Seul le titre de l'ouvrage demeure : "La main droite tendue de l'Amour chrétien".

    Nullement découragé, Jean-Valentin Andreæ fonde en 1620, une manière de société mutuelle de secours d'ordre local, pour l'aide aux ouvriers, étudiants, malades et pauvres, tout en restant au service de la Haute Mystique, ce qui lui vaudra en 1622, de nouvelles trahisons qui entraînent procès et calomnies.

    Il avoua sur le tard avoir inventé de toutes pièces la légende des Rose+Croix.

    Véritable Don Quichotte de la Vérité et de la Charité chrétienne, Jean-Valentin Andreæ quitte notre monde le 24 juin 1654, quelques mois après son intronisation comme supérieur de l'Abbaye d'Adelbert.

    Curieuse destinée que celle de ce contemplatif qui inventa dans son amour immodéré du Christ et des hommes, une société idéale qu'il fit graviter un temps autour d'un symbole entièrement inventé par lui-même et son cénacle de Tübingen : La Rose+Croix. Mais l'esprit Rose-Croix demeure vivace à travers les siècles et, tel le phénix, renaît périodiquement de ses cendres.

    La fraternité essaime à travers l'Europe

    En ce début du XVIIe siècle, le mouvement hermétique et mystique de la Rose-Croix est très actif à travers toute l'Europe.

    Dans la pratique quotidienne, les Frères sont avant tout enseignants et thaumaturges. Ils soignent (et guérissent) sans contrepartie financière.

    A Londres, des esprits éminents tels Marlowe, Ben Johnson et Shakespeare, que l'on dit flirter avec le mouvement, se réunissent à la Mermaid Tavern, (Taverne de la Sirène) pour échanger des idées et des propos sur la magie opératoire et l'hermétisme.

     

    A Paris, en 1622, un fracassant libelle apparaît, affiché sur les murs :

    «Nous, députés du Collège principal des Frères de la Rose-Croix, faisons séjour visible et invisible en cette ville, par la grâce du Très-Haut, vers lequel se tourne le cœur des Justes. Nous, nous montrons et enseignons sans livres, ni marques, à parler toutes sortes de langues des pays où nous voulons être, pour tirer les hommes, nos semblables, d'erreur de mort.»

    En apparaissant au grand jour, la Fraternité Rose-Croix, société jusque là fermée et très élitiste, entre dans les controverses et perd de son influence. La plupart de ses membres se fondent dans les sociétés franc-maçonnes qui, d'opératives, deviennent spéculatives et admettent désormais en leur loges des "membres acceptés".

    Dans la seconde partie du siècle, la fraternité primitive de la Rose-Croix semble disparaître, absorbée corps et biens par la Maçonnerie. Mais le Collège Invisible subsiste, les Frères retournant aux sources de l'anonymat et du secret.

    Si le mariage de la Rose-Croix et de la Maçonnerie fut une réalité incontestable, il semble que cette union profita davantage à la maçonnerie.

    Si, au début, de grands adeptes tels Irénée Philalèthe, Elis Ashmole ou les frères Vaughan assurent la prééminence en Angleterre de l'esprit de la fraternité sur celui de la maçonnerie, l'union entraîne peu à peu l'effacement du véritable esprit rosicrucien.

     

    Lors de l'explosion de la Franc-Maçonnerie en plusieurs sociétés aux obédiences distinctes, la plupart d'entre elles gardent le symbole Rose-Croix pour qualifier leurs hauts grades, ce qui n'est assurément pas le fait du hasard.

    Une légende prétend que les "vrais" Rose-Croix se sont retirés en Orient, trouvant refuge dans le mystérieux royaume souterrain d'Agartha.

    L'héritage

    L'idéal utopique et sublime de la Rose-Croix de Jean-Valentin Andreæ ne disparaît pas définitivement avec la mort de son auteur. Au contraire.

    En 1710 paraît un ouvrage de Samuel Richter, pasteur luthérien, (nom d'initié: Sincerus Renatus). Cet écrit énumère en 52 articles la déontologie de la Rose-Croix et sa structure.

    Quatre ans plus tard, en 1714, Richter crée la Fraternité de la Rose-Croix d'Or, à prédominance alchimique, qui s'unira en 1777 à Berlin, avec une loge maçonnique, devenant la Société de la Rose-Croix d'Or.

    Un siècle et demi après son éclosion, la Rose-Croix n'apparaît plus comme un collège de chercheurs théosophes "invisibles" égaux entre eux, mais comme une société secrète, fortement hiérarchisée, à vocation souvent politique. Quelques surgeons conservant l'idéal de la philosophie hermétique primitive apparaissent ici et là, au cours du XVIIe et du XVIIIe siècles.

    La renaissance

    Vers 1780, des loges initiatiques gravitant autour de la franc-maçonnerie se recommandent de la Rose-Croix, sans filiation directe avec l'antique fraternité rosicrucienne de Jean-Valentin Andreæ et de ses disciples.

     

    Exemples les plus connus : l'Ordre des Chevaliers Elus-Cohens fondé par Martinez de Pasqually et Dom Antoine Joseph Pernety (1716-1802), moine bénédictin en coquetterie avec l'Église, personnage haut en couleur qui accompagne Bougainville aux Iles Malouines avant de créer la loge para-maçonnique et hermétiste des "Illuminés d'Avignon" à laquelle s'intéresse Swedenborg.

    La fin du XIXe et le début du XXe siècle connaissent une foisonnante renaissance rosicrucienne. Des ésotéristes de toute origine se prétendent détenteurs des arcanes de la véritable Rose-Croix.

    Vers 1865, à Londres, notons la naissance de la Societas Rosicrusiana in Anglia (elle existe toujours), dont le premier "Imperator" fut Edward Bulwer Lytton, diplomate et écrivain, auteur du roman à succès Les Derniers jours de Pompéï. Lytton fut par ailleurs le mécène du mage français Eliphas Lévi.

    Puis il y eut la flamboyante Golden Dawn, qui sombra corps et biens au début du XXe siècle, avec ici et là quelques pâles résurgences.

    Elle compta des membres éminents tels Samuel Liddel Mathers et son épouse, Moïra Bergson (la sœur du philosophe), le poète irlandais William Butler Yeats (futur prix Nobel), Maud Gonne, pasionaria nationaliste irlandaise (mère de Jean-Marc Bride, homme politique), l'astronome William Peck, les écrivains Arthur Machen, Bram Stocker et Sax Rohmer, amateurs de "fantastique", Edita Montès, comtesse de Landsfeld, fille bâtarde de Lola Montès et de Louis II de Bavière, Florence Farr, maîtresse de Bernard Shaw, sans compter le sulfureux Aleister Crowley qui créa une Golden Dawn dissidente.

    Parallèlement fleurit l'Hermetic Brotherhood of Louxor qui subsiste encore de nos jours.

    En France, une véritable "Guerre des Deux Roses" oppose des personnalités hors du commun comme Stanislas de Guaïta et Joséphin Péladan.

     

    En 1889, après s'être séparé de l'Ordre Martiniste, à la création duquel il contribua, Stanislas de Guaïta (1861-1897), un occultiste disciple de Fabre d'Olivet et d'Eliphas Lévi, ami de Papus, de Sédir, de Maurice Barrès, fonde l'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix, en compagnie de Joséphin (Sar) Péladan.

    En cette fin de siècle, des querelles homériques opposent les occultistes de diverses obédiences, et cette "guerre des mages" faillit se terminer en tragédie. Huysmans accuse Guaïta de l'avoir envoûté et d'avoir fait périr son maître, le sulfureux abbé Boullan (voir encadré), par des manœuvres occultes.

    La résurrection

     

    Entre 1880 et 1920, de nombreux écrivains et artistes européens s'initient à la Rose-Croix : Marc Haven, Paul Sédir, Papus (Dr Gérard Encausse), Élemir Bourges et le délicat poète Saint-Pol Roux.

    En Europe, deux autres poètes se recommandent de la Rose-Croix : Rainer-Maria Rilke et OV. de Lubicz Milosz qui fut un des rares initiés véritables du XXe siècle.

    Sa connaissance, il la tenait des kabbalistes baltes de sa lignée maternelle et des rois-prêtres de Lusace dont il se disait le descendant par son père.

    D'autres sociétés rosicruciennes apparurent ici et là, s'affirmant héritières de la Rose+Croix initiatique occulte primitive, mais il serait trop long de les citer toutes.

    Tant en France qu'en Angleterre, aux Etats-Unis ou en Allemagne, elles n'ont pu démontrer une filiation directe avec la Rose+Croix antique traditionnelle. Certaines d'entre elles subsistent aujourd'hui encore.

    La plus importante, l'AMORC (Antiquus Mysticus Ordo Rosae Crucis), fondée à New-York en 1909, a son siège à San José (Californie) et comptait à la fin du XXe siècle quelque 200.000 membres dans le monde, dont près de 15.000 en France.

    Spencer Lewis

     

    Né en 1883 à Frenchtown dans le New-Jersey, Harvey Spencer Lewis fut élevé dans les écoles méthodistes de la ville de New-York.

    Très jeune, il s'intéressa au mysticisme et fut irrésistiblement attiré, on pourrait dire "fasciné", par la Rose-Croix.

    Lewis s'intéressait à tous les domaines de la connaissance. Esprit universel, il se passionnait autant pour les religions, les sciences, les arts que pour la photographie, le cinéma naissant, la radio et le journalisme.

    En 1909, Harvey Spencer Lewis se rendit en Europe, pour étudier sur place la philosophie des différents mouvements qui se recommandaient de la Rose-Croix.

    Dans une brochure intitulée "Voyage d'un pélerin vers l'Est", il décrit sa quête parsemée d'embûches sur les traces d'une filiation authentique.

    Spencer Lewis y raconte les circonstances de sa rencontre et de son adoption par les "Frères Aînés".

    Cela débute à Paris, où il s'était mis en quête de retrouver une fraternité Rose-Croix authentique. Il y fit la connaissance d'un initié qui, séduit par sa soif de connaissance et son zèle, lui indiqua un point de ralliement dans le Sud-Ouest de la France, piste qui le conduisit jusqu'à Toulouse.

    Le très romanesque récit de la rencontre de Lewis avec un vénérable vieillard dans une vieille tour toulousaine n'est confirmé par aucun témoin.

    Toujours est-il, que, selon le narrateur, il fut initié Rose-Croix par les Frères dans le grand Temple de l'Ordre, situé près des ruines de la vieille cité romaine de Tolosa.

    «C'est cette même nuit que je fus initié dans l'ordre de la Rose-Croix. Mon "passage du seuil" eut lieu dans cette salle vénérable. J'y pris mes engagements solennels, je reçus la grande bénédiction et je devins un frater de l'Ordre au moment où minuit sonnait à la tour de cette demeure secrète.

    J'avais trouvé la lumière. La Rose-Croix m'avait accepté et mon âme avait tressailli du souffle de l'illumination...»

    (...) «Le jour de mon départ de Toulouse, plusieurs documents de la plus haute importance me furent remis. Ils m'investissaient de l'insigne responsabilité de perpétuer les activités de l'Ordre à partir de l'Amérique.»

    (...) «Voici les dernières instructions que me remit le très vénérable grand maître de France, M. L... : (...) "les maîtres du monde seront heureux de pourvoir à vos besoins si cela s'avère nécessaire, et si l'œuvre de notre Ordre est fidèlement accomplie, la paix profonde sera partagée par un nombre sans cesse plus grand d'hommes de bonne volonté dans votre pays et dans le monde".»

    Bien des personnes, dans les milieux "autorisés" en ésotérisme ont mis en doute cette initiation "fabuleuse" et reprochent à Spencer Lewis de s'être intronisé lui-même, sans avoir été initié par une Fraternité authentiquement reliée aux origines de la Rose-Croix.

    Voici, à ce sujet, l'opinion d'un frère :

    «Cette "féerie" des débuts de l'AMORC ne trouble pas les Rose-Croix qui considèrent que la véritable filiation rosicrucienne ne saurait exclure la "filiation du désir", sans doute la plus authentique pour un adepte.

    D'ailleurs, l'œuvre immense de Lewis et sa contribution à la compréhension mystique du monde qui nous entoure, témoignent suffisamment de l'authenticité de sa foi et justifient amplement le mystère des débuts de sa croisade spirituelle.

    Aussi, compte tenu de l'ardent désir qui poussa ce chercheur sincère à retrouver les origines des pères fondateurs, nul ne peut lui contester son appartenance à la tradition Rose-Croix.

    Son enthousiasme pour l'idéal de l'Ordre et son intégrité envers ceux qu'il était chargé de guider, lui permirent de redonner un intérêt et une dimension nouvelle au mouvement rosicrucien à travers le monde. Il sut adapter l'enseignement ésotérique traditionnel, souvent trop hermétique, pour le rendre accessible à tous ceux qui aspirent à étudier, comprendre et mettre en pratique les grandes lois mystiques qui gouvernent la vie de l'univers tout entier.»

    L'AMORC

     

    La tradition de l'AMORC fait remonter les origines de la Rose-Croix aux pharaons mystiques et aux écoles de mystères de l'ancienne Égypte (tradition contestée par la plupart des historiens).

    Le bulletin Maîtrise de la Vie publié par l'AMORC précise :

    "Ce fut le pharaon Thoutmôsis III (1504 à 1447 avant J.C.) qui regroupa les Initiés en une fraternité unique, connue sous le nom de «Grande Fraternité Blanche», dont l'AMORC perpétue de nos jours les règles et les fondements.

    Selon l'AMORC, les Vénérables des principales obédiences de la Rose-Croix européenne décidèrent d'appliquer au monde entier la méthode d'enseignement adoptée par l'Ordre aux Etats-Unis.

    C'est ainsi que l'AMORC devint le dépositaire unique de la Tradition rosicrucienne dans tous les pays où il pouvait exercer librement ses activités."

    Rappelons qu'à la même époque, Max Heindel (1865-1919) créa l'Association rosicrucienne, affirmant qu'il avait été "missionné" par ces "Frères Aînés" ou "Supérieurs Inconnus" auteurs de la Fama et de la Confessio. L'astrologie et le développement des facultés de guérison spirituelle sont les bases de l'enseignement de Max Heindel et de ses successeurs qui se disent guidés par une hiérarchie d'entités invisibles.

    Fondé en 1909 par Spencer Lewis, et confirmé en 1915, l'AMORC (Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix) se développe rapidement aux Etats-Unis, avant d'essaimer dans le monde entier.

    Lewis dirige l'Ordre jusqu'à sa mort, en 1939, date à laquelle son fils, Ralph Maxwell lui succède en tant qu'Imperator, poursuivant sa mission durant 48 ans.

     

    Ralph-Maxwell Lewis conforte et enrichit l'œuvre de son père, conduisant l'ordre au tout premier rang des "Fraternités spirituelles" mondiales, mouvements que leurs détracteurs nomment plus volontiers des "sectes".

    Ce fils, à la fois spirituel et de sang du fondateur de l'AMORC, fut considéré par tous les adeptes de la fraternité comme le digne continuateur de son père.

    La Grande Loge française, qui étend son autorité sur tous les pays francophones, prospéra, établissant d'abord son siège à Villeneuve-Saint-Georges dans la banlieue parisienne jusqu'en 1970, puis au château d'Omonville, au Tremblay (Eure).

    Son activité principale consiste en un enseignement par correspondance. Chaque adepte reçoit des cours qui lui permettent chez lui, dans un sanctuum isolé du monde profane, de se livrer à des méditations, à des exercices spirituels lui facilitant l'approche de la divinité par l'illumination intérieure.

     

    Voici ce que dit la brochure Maîtrise de la Vie à propos de cet enseignement :

    "Les monographies de l'Ordre ne véhiculent pas un savoir limité à des théories ou des dogmes purement spéculatifs. Les enseignements transmis ont au contraire un caractère très pratique et sont conçus de telle manière que l'on puisse les utiliser pour agir concrètement sur le devenir de sa propre existence. (...) Le but du Rosicrucianisme est d'abord et avant tout d'apporter le bonheur à ceux qui l'appliquent dans leur vie. (...)

    Les enseignements de l'AMORC véhiculent une connaissance mystique mais pragmatique, dont le but essentiel est de permettre à l'homme de se prouver à lui-même que la pensée, lorsqu'elle est bien appliquée, est capable de maîtriser la matière."

    Ces cahiers d'initiation permettent aussi à l'adepte de se former, d'acquérir les connaissances qui lui feront de gravir pas à pas les échelons d'une hiérarchie spirituelle assez complexe. Cet ensei-gnement cyclique permet à l'adepte, tour à tour initiateur et initié, d'accéder aux plus hautes connaissances métaphysiques.

    A travers le monde, beaucoup de gens connus ont bénéficié de l'enseignement rosicrucien. Des hauts fonctionnaires, des grands commis de l'Etat, des ministres, voire des chefs d'Etat ne cachent pas leur appartenance à la Fraternité Rose-Croix et l'aide qu'il y ont trouvé.

    Le Schisme

     

    La mort de Ralph-Maxwell Lewis (12 janvier 1987), entraîna une courte période de flottement au sein de l'Ordre pour la nomination de son successeur.

    Christian Bernard, grand-maître de la Loge française, fut élu nouvel Imperator. Quelques adeptes de l'Ordre, souvent haut placés dans la hiérarchie, contestèrent la nouvelle orientation de la Fraternité. Ne se voyant pas entendus, ils se démirent de leurs responsabilités et furent radiés, ce qui entraîna un schisme au sein du mouvement rosicrucien.

    Le SETI, (Sauvagarde des Enseignements Traditionnels et Initiatiques) allait naître de cette fracture.

    Le message du Seti

    «Aider, servir et aimer les autres, tous les autres, pas seulement ceux qui sont appelés "Frères" parce qu'ils partagent les mêmes convictions, les mêmes lieux ou les mêmes gourous, voilà l'enseignement Rose-Croix du SETI.

    En 1931 déjà, Harvey Spencer Lewis prévoyait que sans doute plus tard, «le travail de l'Ordre serait poursuivi par des centaines d'autres organisations et qu'il était possible que le mouvement rosicrucien en tant qu'entité, cessât de fonctionner.

    La connaissance donne comme unique droit à ceux qui la détiennent, le devoir de la mettre au service de tous les hommes.

    Ceux qui détiennent la connaissance doivent aspirer à changer le monde. Mais ce but utopique, ambitieux, impossible, n'est-il pas déjà en partie atteint par tous ceux qui travaillent sincèrement à se changer eux-mêmes ?

    Le but du Rose-Croix est de changer le monde en commençant par se changer soi-même.

    Porteur d'un idéal de générosité et de joie, rayonnant de bonheur et de conviction, le Rose-Croix veut par son enthousiasme sincère, sa foi inébranlable, servir de lumineux exemple pour autrui.

    C'est par la contagion des valeurs nobles et élevées dont ils sont porteurs que les adeptes vaincront l'épidémie d'égoïsme et de mensonge dont le monde est aujourd'hui malade.»

    DOCUMENTS ANNEXES

     

    Qu'est-ce que la Rose+Croix ?

    "En occultisme, la Rose+Croix est "le symbole de l'amour et de la connaissance, la symbiose de la sagesse et de l'illumination conquises et offertes par l'épreuve initiatique, à travers la renaissance spirituelle."

    René Guénon

    "Le but principal de la confrérie Rose-Croix est d'opérer l'union de la Science et de la Religion."

    Alphonse Milliet

    "Si les Rose-Croix étaient des imposteurs, il n'est pas juste de les laisser jouir d'une réputation mal acquise aux dépens de la bonne foi des peuples.
    S'ils apportaient quelque chose de nouveau dans le monde, qui valût la peine d'être sû, il aurait été malhonnête de vouloir mépriser toutes les sciences parmi lesquelles s'en pourrait trouver une, dont [j'aurais ignoré] les fondements."

    Descartes

     

    "L'âme qui anime le corps tend à s'élever ainsi que la flamme vers les hautes régions de l'air. C'est là son instinct et son bonheur. Or, comment se fait-il que nous éprouvions une si grande fatigue lorsque nous gravissons une montagne ? C'est que le corps matériel, dont l'essence est de tendre, tout au rebours de l'âme, vers le centre de la terre, l'emporte de beaucoup par sa masse sur l'étincelle qui nous anime. Il faut que l'âme réunisse toutes ses forces pour s'élever avec elle et faire obéir à son impulsion la lourde masse du corps qui l'enchaîne."

    Robert Fludd

     

    Été

    Être pour quelques jours le contemporain des roses;
    Respirer ce qui flotte autour de leurs âmes écloses.
    Faire de chacune qui se meurt une confidente,
    Et survivre à cette sœur en d'autres roses absentes
    Rainer-Maria Rilke

     

    Le sulfureux Abbé Boullan

     

    Joseph-Antoine Boullan naquit le 18 février 1824, à Saint-Porquier (Tarn et Garonne). Il mourut frappé d'apoplexie à Lyon, le 4 janvier 1893. Huysmans, affirma que ce fut une meurtre psychique manigancé par des manœuvres occultes des Rose-Croix parisiens sous la conduite de Stanislas de Guaïta.

    Ordonné prêtre en 1848, l'abbé Boullan, bouleversé par les apparitions de La Salette, devant lesquels l'Église officielle demeura longtemps dubitative et prudente, devint un ardent défenseur du miracle.

    Pour suppléer aux hésitations de la hiérarchie de l'Église, l'abbé Boullan fonda son propre ordre mariste de "réparation", en compagnie de deux autres prêtres et d'Adèle Chevalier, une religieuse qu'il avait séduite et à qui il fit un enfant.

    Neuf personnes en tout assistent l'abbé dans son œuvre réparatrice et s'installent à Sèvres, où un couvent est ouvert grâce à l'autorisation provisoire de Mgr Mabille, évêque de Versailles.

    Mais d'étranges pratiques très peu orthodoxes ont lieu au sein de la nouvelle congrégation que fréquentent des notables du Tout Paris littéraire et artistique.

    Certains prétendent même "qu'il s'y déroule des messes noires, que des religieuses avortent, qu'au cours de cérémonies secrètes parodiant la sainte messe, on administre aux fidèles des hosties consacrées imprégnées de matière fécale, et qu'une tisane à base d'urine tient lieu de vin de messe".

    Inquiet de ces rumeurs qui courent la ville, l'évêque retire son autorisation et l'abbé Boullan va fonder un autre couvent à Triel.

    Là, les pratiques "magiques" sexuelles se doublent d'abus de confiance et d'escroqueries. L'abbé est condamné à trois ans d'incarcération. Dès sa sortie de prison, il se rend à Rome où le Pape Pie IX l'absout, sans le réhabiliter, et, se ravisant à la vue des documents reçus de France, l'emprisonne dans les locaux pontificaux.

    Libéré par les Piémontais qui prennent Rome, (1870) l'abbé Boullan regagne la France où il est "interdit" par les autorités épiscopales.

    Acclamé par ses amis, l'abbé s'insurge et poursuit ses pratiques occultes en marge de l'Église, allant jusqu'à la provoquer. Sa technique de rachat de l'âme au moyen de pratiques spirituelles entremêlées de sexualité lui valent un certain succès mondain.

    Dans les années 80, il entre en correspondance avec Pierre-Eugène Vintras, un ouvrier-cartonnier normand illuminé qui se disait intronisé par l'archange saint Michel et prétendait réincarner le prophète Élie, "afin de préparer le règne imminent du Saint-Esprit".

    Inventeur des "messes blanches de Melchisédeq", à forte connotation sexuelle, Vintras séduit l'abbé Boullan. En 1875, à la mort du mage normand, l'abbé Boullan s'intronise son successeur sous le nom de Dr Johannès. Au rituel original institué par Vintras, le Dr Johannès ajoutera sa touche personnelle de fornications rituelles pompeusement appelées "les Unions de Vie".

    C'est à cette époque qu'il devient l'ami et le maître à penser de J.K. Huysmans (auteur du sulfureux roman à clés Là-Bas) et entre en guerre avec les Rose-Croix réunis autour de Stanislas de Guaïta et d'Oswald Wirth.

     

    Témoignage:

    La publication entre 1614 et 1615 des trois manifestes de la fraternité de la Rose-Croix, en allemand, latin et italien, La Confessio Fratrum Rosae Crucis et la Fama Fraternitatis Rosae Crucis, fut l'amorce d'une des plus étranges sociétés secrètes dont le programme ambitieux fut tout simplement la connaissance universelle !

    La confrérie primitive de la Rose-Croix n'eut jamais d'existence sociale.

    Fulcanelli, l'initié suprême, affirme que "les adeptes porteurs du titre, sont uniquement frères par la connaissance et par le succès de leurs travaux. Aucun serment ne les engage, aucun statut ne les lie entre eux. Le libre-arbitre des compagnons de la Rose-Croix n'est influencé par aucune autre règle que la discipline hermétique librement acceptée et volontairement observée."

    Les véritables compagnons de la Rose-Croix furent et sont encore en quête d'absolu, des chercheurs isolés dépositaires de l'antique sagesse, des initiés cosmopolites dispersés à travers le monde, qui se reconnaissent d'instinct et se cooptent par l'esprit. Rien à voir avec les marchands qui foisonnent et bafouent les nobles principes de la Rose-Croix.

    Comme les adeptes ne reconnaissent aucun degré hiérarchique, il s'ensuit que la Rose-Croix n'est pas un grade, - ce qu'elle est dans la Franc-Maçonnerie - mais la seule consécration de leurs travaux secrets, celle de l'expérience, lumière positive dont une foi vive leur a révélé l'existence... Il n'y eut jamais entre les possesseurs du titre, d'autre lien que celui de la vérité scientifique confirmée par l'acquisition de la pierre philosophale.

    Si les Rose-Croix sont frères par la découverte, le travail et la science, frères par les actes et les œuvres, c'est à la manière du concept philosophique qui considère tous les individus comme membres de la même famille humaine. Voilà ce qui devait être dit face au foisonnement d'associations rosicruciennes totalement bidon, n'ayant rien à voir avec le véritable esprit Rose+Croix.

    Jean Sergent

     

    Pour en savoir plus :

     

     

    Bibliographie

    • AMORC : La Maîtrise de la Vie, Documentation éditée sous l'égide de l'Ancien et mystique ordre de la Rose-Croix, Omonville 27110 Le Tremblay
    • Arnold (P) : Histoire des Rose-Croix et les origines de la franc-maçonnerie. (Mercure de France, 1955).
    • Duchaussoy (J) : Mystère et Mission des Rose-Croix (Retz, 1978).
    • Faligot (Roger) et Kauffer (Rémi) : Le Marché du Diable, Fayard 1995.
    • Heindel (Max) : Cosmogonie des Rose-Croix, (Editions JEP, 1959).
    • Hutin (Serge) : Histoire des Rose-Croix (Nizet 1955).
    • Lewis (H.S.) : Manuel Rosicrucien (Ed. rosicruciennes 1979).
    • Marquès Rivière (Jean) : Histoire des doctrines ésotériques.
    • Masson (Hervé) : Dictionnaire de l'occultisme, de l'ésotérisme et des arts divinatoires, Sand/Godefroy
    • Sède (Gérard de) : Mystères de la Franc-Maçonnerie et de la Rose+Croix, 1977).
    • Sélection du Reader's Digest : L'Europe des Sociétés secrètes, 1999).
    • Sédir : Les Rose-Croix (Amitiés spirituelles, 1964).
    • Montloin (P.) & Bayard (J.P.) Les Rose-Croix. Editions de Paris.

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