• ROBERT CHARROUX

    Robert Charroux


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        HISTOIRE INCONNUE DES HOMMES
    Robert Charroux
    Histoire INCONNUE
    DES HOMMES depuis cent mille ans
    CE LIVRE EST DÉDIÉ
    Au premier homme qui, venant d'une planète, assolait jadis sur la Terre... A l'Homme
    de Tiahuanaco qui s'appelait aussi Prométhée et Lucifer...
    Au Poitevin qui grava les dalles de Lussac-lesChâteaux...
    Au Glozelien écrivain du Message de Glozel...
    Et au premier homme de nos temps qui, s'évadant de la Terre, assolira vivant sur
    une autre planète.
    Il choisit pour nom de plume le nom du village de Charroux. Son départ des PTT en
    1943 est précédé par la publication de sa première nouvelle sous le nom de
    Charroux en 1942. Il est attaché à sa région, et est également connu sous un autre
    pseudonyme, emprunté à un autre village de Vienne : Saint-Saviol. Il publie huit
    ouvrages de fiction entre 1942 et 1946.
    Charroux devient son pseudonyme de prédilection à partir de 1962. Il refuse la
    routine et prend part à diverses activités : il fonde notamment le Club international
    des chercheurs de trésors, dont il devient le Président, secondé par son épouse
    Yvette.
    Les thèmes récurrents de l'oeuvre de Robert Charroux abordent l'ufologie et ce que
    l'on appelle le néo-évhémérisme, néologisme mieux connu sous le nom de la théorie
    pseudo-scientifique des Anciens Astronautes, très controversée par les archéologues
    et les historiens. Cette théorie fut reprise (et peut-être en partie plagiée) par Erich
    von Däniken 2.
    En outre, Charroux est aussi populaire chez les chasseurs de trésors.
    Robert Laffont, Paris 1963
    ISBN 2-7242-8325-2
    A Garcia Beltran,
    A Philippe Bernert,
    A Charles Carrega,
    A Gérard Heym.
    Sans les révélations de la Puerta del Sol, de la Bibliothèque Préhistorique de
    Lussac-les-Châteaux, et de Glozel, Histoire inconnue des Hommes aurait manqué
    d'éléments essentiels.
    Sans mes amis Garcia Beltran, Philippe Bernert, Charles Carrega et Gérard
    Heym qui m'ont apporté une excellente documentation et leurs encouragements,
    mes efforts auraient été vains.
    je les remercie de leur précieuse collaboration et je remercie aussi, pour des
    raisons identiques, d'autres amis qui doivent avoir leurs noms ici: Roger Delorme,
    l'ingénieur Émile Drouet, jeanAlbert Foëx, le docteur André Guillard, Serge Hutin, le
    docteur Marcel Lapipe (in memoriam), W. Losensky-Philet, en les priant de me
    pardonner si mes vues sur certains sujets, et notamment en préhistoire, heurtent
    quelque peu leurs sentiments personnels.
    R. C.
    AVANT-PROPOS
    Il n'est rien de caché qui ne sera révélé; rien
    de secret qui ne sera connu. Les Évangiles.
    Des secrets, qui auraient pu préci ' piter l'évolution de l'humanité, ont été tenus
    cachés pendant des millénaires, dans la crainte que leur révélation ne provoquât un
    cataclysme.
    Ces secrets étaient détenus par des hommes de grande
    sagesse, dans des sanctuaires dont personne - ou presque -
    ne connaissait la destination véritable.
    Pendant dix mille ans, cent mille ans ou davantage, les Livres du Secret dormirent
    d'un sommeil immense et rassurant.
    Il était nécessaire pour le bonheur de l'humanité que nul
    ne pât les lire.
    Histoire inconnue des Hommes, en s'appuyant sur des documents et des
    découvertes, va solliciter la révélation d'un passé dont les hommes n'ont plus la
    souvenance.
    Nous n'avons pas l'ambition de substituer à l'histoire des quatre millénaires
    connus une autre relation des ' faits, mais de révéler, sousforme de reportage,
    l'essentiel des phénomènes inexplicables qui ont été observés autrefois.
    Nous en avons les preuves: des ' fusées sidérales ont sillonné le ciel, il y a des
    millions d'années; des bombes atomiques ont détruit une ou plusieurs civilisations ;
    des extraterrestres ont laissé le témoignage de leur passage sur plusieurs points du
    ,globe; Moïse connaissait le rayon de la mort et les explosifs; Salomon utilisa les
    parafoudres; un homme s Déclarait à l'électricité sous Saint Louis; un avion vola
    sous Jean V de Portugal des sociétés secrètes ont forgé le destin des hommes.
    D'autres conjurations travaillent dans l'ombre à leur
    avènement.
    il ,y a cinquan te ans, les alchimistes taisaient le secret de la fabrication de l'or:
    aujourd'hui, les physiciensfabriquent des' puddings de diamants dans les terres
    atomisées du Nevada et de l'or de transmutation dans les fours nucléaires
    d'URSS.
    Depuis 1940, une nouvelle ère est commences, avec une nouvelle science
    thaumaturgique et un Dieu nouveau que traquent déjà les microscopes dans
    l'infiniment petit et les..fusées spatiales dans l'infiniment grand. Ce qui paraissait vrai
    pour les hommes de 1939, se révèle désormais contestable ou dépassé.
    Les hommes sont de moins en moins fixés sur les événements de la genèse, sur
    la définition de l'homo sapiens; la notion de Temps s'étire et se contracte sans.jamais
    se limiter.
    La science et les spéculations philosophiques interférent de plus en plus dans un
    univers qui devient démentiel. Une seule certitude en ce délire : avec leurs règles
    fausses et leurs compas truqués, les savants ont trouvé le feu infernal !
    Désormais, la science des hommes atteint le volume critique et menace de les
    replonger dans le cataclysme qu'ont
    connu leurs aïeux.
    Les temps sont arrivés.
    Il n,y a plus de nécessité de secret. Tout peut être dit Avant lagrande peur de l'an
    deux mille, le Pape " trahit " des secrets de la Bibliothèque Vaticane; le sultan du
    Maroc autorise l'accès aux Livres Sacrés de Fez; les Gitans affirment que l'heure de
    vérité a sonné; les quipocamayos incas traduisent le langage de leurs mystérieuses
    cordelettes; les Bibliothèques Secrètes s'ouvrent; les Alchimistes éteignent leurs
    athanors et des Inconnus supérieurs entament avec les savants une lutte dont la
    survie du globe est l'enjeu.
    Alors, jaillit des temps obscurs un message pathétique.
    Histoire inconnue des Hommes, reliant le passé inconnu
    au présent fantastique, se propose d'expliquer ce message et fendent d'ouvrir
    certaines portes interdites, ces portes qui dé
    des trésors cachés depuis des millénaires par des ancêtres dont nous
    ignorionsjusqu'à l'existence.
    Découvertes
    Les connaissances humaines, celles même qui paraissaient hier les plus
    évidentes, se révèlent aujourd'hui douteuses. Elles sont souvent bouleversées par
    les savants, qui proclament faux l'univers et périmées certaines lois.
    Fausses, la physique, la chimie, la philosophie, les mathématiques. La ligne
    droite a cessé d'être le plus court chemin d'un point à un autre, le postulatum
    d'Euclide est dépassé, la table de multiplication et même la rotondité de
    la Terre 2 ont été réputées inexactes.
    La préhistoire est un tissu d'erreurs. L'homme ne descend pas du singe. Les
    ères géologiques ne sont que des
    hypothèses de travail.
    La pesanteur est désormais battue en brèche par l'agravitation. Le temps,
    l'espace, l'atome échappent à notre mesure. La science tout entière n'est peut-être
    qu'une réinvention de découvertes déjà faites il y a des milliers d'années, par des
    ancêtres qui n'avaient rien de commun avec les hommes des cavernes.
    1. Depuis 1962, dans les écoles de Belgique, on apprend aux élèves - les
    réalités des mathématiques plutôt que de les fourvoyer dans les postulats d'Euclide
    devenus insuffisants, et de réserver comme on le faisait jadis, aux seuls étudiants
    des Facultés, l'enseignement de la vraie science ".
    2. Les photos prises par plusieurs fusées Discoverer américaines donnent une
    image inattendue de la Terre : elle est en forme de poire renflée à l'équateur, moins
    renflée au pôle Nord, en renflement pointu vers le pôle Sud. Les anornalies orbitales
    de Vanguard 1 avaient déjà donné des indications en ce sens.
    13
    Attenfion au feu
    Tout nous incite à explorer le passé fantastique qui veut resurgir à l'heure où les
    savants atomistes nous conduisent à l'arène pour la " Hora de verdad ", l'Heure de
    Vérité.
    Les révélations jaillissent dans le monde entier, au hasard de découvertes
    providentielles, en Amérique, en France, en Asie, si miraculeuses qu'elles paraissent
    incroyables et nous obligent à réexaminer ce qui nous touche le plus: la genèse et le
    destin de l'homme.
    La thèse que nous présentons peut se résumer ainsi: une civilisation très
    ancienne a précédé la nôtre. Cette civilisation, après avoir connu la radio, la
    télévision, la fusée sidérale, la bombe H, a disparu dans une catastrophe atomique.
    Avant de mourir, sachant que des survivants, que des rescapés, après un long et
    pénible cheminement, continueraient l'aventure humaine, nos ancêtres ont légué un
    message destiné à préserver les générations futures de leur funeste expérience -
    attention à la science. Attention au
    feu.
    11 est impossible que cette mise en garde ne soit pas l'ex-pression de la
    vérité.
    A l'heure où l'homme va chercher l'aventure vers les planètes du Cosmos, à
    l'heure où se fabriquent les armes qui peuvent anéantir la vie terrestre, il est
    important, il est indispensable d'étudier la signification profonde de ce
    message.
    La Bible nous apporte, dès les premières lignes, des révé-lations sur la
    genèse :
    - évolution de la Terre selon les strictes données de la
    géologie moderne;
    - l'homme a déchu pour avoir connu la science.
    Comment peut-on expliquer que mille ans avant le Christ des hommes aient pu
    connaître le processus des ères géologiques et de la création de la nature, des
    minéraux aux plantes, et des plantes aux animaux ?
    Et comment ces hommes auraient-ils pu savoir que Science veut dire péril de
    mort, ce qui ne fait plus de doute pour nous ?
    Les textes disent: ces connaissances ont été révélées par
    Dieu.
    Pour ceux qui croient en un Dieu qui parle, tonne, récompense et punit,
    l'explication est suffisante.
    Pour les autres, pour ceux qui conçoivent un Dieu plus universel et pour ceux qui
    ne conçoivent rien, il faut une explication rationnelle, acceptable pour l'électricien qui
    a succédé au fabricant de bougies, pour l'électronicien qui descend de l'antique
    horloger, pour le cosmonaute, qui a pris la succession du chevalier errant.
    Alors, une question se pose - qui a révélé ces secrets ?
    Si ce n'est Dieu, il s'agit d'un Initiateur ou d'une expérience
    collective.
    inconnus, lointains des hommes dont nous ne soupçonnions même pas
    l'existence nous indiquent le chemin qui évite le précipice. Les morts protègent les
    vivants.
    La Bible n'est pas le seul livre: les Avestas, les Vedas, la plupart des textes
    sacrés et les légendes traditionnelles abondent aussi en messages incompris qui
    semblent attester l'existence, il y a des milliers ou des millions d'années, de
    civilisations humaines, terrestres ou extraterrestres, qui avaient acquis une science
    technique et des pouvoirs qu'il
    nous reste à égaler.
    Les témoignages - constructions architecturales, monuments, livres - n'ont pu
    résister au temps, mais les hommes se sont ingéniés à en assurer la survie,
    restaurant ce qui menaçait ruine, remettant ici une pierre, là un lambeau
    de phrase illisible.
    Une grande partie du legs s'est effritée. Ce qui subsiste a souvent perdu son
    caractère originel, son sens de message et souvent aussi l'humanité paresseuse
    s'effarouche et refuse d'admettre une vérité surprenante.
    Pourtant cette vérité jaillit pour notre sauvegarde, et pour prouver l'authenticité
    des civilisations disparues.
    Certains savants n'avancent plus l'existence de ces civüisations comme une
    hypothèse, mais comme une certitude. Nous avons établi le répertoire des preuves,
    indices, décou-
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    vertes et connaissances qui appuient cette nouvelle vision de l'histoire humaine.
    Par témérité ou par aventure, nous sombrerons peut-être dans l'erreur. On ne
    peut pas franchir d'un seul pas la route vertigineuse qui, par-delà nos connaissances,
    nos aïeux, par-delà les Gaulois, les Grecs, les peuples de Sumer, les Égyptiens et
    les hommes de Cro-Magnon, remonte vers les civilisations que nous devons
    connaître, car, sans le savoir, nous avons recueilli leur héritage.
    Il faut avancer d'un pas, d'abord, d'un petit pas.
    Les paratonnerres de Salomon
    Il y a près de deux siècles, Benjamin Franklin inventait le paratonnerre. C'est une
    vérité admise.
    Pourtant, il est absolument certain, et rapporté par les anciens chroniqueurs, que
    le Temple de Salomon, il y a trois millénaires, comportait vingt-quatre paratonnerres.
    Ce temple ne fut jamais frappé par la foudre et le physicien François Arago, au
    xviiil siècle, a donné l'explication de ce privilège:
    Le toit du Temple, construit à l'italienne et lambrissé en bois de cèdre recouvert
    d'une dorure épaisse, était garni d'un bout à l'autre de longues lames de fer ou
    d'acier pointues et dorées.
    Au dire de Josèphe, l'architecte destinait ces nombreuses pointes (au nombre de
    vingt-quatre) à empêcher les oiseaux de se placer sur le toit et d:y laisser tomber
    leurfiente.
    Lesfaces du monument étaient aussi recouvertes, dans leur étendue, de bois
    fortement doré.
    Enfin, sous le parvis du Temple, existaient des citernes dans lesquelles l'eau se
    rendait par des tuyaux métalliques.
    Nous trouvons ici, et les tiges des paratonnerres et une telle abondance de
    conducteurs, que Lichtenber avait raison d'assurer que la dixième partie des
    appareils de nosjours est loin d'offrir dans la construction une réunion de
    circonstances aussi satisfaisantes.
    16
    Déftnitivement, le Temple de Jérusalem, resté intact pendant plus de mille ans,
    peut être cité comme la preuve la plus manifeste de l'efficacité des paratonnerres
    Comment Salomon et son architecte avaient-ils eu connaissance du paratonnerre
    ? Et pourquoi n'ont-ils pas
    légué leur secret ?
    voilà les questions que nous demandons aux hommes du xxe siècle de se poser
    sans parti pris, s'ils veulent honnêtement avancer sur le chemin de la vérité.
    Une très vieille bibliothèque
    Avançons d'un autre pas.
    Aoât 1937: dans la pénombre d'une grotte, deux archéologues fouillent la terre
    compacte, de couleur ocre, que quinze mille, vingt mille ans peut-être ont tassée sur
    la
    roche.
    Un des hommes, une sorte de géant, examine à travers ses grosses lunettes une
    pierre à peine plus grande que la main.
    - je veux voir ça au jour ! dit-il.
    A l'entrée de la grotte, le soleil de l'après-midi miroite sur des déblais de silex.
    L'homme se penche sur la pierre, l'essuie plusieurs fois avec soin et la fait miroiter
    dans la lumière.
    - Nom de Dieu!
    gré le feu de 1. Numa Pompilius,
    second roi de Rome, savait provoquer à son
    Jupiter (foudre) et apprit à son successeur Tullus Hostilius le secret de son pouvoir.
    Mais Tullus Hostilius, moins savant sans doute, ne profita pas de l'enseignement.
    Selon Tite-Live et Denys, il commit un jour - en 630 av. J.-C. - une erreur de man
    ipulation (mauvais isolement, pense-t-on) et périt foudroyé au cours d'une fête
    religieuse. Ce qui tendrait à prouver que Salomon n'avait pas eu tort de tenir la
    science hors de portée du profane. Au vi' siècle avant notre ère, Porsenna, roi
    d'Étrurie, connaissait le secret de Numa et s'en servit pour fouterreur dans le
    royaume. L'historien et médecin grec Ctésias, au iv' siècle av. J.-C., droyer un
    animal monstrueux (appelé Volt, curieuse coïncidence) qui semait la
    apprit au cours de ses voyages en Perse et en Égypte une sorte de secret magique
    qui parait être la déformation d'une connaissance scientifique. Cté
    deux épées " miraculeuses " qui, fichées en terre, la pointe en
    haut,séicaasrtpaoisesnétdlaeit
    nuées, la grêle et les orages.
    17
    Le juron inhabituel, insolite, est à peine sorti de sa bouche que l'homme interpelle
    son compagnon.
    - Hé, Péricard ! Venez voir ce qu'il y a sur vos pierres Léon Péricard, un paisible
    bourgeois de Lussac-les-Châteaux (Vienne), s'approche et de sa seule main (un
    bras perdu à Verdun en 14-18) saisit le galet de calcaire.
    - On dirait des graffiti... Vous ne pensez tout de même pas ?...
    - Si, réplique le géant, M. Stéphane Lwoff, si, je pense... je suis certain que vos
    pierres, celle-ci et peut-être tout le tas, à gauche dans la caverne, ont été gravées
    par les hommes préhistoriques.
    Léon Péricard n'en est encore qu'à ses premiers étonnements. Le soir même,
    après un rapide examen qui a confirmé - et au-delà - que tout le monceau de galets
    recelait des centaines de dessins, souvent enchevêtrés, Stéphane Lwoff était le
    premier à formuler cette assertion, preuves en main :
    - C'est extraordinaire : sur ces pierres gravées il y a quinze mille ans, les
    hommes, les femmes, les enfants sont habillés comme nous. Ils ont des vestes, des
    culottes, portent chaussures et chapeau.
    Cette découverte' qui balayait tout ce que la préhistoire classique avait admis
    jusque-là était authentifiée par l'abbé Breuil en 1938. Actuellement, quelques-unes
    des précieuses pierres de Lussac font l'orgueil d'une grande vitrine au premier étage
    du Musée de l'Homme'. C'était une certitude nouvelle: les hommes du Magdalénien,
    les Poitevins de l'an - 15 000 s'habillaient, à peu de chose près, comme nous nous
    habillons aujourd'hui.
    D'autre part, ces Poitevins habitaient certainement des cités à rues et à maisons
    en pierre et torchis, avec artisans, tailleurs, maçons, menuisiers, coiffeurs,
    décorateurs.
    1. Bulletin de la Société Préhistorique de France, Livre 1957, n' 10.
    2. 1" étage, salle de la Préhistoire. Toutes les pierres ne sont pas exposées,
    mais seulement les plus anodines... celles qui ne bousculent pas trop les théories
    classiques.
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    Avec les galets gravés de Lussac-les-Châteaux, la préhistoire prenait un autre
    visage, un autre sens, le passé sortait des ténèbres et nos ancêtres dépouillaient la
    gangue grossière dont on les affublait volontiers jusque-là.
    Les cartes de Piri Réis
    Un pas encore, torche en main, dans la grande nuit:
    juillet 1957: On trouve, au palais Topkapi à Istanbul, des cartes anciennes qui ont
    appartenu au capitan turc Piri Réis, qui, après avoir été corsaire, commandait la flotte
    ottomane en 1550.
    De Piri Réis, on connaissait les deux atlas Bahriyé conservés à la Bibliothèque de
    Berlin, qui donnent des relevés étonnamment exacts de la mer Rouge et de l'archipel
    méditerranéen, mais les cartes de Topkapi devaient se révéler beaucoup plus
    extraordinaires, quand l'ingénieur américain Arlington H. Mallery les examina.
    Ces cartes, d'après Mallery qui, à vrai dire, doit être cru sur parole, donnent les
    contours très précis de l'Afrique occidentale et des Amériques du Sud et du Centre.
    En notes marginales, Piri Réis lui-même avait écrit ces explications :
    Ces cartes ont été dressées selon les données de vingt chartes, des portulans de
    quatre Portugais qui montrent le Sind, le Hind et la Chine, et d'une carte dessinée
    par Christophe Colomb.
    Elles sont aussijustes pour la navigation sur les Sept Mers que les cartes de nos
    pays'.
    Cependant, à côté de détails étrangement exacts, les documents comportent
    aussi des aberrations déconcertantes, comme si l'on avait voulu en brouiller la
    lecture.
    1 Les cartes de Piri Réis - de même que les piles de Bagdad - constituent une'des
    plus grandes énigmes de la primhistoire. En l'absence d'expertise officielle que
    refuse Mallery, on peut contester l'authenticité des documents. Toutefois, en ce qui
    concerne les cartes, il faut tenir compte de l'interprétation personnelle de H. Mallery
    et du fait que le contrôle de la Task Force ne fut peutêtre pas aussi positif qu'on le
    dit.
    19
    En effet, pour lire correctement les cartes, il fallait une grille, dont Piri s'était servi
    mais qu'il avait détruite avant d'être mis à mort par ordre du sultan Soliman II, pour
    avoir levé le siège de Gibraltar moyennant une forte somme.
    Avec l'aide de M. Walters, du Bureau d'Hydrographie de l'US Navy, M. Mallery
    entreprit le déchiffrement du document et reconstitua la grille, qui permit alors une
    étonnante découverte : les cartes reproduiraient le relevé exact des côtes de
    l'Amérique du Nord, de l'Amérique du Sud et de l'Antarctique ; et non seulement les
    contours, mais aussi la topographie de l'intérieur des terres : profils de chaînes
    montagneuses, vallées, plateaux et pics.
    On ne devait pas en rester là: le document indiquerait, par exemple, en
    Antarctique, des chaînes de montagnes qui ne furent découvertes qu'en 1952. Et il
    en donnait l'altitude exacte.
    En revanche, le Groenland était relevé sous forme de trois îles.
    Des contrôles rigoureux par la Task Force 43 américaine, déléguée pour l'Année
    Géophysique Internationale, et par l'explorateur Paul-Émile Victor, des sondages
    sismographiques, réalisés avec les appareils les plus modernes de la science du xx'
    siècle, confirmeraient les données des cartes: plateaux, monts, pics étaient placés
    aux bons endroits et le Groenland était bien assis sur trois grandes îles distinctes.
    Plusieurs mystères resteraient à élucider:
    - où Piri Réis, qui n'avait pas quitté la Méditerranée et les côtes d'Afrique, aurait-il
    puisé des renseignements et trouvé les fameuses chartes dont il parle ?
    - pourquoi transmit-il les documents sous forme de message secret ?
    - de quelle époque datent les relevés géographiques et topographiques ?
    comment et par qui ftirent-ils effectués ?
    20
    Une étude approfondie a donné des réponses à ces qua-tre points 1 :
    1
    - Piri Réis avait compilé huit chartes grecques très
    anciennes, transmises depuis l'époque d'Alexandre le Grand, par conséquent vieilles
    de treize siècles au moins. Résidant en Égypte, il avait probablement eu accès aux
    archives secrètes des prêtres égyptiens et musulmans;
    - la transmission du secret lui avait été faite sous condition; ou bien Piri Réis,
    encore qu'il ne fût pas initié, avait compris que la divulgation serait dangereuse.
    Peut-être même paya-t-il de sa vie la possession de ces cartes (l'affaire de
    Gibraltar n'étant qu'un prétexte).
    Le sultan Soliman Il était un prince très érudit, particulièrement en histoire et en
    science, et Soliman, en turc, signifie Salomon. (L'initié aurait fait supprimer le profane
    dangereusement instruit 2.)
    MM. Mallery, Walters et le Pr. Daniel Lineham, directeur de l'Observatoire de
    Weston aux USA et chef des services sismologiques de l'Année Géophysique,
    estiment que les relevés datent de 5 000 ans au moins av. J.-C.
    Plus précis, les glaciologues, déterminant qu'ils ont été dressés avant la dernière
    période glaciaire, assurent que les données des cartes sont vieilles de plus de 10
    000 ans. C'est aussi ce que prouveraient les différences de profil des côtes,
    déterminées par le processus d'érosion.
    Quant aux moyens techniques qui permirent les relevés et plus particulièrement
    ceux des chaînes de montagnes, ils ne peuvent avoir été qu'aériens. Arlington H.
    Mallery observe avec une certaine malice:
    - Les géographes anciens devaient opérer en avion!
    Au Département Hydrographique de l'US Navy, on remarque aussi:
    - Les Anciens passent pour ne pas avoir connu l'aviation, pourtant il s'agit bien là
    de relevés aériens.
    1. Science et Vie, sept. 1960, n' 516.
    2. Des pythagoriciens furent tués par des membres de leur société pour avoir
    trahi un secret de mathématiques.
    21
    L'historien Georges Ketman, qui étudia ce problème, conclut ainsi:
    - On se trouve forcé d'invoquer certaines énigmes scientifiques qui permettent
    d'imaginer que des civilisations développées existaient sur Terre, il y a plusieurs
    milliers d'années. Existaient, ou du moins étaient en contact avec la Terre...
    Le mystère de la Porte du Soleil
    Novembre 1961 : un archéologue curieux pénètre dans le hall du Musée de
    l'Homme, place du Trocadéro à Paris. Il monte au premier étage, admire, en
    passant, la vitrine de Lussac-les-Châteaux, celle de Montignac-Lascaux et,
    traversant la salle de la Colombie, gravit un escalier de marbre.
    Sur les hauts murs fleurissent des bas-reliefs, moulages de sculptures
    précolombiennes, rosaces mayas, aztèques, incas.
    En haut de l'escalier monumental, une masse sombre. L'homme s'arrête et
    savoure la minute qui précède la découverte.
    Il prend dans sa poche un agrandissement photographique représentant des
    personnages presque caricaturaux, hautement stylisés, qui ont cette particularité
    d'être comme habités par des machines compliquées, des engins aux savantes
    courbes, aux articulations précises.
    A première vue, ces engins peuvent évoquer des sortes de scaphandres
    stratosphériques munis de moteurs à réaction ou à propulsion, des engins, des
    moteurs comme les hommes en inventeront sans doute en l'an deux mille.
    La masse sombre qui a arrêté l'homme est un monolithe percé d'une porte, avec
    un fronton et une frise à trois rangées. Ce monolithe a un nom: la " Porte du Soleil " -
    Puerta del Sol - de Tiahuanaco (Bolivie). Il n'a pas d'âge. Aucun témoin, d'aucune
    époque, n'a vu la ville de Tiahuanaco, dans la cordillère des Andes, autrement qu'en
    r-uine.
    22
    L'homme à la photographie compare les engins de sa photo avec la frise de
    pierre. B est impossible, a priori, que ces engins, que ces scaphandres
    stratosphériques puissent figurer sur le monolithe.
    L'homme s'approche. Il lève les yeux.
    Là, en face de lui, à portée de sa main, les mystérieuses gravures de pierre - un
    moulage, bien sûr, mais qui reproduit exactement l'original - sont identiques à celles
    de la
    photo.
    Ainsi, nos ancêtres du Poitou s'habillaient comme nous, de vestes et de
    pantalons, mais, vers la même époque, d'autres ancêtres, en Amérique, avaient
    inventé des vaisseaux spatiaux supérieurs aux Spoutnik, aux Discoverer et aux
    fusées Apollo.
    De cela on possédait les preuves
    Que savaient donc, au juste, les hommes en toutes
    choses?
    Et que signifiaient nos inventions, nos découvertes, notre science, si de lointains
    ancêtres dont le souvenir était perdu dans la nuit des temps nous avaient précédés
    dans la découverte et avaient peut-être vécu des civilisations aussi ou plus avancées
    que la nôtre ?
    Pourtant, les preuves aveuglantes paraissaient ignorées des hommes, comme si
    nul n'avait scruté les textes de pierre
    Impossible
    Quelques-uns, les plus sagaces, les plus initiés, avaient dû comprendre, traduire.
    Mais ils n'avaient pas parlé 1
    Et de là découlait une conclusion évidente: il existait une Société de Mystère, une
    Conjuration d'initiés qui, sans doute, avaient mission de cacher aux humains
    l'aventure prodigieuse de leurs ancêtres.
    1 Depuis ces ancêtres, à travers les hommes du silex, les Egyptiens, les Grecs, les
    Gaulois, les hommes du Moyen Age, une connaissance supérieure avait été
    transmise sans jamais être déflorée du moins pour l'essentiel: le dangereux
    23
    Cette conjuration existerait depuis six mille ans au moins, distillant aux hommes le
    savoir scientifique qu'ils peuvent assimiler sans danger, mais cachant celui dont la
    divulgation serait périlleuse.
    Les conjurés comptaient dans leurs rangs les chefs de Synarchies égyptiennes,
    juives, indiennes, musulmanes, chrétiennes ; des pontifes religieux d'Europe, d'Asie
    et d'Afrique ; certains chamans mongols ou de l'Amérique centrale; des moines
    occidentaux.
    La tradition, les messages se transmettaient oralement, mais des transcriptions
    existent cependant 1 à la bibliothèque Vaticane, dans les bibliothèques des imans
    initiés du Maghreb et du Moyen-Orient, dans les musées où sont conservées les
    tablettes de Babylone (tablettes que l'on ne veut pas traduire), sûrement à
    Tiahuanaco en Bolivie, au Musée de l'Homme à Paris, à Istanbul et à Pékin.
    Depuis 6 000 ans au moins, des hommes savent quelque chose qu'ils ont mission
    de taire.
    Et depuis 6 000 ans des hommes qui ne savent pas essaient, parallèlement,
    d'inventer, de créer, de faire avancer la science et la civilisation.
    Bien qu'il n'y ait pas d'antagonisme entre les conjurés et les chercheurs, les
    conjurés freineraient l'évolution. Aujourd'hui, ils gardent peut-être encore la clef qui
    ouvre le sanctuaire interdit, mais les savants sont près d'avoir réinventé tout ce que
    contient le sanctuaire, peut-être
    même davantage.
    Par un renversement des rôles, ces chercheurs, à leur tour, préparent une
    conjuration nouvelle. L'humanité indifférente - à de rares exceptions près - ignore
    tout de cette guerre secrète qui se déroule dans l'ombre avec, comme enjeu, l'avenir
    de l'humanité, la suprématie.
    1. Les transcriptions les plus connues sont la Bible et le Talmud. @ premier livre
    du Pentateuque en particulier (Création du Monde), que l'on doit à Moïse, révèle un
    secret scientifique exprimé à la mesure de la compréhension antique mais qui
    dépasse les connaissances modernes.
    24
    Une nouvelle ère est commencée' depuis que les cher-cheurs ont atteint ou
    dépassé les maîtres antiques.
    La vie est fantastique
    En somme, les récentes découvertes en biochimie et en physique nucléaire
    donnent peut-être la clef de ce que cachèrent, avec un soin vigilant, Moïse et les
    grands initiés.
    Il est même permis de croire que les procédés de fabrication de la bombe H, des
    drogues pharmacodynamiques et des carburants de fusées spatiales se trouvent au
    Pentagone et au Kremlin, mais aussi depuis des siècles, au Vatican, à Rabat et à
    Bénarès. Ainsi se démasque peu à peu l'histoire inconnue de l'humanité, dont la
    genèse plonge dans les abysses du passé et sans doute aussi dans ceux du
    COSMOS.
    L'aventure humaine, de plus en plus, s'écarte du contexte terrestre pour
    s'intégrer, sans limitation de temps ni d'espace, à l'évolution universelle. Ce que
    nous connaissons a déjà été connu et les prochaines soucoupes volantes qui
    partiront vers Mars ou Vénus, ne feront que reprendre les routes sidérales menant à
    nos anciennes colonies ou à nos antiques nécropoles.
    La science, de l'infini passé à l'infini futur, est toujours
    au stade du présent.
    Déjà, des esprits curieux et imp@dents avaient soupçonné ce Fantastique :
    Anaximandre, Epicure, Petron d'Himère, Origène, Archelaüs de Milet, Plutarque',
    Lucrèce', Roger Bacon', Descartes', Swedenborg, Young, Milton', Éliphas Lévi, et
    bien d'autres.
    1. La nouvelle ère a commencé en 1940-44 avec l'avènement de la bombe
    atomique et la science nucléaire. Tous les livres traitant de chimie, de biochimie, de
    physique et aussi de philosophie sont périmés depuis cette date. On les a changés
    dans toutes les universités.
    2. Plutarque : La cessation des Oracles.
    3. Lucrèce: De Natura Rerum.
    4. Roger Bacon: Speculum Alchimiae - Opus Majus et surtout: Traité d'opti-que
    ou de perspective.
    5. Descartes: Méditations métaphysiques,
    6. Milton: Le Paradis perdu.
    25
    Camille Flammarion', en son temps, exprima des hypothèses que les savants
    accueillirent avec un sourire de commisération. Il interpréta le cosmos, agita tous les
    problèmes, mais sans apporter un début de preuve.
    Pourtant, il ouvrit la course à l'incroyable. En Amérique, en France, en
    Angleterre, en Allemagne, d'autres esprits curieux prirent le relais, Charles Hoy Fort,
    Arthur Machen, Robert Amadou, Gérard Heym, Garcia Beltran. Il revenait à Louis
    Pauwels et à Jacques Bergier de forcer les dernières portes de l'insolite et de donner
    au grand public effrayé mais conquis, en un ouvrage admirable, la conscience et la
    réalité du fantastique 1.
    De l'infiniment loin à l'infiniment près, de l'infiniment grand à l'absurdement banal,
    le fantastique est toujours présent. La vie quotidienne elle-même est fantastique,
    pas seulement par les fusées qui s'élancent vers le cosmos, la télévision ou les
    drogues miraculeuses, mais par ce qui saute aux yeux et que personne ne voit, par
    ce qui est tu et que personne ne veut savoir.
    Durant 2000 ans, les habitants du Grand-Pressigny (Indre-et-Loire), à 15 km de
    La Roche-Posay, ont foulé des millions de silex taillés (un très grand nombre
    atteignaient la taille d'un pain de 2 livres) et manifestement façonnés par l'homme.
    Pourtant, personne ne s'était avisé que ces énormes silex contre lesquels butaient
    les charrues, les sabots des chevaux et ceux des laboureurs, étaient des outils.
    Personne - ou presque - ne le sait encore : les racloirs, les nucléi recherchés par
    les archéologues du monde entier jonchent 4 000 hectares de champs. On peut les
    ramasser avec une pelle et une brouette. On peut, en une heure, constituer un petit
    musée. Qui s'en inquiète ?
    On peut citer d'autres exemples de notre fantastique quotidien. Demandons à dix
    personnes comment est indiquée la quatrième heure sur le cadran à chiffres romains
    1. La pluralité des Mondes habités, 1862.
    2. Le Matin des Magiciens, 1961, éd. Gallimard.
    26
    de leurs pendules. I - Il - 111... et ensuite ? Neuf person-nes sur dix se tromperont 1.
    1
    Plus étonnant encore: jamais les passagers du Normandie ne surent que lors de
    son premier voyage Le HavreNew York, en mai 1935, le paquebot parvint en
    Amérique pratiquement sans hélices. Elles avaient été dévorées par les ultrasons'.
    En revanche, on trouve extraordinaires les expériences des Américains audessus
    de leurs terrains d'aviation: le brouillard dissipé, condensé en pluie par de
    puissantes émissions d'ultrasons.
    Parfois aussi, le fantastique trouve une explication raisonnable, comme dans les
    mystérieux accidents survenus à Pierre Michelin, sinon à l'écrivain Albert Camus.
    Les routes à maléfices
    Le 4janvier 1960, à 14 h 10, Albert Camus trouve la mort sur un platane du
    kilomètre 88,4 de la Nationale 5, entre Pont-sur-Yonne et Paris.
    - Quelle coïncidence, dit quelques heures plus tard le conducteur du fourgon
    mortuaire de Villeblevin. C'est le deuxième habitant de Lourmarin qui vient se tuer à
    cet endroit et juste sur le platane du kilomètre 88,4
    Quarante années plus tôt, des Gitans chassés des r-uines du château de
    Lourmarin (Vaucluse), avaient jeté une malédiction sur tous ceux qui participeraient à
    la résurrection de cette vieille demeure. Douze personnes, entre 1925 et 1960,
    parmi les habitués du château, moururent subitement ou de mort assez peu
    naturelle. Albert Camus, qui riait de la malédiction, fut la treizième victime.
    1. La quatrième heure sur la plupart des cadrans à chiffres romains est indiquée
    par 4 bâtonnets : IIII, et non par le chiffre IV.
    2. Le professeur Prudhomme, de l'Institut Pasteur, étudia les raisons de cette
    détérioration, identifia les ultrasons coupables et préconisa les hélices à faces
    bombées qui éliminèrent cet inconvénient.
    27
    En Allemagne, sur la route de Brême à Bremerhaven, la borne 23,9 semble vouée
    au même rôle. Près d'elle, le 12 avril 1931, l'explorateur Trintler et son chauffeur
    trouvèrent la mort. Les accidents mortels se répétant au même endroit, la borne fut
    enlevée et transportée au Musée de Brême sans conjurer pour autant la malédiction
    - les autos continuèrent à se télescoper au même point ou à s'écraser contre les
    arbres de la chaussée.
    Une autre série d'accidents va peut-être éclairer ces coïncidences d'un jour
    nouveau.
    En 1949, l'industriel jean-Luc Michelin roulait à 120 à l'heure sur la route large,
    rectiligne, de la Nationale 7, entre Briare et Montargis.
    Il n'y avait aucun autre véhicule en vue. Soudain, et sans aucune raison
    apparente, la voiture quitta la route et dans un fracas d'explosion percuta un arbre de
    la rangée plantée sur la hernie.
    - c 5est curieux, dit un témoin de l'accident. L'auto rou- lait vite, mais la
    voie était libre. il y a bien eu, en dix ans, plus de dix tués à cet endroit'.
    On avança bientôt des explications incohérentes: il existe des endroits maudits.
    C'est la vengeance de la route
    sur les rois du pneu.
    L'accident d'Albert Camus, sous quelque angle qu'on le prenne, offre un aspect
    mystérieux: il était mathématiquement impossible - pas une chance sur cent milliards
    que deux habitants de Lourmarin dans le Vaucluse, puissent trouver la mort à 600
    km de distance de leur village,
    sur le même arbre de l'Yonne.
    En ce qui concerne les Michelin, une explication scientifique, insolite et pourtant
    vraisemblable, a été trouvée par un docteur de l'hôpital Sainte-Anne à Paris. Cette
    explica- 1. La famille Michelin et ses alliés ont particulièrement été éprouvés: 1937
    Pierre Michelin et quatre passagers tués entre Briare et Montargis. 1947 Pierre
    Boulanger, président de la Société Michelin, échappe de justesse à la mort entre
    Briare et Montargis. 1949 - jean-Luc Michelin et trois personnes se tuent entre Briare
    et Montargis.
    28
    tion fut clairement formulée par un autre docteur,
    M. Marcel Lapipe, lauréat de l'Académie de Médecine: Tout individu qui reçoit
    dans les yeux 10 éclairs à la
    seconde entre en crise, s'il est prédisposé à l'épilepsie. Quand le soleil se couche
    derrière la rangée d'arbres de la Nationale 7, un automobiliste roulant à 120 à
    l'heure, reçoit par lejeu des ombres et des lumières, entre les troncs et les
    branchages, exactement 1 0 flashes lumineux à la seconde.
    Pierre Michelin avait été victime de ce redoutable phénomène.
    Ce que les yeux ne peuvent pas voir et ce que l'esprit ne veut pas entendre
    débordent largement le mystère de la vie quotidienne. Des éléments inexplicables
    pénètrent dans l'histoire, la préhistoire et la tradition, bouleversant nos habitudes de
    pensée, notre bon sens.
    Le plus loin que les hommes puissent remonter dans leur genèse semble être au
    temps où les ancêtres à peine pensants, issus de leurs pères gorilles qui habitaient
    dans les arbres, taillaient leurs outils dans le silex, luttaient corps à corps contre les
    ours, enluminaient les grottes de dessins hautement colorés à signification magique.
    Mais ces rustres sont-ils bien ceux qui firent démarrer la tradition de l'Arbre, de la
    Pomme et du Serpent ?
    La Bible ne fait-elle pas état d'Ancêtres Supérieurs ?
    Des textes révélés et les découvertes récentes ont illuminé le ciel inconnu des
    ères géologiques peut-être jusqu'à la borne zéro où débuta la Tradition.
    De leur étude va naître un passé inédit pour lequel nous avons inventé un nom
    tout neuf étincelant de mystère: la primhistoire
    2
    Les ancêtres supérieurs
    Il n'y eut pas d'homo sapiens - d'homme savant - en deçà de l'ancêtre
    préhistorique de Néandertal ou de CroMagnon, qui connaissait tout juste le silex:
    voilà ce que nous dit la science classique.
    Mais avec l'avancée fulgurante des hommes de l'aventure cosmique, avec la
    découverte des messages de Tiahuanaco et de Piri Réis, nous avons maintenant la
    certitude que l'heure de l'humanité n'a pas sonné dans les grottes d'outre-Rhin ou
    des Eyzies.
    Comme si l'Homme, ce constructeur-né, issu, disent les préhistoriens, du gorille
    de l'ère tertiaire - qui pour sa part construit chaque jour sa cabane en branchages
    comme si l'Homme donc, avait habité les cavernes
    Il faut d'abord s'attaquer à un certain nombre de notions établies.
    Les hommes préhistoriques savaient construire des maisons en pierre, des
    huttes, des fortifications. Nulle part on ne trouve de grottes taillées, aménagées,
    pour devenir des habitations plus confortables. Or, il est évident que les hommes du
    silex n'auraient pas manqué de les aménager si elles leur avaient servi de maison.
    Les cavernes servaient d'ateliers, de hangars - comme de nos jours - et comme
    de nos jours aussi elles pouvaient abriter exceptionnellement quelques individus
    déshérités.
    En effet, si les hommes avaient habité les cavernes, où les situerait-on, dans ces
    fiefs préhistoriques qui ont donné
    30
    leur nom à des époques géologiques mondialement connues: le Tardenoisien, le
    Pressignien, l'Acheuléen, le Chelléen, le Levalloisien? Où trouver des cavernes à la
    Fère-en-Tardenois, à Saint-Acheul en Pas-de-Calais, à Chelles, à Levallois-Perret ?
    Le Grand-Pressigny (Indre-et-Loire) s'enorgueillit de posséder les plus vastes
    ateliers mondiaux de taille de silex: des millions de nucléi, de grattoirs, de bifaces,
    jonchent 4 000 hectares de champs sur 1 à 2 mètres d'épaisseur. On ne trouve pas
    une seule grotte dans les parages.
    A Charroux (Vienne) s'érigeaient à l'époque préhistorique des ateliers si
    importants que les haches se ramassaient à chaque pas sur 10 hectares de terres.
    Ce gisement - le second du globe - est à proximité (4 ou 5 km) de 49 cavernes forant
    les coteaux de la rivière Charente. Aucune de ces 49 cavernes, minutieusement
    prospectées, n'offre trace de la moindre occupation.
    En outre, comment admettre que l'homme, qui recouvre le monde de millions de
    maisons, d'enceintes et de châteaux, n'ait pas su construire, dès sa première
    apparition, comme savent construire, filer, édifier et maçonner la plupart des animaux
    ?
    D'ailleurs, nous avons les preuves que l'homme préhistorique savait maçonner et
    que de subtiles périphrases ont été employées pour masquer ce fait primordial.
    Dans leur livre Les Hommes de la pierre ancienne, deux autorités, l'abbé Breuil et
    le professeur Lantier, écrivent textuellement : Les civilisations préhistoriques ont
    également connu le four à cuire: four en pierre sèche du Drachenloch, circulaire, four
    utilisé pour la cuisson à l'étouffée à Noailles (Corrèze), à plan rectangulaire, fait de
    pierres dressées, lé èrement inclinées vers l'intérieur et dont les vides entre les
    angles avaient été comblés par des pierres plus petites, maintenues par ' un blocage
    argilo-calcaire et sableux... Belle circonlocution pour dire tout simplement: pierres
    cimentées.
    3 1
    Les incertitudes de la préhistoire
    Par conséquent, si les hommes de la préhistoire connaissaient le mortier, s'ils
    savaient cimenter, ces hommes ne pouvaient pas ne pas construire des murs de
    maison. Voilà qui tombe sous le sens.
    Et de là découle une conséquence logique: ils n'habitaient pas des grottes, ils
    meublaient leurs maisons, ils travaillaient le bois 1 outre l'os, le cuir et le tissu ; bref,
    les hommes préhistoriques sortent irrémédiablement de la nuit où l'on voulait les
    plonger et prennent leur véritable visage.
    On nous a parlé d'une " époque du silex poli " postérieure au silex éclaté.
    Autrement dit, les hommes auraient d'abord fait éclater le silex pour en faire des
    outils, puis, se civilisant peu à peu, ils seraient parvenus à l'époque plus évoluée de
    la pierre polie. Cela paraît tout à fait discutable.
    D'abord, il n'y a jamais eu d'époque du silex poli, pour la simple raison qu'on
    trouve très peu d'outils polis: un seul pour des millions d'outils en silex éclaté.
    Les haches polies, dont on fait grand cas, ne servent à rien: rondes, elles ne
    peuvent ni couper, ni racler, ni scier sinon très difficilement, alors que le moindre
    silex éclaté est d'un emploi facile, immédiat.
    Ces haches polies (car il s'agit de haches 99 fois sur 100) sont probablement des
    haches votives, des armes de panoplie, d'ornement, des cadeaux que l'on offrait ou
    que l'on polissait pour l'art, pour l'agrément. Peut-être aussi une monnaie d'échange.
    1. Des microlithes sont trouvés dans les cavernes mêlés à l'argile. A quoi
    pouvaient servir ces outils minuscules ? Le mystère n'a jamais été éclairci.
    Vraisemblablement, à travailler, fouiller, décorer une matière abondante et
    énormément utilisée, car on peut ramasser des mierolithes par millions.
    Logiquement, on doit penser qu'ils servaient au travail du bois et alors s'impose une
    hypothèse qui, à nos veux, a valeur d'évidence : les hommes préhistoriques, les
    hommes du silex, utilisaient en premier lieu le bois ! Le bois était vraisemblablement
    la base de leur industrie.
    32
    De plus, il n'existe pas de champs de silex polis. Ces haches se trouvent dans
    les champs de silex éclaté, mêlées aux outils à éclats.
    Enfin, il y a le bon sens.
    Exprimant un jour notre idée au professeur Nouvel, directeur du zoo de Vincennes
    et du jardin des Plantes de Paris, nous l'entendîmes s'écrier:
    - C'est insensé ! N'importe qui peut polir du silex... personne ne sait le faire éclater
    !
    S'il y a eu une époque de la pierre polie, elle est certainement antérieure à celle
    du silex taillé. En France, il n'existe que quatre ou cinq personnes capables de faire
    éclater très mal - le silex; mais des millions de Français pourraient aisément polir une
    hache avec un peu de patience.
    Par ailleurs, la théorie de l'homme descendant du singe, de l'homme obtus à
    l'origine, n'est nullement démontrée. Les préhistoriens cherchent depuis un siècle
    des squelettes d'hommes préhistoriques vieux d'un million d'années, susceptibles
    d'accréditer leur thèse. S'ils n'ont pas effectué de trouvailles décisives, par contre ils
    ont échafaudé un processus '. Ainsi sont nés le Proconsul, l'Homme de Grosseto, le
    Zinjanthrope, le Pithécanthrope, l'Atlanthrope, l'Africanthrope, etc.
    Maigre palmarès, en vérité, que l'on peut résumer ainsi: les tibias du Grosseto, la
    mâchoire de l'Atlanthrope; un petit tas de cendre, c'est le Zinjanthrope; une cupule en
    plâtre grande comme une paume, c'est le Sinanthrope dont nous ne possédons
    malheureusement plus l'original; des débris de l'Australopithèque, des miettes du
    Plésianthrope. Quant à l'Homme de Piltdown, il s'agissait d'une superche- 1.
    Même en admettant la Terre extrêmement peu peuplée: 100 000 hommes en
    moyenne et 100 000 bêtes sauvages (ce qui est ridiculement bas) l'épaisseur des
    ossements répartis sur la terre serait sur un million d'années, formée par plus de 600
    milliards de squelettes. Il est impossible que des matières organiques ne se
    désagrègent pas en cent fois moins de temps, mais s'il devait subsister quelque
    chose, ce serait une véritable montagne d'ossements.
    33
    rie. Et pour le Sinanthrope, Marcellin Boule a prétendu qu'il était, en fait, un gibier'.
    Le volume de la boîte crânienne de ces ancêtres ne dépassait pas 6 ou 700
    centimètres cubes, alors que la boîte crânienne de l'homme est de 15 à 1 600
    centimètres cubes. Nos ancêtres n'auraient eu que l'intelligence, les capacités du
    gorille.
    Comment, avec une poignée d'ossements, dont l'un est en plâtre et les autres
    faux ou contestés, prétendre édifier une science exacte ?
    En vérité, cette science ne repose que sur des hypothèses discutables. On ne
    trouve pas de squelettes d'hommes préhistoriques établissant les chaînons entre le
    singe et l'homme. On ne trouve pas de crânes à 1 100, 1 200, 1 300, 1 400 cm3,
    c'est-à-dire les crânes des primates les plus proches de nous, ceux que,
    précisément, on devrait découvrir le plus facilement. De là une certaine tendance à
    défigurer la préhistoire.
    On feint d'ignorer que les hommes du paléolithique savaient maçonner, habitaient
    des cités construites et fortifiées, avec rues, artisans, et sans doute même avec des
    coiffeUrS 2. On séquestre même, dans les " enfers " des musées, des indices et des
    preuves.
    Quant aux estimations chronologiques, l'empirisme des expertises tient de
    l'invention pure et simple.
    On brandit le fameux, le tout-puissant carbone 14 pour chiffrer l'ancienneté
    d'ossements ou de matières organiques. Or, il est absolument insoutenable que le
    carbone 14 puisse donner la moindre indication chronologique en préhistoire.
    1. Dans Les Hommes de la pierre ancienne, de H. Breuil et R. Lantier, on lit,
    page 149, à propos de bilan sur l'Hoinme de Neandertal: " Au total, 1 squelette ' 9
    crânes, 5 mâchoires, de nombreux fragments d'ossements. " Et page 150: " Le@
    restes humains européens plus anciens sont infiniment plus rares. Trois seulement
    peuvent être retenus. " Et parmi ces " trois " figure le crâne de Piltdown... qui était
    une farce de carabins !
    2. L'abbé Breuil, dans son ouvrage, Les Hommes de la pierre ancienne, parle de
    cheveux taillés " à la Nubienne " ou disposés en deux petites bouffettes ".
    34
    La marge d'erreur cyclique du carbone 14 est de 50 % jusqu'à - 5 568 ans; elle
    atteint 80 % de - 5 000 à - 10 000 ans et ensuite, le carbone 14 peut aussi bien
    indiquer - 15 000 ou - 50 000 au choix ou selon l'humeur.
    Si le carbone 14 était efficace, on saurait par exemple à quoi s'en tenir sur l'âge
    exact des peintures rupestres des grottes de Lascaux, où furent trouvés des
    ossements.
    En Amérique, le procédé du carbone 14 est souvent dénoncé comme un bluff et
    une escroquerie. Le Dr Morlet relate dans un de ses ouvrages sur la préhistoire, ses
    démarches auprès des savants américains, spécialistes de cette technique, pour
    dater le gisement du Champ des Morts de Glozel.
    On lui a répondu qu'- établir un âge par la méthode du Cl' ne pouvait être
    accompli proprement sur des os ".
    M. jean Maréchal, chef du laboratoire du Musée des Antiquités nationales,
    précise, d'autre part, la quantité de matière nécessaire pour une expertise.
    - Dents - ivoire - os = 2,200 kg.
    Or, on a daté des trouvailles - surtout des portions de crânes - d'après des
    prélèvements de quelques grainmes, la trouvaille tout entière n'excédant
    généralement pas 0,300 kg!
    Hormis ce système, les évaluations se font sans tenir compte d'une masse
    d'impondérables, tels que les conditions climatiques d'un milieu dont on ignore tout.
    Quant à fixer une date à l'apparition de l'homme sur terre, c'est la bouteille à
    l'encre. Les évaluations caracolent de 50 000 ans (Neandertal et Aurignacien) à 10
    millions d'années.
    Avec une mâchoire laminée comme une tôle (d'un enfant de 5 à 7 ans, pense-ton)
    incrustée dans un morceau de charbon, le professeur johannes Hurzeler, du
    Muséum d'Histoire Naturelle de Bâle, a trouvé l'homme le plus vieux du monde ! Un
    homme de l'époque tertiaire. Du même coup, Johannes Hurzeler nie
    l'évolutionnisme darwinien et proclame:
    35
    n'y a pas une chance sur mille pour que l'homme descende du singe.
    La préhistoire classique imagine nos ancêtres d'après les squelettes d'individus
    vraisemblablement dégénérés qui auraient habité les cavernes, et d'après la qualité
    du matériel trouvé à leurs côtés. Dans un million d'années (en supposant une
    prochaine destruction de notre planète), on ne retrouverait plus les squelettes de
    Becquerel, de Rodin, de Renoir, d'Einstein, de Fermi, de Picasso, réduits en cendre
    impalpable, dissous ainsi que leur enveloppe charnelle et le cercueil en chêne massif
    Par hasard, dans une caverne du Poitou, d'Indre-et-Loire ou de Provence, on
    exhumerait le squelette d'un clochard ou d'un ivrogne ancien troglodyte (il en existe
    encore des milliers en France) qui serait mort sur place dans sa caverne-habitation.
    Son squelette, bien préservé dans du calcaire sec, aurait résisté au temps. Les
    préhistoriens de l'an 1001963 en déduiraient gravement:
    - L'homme du XXe siècle après le Christ mesurait 1,60 m. Il était bossu, bancal,
    scrofuleux. Son volume crânien était de 1 500 CM3 et son intelligence à peine plus
    éveillée que celle d'un gorille. Sa civilisation lui permettait de connaître la cruche de
    terre cuite. Il avait comme siège des pierres entassées et ne connaissait ni la
    maison ni, par conséquent, la porte, la fenêtre, la cheminée.
    Si le troglodyte était un ancien soldat du 6' Génie, on pourrait trouver comme
    ustensiles auprès de son squelette les deux silex réglementaires qui doivent figurer
    dans la trousse des artificiers de jre classe, pour bouter le feu à la mèche lente.
    D'où l'on déduirait encore, par raisonnement logique, que l'homme de 1963
    ignorait le fer et le bronze (irrémédiablement détruits en quelques millénaires) et en
    était encore à l'âge du silex.
    Des villes entières, vastes comme New York, Londres ou
    Paris, disparaîtraient sans laisser de trace, ensevelies ou
    désagrégées au fond de profondes vallées ou réduites en
    36
    sable si elles étaient édifiées sur des plateaux ou à flanc de
    montagne 1. 1
    Oui, du sable. Des millions de poignées de sable et de poussière, c'est tout ce
    qui resterait de nos murs, de nos maisons, de nos vitraux, de nos métaux et de nos
    matières plastiques.
    Et le sable des mers est sans doute cela partiellement des cités jadis étincelantes,
    des palais, des temples, des objets de luxe ou merveilleusement oeuvrés, des vitraux
    de cathédrales, des vitrines de grands magasins...
    Seules, peut-être subsisteraient les pierres précieuses, du moins pendant un
    certain temps ; et sûrement les silex qui persistent dans les champs alors que tout le
    reste a disparu'.
    La science préhistorique est lente et difficile à émouvoir. Le très docte
    représentant du ministère des Beaux-Arts d'un département très proche de l'Indre-et-
    Loire, a mis sept ans pour se décider à faire un petit tour dans les prestigieux
    champs de silex du Grand-Pressigny.
    Il a fallu des dizaines d'années pour faire admettre les peintures rupestres
    d'Altamira en Espagne et des années pour accréditer Le Mas-d'Azil et Rouffignac.
    A Savigné (Vienne), nul ne se soucie de reconnaître et de préserver la vaste
    nécropole mérovingienne dont les sarcophages sont brisés pour empierrer les
    routes, construire des murs.
    A Charroux, toujours en Poitou, des champs de silex où l'on trouve à foison des
    haches taillées (500 à 600 ont été ramassées en un mois) ont été découverts en
    février 1962 et portés à la connaissance du public par tous les journaux
    1. Les antiques cités de Babylone et de Saba sont à peu près introuvables après
    4 000 ans. En France, nous ne savons plus où situer Gergovie, Alésia et Vouillé.
    2. Les matières organiques, les métaux, les métalloïdes, sauf le silex, le jaspe, le
    verre et quelques composés de silicium, sont détériorés en quelques millénaires. En
    un million d'années, tout redevient poussière. Et l'on ne peut que s'émerveiller en
    songeant à une des vérités les plus puissantes - et vérité scientifique par surcroît -
    exprimée par le Nouveau Testament: " Souviens-toi, ô Homme, que tu n'es que
    poussière et que tu retourneras en poussière. "
    37
    régionaux, photos à l'appui. Aucun officiel ne s'est dérangé.
    Et pourtant le sol était jonché de haches sur 100 hectares. Depuis il a été pillé
    jusqu'à épuisement.
    En Loir-et-Cher se situe un gisement miraculeux sur une ancienne nécropole
    romaine où le Dr Filloux, de Contres, a trouvé des amphores, des poteries et des
    verreries qui feraient l'orgueil des musées de Paris, de New York et de Londres. Ce
    gisement est à l'abandon.
    Actuellement, les puissants engins de la culture tractée broient les outils en silex
    taillés qui jonchent les champs de l'Indre-et-Loire, de la Vienne, de la Charente, de la
    Dordogne, du Lot.
    Il est déjà bien tard pour réagir. Dans deux ans, trois ans, il sera trop tard, les
    silex seront réduits en poussière. Tout notre héritage préhistorique encore enterré
    sera irrémédiablement perdu.
    C'est la petite société archéologique de Charroux (Vienne) qui agita le grelot,
    lançant un appel à l'Unesco, à la Présidence de la République, au Musée de
    l'Homme, à la presse.
    Voici un condensé du manifeste, publié par La Nouvelle République, Centre
    Presse et Aux Écoutes:
    SAUVEZ NOTRE PATRIMOINE!
    Un calme irréparable va être commis.
    Les deux plus importants ateliers de l'époque préhistorique se situent: au Grand-
    Pressigny (Indre-et-Loire) = 4 000 hectares et à Charroux (Vienne) = 100 hectares...
    Depuis quelques années, les tracteurs à trois socs, les pulvérisateurs et les
    rotavators concassent le précieux héritage de nos ancêtres. FAITES QUELQUE
    CHOSE !
    Nous aimons notre pays. Nous ne voulons pas qu'une de ses richesses les plus
    prestigieuses soit anéantie par indifférence, négligence ou incurie...
    38
    Nous demandons que les champs-ateliers du Grand-Pressigny et de Charroux
    soient classés et labourés aux frais de letat et sous surveillance éclairée.
    Les dépenses n'excéderaient pas quelques centaines de milliers de francs
    (anciens).
    Rien n'a été fait.
    Alors, quel crédit peut-on accorder aux imaginations de ceux qui n'ont même pas
    le souci de sauver le legs de nos ancêtres ? N'ont-ils pas déjà sacrifié les plus
    précieux documents légués par les anciennes civilisations; les briques de Glozel, où
    les hommes du néolithique ont écrit - en écriture alphabétique linéaire - un message
    préhistorique capital ? Et non seulement le message écrit, mais aussi des os gravés -
    les plus beaux qui soient - des bracelets, des colliers, des poteries ; toute
    l'expression artistique et déjà intellectuelle d'un peuple contemporain du silex taillé et
    doté d'une culture qui révolutionne toutes les données classiques.
    Glozel est authentique
    Glozel est incontestablement authentique, reconnu comme tel par l'immense
    majorité des préhistoriens du monde entier.
    Glozel est un hameau de quatre maisons dans la commune de Ferrières (Allier), à
    une vingtaine de kilomètres
    au sud de Vichy. eune Émile
    L'affaire débuta le 1" mars 1924, quand le j
    Fradin et son grand-père, Claude, trouvèrent des briques, des tablettes gravées,
    deux tranchets, deux petites haches et deux galets portant des inscriptions. Trentetrois
    témoins, dont M. Augustin Bert, instituteur à Ferrières, et l'abbé Naud, curédoyen
    de la paroisse, attestèrent l'authenticité de la trouvaille.
    Au cours de l'été (on n'est ni pressé ni curieux dans le milieu préhistorique), la
    Société d'Émulation (sic) du
    39
    Bourbonnais se rendit sur place, puis fit parvenir des échantillons au Dr Capitan,
    aux Beaux-Arts.
    Capitan laissa les échantillons en souffrance, quelque part, durant treize mois,
    puis, un beau jour, il se rendit à Glozel et déclara au Dr Morlet qui avait pris la
    direction des fouilles:
    - Vous avez là un gisement merveilleux... Faites-moi un rapport détaillé'.
    Glozel était, pensait-on, reconnu.
    Le monde étonné allait apercevoir une civilisation inconnue et, bien entendu, tous
    ceux qui n'avaient pas participé à cette découverte récolteraient les lauriers,
    recevraient les palmes académiques ou avanceraient dans les honneurs.
    Le Dr Morlet, pionnier de la découverte, ne l'entendit pas ainsi et, avant d'envoyer
    son rapport, il le publia, le 23 septembre 1925, sous le titre Nouvelle station
    néolithique.
    Capitan, déçu, furieux, convoqua Morlet à Paris.
    - Vous n'êtes pas connu, votre plaquette ne se vendra pas. Mettez mon nom à la
    place du nom de Fradin (attesté et publié par le chanoine Cote) .
    Le Dr Morlet refusa net. C'en était fait de Glozel: du jour au lendemain, le
    gisement fut contesté, ridiculisé.
    Bien plus, on attaqua les Fradin en correctionnelle. Motif: ils faisaient payer une
    taxe pour la visite de leur musée fraude et escroquerie (exactement: entreprise
    pécuniaire pour montrer les produits d'une mystification)
    Pourtant, en 1926, l'abbé Breuil, après Capitan, avait déclaré
    - C'est bien du néolithique. je vous remercie, vous m'avez convaincu.
    Mais après le refus du Dr Morlet d'accrocher le nom de Capitan à la magnifique
    découverte, on tentait de ruiner les Fradin et leur trouvaille. Dans son courageux
    livre Glozel, trente ans après, le chanoine Léon Cote affirme que des
    1. Léon Cote. Glozel, trente ans après. Saint-Étienne, 1959.
    40
    causes personnelles motivèrent ce retournement, dû en grande partie à l'influence
    de l'abbé Breuil.
    On connaissait bien dans le monde savant la redoutable trinité Capitan, Breuil,
    Peyrony (conservateur du musée des Eyzies), qui constituait une firme exclusive en
    préhistoire. Or, la découverte de Glozel avait pris les trois hommes à l'improviste, en
    bouleversant leurs thèses, sans leur laisser le temps de concerter leurs réactions.
    Si encore ces trouvailles avaient été faites par un spécialiste patenté, chevronné,
    portant l'estampille académique, à la bonne heure ! Mais l'inventeur était un profane,
    qui s'affirmait indépendant. fl avait refusé de se mettre sous leur patronage,
    prétendant faire cavalier seul et haussait les épaules quand on lui offrait que son
    nom inconnu figurât modestement derrière leur signature.
    Tous les procédés furent bons : lettres anonymes, faux télégrammes,
    supercheries. Un jour le Dr Morlet prit miss Garrod, éminence grise de l'abbé Breuil,
    en flagrant délit de truquage sur le terrain, alors qu'opérait la Commission des
    fouilles.
    Mademoiselle, c'est vous qui avez fait ce trou s'exclama le Dr Morlet qui la
    surveillait étroitement.
    - Non, non, ce n'est pas vrai ! répondit-elle deux fois.
    - Mademoiselle, j'ai des témoins.
    - Eh bien oui, c'est moi
    Un photographe put prendre sur place un cliché de la
    scène. On y voit miss Garrod baissant la tête pendant que Morlet, en présence des
    témoins Tricot-Royer et Mallat, explique à la commission ce qui vient de se passer'.
    Bref, pour perdre Glozel et déshonorer de braves gens, tout fut mis en oeuvre
    avec tant de hargne et de malhonnêteté que le conseil municipal de Ferrières, puis la
    Ligue des Droits de l'homme, durent intervenir ! Par ailleurs, la justice ne suivit pas
    les officiels : d'abord en correctionnelle, puis en appel et en cassation, elle anéantit
    tous les chefs d'accusation et donna gain de cause aux Fradin.
    1. Léon Cote, Glozel, trente ans après, pages 76 et 77.
    41
    Ce petit paysan de France avait gagné sur les puissants pontifes. Fallait-il qu'il ait
    raison !
    Quand l'honnête Claude Fradin mourut, en 1951, l'abbé Léon Cote lui dédia cette
    épitaphe tragiquement humoristique
    A la mémoire de Claude Fradin
    Paysan de France
    Archéologue malgré lui
    Combattant de la Guerre des Briques
    Et qui mourut
    Sans s'être demandé
    Si larchéoloqie des Mandarins
    Ne serait pas une science où l'on bafouille
    Encore plus qu'on nefouille.
    L. C.
    Voilà donc Glozel réhabilité, mais encore sous le coup de la calomnie.
    Pourtant la découverte est prodigieuse une bibliothèque néolithique
    de plus de 100 tablettes à caractères alphabétiques - le premier alphabet connu -
    des outils en pierre éclatée, de merveilleux galets gravés, dessinés, des poteries
    absolument uniques. C'est à Glozel que la science
    1. Pourquoi veut-on taire que le monde entier accepte - l'authenticité irréfutable "
    de Glozel et de l'écriture linéaire alphabétique ? Outre MM. Salomon Reinach,
    Dépéret, Morlet, déjà cités, nous produisons les noms de: MM. E. Esperandieu,
    membre de l'Institut, J. Loth, membre de l'Institut, professeur au Collège de France,
    Dr Lucien Mayet, professeur d'Anthropologie et de Préhistoire à l'université de Lyon,
    Leite de Vasconcellos, conservateur du Musée de Lisbonne, Mendès-Corréa, Doyen
    de la Faculté des Sciences de Porto, Constantinescu-Iasi, professeur d'Archéologie à
    la faculté de Kichinev, V. Madsen, directeur du Service Géologique du Danemark,
    Birger Nerman, professeur à l'université de Stockholm, etc., qui, tous, affirment -
    formellement l'authenticité de l'ancienneté préhistorique " de Glozel et la " seule
    chose surprenante dans cette affaire : l'entêtement des savants français adversaires
    du Dr Morlet ". " Il faut être aveugle ou malhonnête pour nier l'authenticité de Glozel
    ", écrit M. A. Bjorn, conservateur du Musée de l'université d'Oslo. Il est donc temps
    que cessent l'odieuse comédie et les manoeuvres criminelles qui firent un tort
    considérable à la préhistoire en faussant une donnée essentielle du problème.
    42
    et le monde entier trouvent la filière incontestable reliant notre civilisation à celle de
    nos lointains aïeux.
    En une époque ancienne de 10 000 à 15 000 ans environ, le Magdalénien, si l'on
    en croit les expertises 1, des hommes façonnèrent des idoles et des vases en terre
    cuite, représentant des êtres insolites.
    Sur des poteries, sur des galets, des bijoux et des tablettes d'argile cuite, ils
    écrivirent des signes mystérieux dont certains ont l'exacte forme de nos V - W - L - H
    - T 1 - K - 0 - c - j - X.
    Ces signes ont un net caractère alphabétique et sont disposés par lignes, ce qui
    prouve indéniablement que les Glozeliens connaissaient l'écriture en plus de la
    poterie et de la sculpture.
    Cette connaissance d'arts supérieurs suppose a priori des connaissances
    subalternes : maçonnerie, constructions de maisons, menuiserie, charpente,
    ferronnerie.
    Oui, bien sûr: la connaissance du fer !
    Évidemment, on ne trouve pas de métal préhistorique, pour la simple raison qu'un
    instrument en fer ne peut guère se conserver plus de 1 000 ans', mais un fait
    1. Glozel est incontestable, c'est entendu, mais il est possible qu'on le situe
    trop loin dans le temps.
    2. On a déterminé l'âge du bronze à 4 000 ans et celui du fer à 3 000. C'est tout
    juste le maximum possible de conservation de ces métaux, Le physicien autrichien
    Gurlt aurait découvert en 1886, dans un bloc de charbon datant de l'ère tertiaire, un
    parallélépipède en acier mesurant 67 mm X 67 mm X 47 mm, à arêtes vives très
    régulières d'un poids de 785 grammes (Science et Vie, n' 516). Le parallélépipède
    serait au musée de Salzbourg (Autriche). Cette trouvaille signifierait que des
    Ancêtres, vieux de 10 millions d'années, auraient connu les métaux, l'usinage et en
    conséquence une haute civilisation. M. K. Willvonseder, directeur du Salzbourg
    Museum, pense qu'il s'agit d'une erreur et déclare l'information dénuée de
    fondement. Il ne nous semble guère possible, d'autre part, que l'acier ait pu
    subsister durant mille millénaires, aussi donnons-nous cette relation sous toutes
    réserves. Il en est de même pour les clous d'acier à têtes plates découverts par
    Charles Brewster dans un bloc crayeux de l'ère secondaire. A moins que nos
    Ancêtres Supérieurs n'aient trouvé le secret pour rendre certains métaux
    inoxydables, ce qui n'est pas absolument impossible, car les traditions américaines
    rapportent que 2 000 ans av. J.-C., les Indiens fabriquaient du fer qui ne rouillait
    jamais. Dans la cour du Temple de Delhi aux Indes, la Colonne de Kutub vieille, diton,
    de 4 000 ans et faite de pièces de fer soudées ou collées ensemble, bien
    qu'exposée aux intempéries, ne présente aucun signe d'altération ou de rouille.
    43
    demeure avec valeur de certitude : les hommes n'ont pu inventer l'écriture sans
    connaître auparavant la fusion des métaux.
    Autre constatation: si on ne trouve pas - et pour cause - des outils en fer dans les
    ateliers de taille du silex, on ne trouve pas non plus d'outils en silex dans les régions
    où abonde le fer (Alsace et Lorraine notamment), même à titre d'objets importés. On
    peut en déduire que, comme de nos jours, il y a eu contemporanéité du palais et de
    la masure, du fer et du silex.
    Au Moyen Age, en France, les couteaux de silex étaient encore utilisés par les
    paysans pauvres ; les Celtes employaient conjointement les outils en fer, en bronze,
    en or et en silex.
    En 1912, il existait encore des paysans français qui labouraient leurs terres avec
    des charrues à soc en bois. En 1963, l'âge du silex n'est pas encore révolu, de
    même qu'il y a 20 000 ans l'âge de fer n'était pas généralisé. La coexistence fut
    donc possible - et probable - aux époques les plus reculées.
    Il ne fait aucun doute que nos aïeux préhistoriques possédaient une culture
    beaucoup plus avancée qu'on l'imagine ; l'utilisation du silex n'était que le lot des
    classes inférieures.
    La science et les techniques de fabrication se transmettaient sans doute entre
    initiés qui accaparaient le pouvo'
    ir. Ce qui était écrit en écriture hiératique sur
    les briques de Glozel était absolument impénétrable au vulgaire.
    Parallèlement à la civilisation de Glozel, il est certain que des civilisations, plus
    raffinées encore, existaient en d'autres points du globe, principalement à Tiahuana
    co en
    Bolivie.
    Mais les hommes évolués de Tiahuanaco et de Glozel se trouvaient impuissants à
    faire pénétrer leurs connaissances dans la masse humaine, au même titre que nos
    physiciens et nos biologistes s'ils enseignaient les Zoulous ou les Papous.
    Et d'ailleurs, voulurent-ils révéler leur savoir ?
    44
    Apporter la science sans avoir le pouvoir temporel absolu eût été pour les initiés
    le recommencement du crime ancestral dont ils avaient mission de préserver
    l'humanité.
    Les connaissances supérieures étaient-elles un legs de civilisations terrestres très
    anciennes ou avaient-elles une origine extraterrestre ?
    Deux quasi-certitudes nous guident: une civilisation très avancée a précédé notre
    époque préhistorique; l'aventure cosmique que nous allons vivre a été vécue par
    d'autres humains.
    Il est absurde, illogique, de raisonner à partir d'ancêtres inférieurs, ridicules,
    dépourvus d'intelligence et même d'instinct 1.
    La tradition et le bon sens militent en faveur d'ancêtres supérieurs ayant accompli
    une chaîne complète d'évolution avant de sombrer, par la faute d'un cataclysme
    atomique que répudie la science classique, mais qu'admettent les textes sacrés et
    les traditions.
    Le drame de la préhistoire
    Cette catastrophe nucléaire ne peut être ni fixée ni calculée, car elle a faussé le
    processus naturel de modifications cellulaires et engendré spontanément des
    mutations qui eussent demandé, dans des conditions normales de pressîon et de
    température, plusieurs millions d'années.
    Les estimations sont donc fausses dans la plupart des cas, ce qui explique
    l'incertitude des préhistoriens qui, par exemple, selon leur bon plaisir, donnent au "
    premier ancêtre " humain, l'Homme de Fontéchevade, 100 000 ans,
    2
    400 000 ans, 700 000 ans, 800 000 ans d'âge
    1. Tous les animaux ont une intelligence et un instinct qui, par exemple, leur
    donnent la science infuse de la construction. Cette science, les moules, les
    papillons, les fourmis, les chenilles, les oiseaux l'ont à un degré suprême. La
    préhistoire classique refuse ces facultés créatrices à l'Homme.
    2. L'Homine de Fontéchevade (qui n'était qu'un crâne) fut trouvé en Charente
    dans une caverne aujourd'hui écrasée, dans des terres argileuses et si humides que
    toute conservation y était impossible. Les préhistoriens, par complaisance,
    45
    La parabole du péché originel révélé par la Bible trouve sa véritable signification
    et une relation évidente avec l'hypothèse atomique et la crainte ancestrale,
    universelle, millénaire de la fusion des métaux et plus particulièrement du fer.
    Le fer a toujours été considéré comme le " métal maudit", le métal du Diable et de
    Vulcain. Tous les textes anciens, les Vedas, le Talmud, la Bible, les chroniqueurs
    Hésiode, Lucrèce, les traditions égyptiennes et romaines, le nomment métal vil et
    pernicieux, et sa fusion est considérée comme oeuvre diabolique.
    Jadis, les ouvriers qui le fabriquaient étaient relégués au dernier échelon de
    l'humanité, et de nos jours encore, les Haddades du Sahara, derniers artisans
    forgerons dont la technique remonterait à l'an 6000 av. J.-C. forment une caste à
    part, méprisée des autres nomades, et vivent dans des campements à l'écart. Ce
    qui est aussi le cas des gitans qui pratiquent la fusion.
    Pourtant, l'air, l'eau, la terre et le feu exceptés, c'est le fer qui est le guide des
    civilisations, avant l'or, le blé, le tissu et peut-être le bois.
    Rien de ce qui fait l'orgueil des savants ne saurait exister sans lui: ni l'électricité,
    ni l'avion, ni le transatlantique, ni la fusée sidérale, ni la bombe atomique, ni les
    centrales d'énergie, ni les usines, ni le plus petit atelier d'artisan.
    On peut dire que dans la formule établie de notre civilisation, le fer s'identifie avec
    la science.
    Alors, comment expliquer l'universelle malédiction qui le frappa toujours et
    partout, sinon par le fait d'un cataclysme dont il fut responsable ?
    Les hommes préhistoriques eux-mêmes fuyaient les contrées à minerai ferreux,
    comme saisis de panique, et se fixaient sur la bonne terre mère, argileuse et
    calcaire.
    Or, l'homme préhistorique - l'homo sapiens - s'il avait cette crainte, s'il était abêti,
    détérioré.... s'il avait dégrinaccordèrent
    à ce crâne un âge fabuleux: 500 à 800 000 ans. Nous rectifions: à
    grand-peine, il peut avoir 5 000 années !
    46
    golé l'échelle évolutive, n'était-ce pas à la suite d'un cataclysme ou d'un accident
    auquel le fer avait été associé ?
    C'est cet accident qu'il fallait identifier pour comprendre la préhistoire... le drame
    de la préhistoire.
    L'hypothèse d'une humanité supérieure, soumise à une explosion atomique il y a
    des centaines de milliers d'années et, corollairement, l'intervention d'extraterrestres,
    trouvent certains chaînons de vraisemblance que l'on est obligé de prendre en
    considération: l'incompréhensible abrutissement de l'homme préhistorique; la
    malédiction du fer; les messages transmis par la plupart des théologies; le mythe du
    paradis perdu ; les traditions éparses faisant état de races et de continents disparus ;
    les découvertes insolites, Tiahuanaco, Glozel ; enfin ce destin que nous avons la
    certitude intime d'avoir vécu.
    Nous commençons à imaginer la genèse du monde depuis que des savants, en
    produisant des énergies considérables de l'ordre de 39 millions de kilojoules, ont
    créé des corpuscules pesants, ce qui revient à dire, qu'avec de l'énergie on a créé de
    la matière, qu'avec rien on a créé quelque chose.
    On pense donc désormais que le monde a pu naître à la faveur d'un orage
    cosmique, d'abord sous la forme de corpuscules qui ont engendré des cellules. La
    prolifération s'est développée, sans doute sous de hautes pressions et dans une
    température élevée - la " soupe chaude " des Américains - favorable aux mutations.
    On peut admettre l'évolution biologique classique allant des ultravirus aux
    protozoaires, des poissons aux amphibies et jusqu'à l'homme, qu'une mutation
    exceptionnelle créa immédiatement apte, par son intelligence et ses facultés, à
    développer une civilisation certainement supérieure à celle des animaux les mieux
    doués: fourmis, abeilles, termites 1.
    1. L'Église n'interdit pas la doctrine de l'évolution, pour autant qu'elle recherche si
    le corps humain fut tiré d'une matière déjà vivante, car la foi catholique nous oblige à
    maintenir l'immédiate création des âmes par Dieu. Encyclique Humani Generis -
    (12/8/50).
    47
    Puis l'homme procréa, étendit son empire sur la nature et déroula vers le futur le
    prodigieux destin des êtres hors série.
    Il y a des centaines de milliers, de millions d'années, les hommes de la Terre
    possédaient une civilisation à peu près identique à la nôtre. Ils avaient érigé des
    cités puissantes, de vastes usines. Par les océans, leurs flottes assuraient des
    échanges commerciaux entre les continents, et dans le ciel leurs fusées établissaient
    des liaisons avec les planètes voisines et peut-être avec des étoiles.
    Ces ancêtres, qui connaissaient leur origine, utilisaient les télécommunications, la
    radio, la télévision et leurs usines atomiques leur dispensaient un progrès raffiné.
    Ensuite, il y eut une catastrophe brutale (explosion nucléaire) ou une lente
    détérioration. Le progrès se retournait contre la société. L'infiniment petit dévorait
    l'infiniment présomptueux.
    En un jour ou en deux siècles, l'humanité fut décimée. Seuls survécurent
    quelques individus: ceux qui eurent la chance de s'exiler vers une planète voisine et
    d'autre part les exceptions qui confirment la règle et que nous retrouvons aujourd'hui.
    Tout fut à recommencer sur la Terre.
    On ne peut que supposer ce qu'il advint des hommes enfuis vers la Lune, Mars,
    Vénus ou quelque étoile lointaine, mais nos connaissances actuelles sur le problème
    de l'irradiation nous permettent de reconstituer en partie le drame des rescapés qui
    demeurèrent sur la Terre.
    Ces hommes déchus, nous les imaginons d'autant plus aisément que leur
    mésaventure préfigure notre propre destin.
    Donc, sur la Terre des hommes irradiés survivent, mais presque tous ont perdu
    leur instinct, leur intelligence, par suite de mutations désastreuses. L'homo sapiens
    ne redescend pas au stade originel: il s'engloutit dans des abîmes d'inconscience et
    de déchéance qui le placent au plus bas du règne animal. E devient physiquement
    plus hébété, plus démuni que le singe ou l'insecte. Pourtant, il demeure un
    48
    homme, avec au tréfonds de lui-même l'étincelle divine d'où peut jaillir la
    régénérescence. Peut-être est-il devenu un homme à peau noire, peut-être n'a-t-il
    jamais eu la peau blanche ?
    Cet homme larvaire, au fil des millénaires, remonte lentement la pente,
    reconquiert un embryon d'intelligence et la plupart de ses qualités supérieures.
    L'homme des Temps irradiés invente ou réinvente l'outil en silex éclaté ; il se
    construit une hutte, puis une maison.
    De l'époque glorieuse, rien n'a subsisté : les cités, les usines ont disparu. Il ne
    reste plus rien de matériel, de tangible, rien sauf dans la conscience de quelques
    privilégiés, une petite lueur de souvenance et des bribes de savoir travesti.
    Le cochon 31 1
    Les hommes nouveaux commencent à repeupler la Terre et ceux qui conservent
    le savoir se groupent quand ils le peuvent.
    Pourtant, il y eut, mais vite digéré par le magma, le rescapé unique - sinon
    plusieurs - et cette hypothèse est appuyée par la très étonnante aventure du cochon
    31 1, lors de l'expérience atomique de Bikini'.
    Parmi tous les animaux soumis à l'irradiation, singes, lapins, cobayes, chèvres, un
    cochon portant le matricule 31 1, parqué sur un vieux navire de guerre, fut projeté à
    la mer par l'explosion. il nagea jusqu'à l'atoll et, peu après, fut recueilli et soumis à un
    examen approfondi.
    Les autres bêtes étaient irradiées, mortes ou en survie passagère. Seul de tous
    les animaux témoins, le cochon 311 était miraculeusement indemne, sans explication
    raisonnable possible. il vécut longtemps et procréa de façon tout à fait normale.
    1. Rapporté par André Maurois: Nouveaux discours du docteur O'Grady.
    49
    La légende de la création
    Nos quatre grandes races humaines ont-elles un ancêtre commun ? C'est
    vraisemblable, mais la nature, en paraissant leur donner une sorte de hiérarchie,
    trouble profondément notre jugement.
    Une curieuse légende, en expliquant la création de l'homme, détermine une vision
    prophétique de l'avenir.
    Au début, il n:y avait pas d'homme sur terre et Dieujugea bon d'en modeler un.
    R le fit avec de l'argile, mettant toute son application à l'enfanter
    harmonieusement et différent des autres créatures terrestres. Puis il mit la statue
    dans un four et chauffa neuf jours.
    Quand il la sortit, elle était brûlée, toute noire et Dieu dit: - Bah, ce sera un
    homme quand même.
    La deuxièmefournée dura huitjours, mais la statue avait pris un coup de feu, elle
    était rouge et Dieu fut mécontent.
    Il ftt une troisième statue et la mit au f eu six jours seulement.
    Elle était toute blanche, à peine cuite et Dieu dit:
    me faut encore recommencer
    La dernière fournée, qu'il fit cuire sept jours, fut la bonne et la statue sortitjaune,
    dorée à point.
    - Celui-là sera l'homme parfait! dit Dieu.
    Certains ethnologues modernes pensent que la race noire pourrait être la race
    terrestre originelle, les vrais hommes de la planète Terre. Mais on peut tout aussi
    bien envisager les Noirs et les Blancs comme issus des survivants diversement
    mutés de la race des ancêtres supérieurs.
    La supériorité intellectuelle de la race blanche est d'autre part interprétée de
    différentes façons :
    l' Les hommes blancs descendraient d'une humanité extérieure à notre planète.
    C'est la thèse, de certains américanistes et de ceux qui admettent l'hypothèse de
    Tiahuanaco-Atlantide.
    50
    2c' Les hommes blancs seraient les descendants directs, n'ayant subi aucune
    mutation notable, des ancêtres supérieurs de la primhistoire. En eux auraient
    survécu et subsisté l'instinct héréditaire et la souvenance du message.
    (En ce cas, les hommes noirs, jaunes et rouges seraient des descendants qui
    auraient subi une irradiation beaucoup plus prononcée.)
    Il est séduisant de penser que les Vénusiens de Tiahuanaco étaient d'anciens
    Terriens revenus sur la planète mère après des millénaires d'absence. Notre
    système solaire n'étant pas le plus vieux du Cosmos, il est possible encore que les
    premiers habitants de la Terre et de Vénus aient été issus d'une autre galaxie.
    Aujourd'hui, il est acquis que l'humanité presque tout entière redoute une
    prochaine fin du monde et prévoit la colonisation d'une planète où pourraient se
    réfugier des rescapés.
    Bien avant un siècle, des hommes terrestres auront probablement fondé un
    empire dans le Cosmos.
    Des Américains sont allés sur la Lune, d'autres cosmonautes " assoliront " sur
    Vénus ou sur Mars avant l'an 2000. Si trois ans ou cent ans après cet exode
    extraterrestre, notre humanité périclitait et sombrait, anéantie par un cataclysme
    atomique, serait-ce la fin des hommes ?
    Une réponse se présente immédiatement: les Terriens, exilés sur une planète,
    reviendraient peupler la Terre. Des Terriens ou d'autres êtres planétaires.
    Cette conjecture est actuellement parfaitement admissible. Dans la crainte d'un
    cataclysme atomique terrestre, des nations s'inquiètent, s'affolent 1 et ressentent les
    prodromes de la Grande Peur de l'an deux mille; déjà pris de panique, des
    Américains se suicident ou construisent des
    1. A Helsinki, le dimanche 3 décembre 1961, un violent orage fit croire à
    l'éclatement d'une bombe atomique. Les Finlandais, pris de panique, téléphonè-rent
    aux journaux et à l'Observatoire ; la foule se précipita dans les rues, tandis
    que les gens se terraient dans les caves par crainte des radiations atomiques.
    51
    abris antiatomiques individuels, familiaux, et même pour le bétail 1.
    Les plus optimistes espèrent que les hommes, déjà frappés dans la procréation 2
    et dans leurs facultés de réadaptation fonctionnelle, auront un répit de 150 ans avant
    de ne plus être aptes à procréer, sinon des mutants.
    Ces mutants, ou les exilés revenus sur la Terre, serontils les hommes des temps
    futurs ? Le futur est à l'image du passé et le cosmos tout entier n'est peut-être qu'un
    éternel
    recommencement.
    Voilà ce que confirment la tradition et les découvertes fortuites, qui sur tous les
    continents, semblent vouloir guider les hommes vers des hypothèses qu'ils avaient
    peur de formuler.
    1. Des Américains très impressionnables construisent la nuit, dans leur propriété,
    depuis l'automne 1961, des tranchées-abris individuelles bétonnées et pour-vues de
    ravitaillement en conserve dans des emballages de matière plastique. Dans le
    Nebraska (USA), M. Gordon Roberts, un fermier, a construit un abri antiatomique
    pour ses 200 vaches et ses 3 taureaux !
    2. Statistique 1960 : 9 femmes sur 10 accouchent prématurément. Très souvent
    avec un mois d'avance. En ville, les fractures osseuses nécessitent un plâtrage de
    90 jours (pour une jambe) contre 40 jours en 1930. Fréquemment, la recalcification
    demande des années: parfois elle ne se fait pas du tout, sans qu'il soit question de
    tuberculose. Il est devenu courant dans les hôpitaux d'envoyer à Berck, à Roscoff ou
    à Quiberon, des accidentés n'ayant eu qu'une simple fracture. La Sécurité Sociale
    reconnaît ces dispositions. Les raisons de ces anomalies et de cette détérioration
    physiologique : les psychoses, les produits pasteurisés, les antibiotiques, la
    chimiatrie à outrance, la radioactivité, la radiothérapie, la télévision et sans doute
    aussi les ultrasons, l'électricité, etc.
    3
    Tiahuanaco
    Entre la première civilisation et la nôtre, il existe des chaînons et, en premier lieu,
    les civilisations pré-incaïques de la cordillère des Andes et de Glozel.
    Déjà, en 1876, l'archéologue français Wiener écrivait: Un jour viendra où l'on
    pourra dire des civilisations classiques des Pharaons, des Chaldéens, des Brahmes:
    vous êtes cataloguées dans nos livres comme étant les plus anciennes, mais la
    science prouve que la civilisation 'pré-incat'que de Tiahuanaco est de plusieurs
    milliers d'années antérieure à la vôtre.
    Les civilisations pré-incaïques interfèrent-elles avec l'histoire ou avec le mythe de
    l'Atlantide ? Probablement. Platon n'est plus le seul partisan de la théorie des
    ancêtres supérieurs.
    Dans son livre Un roman de Tanger. La Guerre nouvelle', l'archéologue et
    écrivain René Gau apporte à cette théorie de l'Atlantide et à l'origine extraplanétaire
    des Atlantes une contribution nouvelle fondée sur la découverte, à Our, de
    plaquettes gravées que détiendraient les services politiques américains.
    Ces plaquettes provenant des fouilles archéologiques effectuées par Wooley en
    1927, si elles sont authentiques, ajoutent à l'étude de la primhistoire des indices qui
    rejoi-
    1. Tip, Hispano, Arabiga, Tanger 1951.
    53
    gnent curieusement les hypothèses que nous avançons conjointement avec les
    savants et historiens d'avant-garde : les Russes Jirov, Agrest, et les Français Lucien
    Barnier, Louis Pauwels, Jacques Bergier et jean Nocher.
    Voici ce que M. René Gau écrit:
    R retraça toute l'histoire merveilleuse de la découverte en Chaldée (Irak) de la
    célèbre tombe du roi d'Our, par WooleY en 1927. Au printemps, les recherches
    méthodiques qu'il poursuivait allaient donner un résultat inattendu...
    En déblayant toujours, Wooley, sous un coffre à vêtements, découvrit le puits qui
    devait le conduire au tombeau du roi.
    Puis on nettoya encore une autre pièce, dans laquelle étaient de nombreux objets
    de valeur, dont un étendard où figuraient des dessins de scènes de guerre. Parmi
    les autres objets, l'un fut subtilisé habilement par un travailleur qui réussit à le
    dissimuler et à l'emporter, à la fin de son travail.
    Tout à fait par hasard, le professeur Gerboult (que nous soupçonnons être René
    Gau), correspondant du British Museum et d'un Office culturel de New York, retrouva
    le coffret volé à Wooley chez un antiquaire qui s'en dessaisit moyennant un prix
    excessif que seuls les Américains acceptèrent de payer.
    Le contenu de ce coffret était composé de pierres précieuses taillées et de bijoux
    gravés de signes intraduisibles'.
    Le professeur Gerboult garda intentionnellement 12 feuilles d'or sur lesquelles
    étaient dessinées des pictogra- 1. M. René Gau a écrit à propos dés signes
    cryptographiques gravés sur les plaques d'or: - La relation semblait toute différente
    de celle des plaquettes d'Our. Elle paraissait pour ainsi dire, un complément
    explicatif; elle parlait du précédent coffret et deux plans qui s'y trouvaient étaient
    expliqués. L'un indiquait le moyen de se rendre en Haute-Égypte à l'hypogée des
    rois atlantes et l'autre donnait le plan en étoile des tombeaux groupés des trente
    derniers chefs atlantes, rois dont le 1" et le 30' étaient placés au centre et très
    nettement marqués sur l'étoile plate. Le lieu semble avoir été fixé un peu
    approximativement, car les indications faisaient comprendre qu'il se trouvait entre
    vingt et trente jours de marche du Nil. Un point précis était néanmoins mentionné se
    situant à moitié chemin entre Assouan et l'oasis du désert à l'ouest. @s feuilles d'or
    apportaient aussi la confirmation de la venue sur la Terre en Atlantide d'êtres
    humains très perfectionnés, débarqués des cieux, il y a 15 000 ans environ. "
    54
    phies, et une étoile à sept branches de 12 centimètres de diamètre.
    La relation se poursuit ainsi
    J'appris par la traduction des textesgravés que les bijoux avaient une bien
    plusgrande valeur archéologique que commerciale. Ils constituaient des talismans
    précieux venus des Atlantes qui les tenaient eux-mêmes d'êtres se disant humains,
    frères eloignés des étoiles. Ceux-ci les visitèrent un jour, étant venus des
    profondeurs intersidérales sur un navire volant..
    Cette découverte devait servir de base à d'autres recherches archéologiques
    puisqu'elle confirmait les dires de Platon, avec, en plus, la nouvelle stupéfiante de
    l'existence defrères de notre humanité terrestre, nettement supérieurs à nous, issus
    d'autresgalaxies...
    Cette découverte s'apparente aux concepts nouveaux imaginés par les savants,
    les biologistes et les hommes de l'aventure interplanétaire. Mais les révélations
    d'Our - si l'on admet leur authenticité fort douteuse - n'ont pas, et de loin, la valeur
    des indices que l'on trouve sur les hauts plateaux des Andes.
    La ville la plus vieille du monde
    C'est par la Porte du Soleil que l'on pénètre de plain-pied dans le monde ignoré
    de Tiahuanaco, qui proclame son antique splendeur en Bolivie, à 4 000 mètres
    d'altitude.
    Un jour de mai 1958, un Français venant de La Paz découvrit, sur un plateau
    sablonneux, une ville en ruine:
    C'était Tiahuanaco, la plus vieille ville du monde.
    Ce Français, le journaliste Roger Delorme, n'était pas sans connaître l'histoire
    inca et les traditions des vallées andines. Il avait visité Cuzco, Pachacàmac,
    Ollantaytambo, et admiré les colossales constructions de pierres géantes dont
    certaines pèsent plusieurs tonnes.
    Les anciennes cités incas, Machu Picchu en particulier, l'avaient fortement
    impressionné par une majestueuse bar-
    55
    monie malgré leur gigantisme. Mais là, à Tiahuanaco, devant les pierres et les
    statues éparses sur des kilomètres, devant cette Porte du Soleil ciselée comme un
    bracelet maure, il subissait une emprise indéfinissable, une sorte de magie qui
    dépassait toutes les émotions ressenties sur les hauts lieux du Pérou.
    A Tiahuanaco, le désert était habité par un secret extraordinaire que l'esprit ne
    parvenait pas à identifier.
    Roger Delorme demeura plusieurs semaines sur le plateau bolivien, subjugué par
    la Porte du Soleil, interrogeant le monolithe brisé en son milieu (selon la tradition, par
    une pierre jetée du ciel), questionnant les indigènes, essayant de donner un sens
    logique et scientifique aux paraboles, aux images et aux pétroglyphes.
    Ces pétroglyphes gardèrent leur mystère littéral, mais point n'était besoin d'être
    grand clerc pour ressentir une étrange énigme, encore indéchiffrable, peut-être le
    secret de l'origine des hommes.
    Alentour, sur le plateau, des personnages monolithiques en grès, à grandes
    oreilles, avec des mains à quatre doigts, contemplaient de leur regard vide l'homme
    du xxl siècle qui essayait de comprendre leur message.
    L'origine de Tiahuanaco se perd dans les millénaires. Les Incas, lors de la
    conquête du Pérou par Fernand Pizarre, prétendaient qu'ils n'avaient jamais connu
    Tiahuanaco autrement qu'en ruine. Les Aymaras, le plus ancien peuple des Andes,
    disaient que la cité était celle des premiers hommes de la Terre et qu'elle avait été
    créée par le Dieu Viracocha avant même la naissance du soleil et des étoiles.
    Roger Delorme, quand il revint en France avec une moisson de notes, nous parla
    avec enthousiasme du haut lieu de la cordillère des Andes. Ce fut presque par
    hasard qu'il accrocha notre attention. Ce fut par hasard que le capitaine Tony
    Mangel, vieux coureur de mers, nous apprit qu'il avait été intronisé ambi (prêtre) en
    Amérique du Sud.
    En même temps, le capitaine nous mettait en relation avec l'énigmatique
    Rénovateur de la Religion du Soleil
    56
    inca: M. Beltran Garcia, biologiste espagnol et descendant direct de Garcilaso de La
    Vega, le grand historien de la Conquête.
    Ces hasards devaient amener un surprenant développement de la légende et de
    l'histoire de Tiahuanaco.
    M. Beltran tenait de son aïeul des documents inédits relatifs aux traditions
    andines. La Porte du Soleil, en ellemême, n'était qu'un témoignage incomplet. Les
    traditions andines, en elles-mêmes, n'étaient qu'une affabulation. Le tout, juxtaposé,
    faisait succéder aux interprétations fragiles des mythologies et des traditions
    américaines, égyptiennes, grecques et même babyloniennes, une explication enfin
    acceptable.
    L'Histoire, qui s'arrêtait aux dernières dynasties pharaoniques, venait de faire un
    bond dans le passé et se prolongeait maintenant jusqu'au dixième millénaire avant
    notre ère, sinon plus loin.
    Voici ce que révélaient les documents secrets de Garcilaso de La Vega, traduits
    et commentés par M. Beltran:
    Les écrits pictographiques de Tiahuanaco disent que dans lère des tapirs géants,
    des êtres humains très évolués, palmés, et d'un sang différent du nôtre, venant d'une
    autre planète, trouvèrent à leur convenance le lac le plus haut de la T@e'.
    Au cours de leur vogage interplanétaire, les pilotes lancèrent leurs excréments
    sans atterrir et donnèrent au lac la forme d'un être humain couché sur le dos.
    Ils n'oublièrent pas le nombril, endroit où se poserait notre première Mère,
    chargée de l'insémination de l'intelligence humaine.
    Cette lé gende, hier, nous aurait fait sourire. Au ourd'hui, nos hommesgrenouilles
    copient artificiellement les doigts palmés des colons de Tiahuanaco.
    Des indigènes andins vivent à des altitudes où le Blanc ne pourrait s'acclimater,
    ce qui est la preuve qu'il peut exister un autre sang (Sie).
    1. Traduction littérale.
    57
    Dans leurs puissants télescopes, les visiteurs sidéraux cherchèrent donc une
    altitude et un lac favorables à leur organisme et à leur vie amphibie.
    La signification d'" excréments " peut être: choses issues de l'aéronef pour
    modifier les contours du lac, peut-être bombes atomiques ?
    A noter que pour ruiner la tradition et discréditer le lac dans l'esprit des Andins,
    les cartesgéographiques le représentèrent jusqu'en 1912 avec une forme presque
    ronde. Au nom légitime du lac: Titi Pac du mystère et du soleil), on ajouta le sufftxe
    caca qui, dans beaucoup de langues, signifîe excrément.
    L'aéronef du lac Titicaca
    Ainsi donc, les documents du descendant de Garcilaso de La Vega faisaient état
    d'une Eve d'origine extraterrestre et d'engins interplanétaires.
    Ils donnaient aussi des précisions étonnantes.
    A lère tertiaire (ily a environ 5 millions d'années), alors que nul être humain
    n'existait encore sur notre planète peuplée seulement d'animaux fantastiques, un
    aéronef brillant comme l'or vint se poser sur l'île du Soleil du lac Titicaca.
    De cet aéronef descendit une femme ressemblant aux femmes actuelles pour tout
    le corps des pieds jusqu'aux seins; mais elle avait la tête en forme de cône, de
    grandes oreilles' et des mains palmées à quatre doigts.
    Son nom était @ Orejona " (grandes oreilles) et elle venait de la planète Vénus où
    l'atmosphère est à peu près analogue à celle de la Terre'.
    1. Les Grandes Oreilles (ou Orei@nes) formaient une caste supérieure en
    Amérique du Sud qui essaima jusqu'à l'ile de Pâques. Les statues géantes de
    Pâques et de Bâmiyan ont toutes de grandes oreilles et il est curieux de noter que
    les bouddhas de l'Inde ont également la même particularité. D'autre part, ce sont les
    Orejones qui, d'après Garcilaso de La Vega et Cieza de Leon, cachèrent les trésors
    des Incas dont les cachettes ne furent jamais divulguées par les initiés.
    2. Dans l'état actuel des observations astronomiques, on peut admettre que la
    planète Vénus est habitable, au moins sur les sommets de ses montagnes.
    58
    Ses mains palmées indiquaient que l'eau existait en abondance sur sa planète
    originelle et jouait un rôle primordial dans la vie des Vénusiens.
    Orejona marchait verticalement comme nous, était douée d'intelligence et sans
    doute avait-elle l'intention de créer une humanité terrestre, car elle eut des relations
    avec un tapir, animal grognant, marchant à quatre pattes. Elle engendra plusieurs
    enfants.
    Cette progéniture née d'un croisement monstrueux naissait avec deux mamelles,
    une intelligence amoindrie, mais les organes reproducteurs restaient ceux du tapircochon.
    La race était fixée.
    Un jour, sa mission accomplie, ou peut-être lasse de la Terre, et désireuse de
    revenir sur Vénus où elle pouvait avoir un mari à son image, Orejona reprit son vol
    en astronef Ses enfants, par la suite, procréèrent, se vouant surtout au destin de leur
    père tapir, mais dans la région de Titicaca une tribu demeurée fidèle à la mémoire
    d'Orejona développa son intelligence, conserva ses rites religieux et fut le point de
    départ des civilisations pré-incaïques.
    Voilà ce qui est écrit sur le fronton de la Porte du Soleil à Tihuanaco.
    Voilà ce qui avait accroché si vivement notre curiosité, puis provoqué notre
    stupéfaction lorsque nous identifiâmes sur les pétroglyphes des scaphandres
    autonomes, des engins à moteur mystérieux, des machines
    vraisemblablement sidérales: tout cela d'une netteté singulière.
    Si nets étaient ces dessins, qu'immédiatement une pensée nous vint: les anciens
    Aymaras ou ceux qui, quelque 10 000 ans avant notre ère, gravèrent ces figures, les
    avaient certainement enduites et fortifiées avec une préparation à base de silicone
    afin d'assurer la conservation de leur message (plastification
    Ce qui subsiste sur le haut plateau permet d'imaginer une antique cité (mais étaitce
    vraiment une cité ?) de dimensions considérables, avec des rues, des temples,
    des parcs publics. Les statues, les pierres gravées, les objets que
    59
    l'on trouve dans les sables à peine fouillés relèvent d'une technique assez
    rudimentaire analogue à celle des Aymaras, des Incas ou des Aztèques. On ne sait
    s'il s'agit d'un art primitif ou d'un art dégénéré.
    En revanche, la Porte du Soleil étincelle en cette jungle comme un pur joyau.
    A première vue, il semblerait que Tiahuanaco ait été la cité où des hommes peu
    évolués sculptèrent leurs dieux et leurs totems en même temps que d'autres
    hommes, infiniment plus habiles et cultivés, ciselaient leur message dans les frises
    de la Porte du Soleil.
    Plus tard, selon les géologues, un cataclysme ruina la cité, abattit les temples et
    les maisons: Tiahuanaco devint une ville morte. Peut-être les lois naturelles veulentelles
    signifier ainsi à la fois la fin d'un règne et la disparition d'une race.
    On ne manque pas complètement de documentation sur la cité ruinée, ensevelie
    ou submergée, et nous accordons un certain crédit aux révélations de Manuel
    Gonzales de la Rosa dans son opuscule Les deux Tiahuanaco 1.
    Le langage des cordelettes
    Gonzales de la Rosa, qui vécut longtemps au Pérou, rapporte les déclarations du
    quipocamayo (interprète des quipus incas) Catari, qui, retiré à Cochachamba au xvil
    siècle, traduisit à l'intention des jésuites le langage des énigmatiques cordelettes à
    noeuds.
    Le manuscrit de la traduction fut donné vers 1625 par le chanoine de Chuquisaca
    (Sucre), Bartolomé Cervantès, au Jésuite A. Oliva'. Depuis, le document est tenu
    secret - à la Bibliothèque Vaticane - mais l'essentiel de sa teneur est connu.
    1. Les deux Tiahuanaco, par Manuel Gonzales de la Rosa. Wien, 1909.
    2. Anello Oliva, chroniqueur italien de l'Ordre des jésuites, auteur d'une His-toire
    du Pérou particulièrement documentée sur la région du lac Titicaca.
    60
    7
    Voici en résumé la traduction du vieux Catari commentée par G. de la Rosa:
    Le nom primitif de Tiahuanaco était Chucara. La ville était entièrement
    souterraine et ce qui existait en surface n'était que le chantier de taille des pierres et
    le village des ouvriers.
    La cité souterraine donnerait la clef d'une étonnante civilisation qui remonte aux
    temps les plus reculés.
    On accédait à la cité par plusieurs entrées que virent le grand naturaliste français
    Alcide d'Orbigny 1 et les voyageurs Tschudi, Castelnau, Squier, qui parlent
    degaleries sombres etfétides débouchant dans l'enceinte de Tiahuanaco.
    Cette cité souterraine avait été édifiée pour permettre aux habitants d:y trouver
    une température plus clémente, ce qui prouve bien que l'altitude n'ajamais varié2.
    Auprès du lac Titicaca existait un palais dont il ne reste plus trace, car son
    édification remonterait, d'après les textes, à l'époque " de la création du monde " '.
    Le premier seigneur de Chucara, qui veut dire " Maison du Soleil ", s'appelait
    Huyustus; il avait partagé le "globe en plusieurs royaumes. Les derniers habitants de
    Chucara n'étaient pas les A"ymaras mais les Quéchas.
    A Tiahuanaco, on enterrait les morts couchés. Dans les îles du lac vivait une race
    blanche et barbue4.
    1. Alcide d'Orbigny, célèbre naturaliste (1802-1857), explora l'Amérique du Sud
    durant sept années de 1827 à 1834. Auteur de nombreux ouvrages qui font autorité
    dans le monde entier. La partie principale de son livre Voyage dans lAmérique
    méridionale traite de la Bolivie et a été traduite en espagnol sous le titre Description
    Geografica, Historica y Statistica di Bolivia. Paris, 1846. C'est dans cet ouvrage que
    Gonzales de la Rosa puisa sa référence.
    2. Le quipocamayo Catari n'a pas dit explicitement (d'après les cordelettes) que
    la race de Tiahuanaco était d'origine extraterrestre ; pourtant il faut, là encore, noter
    la convergence des traditions rapportées par Beltran, Gonzales de la Rosa et les
    découvertes des savants russes. Si les habitants de Tiahuanaco avaient été des
    autochtones, la nécessité d'une cité souterraine ne se fût pas fait sentir.
    3. Garcilaso de La Vega a parlé de ce palais.
    4. Encore un indice : les habitants et vraisemblablement la caste
    supérieure
    des îles (et, l'hiver, de la cité souterraine ?) n'étaient pas de race rouge, mais
    blanche. Toujours l'indication d'une race extérieure aux Andes.
    61
    Pour Gonzales de la Rosa, les ancêtres des Uros étaient les fondateurs de
    Tiahuanaco.
    Cette tradition fort peu connue, même des américanistes, appuie la thèse de
    l'origine étrangère des colons installés autour du lac Titicaca. D'ailleurs, toutes les
    traditions assurent que, précédant dans une haute antiquité l'avènement des Incas,
    une caste supérieure d'hommes blancs s'était établie dans les Andes.
    Garcilaso de La Vega écrit:
    Le Dieu Soleil, ancêtre des Incas, leur envoya dans des temps très anciens un de
    ses fils et une de ses filles pour leur donner la connaissance, délégués que les
    hommes reconnurent comme divins à leurs paroles et à leur teint clair.
    Pedro Pizarre, cousin du Conquistador, dit dans sa chronique'.
    Les femmes nobles sont agréables à regarder; elles se savent belles et le sont en
    effet. Les cheveux des hommes et des femmes sont blonds comme les blés et
    certains individus ont la peau plus claire que les Espagnols.
    Dans ce pays, j'ai vu une femme et un enfant dont la peau était d'une blancheur
    inaccoutumée. Les Indiens prétendent qu'il s'agit de descendants des idoles ges
    dieux).
    Ces idolos qui apportèrent la science, pourrions-nous les identifier comme les
    voyageurs de l'astronef vénusien, habitants des sommets de Vénus, là où le gaz
    carbonique des vallées fait place à un air plus pur et plus proche de l'air terrestre ?
    Les hommes bleus
    Une autre thèse, beaucoup plus séduisante, est apparue en URSS. Elle assimile
    les idolos aux mystérieux hommes à sang bleu qui, dans des temps lointains,
    constituaient une sorte d'élite.
    1. Descubrimientoy conquista de los Reinos del Peru, 1571.
    62
    En 1960, une revue russe, s'appuyant sur les relations de l'historien égyptien
    Manéthon, d'Hérodote, et sur les inscriptions du papyrus de Turin et de la Pierre de
    Palerme, apportait une contribution précieuse, à la fois à l'énigme de l'Atlantide et à
    celle de la venue d'extraterrestres.
    Dans son numéro de décembre 1960, la revue Atlantis sous la signature de
    l'archéologue Henry Bac, reprenait l'information.
    Les Russes posaient la question suivante: " Les Atlantes furent-ils un peuple bleu
    ? " en rappelant que Platon leur attribuait une origine autre que celle des hommes
    terrestres, et un sang différent.
    " D'après certaines traditions, révélait le document, les Atlantes auraient été les
    fondateurs de la civilisation égyptienne. Les chefs les plus anciens des dynasties
    divines, douze mille ans avant notre ère, étaient des Atlantes de race pure. "
    Les Egyptiens, poursuit Henry Bac, reproduisaient très soigneusement les objets
    sur leurs fresques et en respectaient les couleurs. Or, de quelles couleurs
    peignaient-ils leurs dieux ?
    Si Osiris était vert (dieu de la végétation renaissante), Thot était pigmenté, soit de
    vert, soit de bleu pâle Ammon et Shou étaient des dieux bleus. Pourquoi cette
    couleur fondamentale était-elle l'apanage des dieux égyptiens ? Une seule réponse
    nous semble possible: ces dieux seraient les descendants d'un peuple à peau bleue,
    ou considérés comme tels.
    Osiris et Thot, venus en Égypte et n'y trouvant pas les conditions de vie d'un pays
    de hautes montagnes, mais au contraire une plaine au climat chaud et ensoleillé, ont
    vu leur teint modifié par le hâle qui a fini par leur donner une peau olivâtre (bleu +
    jaune) représentée par la couleur verte sur les dessins des premiers Egyptiens.
    1. Atlantis - Revue d'Archéologie scientifique et traditionnelle, 30, rue de la
    Marseillaise, Vincennes, n' 204, nov.-déc. 1960.
    63
    Hypothèse admissible si l'on considère qu'il existe des peuplades d'" Indiens
    bleus " sur les hauts plateaux des Andes, dont la pigmentation a pour cause le
    manque d'oxygène dans le sang. Les Guanches disparus de l'île de Ténériffe, aux
    Canaries, avaient une peau olivâtre.
    Il est biologiquement possible que la peau prenne une teinte azur assez vive par
    incorporation de grains de mélanine, pigment caractéristique des peaux noires. Ce
    phénomène explique la présence des teintes bleu clair, bleu foncé et violette sur la
    peau de certains singes.
    Il existe des " hommes bleus " aux environs de Goulémine, au sud d'Agadir, et les
    Pictes de l'Écosse antique avaient coutume de s - teindre la peau en bleu.
    Il est curieux, enfin, de citer la notion bien connue de " sang bleu " que l'on
    emploie à propos de la noblesse ancienne. On notera que cette notion, très
    ancienne, est originaire de la péninsule Ibérique. Habituellement, on la rattache au
    séjour effectué en Espagne méridionale par la tribu des Vandales, mais cette
    explication n'est pas satisfaisante.
    Lorsqu'on examine tous ces faits par rapport à la géographie, on s'aperçoit que
    dans la plupart des cas l'existence de tribus à la peau olivâtre ou bleue, naturelle ou
    teinte artificiellement, est liée au littoral atlantique.
    On en vient donc à imaginer que les Atlantes, habitant une contrée aux
    montagnes élevées, constituaient une population à peau bleue, par suite des
    conditions biologiques de l'hérédité et du milieu, race déjà en voie d'extinction qui
    perdit ses caractéristiques au moment de la disparition de l'Atlantide.
    Cependant en signe d'appartenance à l'antique race, les descendants de la
    dynastie régnante de l'Atlantide s'habillaient de vêtements bleus à l'occasion des
    fêtes, tandis que certains peuples du littoral atlantîque européen et africain se
    teignaient artificiellement la peau pour ressembler aux puissants Atlantes.
    Hypothèse que renforce Platon en révélant que lors des sacrifices nocturnes et des
    lits de justice
    64
    des rois " atlantes ", ceux-ci revêtaient, pour une raison inconnue, des habits de
    teinte bleu azur foncé.
    E est possible que la perte de la pigmentation provînt chez les Atlantes d'une
    migration ultérieure qui eut pour conséquence de les faire vivre dans des régions
    moins élevées, circonstance qui détermina la disparition de la carence d'oxygène
    dans le sang, ainsi que celle du teint bleu qui en résultait et qui était demeuré stable
    durant des millénaires.
    Henry Bac, analysant cet exposé soviétique, ajoute que l'expression " sang bleu "
    est employée encore de nos jours en Amérique du Sud: dans certaines contrées de
    la côte du Pacifique, on dit d'une personne issue de l'union d'un Indien et d'un
    Européen qu'elle est de - sang bleu ".
    En Europe, cette expression désigne explicitement des individus prétendus de
    haute et antique noblesse.
    En Russie, en Mongolie, les nobles étaient réputés de sang bleu ce qui,
    incontestablement, rejoint l'idée de supériorité.
    Les déclarations de Platon et l'exposé russe prennent une singulière valeur si on
    les applique à des êtres extraterrestres venus de la planète Vénus où la haute teneur
    en gaz carbonique expliquerait une pigmentation naturellement bleue.
    Vénus, la planète " bleue " des Anciens, avec ses montagnes de 4 000 mètres, sa
    végétation et sa température par endroits supportable par l'homme, selon les
    données de la fusée américaine Mariner II, serait-elle la patrie originelle des hommes
    bleus, des Atlantes, de la race de Tiahuanaco et de Glozel ?
    Il n'est peut-être pas inutile de rappeler que des événements extraordinaires,
    notés par des astronomes antiques, se sont passés sur Vénus à une époque très
    reculée. Saint Augustin rapporte, d'après Varron, que Castor le Rhodien a laissé,
    écrit, le récit d'un prodige étonnant qui se serait opéré dans Vénus.
    Cette planète qui avait plusieurs satellites aurait changé de couleur, de grandeur,
    de figure et de course.
    65
    Ce fait sans précédent serait arrivé du temps du roi Ogygès', comme l'attestent
    Adrastus, Cyzicenus et Dion, nobles mathématiciens de Naples.
    De quel ordre était le prodige ? Collision ? Explosion nucléaire ? Nous ne
    pouvons le dire, mais il est vraisemblable que, "planète soeur" pourvue d'un ou de
    plusieurs satellites maintes fois observés, Vénus est liée à l'histoire de notre
    humanité.
    Les temps ne sont peut-être pas loin où ces satellites fantômes s'identifieront
    avec des engins spatiaux dirigés, et peut-être avec l'astronef " brillant comme l'or "
    qui transporta sur notre Terre des transfuges de Vénus contraints de quitter leur
    planète menacée.
    Il est curieux aussi de noter que les Russes, pionniers de la course au Cosmos -
    le retour aux sources ? - s'acharnent à relier le mystère de Vénus à celui de
    Tiahuanaco.
    L'archéologue américain A. Posansky a découvert cinq civilisations successives
    anéanties par des catastrophes naturelles, dont deux inondations ou déluges, ce qui
    authentifierait la très haute antiquité de Tiahuanaco et accréditerait certaines
    approximations de l'ordre de 15 000 à 40 000 ans 2.
    Certains américanistes, comme Denis Saurat et Hoerbiger, ont expliqué ces
    catastrophes par une effarante théorie où la Lune, descendue à proximité de la
    Terre, aurait aspiré les eaux océaniques dans la zone sud-américaine. En
    conséquence, les mers, désertant le reste du monde, se
    1. Ogygès: dans la mythologie grecque, Ogygès avait pour père Neptune et pour
    mère l'Océan. n est donné comme le plus ancien roi de l'Attique et son règne fut
    marqué par un déluge à une époque très incertaine puisque l'adjectif grec ogygios
    signifie : - fabuleux, précédant toute connaissance historique ", et se rattache aussi à
    l'idée de cataclysmes antiques. Ogygès serait le fondateur de Thèbes et son
    existence est attestée par la plupart des traditions de l'ancien et du nouveau monde.
    Dans l'étymologie sanscrite, Ogygès = aughaga signifierait né au déluge. Voilà donc
    une relation qui associe sous le signe d'Ogygès : le déluge, la planète Vénus,
    l'Océan, l'Égypte, les Hommes Bleus, et Tiahuanaco, ce qui ne manque pas d'être
    troublant.
    2. Saurat : L'Atlantide et le règne des géants, Denoël 1954. Saurat épouse à ce
    sujet les théories de H. S. Bellamy et d'Hoerbiger.
    66
    seraient accumulées en une gigantesque bulle d'eau salée autour de Tiahuanaco,
    qu'elles auraient engloutie.
    Saurat appuie cette hypothèse sur l'existence d'une ligne de sédiments marins
    longue de 700 km.
    " Cette ligne, écrit-il', commence près du lac Umayo au Pérou à près de 100
    mètres de hauteur au-dessus du niveau du lac Titicaca et passe au sud de ce lac, à
    30 mètres audessus du niveau de l'eau et va se terminer en s'inclinant de plus en
    plus bas vers le sud... Il y a donc eu là une mer ", explique-t-il, et il poursuit quelques
    pages plus loin: " Les quais du port de Tiahuanaco existent encore et ils sont, non
    pas à portée du lac périmé, mais sur la ligne de sédiments... "
    Par malheur, la réalité est au-dessus de la fiction.
    L'altitude de Tiahuanaco est de 3 825 m, celle du lac de
    3 812 m.
    La ligne sédimentaire étant située entre 100 m et 30 m au-dessus du niveau du
    lac, le soi-disant " port " de Tiahuanaco aurait donc été le port d'une ville immergée à
    87 m sous les eaux ! Ce n'est pas très sérieux.
    En revanche, entre autres hypothèses - et pour sacrifier au mythe de l'Atlantide -
    on peut admettre que lors des pluies qui s'abattirent sur terre à l'époque du Déluge,
    la cité souterraine de Tiahuanaco fut engloutie sous des avalanches d'eau, de boues
    et de terres délayées, ce qui, en particulier, donnerait un sens à cette Porte du Soleil
    qui ouvre sur le vide d'une demeure ou d'une cité inexistantes.
    Les pétroglyphes de la Porte du Soleil ont réservé aux astronomes et aux
    techniciens de l'astronautique de vives surprises. Les dessins représentent peut-être
    des engins interplanétaires ainsi que les avait décrits le descendant de Garcilaso de
    La Vega:
    L'idéogramme sur la tête du personnage est un astronef terrestre (tête de jaguar:
    force, vie terrestre; cônes st"ylisés cabines, habitats ; tête de condor: voyage,
    espace).
    1. L'Atlantide et le règne des géants, p. 49, de Denis Saurat.
    67
    Cette interprétation de M. Beltran rejoint celle des savants en ce qui concerne les
    dessins gravés sur le personnage : scaphandre interplanétaire avec moteur à
    l'arrière. Dans l'oiseau: moteur à réaction ou plus vraisemblablement à répulsion, la
    force motrice utilisée résultant sans doute " de la décomposition des rayons solaires,
    ou de leur désintégration en leurs deux polarités, comme ils se décomposent dans
    les six couleurs du spectre "'.
    Le physicien français jean Plantier a étudié cette force ion-solaire qui, bientôt sans
    doute, propulsera les fusées sidérales, si ce n'est déjà fait.
    D'autre part, l'ingénieur soviétique Alexandre Kazantsev a identifié un calendrier
    vénusien sur la Porte du Soleil à Tiahuanaco.
    - Le plus ancien calendrier de la Terre, dit-il, avec années de 225 jours terrestres.
    S'il ne s'agit que d'une coïncidence, elle est étonnante Et, rebaptisant la Porte du
    Soleil, le savant russe pose une interrogation:
    - Comment les ancêtres des Incas ont-ils pu connaître l'année vénusienne et
    pourquoi s'intéressaient-ils si particulièrement à cette planète ?
    On peut donc avancer que ces hypothèses de savants matérialistes accréditent
    singulièrement la tradition d'Orejona , l'Eve de Vénus, arrivée, il y aurait peut-être des
    millions d'années, en astronef à tuyères sur notre globe terrestre.
    Bien entendu, la tradition d'Orejona (tout comme les dessins de la Porte du Soleil)
    a été déformée. Les descendants de Vénusiens - nos ancêtres ? - avaient sans
    doute oublié la technique du voyage sidéral, mais ils avaient été initiés à certaines
    connaissances scientifiques. Sentant confusément que leur civilisation dégénérait,
    les derniers
    1. Il est évident que le spectre ne comporte que six couleurs et non sept: les trois
    couleurs fondamentales, bleu, jaune, rouge et les trois secondaires résultant de leur
    mélange deux par deux: vert, orangé et violet. L'indigo, juxtaposition du violet et du
    bleu est une couleur tertiaire... mais alors il y en a bien d'autres
    68
    initiés léguèrent aux humanités futures le message de la Porte du Soleil.
    Ces ancêtres américains étaient-ils les Atlantes ? Cette hypothèse expliquerait à
    la fois la révélation de l'Atlantide par Platon 1 dans le Timée et dans le Critias, et la
    soudaine, merveilleuse et incompréhensible apparition de la civilisation égyptienne.
    Un exil en Égypte
    En tout cas, il est certain que la haute civilisation de Tiahuanaco se développait
    parallèlement à l'époque du néolithique et sans doute du paléolithique. En
    Amérique, habitaient alors des hommes qui dessinaient des fusées sidérales, tandis
    qu'en Europe, en Asie et en Afrique végétaient des hommes beaucoup moins
    évolués - peut-être d'une autre origine - à peine capables de tailler leurs outils dans
    le silex.
    Reste à connaître la nature du cataclysme qui brisa brutalement l'évolution des
    Andins du Pérou. Il y eut des déluges, peut-être des éruptions volcaniques, mais ces
    fléaux naturels ne peuvent expliquer la destruction du génie. Tiahuanaco fut habitée
    par des hommes à connaissances scientifiques poussées à qui succédèrent des
    hommes de moins en moins instruits qui tous vécurent comme en vase clos sans
    que le reste de la terre ressentît leur rayonnement.
    1. Nous rappelons brièvement la relation de Platon : " Écoute, Socrate, dit
    Critias, une histoire admirable mais très vraie que raconte Solon... d'après une
    confidence des prêtres de Saïs " dont les livres sacrés contenaient leur histoire
    pendant une suite de 8 000 années (en 400 av. J.-C.). " Avant le Déluge, le royaume
    d'Atlantide (en mer Atlantique) était une île plus étendue que la Libye et l'Asie
    réunies (donc un continent). Un terrible tremblement de terre joint à un déluge
    procuré par une pluie continuelle et torrentielle d'un jour et d'une nuit, entrou vrit la
    terre... et l'Atlantide disparut sous la mer. " Tel est, Socrate, le résumé de ce que
    mon bisaïeul disait avoir appris de Solon. " Socrate lui répondit: Il est important qu'on
    regarde ce que tu viens de dire, non comme une fable inventée par nous, mais
    comme une histoire vraie. "
    69
    Cette race andine fut sans doute victime d'un mal qui frappa ses facultés de
    reproduction après un stade d'amoindrissement intellectuel, si bien queue disparut
    par nonprocréation. On peut imaginer le drame: la race, à son apogée, est victime
    d'une irradiation pour avoir joué avec des forces dangereuses. Les survivants se
    savent condamnés. Les derniers à conserver une bribe de savoir inscrivent leur
    douloureux message sur la frisure de la Porte du Soleil.
    Ensuite la race est anéantie: Tiahuanaco ne sera jamais achevée.
    Une deuxième hypothèse, parallèle, est plus vraisemblable et plus séduisante :
    des êtres de la planète Vénus ont soudainement apporté sur le plateau andin une
    civilisation merveilleuse.
    Leur colonisation expliquerait la présence, à l'époque préhistorique, de cette
    enclave à quatre mille mètres d'altitude, dédaignant les hommes du néolithique et
    incapable peut-être de trouver des possibilités de vie ailleurs qu'autour du lac
    Titicaca (nous revenons à la tradition).
    Ces Vénusiens à quatre doigts entretiennent des échanges avec leur planète
    originelle et commencent la construction de Tiahuanaco. Mais leur acclimatation sur
    la terre est contrariée par une trop profonde modification des conditions biologiques
    naturelles. La reproduction se fait mal, la race périclite et les derniers Vénusiens,
    incapables de revenir sur leur planète, transmettent le message de la Porte du Soleil
    avant leur extinction complète.
    Si des Terriens se rendent bientôt sur Vénus ou sur Mars, on peut aussi redouter
    pour eux un impossible retour. Que deviendront alors ces colons ? Si le milieu
    biologique de Mars ou de Vénus contrarie leur reproduction
    ce qui est probable - ces colons subiront exactement le destin que nous avons
    prêté aux hommes de Tiahuanaco.
    Ainsi, alors qu'au Grand-Pressigny, à Lussac-les-Châteaux, à Charroux, à
    Lascaux, aux Eyzies, les vrais habitants de la Terre chassaient l'ours à la fronde et le
    brochet au harpon, des hommes, en un autre point du globe, utili-
    70
    saient peut-être des fusées spatiales et des moteurs ionsolaires 1.
    N'y eut-il aucun échange entre ces deux humanités ?
    Il semble que des cosmonautes se risquèrent hors des zones viables du plateau
    de Tiahuanaco.
    Peut-être payèrent-ils de leur vie l'audace de descendre dans les vallées ou de
    franchir l'Océan, mais ils eurent cette audace, particulièrement après
    l'engloutissement et la destruction de la cité et la tradition grecque nous en a légué
    l'émouvant témoignage.
    Le mystère de Prométhée
    Prométhée' était le fils de Clymène, l'océanide aux pieds merveilleux. Il donna
    aux hommes "un étincelant rayon divin, trompant une seconde fois, dit Hésiode, la
    prudence du Maître du Tonnerre ". Jupiter courroucé punit cruellement les mortels, à
    cause de ce feu.
    L'histoire de Prométhée' apparaît alors lumineuse à la lueur mauve et blanc des
    bombes d'Hiroshima, de Nagasaki, de Reggane.
    Imaginons, après une certaine acclimation, un cosmonaute vénusien quittant
    Tiahuanaco, traversant l'Atlantique et abordant l'Afrique stérile et l'Égypte où, déjà, la
    conscience des hommes commence à se libérer.
    En Égypte, le cosmonaute rencontre un cercle de prêtres à qui il essaye de
    communiquer son savoir. Pour les Égyp-1. Ce qui est encore le cas en notre xx'
    siècle.
    2. Hésiode Théogonie et Des Travaux et des,jours.
    3. Hésiode Jupiter parla ainsi : - O fils de ja'pet (Prométhée) que nul ne peut
    égaler en adresse, tu te réjouis maintenant d'avoir dérobé le feu céleste et de m'avoir
    trompé ; mais un châtiment sévère attend et toi-même et les hommes à venir: pour
    prix du feu qui m'a été dérobé, je leur enverrai un mal dans lequel tous .se
    complairont: la Vierge Pandore... l'Eve des Grecs, parée de toutes les séductions et
    détentrice du coffret où étaient enfermés tous les fléaux du monde... et aussi
    l'Espérance, fort heureusement ! " Ce message extraordinaire qui rejoint le Message
    Biblique du Péché Originel et de Lucifer, ange déchu, venu - ou à venir - de la
    planète Vénus, ne pouvait guère être compris des hommes avant le 7 août 1945
    (bombe d'Hiroshima).
    71
    tiens, l'homme d'outre-Atlantique est un Atlante - pour les Grecs il sera Prométhée -
    et ils le croient quand il dit être venu du Ciel (c'est-à-dire d'une planète).
    il raconte la fin tragique de Tiahuanaco @engloutie et révèle des secrets
    extraordinaires que les Egyptiens ne comprendront jamais entièrement ; certains de
    ces secrets expliqueront, justifieront l'épanouissement miraculeux, rapide, de la
    culture égyptienne.
    L'homme de Tiahuanaco apporte la science du Cosmos, des astres, de l'écriture,
    des arts, de l'architecture, de la médecine ; il apporte aussi le secret du feu.
    Les prêtres égyptiens reçoivent ces connaissances. Ils les oublient, les
    déforment, les défigurent, mais leur intelligence commence à sortir du limon, et
    bientôt ils en savent assez pour établir les premières lois d'une science qui dépasse
    leur temps de plusieurs millénaires, ce savoir qui se matérialisera dans les temples 1,
    dans les Pyramides et dans la civilisation de leurs successeurs orientaux et grecs.
    On peut présumer que le cosmonaute, l'Homme de Tiahuanaco, a dû payer le
    tribut de son inadaptation à l'atmosphère épaisse, torride des plaines arabiques.
    Alors, se référant aux cartes que découvrit plus tard Piri Réis, pardelà la mer Rouge,
    il se dirigea vers le pays des cimes neigeuses, éparpillant sur sa route, en Arabie, en
    Chaldée, en Assyrie, des bribes de son savoir.
    Et l'on songe encore à Prométhée, initiateur des hommes, châtié par Jupiter et
    enchaîné précisément - selon la tradition grecque - sur la cime du Caucase, à une
    altitude qui est exactement celle du plateau des Andes. La ressemblance est
    troublante entre l'Atlante, fils d'Orejona, et Prométhée, fils de l'océanide aux jolis
    pieds.
    Quoi qu'il en soit, quelque 10 000 ans avant notre ère, Tiahuanaco entrait dans la
    nuit de l'oubli et Abydos, Héliopolis, Thèbes, Memphis, Karnac et Saïs ouvraient pour
    le monde occidental les premières pages de l'Histoire inconnue des Hommes.
    1. On retrouve sous les traits d'hippopotame d'Apet, déesse de la fécondité, la
    déesse gravide du plateau de Marcahuasi au Pérou où d'autre part ont été sculptées
    des têtes dont la chevelure et la barbe furent imitées par les pharaons (Daniel Ruzo:
    La Culture Masma).
    72
    4
    La conjuration du secret
    Ils n'étaient certainement pas nombreux ceux qui, en Égypte, avaient assez
    d'intelligence pour assimiler le message de l'Homme de Tiahuanaco. Ceux-là, des
    prêtres, écrivirent sans doute sous la dictée le premier livre de l'Histoire inconnue
    des Hommes. Ils y dessinèrent des machines, des plans de moteurs, la carte du
    globe.
    L'Homme de Tiahuanaco connaissait la géographie par ses aïeux, qui avaient
    survolé la Terre avant d'atterrir sur
    1
    les Andes, et il avait appris aux Égyptiens qu'il existait, ar-delà l'Océan, un continent
    d'où il était venu.
    p
    Ce continent, les prêtres lui donnèrent logiquement le nom - avec les mots de
    l'époque - de Pays d'outre-Atlantique que l'on peut identifier avec l'Atlantide de
    Platon ou l'Amérique du Sud, qui sont d'ailleurs vraisemblablement le même
    continent 2.
    L'Atlantide avait disparu, sans doute au cours d'un grand cataclysme qui
    détermina la fin de Tiahuanaco.
    1. Entendons-nous bien: l'Homme de Tiahuanaco existait en de nombreux
    exemplaires qui s'égaillèrent sur tout le globe et principalement en direction de
    l'Égypte, de l'Asie Mineure, de l'Himalaya et de la France.
    2. Platon a bien spécifié que l'Atlantide était un continent. Ce qui éloigne de
    l'idée Amérique du Sud, c'est l'histoire de l'engloutissement par déluge. Mais il est
    permis de supposer que le continent américain pouvait, au large du Brésil ou du
    Venezuela, se poursuivre dans l'Océan. Ces terres submergées de nos jours
    seraient en ce cas l'Atlantide où l'Homme de Tiahuanaco aurait fait une escale avant
    d'aller en Égypte. Il n'y a donc pas incompatibilité avec le récit de Platon.
    74
    Bien que leur étude pratique ait duré des années, les prêtres n'avaient pu tout
    comprendre. D'ailleurs, l'Atlante ne pouvait pas être un maître en chaque discipline.
    Il avait dû limiter son enseignement à l'essentiel: la genèse, l'astronomie, la
    médecine, la fusion des métaux, la lévitation, et à des applications pratiques de
    l'électricité, des ultrasons et des forces encore inconnues de nos jours.
    Les prêtres eurent la révélation de secrets trop subtils pour eux, d'une mise en
    pratique impossible. Alors, la nécessité du secret s'imposa et tout naturellement, le
    naos des sanctuaires se referma sur la science supérieure pour ne laisser filtrer que
    la science possible.
    D'un seul coup, l'Égypte, un désert, fait éclater la plus fantastique civilisation de
    tous les temps: Héliopolis, Thèbes, Busiris, Abydos, Memphis, les pyramides et le
    Sphinx. Des routes, des canaux, des barrages, sont construits et les prêtres
    s'efforcent de créer un corps enseignant et de laisser le témoignage de leur savoir
    non dévoilé.
    Nous sommes ici dans le domaine des suppositions, mais par quelle autre
    hypothèse expliquer le message des pyramides, du Sphinx, de l'Arche d'Alliance, du
    Temple et des découvertes archéologiques effectuées en Chaldée, en Assyrie et
    ailleurs ?
    Le message de la pyramide de Chéops a certainement été falsifié, mais le
    document demeure, avec, comme corollaires, les autres pyramides du Mexique, de
    Perse et des Indes.
    Il est impossible de savoir à quelle date elles furent édifiées, si Napoléon et les
    historiens modernes avancent quarante siècles pour Chéops, les auteurs anciens
    donnent non sans vraisemblance des dates beaucoup plus reculées.
    Le secret de la Grande Pyranlide
    D'après l'historien arabe Abou-Zeyd-el-Balkhy, " l'inscription gravée sur les
    pyramides fut traduite en arabe. Elle
    75
    me
    apprenait l'époque de la construction ; le temps où, dit-il, la Lyre se trouvait dans le
    signe du Cancer ".
    En calculant, on trouva deux fois 36 000 ans solaires avant l'hégire, soit environ
    73 300 ans. Estimation exagérée ?
    Peut-être ; Hérodote assure pourtant que les prêtres de Thèbes lui ont montré
    341 statues en bois, représentant la succession de pères en fils des grands prêtres
    les ayant précédés depuis plus de 1 1 000 ans, ce qui prouve la très haute
    ancienneté du Sanctuaire 1.
    Eliphas Lévi, érudit rationaliste du xixl siècle, pense que l'ancienne Égypte était
    un pentacle dédié à Hermès Trismégiste. Plus les grands hiérophantes mettaient de
    soin à cacher leur science, plus ils cherchaient à en multiplier les symboles. En ce
    sens, les pyramides représentaient leur métaphysique, établie sur la science de la
    nature et des secrets transmis depuis onze millénaires.
    Les plus anciennes, comme celle de Saccarah dans le Djezer, étaient à six
    gradins selon le principe bitrinitaire atlantéen.
    On a voulu faire dire - surtout à Chéops - mille sottises inacceptables, mais il est
    prouvé néanmoins que ce monument est un témoignage, " un agrandissement des
    symboles " comme l'a très bien compris Eliphas Lévi, après Diderot et avant Georges
    Barbarin 1.
    D'après une tradition copte, la pyramide fut construite 300 ans avant le Déluge, ce
    qui nous reporterait aux limites acceptables de 8 000 à 1 1 000 av. J.-C. Georges
    Barbarin rapporte le texte de l'écrivain copte Masoudi (957 de notre ère) dont le
    manuscrit se trouve à Oxford:
    Surid... un des rois de legypte avant le Delu
    les deux ge, construisit ,grandes pyramides... Il ordonna
    aussi aux prêtres de déposer à l'intérieur la somme de leur sagesse et de leurs
    connaissances dans les di ents arts et sciences d'arithméti"ffér
    que et degéométrie, de manière à demeurer comme témoi-1. Hérodote,
    Histoire, II, 143.
    2. Georges Barbarin, Le Secret de la Grande Pyramide, Adyar, 1955.
    76
    gnage pour le bénéfice de ceux qui pourraient éventuellement
    les comprendre...
    Dans la pyramide orientale (Kéops) furent inscrites les sphères celestes et les
    figures représentant les étoiles et leurs cycles; et en même temps l'histoire et la
    chronique du temps passé, du temps à venir et de chacun des événements futurs qui
    surviendront en É"gypte.
    Le manuscrit de Makrisi renforce cette révélation: " La première pyramide fut
    consacrée à l'Histoire et à l'Astronomie ; la deuxième à la science médicale. "
    Ce sont en effet surtout des données astronomiques et mathématiques que l'on
    veut voir dans la Grande Pyramide, la seule qui soit orientée exactement nord-sud
    avec une erreur de 4'35", approximation qui paraît admirable quand on sait que
    l'Observatoire de Paris n'est orienté vers le nord réel qu'à 18' près.
    Un méridien passant par Gizeh partage très exactement en deux parties égales
    les continents et les océans (nous l'avons vérifîé), ce qui rend regrettable le choix de
    Greenwich comme méridien international'.
    La somme des quatre côtés de la base (931,22 m) divisée par deux fois l'axe
    vertical (148,208 m x 2) donne comme résultat le chiffre = 3,14. La hauteur: 148,208
    m multipliée par 1 million donne approximativement la distance de la Terre au Soleil
    = 149 400 000 km.
    On peut faire dire encore bien des choses à la Grande Pyramide, mais, calculs
    savants ou coïncidences, ces révélations sont loin d'être décisives, surtout quand
    elles s'aventurent dans le domaine de la prophétie.
    L'astronome anglais Piazzi Smyth (1819-1900), un des ardents thuriféraires de
    Kéops, consacra tout un hiver à la mesurer dans ses moindres détails. En 1864, il
    déclara que ces mesures correspondaient à des relations géométriques et
    prophétiques précises
    1. Cette coïncidence ne résulte d'aucune science elle n'est que le fait d'un
    hasard heureux et... de la dérive des continents.
    77
    " Mais, raconte sir Flinders Petrie, un de ses disciples fut bien déçu quand un jour
    il trouva Smyth essayant de limer la saillie granitique de l'antichambre royale, afin de
    la ramener aux dimensions requises par la théorie 1. "
    Il est plus aisé de juger les pyramides d'un strict point de vue architectural. Cette
    étude apporte la preuve qu'aucun État du xx' siècle n'oserait entreprendre avec ses
    puissants moyens techniques modernes un travail aussi colossal, nécessitant
    l'emploi de 200 à 300 000 ouvriers, de plusieurs millions de mètres cubes de pierre
    taillée et des millions de millions de francs'.
    Les experts les plus sages estiment que l'Égypte du temps des pyramides devait
    nourrir plus de 100 millions d'habitants et posséder des machines d'une grande
    puissance et d'une perfection inconnue en notre siècle, pour avoir pu mener à bonne
    fin des travaux aussi gigantesques 3.
    Toutes les explications, échafaudages, remblai, plans inclinés, rampes de terre
    glaise, ne résistent pas à l'examen.
    Une hypothèse est avancée: les Égyptiens avaient peutêtre une connaissance
    encore inimaginable de la puissance des ultrasons et des forces
    antigravitationnelles.
    Le son et la lévitation
    De nos jours, à l'Institut Pasteur de Paris, le professeur Prudhomme peut, avec de
    faibles puissances ultrasonores, soulever des balles de liège. Mais il n'apporte pas
    de preuves. Le physicien américain Hooper, en 1958, avait abouti à un résultat
    intéressant en libérant partiellement de la pesanteur un anneau de ferrite tournant
    dans un champ magnétique à plus de 15 000 tours/minute.
    1. LÉgypte Secrète, Paul Brunton.
    2. Kéops pèse 6 millions de tonnes. Bonaparte avait calculé qu'avec les pierres
    des trois édifices on pouvait ceinturer la France d'un mur haut de 1,50 m et épais
    d'un mètre.
    3. Plus de 180 pyramides connues existent en Égypte et en Nubie.
    78
    L'allégement constaté était de l'ordre de 1 % : impossible encore d'imaginer le
    tapis volant, le déplacement de NotreDame de Paris sur la Butte Montmartre et de la
    basilique du Sacré-Coeur dans l'île de la Cité !
    En France, le Dr Pagès est à l'avant-garde des recherches avec le principe
    suivant: faire tourner un champ électrostatique par un champ magnétique à la vitesse
    de la lumière, c'est-à-dire l'inverse de ce que réalisait l'Américain Hooper.
    Sur ces bases révolutionnaires, par polarisation des champs de pesanteur, il
    devient théoriquement possible de soulever et de déplacer aisément des blocs de
    pierre de plusieurs tonnes.
    Nous n'en sommes pas encore là, mais la lévitation des énormes pierres de
    Kéops, de Ba'albek et du Pérou' y trouve déjà un début d'explication.
    L'automobile de Cugnot roulait à 10 km/heure; nos automobiles atteignent le 634
    à l'heure ! L'avion d'Ader volait au pas d'un homme; l'X 15 des Américains troue
    l'antique mur du son à 6 500 km/heure.
    1. Il est dérisoire de vouloir expliquer n'importe quel miracle par des pouvoirs
    occultes non contrôlables (magie noire) ou par des hypothèses scientifiques sans
    base. Toutefois, le développement fantastique de la science nous autorise à croire
    que les faibles performances des sciences occultes embryonnaires, actuellement,
    seront très nettement améliorées dans un proche avenir. La lévitation expliquée par
    un pouvoir surnaturel est peut-être une vérité, mais inacceptable dans l'ordre des
    connaissances acquises. La lévitation expliquée par les ultrasons ou par
    l'antigravitation est une solution acceptable parce que déjà l'antigravitation force les
    portes de demain. Et il est certain que l'avenir réservera en ce sens des surprises
    considérables, d'autant que le prince de Broglie, après une première attitude
    réticente, vient de faire volte-face à propos de l'énergie locale du vide qui est
    directement en relation avec la gravitation, et déclare : " Le vide nous apparaît
    comme le siège d'une quantité formidable d'énergie, soit: 10" joules par centimètre
    cube ", soit très exactement l'énergie de fusion de l'hydrogène. Nous ne voulons pas
    e n faire état, mais il est certain également que la volonté de puissance d'un
    organisme humain peut s'exprimer en joules (énergie = matière), ce qui très
    audacieusement encore, pourrait expliquer les " matérialisations " en magie noire, la
    lévitation de saint Diego et la marche du Christ sur les eaux. Quoi qu'il en soit, il
    s'avère de plus en plus que la science donnera une explication rationnelle à tous les
    miracles des contes de fées; tapis volant, anneau qui rend invisible, parole qui tue,
    parole qui fait apparaître un géant ou une table richement pourvue.
    79
    La lévitation par agravitation ou par ultrasons réalisera les mêmes prodiges ; et si
    nous associons les ultrasons à l'agravitation, c'est parce que la tradition égyptienne
    semble nous le permettre.
    Le son, qui est peut-être une dimension inconnue, possède un pouvoir que la
    science moderne étudie depuis peu de temps. On a parlé d'une bombe à ultrasons
    susceptible d'anéantir toute vie animale dans le périmètre d'une grande ville, sans
    détériorer les monuments et les objets.
    En médecine, on peut briser un os en produisant des ultrasons et entraîner la
    mort par un ébranlement cervical sonore. Par ailleurs, il est certain que le simple
    bang des avions supersoniques ébranle les nerfs et peut être mortel pour les sujets
    atteints de maladie de coeur. Il passe à tort ou à raison pour gêner la couvaison des
    faisans et provoqua même un incident curieux à Noisiel (Seine-et-Marne) où un
    garde-chasse, soudain furieux, tira des coups de fusil contre les avions.
    Les occultistes assurent que le son des cloches est désagréable aux personnes
    sataniques. Jean-Jacques Rousseau a écrit: " Le son des cloches m'a toujours
    singulièrement affecté ", ce qui fut ou est aussi le cas pour Karl Marx, Maurice
    Thorez et un certain nombre d'athées militants.
    Une légende - mais est-ce bien une légende, car elle fut rapportée par les témoins
    de l'agonie du dictateur russe veut que Staline ait été tué par le tintement soudain
    d'une cloche du Kremlin!
    Quoi qu'il en soit, des ultrasons qui déterminent la mort ou la lévitation, aux
    ultrasons qui firent peut-être crouler les murailles de Jéricho, il existe une inconnue
    scientifique qui fut mise à l'épreuve dans l'Antiquité.
    Sésame, ouvre-toi
    D'après des palimpsestes égyptiens, les prêtres de Kar-nak, d'Abydos et de Thèbes
    devaient avoir la voix juste,
    forte et belle. En prononçant un seul mot, d'une certaine
    80
    façon, ils pouvaient faire ouvrir toutes grandes les lourdes portes d'un temple. Ce fait
    rapporté plusieurs fois - les récits orientaux fourmillent de portes magiques donnant
    accès à des temples, des cryptes, des cavernes - a pu être provoqué par des
    stratagèmes ingénieux ou des truquages', mais sa persistance et le mystère des
    pyramides portent à croire à une explication scientifique, simple ou extrême-ment
    savante.
    Simple: certains sons, à une vibration donnée, déclenchent des mécanismes à
    ressorts.
    Savante: les sons ou les ultrasons impressionnent une cellule électrique comme
    le ferait la lumière 2.
    Le mot magique bien connu " Sésame, ouvre-toi ! " n'est pas une invention
    gratuite: la graine de sésame, logée dans une capsule, éclate d'elle-même quand
    elle est mûre. Mais un son grave provoque aussi l'ouverture prématurée de la
    gousse. Ce phénomène n'était pas inconnu des Égyptiens, des Hébreux et des
    Orientaux et il y a peut-être lieu de croire que leurs plus hautes connaissances
    scientifiques reposaient sur un certain pouvoir de la voix. " Au début était le Verbe ",
    disent les écrits sacrés, soutenus par saint Justin, et il est possible que la puissance
    du verbe ait été plus exotérique qu'on le croit.
    Traditionnellement, la colère de Dieu s'exprime par la foudre ou le verbe tonitruant
    qui foudroie. On prétend qu'aux lointains temps préhistoriques l'homme était muet
    ou, en tout cas, privé de langage explicite. Les circonstances qui lui ont donné
    l'empire de la nature sont à peu près inconnues, mais il a toujours eu une haute idée
    du privilège que la parole lui conférait. Dans les premiers âges, le Verbe se
    confondait avec la Sagesse, avec le Pouvoir et avec la Magie. Le Verbe était la
    gloire de l'homme, au-dessus de
    1. Une corde tressée en chanvre sec, humidifiée par de la vapeur d'eau ou
    inversement, une corde humide séchée au brûle-parfum est un truquage employé de
    nos jours par les sorciers noirs (rapporté par Henry de Monfreid).
    2. Les Américains construisent des machines à écrire qui tapent d'elles-mêmes à
    la dictée par le processus de cellules à ondes sonores.
    81
    la force, puisqu'un mot pouvait arrêter ou commander l'acte brutal, dompter, courber,
    attendrir, pardonner.
    Il est probable que l'homme préhistorique a su commander aux animaux par la
    magie du son, mais le secret s'est perdu au cours des siècles en même temps
    qu'une autre science se substituait aux paroles miraculeuses et qu'on brûlait les
    sorciers accusés de magie noire'.
    Toutefois, en Egypte, par révélation atlantéenne, la science du son et de la
    lévitation qui avait permis la construction des cités cyclopéennes d'Amérique, était,
    d'après la tradition rapportée, particulièrement en bonneur. La lévitation n'était qu'un
    effet scientifique au même titre que l'antigravitation abolissant la pesanteur. Il fallait,
    en effet, pouvoir abolir la pesanteur pour transporter et mettre en place, pour tailler
    peut-être, ces énormes blocs de pierre qui constituaient les pyramides.
    Il est intéressant de signaler que le sultan perse Melik al Aziz, en 1196, ayant eu
    l'idée stupide de détruire les pyramides, mobilisa des dizaines de milliers de
    travailleurs, sapeurs, et carriers et dépensa des sommes fantastiques pour un
    résultat dérisoire.
    Les ouvriers s'attaquaient à la pyramide rouge, la plus petite des trois; chaque
    jour, avec beaucoup de peine, ils enlevaient une ou deux pierres qui basculaient et
    s'enterraient dans le sable d'où il fallait alors les retirer. Après huit mois de travail
    harassant, la démolition fut abandonnée: la Petite Pyramide, de loin, ne paraissait
    même pas égratignée.
    D'après Garcia Beltran, les pyramides d'Égypte constituaient des répliques de
    celles qui existaient dans les Andes.
    @ ce propos, il faut noter que la plus ancienne pyramide d'Egypte est celle de
    Saccarah, dans le Djezer, à 30 km du Caire et que le nom primitif de Tiahuanaco
    était Chucara.
    1. Les hommes de la préhistoire connaissaient le phénomène des vibrations, qui
    leur permettait de tailler le silex en utilisant les ondes de choc. Connaissance
    millénaire dont ils avaient conservé une parcelle de souvenance.
    82
    En outre, le monument est à six gradins, comme au pays des pré-Incas. D'après M.
    Beltran:
    Les pyramides avaient été créées, outre leur destination transcendantale, dans le
    but pratique de faire pleuvoir.
    Elles étincelaient à des centaines de kilomètres, on les appelait @ les Lumières ",
    car elles étaient recouvertes de plaques de métal blanc très lisse, qui eût dû être de
    l'ar ,gent, mais que l'on avait remplacé par un alliage, l'ar ,gent étant trop rare
    en Égypte.
    on retrouve ce métal actuellement, mélangé à un revêtement calcaire, sur les
    murs des mosquées et notamment sur ceux de la mosquée du Caire, qui ont un reflet
    brillant et
    argenté.
    Les archéologues é ,g,yptiens savent que ce revêtement provient du pillage des
    plaques de métal des pyramides.
    fly a 10 000 ans, ces monuments, beaucoup plus anciens qu'on le dit, dominaient
    une région verdoyante et cultivée, irriguée avec art et qui produisait des moissons
    abondantes.
    Memphis était alors la ville la plus peuplée du monde et la capitale de lempire. La
    campagne était un véritablejardin de verdure et de vie, car la pluie tombait à volonté.
    En effet, le rôle exotérique des pyramides était de répercuter le verbe magique,
    de refléter la lumière lunaire en la changeant de polarité et d'ensemencer
    l'atmosphère de manière à
    faire pleuvoir à certaines lunes.
    Aujourd'hui, de même qu'à Tiahuanaco, on ne voit plus que des ruines et le
    désert, car les pyramides ont été détruites ou détériorées par les adeptes de fausses
    et ténébreuses
    doctrines
    Cette relation, à première vue incroyable, est en réalité l'expression littérale de
    connaissances scientifiques profondes qui peuvent échapper au profane, mais aussi
    frapper
    d'étonnement certains savants.
    Les pyramides servaient à faire pleuvoir ? Ce n'est pas impossible.
    1. M.O.I. Garcilaso de La Vega, documents secrets.
    83
    Sur les aérodromes des États-Unis, le brouillard est dissipé par de puissantes
    émissions ultrasonores qui condensent les gouttelettes et les font tomber en pluie.
    En 1961, on a inauguré à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) une fontaine " aérienne "
    inventée par M. André Pasquet, débitant 300 litres d'eau par jour. Il s'agit là d'un
    monument de métal lisse, qui condense la vapeur d'eau atmosphérique Son
    inventeur - qui avait peut-être lu Garcilaso de La Vega - pense arriver à une
    production de 3 000 litres par 24 heures.
    Il suffit pour cela d'utiliser le système ultrasonore des aérodromes américains, qui
    est lui-même un lointain souvenir de la science secrète égyptienne et
    précolombienne, car, toujours d'après Garcilaso de La Vega, " les anciens Incas,
    avec de l'air, savaient fabriquer de l'eau "
    Pourtant la tradition - du moins celle d'Amérique centrale - ne fait pas état de
    revêtements métalliques sur les pyramides des Mayas, situées, il est vrai, dans des
    régions extrêmement pluvieuses.
    L'Homme de Tiahuanaco apporta, outre les sciences physiques, le secret de
    l'écriture, et non pas hiéroglyphique', mais linéaire et alphabétique, car il fallait bien
    que les secrets fussent transmis par un véhicule parfaitement explicite. Cette
    écriture, pense-t-on, était semblable à celle que nous utilisons actuellement, écriture
    dont l'origine phénicienne n'est pas établie (la Phénicie n'a sans doute été qu'une
    étape). Elle a été empruntée à l'Égypte qui n'en fut elle-même que le dépositaire.
    Cette question a une
    1. Les prétendus " hiéroglyphes " égyptiens sont tout le contraire d'une écn'ture
    sacrée, secrète, à l'usage exclusif des initiés (hiéros gluphein : écriture sacrée), ils
    sont écriture vulgaire. Elle fut imposée aux Égyptiens primitifs pour remplacer par
    son sens universel les écritures dialectales intelligibles seulement pour les
    autochtones. Par exemple :
    4 iw l'épervier,
    4I-Z. Le Soleil, la montagne,
    sont d'expression facilement compréhensible aussi bien pour un homme d'Afrique
    que d'Asie ou d'Amérique. Il serait erroné de rattacher ces signes à une écriture
    sacrée.
    84
    importance considérable, car la civilisation, si elle s'exprime par des réalisations
    matérielles, ne peut se transmettre que par le verbe et l'écriture.
    Or, si la tradition atlanto-égyptienne fut surtout léguée oralement, nous avons la
    certitude qu'il existe aussi, outre les cartes de Piri Réis et les pétroglyphes de la
    Porte du Soleil, une documentation écrite, encore cachée, mais dont on possède
    quelques éléments. Ces éléments d'écriture linéaire et alphabétique, les plus
    anciens du monde, sont exposés au musée de Glozel; ils sont contemporains de la
    civilisation magdalénienne, donc approximativement, de la civilisation de
    Tiahuanaco.
    On les retrouve en plusieurs points du monde néolithique, à Altamira, Balmori
    (Espagne), Alvao (Portugal), Seltsh (Bohême), Bautzen (Saxe), Puy-de-Lacan,
    Rochebertier, Laugerie-Basse, Saint-Germain-la-Rivière (France),
    etc.
    L'archéologue français A. Morlet, de Vichy, quittant délibérément les ornières de
    la préhistoire officielle, a clairement démontré' le caractère irrécusable de cette
    écriture préhistorique alphabétique, dont l'existence avait déjà été pressentie par de
    nombreux chercheurs.
    Dès 1891, Estacio de Veiga, étudiant à Alvao un tesson de vase avec des signes
    linéaires, écrivait:
    il est démontré que pendant le dernier âge de la pierre, il existait dans la
    péninsule Ibérique un langage écrit, figuré par des caractères graphiques.
    Edouard Piette, qui fait autorité en la matière, découvrit dans la grotte du Masd'Azil,
    " vaste école où l'on apprenait à lire, à compter et à écrire' ", les galets coloriés
    qui sont en fait les plus anciens documents d'écriture primaire, humaine, mais c'est à
    Glozel que furent trouvés les plus importants documents d'écriture préhistorique, soit
    sur os de renne, soit sur pierre, soit sur tablettes d'argile.
    1. Origine de lécriture, Dr Morlet, Montpellier 1955.
    2. L'Anthropologie, 1896, p. 385.
    85
    L'écriture de Mdise
    Les préhistoriens du monde entier reconnaissent à la fois l'authenticité de Glozel,
    de son syllabaire et de l'écriture préhistorique, vieille de 10 000 ans environ.
    Or, l'écriture est l'expression par excellence d'une haute civilisation et il est très
    difficile d'en attribuer l'invention aux hommes de Glozel. A quelle source avaient-ils
    puisé un tel secret ? On ne peut s'empêcher de songer à Tiahuanaco, seul centre
    culturel connu de cette époque. C'est par la filière de Glozel que l'on peut imaginer
    l'écriture utilisée par les prêtres de l'ancienne Égypte et par Moïse.
    Nous voici peut-être en mesure d'apporter une solution à un irritant problème sur
    lequel butent la plupart des historiens : la rédaction des cinq livres du Pentateuque.
    Le rationaliste Voltaire n'a pas manqué de s'étonner du fait dans son Dictionnaire
    philosophique:
    En quelle langue, demande-t-il, Moïse aurait-il écrit dans un désert sauvage ? Ce
    ne pouvait être qu'en égyptien; car par ce livre même, on voit que Moïse et tout son
    peuple étaient nés en E ,q,ypte... les E"gyptiens ne se servaient pas encore d u
    papyrus; on gravatt des hiéroglyphes sur le marbre et sur le bois.
    Il est même dit que les tables de commandements furent gravées sur la pierre. Il
    aurait fallu graver cinq volumes sur des pierres polies ce qui demandait des efforts
    prodigieux.
    Or, le papyrus était connu de la xviii' dynastie pharaonique, comme le prouve le
    Rituel funéraire du Louvre, et il ne fait aucun doute que si Moïse était un habile
    physicien chimiste', il était également un savant traducteur, capable de lire dans le
    texte le Message atlante, et de le transcrire aussi bien dans la langue des Glozeliens
    que dans celle des Hébreux.
    Incontestablement, il assura la transmission du message et le transcrivit en
    écriture d'époque.
    1. Nous le démontrerons au chapitre suivant.
    86
    S'il écrivit le Pentateuque, ce ne fut pas en le gravant sur la pierre, mais en le
    traçant à l'encre sur une surface lisse, légère et durable, comme on fit pour les
    secrets atlantes qui se transmirent au moins jusqu'aux prêtres de Saïs, mille ans plus
    tard, et peut-être jusqu'au rabbin Jechielé, au
    xiiie siècle.
    Le chroniqueur péruvien Fernando de Montesinos qui consacra quinze ans de sa
    vie à parcourir - en 1630 les possessions espagnoles de l'Amérique du Sud, recueillit
    à leur source même les traditions les plus secrètes léguées
    par les pré-Incas.
    Montesinos 1 a pu faire remonter leur chronologie jusqu'à 103 générations de
    souverains antérieurs à Atahualpa et assurer que l'histoire pré-incaïque est plus
    ancienne que le Déluge, ce qui fut confirmé ensuite par les pétroglyphes et les ruines
    de Tiahuanaco.
    Or, Montesinos assure que les pré-Incas connaissaient l'écriture sur feuilles de
    bananier, découverte sous le règne de Huayna Caui Pirhua (3' Inca de la dynastie
    antédiluvienne) mais que l'usage en avait été interdit sous le règne de Topu Caui
    Pachacuti IV (63' Inca) 2.
    Les devins et les augures ayant lu dans les écrits anciens que les pires
    catastrophes allaient ravager la région andine (ce qui se révéla vrai), Pachacuti IV
    ordonna de brûler toutes les feuilles de bananier qui servaient de papier et interdit
    d'écrire sous peine de mort.
    De très anciennes traditions chinoises rapportent un fait qui relie curieusement le
    Pérou au continent asiatique . un empereur aurait voulu remplacer les idéogrammes
    peints par un alphabet où les lettres étaient figurées par des noeuds analogues aux
    quipus incas. Ce fut donc vraisemblablement avec l'alphabet de Glozel que furent
    transcrits la tradition et les secrets légués par l'Homme de Tiahuanaco.
    1. Montesinos-Capaccuna (Liste des Rois). Le règne de ces souverains
    antédiluviens fut troublé par de grands cataclysmes naturels.
    2. Au Royaume des Incas, Siegfried Huber, Plon, 1956, p. 282 (5).
    87
    Comment garder un secret
    Au cours des millénaires, les papyrus effrités, tombés en poussière, ont disparu,
    comme s'effrita la civilisation égyptienne, si bien que le secret détérioré, en partie
    perdu, ne fut transmis qu'oralement ou par l'intermédiaire des langues
    prédominantes, hébraïque, grecque, musulmane.
    Mais est-il possible que des secrets aient pu ainsi franchir plusieurs millénaires ?
    Il y eut des fuites, c'est certain, comme il avait été convenu avec l'Homme de
    Tiahuanaco, c'est-à-dire au fur et à mesure que la conscience universelle s'affirmait;
    mais les grands secrets ne furent pas révélés.
    De nos jours encore, la franc-maçonnerie, par exemple, ne révèle qu'à ses très
    hauts dignitaires (les initiés) ses plans d'évolution sociale; l'Église agit de même et,
    dans d'autres sphères, les camarillas, les maffias, les gangs ont leurs secrets
    soigneusement tus.
    Il y a surtout les secrets d'État : pactes, traités secrets, dossiers inconnus des
    centres de renseignements et d'espionnage (2e Bureau, Gestapo, GPU, BFI,
    Scotland Yard, etc-)- Ces secrets sont souvent miraculeusement gardés. En
    1941, quand 320 fusées Eresa (les orgues de Staline) crachèrent la mort sur les
    panzerdivisions allemandes du front russe, le général jeremko - pourtant classé
    troisième pontife dans la hiérarchie de l'Armée rouge - ignorait l'existence de cette
    arme nouvelle
    Les USA ont leurs plans secrets d'attaque et de défense et l'on imagine sans
    peine que les Russes paieraient à prix d'or le secret des bombes à brouillards
    drogués qui constituent l'arme secrète de leurs ennemis. Inversement, les
    Américains donneraient des milliards pour connaître le secret du carburant des
    fusées russes.
    Les papes, ou tout au moins les papes qui furent initiés, ont toujours gardé des
    secrets sans jamais les trahir.
    Il est même possible qu'ils aient eu la connaissance de faits historiques
    imminents, guerres, persécutions, troubles
    88
    sociaux, sans essayer de s'opposer au processus naturel des
    événements
    Les secrets de Tiahuanaco furent transmis par cooptation, donc à des initiés
    jugés particulièrement dignes du dépôt, qui étaient sans doute des chefs religieux.
    Le Livre des Grands Secrets fut vraisemblablement mis à jour plusieurs fois, c'est-àdire
    recopié, rectifié, au fil des millénaires. Toutes les grandes religions ont eu pour
    base les préceptes d'un exemplaire du Livre, ce qui explique les points, traditions et
    détails communs aux diverses théologies. La Bible, le Talmud, les Vedas, découlent
    donc, peutêtre, du Livre des Grands Secrets.
    Les initiés étaient en principe des gens sûrs et l'on songe d'abord à Moïse,
    Pythagore, Platon, Numa, jésus, jechielé. Mais il est effarant de penser que durant
    plus de deux cents générations, des hommes ont eu mission de confier à d'autres
    hommes, sans jamais se tromper, des révélations fantastiques qui ne devaient pas
    être rendues publiques, sans que jamais nul ne s'écriât:
    - je sais les Grands Secrets. je vais les révéler.
    Proclamation, d'ailleurs, qui serait restée probablement vaine, car il arrive - et
    c'est même une astuce des services secrets - que la divulgation à grand tapage ne
    serve à rien. Personne ne prête attention aux vérités les plus évidentes.
    1. Les papes étaient en possession des prédictions dites - de Fatima ", faites le
    13 mai 1917, aux trois enfants d'Aljustrel (Espagne). Ces prédictions mises sous
    scellés furent partiellement rendues publiques en 1942. Elles disaient (version de
    Lucie Dos Santos, religieuse) : La guerre de 1914 va vers sa fin. Mais si l'on ne
    cesse d'offenser le Seigneur, sous le règne de Pie XI, il en commencera une autre
    qui sera pire (annexion de lAutriche, guerre 39-45). Lorsque vous verrez une nuit
    éclairée par une lumière inconnue (nuit du 24 au 25 janvier 1938. Cette lumière fut
    qualifiée d'aurore boréale par les astronomes, Ce qui n'est peut-être pas la véritable
    explication), sachez que c'est legrand signe que Dieu vous donne, indiquant qu'il va
    punir le monde de ses crimes au moyen de la guerre, de la famine et de persécutions
    contre l'Église et le Saint-Père Pour empêcher cela, je viendrai demander la
    consécration de la Russie à mon Coeur Immaculé. Si l'on écoute ma supplique, la
    Russie se convertira et l'on aura la paix. Sinon, la Russie répandra ses erreurs dans
    le monde, provoquera desgu@es et des persécutions contre leglise. Beaucoup d'ho
    mes seront martprisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations
    seront anéanties... La fin du message, détenue par Pie XII, devait être divulguée en
    1960. jean XXIII ne jugea pas opportun - avec juste raison - d'accorder du crédit aux
    divagations puériles des visionnaires.
    89
    Ainsi, de grands magasins new-yorkais purent mettre en vente, impunément, les
    modèles réduits des sous-marins atomiques US. Ni les services secrets américains
    ni la GPU russe ne prêtèrent attention à ces ouets, sinon trop tard
    Plus extraordinaire encore: en 1948, nous avons annoncé et donné les principes
    de la bombe H dans un grand hebdomadaire parisien, qui avait le plus fort tirage à
    cette époque'. La bombe H ne fut pourtant connue du grand public que trois années
    après, en 1951.
    L'annonce était faite à la une sur six colonnes, en grand leader. En page 3 la
    divulgation était accréditée par une photo et une interview de M. Paul Chanson,
    maître de Conférences à l'École Polytechnique, directeur du Laboratoire du pic du
    Midi.
    Après avoir annoncé que les Américains travaillaient à une " bombe superterrifiante
    " à l'hydrogène, nous écrivions textuellement:
    Aux USA, on travaille sur la bombe à hydrogène contracté, mais rien ne nous
    autorise à dire qu'elle soit au point.
    La bombe à h ,ydrogène (corps léger) sera 50 fois plus puissante que celles
    partant des corps lourds: uranium, etc.
    ... On sait que la libération de l'énergie des éléments lourds (uranium = bombe de
    Bikini) se fait par cassure ou fission du noyau.
    Inversement, la libération chez les e7érnents légers (hydro,gène, lithium = bombe
    à hydrogène ?) doit se faire par concentration. Mais cette libération est 50 fois plus
    grande que celle de l'uranium...
    Il convient de tenir compte d'une indication capitale: les États-Unis n'ont pas
    participé à la course aux gisements uraniques de lAntarctique. Nous pouvons voir là
    un indice valable tendant à prouver que désormais la bombe à hydrogène dite ,
    super-terriftc,, a supplanté dans leurs recherches sa rivale de Bikini...
    1. Ici-Paris, n' 144, du 6 au 12 avril 1948. Sous la signature de Robert Charroux.
    90
    A
    En dépit d'explications insuffisantes et de détails vraisemblablement erronés, il
    n'en demeurait pas moins qu'une telle information, en avril 1948, constituait une
    divulgation d'une importance capitale, une catastrophe pour l'Amérique, une aubaine
    pour la Russie.
    Certes, dès le 7 avril, M. Paul Chanson nous téléphonait, bouleversé (il n'avait
    certainement pas prévu ni voulu une telle publicité) ; certes, il y eut en grand secret
    un Conseil des Ministres à Paris pour étudier l'affaire, mais les choses en restèrent là
    et il est probable que personne ne tira profit de l'indiscrétion.
    Des révélations semblables furent faites au cours des siècles: le paratonnerre
    avec Gerbert au xi' siècle, l'aviation avec Gusmâo en 1709, mais il est bien connu
    que les hommes n'attachent aucune valeur à ce qui leur est gratuitement offert.
    and, par cooptation, les messages étaient confiés à un
    QU
    initié d'un autre pays, d'une autre langue, il fallait bien transcrire, en traduisant plus
    ou moins exactement. Les copies les plus fidèles seraient détenues actuellement
    par les prêtres musulmans et particulièrement par ceux de Fez. Une partie de ces
    manuscrits musulmans se trouve à la Bibliothèque Nationale de Paris, mais en si
    mauvais état que leur traduction est à peu pres impossible.
    Tout cela laisse penser que le message dont nous attribuons l'origine à l'Homme
    de Tiahuanaco a été en grande partie altéré, falsifié, détruit, brûlé.
    Le document le plus précis, les pétroglyphes de la Porte du Soleil, qui révèlent
    peut-être le secret des machines stratosphéniques, des fusées sidérales, des
    scaphandres, fut luimême édulcoré par les derniers descendants d'Orejona. Les
    dessins ne sont certainement plus conformes à la réalité. Il est vrai qu'ils
    représentent des engins et des modes de propulsion ou d'attraction qui nous sont
    sans doute inconnus.
    Des secrets plus simples, plus immédiatement utiles, ont été mieux compris,
    secrets de médecine, d'astronomie, d'architecture. La science antique s'exprimaitelle
    par la télévision, le cinéma, la radio, le téléphone ? On ne peut
    9 1
    aller jusque-là. Les ancêtres supérieurs ont dû léguer les principes, l'atome, les
    ondes hertziennes, les forces électromagnétiques, ultrasonores, l'induction, mais les
    principes seulement. Pourtant il n'est pas interdit d'imaginer que, dans certains
    sanctuaires, existent des enregistrements directs de l'Homme de Tiahuanaco.
    Cependant les Vénusiens avaient-ils conçu leur civilisation de la même manière
    que nous ?
    Avec les mêmes principes, on peut aboutir à des réalisations très différentes de la
    bicyclette, de l'auto et de l'avion à réaction. Les derniers hommes de Tiahuanaco ne
    connaissaient que ce qu'ils ont révélé : la forme de machines spatiales utilisées par
    leurs aïeux ; mais le détail leur échappait.
    Et d'ailleurs, comment auraient-ils transmis des plans détaillés, celui, par
    exemple, d'un moteur même très simple, avec ses arbres de transmission, ses
    cylindres, ses pistons, ou ses hélices, ses tubulures, ses soupapes, ses engrenages,
    ses condensateurs, ses bobinages, ses fusibles ? L'humanité qui n'était pas prête à
    ces révélations, devait d'abord assimiler les principes. Les initiés d'Amérique,
    comme ceux d'Égypte, recopièrent un fatras de connaissances qui, pour la plupart,
    leur étaient inintelligibles.
    Nous avons reconstitué la science expérimentale, mais de la science
    parapsychologique ou supranormale il n'est demeuré que de vagues et douteuses
    parcelles. On ne peut que déplorer à la fois l'ostracisme dont les savants font preuve
    à son égard et l'inconcevable réticence de ceux qui, possédant quelques lueurs, les
    dissimulent. Si les conjurés du secret avaient mission de voiler les connaissances
    dangereuses ou prématurées, ils devaient néanmoins assumer la responsabilité de
    la révélation raisonnable. L'Atlante Prométhée n'avait-il pas, le premier, donné
    l'exemple ?
    Héritier de son savoir et de sa mission, un autre grand initié - le plus grand de
    tous - Moïse, devait, dans l'histoire connue, révéler aux hommes le mystère de la
    création et de la science expérimentale.
    Le livre des secrets perdus
    Tiahuanaco ouvre la porte d'un univers préhistorique qui trouve un prolongement
    dans la protohistoire égyptienne.
    Cependant, depuis longtemps déjà, des esprits curieux avaient soupçonné
    l'aventure de nos ancêtres et souligné le caractère insolite de certains phénomènes
    de l'Antiquité.
    En reliant ces faits aux hypothèses des civilisations primhistoriques, l'aventure
    prend un sens cohérent et se développe jusqu'à l'ère atomique', sans solution de
    contiuité. Même si cette chaîne des temps nous effraye, il serait puéril et dangereux
    de la rejeter sans examen.
    Les contemporains de Saint Louis n'éprouvèrent-ils pas une certaine frayeur
    quand ils virent, sans comprendre d'ailleurs, la première lampe électrique ?
    En réalité, les machines électriques existaient depuis longtemps puisqu'on a
    trouvé à Babylone des accumulateurs analogues à ceux de Planté, vieux de 3 000 à
    4 000 ans !
    En remontant plus loin, on pourrait croire que les constructeurs des pyramides
    d'Égypte et que les peintres de la grotte de Lascaux (14 à 25 000 ans av. J.-C.) se
    1. Les spiritualistes voudraient substituer à cette appellation celle d'ère du
    Verseau, ou ère de l'Apocalypse, mais qu'on le veuille ou non, les temps nés en
    1940 ont pris un nom définitif dans l'esprit des peuples: l'ère atomique.
    93
    servaient peut-être d'un éclairage électrique pour effectuer leurs travaux 1, mais
    nous manquons ici de tout indice.
    Une lampe électrique sous Saint Louis
    En revanche, plusieurs chroniqueurs du xiii' siècle attestent que jechielé, rabbin
    français d'une rare érudition à laquelle le roi Saint Louis se plaisait à rendre
    hommage, connaissait le secret d'" une lampe éblouissante qui s'allumait
    spontanément " 2.
    Cette lampe était dépourvue d'huile et de mèche et le mage la plaçait parfois à sa
    fenêtre, la nuit, ce qui intriguait profondément ses contemporains. Bien qu'il fût
    accrédité auprès du roi et même son conseiller en certaines occasions, jechielé ne
    révéla jamais le secret de sa lampe. Électricité ? Toujours selon les chroniqueurs, le
    rabbin avait une façon très personnelle de décourager les importuns voire les
    ennemis - qui venaient frapper à sa porte. Il " touchait un clou planté dans le mur de
    son cabinet et aussitôt en jaillissait une étincelle crépitante et bleuâtre. Malheur à
    celui qui, à cet instant précis, touchait le marteau en fer de la porte : l'importun se
    repliait, se recroquevillait, hurlait comme s'il allait être englouti sous terre et
    finalement se sauvait sans demander son reste... ".
    " Un jour, une foule hostile, écrit Éliphas Lévi, se pressa à cette porte avec des
    murmures et des menaces: les hommes se tenaient les uns les autres par le bras
    pour résister à la commotion et au prétendu tremblement de terre.
    1. Les grottes peintes de Montignac-Lascaux (Dordogne), première merveille du
    globe, présentent une véritable exposition de peinture préhistorique si fraîchement
    colorée, si nette, si dénuée de crasse, qu'il est impossible d'imaginer comment les
    hommes du Magdalénien s'y sont pris pour éclairer la succession ténébreuse des
    cavernes. Des torches ou des feux eussent laissé des traces. Une lampe contenant
    du charbon a été trouvée sans apporter de solution à ce mystère.
    2. Éliphas Lévi, Histoire de la Magie, p. 206: - Tout ce qu'on dit de sa lampe et
    de son clou magique prouve qu'il avait découvert l'électricité, ou du moins qu'il en
    connaissait les principaux usages ; car cette connaissance, aussi ancienne que la
    magie, se transmettait comme une des clefs de la haute initiation. "
    94
    " Le plus hardi secoua le marteau avec fureur.
    "Jechielé toucha son clou. A l'instant les assaillants se renversèrent les uns sur
    les autres et s'enfuirent en criant comme des gens brûlés ; ils étaient sûrs d'avoir
    senti la terre s'ouvrir et les avaler jusqu'aux genoux; ils ne savaient comment ils en
    étaient sortis ; mais pour rien au monde ils ne seraient retournés faire le tapage à la
    porte du sorcier.
    " jechielé conquit ainsi sa tranquillité, par la terreur qu'il répandait. "
    On ne saurait mieux dire que jechielé avait inventé ou réinventé la lampe
    électrique et qu'il envoyait, en appuyant sur un bouton, des décharges électriques
    dans le marteau en fer de ses huis.
    Incontestablement, le rabbin était initié à un secret scientifique qu'il ne jugea pas
    opportun de divulguer à l'humanité du xiiie siècle.
    L'Arche d'Alliance: un condensateur électrique
    Actuellement, nul ne connaît encore la nature exacte de ce phénomène appelé
    électricité, pourtant vieux comme le monde qu'il engendra peut-être, et que Moïse
    savait dompter dans l'Arche d'Alliance et Mesmer dans son célèbre baquet.
    M. Maurice Denis-Papin 1 (descendant de l'illustre inventeur) pense que l'Arche
    d'Alliance qui enfermait, diton, les Tables de la Loi, la Verge d'Aaron et un vase plein
    de la manne du désert, était une sorte de coffre électrique capable de produire des
    décharges puissantes, sans doute de l'ordre de 500 à 700 volts.
    On sait (Bible, chapitre XXV de l'Exode) que l'arche avait été commandée " selon
    une forme très exacte " par le Seigneur et exécutée sous les ordres de Moïse.
    Elle était faite en bois de Sétin doublé d'or en dedans et en dehors (le principe
    même des condensateurs électri-1. Maurice Denis-Papin, Cours élémentaire
    d'Electricitégénérale, Paris, 1948.
    95
    ques: deux conducteurs séparés par un isolant) ; une couronne d'or en faisait le tour.
    L'Arche demeurait dans une région sèche, où le champ magnétique naturel atteint
    normalement 500 à 600 volts par mètre vertical. Peut-être contenait-elle des piles
    analogues à celles qui furent trouvées au musée de Bagdad, la couronne d'or aurait
    alors servi à charger les piles ou le condensateur.
    La garde de l'Arche était confiée aux lévites qui, seuls, avaient le droit de la
    toucher ; pour la déplacer ils " pass-aient deux bâtons plaqués d'or dans les anneaux
    ", si bien que de la couronne jusqu'au sol, la conduction se faisait
    avec prise de terre naturelle.
    Le condensateur (ou la pile) se déchargeait ainsi sans péril pour les porteurs.
    Isolée, l'Arche s'auréolait parfois d'aigrettes de feu, de flammes de foudre, et si un
    imprudent la touchait, elle donnait des secousses (décharges électriques)
    redoutables, terrifiantes au regard des profanes. Elle se comportait exactement
    comme une bouteille de Leyde.
    Quand David voulut la transporter de la maison d'Abinadab à son palais, il se
    produisit un accident miraculeux: l'Arche était posée sur un chariot tout neuf, conduit
    par Oza, fils d'Abinadab; les boeufs qui le traînaient ayant regimbé " lorsqu'on fut
    arrivé près de l'aire de Nachon, Oza porta la main à l'Arche de Dieu " pour la retenir,
    car elle penchait dangereusement.
    Il tomba foudroyé.
    il n'est nullement déraisonnable de prêter à Moïse des connaissances
    supérieures. Les Actes des Apôtres spécifient qu'il fut instruit dans la sagesse des
    Égyptiens, ce qui signifie qu'il reçut l'éducation scientifique réservée aux classes
    sacerdotales. Or, ces connaissances scientifiques étaient extrêmement étendues.
    En particulier, en architecture, en astronomie, en médecine 1, les Égyptiens
    auraient souvent pu rivaliser avec nos savants modernes et parfois même les
    surpasser.
    i. On a retrouvé dans la Vallée des Rois, soudés aux mâchoires de certaines
    momies, des bridges absolument semblables à ceux que confectionne la prothèse
    dentaire moderne. A l'échelle du temps connu, le condensateur électrique a
    nettement précédé la prothèse dentaire.
    96
    La Tradition, la Bible et les chroniqueurs, Clément d'Alexandrie, Platon, Josèphe,
    font état de cette science en relatant ce qu'ils appellent des " miracles " :
    - Moïse prononce le nom de Jahvé d'une telle façon que le roi d'Egypte tombe en
    syncope;
    - Moïse rend l'eau potable en y jetant du bois;
    - Moïse commande au peuple des grenouilles, qui le suit et se répand dans la ville
    du Pharaon, puis à des légions de punaises, de poux et de sauterelles (sans doute
    par la science des sons ou des ultrasons que savent utiliser les entomologistes pour
    appeler les insectes)
    - Moïse provoque des nécroses que peut expliquer une épidémie (ou une
    irradiation)
    - Moïse fait jaillir les eaux d'un rocher en le frappant avec sa baguette
    - Moïse construit l'Arche d'ARiance qui foudroie qui-conque la touche
    - Moïse, sur le mont Sinaï, promulgue la Loi au son du tonnerre et à la lumière
    des éclairs.
    Certains veulent voir dans ces relations une suite manifeste de " miracles ", mais
    à la clarté de nos connaissances actuelles il semble plus raisonnable, si l'on accepte
    les faits, de leur chercher une explication rationnelle. Moïse avait un savoir
    admirable en physique (ultrasons et électricité), en chimie, en géologie et en
    météorologie.
    Le physicien Laplace a écrit à ce sujet:
    " Il est étonnant que les Égyptiens n'aient pas voulu nous communiquer leurs
    observations et leurs sciences en astronomie.
    "On sait pourtant la réputation de leurs prêtres qui enseignèrent à Thalès, à
    Pythagore, à Eurodoxe et à Platon. "
    On doit en déduire, semble-t-il, que les secrets furent bien gardés par les initiés,
    exception faite pour les révélations à caractère social ou susceptibles d'être
    largement assimilées par les savants de l'école profane.
    Les Egyptiens connaissaient la précession des équinoxes, les degrés du méridien
    terrestre, les vingt-quatre heures du
    97
    jour, le secret d'une teinture des étoffes, supérieure à nos produits modernes, la
    prothèse dentaire, l'opération du trépan et la science chimique de l'embaumement.
    Un annuaire astrologique trouvé par Champollion dans les tombeaux de Ramsès
    IX prouve que, 1 500 ans avant J.-C., les Égyptiens savaient qu'outre son
    mouvement alternatif du sud au nord et du nord au sud le Soleil est aussi transporté
    d'occident en orient parmi les étoiles, faisant ainsi le tour du ciel en un an.
    Les prêtres, d'après Hérodote, savaient que les coquilles fossiles trouvées dans
    les sables étaient d'origine marine.
    On a reproché à ces prêtres de se servir parfois d'aimants, d'électricité, de
    machines à vapeur, d'ultrasons et de mécanismes divers pour créer de faux miracles
    destinés, auprès des foules, à prouver la puissance de leurs dieux.
    Il est vrai que ces miracles n'avaient rien de divin et utilisaient des secrets
    scientifiques alors impénétrables, mais il n'en demeure pas moins que la
    connaissance de la machine à vapeur, des ultrasons, de l'électricité, prouvait
    l'existence d'une science absolument fantastique pour l'époque.
    Les machines de Héron
    Ces connaissances extraites des livres secrets par les hiérophantes furent
    partiellement communiquées à deux mécaniciens et physiciens d'une extrême
    habileté, Ctesibius et Héron, à charge pour eux de réserver leur travail au seul profit
    des Temples.
    Walter Kiaulhen 1 analyse ainsi les miracles réalisés par les machines de Héron:
    Avec ses automates à vapeur, il transmuait les temples en lieux de mystère.
    1. Die Eisernen Enqel (Les Anges de Métal), Ullstein, 1935, d'après Le Livre des
    Merveilles de Gustave Büscher, Denoël, 1957.
    98
    Lorsque les feux sacrés avaient été allumés sur l'autel, une trompette de pierre
    donnait un signal et les fidèles accouraient.
    Ils pouvaient voir les grandes portes s'ouvrir d'elles-mêmes et lorsqu'ils
    pénétraient dans le sanctuaire en faisant tourner les roues de bronze qui se
    trouvaient dans le hall d'entrée, une pluie_ftne d'eau parfumée tombait, tandis que
    des oiseaux de métal ouvraient leurs becs et faisaient entendre un chant surnaturel.
    A la fin du service religieux, une pluie fine s'écoulait des doigts et éteignait la
    flamme.
    Dans les sanctuaires on pouvait admirer des images métalliques des dieux qui
    s'élevaient lentement vers les voûtes, des statues lourdes de plusieurs tonnes qui
    restaient suspendues en l'air, de lourdes portes de bronze qui s'ouvraient et se
    fermaient au commandement et des prêtres en lévitation.
    Souvent même, la science magique dépassait la science expérimentale -
    d'ailleurs elles étaient indissolublement liées - et les hiérophantes savaient faire
    apparaître des fantômes, prophétiser et lancer de terribles malédictions contre les
    profanateurs ou les mécréants.
    " A leur gré, écrit Éliphas Lévi, le temple s'entoure de nuages ou brille de clartés
    surhumaines ; les ténèbres se font parfois pendant le jour; parfois aussi la nuit
    s'illumine, les lampes s'allument d'elles-mêmes, les dieux rayonnent, on entend
    gronder la foudre et malheur à l'impie qui aurait attiré sur sa tête la malédiction des
    initiés. "
    Ces phénomènes miraculeux, réalisés par les prêtres avec comme bases la
    science et la magie, sont, par les auteurs profanes, qualifiés de supercherie. Ce
    n'est pas notre point de vue.
    Y a-t-il supercherie quand une Caravelle à réaction s'envole vers le ciel, quand
    une porte à cellule photoélectrique s'ouvre devant le visiteur, quand une réaction
    chimique ou un moteur congèle l'eau d'un réfrigérateur ?
    Les hiérophantes, il y a 2 000, 4 000 et sans doute aussi 10 000 ans, étaient les
    docteurs de la foi et de la science,
    99
    les chimistes, les physiciens, les biologistes, les initiés enfin à la connaissance,
    laquelle ne concerne pas seulement la métaphysique mais l'ensemble des
    problèmes humains.
    Ils donnèrent au monde de leur temps le maximum de science permise, gardant
    pour eux " la foudre du Ciel, le démon de la vapeur et la puissance divine du Verbe ".
    Mais il est certain qu'ils autorisèrent Héron à fabriquer pour les laïcs l'éolipyle à
    réaction, la fontaine à pression d'eau, la ventouse, la pompe à incendie, cette
    merveilleuse horloge que fut la clepsydre et même le taximètre pour mesurer la
    distance parcourue.
    Plus initié encore que les hiérophantes du temps de Héron, car plus proche des
    mystères de Tiahuanaco, dont le souvenir allait s'affaiblissant, Moïse donna la
    mesure des secrets cachés.
    D'après René Pique, chimiste et agent technique militaire des poudres 1, " les
    mélanges déflagrants ne devaient pas être inconnus de l'Égypte, et Moïse, recueilli
    et adopté par Thermutis, fille de Ramsès 11, avait pénétré tous les secrets de la
    science égyptienne et aurait fait usage de ces produits déflagrants, notamment
    contre Coré, Dathan et Abiron, lorsque ces derniers se révoltèrent contre lui avec
    250 hommes ".
    Mdise fait sauter une mine
    En effet, dans la Bible (Nombres, XVI, 1 et 2) on lit:
    28 - Alors Moïse dit au peuple: Vous reconnaîtrez à ceci que c'est le Seigneur qui
    m'a envoyé pour faire tout ce que vous voyez et que ce n'est point moi qui l'ai inventé
    de ma tête.
    29 - Si ces gens-ci meurent d'une mort ordinaire aux hommes et qu'ils soient
    frappés d'une plaie dont les autres ont accoutumé d'être frappés ainsi, ce n'est point
    le Seigneur qui m'envoie.
    1. Rapporté par Maurice Mercier: Le Feu grégeois.
    100
    30 - Mais si le Seigneur fait un prodige nouveau que la terre s'entrouvrant les
    engloutisse avec tout ce qui est à eux et qu'ils descendent tout vivants en enfer, vous
    saurez alors qu'ils ont blasphémé contre le Seigneur.
    31 - Aussitôt donc qu'il eut cessé de parler, la terre se rompit sous leurs pieds.
    32 - Et s'entrouvrant, elle les dévora avec leurs tentes et
    tout ce qui était à eux.
    33 - Ils descendirent tout vivants dans l'enfer étant couverts de terre et ils périrent
    du milieu du peuple.
    34 - Tout Israël, qui était là autour, s'enfuit aux cris des mourants en disant:
    craignons que la terre ne nous engloutisse aussi avec eux.
    3S - En même temps, le Seigneur fit sortir un feu qui tua les 250 hommes qui
    offraient de l'encens.
    Peut-on, après cet exposé biblique, parfaitement édifiant de l'avis de M. René
    Pique, après les opinions exprimées par M. Maurice Denis-Papin, Georges Barbarin
    et Walter Kiaulehn, peut-on refuser à Moïse ses brevets d'électricien et d'artificier ?
    Et aux prêtres égyptiens le titre de docteurs ès sciences ?
    Pour sa part, Moïse fit en d'autres occasions montre de ses talents et
    particulièrement contre Nadab et Abiu, les fils d'Aaron, qui périrent " comme frappés
    par un coup de tonnerre ".
    Les deux frères, en effet, avaient commis le sacrilège d'offrir au Seigneur dans la
    cassolette à encens un - feu étrange et prohibé " (Lév., X, 1) ce qui motiva un
    châtiment dont Moïse dut porter quelque responsabilité.
    " Un feu sortit du Seigneur ", c'est-à-dire de l'Arche, et foudroya les coupables,
    sans consumer ni leur corps ni même leurs vêtements. Ils tombèrent à l'endroit
    même oU ils offraient l'encens étranger, vraisemblablement à l'entrée du Tabernacle
    (Lév., X, 2).
    La Bible révèle par ailleurs l'existence de grands secrets scientifiques, allant,
    selon certains commentateurs, jusqu'à la bombe atomique.
    101
    Nous ne pouvons reprocher à Moïse d'avoir établi son ascendant sur son peuple
    en recourant aux ressources de la pyrotechnie et de l'électricité, et nous lui savons
    gré d'avoir eu la sagesse de taire ces dangereux secrets dont la révélation aurait
    certainement précipité le monde dans les Temps d'Apocalypse, deux mille ans avant
    notre époque.
    Moïse et Numa n'étaient pas les seuls à connaître les propriétés de la foudre et
    du fluide électrique; selon Apollonius de Tyane, les brahmanes possédaient un
    secret qui leur permettait de lancer les éclairs et le tonnerre sur leurs ennemis.
    Salomé, fille d'Hérode, savait imiter le tonnerre et l'éclair selon Fabularum liber
    d'Hyginius.
    Isaac Vossius' dit que les Chinois, en 85 de notre ère, sous le règne de Vi-Tey,
    auraient utilisé la poudre et les armes à feu contre les Tartares.
    D'après les textes hindous, dans des guerres très anciennes, - des brandons
    étaient jetés, depuis des vaisseaux aériens, sur les armées ennemies; ces brandons
    explosaient en rebondissant et provoquaient des ravages considérables ".
    AgathiaS 2 signale qu'Anthémios de Tralles, architecte de Sainte-Sophie, détruisit
    la maison de son voisin, le rhéteur Zénon, en lui envoyant la foudre et le tonnerre,
    c'est-à-dire une fusée explosive.
    La science des anciens peuples
    Les Anciens connaissaient le feu liquide qui brûle les remparts, et le tube revêtu
    d'airain qui de la proue des navires lance aux ennemis le feu d'artifice meurtrier.
    Les tables brahmaniques assurent que c'est de Vénus, en l'an 18 617 841 av. J.-
    C. (quelle précision dans la date !), que vint le premier vaisseau de l'espace et la
    légende veut que l'empereur Tam de la Xe dynastie se fit porter avec sa
    1. Varioe Observat, XIV, p. 83.
    2. Vie dejustinien, par Agathias.
    102
    suite jusqu'à Yam Cheu - sur des nuées blanches à forme de chars et de trônes et
    tirées par des cygnes ".
    Beaucoup plus vraisemblable est l'existence du chariot magnétique chinois qui
    portait une statuette incrustée d'une pierre magnétique de telle sorte que le bras de
    la figurine indiquait toujours le sud.
    Les traditions et les livres du Tibet' et de l'Inde' fourmillent de machines volantes -
    les Perles du Ciel - et d'aéronefs préhistoriques propulsés à l'arrière par l'air, le feu et
    le mercure, ce qui démontre, sinon une technique parfaite, du moins les rudiments
    d'une science perdue de
    vue.
    W. Scott Elliot3 parle d'un " vaisseau aérien utilisé par la race dont les
    descendants laissèrent les pyramides du Mexique et de l'Égypte, les pierres de
    Tiahuanaco et de Ba'albek ".
    Assurbanipal, roi d'Assyrie, il y a 2 500 ans, possédait une bibliothèque
    considérable que l'on disait antédiluvienne.
    Un jour, ayant réuni dans son palais une pléiade de savants dont il se plaisait à
    encourager et à guider les études, il pointa son doigt vers le désert et dit:
    Dans un temps très ancien, ily avait là des cités très puissantes dont les murs ont
    disparu, mais nous possédons la langue de leurs habitants sur des tablettesgravées.
    Ces tablettes, des milliers et des milliers (elles n'ont pas été exactement
    dénombrées), extraites des ruines de Ninive, ont été partiellement traduites, mais la
    plupart ont repris leur sommeil dans des musées où personne ne se soucie de les
    étudier.
    L'historien traditionaliste Gérard Heym pense qu'elles recèlent d'importants
    secrets scientifiques, mais jusqu'à présent elles n'ont livré que des données
    mathématiques à vrai dire assez extraordinaires: numération par bâtonnets,
    1. Le Tantjua et le Kantjua.
    2. Le Ramayana et le Mahabharata.
    3. 7he Story ofatlantes.
    103
    addition, tables empiriques de multiplication et de division, liste de carrés et de cubes
    de nombres 1, etc.
    Autant peut-être que les pyramides, le temple de Salomon représentait une
    somme de connaissances parmi lesquelles, nous le savons, le secret du
    paratonnerre.
    Le Temple a disparu, ruiné par Nabuchodonosor, par Crassus, puis par Titus qui,
    par ignorance, détruisirent ainsi un des plus précieux documents du génie humain.
    L'Écriture relate que Salomon avait fait placer devant le portail deux colonnes du
    bois issu par boutures successives de l'Arbre de la Science qui poussait au Paradis
    (une troisième pièce de ce bois servait de fronton au Temple). Les colonnes étaient
    recouvertes de plaques de bronze ; elles représentaient l'Homme et la Femme et
    avaient noms: jakin et Boaz (le fort et le faible), constituant ainsi un véritable
    hiéroglyphe dont seuls les initiés pouvaient pénétrer le sens. Dans le Temple, les
    prophètes hébreux apprirent la science secrète qui nous paraît quelquefois rejoindre
    la magie.
    Dans les souterrains, on élevait des fauves pour servir aux épreuves d'initiation.
    Lorsque Daniel fut accusé de magie, d'imposture et livré aux lions, il n'eut aucune
    peine à établir son ascendant sur les fauves, comme faisaient les hiérophantes
    égyptiens et comme sauraient le faire encore certains initiés. (Les dompteurs en
    parlant aux animaux ont retrouvé dans une certaine mesure ce pouvoir du verbe.)
    De même que les Hébreux, les Grecs héritèrent une parcelle de la science des
    Egyptiens. Le cadran solaire à engrenage d'Anthikythera prouvait une très haute
    connaissance du monde céleste ; l'astronome Ératosthène, de l'école d'Alexandrie,
    calcula, en 250 av. J.-C., l'inclinaison de l'écliptique sur l'équateur et la mesure du
    méridien terres- 1. Le théorème du carré de l'hypoténuse, qui passe pour
    avoir été inventé par Pythagore 1 500 ans plus tard, était connu des Sumér-iens
    (Histoire de la Science, Pierre Rousseau. Ed. Fayard)
    104
    tre dont il chiffra le degré à 59'5 miues nautiques (60' d'après les calculs actuels).
    L'ingénieur Eupalinos dirigea les travaux de percement du tunnel de Samos, qu'il
    fit commencer par les deux bouts; il était long de 900 m, mais les équipes d'ouvriers
    se rencontrèrent très exactement et le tunnel est absolument rectiligne. Pour réaliser
    un travail analogue, les Italiens et les Français, qui ont percé le mont Blanc, ont
    disposé d'instruments électroniques de mesure, de radars, de détecteurs
    magnétiques et d'ultrasons. Or, Eupalinos, dit-on, ne disposait même pas de
    boussole.
    Tibère et le verre incassable
    Aristote utilisait une plume de métal fendu pour écrire; Platon construisit une
    clepsydre-réveille-matin. Les Thermes de Byzance, construits par Septime Sévère,
    étaient chauffés avec du pétrole amené à dos d'animal depuis les bords de la mer
    Caspienne. Néron avait dans son palais un ascenseur qui desservait les étages
    jusqu'à une hauteur de 40 mètres.
    D'après Pline, Pétrone, Dion Cassius et Isidore de Séville, le verre incassable (la
    matière plastique ?) était connu des Romains et jouissait d'une telle vogue que
    Tibère fit détruire la fabrique, de peur que cette invention ne diminuât la valeur de l'or
    et de l'argent.
    D'Israeli pense que les Romains inventèrent aussi l'imprimerie, mais ils en
    cachèrent le secret afin de conserver le monopole de la connaissance. Ces
    inventions tombèrent ensuite dans l'oubli, de même que la moissonneuse
    galloromaine.
    Au milieu du xv' siècle, près de la Voie Appienne, a Rome, on découvrit un
    tombeau où gisait le corps d'une jeune fille baignant dans une liqueur non identifiée.
    Ses traits étaient si purs qu'elle paraissait dormir ; une boucle d'or retenait ses
    cheveux blonds et à ses pieds menus, merveilleusement beaux, une lampe brûlait
    doucement. Une
    105
    inscription apprit qu'elle était morte depuis plus de 1 500 ans et queue s'appelait
    Tullia, fille de Cicéron.
    Peu après l'ouverture du sépulcre, la flamme de la lampe s'éteignit, et on ne
    comprit pas comment elle avait pu briller aussi longtemps.
    De même on ne comprend pas comment, au temps de Charlemagne, une
    brusque épidémie que l'on peut rapprocher de la récente soucoupomanie, fit que le
    peuple se mit à voir des choses extraordinaires. Nous ne prétendons pas que toutes
    les visions furent des hallucinations et pensons au contraire que la première, au
    moins, pouvait correspondre à une réalité inexplicable, une soucoupe volante par
    exemple; mais quand la foule croit au miracle, elle en voit partout et il se trouve
    toujours des mages et des sorciers pour ajouter à la mesure.
    D'après le comte de Gabalis, le kabbaliste Zédéchias se sentit un jour inspiré et
    convoqua - les êtres aériens " à une grande démonstration.
    " Ils la firent avec somptuosité. Ces êtres apparurent dans l'air sur des vaisseaux
    merveilleusement construits qui se manoeuvraient à volonté. "
    Il s'agissait sans doute d'hallucinations collectives dangereuses et, sagement,
    Charlemagne interdit ces sataneries.
    Les inventions clu moine Gerbert
    Avant d'être élu pape sous le nom de Sylvestre Il, le moine français Gerbert reçut
    l'initiation de maîtres arabes à Séville et à Cordoue.
    Déjà, en l'an 970, il avait inventé les orgues à vapeur, la première horloge mue
    par un poids, un appareil comportant trois sphères à l'aide desquelles il décrivait le
    mouvement des planètes, et des règles de calculs de nombres entiers et
    fractionnaires analogues au système actuel.
    Son génie débordait tellement les capacités de ses contemporains qu'il renonça à
    leur enseigner les secrets de la mécanique, des mathématiques et de l'astronomie
    (en
    106
    particulier la rotondité de la Terre dont il fournissait la preuve au moyen de ses
    sphères).
    Les quelques vérités qu'il divulgua furent oubliées aussitôt qu'entendues.
    Bien que connaissant parfaitement le paratonnerre, Gerbert se borna à apprendre
    à ses proches que " l'on pouvait écarter la foudre en plantant en terre de hautes
    perches terminées par des fers de lance très aigus ".
    Personne, au xl siècle, ne voulut s'intéresser à la science, savoir que l'horloge
    allait détrôner la clepsydre, que la Terre était ronde, que la foudre n'était pas un fléau
    inévitable.
    De même, il est bien connu que Roger Bacon, - le Docteur admirable ", trouva
    dans des manuscrits arabes des secrets dont il ne put faire bénéficier le Xjlle
    siècle, aussi réticent à l'égard de la science expérimentale que l'était le siècle de
    Sylvestre Il.
    Ce moine génial n'a pas cité ses sources, mais son aventure est édifiante et
    prouve à la fois que de merveilleuses inventions étaient connues de l'Antiquité et que
    chaque révélation doit venir en son temps'.
    Roger Bacon - né en 1214 à Ilchester en Angleterre mort en 1294 - ftit tellement
    supérieur à son siècle qu'Alexandre de Humboldt le considéra comme " la plus haute
    apparition du Moyen Age ".
    Un de ses titres les plus glorieux est d'avoir le premier proposé la réforme du
    calendrier julien.
    - Les défauts de ce calendrier, écrivit-il au pape Clément IV, sont devenus
    intolérables. Les philosophes infidèles, arabes ou hébreux, les Grecs qui habitent
    parmi les chrétiens, ont horreur de la stupidité dont font preuve les chrétiens dans
    leur chronologie et la célébration de leurs solennités. Et cependant, les chrétiens ont
    maintenant
    1. Il est de la plus haute importance de noter que Gerbert et Bacon puisèrent
    leurs connaissances dans des manuscrits arabes. La plupart des savants antiques
    firent de même. Il semble que la quasi-totalité de la science traditionnelle ait été
    recueillie par les musulmans.
    107
    assez de connaissances astronomiques pour s'appuyer sur une base certaine 1.
    En optique, Bacon est le précurseur de Galilée et de Newton. Il connaît les
    phénomènes de propagation, de réflexion et de réfraction de la lumière et soutient,
    contre Aristote, qu'elle n'est pas instantanée. Certains passages curieux de son
    Traité d'optique ou de perspectives démontrent qu'il lui était possible, en 1250, de
    fabriquer des microscopes et des télescopes :
    Si un homme regarde des lettres ou autres menus objets à travers un cristal, un
    verre ou tout autre objectif placé audessus de ces lettres, et que cet objectif ait la
    forme d'une portion de sphère dont la convexité soit tournée vers l'oeil, l'oeil étant
    dans l'air, cet homme verra beaucoup mieux les lettres et elles lui sembleront plus
    grandes. Et à cause de cela, cet instrument est utile aux vieillards et à ceux qui ont
    la vue faible, car ils peuvent voir d'unegrandeur suffisante les plus petits caractères.
    Nous aurions beaucoup à dire concernant la " vision rompue " car les plusgrandes
    choses peuvent paraître petites, et réciproquement des objets très eloignés peuvent
    paraître très rapprochés. Car nous pouvons tailler des verres de telle sorte et les
    disposer de telle manière à l'égard de notre vue et des objets extérieurs que nous
    verrons un objet proche ou éloigné sous tel an ,gle que nous voudrons. Et ainsi, à la
    plus incroyable distance, nous lirions les lettres les plus menues, nous compterions
    lesgrains de sable et de poussière, car la distance ne fait rien directement par ellemême,
    mais seulement par la grandeur de l'angle.
    On peut douter que le moine d'Oxford ait jamais possédé et employé un
    instrument semblable au télescope, mais il est certain que l'application de ses
    connaissances et de ses principes aurait directement abouti d'abord à la fabrication
    des lunettes astronomiques, connues en Chine de temps immémoriaux et construites
    par le Hollandais Metius en
    1. Voilà qui ne laisse aucun doute sur les sentiments de Bacon il donne la
    primauté en sciences aux savants musulmans.
    108
    1609, puis au microscope inventé par Zachari jansen en 1590. Ces mêmes
    connaissances auraient également permis de confectionner un télescope quatre
    siècles avant Newton.
    D'autre part, on trouve dans les écrits de Bacon la forniule de la poudre à canon.
    Bacon était alchimiste dans le problème de la transmutation des métaux, mais
    véritable chimiste expérimental moderne dans la façon de résoudre ce problème.
    Persécuté, emprisonné, incompris, ce grand initié eut à la fin de sa vie des
    paroles amères:
    je me repens de mêtre donné tant de peine dans l'intérêt
    de la science.
    Quand il mourut, les moines de son couvent clouèrent aux murs tous ses
    ouvrages et tous ses manuscrits, comme oeuvres infâmes de sorcellerie
    Le Chandelier des Andes
    Au sud de Lima, dans la baie de Pisco, un étrange dessin, gravé dans le sable
    ocre et violet d'une haute colline, pose une énigme difficile à résoudre.
    Ce dessin représente une sorte de trident ou de chandelier dont la longueur est
    de cinq cents mètres environ.
    Taillé en tranchées dans le sable friable, il fut, dit-on, remarqué par les
    conquistadores au xvie siècle qui l'aPPelèrent " Signe miraculeux des trois croix ",
    voulu par le Dieu des chrétiens pour justifier le plus grand génocide de l'Histoire et
    sanctifier la conquête des Indes occidentales.
    M. Beltran Garcia a émis une autre hypothèse:
    - Le Chandelier des Andes était-il un calculateur de marées ? C'est probable,
    mais sa hauteur au-dessus de l'océan Pacifique prouve qu'il avait d'autres fonctions.
    Dans la colonne centrale, il y avait une très longue corde servant de pendule vertical
    et dans les deux bras extérieurs passaient des pendules horizontaux. En bref, le
    système, pourvu de contrepoids, d'échelles graduées et de cordes coulissant sur des
    poulies, constituait un gigantesque sis-
    109
    mographe de précision, pouvant enregistrer les ondes tefluriques et les secousses
    sismiques en provenance non seulement du Pérou, mais de toute la planète. "
    Certes, le Pérou est une région à tremblements de terre et l'on croit que le lac
    Titicaca était jadis au niveau de la mer, toutefois, à moins d'admettre de profonds
    bouleversements géologiques dans la région de Pisco, il est difficile d'accorder du
    crédit à la thèse de Beltran Garcia.
    Le Chandelier des Andes (Candelabro de los Andes) n'aurait pu jouer le rôle de
    sismographe que par un jeu compliqué de poteaux, de poulies et de câbles rigides
    dont il ne reste actuellement aucune trace.
    Alors, s'agissait-il d'un dessin gratuit ? D'un signe de reconnaissance ou d'une
    balise, peut-être à destination de voyageurs venant du ciel ?
    Les archéologues - qui d'ailleurs ignorent l'existence du Candelabro de los Andes
    - n'ont apporté aucune lumière à ce sujet.
    Chercheurs inconnus
    Sur la foi de relations historiques, on peut croire que les Anciens connaissaient le
    cuivre trempé, inoxydable et élastique comme l'acier. Nous avons perdu un procédé
    de soudure de l'or, comme en témoignent les couronnes gothiques du trésor de
    Guarazzar exposées au musée de Cluny, et Benvenuto Cellini lui -même ne put
    jamais retrouver le secret du travail de l'or des Étrusques.
    Sous Louis XIII, un inventeur, M. de Meuves, utilisait un produit mystérieux pour
    frotter des morceaux de fer qui, ensuite, se rompait comme verre. A la même
    époque, un certain Louis Leroux avait pris un brevet permettant "de transmuer le fer
    en acier, le plus facilement du monde ".
    Selon Lemontey (Histoire de la Régence), la comtesse de Bonneval, ayant sans
    doute retrouvé le brevet, proposait, le 20 décembre 1720, au Régent de " lui livrer le
    secret d'une
    1 10
    chimie pour convertir annuellement 20 millions de livres de fer en excellent acier,
    sans autres frais que 3 francs le quintal ". Pour prix du secret, la comtesse
    demandait un million et demi de francs et une pension de cent mille livres.
    La transaction ne se fit pas.
    De nombreux inventeurs malheureux virent leurs trouvailles, qui parfois auraient
    pu hâter l'évolution scientifique, sombrer dans l'incompréhension ou le dédain.
    Voltaire rencontra un jour un de ces chercheurs qui lui montra comment convertir
    le tombac (imitation de l'or) en fils si ténus que l'on en pouvait faire des étoffes. Le
    philosophe eut un instant l'idée de créer une nouvelle industrie, mais en abandonna
    le projet.
    En Chine, à la fin du xiv' siècle, le phénomène qui avait impressionné les
    contemporains de Zédéchias dut se reproduire - et nous pensons encore aux
    soucoupes volantes - mais les descriptions peuvent être plus précisément
    étudiées.
    Certains dessins de l'époque représentent des chars volants munis de roues à
    écrous dont le principe moteur pourrait bien être une sorte d'électromagnétisme'.
    Une gravure décrite par B. Laufer' montre deux voyageurs volant dans une sorte
    de char pourvu de roues a aubes tournant sur un axe perpendiculaire à la ligne de
    course. Quel principe pouvait se cacher derrière cette ébau- De même, faut-il voir
    une simple invention mécanique che de machine volante ?
    dans la fameuse " mouche volante de Regiomontanus " ?
    Les jouets mécaniques
    Si les chroniqueurs ont rapporté les faits en les grossissant démesurément, nous
    restons dans le domaine de la
    1. Selon jules Duhem, Histoire des idées aéronautiques.
    2. B. Laufer, The Prehistory of aviation. Chicago, 1928.
    1 1 1
    m
    physique expérimentale ; mais si les relations sont exactes, alors il faut y voir
    davantage, c'est-à-dire l'expression d'une science qui nous est encore inconnue.
    Le jouet, car c'en était un, de Regiomontanus, consistait en une mouche de métal
    que son inventeur aimait faire évoluer devant ses amis. La mouche partait de sa
    main, par exemple, au cours d'un banquet, tournait en bourdonnant autour des
    convives sans jamais aller se cogner contre les murs, puis revenait sagement dans la
    main qui l'avait lancée.
    Plus extraordinaire encore était l'aigle mécanique, de grandeur naturelle, qui fit
    une démonstration étourdissante à l'occasion de l'entrée solennelle de l'empereur
    Maximilien 1", à Nuremberg.
    L'aigle fut lancé du haut des remparts et vola loin audevant du souverain. L'ayant
    rencontré, il le survola, fit demi-tour et le précéda en battant des ailes jusqu'à la porte
    de la ville.
    De ce jour, la renommée de Nuremberg pour la fabrication des jouets mécaniques
    et articulés s'étendit au monde entier et certains pensent que la raison de cette
    réussite fut, au départ, la révélation d'un grand secret scientifique.
    Au musée de Bruxelles, on peut voir une peinture extraordinaire de Jérôme
    Bosch, représentant la Tentation de saint Antoine telle qu'on la concevait au xve
    siècle. Le démon, pour tenter le bon saint, déploie tout l'éventail des séductions
    terrestres les plus éprouvées avec en plus des petits éléments volants.
    Or, une des machines volantes plonge le spectateur moderne dans une certaine
    perplexité. Elle représente un aéronef en forme d'oiseau, qu'un navigateur gouverne
    au moyen d'un câble coulissant sur un anneau. L'aéronef est ponté, maté, haubané
    comme un voilier de haute mer et jusque-là, rien n'est extraordinaire, mais on voit,
    sans illusion possible, une antenne partir du mât et un appareil de mesure d'angles
    qui ne peut être que le goniomètre, inventé trois siècles plus tard par le physicien
    Carengeot.
    M. jules Duhem du CNRS français a écrit à ce sujet:
    112
    @ Les fils tendus au mât font si nettement office d'antenne qu'on doit croire que
    Jérôme Bosch a réellement imaginé, vers 1516, la possibilité de capter et d'émettre
    les ondes électromagnétiques comme il a représenté pour la mesure des angles un
    appareil à cadran qui est l'archétype des goniomètres de précision. "
    Au chapitre des faits miraculeux non prouvés, on trouve aussi une étonnante
    invention, fort heureusement demeurée secrète, qui se situe vers le milieu du xvil
    siècle.
    Le duc d'Albe assiégeait une cité hollandaise et ne parvenait pas à la prendre
    d'assaut.
    Ayant entendu vanter la science d'un homme que l'on disait Rosicrucien, il le fit
    venir à son quartier général et lui demanda s'il pouvait briser les murailles de la ville.
    L'homme affirma qu'il en était capable.
    L'inconnu portait une boîte assez petite, munie d'une ouverture qu'il braqua en
    direction des assiégés et presque aussitôt on vit les remparts craqueler et s'effondrer
    dans un grand bruit.
    Les Espagnols prirent la ville.
    Albe dit alors au Rosicrucien:
    - Fort bien, mon ami ! Voici une bourse d'or, mais si vous utilisez encore cette
    machine, je vous ferai pendre.
    La bombe atomique de Louis XV
    Il est infiniment probable que le rayon de la mort du pseudo-Rosicrucien n'a
    jamais existé, car l'expérience réalisée devant des milliers de témoins aurait fait
    grand bruit dans l'Histoire.
    Pourtant, une sorte de bombe atomique fut effectivement expérimentée au siècle
    de Louis XV et passa presque inaperçue. Voici comment Paris-Presse du 21 mai
    1957 présente les faits :
    "Louis XV, bien que mort il y a 183 ans, se trouve aujourd'hui mêlé à la
    controverse qui oppose partisans et adversaires de la poursuite des essais
    atomiques.
    113
    Dans un article où il s'élève contre ces expériences, le journaliste anglais James
    Cameron du New Chronicle évoque le grand exemple de sagesse qu'a donné Louis
    XV, si l'on en croit du moins ce passage, extrait d'une chronique anglaise du siècle
    dernier: le Livre des jours, de Chambers:
    Louis XV, s'il n'avait pas toujours une vie privée exemplaire, n'était pas sans
    certaines vertus qui sont toujours appréciables quand elles existent en haut lieu...
    Un natif du Dauphiné, du nom de Dupré, qui avait passé sa vie à faire des
    expériences de chimie, déclara avoir découvert une sorte de feu si rapide et si
    dévastateur qu'il ne pouvait être ni évité ni combattu, et que l'eau activait sa
    puissance au lieu de la détruire.
    Sur le canal de Versailles, en présence du roi, et dans la cour de l'arsenal de
    Paris, Dupré fit des expériences et le résultat abasourdit les assistants. Quand il fut
    clairement démontré qu'un homme possédant ce secret pouvait brûler une flotte, ou
    détruire une ville malgré toute résistance, Louis XV interdit que l'invention soit rendue
    publique.
    Bien qu'il fût, à l'époque, très embarrassé par unequerre contre les An ,glais, dont
    il importait fort de détruire la flotte, il refusa d'employer cette invention dont il décida
    au contraire la suppression pour le bien de l'humanité.
    Dupré mourut quelque temps après, emportant son secret dans la tombe. Une
    telle histoire paraît incroyable, pourtant, il ne semble pas impossible, vu les progrès
    de la science, que soit un jour inventé un feu capable d'effets si formidables que la
    guerre en deviendrait une absurdité et qu'il obligerait à organiser une police générale
    des nations destinée à empêcher les pays d'entrer en hostilités les uns contre les
    autres.
    Ce texte a été rédigé à la fin du siècle dernier. Le journaliste anglais le publie
    sans commentaire. Il s'en passe fort bien, on en conviendra!
    Secret scientifique ? Secret magique ?
    Pour Eliphas Lévi, les secrets de la science antique sont " la lumière astrale tout
    entière.... l'élément de l'électricité et de la foudre qui peut être mis au service de la
    volonté humaine ".
    Et que faut-il pour acquérir cette formidable puissance ?
    Zoroastre le dit: " Faire connaître les lois mystérieuses de l'équilibre qui
    asservissent à l'empire du bien les puissances même du mal. Il faut avoir lutté
    contre les fantômes de l'hallucination et saisi corps à corps la lumière comme Jacob
    dans sa lutte avec l'ange... Mais si l'on n'est pas parfaitement pur, on se brûle aux
    feux qu'on allume, on est la proie du serpent (l'électricité) qu'on déchaîne et l'on
    périra foudroyé comme Tullus Hostilius. "
    Le bon Éliphas Lévi voyait loin - en 1860 - et sans doute juste. Il est sûr que nos
    savants n'ont pas su dompter et asservir les forces du serpent par les vrais moyens.
    Les hommes ont jugé bon - par curiosité atavique et amour de Satan - de tenter
    l'aventure qui les mena à la conquête de l'Amérique bien avant Christophe Colomb',
    à la construction d'aéronefs bien avant les frères Montgolfier', à la fusion des métaux
    bien avant l'époque du bronze', à la fabrication des bombes atomiques avant nos
    savants modernes
    De toute évidence, la science fourvoyée aboutit au pire: la bombe atomique,
    rêvée depuis des millénaires par les empiriques et le chimiste Dupré.
    Car les empiriques eux aussi sont des disciples de Satan.
    L'origine de leur art qui se perd dans la primhistoire eut pourtant la science de
    Tiahuanaco comme point de départ.
    Il arriva, par mauvaise fortune, que les missionnaires du secret transmis par
    cooptation ne trouvèrent pas toujours d'initiés valables à qui les confier.
    Des erreurs, des détériorations se produisirent, des confidents indignes
    massacrèrent le legs et en tirèrent une
    1. Bjôrn Asbrandson, Leif Ericson, Gudleif Gudlangson et même des navigateurs
    russes d'après le journal Leningradskaya Pravda, 23 nov. 1961.
    2. Gusmâo le Portugais.
    3. Le Smithsonian Institute et le USA Bureau of Standards ont découvert
    des
    traces de métallurgie remontant à 7 000 ans et démontrant que l'on savait alors
    fabriquer de l'acier dans des fournaises de 9 000' (G. Ketman, Science et Vie, n'
    516).
    4. Destruction de Sodome et de Gomorrhe selon le physicien russe Agrest,
    explosion dans la taïga, etc.
    115
    basse sorcellerie, cet occultisme enfin qui ordonne au lieu de prier et qui prétend
    savoir par on ne sait quel prodige du diable.
    Ainsi naquit l'occultisme que l'on peut présumer infernal, celui des voyantes,
    cartomanciennes, des radiesthésistes, astrologues, jeteux, sorciers et mages qui fait
    un tort considérable à l'ésotérisme.
    Les connaissances inférieures se propagèrent chez les hindous, les Arabes et les
    Noirs d'Afrique et peut-être aussi dans ces continents et ces royaumes, disparus
    pour la plupart (comme punis d'une malédiction divine) qui ont nom: Terre de Mu,
    terre de Gondwara, Royaume de Pount (dont Zimbabwe aurait été la capitale), Pays
    des Hyperboréens, Royaume Souterrain de l'Agartha au Tibet.
    Légende, ces royaumes dont parle la Tradition ?
    Qu'importe ! Ce qu'il faut, c'est la recueillir et la laisser en message à notre tour
    aux races à venir.
    Peu à peu, au fil des siècles, elle s'éclairera et deviendra transparente comme les
    hommes hyperboréens.
    6
    Les continents disparus
    La dérive des continents postulée par Alfred Wegener au début de ce siècle,
    l'exhaussement subit des fonds marins, l'effondrement non moins soudain des terres
    émergées conduisent à penser que la configuration de la Terre a été très souvent
    bouleversée au cours des âges.
    Hérodote relate que les prêtres égyptiens de Thèbes lui contèrent que durant les
    précédents millénaires, le soleil s'était levé quatre fois contrairement à son habitude,
    et couché deux fois là où il se lève maintenant.
    La Terre aurait-elle tourné en sens inverse ?
    Le Papyrus Magique Harris, à propos de bouleversements cosmiques, assure que
    le Sud devint le Nord et que la Terre se retourna.
    De nombreux manuscrits anciens, tels que les Papyrus Ermitage et Ipuwer, font
    état des mêmes phénomènes en employant exactement les mêmes expressions.
    De mémoire d'homme, et à un stade heureusement moindre, notre planète a
    connu de fréquentes sautes d'humeur. En 1883, ce fut l'engloutissement partiel de
    l'île Krakatoa, en Indonésie: les deux tiers des terres émergées s'effondrèrent dans
    un gouffre marin profond de 300 m.
    En mer de Chine, en Atlantique, des îles apparurent et disparurent en une
    journée. Il y a 30 000 ans, la Manche était une terre émergée reliant l'Angleterre à la
    France. Le 2 octobre 1957, une île volcanique surgit près de l'île Fayal aux Açores.
    Depuis le xvii' siècle, on a vu naître - du
    117
    moins sur les cartes marines - et disparaître ou demeurer introuvables l'Isla Grande,
    les îles Aurora, les îles Saxembourg, Thompson et Lindsay en Atlantique, les îles de
    la Compagnie Royale, Emeraude, Dougherty et l'archipel Nemrod en Pacifique...
    bref, depuis 2 000 ans, plus de 200 îles, après d'éphémères émersions, ont plongé
    dans les abysses.
    La tradition, la mémoire parfois, ont conservé le souvenir de ces bouleversements
    géologiques, en brodant souvent, en ajoutant, en inventant même des planètes au
    compte de notre galaxie, puisque au temps de Pythagore, on croyait à une Anti-
    Terre, gravitant autour du Soleil, exactement à l'opposé, si bien que l'astre nous la
    cachait toujours.
    Pourtant, une ou deux fois l'an, disait-on, il était possible de voir le contour de
    cette Anti-Terre qui a, aujourd'hui encore, des partisans.
    Hyperborée
    L'Atlantide de Platon que nous situons entre l'Amérique du Sud et le tropique du
    Cancer, est sans conteste le plus célèbre des continents disparus. Dans le même
    ordre d'idées, depuis une haute antiquité (Hérodote, Diodore, Pline, Virgile), les
    hommes ont cru en une autre île sans doute légendaire: le Pays des Hyperboréens,
    situé dans la zone arctique.
    Il est certain qu'à une époque géologique très reculée, l'équateur et les pôles
    changèrent de place, si bien que les régions polaires jouirent d'un climat tropical et
    d'une flore luxuriante; est-ce un tel souvenir primhistorique que les hommes se sont
    transmis ?
    Toujours est-il que la tradition parle d'une île de glace entourée de hautes
    montagnes où vivaient des hommes presque transparents: les Hyperboréens. Des
    navigateurs grecs et babyloniens auraient vu l'île ceinte de sa corolle
    118
    diamantine, vision si merveilleuse qu'ils s'agenouillèrent et prièrent leurs dieux.
    La coruscation, sur la glace, créait une lumière irréelle et à l'intérieur du pays
    régnait une douce chaleur où s'acclimatait parfaitement une végétation verdoyante.
    Aucun contact ne paraissait exister entre l'île et le reste du monde ; pourtant un
    passage secret (souterrain ?) aurait mené jusqu'en Allemagne du Sud. Les femmes
    hyperboréennes étaient d'une beauté indicible et celles qui étaient nées cinquièmes
    dans chaque famille possédaient des dons extraordinaires de clairvoyance.
    Quand l'île devint inhabitable " en raison du refroidissement des pôles " écrit
    Sylvain Bailly, ses habitants émigrèrent en Europe et en Amérique et - toujours selon
    la tradition - les Hyperboréennes gardèrent leurs dons héréditaires de beauté et de
    voyance, choisirent des maris de haute valeur et engendrèrent une descendance
    féminine d'élite que l'on reconnaîtrait encore actuellement à son exceptionnelle
    intelligence, alliée à une grande beauté.
    Phérecyde de Scyros, initiateur de Pythagore, aurait été un descendant
    d'Hyperboréens.
    Il convient de signaler aussi que le lundi 13 juin 196 1, une expédition
    archéologique partit de Cuxhaven pour rechercher au fond de la mer, dans les eaux
    d'Helgoland, les vestiges de l'Atlantide.
    C'était une étrange idée que de rechercher l'Atlantide sous le 54' parallèle (on y
    verrait plutôt Hyperborée), mais le chef de l'expédition, le pasteur jurgen Spanuth,
    était sûr de son fait, ayant, disait-il, déchiffré des inscriptions hiéroglyphiques en
    Haute-Égypte, mentionnant que l'empire était englouti à cet endroit.
    Déjà, en 1953, jurgen Spanuth avait cru distinguer sous les eaux les fondations
    d'une cité dont il avait même pris des photos. L'égyptologue français Émile Briollay,
    cinq hommes-grenouilles et douze scaphandriers formaient le corps de troupe qui
    travailla en vain pendant plusieurs semaines - l'Atlantide ou Hyperborée
    demeura introuvable
    119
    Le continent de Gondwara ou Terre de Gond en Antarctique, est le pendant de la
    légendaire île nordique. C'est un continent copié, décalqué sur le mythe
    hyperboréen. Selon certains traditionalistes, dans nos lycées et dans nos grandes
    écoles, on trouve toujours un descendant d'une famille de Gondwara: le plus brillant
    élève.
    La Terre de Mu
    Autre pendant légendaire, mais de l'Atlantide cette fois, la Lémurie ou Terre de
    Mu que l'on situait dans l'océan Indien.
    Le mystérieux continent de Mu s'étendait sur la presque totalité de l'océan
    Pacifique, du détroit de Béring à l'Australie, de l'Inde à la Californie.
    Au vrai, son existence ne repose que sur les dires mal prouvés et sur les tablettes
    du " colonel " anglais James Churchward, qu'on n'a jamais vues.
    Vers 1868, le colonel, se trouvant aux Indes, devint l'assistant du Grand Prêtre
    d'un temple-collège et étudia fiévreusement les inscriptions d'un bas-relief ancien. A
    l'affût de toute cryptographie, il apprit que les archives secrètes du temple recelaient
    des tablettes d'argile, rédigées par les Naacals (Frères Saints) dans la Terre mère
    disparue, appelée Mu. Les tablettes étaient encloses dans un emballage et ne
    devaient jamais être lues, mais le colonel usa d'un stratagème pour satisfaire sa
    curiosité.
    " Il serait sage, dit-il, de vérifier deux emballages pour juger de la conservation
    des messages. "
    Le Grand Prêtre, qui lui aussi brûlait d'envie de voir les tablettes, ne se fit pas
    longtemps prier. Il enleva deux tablettes de leurs enveloppes de tissu.
    Impossible alors de ne pas voir les caractères tracés dans l'argile. Impossible de
    ne pas constater aussitôt leur identité avec les inscriptions du bas-relief ! Bref, les
    deux tablettes furent traduites et, par la suite toutes les autres, qui constituaient
    l'inviolable dépôt. Elles contaient la
    120
    genèse du monde et l'histoire de l'engloutissement de Mu,
    12 000 ans avant notre ère.
    Le géologue William Niven ayant trouvé au Mexique des tablettes indéchiffrables,
    Churchward appuya la découverte en assurant que les caractères hindous et
    mexicains, sur les tablettes, étaient identiques. Il prétendit aussi qu'il avait, grâce à
    la clef hindoue, traduit les deux célèbres textes mayas: le Codex Cortesianus et le
    manuscrit Troano !
    Infatigable, le colonel se mit à parcourir le monde à la recherche de confirmations
    et tant de zèle inspire la sympathie, sinon la confiance.
    Le peuple de Mu, qui aurait colonisé le monde entier, s'appelait Uighur et sa
    capitale se situait en Asie, là où le professeur Koslov découvrit - dans le désert de
    Gobi -, à 50 pieds de profondeur sous les ruines de Khara-Khota, une tombe peinte
    vieille de quelque 18 000 années.
    Le sarcophage contenait les dépouilles d'une reine et d'un roi portant (d'après
    Churchward) les emblèmes de Mu: un M, le Tau et un cercle traversé verticalement
    par un diamètre.
    Un manuscrit découvert dans un vieux temple bouddhiste de Lhassa au Tibet
    conte également la fin de Mu, et les poteries préhistoriques trouvées à Glozel, en
    1925, reproduiraient les signes et l'écriture des Uighurs.
    L'apogée de Mu daterait de 75 000 ans, mais l'empire remonterait à 150 000
    années et davantage.
    De nos jours, une secte américaine de Ramona (Californie) perpétue les théories
    de Churchward et par une curieuse coïncidence avec les traditions de Tiahuanaco,
    étudie le caractère vénusien de la civilisation de la Terre de Mu.
    Le colonel anglais n'a jamais apporté la preuve de l'existence des tablettes
    hindoues. Cependant on peut être frappé par deux faits significatifs
    l' Churchward, honnêtement, a fort bien pu se fourvoyer dans des traductions
    fantaisistes, mais il n'a sûrement pas inventé l'existence des tablettes.
    121
    2' Toute la théorie qu'il a échafaudée, et qui était incohérente il y a quatre-vingts
    ans, se trouve sérieusement fortifiée par les découvertes de Tiahuanaco et de
    Glozel.
    En réalité, nous avons la certitude que des bibliothèques secrètes existent aux
    Indes et aussi en Europe, au Vatican, à l'Escurial, et même en France 1. Dans ces
    conditions, on comprend fort bien que Churchward n'ait jamais voulu révéler où il
    avait lu les tablettes, et il était, bien entendu, dans l'impossibilité de les produire.
    Autre point en faveur du colonel: il dépensa sa fortune et le reste de ses années à
    parcourir le monde à la quête de confirmations, ce qui n'est pas le fait d'un mauvais
    plaisant.
    L'identité ou l'analogie des écritures des tablettes hindoues, mexicaines et
    glozeliennes s'inscrit fort bien dans notre hypothèse d'individus atlantéens s'étant
    dispersés dans le monde.
    Il n'a pas été retrouvé de tablettes à Tiahuanaco - où nul ne s'est jamais soucié
    d'en chercher - mais la tradition est formelle: il existait une écriture antédiluvienne en
    Amérique du Sud, écriture détruite par ordre de Pachacuti IV, 63' Inca.
    On ne pensait pas que les anciens Mexicains-pré-Mayas aient écrit, pourtant le
    géologue Niven découvrit des tablettes
    On ne croyait pas à l'écriture préhistorique... pourtant elle existe à Glozel !
    Et voilà que Churchward et ses successeurs attestent que les écritures de toutes
    ces tablettes sont semblables et découlent d'une origine commune!
    Aventureusement on précise cette origine : elle est extraterrestre, elle vient de
    Vénus... comme l'Orejona de Tiahuanaco
    1. Au Vatican: une véritable bibliothèque secrète. A l'Escurial: les manuscrits
    musulmans trouvés lors de la chute de Grenade. En France: à Paris et à Aix.
    122
    Les hommes volants de Zimbabwe
    Dans le domaine du contrôlable, les ruines de Zimbabwe en Rhodésie, si elles
    attestent l'existence d'une antique civilisation en Afrique australe, posent néanmoins
    une énigme.
    Zimbabwe, découverte en 1868 par Adam Renders, est une cité cyclopéenne
    dont l'édification remonte au xvi' siècle selon certains historiens, à l'époque
    préhistorique selon d'autres.
    Située dans un pays riche en minerai aurifère, elle fut même identifiée avec la
    mystérieuse Ophir où les vaisseaux d'Hiram et de Salomon allaient chercher l'or dont
    parle la Bible.
    Alentour, et dans toute l'Afrique du Sud, il ne semble pas que des civilisations se
    soient autrefois développées, si bien que Zimbabwe constitue une sorte d'îlot où
    vécut un peuple mystérieux.
    Dans les ruines, mais encore en fort bon état, on remarque - comme à Machu
    Picchu au Pérou - de hautes tours ovales, sortes de cornues, sans aucune ouverture
    latérale, la seule issue possible se trouvant en haut de la construction, comme si les
    habitants de ces étranges maisons avaient été munis d'ailes ou du pouvoir de voler A
    Machu Picchu, on appelle ces cornues: - les Chambres des Hommes Volants ".
    Nous ne pensons pas à des êtres pourvus d'ailes, mais à des humains possédant
    le secret scientifique de l'apesanteur et du déplacement dans l'espace, secret non
    divulgué, mais rapporté par les traditions, aussi bien d'Amérique que d'Afrique et
    d'Asie.
    Des hommes volants, il y en eut de tout temps d'après la chronique, depuis les
    Incas à plateaux volants, Icare et les saints à lévitation, jusqu'aux Rocket Belt men
    modernes, pourvus de ceinture à réaction (ou ceinture volante).
    Il ne faut pas trop se hâter de juger la tradition. Il est possible que Zimbabwe, que
    Machu Picchu aient jadis été
    123
    habités par des hommes initiés à une science dont nous n'avons pas encore idée.
    Qui a construit Zimbabwe ?
    Avec Serge Hutin 1 nous pensons aux Égyptiens et, pour notre part, plus
    précisément encore à des missionnaires de Tiahuanaco, ou, ce qui revient sans
    doute au même, aux Atlantes chassés de leur continent détruit ou de leur île
    submergée.
    L'expertise géophysique donne actuellement une explication nouvelle et un sens
    plus raisonnable aux divulgations de Platon. Tout découle de la théorie de Wegener
    sur la dérive des continents, confirmée par les découvertes du professeur Stuart
    Blackett, prix Nobel de physique 2, qui a déclaré récemment:
    Il est hautement probable que les masses continentales se soient eloi ,qnées les
    unes des autres depuis le Paléozoïque. Par exemple, je crois que durant les 440
    millions d'années qui précédèrent l'époque quaternaire, lAmérique du Nord s'est eloi
    ,qnée d'environ 3 000 milles du vieux continent.
    Ce qui revient à dire qu'à l'époque tertiaire, les Amériques étaient soudées à
    l'Europe et à l'Afrique.
    On peut n'être pas d'accord avec le professeur Blackett sur l'estimation
    chronologique des époques géologiques, lesquelles sont véritablement avancées " à
    l'estime ", 400 millions d'années pouvant tout aussi bien céder la place à 4 millions,
    voire même à 400 000 ans - la préhistoire n'est pas chiche de telles approximations -
    mais les dérives continentales constituent une hypothèse acceptable.
    Le globe terrestre - grosso modo - est constitué par un noyau central, le - nife "
    (NIckel-FEr) que cerne une pulpe, le " sima ", constitué principalement de Sllicates
    de MAgnésium.
    1. L@ Civilisations inconnues, p. 216, Ed. Fayard.
    2. Rapporté par Hilaire Cuny, Horizons, mars 1961.
    124
    Le sima est plastico-visqueux, c'est une pâte qui va se durcissant jusqu'à la
    croûte terrestre proprement dite que nous connaissons: le " sial " (Sllice et ALumine).
    Les continents, en somme, seraient des sortes d'îles dures flottant sur le sial
    visqueux.
    " A l'origine, dit Wegener, il devait y avoir une seule @asse continentale que la
    rotation de la Terre tendit à repartir sur l'ensemble du globe : l'Amérique dériva vers
    l'ouest, l'Australie vers l'est, l'Antarctique vers le sud et le Groenland vers le nord. "
    Sir Stuart Blackett a calculé que la Grande-Bretagne dérivait vers le nord-ouest à
    raison de 6 mètres par siècle ; on sait que le Groenland vogue vers l'ouest à une
    vitesse de 90 cm par an, et bientôt, les satellites américains et russes, en chiffrant
    exactement les distances intercontinentales (encore approximatives), permettront de
    mesurer au mètre près la dérive de l'Amérique par rapport au vieux continent.
    Il est probable que ces dérives ne sont pas constantes et peuv ent subir des
    ralentissements ou des accélérations brusques et accidentelles, si bien que la
    tradition du continent de l'Atlantide peut être examinée sous un jour nouveau.
    L'Atlantide de Platon aurait été l'Amérique, alors ancrée dans l'océan Atlantique
    assez près des côtes d'Afrique et d'Europe; une dérive brutale aurait entraîné un
    cataclysme et un effondrement, ou un engloutissement partiel.
    Bien entendu, tout cela n'est qu'hypothèse, mais " hautement possible ", surtout si
    l'on considère l'arrachement américain particulièrement intense sur la ligne
    équatoriale, là où la rotation terrestre se fait sentir au maximum.
    Cette hypothèse, sans les accréditer formellement, apporte néanmoins une
    certaine vraisemblance aux traditions de l'Atlantide, de Mu, de la Lémurie et de ces
    îles arctiques, Groenland, Islande, Spitzberg, détachées de la terre ferme.
    Un seul obstacle : les géologues et les préhistoriens font état de millions
    d'années, défiant la mémoire humaine. Et si ces estimations étaient
    considérablement exagérées ?
    125
    Les datations par les méthodes de désintégration, de transmutation et de carbone
    14 sont notoirement entachées des pires dérèglements. Actuellement, les savants
    américains qui effectuent des sondages au fond des fosses du Pacifique et de
    l'Atlantique, dans le cadre du Projet " Mohole ", sont de cet avis.
    La chaleur en particulier, provenant soit d'une masse interne en surfusion, soit de
    la radioactivité naturelle des roches, ne correspond pas aux définitions du
    degrégéométrique desgéologues.
    De même, l'épaisseur des sédiments traversés par les sondes avant qu'elles
    n'atteignent les couches dures du manteau terrestre ne correspond pas à l'âge admis
    des océans.
    On les croyait vieux d'un milliard d'années.
    Or, il aurait suffi de 90 millions d'années pour constituer les 550 mètres de dépôts
    moyens qui existent aujourd'hui'.
    C'est clair: sur l'évaluation de l'âge des océans, les savants ont commis une
    légère erreur: 1 milliard d'années au lieu de 90 millions, c'est-à-dire que le globe
    serait sans doute vingt fois moins vieux que prévu !
    Les astronomes ne sont pas logés à meilleure enseigne: les techniciens de
    l'Observatoire du mont Palomar en Amérique admettent 100 à 200 % d'erreurs dans
    leurs calculs concernant les mesures de l'Univers. Par exemple, notre galaxie serait
    plus grande qu'on le penserait de 60 000 années-lumière, ou même de 60 millions!
    Les fantaisies d'Hoerbiger
    Certes, la tradition n'offre pas de meilleure garantie, mais il n'est pas
    déraisonnable d'imaginer que l'AmériqueAtlantide ou encore une grande île
    actuellement immergée autour des Bermudes ou sous la mer des Caraibes ait existé
    en Atlantique il y a 20 000 ans.
    1. Aux Écoutes de la Science, 5-1-1962.
    126
    Les théories de l'illuministe allemand Hans Hoerbiger, reprises par le Français
    Denis Saurat', écartent délibérément toute donnée scientifique et bousculent la
    répartition des continents et des mers.
    En bref, pour Hoerbiger, le Cosmos est régi par une lutte incessante entre le froid
    et le chaud, entre la glace et le soleil. Des lunes s'approchent et s'éloignent de la
    Terre, attirant plus ou moins les océans, qui engloutissent des montagnes et
    assèchent des fonds marins.
    Dans ce complexe cosmo-philosophique, l'Homme est associé intimement à
    l'évolution de la nature et, selon l'influence lunaire, subit des mutations
    désordonnées. Tantôt il est atteint de gigantisme (quand la Lune proche exerce une
    attraction redoublée), tantôt il est écrasé par une pesanteur de plomb.
    Selon ces données, notre humanité issue de géants blonds, à la belle peau
    blanchie dans l'aura des glaces éternelles, ressuscite le vieux mythe ancestral du
    pays hyperboréen, de ses hommes supérieurs et de ses ravissantes femmes
    pythonisses.
    Une telle hypothèse était bien faite pour séduire Adolf Hitler qui avait besoin, pour
    refaire le globe d'une nouvelle mythologie.
    Or, Hans Hoerbiger lui apportait cela et davantage encore: une science exaltée,
    toute différente des vieux principes établissant d'autres normes de physique, de
    chimie, de littérature et d'archéologie. Cette conception politicoromantique du monde
    à venir, calquée sur la reconstitution à grand spectacle du passé traditionnel, aurait
    pu fournir à l'humanité une science diamétralement opposée aux concepts
    classiques.
    Le fantastique rêvé par Hoerbiger et Hitler n'était ni plus faux ni plus fou que le
    fantastique d'Einstein-Kennedy-Khrouchtchev.
    1. L'Atlantide et le règne desgéants, Denoël.
    127
    Invasions lunaires
    En France, l'hypothèse du primhistorien Marcel Boscher, très personnelle, se
    rapproche des théories d'Hoerbiger, de Bellamy et de Saurat. La Lune y joue le rôle
    primordial.
    Elle peut également suggérer des rapports avec la Terre de Mu.
    D'après cette théorie, la Lune aurait déterminé une résultante mécanique et
    sociale : résultante mécanique du fait des cataclysmes déclenchés, sociale par la
    conquête militaire d'un peuple lunaire.
    Cette hypothèse cnprunte à un vaste et surprenant ensemble cosmogonique,
    métaphysique et physique, s'écartant délibérément de la science rationnelle.
    Elle part d'un postulat: tout est Énergie-Matière indissociable, ne se différenciant
    que par le potentiel pour l'énergie, et par la masse pour la matière. Le principe
    mécanique du monde est la gravitation et l'attraction produite par l'énergie-matière.
    Une différence constante de potentiel magnétique équilibre l'aliment moteur de la
    cellule vivante: l'oxygène. En bref, la vie et l'évolution humaines sont conditionnées
    par ce potentiel magnétique et par l'oxygène.
    L'homme originel, vivant dans un milieu parfaitement équilibré, était une sorte de
    dieu dont les cellules se régénéraient elles-mêmes en totalité. Il ne connaissait ni la
    souffrance ni la mort et avait la perception de toute chose - la connaissance - par des
    facultés psychiques développées qui lui permettaient de se passer du progrès
    technique et agissaient à la façon des postes émetteurs et récepteurs de télévision.
    Sa stature était d'environ trois mètres et le gigantisme était commun aux règnes
    végétal et animal.
    Il semble que nous trouvions ici l'état de grâce et le paradis des temps bibliques'
    La déchéance, la faute originelle, ne furent pas le fait d'Eve, mais de la mécanique
    céleste, de Dieu, pourrait-on dire.
    128
    Femme du Magdalénien, coiffée, chaussée, vêtue d'un cor
    sage et d'un panta-lon. Cette gravure, relevée sur une dalle de Lussac-les-Châteaux
    par les préhistoriens classiques, est au Musée de l'Homme. Mais on ne la montre
    pas au public. - Chapitre 1. - (Photo Bulletin SPF).
    Le docteur Morlet vient de surprendre miss Garrod, membre de la Commission
    Internationale, faisant avec le doigt un trou dans le front de taille des fouilles. De
    gauche à droite : le docteur Tricot Royer ; le docteur moriet expliquant à la
    Commission ce qui vient de se passer; M. l'abbé Favret; M. Hamal-Naudrin ; M. de
    Varigny; M. Bosch-Gimpera ; miss Garrod, baissant la tête M. vallat, avocat à Vichy. -
    (Extrait de la revue @sculope.)
    Poterie de Glozel. Tête d'homme
    sans bouche, évo quant le curieux faciès que l'on prête aventureuse ment - aux
    cosmonautes extraterrestres. Cette poterie a été surnommée " l'Interplanétaire
    Chapitre 2. (Photo Roger Delorme.)
    Glozel fourmille de coïncidences
    exagérées : une écri ture alphabétique, des crânes d'une race inconnue, des vases
    en forme de tête de cosmonaute et voici une poterie soucoupe volante Du moins,
    on peut l'imaginer ! Alors ? Coïncidences ou influence d'une civilisation extraterrestre
    ? - Chapitre 2. (Photo Roger Delorme.)
    Tablette gravée de Glozel. On y trouve la plupart des lettres de notre alphabet.
    L'écriture alphabétique était connue il y a 1 0 000 ans. Pour transmettre quel
    message... quel secret ? - Chapitre 2. - (Photo Roger Delorme.)
    Le chancelier des Andes, de la baie de Pisco au Pérou. C'est un sismographe de
    grande précision (voir ci-dessous), vieux de plusieurs millénaires. - Chapitre 5.
    .... . ....... ....
    Carte du Capitan turc Piri Reis, Chapitre 1. - (Photo Roger Viollet.)
    La Porte du Soleil (Puerta del Sol) de Tiahuanaco qu'il conviendrait mieux d'ap
    peler - Porte de Vénus ". - Chapitre 3.
    (Photo Roger Delorme.)
    Dans la tête du person nage, gravé il y a des millénaires, on voit un étrange dessin
    qui intrigue les archéologues.
    Scaphandre spatial ? En
    gin inconnu ? Moteur ? Si l'on découvrait une telle représentation graphique dans
    une caverne des Eyzies ou sur un mur romain, qu'en penserait-on ? Chapitre 3. -
    (Photo Roger Delorme.)
    Encore un mystérieux dessin que l'on présume être un moteur à réaction. Peut être
    un moteur ion solaire ? Il s'agit incontestablement d'un message légué par la race
    des hommes de Tiahuanaco. Chapitre 3. - (Photo Roger Delorme.)
    Orejona. D'après la tradition andine, elle serait venue de la planète Vénus, sur une
    fusée spatiale. Son crâne était pointu, ses mains palmées. Orejona serait la mère
    de l'humanité terrestre. - Chapitre 3. - (Dessin de Lucien Verdi.)
    CRPSULE DIASPHRLTI
    ELECiROLIrE INCONNI
    ETUI Er4
    TIFJE DE FEP.
    VASE Ef4
    ASPHALTE
    Le - martien - du Tassili. Si ce dessin rupestre a une ancienneté plusieurs fois
    millénaire, il possède un caractère insolite incontestable. Chapitre 7.
    (Relevé par Henri Lhote.)
    Reconstitution en coupe de la Pile de Bagdad. On pourrait encore de nos jours la
    faire fonctionner sans aucune difficulté. Une électrode de fer, isolée dans de
    l'asphalte, plonge dans un électro-Me inconnu contenu dans un cylindre de cuivre.
    - Chapitre 7. (Photo Roger Delorme.)
    On ne sait quel dérèglement cosmique - ou perturbation voulue par la Providence
    - motiva les errements de la planète Lune; toujours est-il queue se mit à vagabonder
    dans le Cosmos, jusqu'à placer son orbite sur le plan de l'écliptique terrestre.
    Auparavant, elle évoluait beaucoup plus près du Soleil et son humanité, soumise
    à une durée de vie relativement courte en raison de son faible diamètre, avait brûlé
    les étapes de la connaissance et se situait au niveau que nous atteindrons vers l'an
    2000.
    Sans apporter de références, ni situer l'événement dans le temps, M. Boscher
    pense qu'à ce moment-là les Sélénites étaient en péril, l'atmosphère de leur planète
    se raréfiant et le sol s'asséchant en raison directe du phénomène.
    L'approche de la Terre fut donc une chance inespérée de salut et les Luniens
    préparèrent l'envahissement de notre globe.
    La satellisation de la Lune se fit dans un laps de temps assez considérable - des
    siècles - et eut des conséquences désastreuses pour les Terriens.
    L'équilibre magnétique étant rompu, l'atmosphère terrestre devint beaucoup
    moins riche en oxygène, par suite de la diminution de la pression atmosphérique, et
    la pesanteur augmenta dans des proportions considérables.
    Comme cloués au sol, les hommes perdirent vite leurs meilleures facultés et
    l'insensibilisation du réseau nerveux (circuit magnétique) de leur corps.
    Ils connurent la douleur et la mort.
    La Lune se plaçant sur des orbites sans cesse plus rapprochées, la Terre subit
    des raz de marée, des éruptions volcaniques, puis une grande catastrophe
    déterminée par le basculement des pôles, ce qui eut aussi pour résultat d'imprimer
    une vitesse de gravitation plus grande et d'augmenter les forces d'attraction.
    L'oxygène atmosphérique devint plus rare et la pesan teur crût encore, si bien que
    les Luniens, en atterrissant, trouvèrent une humanité amoindrie qui ne sut plus se
    129
    défendre qu'avec des moyens primaires analogues à ceux des anciens Perses,
    Assyriens et Chaldéens.
    Les envahisseurs, de taille gigantesque, pourvus d'un armement atomique,
    n'eurent aucune peine a vaincre les Terriens et passèrent à leurs yeux pour des
    dieux descen-dus du Ciel!
    La race terrestre se modifia au rythme des fluctuations cosmiques et
    géophysiques, car le globe avait subi un bou-leversement profond.
    Des continents étaient engloutis, d'autres émergeaient des océans. L'équateur,
    qui passait jadis par la Sibérie, se fixait au-dessous de l'Asie.
    Pourtant, il n'y eut ni déluge ni période glaciaire et la Terre se rapprocha du Soleil,
    réchauffant son atmosphère, se stabilisant peu à peu sur son aire actuelle et
    retrouvant aussi son potentiel magnétique et sa teneur en oxygène.
    Au cours de cette évolution naturelle, les autochtones terriens et leurs
    conquérants fusionnèrent en une race commune dont les caractéristiques auraient
    été surtout conservées par les jaunes.
    Telle est la primhistoire conçue, forgée par Marcel
    Boscher.
    Elle échappe évidemment à notre sens critique, mais présente des éléments
    d'étude tout neufs qui ne sauraient être
    écartés a priori.
    M. Boscher imagine aussi que les forces colossales libérées par l'atome
    pourraient un jour permettre de ralentir la vitesse de gravitation de la Terre, ce qui
    aurait pour résultat d'augmenter la pression atmosphérique et, de ce fait, la richesse
    de l'air en oxygène. On verrait alors, pense l'auteur, renaître l'équilibre originel,
    disparaître l'usure des cellules et revenir les facultés psychiques de nos Ancêtres
    Supérieurs '.
    Dans l'origine en partie extraterrestre de notre humanité, proposée par M.
    Boscher, les jaunes, descendants
    1. Le Dr Siegel, de l'Union Carbide Research Institute, prône l'oxygénisation
    artificielle des tissus cellulaires pour accroître la longévité.
    130
    amoindris des géants Luniens, auraient-ils pu peupler la Terre de Mu ? La Lune
    aurait-elle pu transporter de Vénus - ou de Mars - des émigrés, véritable véhicule
    cosmique ou fusée sidérale ?
    Dérives de continents, cataclysmes naturels, tremblements de terre, déluges,
    éruptions volcaniques, chutes de corps célestes, continents disparus et invasion de
    planétaires : déjà l'Histoire, la tradition et certaines imaginations se rejoignent pour
    donner un visage à l'inconnu.
    Les secrets détruits
    Tiahuanaco, les pyramides, Ba'albek projettent déjà quelques lueurs sur la vieille
    énigme, et les sanctuaires secrets ne sont pas loin d'ouvrir leurs portes.
    Certains témoignages ont été détruits. jules César porte la lourde responsabilité
    du premier incendie de la bibliothèque d'Alexandrie où le lettré Ptolémée Soter avait
    réuni 700 000 volumes qui constituaient alors la totalité de la tradition transmise et du
    savoir humain.
    Quatre siècles plus tard, un second incendie allumé par des hordes indisciplinées
    ravagea cette même bibliothèque qui fut définitivement brûlée en 641 sur l'ordre du
    calife Omar.
    On raconte que, consulté par ses capitaines sur le sort à réserv er aux livres, le
    chef musulman répondit:
    Si ce qu'ils relatent est dans le Coran, ils sont inutiles et vous pouvez les brûler.
    Si ce qu'ils relatent n'est pas dans le Coran, alors il faut les détruire comme nuisibles
    et impies. "
    Les précieux manuscrits servirent pendant plusieurs mois de combustible aux
    chaudières des établissements de bains d'Alexandrie. Quelques-uns seulement
    échappèrent au feu.
    Un autodafé semblable fut l'oeuvre, en 240 avant J.-C., de l'empereur chinois Tsin
    Che Hoang qui fit détruire tous
    131
    les livres d'histoire, d'astronomie et de philosophie existant
    dans son empire.
    Au iiie siècle, à Rome, Dioclétien fit rechercher et détruire tous les livres
    contenant des formules pour faire de l'or, sous prétexte que l'art de la transmutation
    pouvait permettre d'acheter des empires.
    Le Nouveau Testament (Actes des Apôtres) révèle que saint Paul réunit à Éphèse
    tous les livres qui traitaient de " Choses curieuses " et les brûla publiquement.
    Jacques Weiss rapporte 1 que des moines d'Irlande, ignorants, firent brûler 10
    000 manuscrits runiques sur écorce s de bouleau, contenant toutes les traditions et
    toutes les annales de la race celtique.
    Toujours dans le passionnant ouvrage de Jacques Weiss, on lit:
    Savary, dans ses Lettres sur l'Égypte, relate les propos tenus à la fin du xviiie
    siècle par le Père Sicard dans ses Let-tres édifiantes
    " On me rapporte qu'il y avait dans ce village ge petit port é ,g,yptien de Ouardan)
    un colombier rempli de papyrus recouverts de caractères magiques, achetés à
    quelques religieux coptes et schismatiques.
    "J'en fts sans résistance l'usage que je devais en faire (un autodafé) et je plantai à
    leur place une croix de Jérusalem que les Coptes révèrent avec beaucoup de
    dévotion. "
    Déjà, au xvle siècle, le fanatisme religieux, allié à une cr iminelle ignorance, avait
    livré aux flammes les Manuscrits du Yucatan au Mexique:
    Les évêques espagnols, au xvi' siècle, en firent brûler des quantités énormes et
    c'est l'intervention d'un franciscain français, Jacques de Testera, qui arrêta la
    destruction des derniers de ces précieux documents. Les conquérants commirent
    d>ailleurs des cruautés inouïes envers la population pourtant paisible et douce de
    ces contrées, tranchant les mains, les bras et les jambes, coupant les seins des
    femmes, frappant à coups
    1. La ynarchie. Éd. Adyar.
    132
    de crosse les petits enfants, si bien que la race fut à peu près anéantie'.
    Le vice-roi du Pérou, Francesco Toledo, vers 1566, parle dans ses rapports
    d'étoffes incas et de tablettes peintes d'une grande richesse narrative : histoire,
    sciences, prophéties, etc.
    Il fit jeter le tout au feu. L'existence de cette écriture inca est accréditée, par José
    d'Acosta 2, Balbota et le Père Cobo.
    Fort heureusement, les Jésuites et les P
    apes sauverent
    une partie du patrimoine traditionnel.
    Les livres de Garcilaso de La Vega et quelques manuscrits rapportant les plus
    précieuses données de la mythologie sud-américaine furent brûlés en Espagne au
    xvie siècle, mais la bibliothèque Vaticane et M. Garcia Beltran, descendant de
    Garcilaso, détiennent l'essentiel de la tradition sur manuscrits inédits dont nous
    avons eu communication.
    Les pierres de Bâmiyân
    Des messages, des témoignages publics furent laissés dans presque toutes les
    parties du globe, afin de conjurer les maléfices du Temps et des cataclysmes. En
    Afghanistan, l'odyssée et les avatars de l'homme seraient contés par les statues de
    pierre et des sculptures de Bâmiyân.
    Bâmiyân est une ville ruinée de la province du Kapisa au nord-ouest de Kaboul où
    12 000 maisons sont creusées dans le roc. C'est l'antique Djouldjoul (la Thèbes de
    l'Orient) qui fut pillée et démolie en 1221 par Gengis Khan.
    Toute la vallée où elle se trouve est trouée de cavernes et de grottes où des
    moines bouddhistes ont vécu pendant des siècles et amassé des témoignages que
    l'on dit extrêmement anciens.
    1. Paul Le Cour, A la RechÉrche d'un Monde perdu, 1931.
    2. Historia naturel y moral de las Indias, Séville, isgo.
    133
    Actuellement, trois statues colossales, sculptées en plein roc, sont les gardiennes
    des ruines. Il y a peu de temps, les monolithes étaient encore au nombre de cinq.
    La plus grande statue mesurait 53 mètres de hauteur, 7 de plus que la statue de la
    Liberté à New York; la seconde 35 mètres; la troisième 10 mètres; les autres étaient
    de moindre importance, la plus petite ayant environ la taille d'un homme.
    Elles sont, assure la tradition, les " impérissables témoins " de la doctrine secrète
    laissée par des Atlantes réfugiés en Asie.
    Des moines les ont recouvertes de plâtre pour les transformer en Bouddhas, mais
    il est aisé de discerner la supercherie.
    Bien entendu, les archéologues officiels ne sont pas d'accord à ce sujet avec les
    traditionalistes à qui pourtant un fait singulier semble devoir donner raison -. ces
    pseudo-Bouddhas n'ont pas de visage.
    Alors que le corps des statues a été relativement respecté - et trafiqué, comme
    nous l'avons dit - les faces ont subi une déprédation systématique : plus de front,
    plus de nez, d'yeux ni de lèvres. Du front au menton les faces ont été
    ramenées à un plan vertical.
    Cette mutilation, qui paraît volontaire, a peut-être voulu éviter l'identification,
    comme dans les crimes maquillée.
    Les statues ne seraient donc pas à l'effigie de Bouddah, mais de quelque autre
    mystérieux personnage dont on aurait tenté de cacher l'existence.
    Un dieu, un géant ?
    La cosmographie gravée dans la " Grotte du Kohistan " et représentant la planète
    Vénus reliée à la Terre comme par une voie de communication sidérale, présente-telle
    un
    indice valable ?
    Les statues étaient-elles à l'image de Vénusiens ou
    d'êtres venus des étoiles ?
    D'après une tradition, elles seraient les seuls souvenirs matériels des deux
    premières races, qui eurent un corps éthéré ; les statues de l'île de Pâques, hautes
    de trente à
    134
    quarante pieds et construites par des transfuges du continent américain,
    représenteraient la troisième race, la préinière dont le corps fut physique (nous
    reproduisons des interprétations résolument occultistes)
    La statue dédiée aux Atlantes, bien que gigantesque, se rapproche par ses
    dimensions de l'homme actuel.
    Un des temples de Bâmiyân était assez vaste pour servir de refuge à une armée
    entière.
    Il y a 10 000 ans, l'Asie était colonisée par la race noire chassée d'Europe, et une
    de ses deux métropoles était Bâmiyân'.
    En Europe, la race blanche était sous l'empire des Druidesses qui officiaient à l'île
    de Sein. Les Celtes s'étant révoltés contre elles, les machiavéliques pythonisses
    répandirent une épouvantable superstition pour décimer les révoltés.
    Les Celtes avaient le renom d'un courage inégalable. Misant sur leur fierté et leur
    mépris pour la mort, les Druidesses décidèrent de déléguer au " Pays situé de l'Autre
    côté de la Vie " les hommes les plus nobles et les plus braves afin de porter un
    message aux ancêtres.
    Et l'on vit cette chose abominable : l'élite des Celtes se donner la mort ou la subir
    le front haut à chaque solstice et fête religieuse, si bien que tous les chefs
    disparurent en quelques années sans qu'un seul osât se dérober à .. sacrifice
    volontaire.
    C'est alors que Ram le réformateur parut et fut, lui aussi, condamné à mort par le
    Synode des Druidesses de Sein. Pour sauver la race, Ram s'exila avec son peuple
    en direction de l'est, laissant sur son passage et dans l'histoire de nombreux
    témoignages toponymiques: Hiram, Ram, Iran, Ramayana.
    L'âge d'or de Ram en Asie dura 3 500 ans.
    1. Notre civilisation n'a pas encore songé à laisser pour les millénaires à venir un
    témoignage concret de son existence. Dans moins de 20 000 ans, si le monde
    existe encore, l'expression de notre génie actuel sera totalement détruite.
    2. La Synarchie, Jacques Weiss.
    135
    La tradition aryenne relatée par les Upanishads ne conduit pas apparemment vers
    les ancêtres extraplanétaires dont l'existence peut être vérifiée par la science de
    demain et les fusées spatiales, mais il est avéré que cette tradition n'a été transmise
    que sous son aspect métaphysique.
    Historiquement, le fait est dû à l'initiative de Bouddha qui, en son temps, voulut
    révéler à tous les mystères sacrés. Les prêtres et les Brahmanes s'opposèrent à
    cette divulgation qui fut jugée sacrilège, comme le fut la prédiction de jésus par les
    docteurs de la Synagogue.
    Les Brahmanes, en conséquence, mutilèrent volontairement leurs propos écrits
    pour limiter l'étendue du forfait, gardant pour eux l'essentiel et laissant l'exotérisme
    aux profanes
    Ainsi parlent les tenants de l'archéologie traditionnelle.
    Nous ne pensons pas qu'il faille accorder un crédit total à ces interprétations et à
    la tradition occulte relatée par les auteurs anciens et les modernes, Fabre d'Olivet,
    Schuré, Saint-Yves d'Alveydre, René Guenon, Ossendowski, Rudolf Steiner, G.
    Trarieux d'Egmond, Jacques Weiss, Mme Blavatzky.
    En l'absence de toute preuve scientifique et formellement écrite, il est nécessaire
    d'essayer de reconstituer le puzzle du passé, mais il est un peu trop facile de le
    ressusciter par la voyance ou la révélation divine, ou par une documentation tenue
    secrète à la façon du colonel Churchward.
    Inversement, il serait puéril de s'en tenir aux faux témoignages scientifiques des
    préhistoriens, et malhonnête de répudier en bloc la tradition.
    L'archéologue Schliemann est parti du principe que les livres d'Homère n'étaient
    pas des fables, mais des récits d'événements historiques ; et il a découvert la ville de
    Troie.
    1. G. Trarieux d'Egmond, Prométhée ou le Mystère de lHomme. Adyar.
    7
    Les extraterrestres sont venus
    sur la Terre
    Un homme bien étonné, quand il eut achevé de traduire les tables astronomiques
    apportées des Indes par des missionnaires, fut jean-Sylvain Bailly, maire de Paris en
    1778, éminent savant et astronome du Roi.
    Ces tables, vraisemblablement vieilles de plusieurs millénaires, utilisaient un
    chiffrage comportant dix caractères, chacun ayant à la fois une valeur absolue et une
    valeur de position, l'équivalent, mais avec une autre forme graphique, des chiffres
    romains allant de 0 à 9 qui forment la base de notre arithmétique. Nous sommes
    tellement habitués à ces chiffres que nous n'en réalisons pas le miraculeux
    mécanisme.
    En vérifiant ces tables, l'astronome royal les trouva fausses ; fausses en
    supposant qu'elles avaient été établies aux Indes, comme serait fausse une carte du
    ciel dressée à Paris et mentionnant par exemple la constellation de la Croix du Sud,
    visible seulement dans l'hémisphère austral.
    En revanche, elles auraient été justes si elles avaient été établies vers le 49'
    degré de latitude nord.
    Bailly en conclut que les Brahmanes avaient hérité ces cartes d'un peuple très
    ancien du désert de Gobi 1.
    Poussant plus loin sa spéculation, Bailly avança la théorie d'une civilisation
    inconnue qui avait été brutalement détruite par un cataclysme.
    1. Histoire de lastronomie ancienne, J.-S. Bailly, 1781.
    137
    Une longue époque d'ignorance lui aurait succédé, une sorte de barrière entre la
    première astronomie détruite et l'astronomie renouvelée par l'École d'Alexandrie.
    Bailly donna à ce peuple le nom d'Atlante et situa l'Atlantide par le 49' degré de
    latitude Nord. Ainsi se déplaçait vers l'est, presque aux antipodes, le continent
    révélé par Platon, à moins qu'il ne fût question du pays des Hyperboréens ou de la
    Lémurie. La Lémurie, dans la tradition occulte, s'étendait de l'Himalaya à l'Australie;
    le pays des Hyperboréens groupait des îles situées plus au nord, audelà du désert
    de Gobi qui était alors une mer.
    Un cataclysme, 700 000 ans avant l'époque tertiaire, avait détruit ces continents.
    Telle est du moins l'aventureuse hypothèse qui s'est répandue dans les milieux de
    l'occultisme.
    De toute façon, il était certain qu'une très ancienne civilisation avait jadis fleuri en
    Asie et plus précisément à Pékin, au Tibet, aux Indes et en Afghanistan.
    A vrai dire, la croyance en cette civilisation hypothétique ne repose pas sur des
    bases aussi solides que celles des Andes et de l'Egypte. Les documents transmis -
    tablettes, parchemins, pétroglyphes - n'ont jamais été situés dans le temps de façon
    même approximative. Pourtant, l'Inde et le Tibet notamment exercent depuis un
    siècle une attirance irrésistible sur les disciples du spiritualisme, de la théosophie et
    de la Magie noire.
    L'avènement du communisme au Tibet, la fuite du Dalaï-Lama, l'inanité
    démontrée des fameuses " murailles magnétiques " qui défendaient le Potala, rien
    n'a pu entamer la foi aveugle des orientalistes à tout prix ; foi soutenue, il faut le
    reconnaître, par l'incontestable maîtrise magique des Tibétains et des yogis hindous.
    En fait, il n'est qu'une seule certitude habilement exploitée par les charlatans : le
    Tibet est le centre mondial de la Magie noire. Peut-être l'est-il aussi de la Magie
    blanche, comme l'affirment certains initiés.
    138
    Le mystère de l'Agartha
    Une curieuse légende dit que Lhassa est le Pôle Blanc du Monde, le Pôle Noir se
    situant aux antipodes dans l'île de Pâques. Les statues pascouanes seraient des
    monolithes géants captant les ondes maléfiques du monde pour en préserver le pôle
    inverse: Lhassa. Elles seraient en quelque sorte " l'entité minérale " des cercles
    magiques recevant les chocs en retour lorsque les maléfices jetés par les sorciers ne
    frappent pas la personne visée.
    En tout cas, il existe un mystère de l'Extrême-Orient, entretenu par la fabuleuse
    Agartha.
    L'Agartha, qui fut révélée par Saint-Yves d'Alveydre, René Guenon et F.
    Ossendowski, serait un sanctuaire souterrain caché sous la chaîne de l'Himalaya, où
    officieraient les Maîtres du Monde.
    Voici, d'après Saint-Yves d'Alveydre, brillamment commenté par M. Jacques
    Weiss 1, un reportage (condensé) sur ce mystérieux royaume à l'existence duquel il
    nous faut croire sur parole :
    L'Agartha est la grande université initiatique dAsie, et son chef, le Mahatma, joue
    - sans l'usurper - le rôle de Souverain Pontife Universel.
    Ce rôle est essentiellement éducatif et pacifique, encore que lagartha possède la
    connaissance d'une science physique qui lui permettrait de faire exploser notre
    planète et que sa science psychique soit à l'avenant.
    Elle a voulu laisser ignorer son existence jusqu'au xixe siècle.
    Pourquoi les Pontifes ont-ils dérobé leur université aux regards du public ? Parce
    que leur science aurait, comme la nôtre, armé contre l'humanité le Mal, lAnti-Dieu et
    le gouvernement général de lanarchie.
    1. La Synarchie. Adyar.
    139
    Les mystères ne seront abrogés que si les promesses de Moïse et dejésus sont
    tenues par les chrétiens, c'est-à-dire si l'anarchie du monde fait place à la Synarchie
    Où se trouve lagartha ?
    Il ne convient pas de donner ici d'autres précisions que les suivantes :
    Avant Ram, son centre qui était à Ayodhya, la Ville Solaire, passa en un autre
    point; puis, en 1800 av. J-C., le sanctuaire se fixa dans lhimalaya en un endroit
    connu de plusieurs millions dasiatiques.
    L'on ne trouvera parmi eux aucun traître pour révéler le lieu de ses nouvelles
    assises 2.
    Le territoire sacré de lagartha a une population de 20 millions dâmes'; il n:y a pas
    de prison; la peine de mort n'est pas appliquée, la police estfaite par les pères
    defamille.
    Des millions de dwijas (deux fois nés) et de yogis (unis en Dieu) habitent les
    faubourgs symétriquement divisés de l'Agartha et sont répartis dans des
    constructions principalement souterraines.
    Au-dessus d'eux: 5 000 pundits (savants), 365 bagwandas (cardinaux), puis les
    douze Membres de linitiation Suprême.
    Les bibliothèques qui renferment depuis 55 700 ans la véritable synthèse de tous
    les arts et de toutes les sciences, sont accessibles aux profanes. Elles se trouvent
    dans les entrailles de la Terre.
    1. Il est curieux de noter que ces termes sont à peu près identiques à ceux de la
    prophétie de Fatima : " Si l'on écoute ma demande, la Russie se convertira et l'on
    aura la paix. "
    2. Nous avons personnellement connu le - Christ-Roi ", Serge Raynaud de la
    Ferrière, Souverain Pontife de l'Église Universelle, Suprême régent de l'Agartha,
    Directeur du Bureau mondial permanent des Questions Culturelles, etc., et qui fixait
    les entrées de l'Agartha dans la région du monastère de Chigatzé et de Kwen Lun.
    Nous avons également fort bien connu le " prince Cherenzii Lind Maha Chohan,
    Suprême Régent " lui aussi (disait-il) de l'Agartha, qui devait nous emmener dans le
    sanctuaire souterrain situé au nord de Lhassa. Nous avons même eu l'honneur
    d'être condamné à mort par l'Agartha, pour sacrilège ! (Point-de-Vue - Images du
    Monde du 20-11-47; Le Club du Faubourg, nov. 1947; Le Monde et la Vie, n' 100,
    sept. 1961.)
    3. D'après le Maha Chohan, saint jean l'Évangéliste officierait dans le Grand
    Conseil.
    140
    Les véritables archives de la Paradesa (université) occupent des milliers de
    kilomètres. Le jour où 1 Europe aura fait succéder la Synarchie trinitaire à
    songouvernement général anarchique, toutes ces merveilles deviendront
    accessibles.
    D'ici là, malheur aux imprudents qui se mettraient à fouiller la terre. Ils n:y
    trouveraient qu'une déconvenue certaine et une mort inévitable.
    Seul, le Souverain Pontife de lagartha, avec ses principaux assesseurs, possède
    la connaissance totale du catalogue de cette bibliothèque planétaire. Les fakirs sont
    pour la plupart d'anciens élèves de lagartha qui ont arrêté leurs études avant les
    hauts grades. Nul ne peut emporter de lagartha les textes originaux de ses livres
    d'études.
    La mémoire seule doit en conserver l'empreinte.
    C'est ainsi qu'au vie siècle av. J.-C. Cakya Mouni (Bouddha) revenant dans sa
    cellule après une excursion, poussa un cri terrible en ne retrouvant plus les cahiers
    d'études sur lesquels il comptait pour accomplir son mouvement révolutionnaire
    préparé en cachette.
    En vain courut-il au Temple Central où'demeure le Brahatmah; les portes en
    restèrent impitoyablementfermées.
    En vain mit-il en oeuvre pendant toute une nuit la totalité de ses notions de magie.
    La Hiérarchie Supérieure avait tout prévu et savait tout.
    Le fondateur du bouddhisme dut s'enfuir et dicter en toute hâte à ses premiers
    disciples ce que sa mémoire avait pu retenir.
    Évidemment, on ne peut que mettre en doute ce récit rocambolesque, rêvé par le
    bon Saint-Yves d'Alveydre ou qui lui fut conté par un fakir mythomane; toutefois, le
    royaume souterrain de l'Agartha appartient à la tradition. Il n'est peut-être pas
    inventé de toutes pièces.
    Reste à discerner la vérité qui se cache sous l'affabulation. Qu'à une époque très
    reculée, des initiés ou les hommes de commandos planétaires, constitués en sectes
    secrètes, aient choisi les grottes de l'Himalaya, du Kohistan ou de Bâmiyân pour se
    retirer du monde ignorant ne heurte pas le bon sens.
    141
    Nous avons au contraire mille preuves de l'existence de noyaux occultes en
    Amérique (Tiahuanaco, Tacarigua), en Europe (Glozel), en Afrique (Memphis et
    Zimbabwe), en Asie Mineure et en Asie centrale.
    La légende de l'Agartha s'est-elle développée sur ces bases mal connues et
    parcimonieusement révélées ? C'est possible.
    L'archéologue traditionaliste Michel Carguèse présente une autre hypothèse
    aventureuse, mais que ne sauraient répudier les cosmonautes qui se préparent à
    coloniser la Lune en s'enfonçant comme des taupes dans le sol de notre satellite, à
    l'intérieur de machines qui agiront comme des perforateurs :
    Il se pourrait que des êtres venus des planètes, incapables de supporter
    longtemps l'atmosphère terrestre, se soient enfoncés dans le sol, laissant à la
    surface l'incompréhensible trace de leur passage.
    Incompréhensible pour nous, mais non pour ceux de leur race.
    Des ancêtres supérieurs auraient donc habité lagartha en ,y pénétrant par le
    Dolmen de Do-King (Tibet), comme ils auraient pénétré dans d'autres centres
    souterrains de Breta,gne, de Palestine et des Indes, c'est-à-dire aux points duglobe
    oùfoisonnent les dolmens ou lesgrottes.
    En ce sens, les aliynements de Carnac en France prennent une signification
    fantastique qui fut mentionnée par la mythologie des Celtes et il est intéressant de
    noter que les extraplanétaires des Andes, avant de s'exoder vers légjjpte,
    s'enterrèrent dans la cité souterraine de Tiahuanaco, ce qui est pour le moins une
    coïncidence exagérée...
    Selon une croyance américaine, il existerait au pôle Nord, un passage permettant
    d'atteindre un monde souterrain.
    Reprenant le mythe de l'Agartha, G. Trarieux d'É mond,
    9
    à propos de science antique, écrit en associant l'expérimental à l'occulte:
    " Ces calculs (les Nombres) sont encore conservés ainsi que toutes les sciences
    sacrées, dans la Souterraine Agartha.
    142
    " ils furent légués par l'Atlantide à l'Égypte, ainsi que son symbole: le Sphinx.
    " L'étude des énergies de la Nature fut, elle aussi, poussée plus loin queue ne l'a
    été depuis lors. Non seulement les "conquêtes modernes" - si l'on peut les appeler
    de ce nom - l'invention des aéronefs, des gaz asphyxiants et des bombes furent
    connues de ces peuples antiques, mais aussi d'autres forces qui nous sont
    inconnues, telles que les énergies de l'éther. "
    Ainsi, chez les occultistes, se perpétue la tradition atlantidienne mêlée au fatras
    de l'invention hindoue.
    En 1947, un aventurier qui se faisait appeler Prince Cherenzii Lind, Maha Chohan
    (Grand chef) et Suprême Régent du Royaume de l'Agartha, vint en France
    rencontrer frère Michael Ivanoff, Grand Maître de la Fraternité Blanche Universelle
    de Sèvres.
    Le Maha Chohan
    La relation de la visite de cette haute personnalité spirinee par une
    tuelle fut don revue 1 dont nous reproduisons des passages.
    " CET HOMME EST-IL UN DIEU OU UN IMPOSTEUR? LES PRINCE
    CHERENZII LIND, MULTIMILLIARDAIRE ÉPICURIEN, SE PRÉTEND MAITRE
    D'UN ROYAUME SOUTERRAIN ET SAUVEUR DU MONDE.
    Le Maha Chohan ou Kut-Humi se présente en grand chef des Initiés de lagartha,
    mais aussi en directeur de la Grande Fraternité Blanche Universelle, union
    spiritualiste dont le but avoué est de sauver le monde.
    Ma première entrevue avec lui me laissa sous le charme: ses paroles étaient
    logiques et sages.
    Dans sa Delage, il était encadré de deux nouvelles adeptes qui, en quelques
    heures, avaient su se rendre indispensables:
    1. Point de Vue, n' 140, 20 nov, 1947.
    143
    une brune Argentine riche et influente en son pays, et la ce7èbre Lydie Bastien !
    C'est un homme de 45 ans au type nettement européen: on le croirait Belge, non
    sans quelques raisons.
    Ses cheveux et sa courte moustache sont noirs, son front intelligent et sesyeux
    habituellement autoritaires.
    Lors de notre entretien, il me reçut rue Lesueur, vêtu d'un dhoot,y bleu foncéjeté
    sur ses vêtements de ville, et il pétrissait entre ses doigts les boules de bois sculpté
    d'ungrand chapelet tibétain dont chaquegrain, dit-on, a une valeur symbolique. Voici
    les termes de l'entretien
    " Etes-vous tibétain ?
    je suis né à Darjiling, aux Indes, mais je suis tibétain, car au moment de ma
    naissance, en 1902, Dar jilin,g n'avait pas encore été arraché au Tibet par les
    Anglais et réuni à l'empire hindou.
    - Etes-vous descendant de Gengis Khan ?
    - Je descends directement de lui.
    (Le Maha porte à l'annulaire gauche une grande bague en or qui lui viendrait de
    l'antique conquérant tatar).
    - Avez-vous une parenté avec le Kut Humi qui, au siècle dernier, fonda la Société
    Théosophique ?
    - j@ suis lui-même dans une nouvelle réincarnation.
    - Etes-vous le Maître du Monde ou le Messie annoncé ?
    - Mes enseignements parleront pour moi.
    - Qui vous a décerné le titre de Maha Chohan ?
    - Le Grand Conseil de lagartha réuni en congrès: c'està-dire l'ensemble des
    Sages et des grands Instructeurs dont le siè ,ge central est seulement au Tibet. Mais
    les Sages habitent le monde entier. Il ,y en a à Paris, et lEurope compte environ 4
    000 initiés à divers degrés.
    En Amérique, ily en a beaucoup plus. Ily a trois Occidentaux actuellement dans
    lagartha, dont un Français. (11 est possible que ce dernier soit M. Danielou, fils de
    l'ancien ministre de la IIF République.)
    Qui fonda lagartha ?
    C'est très vieux. Pratiquement son origine remonte à 56 000 ans, mais il faut
    savoir que jadis les années étaient beaucoup plus longues que maintenant.
    144
    - Existe-t-il un royaume souterrain au Tibet ? La description de ce royaume, faite
    par Ossendowski, est-elle
    exacte ?
    - il existe véritablement un royaume souterrain au Tibet. Presque tous les
    monastères sont reliés par d'immensesgaleries qui, parfois, atteignent 800 km de
    longueur. Dans ces galeries sont des cavernes si grandes que Notre-Dame de
    Parisy logerait à l'aise.
    - Cela se situe entre le Tibet du Nord et la Mongolie ?
    - Oui, des êtres humains y habitent et aussi des Jinas, êtres doués d'une grande
    intelligence, mais qui n'ont pas de corps physique. Lesjinas habitent les entrailles de
    la terre et ne remontent jamais à la surface du globe. Ils sont armés de longues
    griffes et pourvus d'ailes analogues à celles des chauves-souris. Ce sont des esprits
    mauvais, mais moins mauvais cependant que les hommes, car il n,y a pas pire
    qu'eux. Ils deviendront plus tard des hommes en évoluant: ce sont les gnomes, les
    sylphes et les lutins de vos légendes.
    - Existe-t-il une civilisation inconnue dans le royaume de lagartha ? Avez-vous
    des machines plus perfectionnées que notre bombe atomique et nos avions à
    réaction ?
    - La civilisation de lagartha est uniquement spirituelle et "mentale". Nous n'avons
    pas de machines mais des bibliothèques dont vous n'avez pas idée, des peintures,
    des sculptures et, en général, un épanouissement artistique qui vous paraîtrait
    prodigieux. Le monde entier sera bien obligé d'en convenir quand j'aurai permis à
    des journalistes et à des cameramen de s'y rendre et de lmer les merveilles qui s,y fi
    trouvent. J'or ganiserai, en effet, une expédition en août 1948 1. J'ouvrirai les portes
    de tous les sanctuaires.
    - Qui financera l'expédition?
    - Moi-même.
    (Le Prince Cherenzii Lind aurait 16 milliards bloqués au Japon, Il m'a dit lui-même
    être propriétaire de 56 000 hectares de terre à Cuba et de 350 000 hectares à
    Panama.)
    1. Est-il nécessaire de préciser que cette expédition demeura à l'état de
    promesse ?
    145
    Il fait noir dans ce royaume souterrain; les cinéastes devront donc se munir de
    groupes e7ectrogènes ?
    - Non ! fl n:y a pas d'éclairage, mais les êtres et les choses de lagartha sont
    lumineux par eux-mêmes.
    (R n'empêche que pour photographier le Maha Chohan, rue Lesueur, il a fallu
    employer un flash. Personnellement, ce Grand Initié n'émet aucune lumière
    sensible, au sens littéral du mot.)
    - On prétend que vous parlez 19 langues ?
    - je connais le mongol, le tatar, le sanscrit, l'hindoustani, le bengali, le chinois
    Shensi, lefrançais, l'anglais, l'allemand, l'espagnol, l'italien...
    Est-ce un atome d'helium qui est enfermé dans votre bague ?je crois que nos
    savants ne sont pas encore à même d'isoler ainsi une si petite parcelle atomique ?
    - Jexpliquerai à M. Joliot-Curie comment il faut procéder.
    - Maître, vous le savez, ces révélations trouveront beaucoup de sceptiques. jadis,
    quand vous étiez le premier KutHumi, vous avez fait des miracles en projetant votre
    écriture à distance. Les Français, qui ont un terrible esprit critique, ne s'inclineront
    vraisemblablement que devant des preuves tangibles. Ne f crez-vous pas un miracle
    pour ce7ébrer votre venue à Paris... et aider votre mission paci fique ?
    - Si je fais un miracle, il me faudra en faire d'autres... et toujours d'autres...
    J'insiste avec véhémence et finalement le Maha Chohan, avant de clore notre
    entretien, m'annonce en pesant ses mots: - Je ferai un miracle avant de quitter Paris.
    - Un vrai miracle ? Matériel ? Comme de faire apparaître un vase de fleurs sur
    ceguéridon ? (je montre un guéridon vide.)
    - Des miracles comme cela, j'en fais tous les jours... Oui, je ferai un vrai miracle, à
    la fois matériel et spirituel.
    (Cette promesse fut faite devant plusieurs personnes qui peuvent en témoigner.)
    Je pose une dernière question relative à la léqende disant que saint jean
    @'Évanqeliste), toujours vivant, attend au Tibet le retour du Christ-Roi.
    146
    Qui vous a dit ces choses ? C'est à peu près exact: saint jean faisait partie de
    lagartha, mais il est mort au Tibet au Xjle siècle. "
    Note de la rédaction
    Là se terminaient les déclarations du Maha Chohan. Mais comme, au cours de
    leur entretien, celui-ci avait manifesté le désir de rencontrer des savants français
    pour s'entretenir avec eux des questions relatives à l'énergie nucléaire, notre reporter
    mena,gea une
    lui entrevue avec quelques sommités scientifi-ques. Tout était prêt. Les
    actualités avaient été convoquées pourfilmer la rencontre, mais le Maître de lagartha
    ne vint pas. Les savants, dérangés inutilement, se fâchèrent et parlèreni
    d'imposture.
    Notre reporter retourna rue Lesueur où on lui déclara que le Maha Chohan était
    en voyage. Le miracle promis n'avait donc pas eu lieu. Une enquête auprès des
    familiers de la maison permit également de constater que le Maître du Monde ne
    recevaitjamais de correspondance du Tibet.
    D'autre part, la tenue du Maha Chohan, dans la petite maison de Sèvres, où son "
    ambassadeur " en France, frère Michael Ivanoff, lui donnait l'hospitalité, jurait
    d'étrange façon avec le comportement habituel des Grands Initiés. Le Maha Chohan
    prétendaitjeûner sans cesse. Notre reporter a pu constater qu'il avait un faible pour
    le poulet financière et le vin de Bourgogne. Il faisait une étonnante consommation de
    cigares de la meilleure marque et passait ses soirées en compagnie de la fameuse
    Lydie Bastien, ex-maîtresse du surréaliste Gengenbach. On prétend qu'au cours de
    ces soirées le champagne coulait à flots sur les pieds blancs de la belle Lydie et était
    aussitôt recueilli par les bouches avides de ses adorateurs.
    De telles aventures, qui se renouvellent chaque année dans le monde entier
    auprès des crédules adhérents de Sociétés " spiritualistes ", ne sont pas pour ajouter
    du crédit à la légende de l'Agartha, de ses " Chefs Suprêmes " et de ses "
    bibliothèques " où s'amoncellent les archives terrestres de 55 700 années de
    civilisation
    147
    Les livres secrets
    De tout temps, des formules secrètes ont été transmises, oralement ou par écrit.
    Ce fut sans doute le cas - s'il a jamais existé - de l'Enchiridion, petit livre qui
    renfermait les plus belles pensées chrétiennes et les plus grands secrets de la
    Kabbale, écrit, dit-on, par le Pape Léon III qui le donna à Charlemagne " comme le
    plus rare de tous les présents ".
    D'après Eliphas Lévi,
    le souverain propriétaire de ce livre et sachant dignement s'en servir "
    pouvait être le Maître du Monde.
    Cette tradition suppose, ajoute Éliphas Lévi
    l' L'existence d'une révélation primitive et universelle expliquant tous les secrets
    de la nature et de la science. 2' La nécessité de ne confier ces secrets qu'à des
    initiés. 3' La certitude d'une tradition réservant aux souverains pontifes, et aux
    maîtres temporels du monde la connaissance des ni stères.
    y
    4" La perpétuité de certains signes,
    ou pentacles, exprimant ces mystères et connus des seuls
    initiés.
    Charlemagne tira-t-il profit de l'Enchiridion ? C'est assez peu probable. N'a-t-on
    pas avancé que l'illustre empereur ne savait pas écrire ?
    Aussi, Léon III, comme jadis les prêtres d'Éle ,usis, a dû lui murmurer à l'oreille la
    formule énigmatique rituelle: " Knox om pax " dont la traduction serait d'après Paul
    Le Cour: " Que celui qui peut comprendre comprenne ! "
    Tout n'est pas à prendre au sens littéral dans la tradition. Mais tout ne peut pas
    être gratuit ou faux. Nous songeons à l'Anneau de Gygès, aux poudres magiques
    des Alchimistes, aux drogues à transmutations physiques qui trouvent actuellement
    des réalisations scientifiques, aux légendes d'Homère qui furent reconnues vraies,
    au trésor du marquis de Carabas, qui est tout à fait authentique
    1 - En dépit de son nom légendaire, ce trésor est historique : Claude Gouffler,
    grand écuyer de François il, en 1546, et qui portait le titre de comte de Caravaz,
    rnourut en laissant une grande fortune que l'on ne retrouva pas. Elle serait
    148 1
    IL
    Les imaginations les plus désordonnées reposent quelquefois sur de vrais
    souvenirs.
    Que représente au juste l'Agartha ? Une hallucination d'occultiste ou une de ces
    centrales de vérité qui nous auraient été léguées par les exilés vénusiens' 9
    Si la planète Vénus suscite aujourd'hui les hypothèses fantastiques
    de notre propre évasion, elle fut, dès la plus haute antiquité connue, un
    prétexte à mystères. Il y a 18 millions d'années, selon une légende de l'Inde et de
    l'Afnu
    ghanistan, Mars, Vé s et la Terre étaient en étroites communications.
    Sur la voie magnétique qui reliait ces planètes voguait un immense vaisseau
    resplendissant, d'une puissance et d'une beauté extraordinaires. Il amenait sur Terre
    " trois fois trente-cinq êtres humains parfaits " qui constituèrent la première humanité
    terrestre.
    Vénus, planète ancestrale
    A l'appui de cette relation, une cosmographie gravée sur la paroi rocheuse d'une
    grotte du Kohistan représente Vénus et la Terre reliées par des traits qui figurent une
    route spatiale.
    Or, cette origine des hommes, exprimée par l'Orient, appartient aussi à la
    cosmologie musulmane, et apporte une lumière singulière sur notre primhistoire,
    racontée par l'Ancien Testament des Hébreux.
    Littéralement, ou presque, la Bible relaterait ainsi la création du monde:
    " Au début Dieu créa le Ciel puis la Terre.
    enfouie dans son château d'Oiron, près d'Airvault (Deux-Sèvres). Le comte de
    Caravaz servit de parangon à Perrault pour camper le marquis de Carabas.
    1. L'Observatoire de Meudon a pu vérifier le 7 juillet 1959 que la planète Vénus
    possédait une atmosphère de 20 à 40 km d'épaisseur. La traversée de cette masse
    gazeuse a duré plus de deux secondes. (Calculée par le passage de Régulus.)
    D'après la tradition, Vénus serait recouverte par un immense océan.
    149
    "Adam et Eve vivaient au Paradis (sur la planète Vénus).
    " Après le péché qui leur fît perdre la divine protection, ils furent chassés (de la
    planète Vénus) et durent s'exiler sur la Terre... "
    Le Coran dit expressément qu'Adam vivait ailleurs que sur la Terre.
    Voilà peut-être ce qu'en langage clair disent les textes sacrés et que soutiennent
    les traditions et le prophète Isaïe (nous examinerons au chapitre XIX l'ingérence
    évidente des extraplanétaires dans l'aventure biblique).
    La clef du hiéroglyphe - outre Tiahuanaco et Prométhée - nous est donnée par
    Lucifer dont le sens étymologique est déjà révélateur: lux, lumière ; fero, je porte !
    Lucifer, que l'on a grand tort de confondre avec Satan, est en réalité un Ange du
    Ciel, mais un ange déchu pour avoir, comme Prométhée, apporté aux hommes la
    lumière de la science divine.
    Il symbolise aussi, depuis toujours, la Planète Vénus, luciférienne par sa lumière
    exceptionnelle.
    Par ailleurs, la tradition l'affirme: Lucifer est venu du ciel, porteur d'une " Pierre
    Noire ", détail insolite que l'on retrouve dans toute apparition d'extraterrestres
    D'après la tradition chrétienne, la chute de Lucifer a précédé la Création du
    Monde, alors que le prophète Isaïe déclare que cette chute se produira dans lefutur,
    contradiction qui embarrasse fort les théologiens
    Qui dit vrai, de la tradition orthodoxe ou du non moins orthodoxe Isaïe ?
    Est-il venu sur Terre, l'homme de Vénus, ou y viendrat-il bientôt, annoncé par le
    cortège des soucoupes volantes qu'aperçoivent déjà certains illuminés ?
    En ce sens, Lucifer, issu de Vénus, aurait peuplé la Terre de sa " première
    humanité " comme l'assurent les Hindous et comme on peut l'interpréter d'après la
    Bible. Et c'est vers Vénus - inéluctable retour à la patrie originelle que les
    cosmonautes veulent tenter leurs grands raids spatiaux, avec d'autant plus de
    raisons inconscientes et
    150
    conscientes que sur la planète de Lucifer les probabilités d'une vie analogue à la vie
    terrestre paraissent plus grandes que partout ailleurs.
    Voilà donc, convergeant vers Vénus, un faisceau prodigieux... une chaîne de
    crédibilités dont les maillons naissent au plus profond de nos âges
    De Tiahuanaco, de Glozel, des Indes, de l'Égypte, de l'Asie Mineure, etc., le
    secret trahi de la tradition clame plus qu'une effarante hypothèse !
    La science classique n'apporte aucune preuve, aucun indice de l'origine terrestre
    des hommes. En revanche, la tradition, avec une véhémence millénaire, soutient
    cette thèse qui, de jour en jour, recueille des adhésions nouvelles.
    Elle présente aussi - comme le voyageur revenu d'une lointaine expédition - les
    marques et les témoignages de cette aventure, les moteurs mystérieux de la Porte
    du Soleil, les briques à écriture de Glozel, les gravures r-upestres du Kohistan, les
    énigmatiques et fascinantes - Pierres Noires " de Prométhée, de Lucifer et de
    Mahomet.
    Est-ce là tout l'héritage insolite de nos lointains
    ancêtres ?
    Il n'est guère venu à l'esprit des partisans d'une immigration planétaire,
    Flammarion, Richter, Kelvin, Robert Tocquet, de rechercher dans notre civilisation,
    dans notre science, dans notre architecture ou dans notre industrie, ce qui paraissait
    étranger au génie terrestre. Nous trouvons pourtant, tout autour de nous, de curieux
    indices.
    Les Pierres Noires
    Par exemple, il serait précieux de posséder des outils inexplicables ne répondant
    à aucune utilisation possible, des objets non identifiables en matière inconnue, des
    animaux ou des squelettes d'animaux qui n'auraient pas pu subsister dans notre
    atmosphère.
    S'il est aisé de distinguer une matière inconnue, il est beaucoup plus difficile de
    faire un choix pour le reste et il
    151
    existe dans nos musées des objets dont il est impossible d'expliquer l'emploi. La
    tradition inca rapporte que lorsque Orejona vint atterrir sur la Pierre Sacrée de l'île du
    Soleil dans le lac Titicaca, elle apporta de sa planète des végétaux, des animaux et "
    d'autres choses ".
    Il est difficile de retrouver, après les mutations qu'ils ont dû subir, des caractères
    insolites chez les végétaux et les animaux; mais une roche, fort rare, sur le globe,
    intrigue les minéralogistes : les tectites ou , Pierres Noires ".
    D'après la légende précolombienne, le Dieu Tvira fit élever en l'honneur
    d'Orejona, sur l'emplacement du Rocher Sacré, un Temple où étaient conservées
    plusieurs pierres noires.
    Ces pierres appelées KALA et associées au Dieu Soleil de façon mystérieuse ont
    disparu de l'île Titicaca.
    Ces Kala sont-elles celles, au nombre de trois, que l'on vénère maintenant dans
    la Kaaba de La Mecque où elles sont scellées dans le mur ' '?
    De même que la pierre de Lucifer et que les pierres noires des Andes' celles
    d'Arabie auraient une origine céleste: elles viendraient du Ciel, don de l'ange Gabriel
    à Abraham en récompense de la victoire du Patriarche sur le démon; une autre
    tradition affirme qu'elles seraient tombées de Vénus.
    A l'origine, disent les musulmans, ces pierres étaient blanches mais comme elles
    avaient la propriété d'absorber par attouchement tous les péchés humains, les
    pèlerins vinrent durant des millénaires les baiser et poser leur front sur elles, si bien
    qu'elles devinrent noires comme le péché.
    Pour les savants, elles seraient des aérolithes tombés sur terre à une époque très
    antérieure à l'islamisme.
    Selon M. Garcia Beltran, les pierres noires de la Kaaba, ont été travaillées de
    main d'homme et, en conséquence, elles ne seraient pas venues toutes seules du
    Ciel. Le biologiste espagnol pense que les Kala ont été transportées de
    1. A noter que les cathares passaient pour détenir le Graal et aussi la " Pierre
    Noire " tombée du Ciel, qui devait servir à édifier sur terre le Temple de Dieu.
    152
    Titicaca, " nombril du monde " des Incas, jusqu'à la Kaaba, " nombril du monde " des
    musulmans.
    " Si Orejona les avait abandonnées dans les Andes, déclare-t-il, c'est qu'elles
    n'avaient aucun intérêt, n'étant sans doute plus que des déchets analogues à la
    matière intérieure d'une pile épuisée. Ces pierres noires ont peutêtre servi à la
    "propulsion astrale" des astronefs vénusiens. Elles ne contiennent ni uranium ni
    radium et étaient jadis antimagnétiques, avec une polarité susceptible de supprimer
    le phénomène de la pesanteur... "
    Cette hypothèse de M. Beltran repose sur le fait que dans la tradition andine, la
    pierre noire de Titicaca portait le nom de " Pierre du puma aux yeux d'escarboucle,
    alliée au condor".
    En étroite corrélation avec l'interprétation des engins spatiaux gravés sur la Porte
    du Soleil, on retrouve ici le puma, représentation de la puissance, le condor, qui
    signifie voyage, vol, et l'escarboucle qui symbolise les forces minérales mystérieuses
    et leur rayonnement.
    Quoi qu'on puisse en penser, les pierres noires des Andes et d'Arabie paraissent
    liées à un phénomène céleste.
    Les autres pierres noires - ou tectites - que l'on trouve disséminées sur le globe,
    principalement aux Indes, en Australie, autour de Ba'albek et à Lessac (Charente),
    seraient aussi le déchet de carburant d'engins extraterrestres.
    Les géologues ne peuvent expliquer la présence sur terre de ces tectites qui sont,
    assurent-ils, des minéraux (aluminium et béryllium) riches en isotopes dont on a
    évalué la détérioration. ils auraient subi de très hautes températures et de puissants
    bombardements radioactifs, il y a moins d'un million d'années.
    Pour M. Labeyrie et son équipe d'atomiciens de Gif-surYvette, ils seraient des
    éclats projetés sur terre, résultant de la percussion de météores sur la surface
    lunaire.
    L'archéologue Danguy de Lessac, qui a trouvé de très nombreux tectites en
    Charente, les a fait fondre à une température de 400 'C et pense qu'il s'agirait de
    déchets
    153
    vitreux très fusibles, qui donc n'auraient pu provenir de la Lune sans être volatilisés.
    En réalité, ces explications, qui se contredisent, n'ont aucun caractère définiti£
    Nous avons personnellement trouvé des tectites dans une grotte de la vallée de la
    Charente, au niveau du paléolithique ancien, ce qui prouve pour le moins que les
    hommes préhistoriques les connaissaient, mais n'essayaient pas de les tailler, ce
    qu'ils auraient pu faire avec facilité et profit. Faut-il en déduire qu'ils leur attachaient
    une sorte de respect, de crainte ou de vénération ?
    Autre forme d'apport extraplanétaire : certains messages météorites que des
    humanités vénusiennes, martiennes ou mercuriennes nous adressent peut-être à
    l'aide de signaux lumineux ou hertziens.
    Mais comment identifier ces messages et en comprendre le sens ?
    Sommes-nous insensibles ou impénétrables à un Fantastique qui heurte notre
    esprit bourgeois et nos concepts périmés ?
    Si les apports extraterrestres existent à notre vue et à notre entendement, il faut
    essayer de les percevoir, et dans ce sens aventureux mais nécessaire, nous avons
    dressé un inventaire de tout ce qui est insolite ou nous a paru étranger à notre
    civilisation terrienne.
    L'insolite sur la Terre
    - Le graffite de la Cave du Kohistan aux Indes, vieux de 14 000 ans et
    représentant la Terre reliée à Vénus par une route de traits.
    - La race inconnue de Glozel qui connaissait l'écriture et la fabrication du verre à
    l'époque préhistorique du silex. - L'écriture préhistorique de Glozel. - Les poteries de
    Glozel qui paraissent reproduire une tête de cosmonaute et un animal-soucoupe
    volante. - Les soucoupes volantes (si elles existent).
    154
    - L'orichalque des Atlantes, métal mentionné dans les textes anciens, mais qui ne
    fut jamais identifié.
    - Le géant de 6 mètres des fresques du Tassili (si elles sont authentiques) qui
    semble revêtu d'un scaphandre. L'archéologue Henri Lhote le surnomme: le Martien.
    - A Tiahuanaco: dessins de machines étranges présumées spatiales.
    - Le calendrier vénusien de la Porte du Soleil.
    - Les hommes à quatre doigts des pictographies et des statues du Tiahuanaco
    primaire.
    - Les machines volantes cylindriques, montant vers le ciel, gravées au Yunan sur
    des pyramides surgies des eaux après un tremblement de terre. Dans cette région
    et dans le lac Kunming, les vestiges d'une civilisation inconnue et de haute
    expression remonteraient à 45 000 ans selon le professeur Tchi-Pen-Lao. Ces
    machines volantes et ces pyramides qui étaient hautes de 900 pieds se relient à la
    mythologie extraterrestre de Tiahuanaco et de Thèbes.
    - La création du monde expliquée par Moïse dans le Pentateuque 4 000 ans
    avant les cosmologues modernes.
    - La science secrète de Moïse et de l'Égypte antique. - Le transport au Ciel d'Élie et
    d'Énoch. Leur relation de voyages dans le cosmos.
    - Le mythe de Prométhée dont l'aventure, extraterrestre, est identique à celle de
    l'Homme de Tiahuanaco.
    - Le mythe de Lucifer, le Vénusien porteur de la " Pierre Noire ", qui s'identifie très
    étroitement à celui de l'Homme de Tiahuanaco.
    - La relation de guerres atomiques dans le Mahabharata.
    - L'utilisation du mercure dans les avions à réaction décrits dans les textes
    sanscrits.
    - Les piles de Bagdad, vieilles de plusieurs millénaires et scientifiquement
    fabriquées avec des électrodes en fer et en cuivre et un électrolyte inconnu.
    Ba'albek - La Grande Pyramide - Ollantaytambo Machu Picchu: une technique
    inconnue de construction.
    155
    - Le secret de la lévitation.
    - La cité pétrifiée du colonel W. Walker.
    - Les " chambres d'Hommes Volants " en Afrique et en Amérique.
    - L'or de faible densité utilisé par les Incas.
    - La description des deux satellites de Mars par Jonathan Swift (Les Voyages de
    Gulliver), cent cinquante ans avant leur découverte scientifique, et avec cette
    précision effarante : l'un des deux satellites voyage deux fois plus vite que l'autre.
    Ce qui fut contrôlé en 1877.
    - Le fer inaltérable (au soufre, au manganèse et au phosphore) du pilier ancien de
    Delhi.
    - Les Pierres Noires (Hadjar eleswad) de la Kaaba et de Titicaca venues de
    Vénus selon les traditions musulmanes et andines. Les Pierres Noires de Lucifer et
    des cathares qui auraient la même origine.
    - Les tectites d'Asie Mineure, d'Australie et d'Aquitaine en France.
    - Le " Chandelier des Andes ", dessiné par un peuple mystérieux dans la baie de
    Pisco.
    - L'objet aérien en magnésium à 100 % de pureté (pourcentage non réalisable par
    la technique actuelle) qui explosa sur la plage d'tffiatuba au Brésil en 1957 (non
    contrôlé).
    - L'anneau de métal de mille pieds de circonférence entourant le haut d'une
    montagne de Suède, où pousse une végétation différente de toute végétation
    terrestre (non contrôlé).
    - Les relations dans la Bible et dans les traditions de tous les pays de la conquête
    terrestre par des êtres venus d'ailleurs et notamment de Vénus et de la Lune.
    - La destruction de Sodome et de Gomorrhe (interprétation des Manuscrits de la
    mer Morte par le professeur Agrest).
    - L'explosion sur la taïga en 1908.
    - Les feuilles d'or découvertes à Our, révélant que les bijoux de la trouvaille
    provenaient des Atlantes qui les
    156
    tenaient eux-mêmes d'êtres humains venus des étoiles sur un navire volant (non
    contrôlé).
    - La révélation de Platon assurant que les Atlantes n'étaient pas d'origine
    terrestre.
    - Les Hommes Bleus: Atlantes, race de Tiahuanaco et dieux d'Égypte.
    - Les hommes à crâne plat (même les foetus ont cette articularité insolite) dont les
    squelettes ont été découverts près du lac Tacarigua au Venezuela, par le professeur
    Requena.
    - Le crâne de l'Homme préhistorique de Glozel dont l'épaisseur ne correspond
    pas aux normes de l'homme terrestre.
    - Les cartes de Piri Réis copiées sur un atlas établi en vue aérienne à une époque
    anté-glaciaire.
    A ce bref catalogue de l'insolite qui n'est qu'une hypothèse de travail, peut-être
    pourrait-on ajouter la magie noire, la parapsychologie et les secrets des prêtres
    égyptiens et hindous.
    Les cités cyclopéennes
    De tous les mystères qui s'offrent à nous, celui de la construction des pyramides
    est le plus irritant.
    Les pierres de Kéops sont énormes, colossales; la plupart pèsent de 15 à 100
    tonnes et elles sont ajustées au centième de pouce alors que dans les constructions
    modernes, les pierres de taille en calcaire tendre, 300 fois moins lourdes, sont
    ajustées seulement au 1/10.
    Dans la Chambre du Roi, le plafond est formé de blocs de granit rouge pesant 70
    000 kg. Comment ces pierres ont-elles été transportées, taillées, hissées, mises en
    place ?
    De nos jours, de telles performances ne seraient possibles que si l'on construisait
    autour des pyramides, sur le sable, des terrasses en ciment armé supportant des
    rails jointifs et des wagons à 40 roues. Bref, un tour de force.
    157
    L'obélisque qui orne la place de la Concorde à Paris est un monolithe fragile, mais
    d'un poids relativement faible. En 1835, à Louqsor, au bord du Nil, il fallut deux mois
    de travaux opiniâtres pour opérer son chargement, du temple au brick mouillé dans
    le fleuve. Et l'ingénieur Lebas dut même, en la circonstance, inventer tout un
    matériel de transport
    Or, si l'obélisque de Louqsor est un pygmée comparé aux énormes pierres des
    pyramides, celles-ci sont minuscules auprès des colossales pierres taillées et des "
    sayaucas " (pierres lasses) péruviennes de Sacsahuaman, de Machu Picchu et
    d'Ollantaytambo, pierres ajustées, longues parfois de 6 mètres, épaisses de 3 et "
    assemblées sans mortier ni crampons avec une précision telle qu'on a peine à croire
    qii'il s'agit d'une oeuvre humaine, écrit Siegfried Huber Alors ? Technique étrangère ?
    Et les monolithes colossaux du Pérou sont eux-mêmes de taille médiocre au
    regard des dalles mises en place à Ba'albek
    Ba'albek
    Les soubassements dans les ruines de l'antique ville aux sanctuaires
    gigantesques, au Liban, sont l'oeuvre mvstérieuse d'un peuple qui savait transporter,
    tailler et hisser des pierres de 750 000 kg alors que le monde, à la même époque,
    ignorait la brouette, la clef de voûte et le ciment armé.
    Dans une carrière située à environ 1 km de la ville, on peut encore voir la plus
    grande pierre taillée du monde, appelée " Hadjar el Gouble " (la pierre du Sud). Elle
    pèse 2 millions de kilos.
    Aurions-nous là le témoignage de l'industrie extraplanétaire d'êtres venus sur
    notre globe avec des secrets inconnus ?
    1. Au Royaume des Incas, Plon.
    158
    Mais dans ce cas, de quelle nature était la connaissance scientifique
    qui'permettait à des hommes de vaincre la pesanteur des énormes monolithes ?
    Denis Saurat a tourné la difficulté en supposant l'existence d'une race de géants.
    Le professeur russe Agrest, dans la Literatournaïa Gazeta, se référant à des
    données archéologiques et à d'anciens textes esséniens, s'est franchement
    prononcé pour une science inconnue, révélée par des astronautes préhistoriques.
    Ces visiteurs seraient venus sur terre, il y a un million d'années, et auraient posé
    leur fusée - ou leur soucoupe volante - dans la région du Moyen-Orient.
    Agrest, mathématicien et physicien renommé en URSS (nous ne faisons pas
    nôtres pour autant toutes ses théories aventureuses), appuie son hypothèse sur une
    citation des Manuscrits de la mer Morte: Des hommes sont venus du Ciel et d'autres
    hommes ont été enlevés à la Terre et emportés au Ciel. Les hommes tombés du
    Ciel sont demeurés sur la Terre longtemps après la venue du Fils de Dieu.
    Dans la Bible il relève ce qui'a trait à la destruction de Sodome et de Gomorrhe:
    Enfuis-toi si tu veux être sauvé et ne te retourne pas. Ne t'arrête pas. Cours
    jusqu'au bout de cette plaine et va dans la montagne, si tu ne veux pas mourir.
    Et Loth répondit:je ne pourrai pas atteindre la montagne, parce que le mal
    pénétrera mon corps et me tuera.
    Analysant ce passage de la Bible, Agrest assure: " Il est clair qu'il est question d'une
    explosion nucléaire, ce que semble prouver la suite du texte. "
    Il est dit en effet
    Une colonne de fumée et de poussière s'eleva, semblable à une colonne qui
    aurait surgi du coeur de la Terre.
    Et elle versa une pluie de soufre et de fer sur Sodome et Gomorrhe et détruisit la
    ville, la plaine entière, tous les habitants et la vé
    ,gétation.
    Si l'on met à part la date de un million d'années, qui est hors de vraisemblance, la
    théorie n'est pas absurde. Agrest poursuit en donnant les raisons de cette
    atomisation oU il substitue les astronautes aux Anges Exterminateurs.
    159
    " Les visiteurs planétaires, dit-il, voulurent avant de quitter la Terre, détruire leur
    stock nucléaire, mais auparavant ils recommandèrent aux habitants de la région de
    ne demeurer ni dans la ville ni en terrain découvert, de se cacher sous terre et de ne
    pas regarder l'explosion. La déflagration fut accompagnée de la colonne de fumée
    caractéristique (le champignon atomique) et les retombées radioactives tuèrent la
    végétation et les gens.
    " Les survivants, comme Loth et ses filles, qui avaient cherché un abri dans des
    cavernes, durent se sauver plus loin encore 1. "
    M. Agrest pense aussi que la grande terrasse intérieure du Temple de Ba'albek
    qui mesure 134 mètres de long et 113 mètres de large, était une aire d'atterrissage
    pour soucoupes volantes, aménagée spécialement par les astronautes lors de leur
    séjour terrestre.
    Cette explication du physicien russe était hasardeuse en 1959, mais elle a pris
    une certaine force après les découvertes de ses compatriotes : le professeur jirov,
    qui identifia le calendrier Vénusien de Tiahùanaco, et le professeur Kazantsev, qui
    étudia le dessin des engins spatiaux gravés dans la frise.
    Quant à la date de un million d'années avancée par Agrest, elle résulte de
    l'expertise des " tectites " que l'on trouve au Liban.
    Tout cela, qui est fort hypothétique, n'apporte aucune solution à l'énigme des
    monolithes titanesques du Liban et d'Égypte qu'il faut cependant relier aux mystères
    du Pérou et de Tiahuanaco.
    D'autres indices militent en faveur de la venue sur Terre d'hommes inconnus,
    oubliés ou extraplanétaires, qui utilisèrent la désintégration atomique.
    En 1850, un homme extraordinaire, qui fut conquistador du Nicaragua, le colonel
    W. Walker, explorant en Amérique occidentale tout le pays compris entre la Gila et
    San jua-.i, trouva les emplacements de plusieurs villes en ruine.
    1, Paris-Presse, 12-2-60.
    160
    Il écrivit à ce sujet:
    On voit à cet endroit un édifice central imposant autour duquel gisent les restes
    d'une cité ayant environ un mille de longueur.
    Ony trouve des traces d'érupton volcanique avec des blocs carbonisés ou vitrifiés
    attestant le passa"ge d'un fléau terrible.
    Au centre de cette ville, véritable Pompéi américaine, s'élève un rocher de 20 à
    30 pieds de haut, portant encore des débris de constructions c
    yclopéennes.
    L'extrémité sud de cet édifice semble sortir d'une fournaise, le rocher qui le
    supportait porte lui-même des traces defusion.
    fl est singulier que les Indiens n'aient conservé aucune tradition relative aux
    sociétésjadis établies dans cette ré io
    g n
    En considérant ces tristes restes, ils sont saisis d'un religieux effroi, mais ils ne
    savent rien touchant leur histoire.
    L'endroit, près de Mohava Desert, est appelé " La Vallée de la Mort ".
    De cette narration ressortent plusieurs points importants qui ne pouvaient, au xixe
    siècle, suggérer les développements que l'on en tire de nos jours.
    Le colonel Walker, dans l'ignorance où il était de la science nucléaire, attribue à
    une éruption volcanique l'antique cataclysme de la Vallée de la Mort; or, à considérer
    Herculanum, Pompéi, et Saint-Pierre de la Martinique, il est incontestable que ni une
    éruption volcanique, ni un tremblement de terre, ni un incendie n'auraient pu vitrifier
    des sables et faire fondre des rochers.
    Autre détail : cette Vallée de la Mort, où s'élevaient autrefois une cité, des
    espaces verts et des arbres, est maintenant stérile. Elle se situe dans le désert de
    Neveda où, coïncidence, éclatent actuellement les bombes atomiques américaines.
    Étrange prédestination des lieux
    L'explosion de la tidiga
    Le 30 juin 1908, à 7 heures du matin, les habitants de la région de Kansk, en
    Sibérie, virent une traînée fulgu-
    161
    rante illuminer le ciel et se perdre au loin dans la steppe. on entendit une formidable
    explosion. Dans le monde entier, les sismographes enregistrèrent une nette
    secousse dont l'épicentre se situait au nord-ouest du lac Baïkal.
    L'Académie des Sciences de Moscou délégua sur les lieux le professeur Koulik
    qui, dans la tribu nomade des Evenk, enregistra d'étonnantes déclarations
    Nous étions à 80 verstes (85 km) de la Tougounsska et nous avons vu lefeu.
    La chaleur était si forte que nous nous sommes couchés sur
    le chemin.
    Moi, dit un témoin, j'ai eu peur que le feu se mette à ma
    blouse.
    Dans un village du district de la Podkaménnaïa Toun- rennes ont été
    tués d'un seul coup...
    ,gousska, 1 500
    Les nomades crurent à la fin du monde, preuve que le cataclysme, pourtant aussi
    éloigné d'eux que Chartres de Paris, était d'une intensité sans exemple.
    Dans les nuits qui suivirent, d'étranges phénomènes se produisirent en Europe
    septentrionale. Le ciel fut envahi par des nuages phosphorescents qui éclairèrent
    comme en plein jour Berlin, Copenhague et Londres.
    Pourtant, le professeur Koulik conclut simplement à la chute d'une énorme
    météorite.
    L'affaire ne devait pas en rester là: en 1958, la Société russe d'Astronomie et de
    Géodésie, ayant examiné de nouveau le problème, déclarait formellement que le
    30juin 1908, aucune météorite n'était tombée sur la Tounga et que l'explosion s'était
    produite non au contact de la terre, mais en l'air.
    En 1959, le professeur Gucorgui Piekhanov, et en 1962, le professeur Ziegler
    annonçaient à leur tour
    Sur le lieu du cataclysme, le cratère ne ressemble pas du tout à un cratère de
    météorite et nous y avons relevé une radioactivité intense.
    162
    Tout permet de penser qu'il s'agit d'une explosion nucléaire produite à une
    certaine hauteur dans l'atmosphère, ou encore de la désintégration d'un bloc
    d'antimatière
    On avança alors une autre hypothèse: désintégration d'un
    vaisseau spatial.
    M. Lucien Barnier, spécialiste français des questions scientifiques,
    qui enquêta sur l'" Hiroshima de 1908 ", prit résolument parti pour cette explication:
    " De nombreux témoins, écrit-il, ont décrit l'engin étranger sous la forme d'un tube
    ou d'un rondin. A-t-on vu des météorites cylindriques ? "
    Et, au chapitre des faits curieux, il ajoutait en sous-titre à son article: " Un
    champignon de feu de 80 km de haut... trois jours sans nuit à Londres et à Tokyo...
    et depuis cinquante-deux ans, l'herbe ne repousse plus... "
    Guerres atomiques aux Indes
    Dans les livres sacrés hindous, le Mahabharata et le Ramayana, il est question
    d'envahisseurs, issus d'autres planètes puisqu'ils sont désignés sous le nom de " fils
    de la Lune et du Soleil "; désignation troublante quand on sait que plusieurs traditions
    font état de la venue sur Terre de conquérants ou de dieux du Ciel.
    Certes, il était logique que la Lune impressionnât l'imagination des peuples
    antiques ; cependant, il faut aussi noter qu'un satellite peut constituer pour un peuple
    de l'Espace un moyen idéal de locomotion. La Lune fut-elle à l'origine
    1. Sur le plan théorique, l'antimatière serait symétriquement l'inverse de la
    matière. Mais l'antimatière n'est pratiquement pas réalisable car si elle existait un
    jour, elle intégrerait immédiatement des noyaux positifs qui détermineraient unie
    libération colossale d'énergie. Toutefois, on peut créer un électron négatif en
    interférant des énergies de l'ordre de 4 à 500 000 électronvolts, mais cet électron
    négatif disparaît aussitôt que créé. Les savants ont tendance actuellement à
    imaginer des forces inverses aux forces existant : antiprotons, antigravitation,
    antimatière... comme jadis on imaginait l'Anti-Terre. Si notre univers-matière
    rencontrait un univers-antimatière à constitution inverse, l'explosion qui en résulterait
    détruirait le Cosmos.
    163
    un engin spatial, un super-Spoutnik habité par des astronautes fuyant une planète en
    péril pour un autre monde plus hospitalier ?
    L'hypothèse mérite d'être retenue, d'autant plus que la tradition mentionne
    l'existence et la disparition de plusieurs lunes.
    Se rapportant à la science nucléaire primhistorique, les textes hindous relatent
    avec une précision étonnante une guerre atomique semblable à celle qui pourrait se
    dérouler de nos jours.
    Ces révélations et celles que l'on peut trouver dans d'autrès documents en
    sanscrit (Ramatcharitra, Mahavira, Drona Parva, Rasernava, Kiratarjunïya),
    n'impressionnèrent guère les hommes de 1939, qui avec un regrettable manque
    d'imagination, se bornèrent à les assimiler aux légendes d'Homère et aux aventures
    du baron de Crac. Les chercheurs actuels, rompus au merveilleux de la physique et
    aux miracles de la microbiologie, s'aperçurent que les guerres atomiques qui
    opposaient les antiques rois asiatiques ressemblaient point par point à nos prochains
    conflits, tels qu'on les peut imaginer. S'agissait-il de reportages effectués sur le vif
    par des journalistes sincères mais non initiés ?
    On croit plutôt que les relations des textes védiques, vieux de 3 000 ans, se
    rapportent à une guerre atomique qui se serait déroulée 10 000 ou 20 000 ans
    auparavant. Guerre atomique entre antagonistes d'inégales cultures, l'un - qui sera
    vaincu - mettant en lice des éléphants, des chevaux, des chars en bois, l'autre - le
    clan des vainqueurs, des dieux venus du Ciel, donc sans doute des extraplanétaires
    - utilisant les bombes atomiques, l'irradiation et les engins volants.
    On peut lire dans le Ramayana et dans le Drona Par-va:
    Les machines volantes, Vimanas, avaient la forme d'une sphère et naviguaient
    dans les airs par l'effet du mercure qui suscitait ungrand vent propulseur.
    164
    Des hommes, logés dans le Vimanas, pouvaient ainsi parcourir de grandes
    distances en un temps merveilleusement
    court.
    Les Vimanas se conduisaient à la volonté du pilote, volant de bas en haut, de
    haut en bas, en avant ou en arrière, selon la disposition du moteur et son inclinaison.
    Il s'agissait donc d'engins à réaction propulsés dans les airs par l'effet du mercure
    ou " rasa ". Et sur ce point déjà, l'actualité nous offre une coïncidence intéressante:
    M. L. Gérardin, ingénieur à la Société Thompson-Houston, au cours du Congrès
    International de l'Espace, qui s'est tenu à Paris en juin 1959, a préconisé pour la
    propulsion des fusées spatiales, le moteur ion-mercure.
    En 1962, la société française d'études et de recherches sur la propulsion à
    réaction annonçait que dans le projet " Phaéton " la France se proposait de lancer,
    en 1966, un satellite dont le moteur serait un " four solaire à mercure " !
    Le projet ne fut pas mis à exécution, mais il le sera vraisemblablement dans un
    proche avenir.
    Voici maintenant pour la guerre atomique:
    Le feu de cette arme (utilisée par le héros Râma) détruisait les cités en produisant
    une lumière plus claire que 100 000 soleils.
    Le vent alors se levait, et le feu de l'arme terrible brûlait les éléphants, les soldats,
    les chars et les chevaux sans qu'on pût le voir car il était invisible.
    Ce feu faisait tomber les ongles et les cheveux des hommes, blanchissait le
    plumage des oiseaux, colorait leurs pattes en rou qe et les rendait tortues.
    Pour conjurer ce feu, les soldats couraient se jeter dans les our s'
    rivières p y laver et y laver tout ce qu'ils devaient
    toucher...
    Bien sûr, il faut se méfier de l'imagination des Orientaux, mais il faut aussi avouer
    qu'un homme de l'an 1000 avant J.-C., parlant de faits très anciens, mais rapportés
    certainement par des documents écrits, car on n:y relève aucune erreur, ni aucune
    incohérence, il faut avouer, donc, que cet
    165
    homme ne pouvait employer ni d'autres mots, ni d'autres images, pour dire qu'une
    bombe atomique détruisait les cités, brûlant tout et provoquant des mutations,
    caractéristique relativement peu connue de l'irradiation. S'il s'agit là d'une
    coïncidence, n'est-elle pas quelque peu excessive ?
    Dans le Mahavira du poète Bhavabhonti (viii' siècle), Râma utilise des armes
    absolument analogues aux armes secrètes US expérimentées en 1961, dans le
    Maryland: des armes pharmacodynamiques encore placées sous secret d'État et sur
    lesquelles les Russes, pour leur part, ne laissent filtrer aucune information.
    Voici ce texte
    Le Sage lui remet en lui confiant tous les secrets de leur maniement des armes de
    la plus haute puissance, produisant l'assoupissement (djrimbhaka) et aussi en
    répandant un profond sommeil (prasvâpana) et une arme defeu capable de réduire
    en cendres la grande armée de Koumbhakarna 1.
    Coïncidence exagérée encore avec les " brouillards " secrets des Américains qui
    produisent eux aussi, sur l'ennemi, le djrimbhaka et le prasvâpana.
    Les textes sanscrits relatent donc certainement une guerre véritable mettant en
    oeuvre un matériel appartenant à une race aussi évoluée que la nôtre.
    Un char aérien, le " Pouschpaca >,, transporte plusieurs personnes vers l'antique
    capitale dayodhyâ. Le ciel est parsemé de machines volantes stupéfiantes, noires à
    l'é ,gal de l'obscurité, laissantjaillir des clartés aux lueursjaunâtres.
    Cette insistance à décrire les engins et les avions d'une guerre atomique ne
    saurait laisser insensible le lecteur du xx esiècle. Selon son esprit critique, chacun y
    verra une invention, une préfiguration, un indice ou une preuve absolue de
    l'existence d'une haute civilisation primhistorique.
    Dans le Mahavira, acte V, Râma précise que la nature de ses armes n'appartient
    pas à notre cycle.
    Voici le texte:
    1. Le Mahavira, de Bhavabhonti, vi' acte.
    166
    Râma:
    Elles ne peuvent être maniées que par tradition, ces armes qui sont lancées et
    retirées par un secret magique. Ayant accompli des pénitences pour l'avancement
    de la Science Sacrée, pendant plus de 1 000 années, les anciens Sages, Brahma et
    les autres, ont vu par révélation ces armes et leur gloire, fruits de leurs austérités.
    Kriçaçva a transmis la connaissance secrète (upanishad) de la science complète
    des Mantras (formules d'une puissance mystérieuse qui servent à l'emploi des armes
    divines et à la suspension instantanée de leurs effets) à Viçvâmitra qui me l'a
    transmise.
    Nous voilà donc de nouveau dans la Conjuration du Secret et dans une
    civilisation d'ancêtres supérieurs qui possédaient toutes les connaissances de notre
    science expérimentale et peut-être aussi des pouvoirs supranormaux auxquels Râma
    fait allusion en parlant des " austérités " qui ont permis l'étude.
    Avant l'ère chrétienne, le Yogasutra indien énumérait déjà les exploits (aiçvarya)
    que l'homme était en mesure de prétendre accomplir :
    - réduction ou agrandissement du corps à volonté (ammâ) ;
    - allégement et lévitation (laghimâ)
    - atteinte de toutes choses (exemple : toucher la Lune)
    (prâpte)
    - irrésistibilité de la volonté (exemple: plonger dans la terre comme dans l'eau)
    (prâkâmya) ;
    - maîtrise de la production, de la disparition et de la transformation des choses
    (îçitrtva) ;
    - entrer dans l'esprit ou dans le corps d'un autre
    - invisibilité.
    Le Yogasutra (111-44) précisait que ces pouvoirs étaient obtenus par l'ascèse ou
    le Samadhi, acte essentiel du yoga, " mais si les Dieux ont ce privilège dès leur
    naissance, les Titans et même les hommes ordinaires sont susceptibles de les
    acquérir grâce aux plantes ".
    167
    Les textes sanscrits nous permettent de choisir entre deux méthodes : l'ascèse et
    les drogues miracles capables de faire éclore les virtualités encore inconnues du
    cerveau humain, d'appréhender un jour l'insaisissable, de pénétrer peut-être dans un
    univers insolite et parallèle au nôtre. Cette thaumaturgie semble bien appartenir à
    une magie étrangère à l'expression du génie terrestre, et sans doute conforme à
    l'évolution scientifique d'un peuple de l'Espace qui se serait installé parmi nous.
    A n'en pas douter, ces pouvoirs, extérieurs à notre civilisation, entrent dans la
    définition de l'insolite Terrestre que nous recherchons.
    La science de Tiahuanaco - c'est-à-dire, peut-être, de Vénus - paraissant d'abord
    expérimentale, on songe, simple hypothèse de travail, aux Luniens de Marcel
    Boscher qui avaient précisément selon lui envahi le continent jaune.
    La Lune ne fut sans doute pas toujours un astre mort.
    Dans la tradition, dans la mythologie, mais aussi dans la vie sociale, la Lune
    occupe une place exceptionnelle. Des cosmonautes y ont aluni en 1969 et bientôt
    on saura si elle n'est qu'un immense globe désertique, calciné, vierge, ou si elle a pu
    enfanter jadis une race disparue, ou si l'hypothèse du satellite-vaisseau-spatial
    repose sur quelque vraisemblance. En tout cas, il est certain que les Terriens,
    bientôt, réaliseront à l'envers l'hypothèse de Marcel Boscher. Alors, peut-être la
    science humaine sera-t-elle à même de faire un voyage dans le Cosmos sur une
    planète pilotée comme une fusée
    Les géants
    D'autre part, notre satellite, qui détermine la croissance des végétaux hors ou
    dans la terre (outre bien d'autres phénomènes encore mal connus), a quelque chose
    à voir avec l'existence de ces géants dont parle la tradition avec une insistance
    curieuse.
    168
    Une, deux, et peut-être trois Lunes se satellisèrent jadis autour de la Terre, sur
    des orbites dont on ignore la position.
    Véhicules ou planètes, ces Lunes s'approchèrent sans doute de la Terre et de ce
    voisinage naquit une attraction dont nous imaginons l'effet à l'inverse de la théorie
    Boscher. Ce fut l'époque du gigantisme de la nature: arbres de 100 m de haut,
    animaux énormes et démesurés, pesant 50 000 kilos et portant leur tête à plus de 10
    m de hauteur.
    Il est difficilement concevable, dans les conditions actuelles de la pesanteur, que
    des animaux comme le Brachiosaurus altithorax aient pu se développer et subsister.
    Certes, le gigantisme devint par la suite une anomalie et finit par disparaître
    presque totalement, mais son seul avènement permet de supposer qu'il y eut jadis
    une pesanteur moindre ou une attraction intense - celle d'une Lune par exemple
    accréditant le gigantisme de la race humaine que les anciens textes signalent sans
    cesse à notre attention.
    Il est bien évident - sans faire appel aux pouvoirs occultes mentionnés par le
    Yogasutra - que d'autres raisons mécaniques ont pu rompre l'équilibre.
    De nombreux auteurs ont imaginé ces raisons, certains allant jusqu'à expliquer à
    la fois le caractère cyclopéen de certaines constructions, les statues géantes de l'île
    de Pâques, du Pérou, de Bâmiyân, et le mystère du transport et de la mise en place
    des énormes pierres de Ba'albek et des pyramides.
    C'est sans doute aller trop loin en ce qui concerne ce dernier point, mais il
    demeure que l'hypothèse d'une race humaine géante est parfaitement soutenable:
    race autochtone ou race émigrée d'une planète en perdition.
    L'hypothèse de géants primhistoriques repose sur des données scientifiques qui
    n'ont qu'un caractère de probabilité.
    Michel Cargèse écrit à ce sujet:
    " Les télescopes géants et les satellites artificiels accomplissent avec efficacité
    leur métier de détectives de l'Espace.
    169
    MW
    " Ils viennent de confirmer récemment une loi de mécanique céleste découverte
    par le Français Roche en 1850: le satellite naturel d'une planète ne peut sans péril se
    rapprocher d'elle à moins de deux rayons trois quarts de son diamètre.
    " On a pu vérifier le fait pour un astéroïde qui tournait autour de Mercure, et l'on
    peut prophétiser à coup sûr que les satellites de Mars vivent leurs derniers instants,
    étant à environ 2,767 rayons de la planète.
    " Notre Lune a encore une ligne de vie assez longue, étant à 170 rayons de la
    Terre, mais M. Danjon, directeur de l'Observatoire de Paris, pense néanmoins queue
    court le risque (ou plutôt nous le fait courir !) de s'écraser un jour sur nous ou de
    s'envoler dans l'espace.
    " En effet, son orbite est presque ronde et n'offre pas la marge de sécurité qu'ont
    les planètes ou comètes à très longue ellipse.
    " Nos lointains ancêtres, d'après la tradition, ont connu des cataclysmes résultant
    de l'écrasement d'un satellite sur la Terre.
    " Ce satellite évoluait seulement à quelques rayons de distance, exerçant une
    attraction considérable et déterminant le gigantisme de la nature et de l'homme dont
    la taille atteignait quatre mètres environ.
    " Du fait de la pesanteur relativement faible, les objets étaient beaucoup moins
    pesants, le rythme sanguin facilité, la fatigue moindre pour tout l'organisme et
    l'homme jouissait alors d'une longévité extraordinaire. Il avait le cerveau plus
    développé et des facultés qui lui firent acquérir un savoir différent du nôtre.
    " L'édification de cités géantes et le transport de monolithes pesant des milliers de
    tonnes - à Machu Picchu, à Ba'albek, à Gizeh, etc. - trouvent une explication, à la
    fois dans la force titanesque des hommes et dans l'utilisation de leurs connaissances
    scientifiques.
    " Les statues de sept mètres et davantage, que l'on trouve en certains points du
    monde: Pérou, île de Pâques, archipel des Marquises, Bâmiyân, etc., pourraient
    donc être des
    170
    oeuvres grandeur nature, ou du moins l'hommage à peine exagéré de populations
    amoindries à leurs ancêtres géants.
    " Certes, la science officielle est réticente sur ce point mal éclairci de notre
    primhistoire, en dépit de découvertes dont elle eût dû tenir compte.
    " A Gargayan, dans la province nord des Philippines, on a trouvé le squelette d'un
    géant qui ne mesurait pas moins de 5,18 m. Ses incisives avaient 7,5 cm de
    longueur et 5 cm de largeur.
    " Des ossements appartenant à d'autres humains grands de trois mètres ont été
    découverts dans le sud-est de la Chine. Le docteur Pei Wen Chung, paléontologiste
    de renommée mondiale, affirme que ces restes datent de 300 000 ans.
    " Dans la province d'Agadir, on aurait mis au jour un atelier d'outils préhistoriques
    vieux également de 3 000 siècles. Parmi d'autres objets, il y avait des bifaces qu'on
    employait à la main. Or ces bifaces pèsent 8 kg et leur préhension exige un
    écartement des doigts qui n'est possible qu'à@un géant d'au moins 4 mètres.
    " A noter que les bifaces ordinaires pèsent environ 400 g. On en a trouvé près de
    500, pesant chacun vingt fois plus.
    " Il n'est donc pas téméraire de conclure, en accord avec la Bible et les
    mythologies, qu'une race de géants a bien foulé notre terre et que, selon l'estimation
    des techniciens, leur existence remonte à 300 000 ans.
    " Tout porte à croire que c'est une lune antérieure à la nôtre qui a provoqué
    l'apparition de ces titans. Soulagés de leur poids par l'attraction du satellite, ils se
    sont développés selon les normes de ce qu'ils pouvaient supporter.
    " Il y eut ensuite un cataclysme effroyable quand la Lune trop proche s'écrasa sur
    la Terre, ensevelissant sans doute un continent, bousculant les pôles et toute la
    géographie terrestre...
    " Les géants qui survécurent, affaiblis, dégénérés, ne pouvant plus porter leur
    poids écrasant de chair, disparurent par sélection naturelle, faisant place à des
    hommes
    171
    plus petits, mieux adaptés aux conditions d'existence sur une Terre sans Lune ou
    dotée d'un luminaire n'exerçant plus qu'une attraction atténuée: la Lune actuelle. "
    Selon d'autres hypothèses, la race des géants primhistoriques serait d'origine
    extraterrestre.
    Les savants, de plus en plus, croient en la pluralité des mondes habités et l'un
    d'eux, le professeur Robert Tocquet, exprime l'opinion généralement admise en ces
    termes 1 :
    " Lorsqu'on songera que notre galaxie n'est qu'une spirale parmi les quelque 100
    milliards d'univers-îles, et que chacun d'eux renferme plusieurs milliards d'étoiles, on
    sera conduit à admettre qu'autour des trillions, quadrillions, quintillions de Soleils, les
    probabilités et les possibilités de vie sont immenses 2. "
    Déjà, au xvl siècle, le cardinal de Cusa faisait montre d'une extraordinaire largeur
    d'esprit en anticipant sur l'aventure astronautique :
    " La machine du monde étant comme si elle avait son centre partout et sa
    circonférence nulle part - parce que le centre et la circonférence du monde c'est
    Dieu, qui est partout et nulle part - toute région stellaire doit être habitée par des
    espèces humaines de nature et de capacités différentes. "
    Le professeur Tocquet, envisageant la possibilité d'existence d'êtres pensants sur
    la planète Mars, écrit encore " S'ils existent, ils ont dû se protéger contre la
    disparition progressive de l'eau et de l'oxygène qui ont été proba-1. La Vie sur
    les Planètes, de Robert Tocquet, éd. du Seuil.
    2. Trois savants américains de l'université de Fordham ont analysé une météorite
    charbonneuse tombée le 18 mai 1864 à Orgueil (Tarn-et-Garonne), actuelle.
    ment au Musée de Montauban. ils ont détecté dans cette météorite, par des analyses
    spectroscopiques, des bombardements d'électrons et une étude de la diffraction des
    rayons X, la présence de composés organiques et d'hydrocarbures révélateurs de la
    vie. ils ont vu au microscope des microbes fossiles à cellules étranges, mais
    analogues aux microbes terriens. La vie cellulaire est donc une certitude sur la
    planète d'où est issue cette météorite, mais qui n'a pas été identifiée. Le même
    phénomène peut être observé sur toutes les météorites charbon@ neuses, à vrai
    dire fort rares: vingt dans le monde entier dont cinq pour la France.
    172
    blement abondants à une époque reculée', en construisant des cités souterraines
    bénéficiant d'une pression atmosphérique, d'une humidité et d'une température
    convenables.
    " il est possible, d'autre part, qu'ils aient pu s'adapter partiellement ou
    complètement à la raréfaction de l'atmosphère grâce à une structure et à un
    développement appropriés de leurs appareils respiratoire et circulatoire. "
    L'astronome soviétique Chklowski appuie l'hypothèse de la Lune engin spatial, en
    assurant que les deux satellites de Mars, Phobos et Déimos, sont des astres
    artificiels creux, plus légers que l'atmosphère ; peut-être même des engins spatiaux
    ancrés autour de Mars, mais non dépourvus d'autonomie puisqu'il a été remarqué
    que Phobos avait avancé sur son orbite de deux degrés et demi.
    il n'est donc pas déraisonnable - et il le sera moins encore demain - de supposer
    que des êtres extraplanétaires ont pu, à une époque reculée, venir se fixer sur notre
    Terre, en y apportant une science dont une parcelle - l'agravitation, la lévitation et la
    parapsychologie - fut par la suite complètement oubliée ou tenue secrète.
    Si les descendants d'Orejona la Vénusienne n'avaient pas donné aux pré-
    Américains ce triple secret insolite et fondamentalement étranger à notre planète, les
    Temples du Pérou, d'Égypte et de Syrie n'auraient pas pu être édifiés.
    L'or léger des Incas
    Au xvie siècle' les orfèvres de Lima eurent entre les ins des lingots d'or inca -
    d'or pur - en tout point
    ma
    1. Les Martiens auraient donc pu développer leur civïlisation il y a des milliers ou
    des millions d'années. La nécessité faisant loi et ne trouvant plus des conditions
    suffisantes de vie sur leur planète, il est permis de supposer qu'ils se seraient enfuis
    dans le Cosmos. Où ? Les Terriens trouvent une planète soeur en Mars. L'inverse
    est la logique même. Selon cette hypothèse, nous pourrions avoir dans nos aieux
    préhistoriques des hommes de la planète Mars acclimatés à notre complexe
    biologique.
    2. Selon Garcilaso de La Vega. Notes manuscrites, propriété de M. Garcia
    Beltran.
    173
    semblable à l'or pur habituel, à cette particularité près que sa densité était deux fois
    moindre que la normale de 19,3.
    Ces orfevres fondirent des bijoux incas à la température de 1 100' environ, ce qui
    est logique, et obtinrent des lingots de densité 8 à 9.
    jamais ce mystère n'a été éclairci, mais il semble qu'il soit lié à un phénomène
    d'apesanteur réalisé par des moyens scientifiques.
    D'autre part, si des saints et d'autres personnages ont véritablement été "
    suspendus en l'air - en état de lévitation, ce qui a été rapporté par des dizaines de
    chroniqueurs sérieux, il faut bien admettre que l'agravitation antique doit être prise en
    considération.
    Mais la lévitation, si commune jadis, semble totalement inconnue de nos jours. Y
    eut-il supercherie, mensonge ? Peut-être.
    Les pigeons voyageurs, il y a seulement cinquante ans, possédaient un don aussi
    mystérieux que la lévitation. même lâchés à des milliers de kilomètres, ils revenaient
    avec un sûr instinct au pigeonnier natal à condition que ce pigeonnier fût situé en
    direction du nord', sans jamais se fourvoyer.
    Il n'est pas nécessaire de prouver cette particularité, attestée par l'existence
    encore récente de compagnies colombophiles dans les corps d'armée.
    Or, depuis 1950, les pigeons voyageurs ne retrouvent plus leur chemin. Un
    lâcher récent (1961) de 8 000 pigeons a donné un résultat effarant: 7 950
    n'ont jamais rejoint leur base
    On a expliqué que les stations émettrices de radio et de télévision, que les ondes
    hertziennes, que les centrales électriques troublaient, détruisaient l'instinct des
    oiseaux.
    Pourquoi ces perturbations, nées du monde moderne, n'auraient-elles pas détruit
    l'antique pouvoir de lévitation ?
    1. C'est le nord magnétique qui guide les pigeons. Ils retrouvaient toujours
    leur chemin dans le sens sud-nord. jamais dans un autre sens.
    8
    La lévitation
    Le père Francisco Alvarez, secrétaire de l'ambassade du Portugal en Éthiopie -
    en 1515 -, n'en croyait pas ses yeux: là, devant lui, à portée de la main, un bâton
    doré flottait dans l'air, suspendu par on ne sait quelle magie et ne.reposant sur rien
    qui fût matériel, hormis l'atmosphère paisible de ce monastère de Bizan.
    jamais encore, à sa connaissance, l'air n'avait pu supporter de corps pesant! Or,
    le bâton devait peser une à deux livres et véritablement, incontestablement, il flottait,
    comme une bulle de savon, mais sans bouger d'un pouce.
    Le père Francisco Alvarez avait de bons yeux, mais un fil aurait pu à la rigueur
    soutenir l'objet ; aussi préféra-t-il s'en remettre à ses mains. Tout autour du bâton,
    qui demeurait immobile, il promena ses doigts, coupant l'air sous tous les angles,
    par-dessus, par-dessous, aux extrémités et sur les côtés.
    C'est un prodige ! finit-il par dire.
    Avant lui, des milliers de pèlerins avaient admiré la célèbre " baguette volante " du
    Bizan qui, pendant plusieurs siècles, défia les lois de pesanteur et les explications
    des hommes.
    Le père Alvarez fut si troublé par ce qu'il avait vu qu'il en donna une longue
    narration dans ses rapports.
    Deux cents ans plus tard, le médecin français Jacques Poncet, établi au Caire,
    voulut lui aussi voir de ses yeux le prodige et effectua le voyage du Bizan.
    175
    Son témoignage est formel
    Tout près de lépître (côté droit de l'église par rapport aux assistants et ainsi
    nommé parce que l'épître se lit à cet endroit) flottait à hauteur d'homme une baguette
    longue de quatre pieds, ronde et de lagrosseur d'un fort bâton.
    Doutant qu'il n:y eût quelque artifice qu'on ne vit point, je reçus de labbé la
    permission de vérifier à ma guise; je passais un bâton par-dessus, par-dessous, de
    tous les côtés et constatai à n'en pas douter que la baguette était véritablement en
    l'air.
    J'en conçus un étonnement dontje ne pus revenir, ne voyant aucune cause
    naturelle d'un effet si prodigieux.
    On ne sait comment disparut la baguette volante.
    Au Tibet, à trois lieues de Lhassa, sur la montagne de la Béatitude Céleste,
    s'élève la vieille lamaserie de Khaldan.
    Là aussi, pendant des siècles, des millions et des millions de pèlerins sont venus
    prier devant le corps embaumé de Tsong Kapa, le saint réformateur tibétain, "
    suspendu un peu au-dessus du sol par un prodige continuel, sans être retenu, ni
    porté par rien'". En 1845, les missionnaires lazaristes Huc et Gabet reçurent les
    témoignages de ce cas de lévitation qui durait depuis le xiv' siècle, mais ils ne
    S 3.
    l'ont pas vérifié eux-même
    Pourquoi les phénomènes de lévitation, si courants autrefois, ont-ils à peu près
    disparu ?
    On ne peut guère nier, tant les relations abondent, la réalité des lévitations
    antiques, non seulement appliquées aux hommes - des saints le plus souvent - mais
    aussi aux objets inanimés, ce qui laisserait supposer la connaissance de
    l'agravitation.
    Les écrivains Desmond Leslie et Georges Adamski' font état - sans citer leurs
    sources - " des connaissances qui
    1. Lettres édiftantes et curieuses, écrites des Mi.@sions Étrangères, Paris,
    17171776.
    2. jules Duhem, Histoire des idées aéronautiques avant Montgolfter, Paris, 1943.
    3. Le père Huc. Souvenir d'un voyage dt7ns la Tartarie, le Tibet et la Chine,
    Paris, 1853.
    4. Les Soucoupes volantes ont atterri, La Colombe, 1954.
    176
    permettaient aux premiers membres de la Famille Solaire de conduire leurs
    astronefs, de soulever de gros poids, de commander des forces surnaturelles ".
    Les simulacres égyptiens
    Les traditions de l'Amérique du Sud assurent en effet que " dans les temps
    anciens, tous les hommes avaient le pouvoir de voler. De grosses pierres pouvaient
    être déplacées sans effort ". En Égypte, le prêtre authentique se reconnaissait au
    don qu'il avait de s'élever dans l'air à volonté.
    D'après les Arabes 1, les Égyptiens avaient un secret pour construire leurs
    temples et leurs pyramides: " Ils plaçaient sous les pierres des papyrus sur lesquels
    étaient écrits des mots magiques et frappaient les pierres avec une baguette. Les
    blocs s'élevaient alors dans l'air et parcouraient la distance d'une flèche. De cette
    manière, ils allaient aux pyramides. "
    Cette explication nous fait sourire. Pourtant, Jacques WeiSS 2 assure lui aussi
    que les initiés égyptiens pratiquérent la lévitation pour construire les pyram ides
    " Les énormes blocs de pierre pesant jusqu'à 600 tonnes sont légèrement
    convexes sur certaines faces, pour s'encastrer à la perfection dans la concavité des
    blocs contigus et former un ensemble d'une solidité à toute épreuve. ils ont dû être
    transportés par lévitation et mis en place avec une extrême facilité. "
    La pesanteur est un phénomène mystérieux; depuis peu, on sait queue n'est pas
    uniforme à une latitude donnée et dépend de la densité de l'écorce terrestre, car elle
    est liée au phénomène de l'isostasie. Par exemple, à altitude égale, la pesanteur est
    moindre sur terre qu'en mer.
    i. Kingsland, 7he great Pyramid in fact and theory.
    2. La Synarchie, page 43.
    177
    D'autre part, le principe de la pesanteur même est mis en doute.
    D'après Maxwell, les radiations caloriques, lumineuses et autres exercent sur les
    corps qu'elles rencontrent une véritable pression; d'autres physiciens - et c'est le cas
    du docteur Pagès de Perpignan - estiment que l'effet dit de pesanteur est en réalité
    une force de pression exercée par le Cosmos. Ce qui revient au même
    Nous croyons qu'effectivement le Christ a marché sur les eaux. Nous le croyons
    parce qu'il est certain que l'effet de pesanteur n'est pas uniquement fonction des lois
    physiques, mais qu'il peut être modifié par des lois inconnues; parce qu'il est certain
    que les êtres transfigurés ne marclient pas avec le même poids que les êtres
    normaux, parce que les expressions populaires " il ne marchait pas, il volait ", " la
    peur (ou la joie) donne des ailes ", correspondent à quelque chose de précis.
    Un être transfiguré peut acquérir une vivacité, une intelligence, une irradiation,
    une adresse, une légèreté absolument stupéfiantes et actuellement inexplicables.
    Les lévitations mystiques ne peuvent pas être niées, pas plus que l'on ne peut
    mettre en doute la baguette volante du Bizan, la lévitation posthume de Tsong Kapa
    et celle des oiseaux de haut vol, suspendant d'un seul coup leur vitesse pour planer,
    immobiles, comme s'ils avaient oublié que la pesanteur existait.
    En ce qui concerne le cas des oiseaux, Galien pense que le phénomène traduit
    l'exact équilibre de deux forces antagonistes, la pesanteur et une puissante tension à
    la fois musculaire et psychique, tension révélée par la chaleur interne de l'oiseau.
    Pline' parle de, certaines lévitations prodigieuses que savaient faire les Egyptiens
    et dit que l'architecte Dinocrates avait entrepris de voûter le Temple d'Arsinoé avec
    des pierres d'aimant pour y montrer des simulacres suspendus en l'air.
    1. Naturalis Historia, lib. XXXIV, chap. XIV.
    178
    Les prêtres d'Égypte connaissaient fort bien l'art des artifices qui reposait sur des
    phénomènes scientifiques.
    Un de leurs tours de force était l'ascension d'un disque de métal figurant le Soleil,
    dans le Grand Temple de Sérapis
    près d'Alexandrie
    Rufin, le moine d'Aquilée, qui l'a vu de ses yeux, pense au magnétisme qui serait
    l'effet de plusieurs aimants cachés et capables de soutenir l'idole en un point d'équilibre
    dans l'air.
    Lucien, fort incrédule de nature, affirme avoir vu les prêtres syriaques produire
    publiquement le simulacre de leur Dieu en ascension ou en suspension dans l'air,
    grâce doute à un ingénieux emploi de l'aimant! sans
    Cassiodore parle d'un Cupidon de fer qui se tenait suspendu dans le Temple de
    Diane sans toucher à rien, exactement comme les simulacres d'Égypte.
    Sait-on que la châsse de Mahomet était jadis retenue au plafond de la mosquée
    de Médine, sans rien de visible pour l'attirer ou la soutenir ? Chalcondyle pense qu'il
    s'agissait encore là d'une attraction d'aimant.
    Si de nos jours les lévitations n'existent plus, il faut aussi souligner que notre
    science, que nos usines électriques immenses, ne nous permettraient pas de réaliser
    avec des aimants, avec l'électricité ou autrement le " prestige " de la Baguette
    Volante, de la lévitation de Tsong Kapa, ni même de la statue de fer suspendue dans
    le Temple de
    Diane
    Pour ce dernier cas, l'expérience serait possible, mais en mettant en oeuvre des
    énergies telles qu'il faudrait une véritable centrale électrique pour les produire. Ce
    qui revient à dire qu'au XXe siècle, la science ne peut pas réaliser ces " subterfuges
    >,.
    " Ce que les Anciens ont réellement connu de ces forces, assure un chroniqueur,
    et qui avait trait à l'électricité et au
    1. Notre documentation sur la lévitation emprunte principalement au magis-tral
    ouvrage de M. jules Duhem, Chargé de recherche au Centre National de la
    Recherche Scientifique: Histoire des idées aéronautiques avant Montgolfier, Françoisjuste,
    libraire à Lyon, 1943.
    179
    magnétisme employés pour vaincre la pesanteur est presque impossible à éclaircir
    en raison du mystère religieux qui entourait, surtout en Égypte, les opérations des
    initiés. "
    Pourtant le père Leurechon 1 assure que, de son temps, on connaissait encore le
    secret de soumettre les corps à l'effet magnétique, de manière à les tenir suspendus
    en l'air, sans contact d'aucune sorte, comme autrefois les simulacres d'Égypte, la
    Châsse de Mahomet à Médine et la baguette de Bizan.
    " Rien de plus facile pour jeter l'étonnement, ajoute-t-il, que de voir une grosse
    masse de fer suspendue en l'air au milieu d'un bastiment, sans que chose au monde
    la touche hormis l'air. "
    Eh bien, malgré l'avis du père Leurechon, nous pensons qu'au xvii' siècle, les
    secrets antiques de lévitation étaient perdus depuis longtemps, du moins pour les
    objets inertes. En revanche, les lévitations humaines proliférèrent au cours des
    siècles de foi chrétienne.
    Les lévitations des saints
    Dans l'église Saint-Dominique à Naples, on montre encore l'endroit où saint
    Thomas d'Aquin s'est tenu en extase, à trois pieds de terre, devant un crucifix.
    En Espagne, sainte Thérèse d'Avila, sujette il est vrai à toutes les manifestations
    du mysticisme, s'éleva plusieurs fois dans les airs devant les carmélites de son
    couvent. Dans le livre qu'elle écrivit, Libro de su Vita, sur l'ordre de ses supérieurs,
    elle explique ainsi le ravissement:
    Il arrive comme un choc rapide et brusque avant que l'on puisse rassembler ses
    esprits et se défendre d'aucune façon. On le voit et on le sent comme un nuage ou
    un aigle robuste qui s'élève vers le ciel et vous emporte sur ses ailes...
    1. Jean Leurechon, Récréations mathématiques, Paris, 1626, pp. 181-183.
    180
    Cela est si effrayant que très souvent j'ai voulu résister, surtout quand le
    ravissement se produisait en public...
    Parfois, j'étais capable au prix de grands efforts, d'opposer une légère résistance,
    mais ensuite j'étais brisée comme si j'avais lutté contre un puissantgéant. D'autres
    fois, tous mes efforts étaient vains; mon âme était emportée et presque toujours, ma
    tête avec elle... et quelques fois tout mon corps aussi, en sorte qu'il était soulevé de
    terre.
    Un jour qu'elle conversait au parloir de son couvent avec jean de la Croix, une
    religieuse qui assistait à l'entretien vit les deux futurs saints s'élever du sol et planer
    en extase.
    Saint Joseph de Copertino, moine italien qui vivait au xviie siècle, quittait la terre à
    volonté et poussait même l'obligeance jusqu'à emmener des passagers... et des
    bagages. Quand le portier de son couvent voulait se rendre à Assise, il demandait à
    Joseph de lui servir de monture !
    Le bon saint s'éleva un jour devant le duc Frédéric de Brunswick-Lunebourg,
    luthérien méfiant qui fut pourtant obligé d'admettre le prodige.
    Dénoncé à l'inquisition, tant ses ravissements - au sens littéral - paraissaient
    entachés de diablerie, saint Joseph de Copertino fut déclaré innocent, mais pour
    éviter de donner prise à la curiosité populaire, il fut transféré dans un autre couvent,
    où le phénomène reprit de plus belle.
    Chez les Franciscains d'Osimo, il fut soulevé de terre jusqu'à la petite statue en
    cire de jésus dont il voulait baiser les pieds. Cette lévitation le porta à environ deux
    mètres du sol. Le saint prit alors la statue dans ses bras et la promena dans la salle
    devant ses compagnons en religion.
    Parmi les nombreux témoins, dont beaucoup déposèrent sous serment, on cite le
    duc Frédéric, Marie, infante de Savoie, et le roi Casimir de Pologne. Lors de la
    béatification du saint, le grand canoniste Prosper Lambertini, qui devint plus tard le
    pape Benoît XIV, eut à examiner ces cas de lévitation en tant que Promotorfidei
    (avocat du diable) et se prononça pour leur authenticité.
    181
    Élisabeth de Bavière, sainte Marguerite de Hongrie, saint Bernard, saint François
    Xavier étaient souvent en état de lévitation. Pierre d'Alcàntara, autre spécialiste,
    demeura un jour plus de trois heures en l'air. Le franciscain Juan de jésus faisait de
    longues randonnées aériennes, ce qui arriva aussi au jésuite Ignace de Azevedo qui
    franchissait en volant les eaux des fleuves. En présence du roi Philippe 11, saint
    Dominique de Jésus quitta le sol à Madrid et demeura suspendu dans l'air.
    Dans la haute antiquité, la lévitation était pratiquée, mais semble-t-il, sous forme
    d'épreuve magique.
    M. jules Duhem rapporte que les héros du Ramayana savaient voler en
    pratiquant l'austérité et les sorciers Marind de la Nouvelle-Guinée par une diète
    sévère. D'après Strabon 1 le jeûne donnait le même pouvoir aux Capnobates de la
    Thrace orientale; les lamas du Tibet utilisaient comme force motrice une tension
    surhumaine de l'énergie psychique.
    Simon le Magicien s'envola devant Néron du haut du Capitole.
    A dater de l'ère chrétienne il y eut comme une transition entre l'agravitation
    antique et la lévitation mystique.
    En l'an 250, on dit que 400 archers furieux virent leurs traits arrêtés et suspendus
    alors qu'ils tiraient sur le Bienheureux saint Christophe.
    En 1290, un juif de la rue des Jardins, à Paris, aurait voulu profaner une hostie
    consacrée qui s'éleva et se soutint en l'air " devant le peuple à la fureur duquel elle
    désigna le profanateur 2 ".
    Au xvie siècle, le sorcier poitevin jean Bonnevault, accusé d'avoir été en relation
    avec le diable, comparut devant ses juges.
    " Ayant invoqué le diable, dit la chronique, il fut soudainement élevé en l'air à une
    hauteur d'environ cinq pieds,
    1. Géographie, Livre VII, chap. Ili.
    2. Jacob P.-L., Curiosités de l'histoire des cropances populaires au Moyen Age,
    Paris, 1859.
    182
    puis il retomba sur le carreau sans aucun bruit, quoiqu'il eût aux chevilles des
    entraves et des chaînes de fer.
    " Les juges lui ayant demandé la cause de cet accident, il répondit que c'était le
    diable qui avait essayé de l'enlever, mais qu'il n'avait pu y réussir, car tout lien était
    rompu entre eux depuis qu'il avait prêté serment à la justice. "
    Certes, on peut arguer - pour l'Europe civilisée du moins - que les phénomènes
    de lévitation allèrent en diminuant, au fur et à mesure que la science expérimentale
    se développait. C'est vrai et c'est troublant.
    Toutefois, en 1731, se déroula en France le procès de la femme Cadière qui, bien
    malgré elle, était sujette au mystérieux pouvoir. Le père Girard qui l'interrogeait la
    blâma de résister en s'accrochant à une chaise " un jour queue était sur le point de
    s'élever en l'air ".
    Trois ans plus tard, il y eut le cas d'une pauvre servante, Anne Neel, de Bayeux
    qui, parfois, ne pouvait plus marcher et se trouvait contrainte, suspendue en l'air,
    d'aller comme en volant d'une pièce à l'autre.
    Les médecins de la Sorbonne, Nicolas Andry et Winslow qui l'examinèrent
    conclurent que sa lévitation n'était pas le fait de " forces ordinaires " !
    Pourtant, tout se passe comme si, au fil des siècles, la lévitation s'était détériorée
    jusqu'à devenir un simple phénomène tendant à amoindrir l'effet de pesanteur.
    Chutes miraculeuses
    Le 25 mai 1591 se déroula un accident curieux aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Un
    enfant tomba du haut de la tour de l'église et arriva au sol tout doucement et sans se
    faire le moindre mal. De vieux écrits disent que sa mère invoqua les saintes au
    moment du péril. En la circonstance, il n'y eut pas lévitation, mais annihilation de la
    pesanteur.
    On ne peut placer en parallèle ces bizarres accidents qui arrivent - rarement
    d'ailleurs - aux aviateurs éjectés de leur appareil et qui, au lieu de tomber au sol, sont
    emportés
    183
    vers le haut avec leur parachute, sans doute par de puissants courants ascendants.
    D'autres cas déroutent la compréhension et désespèrent l'analyse.
    Le 17 octobre 1950, un Dakota britannique s'écrasait dans un jardin du faubourg
    de Mill Hill près de Londres. Il y avait 29 personnes à bord; 28 furent tuées. Le seul
    rescapé, le steward MacKissick, fut projeté hors de l'appareil et après une chute libre
    de 100 m, se retrouva à terre sans un os brisé 1.
    Le 21 mars 1961, à Bobigny, rue d'Ankara, Patricia (4 ans) tombe du 4' étage et
    n'a pas une égratignure.
    Le 9 avril 1961, à Saint-Germain-en-Laye, après une chute de 12 m, Jean-Claude
    (5 ans) est indemne.
    Mais l'accident le plus extraordinaire est celui survenu au petit Roland E... (6 ans
    1/2), le jeudi 5 octobre 1961.
    L'enfant, enfermé dans l'appartement de ses parents, au 8' étage d'un immeuble
    neuf (boulevard Sérurier, Paris, xixe), voulut regarder par la fenêtre; en se penchant
    il tomba et atterrit sain et sauf sur la bordure de gazon longeant la construction.
    Il n'avait pas une égratignure, pas la moindre commotion et il se mit à trotter audevant
    de sa mère qui arrivait à point !
    Mme Paulette E.... ne pouvant croire au miracle, emmena Roland à l'hôpital Saint-
    Louis, où tout d'abord les médecins n'accordèrent aucun crédit à ses déclarations.
    Les journaux donnèrent une relation de l'événement et publièrent des photos.
    Comment expliquer ces chutes merveilleuses ? Dire qu'il s'agit le plus souvent de
    jeunes enfants d'un poids relativement faible ?
    Le steward MacKissick n'était pas un enfant et les lois de la pesanteur s'exercent
    en principe sur tous les corps tombant dans le vide.
    Aucune explication ne peut être donnée dans le cadre de la physique
    expérimentale : MacKissick, Patricia, jean-1. France-Soir, 19 octobre 1950.
    184
    Claude et Roland devaient normalement se tuer ou se blesser grièvement.
    Normalement. Mais sans doute existe-t-il une physique supranormale dont nous
    n'avons actuellement aucune idée. C'est dans ces domaines inconnus que se
    hasardent les théoriciens de l'agravitation.
    Dans son livre La Synarchie, Jacques Weiss écrit à ce
    sujet: 1
    Lors de mon séjour aux Etats-Unis, pendant l'hiver 19471948, un ingénieur
    m'affirma que la General Electric avait précisément réussi cette expérience @a
    lévitation) dans ses laboratoires.
    Un cube de pierre d'environ deux pieds de côté se maintint à un mètre du sol
    pendant trois ou quatre semaines, puis se rapprocha peu à peu de la terre à mesure
    que l'effet electronique s'atténuait.
    Déjà donc, la science nouvelle commence à donner un début de solution au
    mystère de Ba'albek, de Gizeh, de Machu Picchu et de Tiahuanaco. En Amérique,
    cette science nouvelle a une protagoniste en la célèbre ethnologue Margaret Mead
    qui, après le vote du budget des dépenses culturelles US (23 milliards 400 millions
    de dollars pour 1962) demanda le remplacement des chaires d'histoire du Passé par
    les chaires du Futur.
    Margaret Mead a raison de préparer l'avenir, mais elle a tort de mésestimer le
    Passé, car les " chaires du Futur " conduiront les savants dans des chemins où nos
    ancêtres ont déjà imprimé l'empreinte de leurs pas.
    L'explication de la lévitation antique est, pense-t-on, depuis des millénaires,
    enclose dans le secretum de la Bibliothèque Vaticane.
    Le secret de l'Aviation y était caché quand les frères Montgolfier réinventèrent
    l'aérostat en 1783, mais le Vatican se tut et son silence n'avait plus de raison d'être.
    185
    L'avion de Gusmâo en 1709
    L'Inquisition jeta l'interdit sur la première machine volante connue de mémoire
    d'homme, celle du jésuite Gusmâo, qui avait puisé ses connaissances à bonne
    source, en Amérique du Sud.
    Quand Bartholomeu Lourenço de Gusmâo, de la Compagnie de jésus, vint à
    Lisbonne en 1708, il était bien décidé à mettre en construction une sorte d'avion dont
    il avait le secret.
    En Bolivie - fief des Incas - il avait eu la révélation de la science inconnue d'un
    très ancien peuple américain dont l'origine se perdait dans la nuit des temps.
    Les jésuites, avec l'intelligence et l'esprit de recherche qui les caractérisent,
    avaient tout de suite compris que les autochtones des Indes occidentales pouvaient
    leur apporter outre l'or, les émeraudes et le cuivre, les rudiments d'une connaissance
    ignorée de l'Europe. Ils apprirent ainsi la formule médicale la plus célèbre de tous
    les temps, celle de la quinine.
    Gusmâo, avec stupéfaction, avait découvert le secret d'engins pour soulever, pour
    détruire, pour voler, le secret de vaisseaux servant à voyager d'une planète à une
    autre planète, mais il n'avait retenu, comme réalisable en ce début du xviiie siècle,
    que la machine volante atmosphérique.
    Le jésuite commença d'abord par se mettre en règle avec Dieu et avec le pouvoir
    temporel, en adressant un rapport et une demande d'autorisation au roi joâo V. Il
    analysait les avantages que pourrait assurer sa machine à la Couronne du Portugal:
    effectuer par air des voyages plus longs et plus rapides que par terre, franchir les
    mers et les montagnes au-delà de 200 lieues par jour; diriger les armées, secourir les
    places assiégées ; explorer le monde jusqu'aux pôles ; transporter les marchandises
    ; enfin, honorer la nation portugaise et lui donner dans les airs la suprématie qu'elle
    avait jadis sur les océans.
    186
    Le 17 avril 1709, le roi donna une réponse favorable 1 et, mieux encore, une
    pension de 600 000 reis qui permit à Gusmâo de se mettre aussitôt au travail.
    On a beaucoup écrit sur son engin, qui fut admiré par des milliers de personnes.
    En réalité, le jésuite veilla jalousement à en préserver le secret et seule la
    Bibliothèque Vaticane en possède les plans précis. Il s'agissait, penset-on, d'un
    avion pourvu de tubes horizontaux servant de tuyères ou de soufflerie et envoyant un
    courant d'air dans une voile disposée en poche renversée.
    La machine ressemblait à un oiseau avec une tête, une queue de direction et des
    ailes battantes.
    Un second mécanisme reposant sur un effet magnétique réalisé par des boules
    d'ambre et des sphères attractives placées au-dessus de la voile paraît avoir joué un
    rôle à vrai dire assez mystérieux. Le père Manuel Antonio Gomez, physicien jésuite,
    parle de ballonnets gonflés à l'hydrogène et d'une génératrice de gaz !
    Quoi qu'il en soit, le 5 août, Gusmâo fit voler son appareil devant le roi et toute la
    cour jusqu'à une hauteur de 20 palmes mais le feu se déclara à bord, le vaisseau
    aérien redescendit et on eut bien du mal à éteindre l'incendie.
    Le jeudi 30 octobre, nouvel essai couronné de succès dans la cour de la Casa da
    India : l'appareil monta très haut et redescendit intact.
    L'invention suscita l'enthousiasme, un nom lui fut donné, la Passarola ou Gondole
    Volante, et Gusmâo, promu académicien et aumônier royal, fut surnommé le "
    Voador ".
    Ensuite, tout d'un coup le silence.
    L'Inquisition avait jugé l'invention dangereuse, satanique peut-être, et
    Bartholomeu Lourenço de Gusmâo dut suspendre ses essais et brûler ses plans. Le
    premier avion, sitôt né, était interdit et Gusmâo, obéissant, ne révéla jamais le secret
    du mécanisme.
    1. Jules Duhem, déjà cité, et Julien Turgan, Les Ballons, Paris, 185 1.
    9
    Les soucoupes volantes
    Si la lévitation est liée aux secrets scientifiques des extraplanétaires, que dire des
    soucoupes volantes ?
    Depuis 1947, elles envahissent à certaines époques le ciel de différents pays et
    l'accord est loin de se faire à propos de ce phénomène: authentique ou hallucinatoire
    ?
    Sur un point cependant, les opinions concordent: si elles existent, les soucoupes
    volantes viennent d'une autre planète, qui serait Mars ou Vénus. Récemment, M. M.
    Layne, de San Diego, spécialiste américain de la question, a révélé un fait qui s'il
    était avéré - mais c'est fort douteux ! appartiendrait aux archives secrètes
    américaines. En 1951, une soucoupe volante atterrit sur l'aérodrome militaire US de
    Muroc Air Field. Deux hommes en descendirent et demandèrent à voir
    immédiatement le président Eisenhower.
    Voici comment M. M. Layne conta la suite de l'affaire:
    Vu le caractère fantastique de la visite, on téléphone à Washington.
    L'avion du Président mit quatre heures pour atteindre Muroc Air Field. Ily eut une
    entrevue entre les astronautes, Eisenhower, un haut fonctionnaire du gouvernement
    et deux personnalités militaires.
    Un de ces derniers était unjeune officier de la base.
    Quand l'entrevuefut terminée, les hommes partirent dans leur Soucoupe et le
    Président retourna à Washington.
    188
    Un jeune Américain de ma connaissance, mis au courant de l'aventure, se rendit
    en toute hâte à Muroc Air Field etfut assez heureux pour contacter l'officier US qui
    avait été témoin de l'entrevue.
    Ce dernier fut d'abord très réticent, puis, voyant que son interlocuteur insistait et
    risquait d'ébruiter la chose, il accepta de répondre à une question contre la promesse
    que rien ne serait révélé avant dix ans.
    Ses paroles exactes sont les suivantes
    " Les deux hommes qui sont descendus de la Soucoupe Volante parlaient anglais
    et ils ont dit être venus d'une planète voisine de Bétel ,geuse
    " Les conditions de vie sur cette planète seraient identiques aux conditions de vie
    sur la Terre.
    " C'est tout ce queje puis vous dire. "
    Il fut impossible de tirer d'autres paroles de l'officier, mais on pense maintenant
    que le gouvernement américain a voulu garder le silence sur une affaire qui relève
    du secret militaire.
    Les astronautes de Bételgeuse ont-ils conclu un pacte avec l'Amérique ? Étaientils
    les premiers émissaires d'une puissance extraterrestre désirant nouer des
    relations avec les Terriens ?
    De toute façon, Bételgeuse paraissant se situer à des milliers d'années-lumière
    de la Terre, les suites de ce premier contact ne pourraient avoir lieu qu'à très longue
    échéance, pour ainsi dire jamais, dans l'état actuel de nos connaissances
    astronautiques.
    Pourtant, des hommes jeunes seraient arrivés parmi nous après un voyage ciili,
    en principe, aurait duré des milliards d'années !
    Mais en principe seulement, car il est à peu près certain que les distances
    astronomiques sont tout aussi aléatoires que les estimations des physiciens et des
    archéologues.
    1. Bételgeuse : étoile de première grandeur de la Constellation d'Orion. Sa
    couleur est orangée et son diamètre colossal.
    189
    Ce qui est calculé à 40 millions d'années-lumière (il tombe sous le sens qu'une
    telle dimension est hors de la compréhension humaine) sera peut-être demain à 40
    années, voire même à 40 secondes. Einstein n'a-t-il pas avancé cette effarante
    hypothèse : si la lumière se propage en ligne courbe, plus nos télescopes sont
    puissants, plus ils nous trompent sur les distances ? Ce qui revient à dire que l'image
    d'une étoile peut se propager dans l'Univers courbe en une spirale qui nous donne
    l'illusion de la distance, l'image tournant un nombre infini de fois dans le Cosmos
    avant de revenir assez près de son point de départ.
    Les astronautes antiques de la Chine avaient déjà entrevu cette possibilité - qui
    pour eux était une certitude - en disant: " Avec un télescope assez puissant, un
    homme pourrait voir son derrière. "
    Et puisque nous parlons d'Einstein, on dit que peu de temps avant sa mort il
    aurait eu avec un ami intime une étonnante conversation :
    Einstein: - Les soucoupes volantes existent, et le peuple qui les possède est un
    peuple d'humains partis de la Terre il a 20 000 ans.
    Son ami: - Pourquoi viennent-ils ici ?
    Einstein : - Ils aiment retourner sur la Terre pour être au courant de l'histoire des
    hommes. C'est le retour aux Sources...
    Ces déclarations d'un savant qui, auparavant, n'avait pas caché son indifférence à
    l'égard des soucoupes volantes, méritent d'être méditées.
    La soucoupomanie
    Il faut le reconnaître : la majorité des hommes ne croit pas à l'existence de ces
    engins, interplanétaires ou non. Cette réticence est appuyée, il est vrai, par les
    canulars maintes fois reproduits par la presse, qui abusèrent des savants et des
    chercheurs sérieux.
    Le cas de la soucoupe de Nouatré (Vienne, 1954) est typique: un ouvrier
    travaillant dans une carrière avait vu
    190
    atterrir l'engin près de lui, et ses occupants - des Martiens, pensait-on - avaient eu
    l'imprudence de l'assaillir.
    Pour en revenir à Nouatré, enquêtant dans la Vienne, en un pays dont nous
    connaissons particulièrement l'esprit rabelaisien, la malice et la féconde imagination,
    nous n'eûmes aucune peine, au cours d'un bon repas, à confesser le visionnaire qui
    bientôt nous avoua la vérité avec force clins d'oeil et bourrades du coude. Il
    s'agissait bien sûr d'une farce et les auteurs - ils étaient cinq - n'auront pas trop de
    toute leur vie pour en rire.
    Une des premières apparitions françaises, les soucoupes des Mureaux, fut aussi
    une bonne plaisanterie créée de toutes pièces par la ravissante comédienne Liliane
    Ernoult.
    Bref, il est certain que ces incartades ont vivement frappé la crédulité populaire,
    mais il serait injuste et absurde de nier purement et simplement l'existence des
    Soucoupes Volantes.
    Certes, notre atavisme chrétien, impressionné par la création biblique d'un univers
    asservi à l'homme, nous incite à la réticence. Les forces de l'habitude, mesurant
    l'imagination, l'incroyable étroitesse de certains esprits sont des éléments qui jouent
    contre l'adoption de toute idée neuve.
    Pourtant " quand l'homme est incapable d'assurer son salut, il l'attend du Ciel "
    disait Jung, et aussi bornée que les détracteurs, une humanité crédule s'est jetée
    sans discernement dans l'aventure des soucoupes volantes.
    C'est un engin de cette sorte qui explosa sur la taïga Sibérienne en 1908 ; la
    grande place de Ba'albek était une aire de départ pour les engins interplanétaires,
    assuret-on
    Négation et affirmation systématiques déplaisent aux esprits éclairés. En réalité,
    on ne peut admettre que la Terre soit une île spatiale, sans lien, sans communication
    possible avec le reste de l'univers.
    La Chaîne du Temps est trop immensément longue pour n'accorder de civilisation
    scientifique qu'aux tout petits
    191
    millénaires qui sont nôtres, au point minuscule qui représente sur cette chaîne les
    périodes historiquement connues.
    Or, si des extraplanétaires viennent un jour - ou sont un jour venus - sur la Terre,
    il faut bien les imaginer sur des astronefs beaucoup plus extraordinaires que nos
    Spoutnik ou nos fusées, avec très certainement des engins inconnus, incroyables...
    Peut-être des soucoupes volantes ?
    Ces soucoupes sont, dit-on, " silencieuses, éblouissantes de lumière ", telles en
    somme que les décrivait Garcilaso de La Vega, car elles ne sont pas entrées
    brusquement dans notre histoire. Les Égyptiens et les Romains, qui les
    connaissaient, les appelaient les " boucliers lumineux ". Depuis des temps
    immémoriaux, elles ont laissé un souvenir et aussi une légende - travestissement
    d'une vérité première - en particulier dans cette Amérique du Sud oU nous sommes
    ramenés sans cesse, comme par une force obscure.
    Les plats d'or volants des Indiens
    jadis, les Indiens savaient se déplacer en montant sur des " plats en or " de
    différentes grandeurs et de tonalités étudiées, car ils résonnaient au battant comme
    des cloches 1.
    Ces plats légendaires - qui font penser aux tapis volants des Orientaux - étaient
    fondus dans l'or parfaitement pur des Incas, un or travaillé dont la densité était
    moindre que la normale. Du fait de leur masse et de la pesanteur, ils demeuraient
    naturellement au sol, mais si on les frappait (battait, dit la légende) de manière à les
    faire vibrer à un certain diapason, aussitôt ils s'envolaient avec leur charge pendant
    la durée de vibration du métal. Les plats d'or effectuaient donc un saut.
    ces engins volants étaient fondus en plusieurs dimensions selon le poids qu'ils
    auraient à porter et il est proba- 1. Rapporté par D. Leslie et G. Adamski: Mping
    saucers have landed.
    192
    blé que le calcul de leur surface et de leur tonalité était déterminé par des mesures
    analogues aux " diapasons " des fondeurs de cloches qui indiquent le poids,
    l'épaisseur, les dimensions qu'il convient de donner à l'airain.
    On peut imaginer que les ancêtres supérieurs disposaient sur leurs " plats d'or
    volants " de batteries " éthériques " dont leurs descendants incas ont oublié la nature
    pour ne garder que le souvenir fascinant de la légende.
    Selon les spiritualistes " une charge éthérique détruit les effets de la gravitation "
    et peut-être faut-il entendre par là que les Anciens savaient capter des forces dans le
    Cosmos, forces existantes, incommensurables, comme il ressort des récentes
    études que leur consacre le prince de Broglie, forces déjà signalées par le docteur
    Pagès à propos de son antigravitation.
    Une légende andine dit que les " plats d'or " recevaient une charge étudiée de
    forces, afin, par exemple, qu'un enfant ne puisse être emporté trop loin sans pouvoir
    régler son vol.
    C'est pour cette raison que les plats avaient différentes grandeurs, donc
    différentes capacités d'accumulation d'énergie, cette accumulation étant calculée à la
    limite de la gravitation et de l'agravitation.
    Une autre légende dit que les plats d'or volants devaient être " battus " sans
    cesse en cours de route, ce qui impliquait l'entretien de vibrations sonores pour
    assurer un vol continu.
    Les plats d'or du Pérou ont certainement une étroite corrélation avec le transport
    des pierres géantes de Ba'albek, des pyramides, avec la lévitation des prêtres initiés
    de Thèbes et de Memphis et avec la science ultrasonore qui apparaît dans la plupart
    des mystères égyptiens.
    Au Moyen Age, les " vaisseaux aériens " eurent, comme ont aujourd'hui les
    soucoupes volantes, leur heure de célébrité. Eliphas Lévi écrit:
    Sous le règne de Pépin le Bref, des phénomènes fort singuliers se montrèrent
    publiquement en France.
    193
    L'air était plein de figures humaines, le ciel reflétait des mirages de palais,
    dejardins, deflots agités, de vaisseaux les voiles au vent et d'armées rangées en
    bataille. L'atmosphère ressemblait à un grand rêve. Tout le monde pouvait voir et
    distinguer les détails de ces fantastiques tableaux. Était-ce une épidémie attaquant
    les or ,ganes de la vision ou une perturbation atmosphérique qui projetait des
    mirages dans l'air condensé ?
    Les imaginations étaient pleines de ces merveilleuses fictions lorsque apparurent
    les mirages du ciel et les figures humaines dans les nuées. On confondit les rêves
    avec la veille et plusieurs personnes se crurent enlevées par des êtres aériens; il ne
    fut bruit que de voyages au pays des sylphes, comme parmi nous on parle de
    meubles animés et de manifestations fluidiques. La foliegagna les meilleures têtes et
    il ftn que lÉ
    fallut en glise s'en mêlât.
    C'est une telle psychose qui, de nos jours, suscite la plupart des phénomènes
    attribués aux Soucoupes Volantes.
    Mrs. Merry King, épouse du promoteur de la " Société de l'Éther " dont le siège
    est à Londres, assure quelle eut une nuit un rendez-vous avec un Martien qui lui fit
    les honneurs de sa soucoupe et l'emmena sur la planète Mars, en excursion. Tous
    les membres de la secte sont, bien entendu, persuadés de l'authenticité de cette
    aventure.
    Les Américains seraient sûrs de l'existence des soucoupes volantes pour la
    simple raison qu'ils en lancent; car elles ne viendraient pas toutes des planètes ! M.
    Desgrandchamps, professeur à l'École nationale supérieure française, a déclaré en
    mars 1950 :
    " Des soucoupes volantes sont fabriquées par une nation possédant une grande
    avance technique. Ayant ces engins, il faut queue les essaye et bien entendu, il
    entre dans son jeu, pour préserver le plus longtemps possible son secret, de laisser
    croire que toutes les nying Saucers sont d'origine extraplanétaire. "
    Charles Garreau, spécialiste de la question, a observé que les soucoupes
    volantes avaient été vues successivement en France, en Angleterre, en Scandinavie,
    puis vers le
    194
    Mexique, l'Amérique du Sud et l'Antarctique. Aimé Michel leur assigne une tactique
    de marche, tout se passant comme si elles procédaient à un vaste relèvement
    topographique. De ce fait, nous retournons aux engins interplanétaires, dont
    l'existence pour les techniciens ne fait aucun doute.
    M. Spence Jones, directeur de l'Observatoire de Greenwich, pense que les
    soucoupes volantes ne peuvent venir de la planète Mars car, assure-t-il, il y a eu vie
    et peutêtre vie humaine sur Mars, mais en des temps très anciens, avant que l'eau et
    l'atmosphère aient pratiquement disparu.
    Mais alors, prendraient-elles leur vol de Vénus, de Mercure ou du fond du
    Cosmos, de Bételgeuse ? Et que viendraient chercher dans notre ciel des hommes
    d'un autre monde?
    A cette question, on peut répondre ceci: ce que nous voulons faire, nous Terriens,
    sur la Lune et Vénus, c'est-àdire, prendre contact, confronter deux civilisations,
    satisfaire une curiosité éternelle et universelle.
    Les extraplanétaires voudraient-ils nous coloniser ? Il n'est pas exclu que la
    prolifération des Chinois nous oblige dans un proche avenir à exiler des populations
    vers des mondes vierges.
    L'inverse étant tout aussi logique, que se passerait-il par exemple si les
    Vénusiens attaquaient la Terre ?
    Cette éventualité est peu probable, car, quelle que soit la puissance offensive de
    l'assaillant, il lui faudrait affronter des nations formidablement armées, des conditions
    de vie à peu près inconnues et des armes biologiques - par exemple une guerre
    microbienne - contre lesquelles il leur serait difficile de réagir. A priori, une attaque
    extraplanétaire ne devrait pas susciter nos craintes.
    Cependant, ce qui est inquiétant, c'est le fait que les soucoupes volantes n'ont
    jamais, à la connaissance des peuples, débarqué des cosmonautes qui eussent
    pourtant été reçus
    195
    avec les plus grands honneurs'. A moins que des commandos d'extraplanétaires,
    après étude topographique des lieux, aient atterri secrètement en quelque zone
    choisie et déserte du globe.
    Les Vénusiens du mont Shasta
    On a certaines raisons de le penser. Dans son livre Les Civilisations
    inconnueS2@ Serge Hutin écrit:
    Sur les montagnes de Californie, on signale de temps à autre une étrange lumière
    éblouissante comme le flash d'un photographe et qui serait produite par des hommes
    mystérieux.
    On raconte toutes sortes d'autres récits légendaires, que l'on place plus volontiers
    sur le mont Shasta, à l'extrémité nord du massif montagneux de la Sierra Nevada.
    Le majestueux mont Shasta, d'accès difficile, est un ancien cône donnant encore
    périodiquement de légers signes d'activité volcanique. Dans tout ce district, encore
    mal connu, de la Californie septentrionale, on signale des hommes " étranges " sur
    ,gis parfois des forêts (où ils se cachent d'ordinaire soi"qneusement) pourfaire du troc
    avec les montagnards.
    Ces hommes sontyrands, qracieux, agiles, ont le front très élevé; ils portent une
    coiffure spéciale dont une extrémité inférieure retombe sur le haut du nez.
    jusqu'ici rien d'extraordinaire: il peut fort bien s'agir d'une inoffensive tribu indienne
    ayant réussi à " tenir le maquis " dans une région montagneuse peu fréquentée par
    les représentants de l'autorité.
    Mais le mystère s'épaissit: de temps en temps, de mystérieuses cérémonies sont
    célébrées autour de grands feux mais impossible de s'en approcher; les témoins sont
    immobilisés par des " vibrations " qui semblent les clouer au sol.
    1. Il existe des centaines de témoignages relatant de tels contacts mais ils ne
    peuvent guère être pris au sérieux.
    2. Arthème Fayard, 1961.
    196
    Depuis que les " engins volants non identifiés " ont si abondamment défrayé la
    chronique, les événements mystérieux du district californien du mont Shasta sont
    volontiers attribués aux Vénusiens. L'idée d'un peuple ignoré qui se serait établi làbas,
    dans une cité souterraine, peut se réclamer de faits curieux: au télescope, un
    astronome américain, le professeur Edgar-Lucien Larkin, ancien directeur de
    l'Observatoire du mont Lowe, put apercevoir de loin un dôme métallique doré,
    entouré de constructions étranges. Serge Hutin poursuit:
    Des automobilistes circulant sur des routesforestières écartées ont rencontré à
    l'improviste des hommes d'une race inconnue, vêtus de blanc, aux longs cheveux
    bouclés ' de taille majestueusement élevée et qui disparaissaient à toute tentative
    faite pour entrer en contact avec eux.
    Bien avant la vague de " soucoupomanie ", des témoins dignes de foi ont pu
    observer d'étranges " vaisseaux aériens " de cette forme particulière, aperçus
    d'ailleurs aussi plus au nord, vers les Aléoutiennes et l'Alaska, tous ces engins volant
    sans le moindre bruit (trait caractéristique des fameuses soucoupes).
    Une tradition californienne prétend qu'il existe un tunnel sous la base orientale du
    mont Shasta et qui mène à un site mystérieux où se trouve une cité aux maisons
    étranges; les fumées qui s'échappent périodiquement du vieux cratère proviendraient
    non de phénomène plutoniens, mais de la mystérieuse cité perdue...
    Que penser de cette séduisante hypothèse ?
    De hautes autorités du monde aéronautique paraissent disposées à y ajouter
    crédit. M. Keyhoe, ancien chef de la section des informations concernant l'aviation
    américaine, Département du Commerce, affirme que les soucoupes volantes ne sont
    rien d'autre que des véhicules interplanétaires grâce auxquels les habitants d'autres
    planètes s'approchent de la Terre et y atterrissent pour nous observer.
    En France, le lieutenant-colonel M.... chef de la section " Objets non identifiés " au
    ministère de l'Air, a dit:
    197
    " Les Ouraniens (étrangers à la Terre) viendraient sur notre globe chercher
    quelque chose de banal pour nous, mais d'infiniment précieux pour eux. De nous...
    ils s'en fichent! "
    Si tel est le dessein des " Vénusiens " du mont Shasta, que peuvent-ils chercher
    en Californie ? De l'or, du cuivre, du mercure, de l'argent ?
    C'est peu probable. Tous les métaux doivent exister sur les autres planètes, ou
    peuvent être créés par transmutation.
    Alors ? Quelque chose de banal pour nous ? Des plants d'arbres par exemple. Il
    est certain qu'une humanité a besoin de forêts' plus encore que de mines d'or ou de
    mercure. Les hommes du néolithique nous le prouvent.
    Si, dans le processus évolutif, les arbres n'avaient pas existé, notre formation
    biologique eût été complètement modifiée. En somme (et on peut d'ailleurs se
    demander pourquoi), les hommes sont beaucoup plus persuadés de trouver d'autres
    hommes sur les planètes que des chênes, des palmiers ou des sapins.
    D'autres hypothèses peuvent encore être envisagées au sujet des @ Ouraniens "
    du mont Shasta, outre celle de leur inexistence (car il va revenir le temps de
    marsimanie et de vénusomanie) : ces êtres, s'ils proviennent d'une autre planète,
    sont peut-être incapables d'y revenir et se trouvent pratiquement prisonniers sur la
    Terre. C'est ce qui pourrait arriver aux premiers Terriens qui se poseront sur Vénus.
    Des carcasses de Russes et aussi dit-on, d'Américains se dessécheraient sur la
    Lune après des essais secrets terminés en catastrophes.
    La presse des États-Unis cite le chiffre de cinq cosmonautes dont un homme et
    une femme, passagers d'une
    1. Si la vie existe sur Vénus, ce ne peut être que sous la forme de végétaux
    inférieurs, mais il se peut que la décomposition par les plantes du gaz carbonique de
    l'atmosphère vénusienne soit déjà commencée. En ce cas, les premiers stades de la
    vie animale ont pu apparaître sur la planète. (La Vie sur les Planètes. Robert
    Tocquet, p. 169, éd. du Seuil.)
    198
    fusée lancée le 17 mai 1961 qui, après avoir été suivie par les stations de Turin,
    Meudon, Bochum et Jodrell Bank, disparut corps et biens.
    D'après l'écrivain Henry Ward'
    Le premier satellite russe qui soit parvenu à quitter notre orbite et à s'elancer vers
    l'infini de l'espace a été lar ,gué de la base de départ d'Usun-Bulak, située à 150
    milles environ de la rive droite du fleuve Tarim, au nord du désert de Taklamakan,
    aux frontières du Turkestan oriental et de la province de Peshan dans le Sin-Kiang,
    Chine orientale, le 2 mars 1956, à 0 h 17' 40" - temps universel. Fait sans commune
    mesure avec ceux queje viens de relever, ce satellite avait à son bord trois hommes
    d'équipage.
    Nous ignorons si les détails sont exacts, mais nous savons de bonne source que
    les Russes ont effectivement envoyé des hommes sur la Lune et peut-être sur
    Vénus.
    Le Chevalier Noir
    D'autre part, il est connu dans les milieux de l'astronomie et de l'astronautique
    que des choses mystérieuses se passent dans la ré ,gion du mont Shasta en
    Amérique et dans le Sin-Kiang chinois.
    Enfin des astronomes américains, russes, italiens et sans doute aussi français,
    savent que, depuis le 26 novembre 1958, donc un an après le premier Spoutnik
    (Spoutnik I = 4 octobre 1957), un satellite inconnu, émettant en phonie dans une
    langue non identifiée souvent captée en Italie, tourne et navigue autour de la Terre.
    Ce satellite, en l'absence de toute information précise, a reçu un nom: " Le Chevalier
    Noir ".
    Les savants de la base russe du Sin-Kiang se déplaceraient à bord de ce satellite
    qui revient périodiquement à sa base.
    1. LEnfer est dans le Ciel, éd. Del Duca, Paris.
    199
    On ne peut pas tout croire sur les soucoupes volantes mais on peut considérer
    comme certain que les préposés aux radars d'Orly, dans la nuit du 19 février 1956,
    n'ont pas eu la berlue en observant 4 heures durant des " objets non identifiés "
    tantôt immobiles dans le ciel, tantôt évoluant à plus de 3 000 km/heure.
    Précisément, objectent des techniciens présumés avertis : les vitesses, les
    accélérations des Soucoupes Volantes sont scientifiquement insupportables à un
    organisme humain ! C'est ce que l'on prétendait avant que Gagarine, Titov et
    Sheppard tournent autour de la Terre à près de 40 000 km/heure. Et qui peut
    assurer que les engins extraplanétaires naviguent à l'état de corps solides ?
    Les questions de vitesse, d'échauffement des métaux et d'accélération ne seront
    pas des obstacles dans l'astronautique de demain quand en quelques heures, ou en
    quelques fractions de seconde, ou instantanément, les cosmonautes terrestres
    parviendront sur des étoiles distantes de 10 millions d'années-lumière.
    Le problème des OVNI (objets volants non identifiés) doit être étudié et envisagé
    avec le plus grand sérieux, car même si elles n'existent pas actuellement, il est
    probable que les soucoupes volantes existeront bientôt et qu'elles ont déjà existé.
    Une correspondante du Calvados collectionne toutes les informations mondiales se
    rapportant aux UFO (Unidentified Flying Objects) ou OVNI, et effectue au télescope
    des observations extrêmement intéressantes. Informations et observations sont
    consignées dans de petits opuscules dactylographiés, la plupart du temps sans la
    moindre interprétation, de façon à demeurer fidèle au fait brut.
    Voici ce que vit et nota notre correspondante en observant la Lune:
    Le 1 7 novembre 1959, je vis pendant dix minutes un arc lumineux au-dessus du
    cratère Platon; après quoi la lumière disparut.
    200
    Le 5 novembre de la même annee, je vts une lumière clignotante dans le cratère
    Aristarcus, et plus tard, dans la soirée, DEUX oBjETs ronds, lumineux, quitter la Lune
    à toute vitesse.
    En 1960, je vis le côté sombre du cratère Vitello être complètement illuminé
    pendant cinq minutes. Après quoi, l'illumination disparut.
    Le 19 avril 1961, je vis des clignotements lumineux dans le cratère Aristarcus.
    ciNQ objets quittèrent la Lune, côté est, à 15 secondes environ d'intervalle.
    En observant la Lune
    Le Dr John Kraus, directeur de l'Observatoire de l'État d'Ohio, aux USA, pense,
    en raison de signaux maintes fois perçus, qu'une station de transmission radio
    pourrait exister sur Vénus.
    Frank Halstaed, curateur de l'Observatoire de Duluth (Minnesota), croit que Mars
    constitue une base pour des soucoupes volantes venant d'un autre système solaire
    que le nôtre.
    Dans cette hypothèse, les observations de notre correspondante laisseraient
    supposer que la Lune serait également une base d'engins non identifiés, soit base de
    départ (Lune habitée), soit base d'étapes ou de relais.
    Depuis plus d'un siècle, de mystérieux phénomènes ont été observés sur la Lune
    par les astronomes. En 1822, l'astronome allemand Gr-uithuisen rapporta qu'il avait
    identifié les ruines d'une cité et qu'il en voyait distinctement les murs. L'endroit
    s'appelle maintenant Gruithuisen Cit y.
    Cette observation aurait une importance considérable, si depuis le xixl siècle une
    hypothèse explicative n'avait été donnée du phénomène: quand la Lune est cendrée,
    il serait possible queue puisse refléter des images terrestres.
    Par exemple, un observateur placé en Europe la nuit pourrait voir sur la Lune des
    images virtuelles du continent américain alors éclairé par le soleil.
    201
    Ainsi l'image de San Francisco, avec ses gratte-ciel, pourrait par effet de
    projection ou de réfraction, s'inscrire sur les bords de notre satellite de manière à
    tromper la vision de l'observateur européen.
    En ce sens, Gruithuisen City serait, non une cité lunaire mais une sorte de
    mirage.
    Le 11 décembre 1947, l'Anglais Hodgson vit des points lumineux sur le côté
    obscur de notre satellite.
    De nombreux astronomes notèrent, à différentes époques, des sources
    lumineuses importantes dans le cratère Aristarcus, un X dans le cratère
    Érathosthène, la lettre y (Gamma) dans le cratère Littrow et des quadrillages dans le
    cratère Platon. Devons-nous en conclure que ces cratères lunaires sont fréquentés
    soit par des autochtones, soit par des extraplanétairqs ?
    La seconde éventualité ne saurait être écartée, notamment en ce qui concerne le
    cratère Platon où se multiplient les lumières ou signaux mystérieux, particulièrement
    aux époques où la planète Mars est au plus près de la Terre.
    Le 23 novembre 1920, on vit sur le bord de la Lune une tache si lumineuse qu'une
    partie du cratère Funérius s'en trouva illuminée.
    Le 12 août 1944, on observa dans le cratère Platon " quelque chose qui reflétait
    très fortement la lumière solaire ".
    Une revue américaine apporte des précisions intéressantes.
    Se référant sans doute à l'affaire de Muroc Air Field, cette revue s'étonne
    qu'Eisenhower, " maintenant qu'il est un citoyen privé ", ne révèle pas ce qu'il sait sur
    les Soucoupes Volantes. Et de poser d'autres questions à vrai dire un peu
    saugrenues:
    - pourquoi le Quartier Général Air Force pour l'Investigation sur les UFO est-il à
    Wright-Patterson plutôt qu'au Pentagone ? Est-ce parce qu'il est plus commode de
    mettre en sûreté sous les hangars de la base Patterson les soucoupes volantes "
    sauvées " ? (salvage est traduit par sauvées
    202
    mais peut-être conviendrait-il de comprendre attrapées, récupérées) ;
    - pourquoi le public n'est-il pas informé de l'existence, en haut d'une montagne de
    Suède, d'une ceinture métallique, large de 1 003 pieds, à l'intérieur de laquelle
    pousse une végétation différente de toute végétation terrestre ?
    La revue américaine, entre autres révélations à caractère fantastique (et très
    aventureux, incontestablement), avance que deux topscientists et AU MOINs deux
    officiels du gouvernement américain (dont le président Eisenhower) ont eu des
    contacts personnels et physiques avec des hommes de l'espace (space-people).
    Elle relate aussi qu'une photo du cratère Gassendi, sur la Lune, prise avec le
    télescope de 200 pouces du mont Palomar, montre des buildings en forme de
    dômes. Ces constructions apporteraient la preuve absolue que des êtres
    extraterrestres vivent sur notre satellite. Les buildings seraient édifiés sur les entrées
    de cités souterraines et auraient des pipes (tuyaux) sur leur surface pour retenir la
    pression intérieure.
    Des traits (ou des lignes) furent relevés il y a trente ans dans le cratère Gassendi,
    en pleine conformité avec les photos du mont Palomar.
    Ces relations, ces faits, s'ils étaient avérés, bouleverseraient évidemment l'ordre
    social terrien et démontreraient que des extraterrestres surveillent notre planète,
    nous visitent de temps à autre ou peut-être s'immiscent déjà dans notre activité.
    Or, nous faisant l'avocat du diable, il faut bien avouer que RIEN ne prouve, qUe
    RIEN n'apporte même un indice valable d'une telle intervention. Au contraire, TOUT
    prouve ou semble prouver que l'hypothèse des partisans des UFO est pour le moins
    prématurée, et parfois incohérente.
    Si, véritablement, des extraterrestres envoyaient des signaux, établissaient des
    bases autour de la Terre, venaient nous survoler ou atterrir sur notre globe, tout cela
    impliquerait le désir d'entrer en relation avec nous et par conséquent de manière
    directe, effective et ostensible.
    203
    Alors, pourquoi depuis des siècles, depuis des millénaires, ces extraterrestres ne
    se seraient-ils pas manifestés autrement que par des apparitions douteuses et
    énergiquement controversées ?
    Comment admettre que les Russes, que les Américains surtout, en soient encore
    au stade de la fusée de Confucius et des essais de lancement ratés 5 fois sur 10, si
    des extraplanétaires sont en relation avec leurs gouvernements et leur confient des
    prototypes ?
    Réticences ? Précautions prises par les Hommes de l'Espace ? Longues
    observations ? Toutes ces explications sont difficiles à admettre.
    Conjuration du silence des Américains et des Russes ? Un secret à l'échelle
    gouvernementale, surtout de cette importance, est malaisé à garder. Et
    l'antagonisme EstOuest, qui empoisonne le monde, ne semble guère impliquer une
    direction extraterrestre.
    Par ailleurs, l'histoire des soucoupes volantes s'apparente dangereusement à
    celle des fantômes, des apparitions, des communications avec l'au-delà: on en parle
    beaucoup. Nombre de personnes (8 000 témoignages, diton, pour les soucoupes
    volantes et des milliards d'attestations pour les fantômes) déclarent les avoir vues ou
    entendues, mais fait plus extraordinaire que ces manifestations fantastiques, aucune
    preuve de leur réalité n'a jamais été donnée ! Il est certain que les illuminés, farceurs
    et détraqués qui confondent rêve, hallucinations et création imaginative avec la vérité
    objective et tangible font un grand tort aux manifestations fantastiques ou
    supranormales.
    Les soucoupes volantes ont pourtant une explication.
    Au préalable, il est bon de noter que près de 100 fois sur 100, elles ont une forme
    de disque, de cercle, de cigare ou de ligne droite, ce qui correspond à un disque vu
    sous différents angles.
    jamais elles ne sont carrées, rectangulaires, trapézoïdales ou biscornues, ce qui
    s'opposerait à notre explication.
    Si un aérolithe est accidentellement doté d'une vitesse de rotation de 31
    km/seconde - ce qui est mathématique- 204
    ment le cas de centaines d'aérolithes sur les milliards qui hantent le Cosmos - il
    prend obligatoirement la forme d'un disque à proximité de notre planète et dans une
    atmosphère, même très raréfiée, par l'effet de friction et en vertu de la force
    centrifuge.
    Sa rotation de 31 km/seconde l'affranchit des lois de la pesanteur terrestre, et si
    sa vitesse initiale est voisine de 108 000 km/heure (vitesse de la Terre autour du
    Soleil), alors, le disque peut planer immobile dans le ciel, ou évoluer lentement ou à
    une vitesse considérable selon cette vitesse initiale.
    Il n'est peut-être pas impossible que les champs magnétiques qu'il crée ou que
    d'autres énergies, magnétiques ou non, que nous ne connaissons pas, exercent sur
    lui des forces susceptibles de modifier sa marche, de le faire revenir en arrière, de le
    relâcher subitement, etc.
    Ces forces électriques inconnues qui le malmènent doivent être admises au
    moins à titre d'hypothèse.
    S'il n'est même pas probable que des êtres extraterrestres nous épient et voguent
    en Soucoupes Volantes, il est en revanche absolument certain que des forces
    inconnues, électriques ou non, existent dans le Cosmos.
    En somme, le phénomène que nous imaginons ressemble fort à celui de la "
    boule de feu " qui, par temps d'orage, tombe du ciel et s'amuse à rôder à toute petite
    vitesse autour des hommes épouvantes.
    Pour faire le tour de toutes les suppositions possibles, les Soucoupes Volantes
    sont, soit des météorites, soit des météores, soit des phénomènes dans le genre -
    boule de feu ". En conséquence, devons-nous nier leur existence et l'intervention
    d'extraterrestres ? Nous nous en garderons bien, car ce qui paraît raisonnable n'est
    pas forcément l'expression de la vérité.
    Même si les soucoupes volantes constituent une aberration, un mirage, une
    hallucination, elles doivent être prises au sérieux, étudiées et considérées comme "
    possiblement ou théoriquement vraies ". Par ailleurs, l'hypothèse de leur
    205
    réalité suscite une autre hypothèse, qui expliquerait leur non-intervention dans les
    affaires des hommes.
    On a avancé que les astronautes des Soucoupes Volantes craignaient les
    Hommes. C'est peu vraisemblable, mais en revanche on peut conjecturer que le
    conditionnement biologique terrestre, ou d'autres impératifs, peuvent expliquer un
    retard dans la prise de contact.
    A notre concept du Temps, ce retard, cet atermoiement portant sur des siècles ou
    quelques millénaires paraît inadmissible, mais nous ignorons certainement ce que
    représentent le Temps et la Durée pour les extraterrestres. Pour des êtres venus
    d'étoiles distantes de plusieurs annéeslumière, pour des êtres ayant résolu le
    problème de l'Espace et vaincu le Mur de la durée, par une instantanéité relative,
    une contraction, ou une élongation infinie du Temps, deux millénaires sont peut-être
    l'équivalent de quelques secondes terrestres.
    Le problème de l'Entité du Temps dans l'Aventure Cosmique nous est trop
    imperceptible pour que nous puissions l'évaluer avec nos mesures arbitraires. En
    d'autres termes, l'explication des UFO est sans doute incompatible avec les données
    de notre science expérimentale.
    Enfin, il n'est pas impossible d'imaginer d'autres explications.
    La plus fantastique de toutes, mais qu'on ne saurait écarter délibérément et qui
    sera peut-être vraie un jour, comme sont devenues vraies la transmission de la
    parole et de l'image à travers l'espace, la désintégration et la réintégration du son et
    de la lumière, la plus fantastique explication est sans doute celle-ci : les
    extraterrestres sont parmi nous. Nous les connaissons sans les reconnaître.
    La victoire sur l'Espace et le Temps suppose chez les hommes de l'espace une
    connaissance, une science dont nous n'avons qu'une idée approximative et dans
    laquelle on peut inclure le secret du Voyage dans le Temps par désintégration et
    réintégration. Selon cette hypothèse, les Voyageurs du Cosmos pourraient se
    réintégrer par substitution, c'est-à-dire venir habiter un corps ou un esprit de
    206
    Terrien sans modification sensible de l'aspect extérieur de
    ce dernier.
    Hypothèse hardie, mais qui est plus raisonnable, dans son extravagance, que la
    tentative d'affubler les extraterrestres d'une personnalité semblable à la nôtre.
    En ce cas, les Voyageurs du Cosmos, à l'insu même du personnage physique
    qu'ils habitent, sont peut-être installés aux leviers de commande de nos
    gouvernements dont ils dirigent le destin.
    Des engins dérisoires
    Le problème des soucoupes volantes nous oblige à examiner celui des engins
    spatiaux qui défrayent la chronique.
    Les Vostok et autres fusées spatiales ne sont à certains points de vue que des "
    charrues " de l'espace, des aéroplanes aussi périmés que les biplans de 1914, à
    moteur à pistons.
    Il est inconcevable que des gouvernements progressistes tels que l'URSS et les
    USA aient perdu tant d'argent et de temps à expérimenter des fusées identiques à
    celles qu'on lançait au temps de Confucius et à peine plus puissantes. H est vrai que
    ces mêmes gouvernements s'épuisent sur un matériel de guerre atomique qui, de
    toute évidence, ne peut être utilisé comme tel.
    La solution du problème ne peut pas évoluer favorablement tant que ne seront
    pas mis à l'étude des engins réellement scientifiques, engins qui n'auront rien de
    commun avec le vieux système du boulet de canon et qui commenceront
    vraisemblablement avec les soucoupes agravitationnelles terrestres, appelées à
    succéder aux fusées à réaction.
    La navigation dans le Cosmos suppose en effet, si l'on ts d'une durée de veut
    queue se développe, des déplacemen
    l'ordre de plusieurs milliers ou millions d'années-lumière. On peut en conclure
    que notre science expérimentale devra, dans l'avenir, devenir une science
    supranormale,
    207
    peut-être en interférant avec la science pressentie par les occultistes.
    Désintégration du temps, de l'espace, des corps solides ? Anabiose ? jonglerie
    miraculeuse avec les formules mathématiques ? La science de demain nous fera
    entrer en plein dans la magie qu'annonce déjà la proche agravitation. S'il existe un
    mystère pesanteur, il est un autre mystère plus impénétrable encore et qui fascine
    les hommes depuis leur création, le fabuleux mystère du Temps.
    1 0
    La machine à voyager dans le tenips
    Il est difficile de rester raisonnable quand on s'attaque au mystère du Temps.
    Quelqu'un a dit: le Temps c'est Dieu, car il est infini, éternel, inconnaissable et toutpuissant.
    Les dimensions, les notions, tout ce qui est matériel et tout ce qui ne l'est pas,
    tout peut disparaître, sauf le Temps qui défie le néant lui-même. Le Temps bleu ou
    noir, indestructible et patient, tissé de silence et d'inaccessibilité,
    indomptable.
    Dans le domaine scientifique, le Temps est une inconnue qu'on interprète et
    accommode avec toujours, en fin de compte, une erreur inévitable.
    Nous ne savons absolument pas en quelle année nous vivons. 19XX-19YY-19ZZ
    sont des approximations appuyées sur une incertitude majeure: la date de naissance
    du Christ.
    On raconte une anecdote curieuse dont le Temps, le Diable et un alchimiste sont
    les héros. L'alchimiste, pour avoir le secret de la transmutation, avait signé un pacte
    avec Satan le 5 octobre, fête de saint François d'Assise, en l'an de grâce 1573. Il
    s'agissait d'un bail 3-6-91 que le preneur signa avec son sang, s'engageant à donner
    son âme à l'expiration, soit au bout de neuf années, jour pour jour. Il avait
    1. Ancien bail toujours en vigueur, fait pour neuf ans, mais qui peut être rési lié
    par les parties prenantes tous les trois ans.
    209
    la possibilité de le résilier tous les trois ans, mais le diable savait à qui il avait affaire.
    Il n'était pas inquiet.
    La première année, il donna le secret de l'or et l'alchimiste devint très riche ; la
    troisième année, il donna le secret de la puissance et l'alchimiste devint un
    personnage considérable ; la sixième année, pour éviter la résiliation il donna le
    secret de jouvence et l'alchimiste cessa de vieillir.
    Mais arriva la neuvième année, et le Diable, le 4 octobre, tard dans la soirée, vint
    frapper à la porte du prédestiné à
    l'Enfer.
    Des laquais lui ouvrirent et le précédèrent dans une somptueuse salle de festin où
    deux couverts étaient mis : plats d'or et gobelets de vermeil, vins de France et mets
    succulents, fruits à point et desserts des îles.
    - Or çà, dit le Diable, j'imagine, mon compère, que tu veux quitter ce monde en
    grande liesse ?
    - je vous attendais, messire Satan, et vous prie à souper en ma compagnie, s'il
    vous plaît!
    Il n'était guère que 10 heures après le couvre-feu et le Diable se dit qu'il lui serait
    agréable de festoyer en attendant de prendre sa livraison, à minuit.
    Il s'assit donc devant l'alchimiste et lui fit raison, jetant de temps à autre un regard
    vers la pendule, car rien n'est si cher au coeur d'un diable que la possession d'une
    âme de chrétien. Enfin, les aiguilles marquèrent minuit moins deux minutes et Satan
    ne put se contenir.
    - Mon compère, il faut te préparer à me suivre. Dans deux minutes révolues nous
    serons au jour de demain. Ce qui a été conclu a été conclu!
    - C'est-à-dire ? demanda l'alchimiste.
    - C'est-à-dire, que le 5 octobre 1573, tu as signé un pacte avec moi, me donnant
    ton âme neuf ans après jour pour jour. Un pacte est un pacte, nul ne saurait y
    contrevenir
    - Et quand donc devrai-je vous donner mon âme, messire Satan ?
    - Le 5 octobre... soit dans une minute trente secondes exactement.
    210
    - Est-ce donc si pressé, messire Satan ?
    - Le pacte dit le 5 octobre et non un autre jour. Donc... dans une minute
    maintenant.
    - Vous dites bien le 5 octobre ?
    - Oui, je dis le 5 octobre... Ni le 4, ni le 6, mais le 5 et
    je vais me servir.
    - Une seconde, s'il vous plaît, messire
    Ayant dit, l'Alchimiste frappa dans ses mains et deux Frères lais pénétrèrent dans
    la pièce.
    Tu es perdu, compère, ricana le Diable. Les Frères lais n'y peuvent rien, ce qui
    est signé est signé et...
    m@
    - La pendule égrena les douze coups de minuit dans un silence solennel et le
    Démon poursuivit:
    - Nous sommes maintenant le 5 octobre, ton âme est à moi
    Erreur ! s'écria le prétendu damné. Erreur, messire Satan ! Demandez plutôt à
    ces Frères ! Ils doivent dire la vérité et, si nous sommes le 5 octobre, je vous devrai
    mon âme !
    - Eh bien, dit Satan s'adressant aux Frères, quel jour sommes-nous ?
    - Ce jour d'huy est le 15 octobre de l'an de grâce - on peut le dire - 1582, par
    décision de Sa Sainteté Grégoire Xiii qui vient de réformer le calendrier julien. Dans
    tous les Etats catholiques du monde, ce jour est le 15 octobre !
    - Vous le jurez ? demanda Satan.
    - Nous le jurons devant Dieu, dirent les Frères lais.
    Il y eut un grand tourbillon de flammes et de fumée, une nauséabonde odeur de
    soufre et le Diable disparut.
    C'était vrai: le 5 octobre 1582, le Temps avait fait un saut de chat pour remettre
    en place l'équinoxe du printemps, qui avait rétrogradé de dix jours par la faute du
    calendrier de Jules César.
    Et le Pape avait ordonné que ce 5 octobre deviendrait le
    15.
    L'alchimiste, lui, s'appelait le comte de Saint-Germain.
    211
    Ce jour-là encore, 15 octobre 1582, au juste milieu de la nuit, la Lune envoya sur
    la flèche de la cathédrale de Paris, à 300 000 km/seconde, des rayons de lumière qui
    mirent 10 jours et 1 seconde 1/3 pour parvenir à destination. Et voilà comment, pour
    la première fois dans l'Histoire, les hommes firent un Voyage dans le Temps - vers le
    Futur - brûlant de vitesse, en moins d'une seconde, les 240 heures d'une décade.
    Le Voyage dans le Temps appartient à certaines nécessités mythiques comme
    l'amour, le rêve, le désir de voler dans l'espace, de gouverner le monde, de punir les
    méchants et de récompenser les bons.
    De tous ces vieux désirs, il est le plus tenace et le mieux ancré car dans tous les
    temps, passés, présents et futurs, il n'y eut, il n'est et il ne sera jamais un homme
    n'aspirant à un retour sur la chaîne de vie.
    Redevenir jeune, revenir seulement une heure, une minute en arrière, miracle
    auquel s'accroche le malheureux qui tombe dans un précipice, qui voit bondir sur lui
    l'auto meurtrière ou s'écrouler, frappé à mort, l'ami qu'il aurait pu sauver.
    Le Voyage dans le Temps est possible, mais, et c'est là ce qui prouve son
    caractère absolument exceptionnel, il est possible pratiquement et impossible en
    théorie. Par le cinéma, par le disque, par la pensée, par le rêve, l'homme peut, sinon
    se projeter dans le futur, du moins se retrouver ou cheminer dans le passé. Ce ne
    sont là que des évasions spirituelles ou sensorielles auxquelles notre corps ne
    participe pas.
    Le rêve seul offre l'illusion du voyage réel, avec sensations physiques
    parfaitement imitées (et souvent parfaitement réelles): la rose émet son parfum, le
    coup de canon est assourdissant, le café est amer ou délicieux, la femme que l'on
    admire est adorablement belle, la volupté que l'on ressent est matériellement vraie.
    Notre subconscient connaît donc un mécanisme scientifique pour se déplacer
    dans le Temps alors que la science expérimentale, à l'état de veille, ne connaît qu'un
    autre
    212
    mécanisme, loin d'être aussi dynamique. Mais le mécanisme du subconscient, le
    Voyage dans le temps du rêve, ne peut être accompli sur commande, il est fortuit. Il
    n'est aussi qu'une illusion et ne ressuscite la vérité du Passé que par des fantasmes
    et des apparences. Dans le rêve, tout est faux, arbitraire, mesures de distances,
    temps, opacité, pesanteur, sens logique.
    Trois vérités seulement sont absolues : le rire, les larmes, la jouissance 1, et c'est
    pourquoi le rêve est malgré tout imparfait et que la nécessité du Voyage dans le
    Temps à l'état de veille a toujours hanté les hommes.
    Parcourir la chaîne du Temps présente pour le moment de grandes impossibilités
    techniques et aussi des impossibilités théoriques dont même les auteurs de sciencefiction
    n'ont pu venir à bout.
    La science cependant résoudra ce problème - peut-être l'a-t-elle résolu autrefois -
    puisque déjà la contraction du temps par la vitesse permet d'échafauder des
    hypothèses de moins en moins invraisemblables.
    Le Voyage dans le Temps n'est pas lié seulement à la curiosité des hommes, il se
    rattache à la conquête spatiale.
    L'étoile la plus proche de la Terre, Alpha du Centaure, est en effet à 4,5 annéeslumière,
    ce qui, à la vitesse de 36 000 km/heure, représente déjà un voyage de 130
    000 ans (2 600 ans à 1 800 000 km/heure). Soit une impossibilité pratique.
    Pourtant, il semble que les astronautes des Soucoupes Volantes, s'ils existent,
    aient trouvé la solution du problème, soit en contractant le temps, soit en contractant
    l'espace.
    Actuellement, aucune donnée scientifique ne permet d'imaginer une telle
    hypothèse, mais nous avons la prémonition, la certitude même que le Temps et
    l'Espace du voyage seront un jour vaincus et que les hommes sauront
    1. Il est d'autres vérités absolues, mais déterminées par le comportement physiologique
    " éveillé @. Le rire, les larmes, la volupté ont des résultantes physiques
    provoquées uniquement par l'émotion du rêve. Ce qui tendrait à prouver une
    sorte de connivence entre l'état de veille et l'état de rêve.
    213
    aller en une fraction de seconde jusqu'aux lointaines frontières du Cosmos. Peutêtre
    par une opération mathématique, peut-être par désintégration, réintégration et
    transmission de la personnalité à la vitesse de la pensee, qui est infiniment plus
    grande que celle de la lumière, c'est-à-dire à la vitesse zéro.
    L'ingénieur Emile Drouet
    En attendant cette lointaine échéance un seul essai sérieux a été tenté, par un
    Français, l'ingénieur astronome Émile Drouet. Pendant des années - à dater de
    1946 nous avons participé avec une chimiste, Mlle Lucile Berthelot (parente de
    Marcelin Berthelot), et un lieutenant de l'Armée de l'Air, aux travaux d'Émile Drouet.
    Un tableau synoptique accroché au mur de notre studio nous rappelait les
    premières bases de départ:
    Vitesse Zéro = éternité
    300 000 + x = passé
    Zéro - x = futur
    Très vite, le problème de 300 000 + x s'était changé en absurdité apparente.
    Imaginons un canon braqué sur notre poitrine. On introduit dans le canon un
    obus qui va être (c'est toujours l'hypothèse) propulsé à une vitesse de plus de 300
    000 km/s. Que va-t-il se passer ? Allons-nous être transpercé, volatilisé, désintégré
    ?
    Non. Dépassant la vitesse de la lumière, l'obus va retourner dans le Passé, c'està-
    dire qu'il retournera dans la main du servant, dans l'obusier, dans l'arsenal, dans
    l'usine, dans la mine. Il ne sortira jamais de la volée (le tube) et nous serons sain et
    sau£
    Mais comment concevoir ce départ de l'obus à 300 000 km/s ?
    En "réalité théorique", les choses ne se passent pas ainsi, mais de toute façon il
    était techniquement impossible, de 1946 à 1951, d'imaginer un solide atteignant ou
    214
    dépassant la vitesse de la lumière. Et plus impossible encore - si l'on peut dire -
    d'aller à la vitesse zéro et plus lentement que le zéro à l'heure.
    Voici comment Émile Drouet établit d'abord son projet et ensuite une maquette.
    En bref, la Terre tourne sur elle-même et autour du Soleil. L'ensemble tourne en
    spirale dans le Cosmos à destination de l'Amas d'Hercule où notre galaxie ira
    s'abîmer dans x millions ou milliards d'années. (Voir la carte explicative du Voyage
    dans le Temps; 3' page du 2' cahier de hors-texte.)
    En synthétisant à l'extrême, la Terre s'achemine de la Nébuleuse originelle à
    l'Amas d'Hercule.
    Le temps, bien entendu, est immuable 1 et c'est nous qui passons, nous, le globe,
    les montagnes, les océans, les cités, les maisons, les hommes, comme si, sur une
    chaîne vibratoire, une succession d'images naissaient et mouraient sans relâche.
    Cette chaîne vibratoire, infinie, paraît couler comme un paysage vu d'un train alors
    que seul le voyageur, en réalité, se déplace.
    Sur le trajet Nébuleuse-Amas d'Hercule, autrement dit Ponex-Apex, la Terre se
    situe par exemple au chiffre de l'année 1000 pour le siècle de la Grande Peur, 1789
    pour la Révolution, 1914 pour la Grande Guerre.
    Admettons que nous entreprenions de voyager dans le Passé jusqu'à l'an mille.
    Que va-t-il se passer ? Nous devons quitter notre xx' siècle à bord d'une fusée
    spatiale très rapide, perpendiculairement au plan de l'écliptique en direction du
    Ponex jusqu'au point théorique où se trouvait la Terre de l'an mille.
    Mais nous ne le verrons point. En effet, nous sommes accordés sur une longueur
    d'onde-temps en perpétuelle croissance et nous ne percevons que les êtres et les
    objets accordés à cette longueur d'onde.
    1. Pour Dieu éternel tous les temps sont présents. On ne saurait admettre
    l'Éternité si on lui fixe un commencement et une fin, un Passé et un Futur.
    215
    Par exemple, l'homme H = 29 - I - 19XY
    23 h 52'24" 18/100 ne peut s'intégrer que dans l'universtemps de même valeur.
    Et il change d'univers continuellement à un certain rythme inconnu de périodesseconde
    (1/15 pour la perception rétinienne) qui le fait mourir x fois par seconde et
    ressusciter autant de fois.
    Cela s'appelle vieillir.
    Donc, nous sommes dans le Ponex, aux portes de l'an mille dont il faut accrocher
    la longueur d'onde-temps. Un second vaisseau spatial qui a suivi le nôtre possède à
    son bord un radar à modulation de fréquence qui nous met en accord avec cette
    longueur d'onde-temps de l'an mille (ou avec un harmonique). Immédiatement, nous
    quittons notre xxe siècle, nous le perdons de vue et nous apercevons le royaume
    français du roi Robert le Pieux où notre fusée, qui a subi la même transformation que
    nous, peut se poser.
    Voilà le premier stade du Voyage dans le Temps, expliqué de façon quelque peu
    romanesque, car les dossiers de l'ingénieur Drouet ne s'adressent pas à un large
    public:
    L'appareil est libéré, sur place, de la pesanteur par une double rotation
    engendrant l'accélération centrifuge composée de l'effet de Coriolis, laquelle est
    perpendiculaire aux axes horizontaux d'une batterie de gyroscopes disposés à
    l'intérieur. Il faut, mais il suffit que cette force centrifuge soit é ,gale à la pesanteur =
    IG.
    Condition réalisable par application de la formule:
    m(2 (or sin a Vr)2
    JC =
    R
    dans laquelle Jc est l'accélération composée, m la masse des corps soit P = 0'l
    tandis que 2 wr exprime la vitesse angulaire de rotation du corps, d'où l'on déduit...
    Ce court extrait n'est que la préfiguration la plus sommaire d'un exposé qui
    recouvre 200 pages de papier quadrillé
    216
    Ce voyage dans le Passé était un voyage sans retour. Le projet définitif prévoyait
    un Tore astronautique, ancêtre et père des soucoupes volantes, déjà réalisé en
    maquette en 1946, comme en témoignent plusieurs journaux'.
    Ce Tore, propulsé de l'équateur par la force centrifuge de la Terre, était un engin
    parfaitement réalisable, infiniment plus rationnel, plus - intelligent ", plus scientifique
    qu@ les Spoutnik russes et les fusées américaines.
    A bord du Tore d'Émile Drouet, se trouvait le radar à modulation de fréquence qui
    faisait corps avec l'engin et s'accordait avec lui, permettant des raids vers l'Apex ou
    le Ponex sans nécessité de revenir à une base.
    La seule base fixe, obligatoire, figée dans le Temps et dans le cosmos était
    l'énergie du vide - comme dans l'agravitation - qui existait aussi bien en l'an + 1000
    qu en l'an - 250 000.
    Nous vous ferons grâce des détails techniques, qui furent étudiés par James
    Forrestal, pour un projet de satellite terrestre américain, et par le Centre de
    Recherches Scientifiques de Meudon.
    On réalisera l'importance de la découverte de l'ingénieur Drouet en sachant que
    son Tore astronautique de 200 mètres de diamètre (là se trouvait peut-être l'écueil
    encore que la résistance des matériaux eût été sévèrement calculée), ce Tore donc,
    pourvu de gyroscopes, tournait sur un lac équatorial et était propulsé par la force
    centrifuge terrestre à la vitesse initiale de 108 000 km/heure, sans accélération.
    Ces 108 000 km/heure sont exactement la vitesse de rotation de la Terre autour
    du Soleil. Nous nous en accommodons fort bien.
    Ainsi se trouvait résolu, théoriquement, le problème du Voyage dans le temps.
    Le milliardaire Williamson, roi du diamant, fut contacté pour la réalisation du projet
    Drouet. Son coût, en 1946, était de 2 milliards de francs et, il faut bien le
    reconnaître,
    1. Dontjeudi-Maqazine, n' 19, du 10-10-46.
    217
    avec des risques immenses d'échec qui effrayèrent M. Williamson. Une telle
    entreprise ne pouvait être envisagée qu'à l'échelle d'une grande nation.
    La victoire de Waterloo
    La maquette du Tore Astronautique ne connut qu'une heure de gloire: sur le plan
    d'eau d'une sablière à Vigneuxsur-Seine, à l'intention des photographes. A vrai dire,
    cette solution du Voyage dans le Temps laissait subsister de nombreux points
    obscurs.
    Revenons à notre hypothèse: les Voyageurs du Temps vont sur la Terre de 1815,
    à Waterloo, guident Grouchy vers le champ de bataille, déroutent Blücher et donnent
    la victoire à Napoléon. Allons plus loin: nos Voyageurs vont en l'an 1769 et
    assassinent Bonaparte enfant: Napoléon n'existera jamais
    Comment concilier l'inconciliable, ce qui fut avec ce qui ne fut pas ? Napoléon
    victorieux alors qu'il fut battu ?
    L'ingénieur Drouet ne voulait pas entendre parler de cette évidente absurdité et se
    cantonnait dans son rôle d'ingénieur astronome.
    - Vous me parlez philosophie, disait-il, et je ne suis pas un philosophe !
    Si bien que pour demeurer dans la logique et pousser jusqu'au bout l'expérience,
    nous dûmes échafauder une théorie fascinante - les harmoniques de la chaîne
    vibratoire de vie.
    L'histoire des hommes, la vie des hommes se déroulerait sur une chaîne
    vibratoire de vie ou chaîne principale.
    Sur cette chaîne - pour prendre le cas de Napoléon@ nous trouvons le coup
    d'État du 18 Brumaire - Bonaparte Premier consul - couronné empereur - la victoire
    d'Austerlitz - l'abdication de 1814 - Waterloo en 1815 - la mort à Sainte-Hélène en
    1821.
    Rappelons-nous les anciens postes de radio - ceux de 1927 - si peu sélectifs que
    l'on prenait une émission à la
    218
    fois sur la longueur d'onde 522 mètres, et sur toutes les harmoniques de 522 : soit
    696 mètres - 870 mètres 1 044 mètres, etc. On pouvait, en se branchant sur 1 044
    mètres, entendre en même temps un poème sur Il 044 mètres, de la musique
    espagnole sur 870 mètres et une chanteuse d'Opéra sur 522 mètres.
    Cependant, à puissance égale d'émission, c'est le poème qui dominait les autres
    perceptions, musique et chant ne formant en somme qu'un fond sonore.
    Or, c'est ce qui se produit avec les vibrations : elles ont toutes des harmoniques
    et la Chaîne de Vie a des harmoniques où Napoléon naît, gagne des batailles, en
    perd d'autres et meurt à Sainte-Hélène.
    Que les Voyageurs se déplacent dans le Temps, et ils atterriront
    mathématiquement sur un des harmoniques, lesquels sont en nombre infini. Sur cet
    harmonique, tout s'est passé comme sur la chaîne principale, mais en pointillé si l'on
    peut dire, ou encore de manière révocable, car il ne s'agit en fait que d'une induction.
    Si l'on fait passer un courant propre à cet harmonique, c'est ce courant qui
    l'emportera.
    Sur l'harmonique n'l, les Voyageurs du Temps pourront donc faire gagner
    Napoléon à Waterloo et, en 1821, il sera le Maître du Monde.
    Sur un harmonique n'2, Bonaparte manquera son coup d'État, sera condamné à
    mort, gracié, envoyé en exil.
    Sur un harmonique no3, il échouera encore le 18 Brumaire, prendra la fuite et
    finira sa vie dans un monastère.
    Sur un harmonique n'4, les Voyageurs ont apporté un virus grippal avec eux et
    Bonaparte meurt à 8 ans, Napoléon n'existera jamais.
    Voilà peut-être résolu un problème qui arrête tous les théoriciens: retourner dans
    le Temps, modifier le déroulement de l'Histoire et pourtant conserver la vérité
    historique vécue.
    Là encore, les dossiers de l'ingénieur Drouet et nos Propres notes n'empruntent
    pas exactement tant s'en faut - au vocabulaire de ce livre.
    219
    Il était question de vérité absolue, de vérités relatives et de vérités en projection.
    " Admettons, écrivait l'ingénieur astronome, la simultanéité des contraires et le
    principe des harmoniques de la Chaîne de Vie, perceptibles dans l'astral sur l'écran
    d'un radar à modulation de fréquence... "
    Le Vo age dans le Temps - Passé et Futur - selon le
    'y
    projet Emile Drouet, se composait d'une première partie techniquement réalisable
    (ou qui le sera dans un proche avenir) : le voyage vers le Ponex et vers l'Apex avec
    le Tore astronautique. D'une seconde partie incertaine: l'accord avec le radar à
    modulation de fréquence. D'une troisième partie hypothétique: la théorie des
    harmoniques.
    D'aucuns jugeront que ce Voyage dans le Temps relève uniquement de la
    science-fiction. C'est partiellement vrai, pourtant le Tore astronautique d'Émile
    Drouet nous paraît plus scientifiquement valable que les fusées des Américains et
    des Russes. C'est un principe analogue qui, un jour, détrônera le système boulet de
    canon et alors peutêtre songera-t-on à étudier et à mettre au point un accordeur
    d'ondes-temps.
    Et si déjà des Voyageurs du Temps étaient parmi nous ? S'ils se cachaient à
    l'intérieur du mont Shasta ?
    Il est curieux de signaler, ne fût-ce que pour les archives des temps à venir, que
    des théoriciens avancent cette hypothèse :
    On peut admettre que dans plusieurs siècles, voire même dans plusieurs
    millénaires, le Voyage dans le Temps sera une réalité et une possibilité pratique 1.
    Or, si par exemple, en l'an 5 000 des hommes peuvent remonter le Passé ou
    parcourir le Futur, il devient vraisemblable de penser qu'ils ont eu le désir ou la
    curiosité de s'intégrer à notre époque.
    1. Notes sur le Voyage dans le Temps, manuscrit non publié d'Émile Drouet. A
    signaler qu'en 1962, l'astronome russe Kozyrev a écrit que la technique humaine
    permettrait bientôt de manipuler le Temps ".
    220
    Les soucoupes volantes sont peut-être le mode de locomotion de ces pirates du
    Temps ? Nos savants, les magnats du capitalisme, du marxisme et de toute
    puissance sociale ou politique, sont peut-être des Voyageurs du Temps. Ils agiraient
    soit dans des buts lucratifs, soit comme conducteurs éclairés. Comment le savoir ?
    Semblables à Moïse, à Gerbert, à jechiélé, à tous les grands initiés de l'histoire
    (qui étaient peut-être des hommes des années 5 000, 10 000 ou 100 000 après J.-
    C.) ils tiendraient secrets leur caractère, leur nature, leurs connaissances
    supérieures en biologie et en physique transcendante, connaissances leur
    permettant d'usurper par induction psychique (en habitant l'intellect conscient ou le
    subconscient) la personnalité propre de Nixon et de Mao.
    A l'insu, bien entendu, des êtres dont ils violent le moi et dirigent l'action. De toute
    façon, induction ou incarnation, leur identité physique serait indécelable. Le Voyage
    dans le Temps, réalité de demain, nous donne la certitude que les voyageurs du
    futur sont parmi nous.
    S'identifiant à la Conquête du Cosmos, le Voyage dans le Temps, aussi
    longtemps qu'il ne sera pas résolu, constituera le Mur de la Défense que des forces
    supérieures semblent avoir édifié entre l'homme et les connaissances sacrilèges.
    Mais l'homme n'a peur de rien, pas même de son destin tragique, et même s'il doit
    perdre une seconde fois sa part de Paradis, il forcera la porte interdite.
    Les temps dapocalypse
    E y eut d'abord dans le ciel comme un accord grave de harpe, mélodieux, puis la
    musique des anges s'amplifia et déchira les nues d'un hurlement de fou. Enfin, il y
    eut une lumière aveuglante, violette et sur la surface du globe, la galopade
    fantastique d'ondes de choc qui désintégraient les êtres et les choses, arrachaient le
    coeur des vivants avant de les anéantir. Ce qui avait été n'était plus et la mort
    s'instaura dans le silence du Temps. Est-ce la description d'une prochaine fin du
    monde ?
    Les hommes en ont la prescience et s'y résignent. Les plus hardis songent à
    s'évader dans le Cosmos, les autres se terrant déjà ou songeant criminellement à
    préparer l'Apocalypse. La psychose de la fin du monde est si répandue que les
    gouvernements eux-mêmes en ont la certitude absolue.
    Le 29 septembre 1961, parlant à la télévision, M. Sudreau, ministre de la
    Construction en France, déclarait :
    On construit pour 40 à 50 ans, parce qu'on ne sait pas ce que sera la vie à cette
    époque.
    Les Russes, au 22' Congrès du PC, en octobre 1961, ont prévu la création par un
    développement intensif de l'éducation, d'un homme soviétique nouveau, susceptible
    de s'adapter à un s système social exigeant une discipline plus forte, une abnégation
    totale et un sens absolu du devoir civique.
    222
    Est-ce pour le Paradis Terrestre que les Soviétiques préparent ce robot discipliné
    jusqu'à " l'abnégation totale et absolue " ? A quel genre de mort veulent-ils l'habituer
    ? Car il ne paraît pas être question de sauver son peuple, mais de supposer
    quelques survivants éventuels, ce qui est aussi le souci et le seul espoir des autres
    gouvernements.
    Les Américains ont déjà disséminé dans leurs États des dépôts souterrains où ils
    accumulent des dollars-papier qui seraient mis en circulation si les autres étaient
    pollués.
    Le professeur Herman Muller - Prix Nobel de biologie - préconise la création d'une
    Banque où seraient entreposes, dans des appareils frigorifiques, des
    spermatozoïdes sélectionnés qui assureraient la pérennité de la race. Les
    hebdomadaires des États-Unis publient fréquemment des annonces de ce genre:
    Songez à vos petits enfants bien-aimés.
    Avez-vous préparé leur survie ?
    N'attendez pas un jour de plus, commandez...
    Une firme très importante propose à l'acheteur désireux de franchir le cap de la fin
    du monde des " abris préfabriqués en acier pour 3 500 F + 600 F pour le système
    d'aération ".
    Le Conseil Municipal de Livermore (Californie) fait édifier sept abris géants
    pouvant contenir 17 000 personnes. Le Centre Rockefeller à New York aménage
    ses soussols et emmagasine des stocks alimentaires pour ses 38 000 locataires.
    Le gouvernement anglais construit des abris atomiques, non pour sauver toute la
    population, mais seulement 15 000 individus privilégiés, recensés, qui ont déjà
    effectué des manoeuvres de survie, le 14 octobre 1961, à Maidstone, capitale du
    Kent, théoriquement détruite par 70 bombes atomiques. Les opérations étaient
    dirigées par le capitaine Rusby, commandant le Royal Observer Corps, et par M.
    Raymond Firth, sous-secrétaire d'État à l'Intérieur, chef de la Protection Civile pour le
    sud de l'Angleterre.
    223
    Quant aux Chinois, une dangereuse philosophie (dénoncée par Lucien Bodard 1
    les prépare à la catastrophe finale et ils supposent que la loi du nombre - les 38/100
    de la population du globe - jouera en leur faveur pour laisser parmi les survivants une
    majorité de jaunes.
    Il est bien prévu que l'humanité périra à l'exception des échantillons sélectionnés,
    mis en sécurité ou en conserve , mais si par aventure la fin du monde frappait les
    populations tout entières alors le cas du cochon 311 reproduirait le miracle de Bikini,
    et quelques hommes demeureraient sains et saufs.
    Chaque race calcule ses chances de figurer parmi les rescapés qui repeupleraient
    la Terre. Or, la fin du monde n'est pas inéluctable, du moins à la date prévue par les
    biologistes (2 100 environ), et les chances d'espoir sont plus grandes qu'on ne le
    présume. Des savants ont brusquement pris conscience de leurs responsabilités et
    cherchent à diriger la destinée du globe, par-dessus les contingences politiques.
    Cependant, l'avènement de ces forces supposées bénéfiques n'est pas encore un
    fait accompli et les magiciens noirs poursuivent leur action.
    La nouvelle ère a incontestablement débuté avec la guerre 1939-1945, qui a posé
    les données du problème.
    L'avertissement des biologistes
    Les politiciens qui, en 1945, eurent mission de reconstituer une société
    démantelée imaginèrent une solution catastrophique. Dans les mains de ces
    apprentis sorciers, le monde prit son visage de mort.
    Ils préconisèrent des solutions insensées: développement de la science atomique
    militaire, encouragement des naissances, lutte des classes, compétitions de standing
    et de prestige, alors que la véritable solution était une union malgré tout pour la
    sauvegarde de l'humanité.
    1. La Chine du Cauchemar, Lucien Bodard, 1961, éd. Gallimard.
    224
    Contre leurs manoeuvres et notamment contre les explosions nucléaires, deux
    savants prirent conscience du péril et lancèrent un SOS: Albert Einstein et Leo
    Szilard.
    Les physiciens japonais, particulièrement bien placés pour en juger, révélèrent en
    1962 que 200 000 naissances d'enfants anormaux étaient imputables aux
    expériences atomiques, dont 15 000 à la superbombe des Russes.
    Le césium 137 résultant de ces explosions est très fortement tératogène et
    provoque l'engendrement d'enfants à quatre ou dix doigts, à mains palmées ou
    directement rattachées aux épaules.
    Le pape Jean XXIII et le docteur Albert Schweitzer dénoncèrent formellement le
    péril, mais de grands savants, tels que jean Rostand, le docteur Delaunay (France)
    et le professeur Muller, prix Nobel de biologie (USA), jugèrent nécessaire, pardessus
    les discours pontificaux et les résolutions dérisoires de l'ONU, de mettre
    ouvertement le monde devant son destin.
    D'autres biologistes de renommée mondiale, les professeurs Fujii (japon),
    Pomerat, Paul Weiss (USA), Dalq (Belgique), Verne (France) et des personnalités
    diverses philosophes, économistes, ecclésiastiques, réagirent dans le même sens
    avec à leur tête M. François de Clermont-Tonnerre et le professeur Maurice Marois.
    Le 4 février 1962, à l'OECE, au château de la Muette à Paris, se produisit un
    événement capital: les plus grands biologistes du monde se réunirent. Et aussitôt,
    cette élite, ces hommes, que leur savoir et leur haute compétence mettaient au
    premier échelon de la race humaine, lancèrent un message retentissant: Alerte !
    Vous allez tous mourir irradiés, si...
    Pour frapper l'opinion, la Conjuration des sauveteurs prit un titre dont l'énoncé
    même exprimait l'imminence du péril: Institut de la vie.
    1. Mme Nina Khrouchtcheva, qui n'a sûrement pas agi à l'insu de son mari, a
    lancé un SOS à la Radio le 18-2-62 :jetons toutes les bombes atomiques à la mer!
    225
    Avec son enthousiasme d'apôtre, jean Rostand, " l'Homme de Coeur n' 1 de
    France ", avait dénoncé les Temps d'Apocalypse que nous vivons, la dégradation de
    l'espèce, la fin inéluctable et proche de l'humanité si de puissants barrages n'étaient
    pas édifiés, en disant notamment:
    Les retombées radioactives sont un véritable pollen de mort, responsables d'un
    excédent de mutations. On peut affirmer que cet excédent est la cause de
    l'accroissement du nombre de sourds-muets, d'idiots, de tarés...
    Les gènes de toute lagénération à venir tiendraient dans le volume d'un cachet
    d'aspirine. Ce cachet est le trésor le plus précieux du monde.
    je crois à la pluralité des mondes habités, maisje ne suis pas certain qu'il y ait sur
    une autre planète quelque chose d'aussi valable que l'homo sapiens.
    En abîmant lesgènes, on fait pire que tuer: on crée de la mauvaise vie.
    D'autre part, l'industrie atomique et l'industrie chimique ajoutent puissamment
    leurs effets à ceux des explosions nucléaires et constituent même actuellement les
    principales sources d'irradiation.
    Le danger présenté par les rayons X, ainsi que l'ont démontré des spécialistes
    américains, est six fois plus grand que celui dû aux explosions de bombes
    atomiques.
    Et combien de mutations sont causées par les médicaments qu'on achète chez le
    pharmacien !
    La médecine cultive la maladie et la thérapeutique développe les tares et multiplie
    les hommes qui doivent avoir recours à elle.
    Il n:y a pas de seuil de sécurité, il n:y a pas de petites doses.
    Sur ce point particulier, le professeur Lhéritier avait déjà déclaré :
    Toute dose d'irradiation, si faible soit-elle, a des chances de produire des
    mutations. Toute mutation est héréditaire.
    Ce qui revient à dire que tout individu ayant passé une seule radiographie dans
    sa vie ne peut plus produire d'enfant absolument normal. Il y aura automatiquement
    muta-
    226
    tion si imperceptible qu'elle soit, et toujours dans le sens
    du bien vers le mal.
    or, les irradiations par radiographies, par médicaments, par télévision, etc.,
    s'accumulent irréversiblement pour 5 000 ans, sans possibilité actuellement connue
    de les
    neutraliser'.
    C'est pour cette raison que les déchets radioactifs des usines atomiques ne
    peuvent pas être détruits même s'ils sont noyés dans les fosses océaniennes. On a
    envisagé un moyen de débarrasser le globe de ces produits: les envoyer
    dans le Cosmos !
    De toute façon, 75 % des habitants de notre planète sont déjà irradiés pour 5 000
    ans. De l'avis des biologistes, l'espèce humaine est tôt ou tard condamnée. Mettant
    en accusation tout le processus évolutif et culturel déterminé par nos maîtres grecs
    et plus particulièrement encore par le siècle des grandes inventions, jean Rostand
    proclame avec
    véhémence :
    A Hiroshima, la science s'est de7ibérément engagée dans le
    crime.
    Les effets génétiques de la civilisation sont déplorables. En conséquence lInstitut
    de la Vie doit devenir le Quartier Général de la défense de l'homo sapiens...
    Personne ou presque n'entendit parler de cette réunion de savants. Avec une
    merveilleuse synchronisation, les journaux, la radio, la télévision et les actualités
    cinématographiques la passèrent sous silence. Les journaux les mieux intentionnés
    lui consacrèrent une colonne à la une, et un petit article à l'intérieur. La plupart n'en
    parlèrent pas.
    Certains - parmi ceux qui publièrent quelques lignes prirent même parti contre les
    biologistes et notamment contre jean Rostand dont ils dénoncèrent - le pessimisme
    dangereux... "
    1. Le Dr Robert Wilson, membre de la Commission américaine de l'Énergie
    atomique, a déclaré à Colombus devant une réunion de savants et d'industriels que
    les postes de télévision dégagent plus de radiations que les expériences nucléaires
    américaines et russes n'en ont produit jusqu'ici.
    227
    Certes, la courageuse initiative des savants de l'Institut de la Vie ne restera pas
    sans lendemain et de plus en plus, et de mieux en mieux, elle se développera,
    d'autant plus que la prolifération de naissances monstrueuses devient inquiétante,
    particulièrement dans les pays où l'électronique et les industries annexes de l'Atome
    sont fortement développées.
    Récemment, une campagne savamment orchestrée fit porter la responsabilité de
    ces naissances anormales à un tranquillisant américain, la thalidomide
    (contergandistaval, softenon, talimol, etc.).
    Puis on accusa d'autres médicaments: la préludine fut interdite en Italie et le
    docteur Clarke Fraser de l'université Megill de Montréal dénonça la cortisone... et
    l'aspirine ! Il y eut bien une mise au point effectuée par le professeur Giroud à
    l'Académie de Médecine: " En France où la thalidomide est interdite, les enfants
    monstrueux sont de plus en plus nombreux ", mais nul ne voulut y prêter attention.
    Il s'agit là d'une conjuration délibérée destinée à masquer une vérité atroce : les
    enfants monstrueux naissent en plus grand nombre que jadis, par la faute des
    irradiations.
    Autre conséquence mineure, mais non négligeable: dans les hôpitaux où l'on
    radiographie à tort et à travers, le cal des fractures osseuses normales se fait
    actuellement en 90 jours, au lieu de 40 jours il y a trente ans. Parfois même, et sans
    qu'il soit question de tuberculose, la soudure et l'ossification demandent 4 à 5 mois.
    Il devient normal d'envoyer en convalescence à Berck ou à Roscoff un blessé
    ayant eu une jambe cassée. La Sécurité Sociale reconnaît la nécessité de cette
    convalescence, ce qui veut tout dire. Les femmes, dans une proportion de 7 sur 10,
    accouchent avant terme.
    Les populations de la frontière du Mexique furent atteintes, en septembre 1960,
    d'étranges troubles : les gens avaient d'intolérables sensations de chaleur, leur peau
    devenait rouge comme sous le coup d'une brûlure. On présuma que l'eau de pluie
    qu'ils buvaient avait été rendue
    228
    radioactive par les explosions nucléaires américaines du Nevada.
    Après les explosions russes en Mongolie et dans le Pacifique, les habitants de la
    ville d'El Peten, au Guatemala, furent presque tous malades. Il y eut de nombreux
    décès. Comme si des nuages avaient transporté le pollen de mort par-dessus les
    continents et les mers ! Et c'est bien ce qui s'était passé.
    On sait qu'il existe des courants puissants et rapides dans la haute atmosphère,
    les jet-streams. Ils sont bien connus des aviateurs et peuvent leur faire gagner une
    heure sur des trajets de 3 à 4 000 km.
    Ces jet-streams empruntent avec une certaine régularité des couloirs aériens qui
    deviennent de véritables - vallées de la Mort " quand ils sont chargés de particules
    radioactives.
    Les jet-streams vont déposer leur pollen irradié toujours aux mêmes endroits du
    globe.
    Il semble que la ville d'El Peten se trouve à un terminus d'une de ces Vallées de
    la Mort que les japonais, durant la guerre, en 1944, avaient utilisées pour envoyer
    aux ÉtatsUnis des ballonnets incendiaires qui retombèrent aux points prévus - en
    Californie - mais sans provoquer de dégâts considérables.
    Ces détériorations des conditions biologiques naturelles et la menace qui pèse
    sur notre descendance, sans paraître inquiéter les pouvoirs publics, sont les signes
    cliniques de la psychose de résignation qui sévit aujourd'hui comme si la fin du
    monde était pour demain. jean Rostand espère malgré tout en la science " qui a
    toujours donné davantage que ce que l'on attendait d'elle ".
    Anecdotes sur la fin du monde
    Il existe d'autres signes des Temps d'Apocalypse.
    Rejoigjlant, par-delà dix siècles, la Grande Peur du Moyen Age, celle de l'an 2000
    commence et les hommes se
    229
    mettent à délirer. Les faux prophètes vont de nouveau se manifester, de même que
    les cas d'hystérie collective.
    Les gouvernements prendront-ils des mesures pour arrêter la campagne
    alarmiste qui va naître ? C'est probable, et l'on peut s'attendre à une interdiction, et
    dans de brefs délais, des métiers de devins, voyants et cartomanciennes.
    Certes, au cours des âges, la fin du monde fut annoncée des milliers de fois, et au
    xvi' siècle, elle donna même lieu à une anecdote amusante:
    En reprenant le calcul des éphémérides de Regiomontanus son maître,
    l'Allemand Stoeffer discerna le pronostic astrologique d'un déluge universel à la date
    du 20 février 1524.
    A l'annonce de cette prédiction, l'Europe fut consternée et à Toulouse, le
    Président Auriol se mit, nouveau Noé, à construire une arche.
    Par une malicieuse ironie du sort, le 21 février 1524 fut on ne peut plus sec!
    En 1680, un phénomène remarquable se produisit: une superbe comète apparut,
    qui impressionna fortement les populations
    " La terreur est grande par la ville, disaient les Chroniques de 1'OEil-de-Boeuf',
    les esprits timorés voient dans ceci le signe d'un déluge nouveau, attendu, disaientils,
    que l'eau s'annonce toujours par le feu. "
    Il n'était pas que le peuple pour être ému: le mathématicien Jacques Bernoulli vit
    dans la comète le symbole de la colère divine.
    Les poules elles-mêmes en jugèrent ainsi: Flammarion raconte qu'il trouva une
    estampe de l'époque portant cette légende: Prodige extraordinaire: comment à Rome
    une poule pondit un oeuf sur lequel était gravée l'image de la comète.
    En juillet 1960, un hurluberlu italien, du nom de Élio Bianca - frère Eman dans sa
    religion -, voulut lui aussi jouer au prophète. Ex-médecin pédiatre à la Compagnie
    1. Chroniques de I'OEil-de-Boeuf, par Touchard-Lafosse, 1829-1833.
    230
    d'Électricité de Milan, Élio Bianca, renvoyé pour ses excentricités, avait fondé une
    secte d'illuminés. Il se disait en relation directe avec " l'étage de l'absolu " et
    @nnonçait la fin du monde d'après une prophétie d'Isaïe: " A l'époque des calamités,
    l'homme trouvera refuge dans un pavillon. " " Seuls, 12 millions d'êtres humains
    échapperont au cataclysme ", précisait-il.
    Des hommes et des femmes le crurent. A Hokkaïdo, au japon, la terre avait
    tremblé avec une intensité exceptionnelle; des vagues hautes comme des
    montagnes lançaient contre les maisons des blocs de glace qui les pulvérisaient. A
    Cuzco, au Pérou, des Indiens, pour conjurer une sécheresse calamiteuse, avaient
    brûlé la plus jolie jeune fille de la tribu des Mashcos. A Agadir, un tremblement de
    terre avait fait des milliers de morts. Le Chili et Fréjus en France avaient été ravagés
    par des inondations.
    Frère Eman, qui était en relation avec les puissances célestes par le truchement
    d'un magnétophone, n'eut guère de mal à convaincre 110 simples d'esprit que la fin
    du monde - d'après ses calculs - était fixée au 14juillet 1960, à 14 h 45. Les
    montagnes devaient s'effondrer et tout serait fini, sauf pour les privilégiés habitant
    autour du mont Blanc.
    Alors, entassant vivres, vêtements et objets de première nécessité dans des
    havresacs et des valises, les 110 illuminés conduits par le fou allèrent chercher
    refuge au " Pavillon Gehovonise " non loin de Courmayeur, à 2 200 m d'altitude.
    Bien entendu, la journée du 14juillet se passa sans incident.
    Frère Eman s'en tira par une pirouette:
    " Mes calculs étaient erronés, dit-il. La fin du monde est reportée à une date
    ultérieure ! "
    Le plus extraordinaire, en cette affaire, fut le retentissement mondial qu'eurent les
    divagations du médecin fou. La presse, la radio colportèrent ces prophéties qui
    trouvèrent crédit dans tous les pays du monde, exception faite pour la Scandinavie,
    la France, l'Espagne et l'Italie (à part
    231
    les 110 illuminés), l'Allemagne et la Russie. Les pays anglo-saxons, l'Afrique, l'Asie
    et l'Amérique fournirent, comme toujours, le plus fort contingent de crédules.
    Au cap de Bonne-Espérance, le soleil du 14 juillet fut frénétiquement applaudi par
    des Noirs qui avaient passé toute la nuit dans l'angoisse. Aux Philippines, un vent de
    panique souffla et l'Église dut mobiliser ses prêtres pour rassurer le peuple. Aux
    Indes, les temples regorgèrent de monde et aux USA des Américains se terrèrent
    dans des abris antiatomiques.
    Les plus convaincus - convaincus mais malins fürent certainement les adeptes
    d'une secte religieuse de Benson (Arizona) qui, ayant effectué de gros achats de
    vivres pour subsister après la fin du monde, payèrent leurs factures avec des
    chèques postdatés du 15 juillet !
    Interviewé par des journalistes, Mgr Julio Rosales, archevêque de Cebu
    (Philippines), précisa que personne ne pouvait connaître la date de la fin du monde,
    pas même le Pape !
    Ces prédictions manquées ne servirent pas de leçon et six mois après, on connut
    une récidive mémorable.
    Le 1" février 1961, parvenait en Europe l'annonce sensationnelle de la fin du
    monde, prédite par les Mages de l'Inde: elle devait se produire entre le samedi 3 et le
    lundi 5 février, alors que les huit planètes de notre galaxie entreraient en conjonction
    sous le signe du Capricorne. Pour beaucoup, l'affaire parut sérieuse. Cette fois, il
    s'agissait des Indes! Et comme chacun sait, les Indes sont le seul, 1'unique
    réceptacle de la sacro-sainte Vérité !
    Or, les Indes parlaient, et de mémoire d'homme c'était la première fois que
    moines, bonzes, prêtres de Bénarès, de Manipouri, de Bombay, lamas des
    lamaseries tibétaines, tout le peuple de Bouddha, toute l'Agartha en somme, c'était la
    première fois que les Initiés rompaient la consigne millénaire du Silence !
    Il est vrai que le jeu en valait la chandelle puisqu'il s'agissait de l'effondrement des
    montagnes, de l'éclatement
    232
    de la planète, de l'anéantissement de 2 milliards 500 millions d'êtres, autrement dit
    de la fin du monde.
    La veille du cataclysme présumé, des milliers de prêtres hindous commencèrent
    les cérémonies rituelles et des millions de fidèles allèrent se plonger dans le Gange à
    Bénarès et prier au bord du fleuve afin de mourir en état de grâce. Invocations,
    sacrifices sur les feux sacrés, rien ne fut épargné pour la survie de la planète. Le 3,
    le 4 et le 5 février passèrent et le globe, plus sage que de coutume - par exception
    on n'enregistra aucun tremblement de terre à cette date -, continua son bonhomme
    de chemin.
    Les hindous n'étaient pas les seuls à craindre quelque chose. Les Papous de
    Nouvelle-Guinée s'attendaient eux aussi au pire, par suite d'une éclipse de Soleil.
    En Angleterre, les journaux se firent l'écho des sombres pressentiments de la "
    Société de l'Ether " dont le dirigeant, M. Georges King, se prétendait - Chef des
    Extraplanétaires, mandaté à l'ONU par les Vénusiens ".
    Selon cet olibrius, la fin du monde était aussi pour le 5 février, mais il y aurait des
    survivants: ses disciples, les " éthérés " qui, affirmant être en relation avec les
    habitants de Vénus et de Mars, allèrent chercher refuge au sommet des montagnes
    britanniques.
    Comme rien ne se produisit, M. King, à l'instar de Frère Eman, annonça que le
    monde avait encore 300 millions d'années à vivre, mais que bientôt la Terre allait
    basculer et les pôles prendre la place de l'équateur !
    Les Américains, pour ne pas demeurer en reste, avaient pris peur à l'unisson et
    durant les trois jours cruciaux barcelèrent de coups de téléphone M. Hayden,
    directeur du Planétarium de New York, lui demandant si véritablement la conjonction
    de Jupiter-Saturne-Neptune-Uranus-TerreVénus-Mars et Mercure allait provoquer
    une conflagration cosmique.
    En 1942, Adolf Hitler, qui souffrait de l'aveugle crédulité des occultistes, voulait
    conquérir une partie de la Sibérie, exactement les montagnes de Thian Chan (monts
    Célestes), à la limite du Turkestan russe et du Turkestan
    233
    1
    chinois, car il croyait - c'est du moins ce qu'il a écrit que cette zone serait privilégiée
    lors du futur grand cataclysme terrestre.
    Certains penseront peut-être que la fin du monde, ou plutôt la fin des hommes,
    redoutée par jean Rostand, relève d'une crainte aussi injustifiée que celle des
    hindous et des - éthérés " du Chef King. Il faut tout de même tenir compte du fait
    que l'illustre biologiste est suivi dans ses théories, ou mieux dans ses calculs, par la
    grande majorité des savants mondiaux, alors que les occultistes ne recueillent que la
    créance de quelques naïfs.
    Un danger géophysique
    Insensiblement, notre globe terrestre avance vers sa fin. C'est la loi du Cosmos
    et nous n'y pouvons rien, encore que Fritz Zwicky, l'un des astrophysiciens suisses
    les plus en renom, prétende le contraire.
    M. Zwicky a dans ses cartons un extraordinaire projet: casser les planètes à
    coups de bombes atomiques et exciter la chaleur du Soleil qui commence à se
    refroidir.
    Ces idées correspondent à des réalités: un danger géophysique nous menace.
    De 1850 à 1950, on a calculé que la température moyenne de la Terre avait
    baissé d'un demi-degré, ce qui n'est pas grave dans l'immédiat, mais le deviendra
    dans 1 000 ans, les hommes n'ayant pas le pouvoir de s'adapter à ce rythme trop
    rapide de refroidissement. Par ailleurs, dans le monde entier, les services chargés
    d'ausculter le sol sont frappés par l'augmentation notable du nombre et de la force
    des secousses sismiques, el par la gravité des phénomènes d'ordre volcanique 1.
    Récemment encore, en Iran, sur le grand axe de cassure est-ouest de lAsie
    centrale, des secousses ont détruit plusieurs villes, faisant plus de 20 000 victimes.
    La même secousse
    1. Aux Écoutes, 15-12-61.
    234
    sismique a sérieusement endommagé la capitale de la Turkménie soviétique:
    Achabad, déjà totalement détruite, voici treize ans, par un tremblement de terre.
    Les savants russes viennent d'autre part de découvrir plusieurs cônes
    volcaniques au fond de l'océan Glacial arctique. Certains sont en activité et des
    échantillons de laves ramenés en surface les apparentent au complexe hawaïen.
    Sur le continent antarctique, les savants américains, de même que leurs
    collègues anglais et russes, pensent que les deux géants volcaniques connus, le
    Terror et 1 Erebus, ne sont pas les seuls et qu'une intense activité règne sous la
    couche de ,glace de 800 à 1 000 mètres d'épaisseur. Quelques anomalies glaciaires
    laissent même penser que de véritables éruptions et des coulées de lave ont lieu à
    même le sol, sous cette prodigieuse carapace.
    Cette activité sur tous les continents confirme la théorie émise par plusieurs
    observatoires et groupes de recherches (dont celui de Strasbourg) sur l'actuelle
    période de gestation accélérée qui conduit notre planète à une autre époque.
    Rouen port de mer
    Certes, le globe terrestre a toujours été soumis à de lents flux et reflux, ce qui eut
    jadis pour effet d'engloutir l'Atlantide et de perturber le continent sud-américain. Il
    semble cependant qu'actuellement la carte du monde se modifie à un rythme
    anormal. Est-ce la fin d'une ère géologique ?
    En tout cas, ce sera sûrement la fin de certaines nations et en particulier de celles
    qui bordent la mer du Nord. Sur un axe approximatif Paris-Berlin-Moscou, les terres
    émergées s'enfoncent dans la mer du Nord et se surélèvent au sud. Chaque année,
    Biarritz et Cadix se situent plus haut en altitude, respectivement de trois et de cinq
    centimètres.
    En revanche, chaque année, les Hollandais doivent élever les digues qui les
    protègent de la mer et les techniciens des Ponts et Chaussées des Pays-Bas savent
    qu'en 2500 la
    235
    mer du Nord recouvrira les deux cinquièmes du territoire actuel de leur pays.
    Un projet est actuellement à l'étude : créer des cités et peut-être même un
    continent artificiel sur pilotis durcis par injections d'un produit miracle américain, l'AM
    9 (acrylamide et nitrile acrylique synthétique).
    La Scandinavie se soulève comme l'Espagne et repousse les eaux de la Baltique.
    En France, le péril se fera sentir dans la Seine-Maritime, la Somme et le Pas-de-
    Calais où les terres s'abaissent. Rouen sera un vrai port de mer en l'an 2500.
    Du nord au sud, au milieu de lAtlantique, la chaîne monta,gneuse qui émerge en
    Islande, aux Açores, aux îles SaintPaul, Ascension, Sainte-Hélène, subit une telle
    pression qu'elle s'élève de soixante centimètres à un mètre par an. Dans trente mille
    ans, elle pourrait réunir lEurope aux USA, à moins que notre péninsule européenne
    et le continent nordaméricain, effondrés en contrecoup, n'aient disparu sous les eaux
    Les faux messies
    Cette effervescence géophysique est pourtant moins symptomatique que le
    comportement des hommes.
    Selon la tradition, la fin des Temps sera signalée par la venue de faux messies et
    des Antéchrist.
    Le phénomène messianique est curieux à étudier. Il se produit huit fois sur dix
    autour du 30, parallèle nord et appartient par excellence aux Hébreux, aux hindous
    et aux musulmans.
    Pour l'écrivain Georges Adamski, féru d'occultisme, l'avènement des faux et vrais
    prophètes est provoqué par des transmissions de pensées. A certaines époques, les
    hommes se transforment en postes émetteurs puissants par
    1. Aux Écoutes, 15-12-61.
    236
    suite de l'intensité particulière de leurs sentiments: peur, désir du bonheur et d'être
    rassurés.
    Des milliards d'êtres lancent ainsi des messages qui ne demandent qu'à parvenir
    quelque part. Des individus réceptifs recueillent les forces conscientes éparses dans
    l'air et s'en chargent. Cette soudaine imprégnation de sentiments concentrés les
    persuade que le message a été envoyé par la Providence, c'est-à-dire par Dieu.
    Certains même pensent à une émission provenant du Cosmos et des hommes de
    l'espace.
    L'illuminé, le Messie se met alors à vaticiner et, mathématiquement, un
    pourcentage de prophéties se réalise, si bien que l'homme acquiert la certitude qu'il
    est bien un prodhète inspiré. Un très faible pourcentage de réussite lui suffit: 2 %,
    comme pour les radiesthésistes.
    Cette explication n'est que relativement valable, car l'étude des cas de
    messianisme démontre que 9 messies sur 10 sont au départ des charlatans un peu
    mégalomanes qui se donnent purement et gratuitement le don de science infuse.
    Toutefois, ils arrivent à s'auto-envoûter et de même que le menteur finit par croire en
    ses mensonges, ils entrent dans la peau de leur personnage sans possibilité d'en
    sortir. Médicalement, le complexe messianique est lié à un dérèglement glandulaire
    et principalement de la pinéale.
    Depuis un siècle, la hantise des risques de guerre, des fins de monde, la
    connaissance publique et générale des fléaux qui frappent l'humanité et que la
    presse, la radio et la télévision portent tout palpitants dans les foyers les plus retirés,
    tout cela a fait naître une légion de prophètes, de messies et de faux messies à une
    cadence jamais encore enregistrée.
    L'agitation des gitans
    Des avertissements plus sérieux annoncent indubitablement l'avènement d'une
    nouvelle ère qui coïncide avec la nouvelle science instaurée en 1940.
    237
    Oij'on le veuille ou non, la récente création de l'État d'Israël donne un certain
    crédit aux antiques prophéties, mais nous accordons une importance encore plus
    considérable au remue-ménage qui trouble le monde jusque-là silencieux des gitans.
    Comme une fourmilière soudain bouleversée, les gitans du monde entier vont,
    viennent, campent, repartent, dans tous les sens, comme s'ils avaient perdu la notion
    du pôle magnétique et des chemins traditionnels.
    Pour les spécialistes de la psychologie gitane, le fait est sans précédent et laisse
    présager des événements d'une gravité exceptionnelle.
    Le rôle historique des gitans est difficile à préciser.
    En fait, ils ne savent pas eux-mêmes ce qu'ils représentent, mais des
    observateurs avertis peuvent tirer de singulières déductions de leur comportement,
    exactement comme les paysans peuvent prédire la pluie quand les feuilles de viorne
    se recroquevillent, le paon " appelle Léon ", le chat lisse sa fourrure, les mouches se
    mettent à piquer.
    L'écrivain Martine Beauvais, qui a vécu longtemps avec les roms et les
    manouches, révèle à leur sujet d'étonnantes observations.
    Quand une guerre menace, les vrais gitans, les roms - de plus en plus rares -
    savent fort bien où ils doivent aller pour se tenir à l'écart du conflit, comme s'ils
    obéissaient à des ordres occultes.
    Les gitans travaillent le feu et le fer (ils sont presque tous chaudronniers) et les
    gitanes font le métier de diseuses de bonne aventure. En somme, les hommes
    perpétuent la tradition ancestrale du travail du feu, alors que les femmes, par un
    lointain atavisme irrévocable, se consacrent à la divination.
    Quand un gitan vient camper en quelque endroit, il ne sait pas quand il partira. Si
    on lui pose la question, il répondra invariablement:
    - Dieu le sait !
    C'est la femme qui suggère le départ. Elle ignore pourquoi; l'homme aussi. Ils
    savent seulement qu'ils doivent partir.
    238
    Actuellement, l'ordre occulte, l'ordre du subconscient vient souvent et de manière
    soudaine, impérative. Les gitans ne savent où se fixer, ni quelle direction prendre.
    De 1955 à 1961, ils ont accompli des périples insensés, se dirigeant d'abord vers
    l'ouest, allant ensuite vers l'Europe orientale, d'oU ils émigrent en grand nombre vers
    l'Amérique du Sud.
    D'autre part, une scission très nette les désunit.
    En France, ils ont un roi, joseph Solès ; en Pologne officiait jean Kwiew, couronné
    en 1938 par un collège électoral de 30 sénateurs (il était de race pure et professait le
    métier de chaudronnier).
    La " Pharaone ", reine des Tribus d'Espagne, campe dans une caverne du Sacro
    Monte à Grenade, mais en ce haut lieu la tradition périclite et le Congrès
    d'Angleterre, en 1956, a proposé un exode massif en Afrique du Sud où, inconnus en
    1928, les gitans ont implanté une véritable colonie. Dans le camp de Jackson Drift,
    près de johannesburg, ils ont élu un nouveau roi, Alfred Montés.
    Un autre Fils du Vent, Voïevod III, postule aussi le titre de Chef Suprême du
    Peuple Tzigane.
    Zanko, chef de tribu des Tziganes Chalderash, qui réside habituellement dans la
    banlieue lyonnaise, donne un sens décisif à l'anarchie qui règne: il vient de trahir la
    loi du silence de son peuple et a confié à des sédentaires' les traditions secrètes et
    les coutumes transmises oralement de siècle en siècle. Tout cela est hautement
    symptomatique.
    Que va-t-il se passer ? Qui menace les gitans ? Quel danger plane sur eux ?
    Ils seraient bien incapables de le dire. Instinctivement, ils cherchent un lieu de
    répit où l'Ordre ne serait plus donné. Mais, il n'y a pas de lieu de répit.
    On pense qu'à l'instar des animaux fuyant le cratère du volcan ou la zone de
    fracture de l'écorce terrestre avant le cataclysme ils veulent trouver une zone tabou.
    1. Zanko Chef Tribal Chalderash, R. P. Chatard et Bernard, éd. La Colombe,
    1961.
    239
    Voilà pour les vrais Fils du Vent; en revanche, les gitans assimilés, ceux qui
    perdent peu à peu le sens du message ancestral, éprouvent le désir de se fixer
    définitivement. Le prince lonel Rotaru, qui se prétend chef (très contesté) de la
    Communauté mondiale du peuple gitan, est en relation avec des membres du
    gouvernement français pour créer un État semblable à l'État d'Israël.
    " Les gitans, précise-t-il, forment un peuple méconnu. ils ne sont pas tous
    rempailleurs de chaises et nomades chapardeurs. Notre Organisation, qui groupe
    neuf millions d'individus, compte de nombreux médecins, des prêtres, des chimistes,
    des intellectuels. Ils ont un rôle à jouer dans la société. "
    Pendant plusieurs années, la tribu des Bouillon (branche des Bouglione) est
    demeurée à Vigneux, comme parquée par une force indépendante de sa volonté.
    Les Moreno tendant aussi à s'implanter, dans le midi de la France et en Espagne.
    Les Ama a, les Beautour, ont une nette tendance à devenir sédentaires.
    Dans toutes ces tribus, les femmes ne font plus le métier de chiromanciennes et
    les hommes ne travaillent plus à l'industrie du feu : elles sont danseuses,
    marchandes de draps, de tapis, de vannerie ; ils sont forains, acrobates de cirque,
    maquignons, boxeurs, musiciens.
    Les gitans assimilés, ceux qui, dans 50 ans, habiteront des maisons en pierre et
    deviendront ouvriers, fonctionnaires, médecins, ont perdu leur vieil instinct et ne
    peuvent donner une indication précise des Temps qui se préparent. Cette indication
    perce seulement chez les roms encore indomptés, et dans l'étude de la tradition.
    On ne sait pas au juste d'où les gitans sont originaires: d'Égypte " Pays des
    Deltas ", de l'Indus, des Bouches-duRhône où se situent aussi des bras fluviaux ?
    Selon Martine Beauvais, leur pays d'origine serait les Indes d'où ils auraient été
    chassés au xv' siècle pour " une faute monstrueuse, un sacrilège " que les prêtres
    hindous ne révélèrent pas.
    240
    il est certain qu'une malédiction les poursuit: ils errent, ils ont été condamnés à
    errer comme Caïn après qu'il eut tué son frère.
    Or, il semble que leur malédiction ait trouvé son terme, soit par rémission de la
    peine, soit qu'une plus grande faute - peut-être identique - ait effacé celle qu'ils
    avaient commise. De très anciennes traditions, rapportées par les gitans euxmêmes,
    que l'on retrouve chez Homère et les auteurs antiques, permettent de
    soulever le voile du mystère.
    jadis, des ancêtres ont atomisé le globe. La Bible et les écrits sacrés ont
    conservé la souvenance de la puissance maléfique du Feu et du Fer qui
    engendrèrent la terrible explosion.
    Durant des millénaires, le Feu devint le symbole de la destruction et le Fer celui
    du maléfice. Les praticiens du Feu et du Fer, dans l'Antiquité, furent toujours
    considérés comme des êtres impurs et les fondeurs de métaux, de même que les
    forgerons, étaient des intouchables condamnés à vivre et à habiter à l'écart des
    agglomérations. En Afrique, de nos jours, les fondeurs de fer Haddades doivent
    résider aux portes des villages.
    Adam, dérobant le fruit de l'Arbre de la Science, détermina la fatalité du péché
    mortel, et fut condamné à errer sur la Terre.
    Responsables de l'atomisation, des hommes blancs survécurent malgré
    l'irradiation, mais ils payèrent dans leur engendrement, et jamais leur peau ne
    redevint claire.
    Les autres rescapés les maudirent et les tinrent à l'écart, ne supportant pas, en
    souvenir de la faute originelle, qu'ils vinssent habiter dans leur cité.
    Les hindous chassèrent ces intouchables de leur pays et Jacques Weiss' écrit à
    leur sujet: Parmi les tribus errantes issues des expulsés de lagartha, figurent les
    Bohémiens (du radical Bohami signifient: retire-toi de moi) .
    Ainsi fut stigmatisé le peuple gitan, les " Fils du Vent " condamnés à ne se fixer
    jamais et à errerjusqu'à la Fin des
    1. La Synarchie, Mission de l'Inde, p. 314.
    241
    Temps. Homère les appelle les " Fils de Vulcain ", d'autres chroniqueurs - Fils du
    Soleil et du Fer ". Leurs instincts, préservés par les mariages consanguins,
    accréditèrent leur origine satanique. Les gitans ont une alliance avec les serpents
    (au Cirque Bouglione il y a presque toujours un numéro de serpents) qui rappelle
    peut-être l'antique collusion d'Eve, d'Adam et de Satan.
    Ils abhorrent les chats, et les braves concierges de la rue de Crussol à Paris
    (voisine d'un grand cirque gitan) savent que pour conserver leurs matous, elles ne
    doivent pas les laisser vagabonder dans les rues.
    Ils ont le culte du feu, et les véritables gitans, durant des siècles, furent
    chaudronniers ou forgerons, avec un talent inégalable. Ils connaissaient des "
    secrets du feu et du fer " inconnus et supérieurs aux meilleurs tours de main des
    ferronniers d'art gadchés (gadché : qui n'est pas gitan).
    Les femmes sont douées d'un sixième sens: la divination. Elles auront la
    prescience du Grand Cataclysme Second et leur comportement avertira les hommes.
    Leur 1 mission est de "prendre le vent", de sentir les signes avantcoureurs
    et d'être les - pigeons témoins " de la Conjuration.
    Ce sera leur rachat.
    Une vieille gitane et aussi Alexandre Bouglione qui accepte que l'on fasse état de
    sa déclaration ont confîé à Martine Beauvais:
    - Nous suivons le Soleil et marchons d'abord vers l'ouest.
    On ne peut manquer de remarquer que cette marche vers l'ouest était
    précisément celle des ancêtres préhistoriques, du patriarche hébreu Lehi, des
    mormons et des Témoins du Dernierjour.
    Le père Porthos Melbach
    Des gitans plus conscients, et pourtant évasifs, ont manifesté une inquiétude : R
    se prépare des choses mauvaises.
    242
    La fin du Monde ? Un déluge ? Le comportement des gitans et leur état d'esprit
    feraient plutôt penser à un trembleinent de terre et " ce serait l'Est qui serait englouti
    ".
    Porthos Melbach, prêtre catholique, mais gitan (le seul
    qui ait été ordonné), a déclaré le dimanche 6 août 19 61
    La fin des Temps annoncée par lécriture est venue.
    Il ,y a eu septgrands tremblements de terre au xviil siècle
    - huit au xviie - beaucoup plus déjà au xx, siècle...
    C'est le pourtour de la Méditerranée qui sera touché.. le
    Christ viendra juger les Nations.
    Le tremblement de terre qui, le 1" septembre 1962, fit plus de 20 000 victimes en
    Iran semblait donner un carac-tère prophétique à cette déclaration.
    Il est certain, d'autre part, que les cataclysmes terrestres qui, selon la tradition,
    annonceront la fin du monde sont plus sensibles au xxe siècle que par le passé.
    Qu'on en juge
    1902 - 30 000 morts lors de l'éruption du mont Pelé.
    1908 - 76 500 morts en Sicile.
    1915 - 29 000 morts en Italie centrale.
    1920 - 180 000 morts dans le Kansou en Chine.
    1923 - 143 000 morts à Tolçyo et Yokohama.
    1935 - 60 000 morts à Quetta aux Indes.
    1939 1 23 000 morts à Erzingan en Turquie.
    1939 30 000 morts au Chili.
    1962 - 21 000 morts en Iran.
    1963 - 1 070 morts en Yougoslavie.
    Cela sans compter des tremblements de terre mineurs
    qui firent pourtant de nombreuses victimes à Agadir, en
    Turquie, en Italie, etc.
    Autour du 35' parallèle nord, sur l'axe de cassure terrestre Agadir-Tokyo, se joue
    peut-être le sort de notre Terre.
    1. RTF - France 11, interview de Porthos Melbach par Roger Lanzac.
    1 2
    Les temps sacrilèges
    " Il n'est rien de caché qui ne sera révélé, rien de secret qui ne sera connu "
    Les grottes préhistoriques de Lascaux, de Lussac, les grottes à documents de
    Quoum'Rân, les champs de Glozel, le désert de Tiahuanaco, la vallée du Liban, la
    taïga livrent peu à peu leurs mystères; la Lune n'est plus une énigme; les gitans
    transgressent les consignes de silence ; la Maçonnerie ouvre les portes du Temple ;
    et du Vatican, ultime refuge de l'Occident, transpirent même d'inviolables secrets.
    Dieu lui-même se laisse arracher le secret de la foudre, qui n'est peut-être que
    celui de l'atome.
    Les Temps sont graves et sacrilèges.
    jean XXIII, qui fut sans doute le dernier pontife à grand pouvoir spirituel, détenait
    le patrimoine de la chrétienté et dix mille ans d'archives inconnues, dont la
    publication, en d'autres temps, eût été dangereuse. Mais de nos jours, il n'y a plus
    de secret, et le patrimoine peut revenir à la collectivité.
    Comme on l'imagine, cette divulgation amènera une véritable révolution,
    particulièrement en préhistoire, en histoire, en physique et en biologie.
    1. Matthieu, X, 26: Marc, IV, 22; Luc, Viii,
    17 et XII, 2.
    244
    Naundorff et le pape
    Est-ce un essai que jean XXIII a voulu tenter auprès du public, en donnant en
    1961 quelques lueurs de façon officieuse, mais néanmoins pertinente, sur l'irritant
    mystère de Naundorff ?
    Charles-Guillaume Naundorff était-il Louis XVII, l'Enfant évadé du Temple ou un
    imposteur ? Le prince RenéLouis-Charles de Bourbon, fils reconnu du prince
    LouisEdmond, descendant de Naundorff, qui vit actuellement à Paris, pourrait-il
    revendiquer la couronne de France ? Peut-être, si l'on se réfère à une déclaration
    faite en 1962, devant plusieurs témoins, l'ingénieur Edgar Nazare, le journaliste
    Philippe Bernert et nous-même.
    Le nonce apostolique en France, Mgr Roncalli, était en relation d'amitié avec
    René-Louis-Charles de Bourbon qui, pour fixer un point d'histoire, lui demanda un
    jour:
    " Excellence, puisque vous avez accès à la bibliothèque Vaticane, voudriez-vous
    jeter un coup d'oeil au Mémoire de la duchesse d'Angoulême, ce qui me fixerait sur
    ma véritable identité "
    Des mois passèrent. Le prince de Bourbon se ravisa et annula sa requête. Puis il
    y eut une deuxième rencontre.
    Entre-temps, le nonce était allé au Vatican, ou peut-être savait-il déjà à quoi s'en
    tenir, toujours est-il qu'il fit cette réponse :
    " Votre Altesse est très intelligente. Veuillez vous asseoir en face de moi,
    Altesse... "
    Jamais Mgr Roncalli n'avait donné le titre d'Altesse au
    prince de Bourbon.
    En août 1958, le prince de Bourbon tomba malade; il maigrit de 30 kg. Et
    soudain, l'envie - une envie irrésistible - le conduisit à Rome où il sollicita une
    entrevue du
    1. Si dans ce Mémoire, la duchesse d'Angoulême déclarait que Naundorff était
    bien son frère, R.-L.-C. de Bourbon devenait de ce fait prétendant légitime et le
    comte de Paris ne pouvait plus prétendre à la couronne de France.
    245
    Pape, ex-Mgr Roncalli. Il était tellement mal en point, qu'un jour il tomba inanimé
    dans une église.
    Deux jours passèrent: pas de réponse. Il fit une nouvelle demande.
    On lui recommanda alors de faire passer sa demande par l'ambassade de
    France. Le prince alla trouver l'ambassadeur, M. de Margery, qui le remit aux bons
    soins du pre- 1 mier secrétaire d'ambassade.
    La demande était formulée au nom du " Prince RenéLouis-Charles de Bourbon ".
    La réponse parvint le lendemain après-midi : Sa Sainteté accordait une entrevue
    particulière à " SAR le Prince René-Louis-Charles de Bourbon " (Son Altesse
    Royale).
    Le Pape reçut alors SAR avec beaucoup d'amitié. En l'obligeant à faire passer sa
    demande par l'ambassade, Sa Sainteté voulait peut-être donner au gouvernement
    français une réponse officieuse.
    Quand il eut son entrevue avec le Pape, le prince se garda bien de remettre son
    carton d'invitation aux appariteurs. Il le conserva soigneusement et en fit faire deux
    photocopies qui sont actuellement, dit-il, l'une au dossier Louis XVII à la Bibliothèque
    Nationale, l'autre au Musée de Versailles. Personnellement, nous avons vu le carton
    et nous nous portons garant de son existence.
    Des billets pour l'arche
    Mais à quoi peuvent servir ces secrets trahis ou cachés si l'humanité doit périr
    dans une catastrophe prochaine ?
    La jeunesse alimente en France 55 % des procès criminels. Il est vrai que
    l'humanité adulte entretient la psychose du désespoir jusqu'aux bornes extrêmes de
    l'inconscience.
    Un journal de Paris, à la date du 28 mai 1961, a publié un " Communiqué "
    annonçant que la rue Vavin sera celèbre dans le monde entier, car elle abritera, au
    numéro 28, le Night-Club le plus smart de Paris (donc vraisemblablement
    246
    du monde) [sic]. La Dolce Vita... Le Tout-Parisjeune connaîtra cette ambiance de
    légende (adaptée à lère atomique) que les moins jeunes retrouveront le coeur
    battant et avec beaucoup dejoie.
    Ambiance de légende adaptée à l'ère atomique
    Il serait peut-être vain de parler ici des blousons noirs, des magnats du pétrole
    dépensant en une nuit, au baccara, le budget d'un département d'État, des gangsters
    et des trafiquants de drogue multimilliardaires, du boxeur encaissant 800 millions
    pour un combat de deux minutes. Le dérèglement de nos temps " atomiques " est,
    avec plus de clarté, mis en évidence par d'extraordinaires abus de confiance.
    En janvier 1961, on arrêta un escroc autrichien qui délivrait des sauf-conduits
    valables dans le proche avenir, quand les " commandos de Vénus " viendraient
    instaurer sur Terre une " République Mondiale " génératrice de paix universelle !
    L'affaire avait été montée par un Viennois de 48 ans. Karl Mekis, ancien SS des
    compagnies spéciales d'Eichmann, qui se faisait passer pour le fils adoptif de la
    duchesse italienne Elena Cafarelli " sa mère planétaire ". Il avait choisi l'Autriche
    comme " tête de pont du débarquement vénusien ".
    Mekis, qui recevait des messages par télépathie, avait trouvé un certain nombre
    de dupes et affirmait que des soucoupes volantes ne devaient pas tarder à atterrir
    pour lui servir d'unités de choc.
    Il s'était nommé " commissaire à la sécurité " et délivrait ces sauf-conduits à des
    prix prohibitifs. Il avait en outre nommé un président du conseil ainsi que plusieurs
    hauts fonctionnaires du futur gouvernement mondial.
    Le 24 octobre 1958, éclata à Waldshut, une petite ville proche de la frontière
    suisse, près du lac de Constance, une étrange affaire où se trouvaient mêlés un
    représentant de machines à laver, le père Stocker, un capucin excommunié, et soeur
    Stella, une nonne.
    247
    Le trio était accusé d'avoir vendu des places pour une... Arche de Noé !
    Après avoir prêché la fin du monde pour 1958, ils assurèrent qu'un petit nombre
    de privilégiés seraient sauvés si l'on construisait une nouvelle arche. Il se trouva une
    centaine de personnes pour adhérer à cette bizarre société de sauvetage et pour
    verser des sommes d'argent qui dépassèrent 10 millions de francs.
    Au jour j du Déluge, les sociétaires auraient le droit de se réfugier à bord, avec
    quelques bagages et même leurs animaux familiers.
    Un médecin versa près d'un million et demi de francs, car, disait-il, - la fin du
    monde lui paraissait l'aboutissement rationnel de la folie des hommes ". Il ne se
    trompait guère.
    Pourtant, la fin du monde n'ayant pas eu lieu, ni à la date annoncée ni dans les
    mois qui suivirent, un des adeptes, un instituteur, fut pris de doutes. Il convainquit
    soeur Stella de revenir à son couvent et de faire pénitence. Quant à lui, il regagna
    son école, mais en faisant un crochet par le Commissariat de police où il conta
    l'affaire et dénonça le père Stocker et ses complices.
    En Hollande, il y a quelques années, un autre aigrefin vendait la tour Eiffel en
    pièces détachées !
    Bien entendu, les Américains ont fait mieux, allant jusqu'à dresser la liste des
    meilleurs cambriolages de l'année 1959, et faisant d'autre part remarquer qu'ils
    avaient eu lieu aux USA.
    Le premier prix revint à un phénomène qui réussit à dérober un pont de 20 tonnes
    à Godding (Iowa). Il le fit même disparaître au cours d'une nuit.
    Un autre voleur avait emporté chez lui tout le mur de briques qui se trouvait
    devant une demeure de Del Mar (Californie). Un troisième, enfin, déroba un poteau
    de téléphone à Palm City.
    Furent encore cités: le voleur qui arracha une bague de diamants de 3 000 dollars
    à une automobiliste qui sortit la main de sa voiture pour indiquer qu'elle voulait
    tourner à
    248
    gauche. D'autres, qui volèrent 10 tonnes de charbon en passant par un tunnel
    creusé sous une clôture, ou encore une locomotive, son tender et huit wagons !
    On aurait tort de considérer le Français comme inférieur dans ce domaine: à
    Bayeux on a subtilisé, en 1960, un rouleau de 10 tonnes, une grue de 20 tonnes et
    un cylindre à vapeur de 40 tonnes !
    A Lille, le 6 février 1962, on déroba à deux tripiers un kilomètre et demi de boudin
    Les musées secrets
    Toutefois, c'est le vol des oeuvres d'art cataloguées, des chefs-d'oeuvre de
    peinture qui donne le vrai climat de notre temps.
    Il faut être sûr de la fin du monde pour dérober une toile de maître, valant 2
    millions ou davantage, alors qu'il n'existe sur le globe aucun marchand de tableaux,
    aucune galerie qui accepterait de l'acheter 200 francs. Les grandes oeuvres d'art
    sont en effet répertoriées, classées, connues, de Vladivostok à Johannesburg,
    d'Anchorage à Sydney, et il ne semble pas possible de les vendre impunément.
    On ne voit pas bien, par exemple, qui oserait acheter La Joconde, la Vénus de
    Milo ou Le Cheval blanc de Gauguin. Pourtant, il existe des amateurs de chefsd'oeuvre
    volés.
    En 1960, des toiles de maîtres, dont un Goya, d'une valeur de 160 000 dollars,
    sont volées à la National Gallery de New York.
    On croit à l'acte isolé d'un amateur d'art, comme ce fut le cas pour La Joconde en
    1911 et pour LIndifférent en 1939, mais soudain la liste des vols s'allonge: la célèbre
    collection de la Colombe d'Or dans le midi de la France; 26 toiles dont deux Corot et
    un Cavaletto à Côme en 1961 un Rembrandt, un Vàn Dyck, un Titien à Palerme chez
    le baron Gabriele Ortolani de Bordorano; le portrait du duc de Wellington à Londres,
    la même année; deux Breughel Uean) et un David Teniers chez le prince de Ligne à
    Paris,
    249
    le 1" janvier 1962 ; des bijoux étrusques, d'une valeur d'un demi-milliard de lires au
    Musée Grossetto de Rome, le 23 février 1962; 27 toiles de maîtres - Chagall,
    Picasso, Toulouse-Lautrec, Renoir - le 14 février 1962, entre New York et Santa Fe
    du Mexique.
    Le principal voleur des toiles - théoriquement invendables - est, d'après Scotland
    Yard, l'Américain Edward Henry Ashdowin, recherché par toutes les polices du
    monde. Les acheteurs eux aussi sont connus, du moins certains, mais ils sont
    politiquement et judiciairement intouchables.
    On sait toutefois que, persuadés de l'imminence d'un cataclysme terrestre au
    cours duquel sombrerait l'humanité, ils ont constitué des musées secrets dont ils sont
    les seuls à jouir. Ils ne restitueront rien, ils ne légueront rien, ils seront anéantis près
    de leurs trésors.
    Si la fin du monde tarde à se produire, ils détruiront eux-mêmes les toiles pour
    éviter toute espèce de scandale.
    Ces receleurs ne sont pas de vulgaires malfaiteurs, mais des amateurs
    passionnés qui n'ont pas reculé devant le vol. Plusieurs résident dans les pays
    pétrolifères du MoyenOrient, d'autres aux USA.
    Le journal La Presse', habituellement bien informé, a révélé au sujet des Musées
    Secrets:
    On tient pour certain qu'il existe aux USA un certain nombre de galeries privées,
    où se trouvent aujourd'hui la plupart des toiles enlevées dans les musées européens
    au cours de la guerre.
    Un écrivain particulièrement averti de ce problème, le commissaire-priseur
    Georges Rheims, a décrit, dans un ouvrage étrange et fascinant', un musée secret
    souterrain situé quelque part en Californie américaine. Ce musée existe réellement;
    il n'est pas le seul dans son genre. D'autres se cachent en des palais inaccessibles,
    autour du golfe Persique.
    1. Du 18-12-61
    2. La Main, éd. julliard.
    250
    Georges Rheims n'a (peut-être) pas visité le musée de son livre, mais on peut
    tenir pour assuré que la description n'est pas inventée de toutes pièces.
    La cage de ce monte-charge, nouée dans un lit de béton, pouvait être fermée en
    cas d'incendie ou de séisme à l'aide de plaques d'acier mobiles qui se verrouillaient
    automatiquement, permettant de l'isoler du reste du monde. J. B. avait fait construire
    et aménager ce réduit en 1948, dès les premiers bruits d'une guerre atomique
    possible. Les difficultés matérielles avaient été considérables, J. B. tenant
    absolument à préserver l'aspect extérieur du château médiéval. Pour qu'il ne soit
    pas ébranlé, il fut nécessaire d'asseoir la bâtisse sur une immense dalle de ciment; la
    présence des douves et l'apparition de poches d'eau compliquèrent le problème à un
    point inimaginable.
    La première cave, à 12 mètres de profondeur, comportait une série de pièces
    installées pour accueillir une centaine de personnes, mais c'est dans le deuxième
    abri, à 23 mètres de la surface, que se trouvaient entassés les objets les plus
    précieux.
    Ce refuge souterrain se composait de chambres particulières, de deux dortoirs,
    d'une cuisine, d'une cabine de réception et d'émission de radio et de te7évision, d'un
    bloc chirurgical, d'un atelier, d'un hangar à provisions et d'une suite de salles,
    climatisées spécialement pour recevoir les oeuvres d'art.
    Lorsque les travaux furent achevés, chaque membre du personnel reçut une note
    explicative, indiquant de quelle façon, en cas d'alerte, il devait se rendre de New
    York au château. ............ 1...........................................
    Mais c'est a son ensemble de coupes et de bijoux en cristal de roche et en pierres
    précieuses quej B. attachait le plus vif intérêt. Dans ce domaine, sa collection était
    aussi importante que celles du Louvre et des Offices. Il avait commencé à la
    constituer dès 1935, achetant par l'intermédiaire d'antiquaires allemands et suisses
    tout ce qu'ily avait de disponible sur le marché.
    Ce trésor, fruit de pillages et de laguerre, était particulièrement cher à J. B. Il
    devait à la diligence de ses fournisseurs de se trouver non seulement en possession
    d'objets dérobés aux
    251
    plus grands collectionneurs européens, mais de détenir aussi une trentaine de chefsd'oeuvre
    qui avaient disparu des musées allemands, italiens ou russes pendant
    l'occupation. R possédait ainsi deux Vélasquez, quatre Rembrandt, deux Frans
    Hals, six Goya, répertoriés de façon si précise qu'il était impossible de les montrer
    sous peine de s'exposer aux pires ennuis. Alors que la plupart de ces toiles
    sommeillaient roulées dans des enveloppes isolantes et qu'il n'avait pas vu plus
    d'unefois certaines d'entre elles, pas un instant l'idée de les rendre ne l'avait effleuré.
    Mais il était hanté par ce qui se passerait après sa mort. Dans aucun document, à
    aucun de ses conseillers les plus intimes, il n'avait fait état des objets maudits qu'il
    venait enfin de rassembler à Santa Paola.
    Dans les temps que nous vivons, des êtres par ailleurs relativement honnêtes
    sont donc receleurs sans remords et sans risques - comme d'autres pensent à
    irradier l'humanité et à ensemencer l'atmosphère de pollens de mort. Le crime n'est
    puni que dans la mesure où il n'a pas un caractère d'exception.
    Tuer un homme vaut la peine de mort.
    Tuer dix hommes conduit à l'institut psychiatrique.
    Tuer dix millions d'hommes dépasse les limites communes et n'est plus justiciable
    de peine.
    Ce n'est pas dix millions, mais vingt-cinq millions d'hommes, de femmes et
    d'enfants que tua le docteur espagnol L. en 1917-1918-1919.
    La grippe espagnole
    La grippe espagnole, de sinistre mémoire, anéantit en deux ans cinq fois plus de
    vies humaines que la Grande Guerre mondiale.
    On a dit: c'était la peste, le choléra.
    Eh bien, voici la vérité jusque-là tenue secrète, sur cette mystérieuse épidémie.
    En 1917, un Espagnol, le docteur L.... découvre au Pérou la formule El Sapo (le
    crapaud) appartenant à la célèbre
    252
    pharmacopée inca - encore inconnue - dont les six médicaments de base composent
    la " Formule Cascarilla " qui passait pour guérir toutes les maladies'.
    La formule El Sapo est extrêmement dangereuse, car elle provoque des
    mutations par l'effet d'un agent catalyseur, les diastases du sang de crapaud.
    Bien que prévenu de ce danger, le docteur L.... sitôt rentré en Espagne, se retire
    dans le laboratoire de son hacienda andalouse, dans la province de Màlaga, et
    commence à entretenir des bouillons de culture qu'il inocule à un cochon.
    Au cours des expériences, une culture se mute en donnant une souche virulente
    qui tue l'animal.
    Si le Dr L... avait incinéré le cadavre, il est probable que des millions de vies
    humaines auraient été épargnées. Criminellement, le biologiste voulut en savoir
    davantage; il autopsia le cochon et continua ses études, sans s'apercevoir que sa
    femme et son fils étaient tombés malades et présentaient les symptômes du mal qu'il
    analysait.
    Mme L... et son fils moururent, premières victimes du fléau que l'on devait
    baptiser grippe espagnole. Bientôt la souche virulente contamina tout le village, puis
    la province de Màlaga, puis l'Andalousie, puis l'Espagne entière.
    En 1918, la maladie microbienne, qui présentait certaines analogies avec le
    choléra et la peste, étendait ses ravages sur l'Europe et sur toute la Terre. 11 y eut 3
    millions de morts en Europe occidentale, 15 millions en ExtrêmeOrient, 25 millions en
    tout.
    Voilà comment naquit le terrible fléau qui ramena en plein xx' siècle les obscures
    terreurs de nos ancêtres, quand sévissait la peste.
    Le Dr L... ne fut pas atteint dans sa chair; il ne fut puni que dans son coeur, dans
    sa descendance et ne fut même pas inculpé.
    1. A noter que le plus précieux de tous les médicaments connus : la quinine,
    originaire du Pérou, était un des principaux composants de la - Formule
    Cascarilla..
    253
    Pour ceux qui préparent le programme de la nouvelle ère, ère du Verseau, disent
    les occultistes, ère du Condor, assurent les américanistes, nos temps sont ceux des
    apprentis sorciers.
    Le secret le plus dangereux
    Dans ses cahiers d'initiation à la Magie Inca, M. Garcia Beltran dénonce l'absence
    de spiritualité de notre civilisation et les dangers de la science moderne 1.
    Le problème qu'il évoque, le péril qu'il révèle, sont de nature à troubler notre
    quiétude et prouvent qu'en marge des puissants laboratoires et des cités atomiques
    où s'élaborent les bombes H ou N peuvent exister d'humbles officines où n'importe
    qui peut fabriquer une arme susceptible d'anéantir le genre humain.
    Cette arme - nous l'appellerons la Bombe " My " - ne coûterait pas des milliards
    de dollars ni de roubles, ne nécessiterait aucun calcul, aucune érudition: une brute
    illettrée, sans un sou en poche, pourrait la réaliser en quelques semaines.
    Pas de rampes de lancement non plus, ni de fusées, ni de B 24 intercontinentaux:
    un simple geste, celui qui renverse une éprouvette, et le monde est détruit.
    Un seul danger pour l'apprenti sorcier: la mort.
    Une seule parade: les scrupules de conscience.
    Voici la dangereuse relation du biologiste inca.
    L'élevage microbien est plus facile que celui des lapins car il est à la portée de
    tous.
    Le professeur français H..., agrégé de la Faculté de Médecine de Paris et détaché
    au " Centre de Collections de types microbiens,> de Lausanne (Suisse), expédia, le
    9 janCM3 vier 1952, un très petitflacon, contenant 1 de sang, dans lequel
    gravitait une culture microbienne issue d'une souche sud-américaine.
    1. Magie Inca, G. Beltran. Édité en Amérique du Sud.
    254
    Le destinataire était le professeur D..., membre de lacadémie de Médecine et
    bactériologiste éminent.
    La suite est bien connue. Le Dr D... veut détruire " scientiftquement " les lapins
    qui infestent sa propriété de Maillebois (Eure-et-Loir). fl répand autour des terriers la
    culture microbienne envoyée par H.. Comme vous l'avez deviné, il s'agit du virus de
    la " My ", ou myxomatose, ou fléau des lapins, qui se propagea dans toute la France
    puis ensuite dans les autres nations dEurope.
    Les frontières révélaient alors leur caractère illusoire, car elles n'arrêtaient pas
    l'épidémie et nul antidote n'existe (,(jkltre le mal.
    La myxomatose est unjoli virus filtrant, isolé en 1898 par le biologiste Sanarelli, de
    grande taille, puisque grâce aux colorants on peut le voir au microscope ordinaire,
    l'étudier facilement et même en faire l'élevage.
    Pour tout apprenti sorcier de nos temps amoraux il n:y a pas à acheter cesjolies
    bestioles-virus. Ramassez à la campagne un lapin mort de myxomatose; arrachez le
    coeur et le foie; pilez au mortier; filtrez pour enlever les résidus de chair. Le liquide
    brun-rouge qui restera ne sera pas exempt de pensionnaires.
    Renouvelez souvent la provision alimentaire en sang de lapin et vous aurezfait
    alors un beau bouillon de culture.
    Si unjour, par temps très doux, vous répandez cette culture dans les champs,
    vous commettrez un acte d'" honneur civilisé " (sic).
    Vous pouvez faire mieux, en donnant de temps en temps à notre bouillon de
    culture du sang de crapaud qui provoquera une mutation.
    Si, après la mutation, vous donnez peu à peu du sang humain (même le vôtre),
    quelques virus, pour ne pas périr, l'accepteront et deviendront virus humains.
    Alors, si vous restez vivant, vous verrez que quelques gouttes répandues dans un
    endroit public suffisent à renouveler le " coup >, de la myxomatose des lapins, mais
    appliqué aux humains, au point que les fabricants de bombes A, H ou X, serontjaloux
    de vous !
    255
    Vous pourriez penser: c'est un crime qui mérite un châtiment ? Vous vous
    trompez ! Pendant que l'épidémie de myxomatose ravageait la France, M. J. C.,
    ambassadeur, remettait les insignes de grand officier de la Légion d'honneur au
    professeur qui avait expédié la culture. Quant à D... son avancement ne fut pas
    retardé pour si peu.
    Voilà la bombe "My", accommodée par la science moderne, mais issue de la
    formule El Sapo de la pharmacopée inca. Fasse le Ciel que les humbles fous de la
    Terre conservent la parcelle de lucidité et de sens moral qui nous protège encore.
    A tout prendre, la myxomatose El Sapo, une des plus monstrueuses, des plus
    repoussantes maladies que l'on puisse imaginer (qui a vu un lapin atteint de ce mal
    ne l'oubliera jamais), anéantirait l'humanité à 99 % mais les vingt-cinq millions de
    survivants pourraient repeupler la Terre.
    Les bombes nucléaires, particulièrement les bombes expérimentales, ne tuent
    personne dans l'immédiat, mais tuent certainement à terme. Elles tuent par
    anéantissement progressif, à quelques exceptions près, qui seront mutées, donc
    impropres à reproduire des hommes semblables à nous.
    La myxomatose humaine, solution du désespoir et de la démence, serait donc un
    moindre mal et peut-être même l'arme de salut des humanités futures. Un esprit
    ébranlé pourrait fort bien tenir ce dangereux raisonnement.
    Or, il est bien évident que les responsables historiques de l'irradiation du globe,
    avides de jouer un rôle capital coûte que coûte, n'ont plus la liberté d'esprit
    nécessaire pour réaliser clairement la situation. Ils ont trop manoeuvré avec les
    bombes atomiques pour y voir désormais autre chose que des arguments politiques.
    Ils ne peuvent plus entendre l'appel des biologistes, le cri d'alarme lancé par Jean
    Rostand. Mais il est possible que le corps ravagé, boursouflé, d'un lapin mort de
    myxomatose les ramène aux frontières de la réalité.
    256
    fl est indispensable, non pas d'alerter seulement l'opinion publique, mais l'opinion
    des meneurs de jeu dont on imagine le désarroi s'ils apprennent que toute leur
    montagne de missiles, de fusées, de rampes, d'astronefs, de satellites artificiels...
    que tout cela peut être anéanti, effacé même de la mémoire des survivants - s'il y en
    a - parce qu'un petit garde-chasse analphabète s'est amusé à renverser un bocal de
    bouillons de culture dans sa maisonnette forestière.
    Dangereux, le secret El Sapo ? Oui, mais réconfortant dans une certaine mesure !
    Un homme, un seul - vous, lui, ou un autre -, peut inverser toutes les situations,
    détruire ou sauver le monde...
    Et ce garde-chasse, c'est lui, l'Antéchrist, ou lui, l'Ange Exterminateur. On ne sait
    pas !
    Pour le moment, il n'est qu'un petit garde-chasse illettré avec un lapin mort dans
    son carnier.
    Mais il va écouter la radio - peut-être a-t-il la télévision - et il entendra, il verra les
    Géants Conducteurs prononcer des incantations de magie noire: "je n'hésiterai pas à
    ordonner la reprise des essais nucléaires atmosphériques... nous faisons les
    préparatifs appropriés... "
    - Mais ils sont fous ! dira le petit garde-chasse (car il est illettré mais il a du bon
    sens). Ils assassinent nos enfants, nos arrière-petits-enfants...
    Et qui sait si, envoûté par l'incantation maléfique, le garde-chasse n'ira pas
    chercher sa carnassière... ?
    Oui, qui le sait ?
    Eh bien, il faut que les meneurs du monde reprennent conscience, il faut qu'ils
    aient peur, qu'ils redescendent de leur piédestal, rentrent dans le rang des hommes
    solitaires et menacés.
    Reste à circonvenir la peur bourgeoise (une montagne encore).
    " Vous êtes effrayant avec vos histoires d'irradiation, de garde-chasse. Déjà, M.
    jean Rostand a failli nous empêcher
    257
    de dormir... Nous avons dû prendre un suponéryl... et vous continuez le jeu... !
    L'honnête citoyen, monsieur, a besoin de tout son sangfroid pour doser
    convenablement son eau et son scotch, accommoder son régime avec son homard à
    l'armoricaine, penser à ses pilules contre le cholestérol, à son sel diététique et à sa
    bonne tisane pour le foie...
    Et ses mots croisés le soir avant de dormir ? Et le feuilleton de sa télévision.. et sa
    moyenne sur la route dans son auto ? Et son bridge ? Et son bon fauteuil moelleux
    où il repose sa dignité physique, son intellectualité modérée et ses fesses
    cellulitiques ?
    Oui, monsieur, vous êtes effrayant avec votre irradiation et votre garde-chasse...
    Allez au Diable, monsieur, moi, ce que je veux par-dessus tout, c'est Ma tranquillité "
    Pour rassurer l'honnête citoyen, peut-être est-il bien venu de dire qu'en dépit de
    l'arsenal de poisons mortels - arsenic, arséniates, pyralumnol, etc. - dont se servent
    les cultivateurs du monde entier il est rare que des crimes soient perpétrés contre les
    collectivités.
    11 arrive périodiquement que des épidémies, relativement bénignes, qualifiées
    grippes infectieuses, grippe asiatique, grippe sicilienne, sévissent dans les grandes
    métropoles : Paris, Londres, New York. On a de bonnes raisons de croire que
    certaines de ces épidémies sont provoquées, non pour détruire une partie de
    l'humanité, mais à titre expérimental. Précisément, l'expérience prouve qu'un
    pourcentage très important des populations échappe à la contagion, comme si des
    forces providentielles s'opposaient au génocide total. Il semble impossible de
    contaminer ou de détruire complètement la race humaine.
    Ce fut la conclusion d'une conférence d'experts qui se tint à Pugwash en août
    1960: " Théoriquement, une tonne de toxines botuliques (un des plus puissants
    contaminateurs à bacilles) pourrait exterminer les deux milliards et demi d'êtres
    humains. Pratiquement, la mortalité ne dépasserait pas 30 %. "
    258
    Il en serait de même avec un virus grippal, avec la brucellose, le choléra, la
    tularémie, le typhus.
    La nature a horreur de la disparition des espèces.
    Lucifer à l'honneur
    Un fait curieux, cependant, qui semble anachronique, est à noter : la prolifération
    des sectes lucifériennes.
    A Paris, dans le quartier de Saintjulien-le-Pauvre, des cartomanciennes et des
    spirites arrivent à persuader des clients de conclure un pacte avec Lucifer. Et cela
    en plein xxe siècle.
    L'actualité mondiale n'est pas chiche non plus de faits de cet ordre.
    Le 20 août 1962, un " homme-crocodile " africain nommé Ellard a tué, pour la
    somme convenue de 63 francs, une jeune fille soupçonnée d'être une sorcière.
    L'instigateur du crime, qui s'appelait Odrick, n'ayant versé que 7 francs, Ellard
    l'assigna à comparaître devant le tribunal local composé de chefs de tribus qui
    reconnurent le bien-fondé de la plainte et condamnèrent Odrick à verser les 56
    francs complémentaires. (France-Soir, 30 août.)
    Lors du tremblement de terre et des inondations du Chili, en 1960, une jeune fille
    fut sacrifiée pour apaiser la colère des dieux. Toute la presse se fit l'écho de
    l'événement.
    - Ce qui est certain, nous a dit un Sud-Américain attaché d'Ambassade, c'est
    qu'on ne pouvait arrêter le cataclysme. Quand la jeune fille a été tuée, il s'est arrêté
    de luimême
    C'est un attaché d'Ambassade qui a fait cette réflexion.
    En juillet 1962, en France cette fois, la petite Line B.... 6 ans, fille d'une institutrice
    affiliée à la secte " Spiritualité Vivante ", était gravement malade, atteinte de
    mastoïdite. Elle fut transportée une première fois à l'hôpital de Besançon d'où sa
    mère l'enleva. La malade fut ramenée par des gendarmes et opérée in extremis.
    259
    La mère, selon les principes de sa secte, ne voulait pas que sa fille fût soignée
    aux antibiotiques " qui tuent les microbes, créatures de Dieu ".
    Août 1962 : Frédéric j.... 2 ans, est mort ébouillanté, parce que ses parents
    n'avaient pas appelé le médecin.
    - je crois aux guérisseurs, s'entête à répéter son père. - je n'ai confiance que dans
    les végétariens, dit sa mère.
    Le bébé ne fut soigné que par un emplâtre d'argile.
    Les parents sont affiliés à la secte " Vivre en harmonie " de l'illuministe Raymond
    Dextreix.
    Presque chaque jour, des épouses trompées ou des amantes vindicatives vont
    demander à des sorciers de " nouer les aiguillettes " du mari ou de l'amant infidèle.
    D'autres naïfs demandent la mort d'un ennemi. D'autres encore, des " retours
    d'affection ".
    La crédulité de ces individus est telle qu'ils acceptent d'entrer dans des sectes en
    sachant qu'un culte sera voué à Lucifer. Un contrat est signé en bonne et due forme
    kabbalistique avec Lucifer et souvent même avec Satan: parafe de sang et
    incantation. En échange, le damné compte sur des réussites en amour, des gains
    au jeu et à la Loterie Nationale, une découverte de trésor...
    Dans les sectes sataniques (rue Popincourt - île SaintLouis - quartier d'Auteuil), le
    culte est pratiqué selon le rite avec l'accompagnement traditionnel de fornications.
    Le vieux diable du Moyen Age, que l'on croyait défunt, revient danser sa
    sarabande. Le 21 juin 1962, alors qu'aux États-Unis les Américains lançaient une
    fusée Antar et que les Français préparaient l'inauguration, en Bretagne, de la
    première station européenne de mondovision, des sorciers, debout sur la pierre de
    commandement du Cercle Magique de Meudon - à 5 km de Paris - lançaient des
    maléfices en invoquant Satan et les démons infernaux.
    C'était le solstice d'été, propice à la Magie Noire.
    1 3
    Le secret falsifié
    L'art luciférien des spirites et celui, satanique, des sorciers nous viennent des
    temps lointains où les secrets les plus importants furent trahis par des initiés
    inférieurs.
    incompréhensibles, ces secrets recèlent encore dans leur expression la plus
    inepte une parcelle des vérités transcendantes qui avaient trait à la magie.
    Faire apparaître l'image de l'aimée dans un miroir magique, faire entendre une
    voix d'outre-tombe, effectuer une matérialisation : n'était-ce pas préfigurer, au Moyen
    Age, les réussites de la science moderne, le cinéma, la radio, les créations
    corpusculaires des cyclotrons ?
    Rien cependant ne semble relier ces différents miracles dans leur processus
    technique: d'un côté, des forces psychiques toujours inconnues; de l'autre une
    opération rigoureusement scientifique et explicable.
    Les savants n'ont mis aucune bonne volonté à étudier la magie. Mais il faut
    reconnaître que les magiciens ont forcé leur talent, entachant la plupart de leurs
    expériences de fraudes grossières ou s'écartant délibérément de l'art traditionnel
    pour aborder, par abus de confiance, l'escroquerie caractérisée.
    Comment croire ce médium d'Arcachon qui faisait apparaître un fantôme devant
    un homme qui lui serrait la main ou lui donnait l'accolade ? Ou cette sorcière des
    DeuxSèvres qui faisait bouillir de l'eau à distance par la puissance de son fluide ?
    Comment croire le radiesthésiste qui
    261
    loi
    prétend découvrir le trésor, la bague perdue ou le lieu d'internement d'un prisonnier
    dont on est sans nouvelles ?
    Les pouvoirs qu'ils invoquent ne sont pas inadmissibles. Au contraire : ils sont
    traditionnellement authentiques, mais ces magiciens - médium, sorcière,
    radiesthésiste ne les possèdent pas: ils fraudent avec une parcelle de vérité travestie
    depuis des millénaires.
    Pourtant, même si on n'y décèle plus la trace de cette vérité, il est indispensable
    de partir du secret falsifié pour aboutir à la thaumaturgie de la science expérimentale.
    Le Picatrix
    C'est à partir du xie siècle que proliférèrent les grimoires d'alchimie et de Science
    Infernale, en cette époque fulgurante que l'on affubla de l'appellation médiocre de
    Moyen Age.
    En 1256, un recueil magique traduit de l'arabe, le Picatrix - nom de son auteur -
    devint la Bible Noire de tous les sorciers.
    Selon un initié moderne, M. Gehem, le Picatrix est l'ouvrage le plus complet
    existant sur la Magie Noire, mais les traductions qu'on en possède sont tronquées,
    car une malédiction frappe ceux qui s'attachent à le commenter.
    Sa magie est basée sur une combinaison astrale des planètes et des groupes
    d'astres fixes, engendrant des forces infiniment puissantes.
    M. Gehem nous a déclaré à ce sujet:
    - Le manuscrit authentique contient des secrets terribles: comment on peut
    détruire une cité avec le " Rayon du Silence ", comment influencer ou tuer des
    hommes à distance, fabriquer des machines volantes. Les textes que j'ai lus sont
    toujours courts et il faut un Maître pour les comprendre. Un jour, un de mes amis
    trouva une traduction à Constantinople, et le Pacha lui donna la permission de la
    photographier. Mon ami en tira 20 clichés, qu'on voulut lui acheter à prix d'or. Avec
    certaines formules on
    262
    pourrait fabriquer des armes de mort aussi puissantes que les bombes atomiques,
    mais selon une science différente de la science moderne. Les musulmans
    traditionalistes sont les seuls peuples à avoir conservé les secrets scientifiques des
    Atlantes.
    La traduction du document, conservée à la Bibliothèque de l'Arsenal à Paris, ne
    semble pourtant faire état que de connaissances de Magie Noire, au stade le plus
    primitif
    Voici quelques secrets peu connus de ce redoutable Picatrix que nos savants,
    bien entendu, ne sauraient prendre au sérieux:
    Pour détruire des maisons, une ville et autres choses semblables:
    Faites une image sous lascendant de la ville si vous le sçavez, ou à l'heure de
    lascendant de l'interrogation. Mettez cet ascendant et son Seigneur dans une des
    maisons de la Lune qui sera dominante etjoignez-,y le Seigneur de la maison du
    Seigneur ascendant avec la dixième demeure et son Seigneur le tout dans lheure de
    linterrogation. Ensuite enterrez cet image si vous le pouvez dans le milieu de la ville
    oubien sous lascendant de cette interrogation.
    Autre formule:
    Pour détruire une ville, faites une image sous l'heure de Saturne quand les
    infortunes sont sous lascendant de la ville et que le Seigneur de lascendant se
    trouve infortunéfaites que les fortunes soient écartées de lascendant et de son
    Seigneur ainsi que la triplité delascendant et de la quatrième septième et dixième
    demeure. Puis, enterrez ces images dans le milieu de la ville et vous verrez
    merveilles.
    Pour détruire un ennemi:
    Faites deux images, une à lheure du Soleil Lelion ascendant et la Lune tombant
    de langle de Lascendant lautre dans lheure de mars sous le belier ascendant mars et
    la lune tombant et faisant cette image ala ressemblance d'un homme qui en bat un
    autre puis enterrez la alheure demars lorsque la première face du belier montera.
    Cela fait, vous pourrez com-
    263
    mander avos ennemis et les maîtriser detoutes sortes demanières.
    Quelle lointaine donnée scientifique se cache, comme un souvenir oublié, dans la
    formule qui jadis permettait d'obtenir une " lumière qui brille comme de l'argent, dans
    une maison " ?
    Il faut prendre un lézard noir ou vert, lui couper la queue, la sécher et alors ony
    trouve un liquide pareil au vif-argent.
    Enduisez de ce liquide une mèche que l'on place dans une lampe de verre ou de
    fer.
    Si on allume la lampe, la maison prendra bientôt un aspect argenté et tout ce qui
    sera à l'intérieur, brillera comme de l'argent.
    Enfin, voici une recette admirable pour les hommes qui veulent aller dans le feu
    sans être blessés, ou bien qui veulent porter du feu ou du fer chaud à la main:
    Suc de mauve double et blanc doeuf - graine de persil et chaux. Broyez.
    Préparez avec le blanc doeuf me7ange de sève de sapin. Avec cette composition,
    oignez votre corps ou votre main, laissez sécher. Répétez l'onction et alors, vous
    pourrez affronter l'épreuve du feu sans dommage.
    Cette chimie antique où le feu joue toujours un rôle pn'mordial préparait
    l'avènement de l'Alchimie, c'est-à-dire la préparation chimique à bon compte de l'or.
    Un vieux traité gréco-égyptien intitulé La Chimie de Moïse donne un procédé de
    fabrication des plus simples:
    Prenant de la pierre magnétique, 2 drachmes; du bleu vrai, 2 drachmes; de la
    myrrhe, 8 drachmes; de l'alun exotique, 2 drachmes; on broie avec le soleil et un vin
    excellent (soleil = or; vin = sulfure coloré sans doute). Les soufres ont des effets
    merveilleux lorsqu'il s'agit d'amollir. Après avoir fait un mélange intime, on fond le
    tout ensemble sur un fourneau d'orfevre, on souffle et on recueille l'alliage qui en
    provient. C'est de l'or.
    264
    Essayons, et si par extraordinaire nous n'obtenons pas l'or le plus fin, le plus doré,
    le plus étincelant, si le résultat est par exemple une sorte de mortier de maçon, c'est
    à n'en pas douter que notre bleu n'est pas vrai et notre alun assez peu exotique !
    Trois siècles et demi avant notre ère, la science d'Aristote nous semble beaucoup
    plus rationnelle que l'alchimie. Le philosophe, ami d'Alexandre le Grand, passait
    peut-être très près de la magie dans ses inventions pyrogénétiques, mais en
    demeurant dans les limites de la science expérimentale', comme le prouve cette
    relation:
    Alors qu'il voyageait avec le roi dans des régions ténébreuses il décida de
    produire en un mois ce que le soleil accomplit en un an, comme il arrive dans la
    sphère de laiton (sans doute l'oeuf philosophique).
    La recette du feu qu'il inventa est la suivante:
    Prenez 1 livre de cuivre rouge; étain et plomb, limaille de fer, demi-livre de
    chaque. Fondez ensemble et faites-en une lame large et ronde en forme d'astrolabe.
    Enduisez-la avec le combustible ci-dessus énuméré; séchez pendant 1 0 jours et
    répétez 12 fois l'onction.
    Ce combustible une fois allumé, brûle pendant une année entière sans s'arrêter.
    Si l'on enduit plus de 13 fois, il dure plus d'un an.
    Si vous enduisez avec un lien quelconque et que vous laissiez sécher, puis
    qu'une étincelle tombe dessus, le mélange brûlera d'une manière continue et ne
    pourra pas être éteint par l'eau.
    Combustible susdit: poix, colophane (orpiment) constituée par du soufre couleur
    safran, huile doeuf, huile de soufre.
    Le soufre devra être broyé sur un marbre. Cela fait, on ajoute l'huile, puis du
    crépi de badigeonneur à poids égal avec la masse totale. Broyez et enduisez.
    1. Histoire des Sciences, de Marcelin Berthelot.
    265
    L'explication du soleil artificiel d'Aristote n'est ni lumineuse ni convaincante, mais
    elle a le mérite de ne rien emprunter à la magie.
    La science expérimentale moderne n'a rien à envier au Picatrix en ce qui
    concerne les pouvoirs maléfiques. Nos savants, comme les magiciens antiques,
    s'efforcent d'inventer des formules pour " détruire des maisons, une ville et autres
    choses semblables ". Sans doute même, avec le Rayon de la Mort et les satellites ou
    nuages de réflexion des ondes - système Telstar - parviendra-t-on bientôt " à détruire
    une cité quand l'astre sera à lascendant du Seigneur ". Sans doute même, avec des
    ondes paralysantes, pourra-t-on " commander à nos ennemis et les maîtriser
    detoutes sortes demanières ". Le Picatrix n'est que le prologue maladroit du livre de
    la science meurtrière de 1965 ou de 1970.
    Les hommes de Kueffstein
    Les biologistes d'aujourd'hui, imitant les sorciers d'autrefois, s'essaient à
    provoquer la mutation de certains êtres vivants et atteignent de ce fait les sommets
    de la Magie Noire, la tératologie, ou plus exactement la création de monstres.
    Un tératologue français, le professeur Wolf, fait des monstres sur commande, par
    irradiation d'embryons. En Yougoslavie, le professeur Martinovitch élève un poulet
    vivant qui porte greffée une tête de faisan.
    Bien entendu, la pauvre bête est folle. Il est hallucinant de la voir courir sans arrêt
    jusqu'à épuisement complet.
    Les mutations scientifiques se font par irradiation ou par greffe mais jadis les
    mutations et transmutations avaient un caractère à la fois scientifique (alchimie,
    chimie) et parapsychologique (prière, incantation).
    Des relations de chroniqueurs rapportent des croyances, des superstitions et de
    curieuses expériences magiques qui auraient abouti à la création de petits hommes
    artificiels
    1. La mandragore pourrait se muter en homoncule par la vertu de pratiques
    magiques. Nous ne possédons aucune relation attestée à ce sujet. L'androïde
    266
    La génération spontanée admise par Avicenne au xi' siècle, et par des savants
    célèbres il n'y a pas si longtemps, était en fait une éclosion naturelle. Pendant deux
    mille ans, les hommes ont cru que les abeilles naissaient de la chair en putréfaction
    et les traités de magie arabe ont construit sur ces données un étonnant bestiaire .
    Nous pouvons faire qu'un vé ,gétal devienne animal et qu'un animal produise un
    autre animal. Soit par exemple, les cheveux.
    Quand les cheveux humains pourrissent, après un certain temps, il se forme un
    serpent vivant.
    De même, la chair de boeuf se change en abeilles et en frelons (allusions à la
    fable daristée inventée par Virgile).
    Loeuf devient dragon, le corbeau engendre des mouches.
    Bien des choses en pourrissant et en s'altérant engendrent des espèces
    d'animaux. De la pourriture des plantes naissent certains animaux. Quant au basilic,
    en pourrissant, il engendre des scorpions venimeux.
    De même un grand nombre de plantes en pourrissant et en s'altérant produisent
    des animaux'.
    Voilà, pense-t-on, un exemple clair de l'erreur de la science antique, car il est
    formellement démontré que la génération spontanée n'existe pas.
    C'est une vérité de base de la biologie. Pourtant si l'on étudie ce traité magique
    sous l'angle des mutations et des relations de cause à effet, l'erreur ne nous paraît
    plus absolue. Il n'est pas prouvé que des décompositions ne puissent favoriser ou
    déterminer des mutations.
    En 1773 2, le grand seigneur autrichien comte Jean-Ferdinand de Kueffstein,
    franc-maçon, Rose-Croix, nécromancien, a pour intendant Joseph Kammerer, son
    second dans ses travaux d'alchimie, frère servant puis vénérable dans la
    d'Albert le Grand que saint Thomas d'Aquin brisa à coups de bâton parce qu'il ne
    pouvait rivaliser avec lui en dialectique appartient à la pure légende.
    1. Traité d'Alchimie arabe et syriaque.
    2. Bulletin de lAI, mars 1949 : au xviil siècle, un grand seigneur autrichien
    fabriqua des êtres vivants dans du fumier bénit.
    267
    franc-maçonnerie et rédacteur d'une sorte de journal intime qui fut publié en mai
    1890.
    Kueffstein fait la connaissance, en Calabre, de l'abbé Geloni avec qui, dans le
    laboratoire d'alchimie d'un couvent de carmélites où ils travaillent cinq semaines, il
    fabrique des esprits, ou homoncules: un chevalier, un moine, un architecte, un
    mineur, un séraphin, une nonne, un esprit bleu et un esprit rouge, qui sont enfermés
    dans des récipients en verre remplis d'eau pure, clos hermétiquement avec des
    vessies de boeufs.
    Ils sont ensuite enfouis dans du fumier de mulet arrosé d'une liqueur préparée
    dans le laboratoire avec des " ingrédients dégoûtants ". L'abbé prétend que pour
    faire de l'or, de telles matières sont indispensables. Geloni et Kueffstein prient tous
    les trois jours sur le fumier et l'encensent. Au bout de quatre semaines les esprits
    ont grandi : les hommes ont des barbes, les ongles ont poussé. On les revêt de
    leurs attributs, couronnes, sceptres, armes, etc.
    Kueffstein, quittant Geloni, se fixe à Vienne où il exhibe ses esprits. Le diplomate
    Max de Lambert les traite d'affreux crapauds. Un autre, Françoisjoseph de Tun,
    partisan de Mesmer, est enthousiasmé. Les séances ont lieu entre 1 1 heures du
    soir et 1 heure du matin à la maison princière d'Anesberg. Kammerer transporte les
    récipients. Les esprits donnent des conseils et font des prédictions.
    En 1781, Kueffstein, à qui on demande ce que sont devenus " ses esprits si
    drôles ", répond qu'" il s'en est défait depuis longtemps et ne veut plus rien savoir de
    ces êtres infernaux ".
    S'agissait-il d'esprits élémentaires comme les elfes ? De véritables homoncules
    amphibies ou d'habiles truquages ?
    Parmi les exploits attribués par Kammerer à Geloni, on cite encore ces anecdotes
    : l'abbé, ayant crié par trois fois, un oiseau de proie planant dans le ciel vient se
    poser à ses pieds comme un chien. Un autre jour, ayant fait entrer Kueffstein dans
    un cercle tracé sur le plancher, il évoque un gros serpent. Enfin, Geloni change en
    or une cuiller
    268
    d'étain, en la frottant avec une teinture et en la saupoudrant d'une poudre rouge.
    Que peut-on retenir de cette sombre histoire ?
    Le baron du Potet, occultiste fervent, avait établi victorieusement - écrit-on -
    l'existence de cette lumière universelle dans laquelle les crisiaques perçoivent toutes
    les images et tous les reflets de la pensée. " il provoque des projections puissantes
    de cette lumière au moyen d'un appareil absorbant qu'il nomme "Miroir Magique" ".
    " C'est tout simplement un cercle ou un carré couvert de charbon en poudre fine
    et tamisée. Dans cet espace négatif, la lumière projetée par le crisiaqu e et par le
    magnétiseur réunis colore bientôt et réalise toutes les formes correspondant à leurs
    impressions nerveuses (?).
    " Dans ce miroir vraiment magique, apparaissent pour le sujet soumis au
    somnambulisme tous les rêves de l'opium ou du haschich les uns riants, les autres
    lugubres. "
    Ces crisiaques dont parle du Potet, ces médiums, ces hystériques semblent
    doués d'étranges pouvoirs et s'évadent des dimensions qui régissent l'univers des
    gens équilibrés. Ces dimensions parallèles, où ils évoluent, seront un jour peut-être
    à la portée de chacun de nous. Entre Gagarine et Madame de Thèbes, il n'y a
    qu'une différence dans la technique de l'exploration.
    Bien entendu, les connexions établies entre la magie noire et la science satanique
    comportent également la réprobation que nous attachons à toutes formes de
    perversion. Les savants et les sorciers sont passibles de la même peine, jadis
    appliquée en place de Grève: le bûcher.
    Mais si le sorcier fut toujours condamné par la société, le savant en revanche,
    surtout de nos jours, jouit non seulement de l'impunité, mais de la considération
    générale. Certains, pourtant: Einstein, Joliot-Curie, Szilard, Rostand, ont fait leur
    mea culpa sur la place publique.
    Cette repentance fut aussi le cas, en l'an 1600, de Nicolas Remy, juge en
    Lorraine, qui, après avoir condamné et fait périr plus de 800 sorciers, se dénonça luimême
    comme tel et fut brûlé à Nancy.
    269
    Il s'agissait vraisemblablement d'une psychose contagieuse. Peu de magiciens
    noirs eurent ces scrupules et la ï plupart, au contraire, s'entêtèrent dans leur
    erreur. Jérôme Cardan, qui avait prédit le jour de sa mort, se suicida pour ne pas
    faire mentir l'astrologie; Schroeppfer, nécromancien de Leipzig, se fit sauter la
    cervelle en 1774, pour " aller voir ce qui se passait au-delà"; le fameux baron du
    Potet, détraqué par ses expériences, écrivait en 1875 :
    Heureux ceux qui meurent d'une mort prompte, d'une mort que lÉglise réprouve..
    Les horloges de longue vie
    A mi-chemin entre la légende et la science fantastique, une histoire rapportée par
    l'écrivain Jacques Yonnet encage le mystère du Temps et de la Magie:
    A Paris, rue des Grands-Degrés, dans un renfoncement d'immeuble se tient une
    échoppe d'horloger où trois personnes seraient à l'étroit.
    Un écriteau en planche indique la raison sociale de l'artisan: Cyril M..., Maître
    Horloger.
    A vrai dire, C'est à de très rares occasions que Maître CYril M... officie dans sa
    boutique, à croire qu'une éventuelle clientèle ne le préoccupe pas outre mesure.
    Pourtant, depuis le xive siècle, selon des archives conservées à la Bibliothèque
    de l'Arsenal, une horlogerie a toujours existé à cet endroit.
    Cyril M... est un homme étrange, d'une quarantaine d'années, et Son occupation
    est des plus insolites: il fabrique des horloges dont les aiguilles tournent à l'envers,
    c'est-à-dire de droite à gauche, sur un cadran où le chiffre des heures est cependant
    normal.
    Pour les initiés, l'artisan a un surnom; on l'appelle " l'Horloger du Temps à
    Rebours ".
    1. Enchantements sur Paris, éd. Denoël.
    270
    Longtemps on s'est perdu en suppositions sur l'intérêt que pouvaient présenter
    des pendules ou des réveils dont les aiguilles indiquent 9 heures quand il est 3
    heures. Jacques Yonnet, après une enquête patiente, a résolu l'énigme: Maître Cyril
    M... fabrique des horloges qui rajeunissent ses clients.
    Déjà, il y a 600 ans, des horloges magiques étaient vendues en ce même endroit
    par un maître horloger du nom de Biber, qui faisait des affaires d'or, car il n'est pas
    difficile de trouver acheteur d'une machine de jouvence qui remonte le temps,
    entraînant son propriétaire dans une merveilleuse aventure.
    Pourtant, un jour, une douzaine de clients se rencontrèrent fortuitement chez
    Maître Biber et lui intimèrent l'ordre d'arrêter la marche à rebours du temps
    qu'indiquaient leurs horloges.
    - je n'y puis rien ! dit le marchand. Ces horloges, si elles sont arrêtées,
    marqueront alors l'heure inéluctable de votre mort. Et qu'avez-vous à vous plaindre
    ? Vous, messire Olivier, aviez octante quand vous êtes venu me voir, vous aussi,
    messire Gontault et tous étiez chenus ou sur le chemin de la décrépitude. Il y a de
    cela si longtemps que tous, vous devriez être morts depuis belle lurette si mes
    horloges ne vous avaient ramenés vers le temps des amours.
    - Certes, dit messire Olivier, nous en convenons volontiers, mais nous voilà
    bientôt jouvenceaux et notre destin nous entraîne vers une mort dont nous voyons la
    date exacte. Ne pourriez-vous mettre ces damnées machines en marche régulière,
    afin que nous nous acheminions tout doucettement vers une bonne mort naturelle ?
    Impossible ! Ces horloges sont faites d'un métal où furent intimement liés votre
    sang, votre chair, et elles ont été baptisées à votre nom. Elles ont un destin qui est
    le vôtre et je n'y puis rien changer !
    Ils protestèrent et l'un d'eux répliqua:
    - Nous vous avons payé chèrement, Maître Biber, pour acquérir vos horloges, si
    chèrement que vous nous devez toute votre assistance. Vous aviez la quarantaine à
    l'époque
    271
    des achats, et il y a de cela soixante ans bien sonnés. Or, vous avez toujours la
    quarantaine, alors que nous rajeunissons à en mourir bientôt. Vous avez donc un
    secret pour arrêter le temps et nous voulons en profiter.
    as je - Vous avez raison, répondit l'horloger, mais hél
    > ' ne sais vous assister malgré le grand désir que j'en ai. Mon horloge a la
    particularité de faire tourner les aiguilles tantôt dans le sens du passé, tantôt dans le
    sens du devenir, si bien que le temps ne coule pas pour moi. Ce fut le chefd'oeuvre
    de mon Maître, un Vénitien, mais il ne m'a pas légué son secret et mon savoir
    s'arrête à ce que j'ai fabriqué. Vous me tueriez que je n'en pourrais mais !
    Les vieux jouvenceaux se retirèrent penauds, mais à quelque temps de là, s'étant
    nocturilement réunis, ils s'introduisirent chez l'horloger pour lui dérober son horloge
    magique, chacun avec l'espoir de la faire sienne. Ils la trouvèrent en effet et se la
    disputèrent si bien que la mécanique magique tomba sur le carreau où elle se brisa.
    Or, elle était l'horloge mère de toutes leurs horloges et quand elle s'arrêta, toutes
    arrêtèrent leur mouvement et les jouvenceaux tombèrent raides morts. Le lendemain
    les archers du roi trouvèrent dix cadavres dans la boutique de l'horloger et comme
    aucun ne portait de blessure visible, ils les crurent tués par un effet diabolique - ce
    qui était bien vrai - et ils les enterrèrent incontinent en terre pourrissante sans les
    faire passer par l'église ni sonner le glas de miséricorde.
    Voilà ce que révèle la chronique et qui trouve un étrange prolongement à travers
    les siècles puisque dans la rue des Grands-Degrés il y eut toujours une boutique
    d'horlogerie, qu'il en existe une encore et que son propriétaire passe pour avoir le
    même tour de main que son antique prédécesseur.
    Maître Cyril M... a 40 ans, l'âge de Biber (qui était un surnom de Cagliostro), et il
    appartient au Conseil des " Anciens de la Maub' " dont chaque membre a plus de 80
    ans de vie, ce qui est bien étrange !
    1. Il s'agit d'une société occulte groupant douze personnages du quartier de la
    place Maubert.
    272
    Plus étrange encore: Maître Cyril M... se laisse aller parfois à raconter des
    événements de sa vie qui se déroulèrent à une époque où, en principe, il n'était pas
    né. Il s'est engagé deux fois dans la Légion étrangère, ce qui est bien commode
    pour changer d'identité.
    Au xvie siècle, ce fantastique trouvait créance au point que des peintres
    brossaient des portraits magiques, mêlant à la couleur, exactement comme dans
    l'envoûtement, des rognures d'ongles, des cheveux, un peu de la chair et du de leur
    modèle. Le portrait était ensuite baptisé, bénit sang
    et il devenait le double vivant de son propriétaire, à qui rien ne pouvait arriver de
    fâcheux tant que la toile serait préservée. Aussi enfermait-on le portrait en un endroit
    bien gardé.
    Un jour, sur le Pont-Neuf à Paris, on vit un homme de qualité lacérer ses
    vêtements et les jeter à terre en criant: " Au feu ! Au feu ! je brûle ! " Les témoins de
    la scène ne voyaient pourtant aucune trace de flamme et crurent que l'homme était
    fou. Ce dernier, qui paraissait souffrir le martyre, hurlait toujours. Il finit par se jeter
    dans le fleuve, d'où on le retira noyé.
    On apprit par la suite que cet homme avait chez lui un portrait magique, que le feu
    avait anéanti sa maison et qu'il avait sûrement ressenti les effets de brûlures à
    l'instant même où se consumait le tableau.
    Le laser et les fantômes
    Une des grandes chimères des magiciens fut le désir de
    matérialiser leurs rêves.
    Sur ce point leurs prétentions ne dépassèrent jamais le stade nébuleux de
    l'apparition fantomale, translucide, de poids négligeable et de consistance nulle.
    La science nucléaire fit un grand pas vers les matérialisations en produisant des
    corpuscules solides à partir d'une énergie que l'on admet impondérable. La
    découverte du
    273
    laser peut-elle laisser supposer qu'approche la création de fantômes solides et
    pesants ?
    Le laser est un rubis magique, qui, recevant un flash lumineux de faible intensité,
    le restitue des millions de fois plus puissant. Cette particularité a trouvé un
    prolongement que des occultistes étudient minutieusement.
    En bref, il s'agit de voler une image à une personne vivante et d'en faire un
    fantôme consistant.
    Dans l'hypothèse de la lumière pesante, ses particules, les photons, auraient une
    masse infinitésimale, mais réelle. L'image - lumière d'un être vivant
    - pourrait donc être évaluée à 0 g, suivi de nombreux zéros et
    d'un chiffre.
    Les photons de cette image, bien que de masse infime, sont multipliés des
    milliards de fois par le laser, si bien qu'à leur sortie ils pourraient théoriquement
    peser plusieurs grammes, sinon plusieurs kilos.
    Toujours dans cette hypothèse aventureuse, le problème pour les occultistes est
    de projeter en laser une image humaine et de la faire ressortir des milliards de fois
    plus dense, plus lumineuse, donc plus lourde, c'est-à-dire de matérialiser l'image de
    l'être vivant servant à l'expérience.
    Y parviendront-ils ? On pourrait en douter si la science n'avait déjà apporté des
    solutions à des problèmes insolubles: les lumières Sandoz rendent un homme
    invisible, les hommes peuvent se parler, se voir et s'entendre à des milliers de
    kilomètres de distance ; ils vont aller sur les planètes.
    Il n'est donc pas totalement absurde de penser que dans quelques années des
    matérialisations humaines seront réussies. Mais de quelle nature seraient les êtres
    lumineux ainsi créés ? Émile Drouet, qui étudie le phénomène dans le cadre du
    Voyage dans le Temps, pense que le fantôme issu du laser aurait un poids
    approximatif de 3 kg pour une épaisseur pratiquement nulle. Sa consistance serait
    analogue à celle du caoutchouc et son degré calorimétrique voisin de 100 000; c'està-
    dire que le gracieux fantôme ferait fondre tout objet se trouvant dans un rayon de
    10 ni au moins.
    274
    Drouet estime toutefois que l'expérience peut être réalisée avec la lumière froide.
    Un inconvénient majeur est que le fantôme a une durée de vie théoriquement
    négligeable, nais qui avoisine quelques secondes par suite de sa densité qui freine
    sa dilution dans l'atmosphère.
    nigme : ces fantômes pesants auront-ils une âme,
    Autre é
    une intelligence, une vie ? Ou bien seront-ils des images mortes ? Et l'expérience ne
    sera-t-elle pas dangereuse pour la personne dont on aura en quelque sorte volé le
    double ?
    Drouet, en grand secret, poursuit ses expériences empiriques.
    Mystérieux pouvoirs
    Un spiritualiste illuminé, qui faillit ébranler le rationalisme classique, fut Mirin Dajo
    en 1948.
    Mirin Dajo (la Chose Merveilleuse) avait une telle foi dans les forces supérieures
    qui l'habitaient, qu'il se faisait transpercer la poitrine et le ventre par de longues
    épées creuses à travers lesquelles - pour éliminer toute idée de subterfuge - passait
    un courant d'eau.
    il s'exhibait sur les scènes de music-hall en Suisse et les médecins ne trouvaient
    que des raisons peu satisfaisantes pour expliquer l'invulnérabilité du fakir, car non
    seulement ses blessures ne s'envenimaient pas, mais elles guérissaient en un jour
    ou deux.
    Absolument transfiguré par sa réussite, Mirin Dajo avala une épingle de 35
    centimètres et prétendit queue se " dématérialiserait " dans son estomac.
    L'expérience ne réussit pas, les médecins durent l'opérer et dix jours plus tard, Mirin
    Dajo mourait des blessures internes faites par l'épingle dans son tube digestif.. ou
    des suites de l'opération.
    A Paris, en 1958, un fakir hindou se faisait couper la langue tous les soirs sur la
    scène d'un théâtre, puis on la lui recollait.
    275
    Marcelin Berthelot parle d'un prêtre persan du culte de Zoroastre qui, en 241, au
    temps de Sapor, fit verser sur son corps 18 livres de cuivre en fusion, à titre de
    miracle.
    Il est vrai que Scaliger - un des grands érudits de la Renaissance - assure que la
    main frottée avec du suc de mercuriale et de pourpier peut toucher impunément le
    plomb fondu.
    Le célèbre physicien Thomas Edison, dans Annales des Sciences Psychiques,
    raconte comment son scepticisme fut troublé par une expérience réalisée en 1915.
    Afin d'éprouver les facultés d'un liseur de pensées nommé Bert Reese, il fit asseoir le
    magicien dans une pièce, s'éloigna et écrivit sur une feuille de papier:
    " Existe-t-il quelque chose de supérieur à l'hydroxyde de nickel, dans une batterie
    électrique alcaline ? "
    Comme il rentrait dans sa chambre, Reese lui dit:
    " Rien n'est supérieur à l'hydroxyde de nickel dans une batterie électrique
    alcaline. "
    Edison écarta toute possibilité de coïncidence ou de fraude et jusqu'à la fin de sa
    vie ne trouva aucune explication.
    Une autre expérience, qui laissa perplexes des savants italiens, fut publiée dans
    un rapport, en 1934, sous le titre de Phénomène de Pirano.
    Une femme, Anna Morano, soignée pour une affection asthmatique à l'hôpital de
    Pirano, dormait paisiblement sous la surveillance des professeurs Fabio Vitali, G.
    Trabacchi et Santé de Sanctus. Soudain, une lueur bleue, étrange et vacillante,
    éclaira la poitrine de la dormeuse. Les médecins se penchèrent et constatèrent que
    la lumière ne provoquait aucune ombre.
    Depuis longtemps, ils préparaient cette expérience ; on avait examiné la femme et
    le lit, fouillé la pièce.
    Cette lumière avait tout d'abord été vue par des assistants de l'hôpital et,
    incrédules, les docteurs avaient soun'. Ils durent pourtant se rendre à l'évidence. Le
    phénomène
    276
    se renouvela plusieurs fois sans qu'on pût le photographier'.
    Durant la guerre 1940-1945, le romancier catholique de Wohl se livrait à la
    voyance à l'intention du War Office britannique, tandis que l'astrologue Hanussen
    interrogeait le Ciel au bénéfice d'Adolf Hitler. Les milieux catholiques condamnent et
    nient, par la voix de l'hebdomadaire du Vatican Osservatore della Domenica,
    l'authenticité de l'astrologie et des horoscopes de journaux. Cette astrologie, malgré
    tout, a la faveur du grand public: il ne croit pas aux horoscopes, mais il les lit. Cette
    attitude était jadis le cas de Mme du Deffand qui disait des fantômes: "je n'y crois
    pas, mais j'en ai peur ! " Balzac, à propos de la photographie que venaient d'inventer
    Niepce et Daguerre, s'écriait: " Le corps étant constitué de plusieurs spectres, un des
    spectres peut se détacher lors de l'impression photographique et le corps reste
    dépouillé de l'un de ses éléments essentiels. Mieux vaut ne pas se faire
    portraiturer... " Ayant dit, Balzac courait chez Daguerre afin de poser pour la
    postérité.
    Dans le mystérieux inconnu, dont la voyance - pouvoir psychique par excellence -
    est le cheval de bataille, il existe un mur de défense qui ne fut jamais percé: celui du
    secret de la transmutation.
    Transformer le métal vil en or fut une des grandes hantises de tous les temps, et
    les alchimistes cousins germains des voyants et des astrologues auraient dû
    découvrir la fameuse pierre philosophale et la non moins célèbre poudre de
    projection. Ces merveilleuses découvertes devaient revenir aux physiciens de la
    science expérimentale.
    1. Magies quotidiennes, R. Dewitt-Muller, Plon.
    14
    Le secret de l'or
    Les alchimistes antiques ont-ils su fabriquer l'or ? Les preuves apportées sont
    toujours sujettes à caution, les explications relèvent de l'empirisme le plus primaire et
    ressemblent aux pseudo-explications que les radiesthésistes donnent de leur "
    science ".
    Le principe même de l'alchimie de transmutation ne peut appartenir à
    l@occultisme supérieur qui rejette toute science utilitaire. Marcelin Berthelot pense
    que l'espérance chimérique de faire de l'or est née des pratiques des orfevres. Les
    prétendus procédés de transmutation qui ont eu cours pendant tout le Moyen Age
    n'étaient à l'origine que des recettes pour préparer des alliages à bas titre, c'est-àdire
    pour imiter et falsifier les métaux précieux.
    Par une déformation presque irrésistible, les orfèvres qui se livraient à ces
    pratiques ne tardèrent pas à s'imaginer que l'on pouvait passer de l'imitation de l'or à
    sa formation effective, surtout avec le concours des puissances surnaturelles.
    Chimie satanique s'apparentant à la Magie infernale qui est son aboutissement, la
    transmutation des métaux en or ne fut pas étudiée par les Tiahuanaquenses et par
    les préIncas pour qui l'or était en grande abondance. Les prêtres égyptiens du
    Temple de Memphis passaient, selon Démocrite, pour connaître le secret de la
    fabrication alchimique de l'or, que le maître Ostancs enseignait aux initiés. Les
    pyramides étaient recouvertes d'un alliage d'argent
    278
    peut-être l'orichalque atlante - attestant que l'Égypte était bien la Terre de Chim
    (chamchimis).
    Ce fut seulement quand certaines connaissances initiatiques sombrèrent dans la
    sorcellerie que se développa l'alchimie de transmutation.
    Le livre de la royauté
    Il est incontestable que les alchimistes furent des sataniques et que devant
    l'inanité de leurs recherches, ils essayèrent des pactes avec le Diable, ce qui ne
    semble d'ailleurs pas leur avoir réussi. Que de grands initiés, jadis et de nos jours,
    aient su ou sachent encore fabriquer de l'or, par transmutation ou d'une autre
    manière, le fait n'a rien d'incroyable. Cependant, pour ces initiés, l'opération
    alchimique ne constitue pas une fin en soi.
    Le Livre de la Royauté, attribué à Geber, a la prétention de mettre le Grand
    OEuvre à la portée des rois'.
    Au nom de Dieu, clément et miséricordieux'. Dans le présent ouvrageai indiqué
    deux catégories d'opérations.
    La première d'une exécution prompte et facile, les princes n'aimant pas les
    opérations compliquées... Ce procédé doit être tenu secret, sans être révélé ni à vos
    proches, ni à votre femme, ni à votre enfant.
    Si nous divulguions cette oeuvre, disaient les Anciens, le monde serait corrompu,
    car on fabriquerait l'or comme aujourd'hui on fabrique le verre.
    Puis vient la définition de la Pierre Philosophale:
    Sachez, cher Frère, qu'il faut me7anger de l'eau, de la teinture et de l'huile, de
    façon à en faire un tout homogène ; puis,
    1. Les alchimistes ou prétendus tels affectionnaient les relations princières et
    S'ils fabriquent volontiers de l'or pour les grands de la Terre, il n'est jamais question
    pour eux d'en faire profiter de pauvres diables, ce qui serait pourtant plus ogique de
    la part d'initiés. Ce signe à lui seul prouve le caractère satanique de
    Il
    1 achimie de transmutation.
    2. Voilà une singulière façon d'honorer Dieu!
    279
    que le liquide fermente, se solidifie et devienne pareil à un grain de corail: l'eau
    donne de la sorte un produit fusible comme la cire et qui pénètre subitement tous les
    corps: c'est l'imam.
    Geber prend bien soin de nous prévenir que le procédé doit être tenu secret.
    C'était un rite pour les Alchimistes que de prêter le serment de ne jamais révéler les
    arcanes: je te jure, mon honorable Initié, par la Bienheureuse et Vénérable Trinité,
    que je n'ai rien réve7é des Mystères de la Science qui m'ont été transmis par elle,
    dans les retraites secrètes de mon âme: toutes les choses dont je tiens la
    connaissance de la Divinité relativement à lArt, je les ai déposées sans réserve dans
    mes écrits, en développant la pensée des Anciens d'après mes propres réflexions...
    Platon, Aristote, jean le Prêtre, Démocrite, Cléopâtre, Héraclite passent pour avoir
    réellement fabriqué de l'or de transmutation, et Albert le Grand aurait possédé la
    Pierre Philosophale. Mais la tradition, sur ce point, emprunte beaucoup à la légende.
    Le grand médecin jean -Baptiste Van Helmond, qui découvrit, vers 1600, le suc
    gastrique, a témoigné de l'authenticité de la Pierre Philosophale en écrivant:
    J'ai touché quelques fois de mes mains cette pierre faisant de l'or; j'ai vu de
    mesyeux comment elle transmutait vraiment du vif-argent commercial et comment en
    projetant un peu de poudre sur mille fois plus de vif-ar
    ,gent, on le changeait en or.
    C'était une poudre pesante de couleur safran, brillante comme du verre concassé
    pas trop fin. On m'en avait donné une fois le quart d'un grain (un grain = 1120 de
    gramme environ). je roulai cette poudre dans un peu de cire à sceller afin qu'elle ne
    se perde pas. Jejetai la petit boule sur une livre d'argent-vif queje venais d'acheter
    etje chauffai le tout.
    Bientôt, le métal se mit en fusion avec un petit bruit puis se contracta en pelote,
    mais il était encore si chaud que du plomb fondu ne se serait pas encore durci.
    280
    En augmentant encore le feu, il devint une nouvelle fois liquide. Lorsque je le fis
    couler, j'avais de l'or le plus pur du poids de 8 onces (247,g environ).
    Une partie de poudre avait donc transmuté 19 186 parties d'un métal impur, fugitif
    et se décomposant dans le feu en or pur.
    Toutes les chroniques sont d'accord sur le fait que quelques grains de la poudre
    (semence d'or) suffisaient pour transmuter une quantité énorme de métal vil. Ce
    pouvoir de transmutation s'étendait aussi bien à la masse qu'à la nature et de façon
    extrêmement simple, c'est-à-dire sans libération des prodigieuses forces atomiques
    qui accompagnent les transmutations modernes.
    Les formules antiques parlaient donc en connaissance de cause de
    l'augmentation de la matière alchimique avec la semence d'or, ce qui écarte tout
    processus de chimie classique
    Il est vrai que la chimie et la physique se rapprochent de plus du supranormal et
    même du normal inconnu qui bouscule les théories les plus affirmées.
    D'après Bastiaux-Defrance on attribue faussement à la chaleur la faculté de faire
    fondre les métaux. L'expérience de Reese montre que seul le mouvement
    désassocie les particules qui, par leur cohésion, forment un corps et que la chaleur
    n'est pas une cause, mais seulement un effet secondaire.
    La chaleur froide
    L'expérience est réalisée comme suit: l'expérimentateur fait tourner un disque
    d'acier de faible épaisseur à une grande vitesse périphérique (vitesse tangentielle de
    7 700 ni à la minute). Les métaux approchés de ce disque
    1. ou prouve tout simplement l'impossibilité des transmutations alchimiques.
    2. Fusion et lumière froides, Initiation et Science, n' 52, Omnium Littéraire.
    281
    lisse en mouvement sont coupés rapidement sans qu'il y ait effectivement contact.
    L'entaille faite dans le métal est plus large que l'épaisseur du disque. Pendant
    l'opération, le métal coupé, qui peut être de l'acier très dur, fond sur une certaine
    épaisseur et les gouttes étincelantes de métal fondu sont froides, car elles tombent
    encore molles dans la main sans provoquer de brûlures et sur un papier blanc sans
    le noircir.
    Elles ne sont pas oxydées n'ayant pas été brûlées. Voilà donc de la lumière et de
    la fusion provoquées par le mouvement sans dégagement de chaleur.
    Nous retrouvons ici la démonstration de ce feu que les alchimistes qualifiaient de
    naturel, dont ils disaient qu'- il ne brûle pas les mains et qu'il est évertué par le feu
    élémentaire ".
    Bernard de Savignies 1 a traduit du latin un texte hermétique du xvii' siècle
    donnant la relation d'une transmutation de plomb en argent:
    Un ami me montra (c'est le baron Urbiger qui parle) et me mit en main une
    médaille d'arqent dont l'histoire est la suivante: au mois d'août 1693, un Prince
    Sérénissime encore de ce monde (Frédéric Il', duc de Saxe) reçut d'un personnage
    itinérant et parfaitement inconnu une lettre contenant 32 grains (1,696g) d'une
    médecine philosophique plus que parfaite, ne teignant il est vrai qu'au blanc (ne
    transmutant qu'en argent), offrant l'apparence d'un sel très ténu, extrêmement subtil
    et scintillant, semblable à de la neige.
    Le Prince Sérénissime projeta cette masse de 32 grains, enveloppée dans de la
    cire, sur une livre et demie de saturne vulgaire purifié et mis en fusion, et après
    l'avoir maintenue une heure et plus en fusion franche, il la coula et retira de cette
    livre et demie de saturne 37 lotons (555g) d'argent extrêmement pur, soutenant
    toutes les épreuves et même plus fixe que ne l'est la lune naturelle.
    Le Duc sérénissime et moi-même qui assistions à l'opération, admirâmes
    vivement ce miracle et pour commémorer
    1. Les Aphorismes d'Urbiger, Initiation et Science, n' 52.
    282
    perpétuellement cette lune (argent) artificielle et pure, on fit sept gracieuses
    médailles, pesant chacune 5 lotons (environ 75g) portant les inscriptions et
    emblèmes... destinés à celébrer la profonde et incomparable sagesse du Prince.
    L'or potable
    Un alchimiste de notre temps, Armand Barbault, vient de découvrir, authentifié par
    des experts chimistes, le secret longuement cherché au cours des siècles de l'" or
    potable ".
    Armand Barbault, sous le pseudonyme de Rumélius, a installé son athanor à
    Mézilles (Yonne) d'où il nous a écrit le détail de ses recherches :
    Après 12 années de travail, après avoir rassemblé les matières premières
    nécessaires, j'ai constitué une Tourbe dite " Tourbe des Philosophes " qui, peu à
    peu, est devenue un " levain ", lequel est devenu un dissolvant de l'or.
    Ainsi, j'ai réussi à dissoudre de l'or en poudre dans un bain de rosée, grâce à ce
    dissolvant, et la liqueur obtenue est une base (non un acide), et représente ce que
    les philosophes appellent la Médecine du Premier Ordre, cet or végétal bien connu
    de Paracelse, qui a la propriété de guérir les maladies de sang à virus, et de
    reconstituer les cellules.
    J'ai fait 8 médecines différentes; c'est-à-dire que mes teintures d'or vont de 1 à 7;
    puis il y a le n' 10.
    Partant d'un PH' de 12 à la base, le pH diminue jusqu'à devenir neutre en n' 10
    alors que les colorations d'or sont de plus en plus fortes...
    Bien sûr, la seulefaçon defaire quelque chose était de prendre contact avec un
    laboratoire allemand, et maintenant, depuis décembre dernier, c'est la Walla
    Heilmettel de Stutt,gart, dirigée par le Dr Rudolph H... qui distribue aux médecins les
    liqueurs afin de procéder aux essais. La dernière lettre
    1. pH = formule exprimant l'acidité réelle d'une solution par le chiffre de la
    concentration des ions acides,
    283
    reçue d'Allemagne le mois dernier me dit que ces essais sont Positifs...
    Il s'agit d'or potable, d'or végétal, puisque le dissolvant est fait avec des sèves et
    des végétaux, alors que la liqueur de base est de la rosée...
    Non !je n'ai pas encore fait de l'Élixir de Longue Vie car la Médecine du Premier
    Ordre est tirée du sang du Lion Vert et son pouvoir de régénération est assez lent,
    alors que la Médecine du Second Ordre, celle que les Alchimistes appellent l'Élixir de
    Longue Vie et dont le pouvoir de régénération cellulaire est rapide, est issue du sang
    du Lion Rouge et je n:y suis pas encore arrivé..
    J'ai brûlé récemment toutes les notes accumulées depuis 12 ans; ily a quelques
    bons livres d'alchimie, mais davantage encore de mauvais, et si je ne m'étais pas
    obstiné à les lire, j'aurais trouvé quatre ans plus tOt
    Voilà, honnêtement exprimé, l'état actuel de l'Alchimie. A notre connaissance,
    personne n'est allé aussi loin qu'Armand Barbault à la rencontre des Lions, gardiens
    tutélaires de la caverne où flamboie la cassette aux trésors.
    Personne, sauf les savants de Kaspoutini-lar, de Peenemunde, de Saclay et de
    Berkeley.
    M. Paul Chanson, maître de Conférences à l'École Polytechnique, a dit un jour: "
    Le laboratoire du physicien est l'antre où se fabriquera bientôt l'or de transmutation. "
    Pourtant, les Alchimistes - de plus en plus rares - ne veulent pas abandonner leur
    vieux rêve et s'acharnent à la poursuite de la chimère. Ils s'y acharneront encore le
    jour proche où les laboratoires de recherche scientifique feront couler de leurs fours
    thermonucléaires des fleuves de métal doré.
    1. Lettre d'Armand Barbault, Mézilles le 22-6-61.
    2. Le grand alchimiste Eugène Canselier aurait, dit-on, abouti à la création de
    I'OEuf philosophale et jollivet-Castelot (Prix Michelet) aurait fabriqué de l'or
    alchimique.
    284
    Les athanors des sorciers modernes, on le sait, peuvent déjà fabriquer cet or et
    non seulement l'or, mais des diamants, des émeraudes, des béryls, des aiguesmarines.
    La bombe a créé des diamants
    Le 13 septembre 1957 ces transmutations furent réalisées par une bombe A que
    les Américains firent éclater dans un souterrain de la Sierra Nevada. La bombe avait
    été placée dans une grotte creusée à l'extrémité d'un couloir en zigzag long de 600
    mètres aboutissant à 250 mètres de profondeur sous le mont Rainier, qui domine de
    ses 2 000 mètres le désert de Nevada.
    Tous les sismographes du monde entier avaient enregistré l'explosion. Et les
    choses en étaient restées là, car d'après les calculs établis par les savants, l'accès
    de la grotte ne devait être possible que dans cent ans, en raison de la chaleur
    absorbée par les rocs.
    Cependant, des sondages effectués par des appareils spéciaux indiquèrent que
    les techniciens avaient largement exagéré cette marge de sécurité. On entreprit le
    déblaiement du corridor d'accès.
    En 1961, trois spécialistes, James E. Olsen, directeur du Laboratoire atomique de
    Livermor, William Gangas, directeur des travaux de forage, et Curtis Klinger, chef du
    service de sécurité, purent pénétrer dans la grotte. On l'avait construite en plein roc
    en forme de sphère de 40 mètres de diamètre, mais l'explosion en avait fait une
    cavité large de 50 mètres et haute de 10.
    La chaleur y était d'environ 50'. Mais ce qui frappa le plus les trois hommes fut le
    spectacle qu'offraient les parois.
    Sous le double effet de l'énorme pression et de la chaleur provoquées par
    l'explosion, les roches siliceuses s'étaient couvertes de cristaux provenant de leur
    fusion, cristaux qui avaient été réduits en fragments par les éclats de
    285
    rochers mis en pièces. Parmi ces cristaux se trouvaient des rubis et des diamants.
    Par mesure de prudence et en raison de la chaleur, les hommes ne purent
    prolonger leurs observations et l'on sait peu de chose encore sur la quantité et la
    qualité de ces pierreries. Mais un fait est acquis: la bombe atomique a reproduit
    artificiellement les conditions physico-chimiques qui, il y a deux ou trois milliards
    d'années, ont présidé à la formation naturelle des pierres qui brillent aujourd'hui à la
    devanture des bijoutiers.
    Il a fallu une pression et une chaleur considérables. Cette pression et cette
    chaleur, l'homme en est maintenant le maître. Et le temps n'est plus éloigné où,
    grâce à l'énergie nucléaire, on fabriquera à volonté d'immenses quantités de pierres
    précieuses.
    L'homme le plus riche du monde
    Cependant, à l'heure des athanors agonisants et des fours atomiques vainqueurs,
    la magie propose encore d'attirantes énigmes. Quelques paroles à prononcer
    (Abracadabra - Sator - Arepo - Arm - Stram - Gram) et voilà des monceaux d'or!
    M. Mohamed Saad H... est - dit-on - un des vingt grands milliardaires du monde,
    parce qu'il possède une petite fleur fanée, jadis jaune, cueillie par une nuit de mai,
    sur un haut lieu du globe. Les habitants d'Adana, qui, par faveur insigne, sont admis
    à pénétrer dans un certain bureau tapissé, des plinthes au plafond, de dollars, de
    livres, de louis et de piastres d'or, sont absolument persuadés que le maître des
    lieux, le richissime Mohamed Saad H..., est devenu le Dieu de l'Or depuis que ses
    mains ont caressé la mystérieuse Baahra.
    Il y a une vingtaine d'années, les H... étaient de pauvres, très pauvres gens: le
    père, humble muletier, effectuait des transports de marchandises à travers les
    vallées de l'AntiLiban.
    286
    Par hasard, la chance se présenta, masquée, en une aventure où tout, d'abord,
    semblait banal.
    Le muletier, dans la montagne, au péril de sa vie, retira d'un précipice un chef des
    mystérieuses tribus qui vivent solitaires aux confins des monts Ansarieh. Le blessé,
    un Cheik, tint à lui manifester sa gratitude et lui fixa rendezvous, au même endroit, à
    la première lune du mois de mai. "je te ferai un cadeau royal ", dit-il.
    A vrai dire, M. H... n'accorda pas grand crédit à cette promesse et attendit sans
    trop d'impatience la date fixée. Néanmoins, il se rendit au rendez-vous.
    La pleine lune se levait quand il arriva au lieu où le Cheik l'attendait et ils se
    mirent en route pour une destination qui intrigua le muletier.
    " Où me mènes-tu de ce pas ? demanda-t-il.
    - je t'emmène là où pousse la Fleur de l'Or. Tu la ramasseras toi-même et ensuite
    tu pourras te laisser vivre pour peu que tu fasses le commerce de l'or, car l'or viendra
    à toi comme l'eau du Nahr el-Kebir va à la roue du moulin. "
    Le muletier n'osa pas mettre en doute la parole de son obligé, mais il regretta
    amèrement d'être venu au rendezvous, car la marche était longue et la nuit fraîche.
    Enfin, ils arrivèrent par le flanc rugueux des monts, à l'ouest de l'Oronte et les
    deux hommes se mirent à chercher au ras du sol, en marchant contre la lumière
    lunaire, une petite fleur qui jetait des éclats jaune doré. Ils la trouvèrent, à peine plus
    grosse qu'une pâquerette, avec quatre pétales plats couleur de paille et un coeur
    pilifère qui irradiait comme de l'or en fusion.
    " Elle est à toi, dit le Cheik, mais il faut la déterrer tout de suite, car elle ne brille
    que par intermittence et disparaît avec le jour. Elle ne pousse qu'en cet endroit du
    monde. Garde-là précieusement, car c'est la Baahra. "
    Selon un rite précis, le muletier déterra la fleur bizarre, remercia le montagnard et
    redescendit dans la vallée conter l'aventure à sa femme et à son fils.
    Puis, il oublia et reprit son métier.
    287
    Dire que la fleur-talisman fit grand effet sur Mohamed Saad quand il hérita de son
    père serait pour le moins téméraire. Pourtant il quitta la montagne et vint s'installer
    dans la métropole avec le dessein bien arrêté de faire un commerce où l'or entrerait
    en jeu. De ce jour, la réussite fut insolente, incroyable. L'or cascadait autour de lui,
    entrait dans sa caisse, se multipliait.
    Sa témérité le fit engager des fonds dans des affaires qui auraient dû le ruiner.
    Par de miraculeux revirements, tout se tourna à son avantage. Il prêta de l'or à des
    emprunteurs véreux et insolvables, investit des sommes considérables dans des
    entreprises qui n'avaient aucune chance de réussir. Les insolvables rendirent
    l'argent, les mauvaises affaires prospérèrent.
    Mohamed Saad H... est aujourd'hui un des vingt hommes les plus riches du
    monde. Quelque part dans un coffre, la fleur de Baahra se consume lentement.
    Coffres-forts secrets en Suisse
    La légende de l'or ne relève pas que de la magie.
    Le coffre-fort du monde est la Suisse, où est entreposé dix fois plus d'or qu'en
    Amérique dans le Fort Knox et à Paris dans la Banque de France.
    Tous les gouvernements, tous les riches industriels, commerçants, voire même
    prélats, déposent dans la nation neutre un trésor qu'ils estiment en sûreté.
    Le contrôle de cette montagne d'or échappe en partie aux Suisses, car des
    magnats du monde des affaires sont propriétaires de plusieurs grandes banques. En
    dehors des dépôts légaux, existent des dépôts secrets.
    n est logique - et il est certain - que, par exemple, des personnes politiques telles
    que Battista, Rafael Trujillo, Fidel Castro, Mossadegh et jusqu'à Nasser le dictateur
    égyptien, en passant par les potentats et magnats d'Afrique et du Moyen-Orient, ont -
    ou avaient - déposé en Suisse des sommes considérables. En cas de revirements
    politi- 288
    Le Temple de Salomon à Jérusalem (reconstitution). Nous avons représenté sur
    le monument les 24 paratonnerres qui le préservaient de la - Chapitre 1. - (Photo
    Roger Viollet.)
    Pierre Hadjar el Gouble, taillée dans une carrière des environs de Ba'albek. Elle
    pèse 2 millions de kilos.
    On se perd en conjectu res sur les moyens mis en oeuvre pour transporter cette
    masse colossale. - Chapitre 7. (Photo Roger Viollet.)
    foudre du ciel
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    Carte du Voyage dans le Temps. La Théorie des harmoniques de la Chaîne
    Principale de Vie est le seul procédé connu donnant une solution au passé
    révolu et à recréer. - Chapitre 1 0. - (Photo Émile Drouet.)
    0
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    1 x
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    L'ingénieur-astronome Émile Drouet (à gauche) expliquant à Robert Charroux
    le principe du Voyage dans le Temps. - Chapitre 1 0. (Photo Émile Drouet.)
    Avion de Gusmâo (1 709). Cette étrange machine volante pourvue d'un radar et de
    tuyères a volé devant des milliers de personnes au Portugal. - Chapitre 8. (Photo
    Émile Drouet.)
    Flotte dans le ciel. Durant les époques troublées, les hommes ont attendu de
    mystérieux secours du ciel et ont cru y voir tantôt des flottes de caravelles, tantôt des
    armées cuirassées, tantôt des soucoupes volantes, etc. La nature du phénomène a
    toujours été fonction des connaissances scienfiques des temps où il s'est produit. -
    Chapitre 9. (Photo Émile Drouet.)
    ques et Dieu sait qu'il en est pour ces politiciens - ils savent pouvoir compter sur le
    dépôt de Genève ou de Lausanne.
    Mais ces dépôts ont été effectués dans des conditions particulières. Il est bien
    évident en effet qu'un magnat du pétrole, pour prendre un exemple - émir, cheik ou
    chef de gouvernement - peut être renversé en quelques heures. Il devra s'enfuir au
    plus vite et peut-être sans avoir eu le temps de se munir de pièces d'identité.
    D'autre part, un avoir régulier en banque - encore que la Suisse assure le secret
    le plus absolu sur le dépôt et sur le déposant - au nom de l'émir X... ou du Président
    Z... peut risquer dans l'avenir de subir un embargo, une saisiearrêt de la part d'un
    gouvernement.
    Il est donc important que cet avoir ne soit pas nominatif Un potentat du Proche-
    Orient, l'émir de K..., a trouvé une solution en devenant le Directeur d'une des
    principales banques de Genève. D'autres usent d'un curieux système. Ils font
    déposer leurs fonds - plusieurs milliards par un fondé de pouvoirs. Au cours d'un
    voyage en Suisse, on convient d'un code avec la banque: l'argent ne peut être retiré
    que par qui possède le " mot de passe " ou un code convenu, par exemple X - 75 -
    FH - 4885, qui est partiellement contenu par quatre enveloppes cachetées. La
    première comporte le premier signe du code X, la seconde 75, la troisième FH, la
    dernière 4885.
    De quoi déjouer en principe toute tentative d'escroquerie'.
    Aucun nom, aucune adresse de déposant n'est donnée.
    Un seul risque - qui se produit assez souvent: si le dépositaire meurt, le trésor
    demeure sans propriétaire. On estime que 800 milliards au moins, en souffrance
    dans des coffres, ne seront jamais réclamés.
    Depuis 1940, les banques suisses de Berne, de Zurich et de Genève ont dû
    quintupler la superficie de leurs caves.
    1. jamais un voyant, jamais un radiesthésiste n'a réussi à deviner un code qui
    vaut une fortune.
    289
    Parallèlement, des magnats et principalement les grands pétroliers du Moyen-Orient
    ont acheté des villas en territoire helvétique et fait construire des abris antiatomiques
    qui sont bourrés de lingots d'or et fermés au béton, si bien que la Suisse est devenue
    une gigantesque chambre forte ou, si l'on préfère, un parc à trésors enterrés.
    On dit - mais tout contrôle est naturellement impossible - que le principal client de
    ces banques est, par personnes interposées, le gouvernement de l'URSS.
    Il y a seulement cinquante ans, l'alchimiste pouvait abuser les esprits crédules et
    se dire fabricant d'or.
    Depuis 1958', depuis que la transmutation atomique peut créer l'or artificiel, les
    derniers Souffleurs, désespérant d'aboutir, éteignent leurs athanors. Au Congrès
    1961 du Symbolisme, à Paris, ces alchimistes, venus du monde entier, ont tenu une
    conférence secrète et désabusée. Ils abandonnent.
    Dernier héritier du secret de Cléopâtre, d'Albert le Grand, de Van Helmond et de
    Nicolas Flamel, Armand Barbault lutte avec son four à charbon-de bois contre les
    fours nucléaires des physiciens où des températures infernales dépassent un million
    de degrés centigrades. C'est le dernier acte de la légende de l'Or.
    1. Les Américains, les premiers, ont transmuté le mercure en or en 1919. Il
    s'agissait d'expériences de laboratoires non rentables.
    1 5
    Le m stérieux inconnu
    y
    Les savants nucléaires ont vaincu les empiriques dans le domaine de la
    fabrication de l'or.
    Défaite de la Magie Noire occulte par la Magie Noire rationaliste... de l'athanor par
    le four nucléaire... du feu par le feu en ce qu'il a de dévorant mais non de subtil.
    Mais des énigmes se posent encore.
    Le savant qui détecte la composition des rayons cosmiques provenant d'étoiles
    situées à des millions d'annéeslumière, qui perce le secret de l'atome, découvre
    l'antiproton, est encore incapable de donner la moindre explication des polter
    ,geists (fantômes à manifestations).
    Au début du xix' siècle, un cas contrôlé' rendit perplexes les autorités de
    Brudgetown, aux Barbades (Petites Antilles) : les cercueils que l'on déposait
    soigneusement dans un caveau du cimetière étaient retrouvés renversés. Cela fut
    vérifié à deux reprises au cours de l'année 1812.
    Le caveau cimenté fut clos par une lourde dalle qui demanda les efforts
    conjugués de six hommes pour être mise en place. En dépit de cette disposition, on
    retrouva deux fois encore, à l'occasion d'enterrements, les cercueils déplacés à
    l'intérieur du caveau réputé inviolable.
    Le gouverneur de l'île, lord Combermer, pour mettre fin à ce qu'il pensait être une
    absurde superstition, assista en
    1. Robert Gould, Oddities.
    291
    personne à l'ouverture de la tombe, le 17juillet 1819, à l'occasion de l'enterrement de
    M. Thomazina Clarke.
    De nouveau, le caveau fut inspecté, les murs furent sondés. On repéra
    soigneusement l'emplacement des cercueils.
    Le sol, à l'intérieur et à l'extérieur du monument, fut recouvert d'un fin gravier où,
    éventuellement, on pourrait relever des traces ou des empreintes. Sur la dalle mise
    en place, on apposa des scellés.
    La garde des lieux, d'où personne ne devait approcher sous peine d'amende, fut
    confiée à des fonctionnaires de la police de Bridgetown.
    Un an après, le 18juin 1820, l'expérience prit fin: le service de garde n'avait rien
    noté d'anormal, le sable fin n'avait pas été foulé à l'extérieur et les scellés étaient
    intacts.
    Lord Combermer voulut examiner le premier si l'intérieur du caveau était en ordre.
    Les cercueils, déplacés, avaient même été posés les uns sur les autres, le sable était
    vierge d'empreintes, et comme il n'existait aucune possibilité de souterrain secret, le
    lord gouverneur dut reconnaître que toute explication rationnelle était impossible 1.
    C'est aussi l'état d'esprit des savants, impuissants à éclaircir ce mystère: une
    pierre lancée de l'extérieur d'une habitation par un poltergeist traverse un mur de
    granit et tombe à l'intérieur d'une pièce close, encore chaude de l'opération qu'elle
    vient de subir (désintégration et réintégration successives à peu près instantanées
    ?).
    Les mêmes savants, capables de mettre au point des " forces de frappe " de
    plusieurs mégatonnes, restent interdits devant les forces, toujours inconnues, qui
    soulèvent un guéridon de vingt kilos effleuré par le bout des doigts d'un médium.
    1. Cette expérience qui ne semble entachée d'aucune supercherie ne saurait
    être rapprochée du truc de " l'Enterré Vivant " aux Indes : le fakir enseveli dans un
    caveau durant une année, l'orge semée sur la tombe, les factionnaires autour, et le
    fakir s'éclipsant de sa tombe par un souterrain pour y revenir au moment voulu
    292
    Et jamais ils n'ont pu expliquer comment les athlètes les plus renommés en 1920,
    gaillards jetant ou développant 150 kg au-dessus de leur tête, demeuraient sans
    force pour soulever de terre les 49 kg du boxeur poids coq canadien johnny Coulon.
    Ni Ernest Cadine ni Yves le Boulanger qui jouaient avec des gueuses de 250 kg ne
    vinrent à bout des 100 livres de Coulon quand le Canadien ne le voulait pas.
    Il n'y avait pas de truc, mais un phénomène mystérieux qui mit en échec les
    professeurs Richet, Sébileau, Langlois, Camus, de la Faculté de Médecine de Paris.
    Devant cet aréopage, Coulon, complètement nu et monté sur une plaque isolante
    en verre, était enlevé comme une plume quand il ne touchait pas celui qui devait le
    soulever; mais il demeurait rigoureusement insoulevable s'il touchait l'homme à
    l'artère radiale ou à la carotide.
    Or, Coulon ne bloquait pas la circulation sanguine dans ces vaisseaux, car il fut
    constaté qu'il effectuait une pression minime; d'autre part, un dynamomètre prouva
    que les possibilités énergétiques des souleveurs demeuraient entières pendant la
    durée du phénomène.
    La radio est certes une magnifique découverte, mais on ne sait toujours rien de
    l'émetteur humain, et les longueurs d'ondes sympathiques, antipathiques - ces sortes
    de radars - n'ont jamais été calculées. Plus inconnu que la forêt brésilienne et tout
    autant que l'univers cosmique, est le cerveau humain, aux possibilités sans doute
    phénoménales.
    Au fronton du temple de Delphes, à l'apogée de la civilisation des Hellènes dont
    nous sommes les héritiers, étaient écrits ces mots Gnôthi seauton (Connais-toi toimême).
    Or, dans ce domaine plus près de nous que Mars, Vénus et les galaxies,
    quels progrès avons-nous accomplis ? L'homme reste un inconnu pour l'homme.
    Où siège la mémoire ? Pourquoi dix n'est pas divisible par trois ? De quelle nature
    est , c . e Mystérieux inconnu qui intervient parfois dans les expériences les plus
    savantes ?
    293
    Les conseillers boiteux
    Garcia Beltran, qui a étudié des phénomènes génétiques insolites, développe
    ainsi ses observations se rapportant à certains papes :
    Souvent les papes ont un bras paralysé et leurs confesseurs un membre inférieur
    invalide.
    Ces derniers seraient-ils de la lignée mystérieuse du boiteux (Cojo) saint Ignace
    de Loyola, qui, dans sa jeunesse, faisait l'eleva ,qe des pinsons et leur crevait
    lesyeux afin qu'ils chantassent mieux ?
    Saint I ,gnace est le créateur de l'Ordre desjésuites, confesseurs inamovibles du
    pape; les super-papes en réalité..
    Garcilaso de La Vega disait: " Lâme qui a vécu un temps (corps-vie) se reconnaît
    toujours dans la transmigration ou réincarnation animale ou humaine, par un signe:
    soit par un grain de beauté, soit par une tache sur le corps, soit par une infirmité ou
    une paralysie du même membre. "
    Serait-ce vrai ? Existerait-il une souche mystérieuse de l'âme ?
    Le Souverain Pontife Pie XII avait un bras presque paralysé; Hitler aussi;
    Napoléon avait toujours son bras malade sur sa poitrine; Guillaume II avait un bras
    atrophié, de même que Staline'.
    Serait-ce un hasard ? Coïncidences exagérées ou génétique spéciale occulte ?
    Peut-être par l'office d'une diastase dirigeants.
    Les jésuites en savent long sur ce mystère, c'est pour cela que tous les
    confesseurs du Pape sont choisis parmi ceux qui boitent comme le Diable.
    Mis à part une incontestable animosité contre la religion catholique, la théorie
    d'une génétique occulte de l'âme, avancée par Garcia Beltran, soulève un problème
    excitant.
    Cette génétique est fondamentale dans la science transcendante des
    Bouddhistes, puisque lorsque le Tashi Lama
    1. Dans cet ordre d'observations, on peut signaler que tous les présidents de la
    République des États-Unis sont marqués par le Signe indien.
    294
    du Tibet meurt, les prêtres recherchent avec soin un bébé né au moment précis de
    cette mort et présentant cinq marques biologiques bien caractérisées...
    Une de ces marques est une teinte cramoisie autour du coeur.
    Bouddah avait les marques rituelles.
    Le transport de signes physiques et l'immigration de l'âme, c'est-à-dire la
    réincarnation, ne sont pas admis par la science expérimentale, pas plus d'ailleurs
    que par les religions chrétiennes et musulmanes; c'est dire combien en apparence
    l'occultisme se heurte et s'oppose aux formes conventionnelles.
    Loi universelle ou cas d'espèce, il est bien entendu difficile, sinon impossible,
    d'apporter un début de preuve de la réalité de la réincarnation, qui est pourtant un
    concept essentiel du bouddhisme.
    Un cas récent vient de soulever l'intérêt du monde savant, mais il se passait aux
    Indes, ce qui n'est guère heureux, surtout après la fin du monde du 5 février 1962,
    qui fut accréditée par les prêtres bouddhistes.
    Ni les savants hindous ni les hommes politiques (dont M. Nehru) n'osèrent
    protester contre la ridicule prédiction, soit que ces savants et ces politiciens y aient
    cru (c'est peu probable), soit plutôt qu'ils n'aient pas osé se dresser contre la
    superstition des moines et l'ignorance d'un peuple qui compte 90 % d'illettrés.
    Il y a toujours un droit de suspicion légitime pour toute information qui nous arrive
    des Indes, aucun contrôle sérieux ne pouvant être exercé.
    Shanti Devi
    Voici les faits tels qu'ils parvinrent en France
    En 1953, des professeurs des universités de Bénarès et de Luckmar eurent à se
    prononcer sur un cas caractéristique de réincarnation.
    295
    Une petite fille hindoue du nom de Shanti Devi, née à Delhi en 1943, eut dès sa
    plus tendre enfance des facultés intellectuelles extraordinaires et la souvenance très
    nette d'une vie antérieure. Dès queue sut parler, Shanti Devi dit qu'elle était la
    réincarnation de l'épouse décédée d'un homme nommé Lugdit.
    Tant d'assurance finit par émouvoir les milieux religieux qui recherchèrent dans
    toute l'Inde le prétendu mari de la petite fille. Grâce à la collaboration des services
    d'état civil, on découvrit à Muttra un commerçant veuf répondant au nom de Lugdit,
    âgé de 54 ans.
    L'enquête prouva que le commerçant et les parents de Shanti Devi ne s'étaient
    jamais rencontrés et ignoraient jusqu'à ce jour leurs existences réciproques. On
    amena la petite fille à Muttra et on la soumit à des épreuves très précises. Elle
    identifia son " mari " immédiatement dans un groupe d'hommes, exactement comme
    Jeanne d'Arc avait reconnu le roi Charles VII à Chinon.
    Dans le village, elle déambula, indiquant avant d'y être arrivée les places, rues,
    ruelles et maisons typiques, y compris, bien entendu, celle où elle avait habité dans
    sa vie antérieure.
    Elle reconnut aussi les amis de son " mari " et ce dernier lui demanda de
    rapporter des détails intimes qu'il était seul à connaître, avec sa défunte épouse.
    Shanti Devi rappela ces détails et M. Lugdit se déclara pleinement édifié'.
    " Elle est véritablement la réincarnation de mon épouse morte ", déclaratif.
    Il fut décidé que la petite fille partagerait désormais sa vie entre son " mari " et ses
    parents. Ces faits extraordinaires furent consignés par les professeurs des
    universités chargés de l'enquête.
    1. Il faut noter que Shanti Devi était à l'époque de la pub@é (10 ans aux
    Indes correspondent à 13 ans en France) et que dans la plupart des phénomènes
    paranormaux, maisons hantées, apparitions, visions, etc., les héroïnes sont des
    fillettes de 13 ans, tourmentées par le mal d'amour.
    296
    Le chaud manteau des dieux
    Un autre mystère oriental qui, pour le moment, échappe aussi bien au contrôle
    qu'à l'explication est celui du " Gtum-mo ".
    Selon le professeur Filliozat, du Collège de France, des yogis vivent nus dans les
    neiges de l'Himalaya, comme vivent nus les singes, les chiens et toutes les bêtes de
    la création.
    Le Gtum-mo ou " doux et chaud manteau des dieux " appartient aux rites
    d'initiation des élèves lamas tibétains, et se pratique à haute altitude dans l'Himalaya,
    du lever au coucher du soleil pour les exercices de préparation.
    Les élèves se présentent complètement nus ou habillés d'une simple toile de
    coton et se mettent en extase selon leur degré d'initiation, soit sur le sol ou la glace
    d'un torrent gelé, soit sur un tapis ou une planche. Ils doivent être à jeun et ne
    peuvent boire, durant le temps de l'épreuve, aucune boisson chaude, quelle que soit
    la rigueur de la température qui peut atteindre plusieurs degrés au-dessous de zéro.
    Pour l'élève, l'épreuve consiste à compenser la déperdition de chaleur résultant
    de sa nudité par la création intérieure du Gtum-mo, c'est-à-dire par la production d'un
    certain nombre de calories, résultat d'une mystérieuse action psychique.
    Les élèves lamas et les initiés luttent contre le froid, mais ils produisent en plus
    une chaleur suffisante pour sécher les serviettes mouillées que l'on pose sur eux.
    C'est là le stade le plus élevé de l'initiation, qui se pratique la nuit, du coucher au
    lever du soleil.
    Les yogis complètement nus s'assoient par terre dans la posture du lotus. Des
    prêtres plongent des serviettes dans l'eau glacée d'un torrent, les sortent raidies par
    le gel et les posent sur les épaules des hommes en méditation.
    Les serviettes doivent dégeler, sécher complètement et on recommence
    l'expérience, jusqu'à l'aube.
    297
    Il est aisé d'imaginer quelles quantités prodigieuses de chaleur développent les
    yogis ainsi entraînés. Certains arrivent à sécher 40 serviettes en une nuit', ce qui
    semble fortement exagéré.
    Ces hommes possèdent des facultés surprenantes dont nous n'avons pas idée et
    que pourraient peut-être utiliser les services astronautiques qui exigent des
    cosmonautes des qualités surhumaines d'endurance au froid, à la chaleur, à
    l'accélération et à l'apesanteur.
    Cette hyperthermie des lamas est obtenue artificiellement par les cosmonautes
    américains, sous des irradiations qui les rendent insensibles à certains effets
    physiques. Le miracle et le phénomène calculé coïncident exactement.
    L'être humain est un merveilleux complexe psychique, aux possibilités
    insoupçonnables.
    Les moines du mont Athos, dit-on, n'ont pas besoin de télévision et de radio pour
    parler à des correspondants très éloignés et les voir. Mme Janet Hitchman, en
    Angleterre, se passe fort bien de télescope pour distinguer des satellites éloignés de
    millions de kilomètres.
    Le cas de Mme Hitchman n'a pourtant rien de magique, bien que les savants
    n'expliquent pas ses pouvoirs. A l'oeil nu, cette femme voit les satellites de Jupiter
    distants de 628 millions de km; à un mile (1 609 ni) elle discerne l'expression du
    visage de sa petite fille ; à trois mètres elle lit des caractères microscopiques.
    La stigmatisée d'Innsbruck
    Plus bas dans le mystère se situe le problème des stigmates.
    Par quel processus les stigmates - en général les cinq plaies du corps de Jésus-
    Christ - apparaissent-ils sur un être humain ?
    1. Le Livre des Merveilles, Gustave Büscher, Denoël.
    298
    L'authenticité des stigmates est indéniable. Une démonstration en fut donnée par
    le magnétiseur danois Paul Thorsen, qui fit apparaître sur les pieds et sur les mains
    d'une malade de l'hôpital d'Innsbruck (Autriche) et devant le corps médical de
    l'établissement les plaies de la crucifixion.
    L'expérience était intimement mêlée de magie, comme on va le constater. Elle a
    duré plus d'une semaine sous contrôle officiel et les membres de la malade étaient
    plâtrés, pour éviter toute supercherie possible.
    Les témoins étaient, entre autres, le professeur Hubert J. Urbail, chef de la
    clinique, le docteur Meyer qui sténographia l'expérience, la doctoresse Harrar,
    l'aumônier Amann " Kapellan " de l'hôpital, de nombreuses infirinières, soeu rs
    infirmières et plusieurs jeunes médecins.
    " Cette malade, dit M. Thorsen, le magnétiseur, était une femme d'une
    quarantaine d'années qui avait eu maille à partir avec la police dans des
    circonstances assez particulières : elle appartenait à un gang de contrebandiers qui
    utilisaient ses dons de voyance pour éviter les pièges des douaniers.
    1
    A l'hôpital elle était soignée pour son é tat mental et aussi pour une fracture de la
    cheville gauche. En outre, elle était possédée par l'esprit mauvais d'un de ses
    anciens acolytes et amant, un certain Joë, qui s'était suicidé quelques mois
    auparavant, et lui ordonnait de venir le rejoindre outre-tombe.
    Alors, la femme entrait en convulsions et se défendait en disant queue ne pouvait
    se dégager de la promesse faite à ses complices.
    C'était vrai: elle avait promis aux autres contrebandiers de les rejoindre sitôt
    guérie et, comme preuve, elle montrait à l'esprit de Joë une amulette pendue à son
    cou et contenant un pacte où elle leur avait écrit sa possession avec son sang.
    jamais je n'avais été mêlé à une semblable affaire d'envoûtement.
    Ce cas curieux et véridique, puisqu'il est facile à contrôler auprès de la Direction
    hospitalière d'Innsbruck, intri-
    299
    guait les médecins et les inquiétait également, car il était certain que sitôt relâchée, la
    femme retournerait à ses errements passés... ou finirait par se suicider.
    Comment sauver son âme quand son corps serait guéri ? Je proposai au professeur
    Urban de tenter la guérison par hypnose et suggestion.
    Mon plan était de persuader la malade que les forces divines la libéreraient de
    son serment et lui fourniraient la preuve en faisant apparaître sur ses mains et sur
    ses pieds les stigmates de la crucifixion.
    - Si vous croyez réussir, me dit le médecin-chef, essayez A condition, toutefois,
    que le "Kapellan" ne présente pas d'objection. "
    La malade était chrétienne, mais non catholique, et je n'eus pas d'obstacle de la
    part de l'aumônier Amann.
    Le curé exerciseur Fisher, d'Innsbruck, qui s'intéressait à l'expérience, me donna
    même, pour m'aider dans ma tâche, une petite fiole d'eau bénite. La femme, je tiens
    à le souligner, acceptait d'être hypnotisée, ce qui n'était pas difficile, car elle se
    révélait médium extraordinaire.
    Afin que l'expérience ne fût pas entachée d'irrégularités, soit de ma part, soit de la
    part de la malade, on décida de lui plâtrer le pied droit et la main droite.
    Le pied gauche était déjà dans le plâtre, souffrant d'une cassure.
    Nous laissâmes la main gauche libre afin de surveiller sur ce membre l'apparition
    des signes annoncés et il fut convenu, en outre, que le pied gauche blessé n'entrerait
    pas en jeu.
    Le 29 octobre 1951, dans l'après-midi, j'endormis la femme et entrepris de
    l'exorciser. L'esprit mauvais qui habitait réagit et refusa de quitter la place, parlant
    par la bouche de la patiente avec une véritable voix masculine.
    "je ne partirai pas, ma "Nomme" est à moi, et je resterai auprès d'elle jusqu'à ce
    qu'elle vienne chez moi - Retire-toi, je te l'ordonne ! "
    A l'appui de mes paroles, je lançai de l'eau bénite sur la femme qui eut de
    véritables convulsions, mais se calma en quelques instants.
    300
    Les stigmates apparurent dès le premier jour dans la paume de la main témoin (la
    gauche).
    Le 7e jour, la lésion saignait et était si apparente qu'un infirmier dut mettre un
    bandage qui était collé, quelques heures après, par le sang coagulé.
    Le vendredi 11 novembre, nous décidâmes de briser les
    plâtres.
    La femme ne voulait pas que des photographies fussent prises mais le
    photographe de l'hôpital reçut l'ordre d'opérer malgré elle.
    Un chirurgien cassa les plâtres devant le professeur Urban et les témoins cités
    précédemment. Les stigmates apparurent et furent photographiés. Les films sont
    conservés à l'hôpital d'Innsbruck.
    Les blessures étaient humides de sang et de sérum. Le professeur Urban
    constata officiellement qu'elles transperçaient les deux mains, mais non le pied droit,
    en raison sans doute de la résistance offerte au fluide psychique par la cornée de la
    plante.
    Il était ainsi prouvé que par la force de la volonté d'un magnétiseur, il était
    possible de provoquer des réactions physiologiques d'une extrême importance.
    Cet événement fut enregistré dans les rapports des docteurs qui en attestent
    l'authenticité.
    A la suite de cette expérience, la malade, que j'avais
    1-
    d'ailleurs dûment chapitrée durant ses sommeils hypnot. ques, accepta le fait
    accompli et se jugea libérée et dégagée de ses promesses. Son amulette, pour plus
    de précaution, fut brûlée par l'aumônier Amann.
    stigmates disparurent au bout de trois jours et ne
    'Les
    réapparurent plus. "
    Le fait le plus extraordinaire est peut-être dans cette particularité ou coïncidence
    curieuse : la malade envoûtée et stigmatisée s'appelait Thérèse Neumann, comme
    l'autre stigmatisée célèbre de Konnersreuth en Bavière; mais elle ne lui était pas
    apparentée.
    Sur le plan scientifique, la production de stigmates naturels est acceptée et
    reconnue dans son fait, mais aucune
    301
    explication rationnelle ne peut être avancée. Il est simplement question d'-
    influences physiologico-pathologiques, jointes à celles d'hystérisme élevé ".
    Pour les théologiens, il y a deux sortes de stigmates : les sti
    ,gma magicum (stigmates magiques) attribués au diable, et les stigmates
    miraculeux réalisés par Dieu.
    Plus proches de la science classique, d'autres phénomènes inexpliqués prouvent
    que des forces jouent à cachecache avec les physiciens.
    La magie et l'atome
    Vers 1950, des journaux américains publièrent une information curieuse. Des
    phénomènesétranges, à caractère magique, s'étaient produits dans un laboratoire où
    l@on procédait à des expériences atomiques.
    Les savants voyaient apparaître, en suspension dans l'air, des images floues
    mais où l'on reconnaissait pourtant, sans erreur possible, des têtes de personnages.
    Les apparitions flottaient en se balançant, se montrant de face, de profil et de trois
    quarts, puis prenaient une netteté et comme une consistance plus grandes avant de
    s'évanouir peu à peu.
    Durant ces apparitions, on entendait des murmures de voix, comme un
    conciliabule de fantômes. On pouvait même saisir des lambeaux de phrases et des
    mots anglais à caractère scientifique, ce qui ajoutait à l'étonnement des témoins.
    D'un naturel plutôt sceptique, les atomistes menèrent une enquête serrée qui
    aboutit non à une explication, mais à l'identification de l'origine du phénomène de pse
    dosthésie. u- A n'en pas douter, les paroles
    entendues avaient été prononcées dans une salle assez proche du laboratoire,
    durant une réunion à huis clos. Il était cependant hors de doute, en raison de
    l'éloignement et des portes fermées, que les -là.
    sons n'avaient pu parvenir jusque
    302
    Quant aux images, elles représentaient vraisemblablement les interlocuteurs en
    présence.
    Il y avait donc eu transport de son et d'image par un procédé analogue à celui de
    la télévision mais, bien entendu, il n'était pas question d'émission et de réception
    selon les normes connues.
    En l'absence de toute explication, on présuma que les très puissants champs
    électriques développés dans les laboratoires avaient servi de support à la
    transmission matérielle des photons et des ondes sonores. Une matérialisation, en
    quelque sorte.
    La réunion à huis clos traitant de projets de la défense nationale, le département
    de la recherche atomique s'inquiéta, car il était désormais prouvé qu'on ne pouvait
    pas tabler sur la sécurité absolue du secret d'État. On ordonna de ne pas ébruiter
    l'affaire.
    La presse n'en rapporta l'écho que des années plus tard et la divulgation ne
    suscita aucune réaction officielle.
    La boule de feu
    Le journal allemand Ufo-Nachrichten (Ventla, Verlag, Wiesbaden, Schierstein)
    publia dans son numéro 53 une nouvelle analogue et tout aussi étonnante:
    Au cours du printemps 1959 l'avion civil TU-104 effectuait comme d'habitude son
    service sur la ligne commerciale Alma Ata-Moscou. Tout se passait normalement à
    bord, quand on remarqua dans la carlingue des passagers, près de l'entrée du poste
    de pilotage, unefaible lumière qui prit lentement de l'intensité et la forme d'un disque
    étincelant d'un demi-mètre environ de diamètre.
    L'objet demeurait immobile dans une position verticale.
    On crut à un incendie que les voyageurs essayèrent d'éteindre - en vain - en
    projetant de l'eau; il était manifeste que le disque de lumière avait un caractère
    surnaturel, et d'ailleurs il disparut comme il était venu.
    303
    Mais quelques instants plus tard, il se rematérialisa et se mit en mouvement,
    longeant les parois de l'avion à hauteur des hublots, touchant presque les passagers
    qui durent se reculer pour éviter son contact.
    D'après les rapports des témoins, le disque de lumière ne dé
    ,gageait aucune chaleur, ni aucune odeur.
    Après sêtre promené autour de la carlingue, il retourna près de la porte de la
    cabine de pilotage et s'évanouit.
    Par hasard, unjournaliste polonais était parmi les passagers dont il recueillit et
    publia les déclarations et les témoignages.
    Comme le temps n'était pas orageux et que le disque de lumière ne pouvait
    s'identifier avec les " boules de feu " sifflantes et rapides, produites, pense-t-on, par
    la foudre ou par des phénomènes électriques, il fallut bien trouver une explication.
    On supposa qu'il s'agissait peut-être d'un objet envoyé par les pilotes d'une
    soucoupe volante, et l'affaire en resta là.
    Truquages
    Il est rare que les phénomènes supranormaux se manifestent de façon très nette
    et irrécusable. Aux Indes et en Afrique, les miracles sont monnaie courante, mais la
    superstition et la naïveté sont telles qu'il faut y voir, dans la plupart des cas, des trucs
    d'illusionnistes ou des hallucinations collectives.
    Il est certain que la fameuse " corde du fakir " procède à la fois de l'un et de
    l'autre. Jamais l'expérience n'a pu être photographiée.
    En 1935, des photos rapportées des Indes par un planteur anglais et représentant
    un yogi en état de semi-lévitation, un seul bras étant appuyé sur un poteau entouré
    de voiles blancs, prouvaient indubitablement qu'il s'agissait d'un grossier truquages
    Truquage aussi le palmier qui pousse à vue d'oeil sous les yeux de l'assistance.
    304
    Un observateur critique, habitué des brousses de l'Afrique noire, M. Albert
    Trapani, nous a pourtant raconté d'étranges histoires. M. Trapani, vers 1953,
    dirigeait des exploitations forestières, dans la région d'Ekouk, au Gabon, au kilomètre
    33 après Kango.
    Une fois, il assista à l'éclosion accélérée d'un bananier qui poussa jusqu'à une
    hauteur de trois mètres et produisit des fruits dont il goûta. C'est le truc du bouiti,
    bien connu aux environs de Libreville.
    En réalité, le bananier fut planté à 3 heures de l'aprèsmidi et les bananes ne
    furent cueillies que le lendemain matin au lever du jour, ce qui enlève un certain
    crédit à l'expérience. D'ailleurs, M. Trapani, se méfiant de sa mémoire, des
    circonstances et de l'impression peu nette qu'il ressentit et conserva, pencherait
    volontiers pour un phénomène hallucinatoire.
    De même, il ne vit rien d'extraordinaire dans la marche sur le feu exécutée
    rituellement par les Gabonais. La prouesse n'excède pas vingt secondes et les Noirs
    ont à la plante des pieds une épaisseur cornée pouvant atteindre trois centimètres.
    Par contre, la tradition du "jugement coutumier" présente pour lui une énigme.
    Le jugement coutumier
    il serait ridicule de croire qu'au Gabon - comme partout ailleurs en Afrique - les
    indigènes accordent le moindre crédit aux ukases de la justice gouvernementale. En
    1953, notamment, quand un crime avait été commis à Ekouk, il était procédé au
    grand rite du " Jugement coutumier ".
    De très loin, des Noirs venaient au village, portant avec précaution, dans le creux
    d'un bras, un poulet dont les pattes étaient attachées. Comment avaient-ils été
    informés ? On ne sait pas.
    305
    Le principe du jugement est de lâcher, dans une place entourée par la foule, des
    poulets auxquels on vient de couper le cou. Les coupables présumés doivent se
    tenir en bordure de la piste, à l'endroit de leur choix. Malheur à eux si les poulets
    courent dans leur direction et vont s'écrouler à leurs pieds.
    Les Noirs qui apportent les volatiles promis au sacrifîce connaissent-ils le
    plaignant ou la victime ? Mystère encore. Il semble d'ailleurs que le fait ait peu
    d'importance.
    M. Trapani pense que la plupart apportent un poulet dans un unique souci de
    curiosité.
    Au jour dit, la foule entoure une place d'une trentaine de mètres de diamètre et les
    porteurs de poulets, les uns après les autres, détachent la bête, lui tranchent
    prestement le cou et la lancent dans le champ clos.
    Le poulet sans tête se met immédiatement à courir et va s'affaisser aux pieds d'un
    Noir qui, en général, est le coupable présumé et vraisemblablement le véritable
    assassin.
    L'expérience, s'il y a dix poulets, est dix fois concluante. C'est-à-dire que les dix
    bêtes décapitées, bien qu'ayant théoriquement le choix entre une infinité de
    directions, vont toutes s'affaisser aux pieds du même homme.
    M. Trapani a plusieurs fois assisté à cette expérience et affirme que si le
    coupable change de place autour de la piste, les poulets, inéluctablement, vont vers
    lui, où qu'il se trouve.
    Le belingo
    Les fêtes du 14juillet qui se célébraient au Gabon - et s'y célèbrent encore -
    étaient l'occasion d'autres étonnantes prouesses.
    Habituellement, dans le chantier de M. Trapani, les exploitants distribuaient des
    cadeaux à leurs quatre cents ouvriers: un litre de vin et un paquet de gauloises par
    personne. La journée étant chômée, les Noirs organisaient
    306
    spontanément des réjouissances et une d'entre elles consistait en une acrobatique
    démonstration sur échasses.
    Dans la foule qui dansait et chantait, apparaissait un homme masqué, déguisé,
    portant peau et queue de bête à la manière des sorciers, et qui marchait avec
    d'étranges échasses hautes de trois mètres. Ces échasses étaient des sortes de
    piquets de bois terminés par deux petites platesformes sur lesquelles les pieds de
    l'acrobate se trouvaient attachés par de fortes lanières.
    L'homme marchait donc sur ces piquets, avec tout le corps, les jambes et les bras
    libres, dans une situation que l'on imagine très instable. Or, il courait, sautait,
    virevoltait, se laissait tomber à terre de tout son long, se relevait aussitôt, puis se
    penchait sans tomber, son corps formant un angle de 45' avec le sol.
    Comment s'y prenait-il pour jongler ainsi avec la pesanteur et les lois de
    l'équilibre? Les Blancs ne le surent
    jamais.
    Après son exhibition, l'homme était déshabillé par les Noirs et courait se cacher
    dans la brousse afin de garder s Noirs de sa race le connaissaient
    certainel'anonymat. Le
    ment, mais aucun ne voulut jamais révéler son identité à M. Trapani.
    Le Noir sait garder un secret. Ainsi, aucun Blanc ne connaît le secret du " belingo
    " et ne connaîtra jamais la subtile composition de ce poison administré par les
    sorciers
    africains.
    Entre Lambaréné et Libreville, dans le Haut-Rambwé Daniel Bouka, " grumier "
    (bûcheron) de race paouïne, avait commis l'imprudence de coucher avec la femme
    d'un Noir d'une autre race.
    Habituellement, ces sortes d'aventures s'arrangent facilement à l'amiable,
    moyennant un don en espèces ou en nature, mais en l'occurrence, et sans doute en
    raison de l'antagonisme racial, il n'y avait aucun compromis possible.
    Un ami noir de M. Albert Trapani prévint le forestier:
    Bouka, mauvais pour lui... il sera belingoté
    307
    De fait, on vit le malheureux dépérir à vue d'oeil. Il fînit par s'aliter et le médecin
    du district de Kango qui l'examina émit un diagnostic formel:
    " Il a le belingo et va mourir. je ne puis rien pour lui " M. Trapani, lui aussi, savait
    qu'aucune médecine officielle n'était jamais venue à bout de ce poison. Comme il
    tenait beaucoup à son " grumier ", et qu'il estimait que la punition était trop sévère, il
    résolut de tenter l'impossible.
    Mais il ne savait même pas à quelle race de femmes Bouka s'était attaqué.
    Les " races ", en Afrique, sont de simples différences de types et de sangs, de
    même qu'en France il existe la race des Bretons, des Basques, des Bourguignons,
    des Provençaux. Les Noirs de l'exploitation se groupaient et dormaient par races
    dans des dortoirs distincts, et le forestier, très aimé de tous ses hommes et jouissant
    d'une haute estime à leurs yeux, leur fit des remontrances.
    " C'est injuste et cruel, dit-il dans chaque dortoir. On ne tue pas un homme parce
    qu'il a couché avec une femme ! Tout le chantier va se ressentir de cette injustice,
    nous étions tous de bons compagnons et notre amitié va être détruite. "
    Un soir, un vieux Noir vint le trouver et lui expliqua qu'il allait essayer d'intervenir.
    "je ne connais pas le secret du belingo, dit-il, car c'est un secret qui se perd de
    plus en plus, et rares sont ceux qui le pratiquent. Mais pour te faire plaisir, je vais
    parler à un ancien d'une autre race... Peut-être pourra-t-il faire quelque chose. "
    Le forestier approuva vivement cette initiative, mais il ne gardait que peu d'espoir.
    Le malade semblait à la dernière extrémité.
    Pourtant, le lendemain matin, Daniel Bouka se présentait devant lui et demandait
    à reprendre le travail. Il n'avait pas engraissé, mais il avait l'oeil clair et en deux jours
    il reprit sa bonne mine.
    L'extraordinaire, en cette affaire, est qu'un antidote ou un remède avait été assez
    puissant pour rétablir, en une nuit, un moribond.
    308
    La laitue miraculeuse
    En Occident, au xviiie siècle, on chantait les louanges d'un thaumaturge qui, sur
    les boulevards de Paris, - faisait croître des fleurs à la minute ".
    il serait facile d'assimiler ce prodige à ceux du même ordre que pratiquent les
    charlatans africains et hindous; pourtant un cas singulier de croissance fut contrôlé
    par l'illustre physicien Denis Papin, alors qu'il résidait en Angleterre.
    Un soir, Denis Papin, qui était à juste titre considéré à l'étranger comme un des
    plus grands physiciens connus, dînait chez le chimiste Edmond Wilde, en compagnie
    de plusieurs membres de la Société Royale de Londres. Ils y furent tous témoins
    d'un prodige, sans supercherie
    décelable.
    Denis Papin relata l'événement dans une lettre qu'il adressa à M. Mesmin, de
    l'Académie des Sciences de Paris:
    Monsieur Edmond Wilde, ayant invité quelques personnes à disner chez lui, sema
    en leur présence, avant de se mettre à table, de la graine de laitue dans une tasse
    qu'il dit avoir esté deux années de temps à préparer, et l'on trouva après le disner, en
    moins de deux heures, que la laitue avoit poussé d'environ la longueur d'un pouce
    (0,027 m) en comptant la racine.
    Il dit qu'il est prest àgager dix contre un que la chose lui réussira toujours de
    mesme; mais qu'il faudra encore deux ans pour préparer de nouvelle terre.
    Cette expérience est, dit-il, la clef de toute agriculture.
    11 la publiera quand il aura fait quelque chose encore de plus considérable qu'il a
    dessein dejoindre à celle-ci...
    On ne connut jamais le secret de M. Wilde.
    La femme qui voit avec ses pieds
    L'erreur de certains empiriques est de croire que leur supranormal est étranger et
    supérieur à la science expérimentale.
    309
    Certes, cette dernière exige un prolongement nécessaire, mais le mystérieux
    inconnu apparaît maintenant comme un facteur commun aux deux méthodes'
    Le savant n'est nullement opposé au fantastique et, bien au contraire, on peut
    assurer que sa foi dans le miracle est beaucoup plus solide que celle de l'empirique.
    L'empirique croit aux gnomes, aux fantômes, au mauvais oeil, à Nostradamus et à
    Cagliostro, à la génération spontanée et à la guérison du cancer par la panacée du
    charlatan. Mais le savant croit au tapis volant, à la parole magique qui fait ouvrir les
    cavernes et à toutes les possibilités spirituelles de l'homme, y compris celles de
    devenir invisible, de rapetisser ou d'atteindre une taille colossale. Il sait que les
    découvertes en biologie dépasseront tous les miracles imaginés.
    Il sait, avec Villiers de L'Isle-Adam, qu'il n:y a pas de rêves...
    En ce sens le cas de la Soviétique Rosa Kuleshova est plus extraordinaire, plus
    incroyable pour l'occultiste que pour le biologiste et le physicien.
    Rosa naquit en 1941 à Nijnii Taghil, ville située au coeur de l'Oural, entre Perm et
    Sverdlovsk. Plusieurs de ses parents étaient atteints de cécité congénitale, et tout
    naturellement, après son travail scolaire, l'enfant, au cours des longues soirées
    familiales, apprit à lire le braille avec ses doigts.
    Il fut bien vite évident qu'elle possédait un système nerveux et sensoriel
    extraordinaire, car bien que dotée d'une vue parfaitement normale par ses yeux, elle
    voyait aussi avec le bout de ses doigts et même par chaque fibre de sa peau.
    Une tare héréditaire modifiant les facultés physiologiques était-elle cause de
    l'anomalie ? Cette tare avait-elle déterminé une sorte de mutation cellulaire ?
    C'est ce que pensent les médecins de l'Institut de Neurologie de Moscou qui, en
    1963, étudièrent le cas de Rosa Kuleshova, hospitalisée dans leur service pour des
    crises d'épilepsie.
    310
    Le docteur Isaac Goldberg constata avec stupeur que Rosa lisait du bout du doigt
    (avec le majeur droit), non seulement les caractères brailles imprimés en relief, mais
    aussi les textes écrits à l'encre ou imprimés sur un livre ou
    sur un journal.
    Des expenences furent effectuées sous le contrôle des médecins de l'Institut, afin
    de déceler une supercherie.
    On banda soigneusement les yeux de la jeune fille. La lecture visuelle ne pouvait
    s'exercer par l'espace compris entre le foulard et les joues, truc habituel des
    illusionnistes.
    Rosa, en effleurant chaque ligne avec un doigt, lut d'abord les titres d'un journal
    disposé devant elle, puis à haute voix, lentement, mais sans marquer de temps
    d'arrêt, elle déchiffra tout le texte d'un article.
    Le test était probant: il n'y avait nulle fraude, mais la des assistants pensèrent que
    le doigt intelligent, plupart
    sensible, tâtait et discernait le relief infime de l'impression par encrage. On plaça
    une plaque de verre sur le journal et e put lire les petits caractères en corps 8 ou 10,
    mais Rosa n
    elle lut parfaitement les "gros titres dont les lettres étaient
    espacées.
    E s'agissait donc bien de vision par la peau et non de sensibilité extrême d'un
    épiderme doté d'un réseau nerveux exceptionnel.
    La preuve devint plus évidente encore quand on présenta au doigt des photos qui
    furent formellement iden-tifiées.
    - je vois, dit Rosa, des soldats qui marchent sur une place publique. Ils ont des
    casques et des fusils. Des avions les survolent... Cette autre photo représente des
    gens qui déjeunent au bord d'une rivière. Sur celle-ci, je vois un homme âgé. Il a
    une forte moustache et trois décorations sont épinglées sur sa poitrine.
    Elle décrivit fidèlement une photo en couleurs, désignant le vert des arbres, le
    bleu du ciel, le gris et le rouge
    des costumes.
    Des feuilles de papier diversement teintées furent identifiées avec facilité:
    311
    - Cette page est bleue... cette page est rose... cette autre jaune, celle-ci blanche,
    celle-ci noire, marron, verte, rouge.
    Avec des lumières projetées sur un écran, le test se révéla aussi probant, le sujet
    " voyant " non plus avec son doigt, mais sans doute par la peau de son visage et de
    son corps, de la même façon, mais en plus nuancé, que les vers de terre,
    naturellement privés d'yeux, distinguent la lumière et les intensités d'éclairement.
    D'autres expériences montrèrent que Rosa pouvait lire et voir les couleurs avec le
    bout de son nez et avec sa langue.
    Avec ses doigts de pied, elle lisait aussi couramment qu'avec son majeur droit,
    effleurant le texte soit avec le gros doigt soit du bout délicat de ses autres orteils.
    Ces phénomènes pouvaient s'expliquer de deux manières : ou bien Rosa lisait
    avec sa peau pourvue de cellules nerveuses inconnues et sensibles à la lumière; ou
    bien elle " Voyait " avec son sensorium, comme les médiums et les voyantes.
    De toute façon, un mystérieux inconnu entrait en jeu, soit avec les yeux des
    cellules de l'épiderme, soit avec le Troisième OEil.
    Le cas n'est pas unique et de tout temps des phénomènes semblables furent
    enregistrés. Dans un hôpital de Bangkok, en Thailande, on apprend sous hypnose
    aux jeunes aveugles à distinguer les contours des objets par réception directe des
    images-lumière sur la peau des joues.
    Les biologistes ne sont pas éloignés de croire que chaque cellule du corps
    humain est un microcosme comportant en puissance toutes les destinations
    possibles et toutes les spécialisations fonctionnelles. Sont-ce ces pouvoirs inconnus
    qu'utilisent certains êtres d'exception monstrueusement développés ou que cultivent
    les initiés à l'ésotérisme transcendant ?
    Mais là où les empiriques voient un mystère psychique qu'ils ont peine à croire,
    les savants décèlent un nouvel élargissement de la science expérimentale.
    312
    Pour les biologistes, voir à travers l'opaque, lire dans la pensée, communiquer à
    distance, émettre et recevoir des messages télépathiques, et même deviner le
    résultat d'une opération mathématique sont les réalités de demain. C'est dire qu'une
    conjonction du surnaturel et de l'expérimental dans ce qu'ils ont de plus subtil est le
    fantastique destin de la science.
    Monsieur Julien Cusseau
    En 1961, un véritable prodige du supranormal - car appartenant à la prémonition,
    voire à la voyance - troubla profondément le personnel navigant et les passagers
    d'un avion d'Air France.
    Fait curieux et déroutant, le héros de l'aventure, on est tenté de dire le médium,
    était l'ex-international de rugby Julien Cusseau, solide gaillard qui ne fait nullement
    profession dans l'occulte, puisqu'il est masseur diplômé.
    Le phénomène se déroula le 2 octobre, dans un quadrimoteur affecté à la ligne
    Orly-Abidjan.
    il était 23 h 30, l'avion survolait Mâcon en direction de sa prochaine escale:
    Marseille. Des voyageurs lisaient les journaux du soir de Paris, d'autres
    somnolaient, quand Julien Cusseau héla discrètement l'hôtesse de l'air:
    - Mademoiselle, voulez-vous dire au pilote qu'il s'apprête à faire demi-tour audessus
    de Lyon. L'avion n'ira pas à Marseille.
    L'hôtesse sourit.
    - N'oubliez pas de prévenir le pilote ! insista Cusseau.
    Derechef, un sourire mitigé fut la réponse de la jeune femme.
    Et puis, à 23 h 3 7, coup de théâtre: à la suite d'un incident technique, le pilote
    décidait de rebrousser chemin. Le quadrimoteur était alors à l'aplomb de Lyon.
    Les passagers, à leur arrivée à Orly, furent hébergés pour la nuit au Air-Hôtel de
    l'aéroport et convoqués pour le lendemain à 19 heures.
    313
    A l'heure dite, tous les voyageurs à destination d'Abidjan étaient assis dans la
    carlingue de l'appareil, ceinture bouclée, attendant l'envol.
    " L'avion ne dépassera pas le cap 60 en bout de piste ", dit à haute voix Julien
    Cusseau.
    Des regards hostiles se dirigèrent vers le fâcheux qui semblait vouloir jeter un sort
    au voyage, et Cusseau s'enfonça dans son fauteuil.
    Une minute d'attente encore. L'avion roula sur l'aire, cherchant la piste d'envol,
    puis effectua un demi-tour avant de stopper.
    Le haut-parleur annonça:
    - Un incident, indépendant de notre volonté, nous contraint à retarder de nouveau
    le départ. Nous présentons nos excuses à nos passagers.
    Après une seconde nuit à l'hôtel, les voyageurs furent informés que leur départ
    était définitivement f ixé à midi. A 1 1 h 30, à l'appel des partants, Julien Cusseau
    n'était pas là.
    On le découvrit dans sa chambre, faisant la grasse matinée.
    - Dépêchez-vous, dit le chasseur, l'avion pour Abidjan part dans 25 minutes. Tout
    le monde est déjà dans le hall. Il ne manque que vous.
    - Erreur, répondit Cusseau. Allez dire à mes compagnons de voyage qu'ils
    piétinent inutilement: l'avion ne partira pas.
    Un tollé général accueillit cette déclaration. Cependant, une fois de plus, le
    départ fut remis à 23 heures.
    - Cette fois, nous partirons et le voyage sera excellent dit Julien Cusseau.
    Cette prédiction s'accomplit.
    Les journaux français relatèrent les faits en s'extasiant sur les dons du devin;
    quelques-uns même parlèrent de " curieuses coïncidences " et les choses en
    restèrent là.
    Julien Cusseau est-il un voyant permanent ou occasionnel ? Personne ne le sait,
    pas même lui.
    314
    Consulté sur ce problème, un physicien du CNRS a répondu:
    - Un avion part de Paris et va à Tokyo. Aucune machine, si admirable soit-elle, ne
    peut prévoir le déroulement exact du voyage et les impondérables possibles. De
    même, aucun homme ne peut réussir ce miracle à coup sûr. Vous me dites : M.
    Cusseau le pourrait. C'est inexact et M. Cusseau reconnaît - qu'il n'est pas toujours
    en état de grâce. J'ajouterai même qu'il ne l'est pas souvent. Dans ces conditions,
    et en admettant qu'une compagnie aérienne s'appuie sur des déclarations aussi
    incertaines, elle irait tout droit à la catastrophe. Il est plus logique de s'en remettre
    aux ingénieurs et techniciens de la mécanique, aux radars de bord, à l'expérience
    des pilotes et aux prédictions de la météorologie nationale. Ces diverses disciplines
    ne sont pas infaillibles, mais leur sécurité mo enne est y
    con
    stante et l'addition de leurs valeurs respectives est incontestablement supérieure
    aux voyances que pourrait faire un médium disant vrai 9 fois sur 10. Car on connaît
    a peu pres la constante d'erreur des appareils et des connaissances techniques es
    ommes, mais on ne saurait jamais quelle serait, sur 10 prédictions, la mauvaise.
    Le docteur Marcel Lapipe expliquait en ces termes l'apport que la science
    supranormale était susceptible d'offrir à la connaissance technique:
    Le supranormal existe et quand il sera étudié, analysé et disséqué comme l'est la
    science expérimentale, il pourra certainement s'intégrer dans l'arsenal de nos
    moyens d'action concernant des problèmes bien définis.
    Mais dans l'état actuel des connaissances, il ne peut être mixtionné avec le
    rationnel et l'expérimental.
    a
    im ginez le jeu mortel du barillet russe: le barillet à six coups du revolver ne
    contient qu'une cartouche. On fait tourner le barillet en fermant les yeux, on applique
    le canon contre la tempe et on tire sur la gâchette.
    Nous avons un risque sur six d'être tué.
    Admettons que le barillet tourne dans un c ,ylindre opaque, que nous ne puissions
    voir où se trouve la balle et que juste-
    315
    ment nous voulions tenter l'expérience avec six chances sur six de réussite.
    Nous pourrons passer le revolver aux rayons X, au détecteur, à différents types
    de radars et acquérir ce que nous pensons être un maximum de sécurité.
    Si l'étude expérimentale détecte la balle à côté du canon, nous pourrons tirer en
    toute sécurité. Si nous voulons nous fier à un voyant, devin, radiesthésiste ou
    astrologue... alors, nous lui demanderons d'appliquer le revolver contre sa tempe et
    de faire la démonstration de ses dons sur lui-même
    Le supranormal sera vraisemblablement toujours une aventure.
    Pour ou contre la voyance
    Les considérations du physicien du CNRS et du Dr Lapipe sont certainement très
    raisonnables, mais en fait, on ne sait absolument rien sur la nature du supranormal
    et, en conséquence, il est donc prématuré d'imaginer son utilisation pratique.
    Le plus sage, puisque son existence ne fait pas de doute, serait d'abord de
    l'étudier scientifiquement.
    Mais il existe un obstacle majeur qu'il faut bien souligner: la plupart des sujets
    soumis aux phénomènes supranormaux ne veulent accepter aucun contrôle.
    En France, l'Institut Métapsychique, place Wagram, qui groupe des ingénieurs,
    des médecins, des physiciens et des chimistes, s'attache honnêtement à l'étude du
    Mystérieux Inconnu. Or, il faut bien l'avouer, les phénomènes demeurent toujours
    inexplicables.
    Alors, que faire ?
    Il est vrai que les moyens mis en oeuvre à l'Institut Métapsychique sont dérisoires
    au regard de la puissante organisation des laboratoires de recherche en science
    expérimentale.
    Cependant, et c'est un argument valable, la science expérimentale permet l'étude
    de phénomènes réalisables pratiquement, ce qui n'est pas le cas de la
    parapsychologie.
    316
    Si les voyants, devins et autres médiums, au lieu de deviner la phrase idiote écrite
    et enclose dans une enveloppe cachetée, la lettre du cousin d'Amérique qui arrivera
    demain, le départ retardé des voyageurs, la mort de la cousine Hortense à 200 lieues
    de là, si les médiums, donc, devinaient le carburant qu'emploient les Russes pour
    leurs fusées spatiales, un nouveau mode de propulsion astronautique, une nouvelle
    formule de moteur pour les autos, un carburant pour remplacer le pétrole... et
    beaucoup plus simple encore: si les médiums qui voient dans l'avenir nous donnaient
    la formule du remède contre le cancer (que nous vaincrons dans peu de temps) ou
    même le remède contre l'eczéma et le rhume de cerveau... alors, oui, nous
    prendrions la parapsychologie au sérieux
    Alors, oui, il faudrait s'incliner
    Mais au lieu de ces preuves qui devraient être faciles à obtenir, les occultistes,
    techniciens de la perte de temps, nous noient dans un ahurissant galimatias, ne font
    que des découvertes et des miracles incontrôlables, ou bien devinent avec succès
    que le chiffre 2 673 est inscrit dans la triple enveloppe cachetée, que la bonne du
    pharmacien se mariera dans 2 ans et 3 mois avec un employé des P et T. A quoi
    bon?
    Les occultistes cherchent l'or depuis 2 000 ans. Ils ne l'ont pas trouvé.
    Les savants fabriquent de l'or, des diamants, des rubis après quelques années
    seulement d'étude.
    Les occultistes cherchent des panacées, des drogues miracles. Qu'ont-ils
    apporté contre la tuberculose, le cancer, la poliomyélite, la fièvre aphteuse, l'infarctus
    du myocarde ?
    Ont-ils inventé l'avion, le moteur à explosion, la photographie, la radio, la
    télévision, le ciment, l'ampoule électrique, l'imprimerie ?
    Non ! Mais ils savent que le chiffre 2 673 est inscrit dans la triple enveloppe.
    Et qu'ils ne nous disent pas que la science expérimentale est initiatrice de
    découvertes dangereuses Montgolfier,
    317
    Denis Papin, Niepce, Daguerre, Marconi, Branly, Pasteur, n'étaient pas des
    magiciens noirs.
    Ce sont les parapsychologues, les occultistes qui sont à l'affût des découvertes
    dangereuses, et les formulaires, rituels et grimoires sont remplis de formules - par
    bonheur sans effet - pour détruire, tuer, brûler, subjuguer !
    Voilà ce que pourrait être un réquisitoire contre la magie. Il ne manquerait pas de
    force.
    Cependant, sous la gangue informe qui l'enveloppe et qui le cache, ne peut-on
    trouver une parcelle de diamant pur ?
    1 6
    Les psychodrogues
    Cette magie devient un phénomène d'actualité avec l'avènement des
    psychodrogues et des drogues pharmacodynamiques qui, tout autant que l'atome,
    vont marquer notre époque.
    Il est indéniable que les savants modernes empruntent à la pharmacopée des
    empiriques, même s'ils échangent la tisane et la décoction contre la piqûre et
    l'implant.
    Les psychodrogues, expérimentées traditionnellement depuis la préhistoire,
    jusqu'aux initiés et yogis de nos temps, expliquent en partie les hallucinations, les
    transes, les extases, les prouesses physiques des fakirs et les dons des médiums.
    Le Mahatma Gandhi, quand il faisait la grève de la faim, se dopait avec certaines
    tisanes, ce qui pourrait éclairer d'un jour nouveau ce personnage étonnant, saint
    homme apparemment, mais qui engendra deux fils, dont l'un devint fou et l'autre si
    délibérément enclin à l'alcoolisme qu'il se suicida dans une crise de delirium tremens.
    C'est par la porte dérobée des bureaux des services secrets que les
    psychodrogues ont fait leur entrée dans l'arsenal de la science et de l'art militaire.
    L'essor prodigieux de la physique et de la biochimie a bousculé la routine des
    services de renseignements. Désormais, le FBI, le GPU, le 2' Bureau français et
    l'Intelligence Service, luttent de vitesse. On sait que l'arme secrète la plus récente
    sera péri-
    319
    le temps de nl,,tlre à l'essai des
    @ée en quelques anné
    ,s
    prototypes- jadis ont fait Place à des laboratoire
    Or, les arsenaux de ' nage classique est devenu pratique-Si fermés que l'esPiOn
    ment impossible. ices de renseignements expérinien- Aussi certains serv
    tent-ils actuellement un nouveau procédé où les effets de
    aperception et d'acuité intell
    nce, d' actuelles sont
    clairvoya és par des psychodrogues.
    directement détermin sont placées sous le cou-
    Les expérierices@ depuis 1962 iie nous coni-vert du secret d'État,
    mais les deux rapports q-- agnétique,
    ent d'un enregistrement in
    inuniqüons provienn r français François d'Agé-présenté en 1961 par le
    docteu decine, section " Hunian
    s of Aviation Me
    ,a,,, à la SchOOI U . travaille à créer l'honime de la strato-Engeneering "i qui ôle de la
    Nasa.
    sphère sous le contr us le no G-81
    ux archives so
    Ces enregisti7ein,nts figurent a
    suivi de quatre chiffres-Le pega-palo
    Officielle, en République
    avait mission que: le pega- Le Dr
    d'Agérac jer une drogue aphrodisia
    Dominicaine,, d'étud
    palo. ixir de longue
    Vers 1938, cette drogue miracle, à la fois él
    vie, haschich, inarii,ana, quinine et cantharide, fit la
    fortune de T@illO qui "avait répandue dans toute
    l'AinériqUP-- r- Voici le rapport du Dr d'Agérac
    sur cette drogue pha
    maco-dynainique
    Dossier n'l - G - 81 re
    -palo est connu aux Caraïbes depuis plus de quat
    Le pega n fait état dans ses écrits est
    Blanc qut e
    siècles. Le prem,er
    Poce de Leon@ un vaillant capitaine espa
    l,illustre don juan 1 voulut éprouver
    te ans lorsqu'i
    ,gnol. Il avait plus de cinquan
    320
    les vertus de la plante; sajeunefemme en avait à peine seize.
    Et ceci explique cela.
    A l'instar de beaucoup de spécialités célèbres, digitaline, cocaïne, éphédrine,
    mescaline et jusqu'à la pénicilline, le pega-palo a primitivement été utilisé par des
    sorciers. La pharmacopée moderne, en l'annexant, lui donna le nom de Rhynchosia
    pyramidales.
    San Domingo
    C'est une sorte de vigne sauvage qui pousse à p
    et dans la République dHaïti OU les Noirs l'a pellent pimandé ou liane bandée. Les
    sorciers vaudous l'utilisent aux mêmes fins que nous: ils en tirent un philtre qui fait
    merveille dans les cas d'impuissance ou de carence virile.
    Mais ce qui, à Haïti, n'est encore qu'au stade artisanal était devenu une industrie
    prospère à San Domingo sous l'impulsion du président Trujillo qui avait chargé mon
    confrère, le Drjosé G. Soha, directeur du Service de Santé du pays, de rationaliser la
    production de la Rhynchosia pyramidales et d'en répandre les bienfaits à l'extérieur:
    en Orient d'abord, en Occident ensuite.
    En Orient, le succès s'est révélé complet: on y diffusa le produit dans des flacons
    de fortiftant portant l'étiquette: Tintura de Pega-Palo, fortidam.
    Aux Etats-Unis, où le ,Laboratoire Quimico Dominicano ", nom officiel de
    l'organisation commerciale, s'est heurté à la Food an Drug Administration, le pe
    ,ga-palo est clandestinement distillé aux Américains dans
    les bars de Floride et de Virginie.
    Le yagé
    Le rapport no 2 du Dr d'Agérac, immatriculé G-81-1 B, comportait une proposition
    d'une extrême importance puisqu'il suggérait aux Services Secrets US
    d'expérimenter une psychodrogue extraordinaire, le yagé, à des fins d'espionnage :
    Je propose le pagé de préférence à d'autres vé
    qétaux méta qnomigènes: l'olohuqui, l'huachuma,
    l'ayahuasco, le datura,
    321
    le peyotl et le muchamore sibérien ou bolet des Kamtchadates, parce que j'ai étudié
    ses effets à l'Institut Expérimen-tal de Saint-Domingue.
    Le,yagé a une prédilection pour les forêts vierges de lAmazone, mais on le trouve
    é ,galement en d'autres régions des tropiques; son potentiel pharmacodynamique se
    localise dans la partie la plus proche de la terre.
    Quant à la façon de l'utiliser, rien de plus simple: il faut nettoyer la liane sous un
    jet d'eau courante, la hacher, puis la faire bouillir pendant 36 heures dans un certain
    volume d'eau. Le decoctum, c'est-à-dire le liquide restant après cette Ion 1 ,gue
    cuisson doit être filtré, mais sans précaution particu lière, uniquement pour le rendre
    absorbable.
    Le sujet drogué avec ce decoctum entre en transe, et acquiert des facultés
    supranormales qui lui donnent le pouvoir psychique de franchir tous les obstacles et
    de partir en mission, instantanément, dans n'importe quelle région du
    globe.
    Inconsistant, invisible, impondérable, mais pourtant vigilant et compréhensif, il
    peut devenir un espion en corps astral et se jouer de tous les rideaux de fer et des
    huis clos les Plus
    formels.
    Bien entendu, ces facultés médiumniques ont été scientiftt-Domingue, en mars
    quement contrôlées à l'Institut de Sain
    et avril 1958, et des rapports officiels certifient l'authenticité
    des faits relatés.
    Les documents sont contresignés par différentes personnalités scientifiques
    dominicaines et par: le Dr J. G. Soha, chef du Service sanitaire; Dominguez Albarran,
    docteur en pharmacie; Aristote Aris, correspondant de la Duke University; et par le
    préfet de police de Ciudad-Trujillo.
    Suivait la relation d'une vingtaine d'expériences dont les
    quatre cas ci-après nt de deux ans enlevé
    - Découverte à 1 400 km d'un enfa ire, travailà ses grands-parents
    (sujet: une fille de salle, no
    lant à la cantine des employés de l'Institut de SaintDomin"gue).
    322
    - Description d'une salle dejeu de Las Vegas, de 23 h 15 à 24 h (sujet: un
    adolescent de 17 ans, aide-bûcheron dans la région de Yaqui [Saint-Domingue]).
    - Description d'une partie de tennis à Sydney (sujet: un campesino âgé d'environ
    80 ans, n'ayantjamais quitté son village@au pied des monts Cristi [Saint-Domingue]).
    - Enumération des valeurs enfermées dans un coffre de la succursale de la Chase
    Bank à Vancouver (sujet: un pêcheur du lac Enriquillo [Saint-Domingue])...
    Il va de soi que les sujets que nous avions selectionnés étaient des individus sans
    tare, de constitution robuste et d'intelligence moyenne. Ils ne savaient ni ne
    soupçonnaient ce qu'on attendait d'eux, le prétexte officiel de leur convocation à
    lInstitut étant un examen médical, qui expliquait suffisamment le jeûne de 12 heures
    que nous avions prescrit avant l'expérience.
    Le sujet, bien que conservant toujours sa lucidité, ne garde pas le souvenir de ce
    qu'il dit et voit sous l'influence de la drogue.
    C'est là un point d'une extrême importance.
    Le docteur d'Agérac explique ainsi l'influence spécifique du yagé sur le cerveau:
    A mon avis et d'après les encéphalogrammes recueillis au cours de mes
    expériences, le phénomène yagé se passe au niveau du cortex cérébral. fl agit sur
    les neurones, plus particulièrement sur les synapses qui sont les points de jonction
    interneuroniques... et aussi, mais ce n'est là qu'une hypothèse, sur l'acétylcholine qui
    est le médiateur chimique réglant la circulation des influx de neurone à neurone.
    En agissant indirectement sur ces influx, leyagé provoque l'émer agence
    (provisoire) d'une faculté nouvelle de la conscience et le drogué acquiert le don de
    bilocation. Tout en demeurant physiquement sur place, son esprit ou une part
    consciente de lui-même se transporte à l'endroit qu'on lui a demandé d'investiquer. fl
    est à ce moment précis, dans l'état de superconscience que lesyogis qualifient de
    taijasa.
    323
    Il semble donc possible que sous l'action du yagé, l'esprit conscient d'un individu
    puisse pénétrer dans les centrales atomiques et les laboratoires des savants.
    Si un tel pouvoir existe, des agents secrets pratiquent déjà cette forme inédite de
    l'espionnage moderne.
    Les psychodrogues peuvent avoir d'autres utilisations. Il serait possible
    notamment d'établir télépathiquement une liaison air-sol entre les avions et les tours
    de contrôle. En ce cas, la transmission de pensée suppléerait le message
    radio.
    et le temps se trouvant abolis pour les
    Enfin, la distance
    sujets soumis à l'action du yagé, il serait passionnant de procéder à des explorations
    - sous forme d'expériences einte. Sur la dans le monde cosmique encore hors d'att
    Lune, par exemple, et même jusqu'aux étoiles distantes de milliers d'années-lumière
    si les tests se révèlent
    encourageants.
    Il ne nous est pas possible, ne disposant pas de yagé, de savoir si actuellement
    des espions américains assistent aux conférences secrètes du Kremlin ou
    accompagnent le Premier ministre soviétique dans sa datcha, au cours de ses weekends,
    mais nous pouvons révéler un fait curieux: en août 1962, M. Khrouchtchev a
    été pris d'une véritable crise de nerfs en apprenant par la presse que M. Kennedy
    avait
    déclaré
    " LIURSS vient de signer un traité secret militaire et économique avec Cuba. Le
    traité a été ratifié par M. Gavara pour la République cubaine. "
    Or, l'existence de ce traité ne fut rendue publique que le 3 septembre. C'était la
    première fois qu'un secret d'Etat soviétique était éventé par l'Intelligence Department
    US. Pourtant M. Khrouchtchev a déclaré formellement:
    " Il n'y a pas eu de fuite "
    Toutefois, les psychodrogues présentent un inconvénient majeur: si elles
    déterminent la voyance, elles rendent aussi aboulique et constituent un véritable
    sérum de vérité.
    324
    Se rattachant au lavage de cerveau et à l'emprise naturelle ou artificielle sur
    l'intellect, la résistance aux drogues et aux suggestions imposées a été étudiée par
    des services spécialisés. On sait en particulier combien les Russes étaient passés
    maîtres dans l'art de provoquer l'autocritique, de dépersonnaliser les individus, de les
    subjuguer et de les confesser.
    Le cardinal Mindszenty, primat de Hongrie, soumis à l'inquisition, au peyotl et
    autres pseudo-sérums de vérité, fut, sinon le premier, du moins le cas le plus
    célèbre. Récemment, le colonel US Francis Powers, pilote de l'avion espion U-2
    abattu en 1960 par les Russes, ne put résister au traitement subi.
    C'est dire l'importance que revêt la force de caractère des hommes appelés à
    détenir des secrets d'État et à lutter jusqu'à l'extrême limite des forces humaines
    pour ne pas les trahir.
    L'école de Saclay
    En France, l'École Navale, comme la Marine US, participe à la course au cosmos,
    aux fabrications d'engins à propulsion atomique et d'armes secrètes. Le recrutement
    des cadres est un problème si difficile que la sélection des ingénieurs est opérée à
    Saclay où on leur fait subir des tests psychotechniques très poussés qui sont de
    véritables lavages de cerveaux.
    Ceux qui résistent le plus longtemps sont les premiers choisis.
    Physiologiquement, ces hommes sont soumis à un examen des plus sévères.
    Quiconque a plus de 1, 1 1 m de gros intestin est éliminé, car il est prouvé par les
    travaux du professeur français Pierre Duval, membre de l'Académie de Médecine,
    que les hommes d'action, à caractère solide, ont un gros intestin plus court que la
    moyenne (1,11 m pour un poids de 62 kg).
    325
    Les mystiques, qui ont tous un gros intestin anormalement long, ont tendance à
    devenir plus raisonnables si on en diminue la longueur. La raison de cette
    métamorphose n'est pas encore clairement connue, mais le fait a été souvent
    constaté. Tout se passe comme si le gros intestin déterminait directement le
    comportement cérébral et une certaine tendance à l'idéalisme.
    En 1938, le professeur Duval eut à opérer, à l'hôpital de Vaugirard, pour une
    occlusion intestinale, une haute personnalité religieuse dont le gros intestin était
    anormalement, long: près de 2 m. On coupa environ 1 m et la guérison s'effectua
    dans les meilleures conditions.
    En 1941, l'ecclésiastique vint remercier le professeur Duval, accompagné de sa
    femme et de ses deux enfants. Il avait perdu la foi, quitté les ordres et s'était marié.
    semblables furent observés sur des person- 1
    D'autres cas
    nalités moins importantes, religieux de toutes confessions
    et spiritualistes.
    On peut avancer que les toxines résorbées par le gros intestin conditionnent le
    caractère de chaque individu.
    Une école d'envoûtement
    La guerre psychologique - la guerre froide - emprunte ses armes à une panoplie
    extrêmement complexe, qui va jusqu'à l'envoûtement politique.
    Le Sunda ,y Tele
    "graph, de Londres, a publié en 1961, sous le titre Moscou trained me for
    revolt in Africa, by Anthony G. Okotcha, une curieuse relation de pratiques de
    sorcellerie dont l'auteur, étudiant noir nigérien, aurait été le héros
    1. Publié par le journal La Nation géorgienne. Le récit de A. G. Okotcha est en
    vente au Sunday Telegraph, 135 Fleet Street, London EC4. Bien que cette relation
    ait un caractère de politique tendancieuse elle est certainement exacte. Mais il est
    probable que les gouvernements anticommunistes ont employé des procédés
    analogues à des fins politiquement opposées.
    326
    Cet étudiant s'était laissé persuader d'aller apprendre le droit international à
    l'université de lAmitié-des-Peuples à Moscou. Endoctriné en politique révolutionnaire
    ge droit international brillait par son absence en ladite université), il a assisté à des
    cours d'assassinat politique et de sorcellerie à l'usage des peuples dAfrique.
    Sorcellerie " scientifique " : crânes parlant par microphones: @je suis l'esprit de ton
    ancêtre; je suis Shan"go le Grand Esprit des eaux profondes; va tuer le gouverneur
    britannique; inscris-toi au Parti Communiste et obéis, lesyeux fermés, à tous ses
    ordres...
    Okotcha revint à Londres pour recruter des étudiants africains à destination de la
    même université, puis il fut envoyé en Afrique pour renverser le gouvernement
    modéré de la Nigeria ety instaurer en 1964 un ré ,gime communiste.
    Les multiples assassinats de leaders politiques noirs et d'administrateursju "gés
    irrécupérables, prévus pour atteindre ce but, ont finalement ouvert les yeux de
    l'étudiant qui se récusa.
    Dans notre humanité inquiète et inquiétante, les drogues nouvelles n'ont pas
    encore donné la mesure de leurs possibilités, mais elles présentent déjà des
    dangers.
    Les psychodrogues ne pouvaient guère servir qu'à une recherche incertaine. Les
    produits dynamiques et les tranquillisants sont, eux, tout-puissants dans la
    préparation du monde de demain: celui des robots passifs et consentants que l'on
    peut transformer en dieux redoutables.
    1 7
    Les drogues pharmacodynamiques
    Les drogues pharmacodynamiques, qui appartiennent en propre à nos Temps
    d'Apocalypse, ont eu dans l'Antiquité des précédents, pourrait-on dire, naturels. Les
    coinbattants de L'Iliade s'injuriaient pour chauffer leur colère, les Gaulois
    recherchaient les lâches dans leurs rangs, les chrétiens priaient, chantaient ou
    lançaient l'anathème. Puis apparurent les véritables drogues pharmaco-dynamiques
    : le vin et la célèbre " gniole " qui remporta la guerre de 14-18 contre les buveurs de
    bière.
    Les volontaires de la mort japonais, après avoir suivi des cours dans des écoles
    spéciales et subi des lavages de cerveau, étaient drogués ou enivrés à l'alcool de -
    riz. Les bacchanales antiques, les orgies bachiques, l'éréthisme nerveux, les
    congestions cérébrales des yogis, la danse et la musique hot procèdent du même
    principe d'excitation. S'y ajoutent bien entendu les excitants éprouvés, haschich,
    pega-palo, Maxiton, etc.
    Nous vivons dans une ère où l'homme ne peut plus demeurer ce qu'il est: il doit
    évoluer, muter, ce qui suppose une nécessité de temps inacceptable, s'il ne veut pas
    être éjecté des engins qu'il invente.
    Il doit, lui le pilote, aller à la même vitesse que la fusée qu'il a construite; or,
    l'évolution mécanique est infiniment plus rapide que l'évolution physique et l'homme
    est en retard par rapport aux machines qui dépassent ses possibilités et qui
    déborderont bientôt son génie. Car il lui faut
    328
    aussi devenir plus intelligent, plus fort, plus intuitif : en bref, l'homme doit provoquer
    son surhaussement pour devenir un demi-dieu.
    L'hérdisme quotidien
    Cette mutation artificielle qu'il est pressé d'acquérir, il la réalise par les drogues
    pharmacodynamiques. Grâce à elles, en quelques heures, il peut devenir un héros.
    Depuis une vingtaine d'années, l'héroïsme - qui est souvent une forme du
    fanatisme, du fatalisme, du désespoir ou de la perversion - est devenu chose plus
    courante que la lâcheté. On connaît encore des hommes qui ont peur, mais les
    Léonidas, les Bayard, les Surcouf se multiplient, ce qui ne manque pas d'être
    inquiétant.
    En 1940, les SS d'Adolf Hitler se sacrifiaient avec une sorte de volupté pour leur
    führer. A Stalingrad, les Russes se firent tuer sur place plutôt que de reculer. En
    1944, des régiments alliés briguèrent l'honneur mortel de débarquer les premiers sur
    les côtes de la Manche. Pour l'opération suicide de Diên Biên Phu, en Indochine, il y
    eut plus de volontaires que d'appelés, sans parler des kamikaze japonais, des
    hommes-grenouilles suicides italiens, des candidats au voyage dans le Cosmos.
    Mais la nature exceptionnelle des missions militaires et scientifiques (elles
    coïncident la plupart du temps 1) que l'on confie aux soldats et aux savants oblige à
    des mesures d'une rigueur extrême. Il ne doit pas exister un risque sur mille que
    l'homme de confiance - cosmonaute ou espion - ait une défaillance: l'importance de
    l'enjeu exige la réussite.
    La mise à l'épreuve sur le japon de la première bombe atomique fut à ce point de
    vue riche d'enseignements. Préalablement, avec une folle inconscience, les
    Américains avaient confié à des étrangers la direction et l'exploitation
    1. Les cosmonautes sont tous des militaires : capitaines ou colonels.
    329
    de leurs usines nucléaires. A Los Alamos, Oppenheimer et d'autres savants
    atomistes avaient parié chacun un dollar sur les chances de réussite de la bombe de
    juillet 1945.
    Le pieux président Truman donna son accord au lancement de la bombe A sur
    Hiroshima, après s'être mis au lit et avoir lu la Bible, comme chaque soir'.
    Le plus grand assassin
    La responsabilité de l'anéantissement des deux villes japonaises (Hiroshima et
    Nagasaki) fut confiée à un groupe d'aviateurs américains dont faisait partie le jeune
    Claude Eatherly, 25 ans.
    Et si Eatherly, tourmenté de scrupules de conscience, l'esprit subitement dérangé,
    avait lancé les bombes sur New York et San Francisco ? A vrai dire, Eatherly ignorait
    l'importance du cataclysme qu'il allait déclencher.
    Toutefois, devenu fou en 1947, par " complexe de culpabilité ", il fut interné
    plusieurs fois et cria à la face du monde que le gouvernement américain avait fait de
    lui le plus grand assassin de tous les siècles. Un autre pilote de l'expédition, le
    sergent Leroy Lehman, rongé de remords, s'était retiré dans un couvent en Italie.
    Puis, on apprit des détails sur la " belle opération' "
    Le colonel P. W. Tibbets junior (35 ans), le capitaine Lewis, le lieutenant Nelson
    (20 ans) et six autres officiers formaient un équipage sain de corps et d'intellect qui
    pilotait un B-29 baptisé Enola-Gay',,gloire de la mécanique de notre ère scientifique.
    Ils se croyaient également spirituellement sains, car ils avaient à bord de leur B-
    29 quatre bibles, deux croix et comme talismans, des objets que vous ne sauriez
    imaginer: trois culottes defemmes !
    Et voilà qui en dit long sur l'équipage de lEnola-Gay.
    1. Collection Noyau, Série A.
    2. Enola-Gay: c'était le nom de jeune fille de la mère du colonel Tibbets.
    330
    Et tout cet assemblage de bibles et de culottes de femmes vous dira davantage
    quand vous saurez que le B-29 et son équipage sélectionné, en parfaite santé
    physique et morale..., furent l'avion et l'équipage qui, le 6 août 1945, lâchèrent la
    bombe A sur Hiroshima (150 000 morts).
    Il n'est plus question maintenant - ni pour les Américains, ni pour les Russes, ni
    pour qui que ce soit - d'envoyer sur des bombardiers atomiques, et à plus forte
    raison sur des fusées spatiales, des hommes qui pourraient devenir fous, avoir peur,
    ou froid ou faim, ou même qui pourraient penser.
    Tout est réglé d'avance; de la Terre, on pense, on réagit pour le cosmonaute qui
    n'aura plus, s'il en réchappe, qu'à débiter la petite leçon apprise, recevoir des
    bouquets et embrasser en souriant des petites filles endimanchées.
    Les cosmonautes sont des robots
    Voici comment le deuxième homme de l'espace fut préparé à la mission qu'il
    devait remplir mort ou vif:
    A 4 h 30, Titov, qui dormait dans sa chambre d'isolement, est réveillé par ses
    gardiens. Il ne sait pas que ce dimanche 6 août 1961 est le jour J.
    Les savants chargés de sa précieuse personne épient ses réactions avec une
    attention sévère. Tout va bien: depuis deux jours, le futur cosmonaute est
    biologiquement au point; les drogues, alliées à certaines formules de tranquillisants,
    ont fait de lui un être parfaitement docile.
    Après des semaines d'école spéciale, d'entraînement et de traitements physiques
    et psychiques, il assumera exactement la mission que l'Etat va lui confier. Gherman
    Titov n'aura pas peur, pas froid, pas faim, pas chaud, car il nia pas de corps à lui; il
    n'aura pas de scrupules de conscience, car il n'a pas de conscience ; il ne trahira
    pas, il sera un rouage télécommandé de la Terre.
    331
    Il mange le léger repas chimiquement préparé pour lui et passe aux mains des
    habilleurs. Un spécialiste fixe sur son crâne et sur tout son corps les contacts
    d'électrodes qui télédéclencheront ses réflexes et renseigneront les savants sur le
    comportement de son organisme.
    On le revêt de son scaphandre bleu pâle de cosmonaute, et des électroniciens
    vérifient les lignes qui seront branchées sur un dispatching de bord.
    Désormais, Titov n'est plus un homme, pas même un robot, mais une sorte de
    machine électronique qu'on transporte en car, qu'on hisse par ascenseur, qu'on
    ajuste comme un rouage parmi d'autres rouages dans le cercueil de céramiquetitane.
    Titov, pendant 25 heures, ne verra rien - pas même la mappemonde
    gyroscopique montée - en frime " devant ses yeux aveugles -, il ne sentira rien, il
    n'aura aucune notion de temps, de danger, de grandeur.
    A proximité de ses mains sont des manettes. Il n'aura guère à les manoeuvrer:
    de la Terre, ceux qui le dirigent déclencheront automatiquement, à point voulu, les
    réflexes de ses mains, par le jeu des électrodes. Il sera en dehors de tout, mais il
    faut bien donner l'impression qu'il sert à quelque chose.
    A 7 heures, Titov est parti, baignant dans une douce euphorie comme un
    Bienheureux montant au Paradis
    Les hommes ne sont pas prêts - ni physiquement ni moralement - à effectuer
    impunément une navigation sidérale sur des engins qui développent une poussée de
    2 millions de tonnes. Dé à, sur les avions à réaction volant à 800 km-heure, de
    nombreux passagers ont des crises d'épilepsie et de dépression nerveuse. Le 18
    septembre 1962, l'actrice Jayne Mansfield, venant de Rome, descendit en larmes à
    l'aérodrome de New York.
    Quand le voyageur est de moindre notoriété, son agitation est calmée par des
    procédés sans appel. Sur la ligne
    1. A la seconde du départ il aurait dit: "Et un bonheur jamais éprouvé
    m'enivra.
    332
    Paris-Bamako, les Noirs qui ne peuvent supporter l'altitude et la vitesse et qui sont
    pris de crises de nerfs font le trajet " Clef à molette ", c'est-à-dire qu'on les assomme
    avec l'instrument précité.
    Tous les pilotes et toutes les hôtesses de l'air, sur les lignes rapides, sont victimes
    de dépression et de troubles pulmonaires. On a même vu - plusieurs fois, mais le fait
    est tenu secret - équipage, hôtesses et passagers refuser de prendre l'air !
    Il existe donc une nécessité de préparer les hommes au voyage cosmique en les
    habituant au préalable sur des jets volant à Mach 3 (plus de 3 000 km/heure) à une
    altitude de 20 000 mètres environ. Cela pose des problèmes très diffîciles à
    résoudre, si difficiles que les compagnies aériennes n'envisagent pas de lignes
    supersoniques commerciales avant 1970.
    De toute façon, le système " clef à molette " fera place à une médication plus
    scientifique. Au lieu d'inciter les passagers, comme on le fait aujourd'hui, à prendre
    un cachet contre le mal de l'air, on délivrera, avec le billet, la drogue qui permettra de
    supporter aisément le voyage.
    Quant aux conséquences subies par les humbles Terriens demeurés au sol, on
    n'en parle pas. Signalons cependant le rapport du pilote du B-58 qui parcourut Los
    Angeles-New York et retour en 4 h 42 mn: Vitesse en altitude : 1 500 miles à l'heure
    au sol: 13 000 fenêtres brisées.
    Pourtant, il est hors de doute que nous poursuivrons la conquête du ciel. Les
    temps de cette conquête sont venus. Il n'est plus possible de faire machine arrière.
    Le destin de l'homme le pousse hors de la Terre.
    Comme Titov, il deviendra un robot savamment élaboré par les bons docteursélectrodes
    et il s'envolera vers les astres, plongé à distance dans " un bonheur
    jamais éprouvé ". Ainsi se fera la sélection naturelle: ceux qui ne pourront suivre le
    rythme disparaîtront; les autres s'adapteront à la nouvelle ère.
    Quand la planète Terre deviendra inhabitable, si elle le devient, seule survivra
    l'élite préparée à l'évasion cosmi-
    333
    que. En attendant cet exode, une véritable guerre scientifique oppose l'Occident à
    l'Orient.
    Les tranquillisants: une redoutable invention
    La fin de siècle que nous allons vivre ne sera cependant pas aussi affolante qu'on
    pourrait le supposer, car, comme dans l'avion supersonique, les tranquillisants
    aideront à supporter le voyage, et les drogues pharmacodynamiques donneront aux
    hommes l'impression euphorique d'être des demi-dieux.
    En découvrant les tranquillisants, le Français Laborit a réalisé une révolution qui
    va changer la face du monde et former, tout autant que l'avènement de la science
    atomique, les caractères propres à l'ère nouvelle.
    L'homme, par l'intercession des drogues, entre de plainpied dans un paradis
    artificiel.
    Déjà, de plus en plus, il échange ses qualités réelles contre des qualités
    apparentes qui sont loin d'être inoffensives.
    Qu'un malade drogué affronte une opération en toute quiétude, sous l'influence
    d'un tranquillisant, soit ! Mais ce sont les hommes " améliorés " qui la nuit s'élancent
    à 150 à l'heure sur les autoroutes ; les cosmonautes drogués qui montent dans les
    fusées sidérales ; des femmes enceintes qui abusent de certains médicaments pour
    affronter l'enfantement.
    Les étudiants des lycées se droguent pour passer un examen, et il n'est un secret
    pour personne que les athlètes russes et américains, que les coureurs cyclistes et
    les nageurs se " dopent " pour améliorer leurs performances. Bientôt, le savant luimême
    - si ce n'est déjà fait - voudra décupler ses facultés intellectuelles.
    L'étude de la psychologie sous-marine effectuée par l'explorateur jean-Albert
    Foëx 1 a démontré que l'esprit
    1. Dans son livre: Les mystères du Monde submergé, éd. R. Laffont.
    334
    humain, à une certaine profondeur, acquiert des apercep-tions dans le sens de la
    quatrième dimension.
    Tout cela risque de nous mener très loin.
    L'homme artificiel, le demi-dieu de l'an deux mille serat-il véritablement plus
    heureux que nous ?
    Le but suprême de la vie étant le bonheur, la science entreprend d'imposer à
    l'humanité un bonheur obligatoire. Le premier stade est l'abrogation du malheur.
    Le malheur ? C'est une situation précaire, subalterne, un mal incurable qui guette,
    un amoindrissement physique irrémédiable, des soucis ou des deuils familiaux,
    l'insécurité personnelle ou sociale, des échecs. Qu'importe, si le médicament miracle
    est là.
    Un opium, un haschich, une cocaïne sans effet pernicieux apparent, un tonique,
    autorisé et même - pourquoi pas? - imposé à la façon du bromure dans le vin des
    casernes: voilà le bonheur à la portée de tous. Il suffit pour cela que les
    gouvernements prennent le monopole de certains produits.
    Ainsi naîtra peut-être l'homme robot, s'écartant de son destin naturel et soumis à
    devenir strictement réglé, épousant la politique, adoptant les jugements dictés. Il est
    possible que ce bonheur soit une victoire, mais une victoire inquiétante.
    Les dieux artificiels
    En attendant sa mutation non contrôlable, l'homme de l'an deux mille revêt déjà le
    Chaud Manteau des Dieux, acquiert l'intelligence, l'instinct, la résistance des entités
    supérieures. Il ne lui reste plus qu'à acquérir l'immortalité.
    S'il précipite sa chute, il transforme la culbute en envol, et comme Titov, l'homme
    de l'an deux mille élabore son dangereux destin avec la sensation d'un Bienheureux
    au paradis. Peut-on penser - comme certains - que des êtres supérieurs, que nous
    ne connaissons pas, sacrifient l'homme terrestre pour préparer l'avènement de
    l'homme
    335
    du cosmos? Peut-on penser que ces irradiations, ces drogues, ces mutations
    accélérées sont une opération sauvetage ?
    La conquête du ciel deviendrait-elle une nécessité vitale ?
    Il est étrange de constater que les nations engagées dans la course au ciel n'ont
    pas donné les raisons qui les animaient.
    La curiosité scientifique, l'esprit d'aventure ? Peut-être existe-t-il aussi un besoin
    presque inconscient de fuir notre planète menacée.
    On a supposé aussi que nous pourrions obéir à un mystérieux appel venu des
    profondeurs du ciel, appel télépathique, informulé, transporté par des ondes que
    nous ne savons pas capter.
    On a souvent annoncé que des extraterrestres avaient atterri, soit pour étudier,
    soit pour contacter les Terriens. Mais alors, si des rapports ont été établis - ce qui
    est loin d'être certain - on est en droit de penser que le secret des voyages spatiaux
    a peut-être été révélé. A moins que la science de Vénus, de Mars, ou d'ailleurs, ne
    soit absolument différente de la nôtre, inadaptable.
    A moins que les êtres d'ailleurs n'estiment souhaitable de ne pas encourager les
    échanges à double sens.
    Lointaines semences
    Bi en entendu, cette extrapolation est fort aventureuse, mais elle est peut-être la
    vérité de demain. Il y a plus de trente ans, une Anglaise, lady R.... croyait si
    fermement à la panspermie et à la coexistence cosmique, qu'elle expérimenta sur
    des adeptes la justesse de ses théories.
    Il s'agissait de faire féconder de jeunes femmes par des semences d'êtres du
    cosmos transportées sur ondeslumière. Lady R... avait tenté l'expérience elle-même,
    mais sans succès. Elle en avait conclu que son âge une
    336
    soixantaine d'années - prêtait un support douteux à la tentative.
    L'expérience se poursuivit avec de belles et jeunes vierges qui, couchées nues
    dans une propriété privée, cherchaient aventure avec les étoiles. Des écrans
    judicieusement placés faisaient converger une lumière dense, mais tamisée pour
    éviter les brûlures. On pensait ainsi augmenter les chances d'insémination.
    Les vierges que lady R... destinait à devenir les mères d'une nouvelle humanité
    étaient, en raison du rôle éminent qui pouvait leur échoir, nourries selon la méthode
    végétarienne, tenues hors de tout contact humain comme les vestales et n'avaient le
    droit de lire que la Bible. Elles formaient deux clans: l'un, soumis à la panspermie
    des étoiles, était composé de jeunes filles qui devaient vivre toutes nues du coucher
    au lever du soleil; l'autre - le moins nombreux - était consacré à la fécondation solaire
    et les filles, couchées sur des lits portatifs orientables selon le déplacement de
    l'astre, officiaient de l'aube au crépuscule.
    Au début, les résultats ne furent guère encourageants. Lady R... commençait à
    douter de sa théorie, quand une des jeunes filles eut les symptômes d'une maternité
    que le médecin confirma. Quelques mois après, elle fit une fausse couche.
    Lady R..., qui avait toujours pris grand soin d'éloigner le sexe fort de ses sujets,
    proclama que la " chose " était le fils d'un homme de l'espace. La presse tourna
    l'affaire en dérision et nul ne voulut croire la jeune mère - elle affirmait être vierge - et
    la vieille lady qui mourut avec ses fantasmes.
    Messages du cosmos
    Parallèlement à l'essai de conquête, il devient indispensable de signaler aux
    extraplanétaires que nous envisageons d'entrer en contact avec eux.
    337
    Déjà des fusées sont parties vers la Lune, Vénus et Mars; mais le bon ton
    n'exige-t-il pas qu'en toute circonstance on frappe à la porte avant d'entrer ?
    Les Russes ont considéré comme l'expédition d'un message l'envoi de Lunik II, le
    12 septembre 1959, sur la Lune. Camille Flammarion et les astronomes William
    Pickering et Robert Barker croyaient que la Lune était habitée !
    Barker nota le 12 décembre 1937 et le 16 janvier 1938 des zones colorées
    laissant croire qu'une végétation se développait sur notre satellite en un cycle
    végétatif complet de 14 jours 3/4.
    L'astronome Percival Lowell vit au télescope, dans la nuit du 7 décembre 1900,
    une traînée de lumière jaillir de Mars et demeurer visible pendant 1 heure 10
    minutes.
    S'agissait-il d'un signal ? C'est peu probable, car un signal doit comporter au
    moins deux caractéristiques : être d'une nature compréhensible, être répété à
    intervalles réguliers. Giovanni Schiaparelli, directeur de l'Observatoire de Milan, vit
    sur la planète Mars une croix lumineuse. En 1921, Guglielmo Marconi capta, sur son
    yacht l'Elektra, des messages en morse qu'il assurait provenir d'une zone
    extraterrestre. Ces messages émis sur 150 000 m de longueur d'onde se répétaient
    à intervalles réguliers et ne pouvaient provenir de perturbations électriques.
    Pour leur part, les hommes doivent eux aussi envoyer des signaux dans le
    cosmos. Mais quel signal envoyer ? Un message en morse, avec le laser ?
    En 1944, un astrophysicien allemand calcula que l'atome d'hydrogène neutre
    devait émettre un rayonnement hertzien sur une longueur d'onde voisine de 21
    centimètres. Ce rayonnement, la raie 21 de l'hydrogène, a la particularité de ne pas
    être arrêté par les poussières cosmiques et constitue en quelque sorte - la longueur
    d'onde type du cosmos ". Il est facilement détecté par les radiotélescopes.
    Si donc des civilisations analogues à la nôtre ou, mieux encore, supérieures à la
    nôtre, existent dans le Cosmos à
    338
    une distance n'excédant pas 2 millions d'années-lumière', nous devons pouvoir
    communiquer avec elles, car la longueur d'onde de 21 cm est obligatoirement captée
    par les astronomes extraplanétaires. Il serait évidemment fort instruc tif d'entretenir
    ainsi des conversations. Mais comment comprendre le sens des messages ?
    Et que dire, de notre côté ?
    En Amérique, des techniciens spécialisés s'efforcent d'établir un code de signes
    idéographiques et phonétiques. Évidemment, ces contacts, ces messages,
    impliquent la certitude que les extraterrestres ne sont pas parmi nous. Pourtant, des
    faits curieux mais peu vraisemblables, notés comme indices insolites, figurent aux
    archives des clubs d'études des UFO.
    On y trouve d'abord certaines relations de contacts entre extraterrestres et
    Terriens, notamment au japon et en Amérique, mais il est difficile de leur accorder
    grand crédit. Les Vénusiens qui auraient atterri au mont Shasta, les délégués de
    Bételgeuse à Muroc Air Field et les débarquements de Martiens par soucoupes
    volantes ne présentent pas de garanties sérieuses. Nous en avons déjà parlé.
    Monica, fille sans père
    En juillet 19625 un brusque refroidissement de la t,.P,rature survint à Catane, en
    Sicile, sans raison apparente, et des témoins assurèrent que " des choses sans
    consistance, qui étaient peut-être des hommes d'une autre planète ", avaient visité
    plusieurs maisons.
    En Allemagne, en 1945, une naissance extraordinaire fut interprétée comme le
    résultat d'une expérience analogue à celle de lady R.... mais provoquée par les
    extraterrestres.
    1. La raie 21 de l'hydrogène a cependant un pouvoir de pénétration très
    supé- à 2 millions d'années-lumière, et on sait par l'observation de la
    Grande
    rieur
    Nébuleuse d'Andromède, qui se situe à cette distance de la Terre, que des
    communications de cet ordre sont aisément réalisables.
    339
    il s'agit de l'affaire de la petite Monica.
    Au cours de l'été 1944, une jeune Allemande de Hambourg, âgée de 26 ans, eut
    la surprise d'entendre son docteur lui annoncer une maternité proche. Or, la jeune
    femme était absolument certaine de n'avoir pas connu d'homme depuis quinze mois.
    En 1945, elle mit au monde la petite Monica, sans essayer de prouver
    scientifiquement le miracle qui venait de se produire.
    Elle se maria, divorça et épousa en 1956 un Anglais qui l'emmena dans son pays.
    C'est alors queue répondit à une enquête du journal Sunda,y Picturial qui posait
    carrément à ses lectrices la question suivante: Madame, avez-vous eu un enfant
    sans père ?
    Son cas fut retenu parmi une vingtaine d'autres ; des expertises scientifiques
    précises, effectuées par un jury médical désigné par le journal, démontrèrent,
    particulièrement par l'effet d'une greffe réussie aussi bien sur la mère que sur la fille,
    qu'il y avait eu parthénogénèse. La sérieuse revue médicale anglaise Lancet déclara
    qu'il n'était pas possible de prouver scientifiquement qu'un père avait participé à la
    naissance, les analyses et la greffe démontrant le contraire.
    En février 1953, le docteur Lombard, d'Alger, communiqua à l'Académie de
    Médecine l'extraordinaire aventure d'un garçonnet de 21 mois, le petit Gilles M..., de
    Loverdo (dans le massif d'Ouarsenis), qui donna naissance à un enfant. Une
    opération chirurgicale l'avait en effet délivré d'un foetus mesurant 14 centimètres,
    pourvu d'un petit squelette et de quelques cheveux.
    C'était un authentique foetus humain qui semblait devoir se développer
    normalement et dont un accident avait interrompu la croissance. Ce cas de
    parthénogénèse était exceptionnel, la mère du foetus étant du sexe masculin. Le Dr
    Lombard a éliminé l'hypothèse d'un frère jumeau de Gilles. E assure que le foetus
    était bien le fils du bébé.
    Il y a près de 2 000 ans, un autre cas de parthénogénèse changea le cours de
    l'Histoire.
    340 1
    Pour les catholiques, la Vierge Marie a conçu par l'opération du Saint-Esprit, mais
    certains milieux russes lancent actuellement l'hypothèse que jésus et ses apôtres
    étaient des voyageurs extraplanétaires
    Enlèvements
    Si une parcelle de l'humanité extraterrestre s'ajoute à la nôtre, on peut présumer
    qu'en contrepartie des prélèvements de notre espèce ont pu être effectués par des
    visiteurs étrangers.
    Là encore, il s'agit d'une hypothèse, mais qui repose sur les inquiétantes
    disparitions que l'on signale en Amérique.
    L'hebdomadaire La Presse, en 1961, s'est fait l'écho de ces disparitions dont le
    caractère est particulièrement insolite, car elles portent sur des familles entières et
    défient toute explication :
    Le 14 août 1952, le boucher Tom Brooke, saremme et son fils de 1 1 ans,
    prenaient congé d'amis à proximité d'un bar, à 60 km de Miami, en Floride; ils
    montaient dans leur voiture et démarraient. Il était 23 h 40.
    A 7 h 14 le lendemain matin, la police découvrait leur voiture abandonnée à 18
    km du bar. Les phares étaient restés allumés, une portière était ouverte et sur la
    banquette arrière se trouvait le sac à main de Mrs. Brooke, qui contenait une grosse
    somme d'argent. Dans la prairie bordant la route, on trouva des traces des Brooke.
    Ils s'étaient avancés d'une dizaine de pas, puis semblaient s'être volatilisés car les
    traces s'arrêtaient brusquement.
    A 1 1 km de là, une serveuse de restaurant, Mabel Twin, disparaissait la même
    nuit, de la même façon. Jamais plus on ne revit ces quatre personnes et jamais la
    police n'expliqua ces disparitions.
    Un agent du FBI dit en manière de boutade:
    1. Sur le plan médical, s'il y avait eu parthénogénèse, la Vierge aurait dU
    engendrer une fille. Le cas est donc extraordinaire.
    341
    " On dirait qu'ils ont été enlevés par les Martiens. " C'était en effet l'époque où les
    soucoupes volantes sillonnaient le ciel des USA et où quelques Américains disaient
    avoir aperçu leurs occupants.
    A noter encore :
    - Le 7 décembre 1959, M. Ken Martin, 54 ans, sa femme et leurs trois filles
    disparaissent de Portland (Oregon) après avoir annoncé qu'ils vont chercher un
    sapin de Noël.
    - Le 29 décembre, c'est le tour de M. Earl Zrust, de sa femme et de leurs quatre
    enfants (à Silver Lake, Minnesota).
    - Le 1 1 janvier 1960, D. Carrol Jackson, 29 ans, sa femme et leurs enfants,
    habitant le comté de Louisa en Virginie, disparaissent en allant rendre visite à des
    amis. Leur auto est retrouvée près d'un fossé.
    Toutes ces disparitions ont eu lieu en rase campagne, avec voiture abandonnée
    au bord de la route. Une fois un sac contenant de l'argent est laissé sur le siège.
    Le mystère est total, à moins qu'on ne veuille admettre l'hypothèse d'un
    enlèvement hors de notre monde. Dans ce cas, les soucoupes volantes ne seraient
    peut-être pas une simple hallucination.
    Toutes les suppositions sont permises, puisque même à propos des satellites,
    Russes et Américains ne peuvent faire le point: il existe plus de satellites autour de la
    Terre qu'ils n'en ont lancé!
    Outre le mystérieux " Chevalier Noir " qui tourne autour du globe depuis 1958, un
    autre satellite " en trop " préoccupe les Américains. Non encore identifié, le
    mystérieux engin est néanmoins repéré. On sait qu'il tourne autour de la Terre en un
    peu plus de 104 minutes, qu'il s'en éloigne jusqu'à 1 718 km, pour revenir ensuite la
    frôler à une distance d'environ 214 km. Il marque également, sur son orbite, une
    nette tendance à l'instabilité.
    Le général Dudley Sharp, secrétaire de l'Armée de l'Air, a dit aux journalistes que,
    tout compte fait, ce morceau de
    342
    métal pourrait bien être l'enveloppe du Discoverer-VIII lancé le 20 novembre 1959.
    Mais alors que le général Dudley Sharp énonçait cette hypothèse rassurante, un
    autre général américain, James Gavin, ancien commandant en chef des Services de
    Recherche de l'armée US, se montrait fort inquiet. Le général Gavin suppose en
    effet que le territoire américain se trouve actuellement sous le regard d'un
    observateur d'origine soviétique.
    Aucune voix autorisée aux Etats-Unis n'a fait écho au général Gavin. A Moscou,
    c'est le même silence indifférent.
    On rapporte que Mme Alla Massevitch, collaboratrice de l'académicien Sedov,
    doute que le satellite anonyme soit soviétique '.
    Ce mystère, qui dure depuis février 1960, n'a jamais été éclairci.
    Le général Cour-tenay-Gabor
    En 1958, paraissait un livre étrange signé Henry Ward et intitulé L Enfer est dans
    le Ciel'. L'écrivain Henry Ward, bien que vivant de façon très mystérieuse, passe
    pour avoir eu accès à certaines archives secrètes. Son livre est préfacé par un
    certain général Courtenay-Gabor, habitant le Sussex, directeur d'un Bureau de
    Contrôle scientifique dont on peut se demander s'il existe vraiment.
    Ce qui importe, c'est que la préface de ce général Courtenay-Gabor divulgue,
    relevant du secret d'État, des faits que nous avons de bonnes raisons de croire
    authentiques, en particulier le lancement de satellites artificiels US et russes dès
    1952, et des tentatives vers la Lune, Mars et Vénus en 1956, avec le Prospector-M
    pour les Yankees et l'Ypsilon0001 pour les communistes.
    1. Paris-Presse, 13-2-60.
    2. Éditions Del Duca.
    343
    Or, depuis septembre 1956, les deux satellites n'ont plus donné de leurs
    nouvelles. L'un tournerait dans le Cosmos avec sa cargaison de cadavres, l'autre se
    serait peut-être posé sur une planète
    Le paragraphe ix du livre fait état d'un congrès scientifique secret (en réalité, un
    complot), dont les buts ont été mal interprétés, mais dont l'existence (certaine) n'est
    connue que de quelques initiés.
    Voici ce paragraphe:
    IX. - D'après des renseignements émanant de sources offtcieuses mais
    généralement très bien informées, il apparaîtrait qu'un comité international de
    savants siégerait en secret dans une ville d'Allema ,gne occidentale, afin d'exploiter
    conjointement les observations transmises depuis le Vide sur les possibilités infinies
    de l'éner ,gie cosmique.
    L'aventure extràplanétaire connue aurait commencé en 1952 ou même avant.
    Les Allemands, en 1917, ont peutêtre réussi à envoyer hors de la zone d'attraction
    terrestre une sorte d'obus qui serait devenu un satellite artificiel. Des hommes se
    trouvent-ils déjà sur une planète ? Oui, mais à l'état de cadavres.
    1 8
    Les armes secrètes
    Il n'y aura pas de guerre atomique, car il est exclu que l'Amérique, l'URSS,
    l'Angleterre et la France fassent usage de leurs bombes A, H, N, P ou G 1. Dans
    l'état actuel de la science nucléaire, cette guerre signifierait la fin du Monde.
    Mais il n'est pas exclu que les savants arrivent à fabriquer ce qu'ils appellent - la
    bombe propre ".
    La " bombe sale ,, celle qui actuellement pollue l'atmosphère du globe, a été
    inventée en plusieurs étapes:
    - en 1896, H. Becquerel découvre la radioactivité;
    - de 1932 à 1938, les savants français, anglais, italiens et allemands réalisent la
    fission de l'atome à l'aide de neutrons, mais ils ne veulent pas encore y croire;
    - en 1934, à Rome, Fermi et Segrè réalisent la première réaction en chaîne de
    l'uranium, mais ils interprètent mal l'expérience;
    - en 1938, Otto Hahn découvre la fission nucléaire grâce aux travaux d'Irène et de
    Frédéric Joliot-Curie.
    La bombe atomique est périmée
    Le 10 décembre 1961, à 20 heures, heure française, les Américains
    expérimentaient une bombe de 5 kilotonnes
    1. A = uranium; H hydrogène; N neutron; P plutonium; G germanium.
    345
    dans un souterrain du Nouveau-Mexique avec l'ambiti@on de provoquer une
    explosion - propre ".
    Le nuage radioactif qui s'échappa en direction nordnord-ouest avait une intensité
    de 10 000 roentgens - c'est-à-dire environ 14 fois le taux mortel - et l'on dut fermer au
    trafic la route de Carlsbad.
    Le 30 octobre 1961, les Soviétiques faisaient éclater en Nouvelle-Zemble une
    bombe de 57 mégatonnes, soit 57 millions de tonnes de TNT. Les Américains
    annonçaient aussitôt qu'ils avaient une puissance de feu capable de détruire l'URSS
    à 90 % en 24 heures, en plus des 5 000 armes nucléaires et des 7 000 bombes
    atomiques de l'OTAN. La Revue US News and World Report déclarait:
    Les Etats-Unis possèdent une puissance de feu é ,gale à 35 milliards de tonnes
    de TNT.
    On estime que 3 superbombes de 57 mégatonnes anéantiraient à peu près toute
    la France. Or, les Américains peuvent faire éclater 35 milliards de tonnes de TNT, de
    quo' détruire 200 nations grandes comme la France. Et les Russes ont à peu près la
    même puissance.
    Si laquerre éclatait, poursuivait la revue américaine, il suffirait de presser un
    bouton pour que plus de 200 missiles à o ,give nucléaire s'envolent vers des villes
    russes déjà repérées. 500 projectiles de moins gros calibre pointeraient vers d'autres
    objectifs. Plus de 5 000 bombardiers entreraient en action.
    A cette puissance de frappe s'ajouteraient: une escadre de sous-marins
    atomiques, dont 9 sur les 40 prévus sont déjà à l'affût au large des côtes soviétiques,
    et bien entendu, tout l'arsenal des guerres traditionnelles.
    Mais qu'importe la puissance ?
    Les États-Unis possèdent, comme la Russie, mille fois plus de bombes atomiques
    qu'il n'en faudrait pour détruire la Terre. Si elles éclataient, la contamination de
    l'atmosphère terrestre serait telle que vainqueurs et vaincus seraient confondus dans
    le même anéantissement. Sauf
    346
    erreur technique ou mauvaise interprétation des ordres, la guerre atomique est
    impossible.
    Cependant, aux États-Unis, 40 bombardiers porteurs de bombes non amorcées
    tiennent l'air 24 heures sur 24, du le"janvier au 31 décembre, prêts à porter une
    riposte immédiate - la dernière - au cas où les missiles russes anéantiraient sans
    préavis les cinquante États US. Quand un bombardier se pose, un autre prend
    aussitôt le relais. Parfois un appareil s'écrase au sol - deux ou trois fois par an - et la
    presse annonce:
    Un avion porteur de bombe atomique s'est écrasé dans l'Etat du Michigan... La
    bombe n'était pas amorcée.
    A vrai dire, Américains et Russes recherchent les uns et les autres la bombe
    propre. Un écueil: les Chinois. Ils ont eux aussi la bombe atomique et n'hésiteront
    peut-être pas à attaquer - mourir pour mourir - quand l'espace vital ne leur su ffira
    plus 1.
    Le 19 juillet 1961, les USA ont mis au point une bombe atomique " sans explosion
    ", sorte de réacteur " non contrôlé " qui produit toutes les radiations d'une explosion
    nucléaire sans l'explosion et sans le dégagement de chaleur.
    La bombe au californium, à peine plus grosse qu'une balle de revolver, pourrait
    détruire une ville, mais elle dégage une radioactivité intense. La bombe à neutrons
    simplement à l'étude, croit-on - est faiblement radioactive et dégage un flux de
    neutrons qui détruisent non pas la matière solide, mais l'oxygène de l'air en le
    transformant en azote.
    Si cette bombe N était mise au point, elle pourrait anéantir une nation sans que le
    reste du monde en soit prévenu et peut-être même sans qu'il soit possible de
    désigner clairement l'agresseur.
    1. Le père de cette bombe est le savant atomiste T'Sien, qui fut l'élève, à Paris,
    de deux collaborateurs de Joliot-Curie, les Français Vigneron et Chastel. Pour
    réaliser leur programme atomique à longue portée, les Chinois seront amenés à
    dénoncer leur traité avec l'URSS qui les oblige à fournir pendant 99 ans la totalité de
    leur production d'uranium aux usines russes.
    347
    Le journaliste-écrivain Jean Nocher a dit à ce sujet:
    On ne sauraitjamais quand la guerre serait déclarée.
    Une nation pourrait être détruite " sans le savoir " ! Il faudrait alors une riposte à
    commandement automatique quand il n,y aurait plus de vivants pour agir.
    Le " Doigt du Mort " pourrait quand même détruire l'assaillant.
    Cette bombe à neutrons est sans doute " l'arme fantastique " russe dont parla, en
    1960, M. Khrouchtchev.
    La propagande occidentale, à tort ou à raison, a révélé l'existence d'un autre
    projet: " Le Train de la Mort ".
    Il s'agirait d'un Spoutnik entraînant des tenders de bombes atomiques dans une
    longue ronde autour de la Terre, avec, à bord, un poste électronique commandé du
    sol, capable de précipiter le train sur un point précis.
    Pourtant, cet immense arsenal atomique n'est peut-être qu'un vaste chantage.
    Les armes secrètes véritables sont d'un autre ordre et s'inscrivent dans le cycle de
    l'évolution scientifique : ces armes sont biologiques, exception faite pour les rayons
    de la mort, terrifiants et silencieux, connus des Russes, des Français et mis au point
    par les Américains.
    Le rayon de la mort
    La presse, en décembre 1961, a écrit qu'une arme ultrasecrète était à l'étude
    dans les laboratoires de l'usine Martin, près de Denver, Colorado. Cette arme,
    partiellement nucléaire, destinée à l'aviation, réduirait à l'état de vapeur gazeuse
    toutes les matières vers lesquelles elle serait dirigée, jusqu'à une distance de 300
    km. Le prototype, réalisé, produirait un rayon dont la température dépasserait 100
    000 ', pouvant peut-être même atteindre 1 million de degrés'.
    1. Il s'agit peut-être du rayon de protons de 30 milliards d'électronvolts, obtenu
    au laboratoire atomique de Brookhaven.
    348
    L'effet de ce rayon de mort, a déclaré le Dr Carl L. Korber, de la société Martin,
    serait semblable à celui que produit un four solaire.
    Déjà, le 26 août de la même année, un jeune inventeur italien avait essayé un
    rayon de la mort devant les journalistes convoqués à Lurano, petit village situé à
    quelques kilomètres de Trévise, en Vénétie. Voici la relation de l'expérience' :
    Il y avait là deux tables tirées de la cuisine. Sur l'une étaient posés une poupée
    en chiffons, un petit pot de grès et deux casseroles en aluminium.
    Sur l'autre, des appareils étranges, et d'autant plus qu'il était d'une part visible que
    c'étaient là des machines e7ectriques très compliquées et d'autre part indéniable
    qu'elles avaient été construites avec des matériaux de fortune.
    Autour de cette seconde table s'affairait un hommejeune, grand, maigre, déjà
    marqué par une calvitie précoce.
    Il régnait un étrange silence comme à la veille d'un grand événement.
    Attention ! " dit seulement Lejeune homme à un moment
    donné.
    Il braqua alors en direction de la première table une sorte de tube dont à distance
    on ne pouvait discerner s'il était fait de métal ou de carton. Puis il manipula ses
    appareils, donna quelques signes d'impatience comme si les machines se montraient
    rebelles à son désir, rajusta des fils, manoeuvra des manettes.
    Cela dura quelque temps, puis tout à coup, du petit groupe desjournalistesjaillit un
    cri de stupeur. Des objets posés sur la première table, il ne demeurait rien
    Les deux casseroles en aluminium, le petit pot de grès et la poupée en chiffons
    avaient été désintégrés'.
    C'est ainsi qu'Aldo Bonassoli présenta à la presse sa dernière invention: le
    fameux rayon à désintégrer la matière
    1. La Presse, 18-9-61. jean Blondeau, - Le Rayon de la mort ".
    2. Mais pas la table ! C'est ce détail qui semble prouver la supercherie
    349
    que déjà Marconi prétendit avoir découvert mais qu'il ne réalisajamais.
    L'inventeur est extrêmement discret sur le mécanisme de l'appareil, mais il s'agit
    vraisemblablement d'ultrasons dont Aldo Bonassoli ne veut prévoir que deux
    applications pratiques: désintégrer l'essence et par là réduire à néant tout usage de
    véhicules automobiles et d'avions en cas de conflit; désintégrer les bombes
    atomiques en des zones déterminées.
    Mais l'on comprend la difficulté qu'il peuty avoir à produire la désintégration de
    certaines matières sans toucher aux autres et surtout à la matière vivante.
    En désintégrant devant lesjournalistes un vieux pot, deux casseroles et une
    poupée, c'est en réalité aux savants qu'Aldo Bonassoli s'adressait pour les persuader
    de la réelle valeur de ses inventions.
    Il estime que son rayon de la mort est au point et que la distance à laquelle il peut
    porter ne dépend que de l'intensité du courant électrique qu'on fournit à l'appareil.
    Ses recherches se tournent maintenant vers un autre engin qu il espère pouvoir
    bientôt montrer au public. C'est un oeil électronique qui non seulement permettrait
    de rendre la vue aux aveugles, mais encore donnerait à chacun la possibilité de voir
    à travers les murs et les obstacles de ce genre et même peut-être à travers les
    montagnes.
    L'invention du jeune Italien ne sembla pas émouvoir outre mesure les milieux
    scientifiques qui se désintéressèrent de la question. il y a tout lieu de croire que le
    rayon de la mort de Lurano n'était qu'une plaisanterie. Le véritable rayon de la mort,
    inventé, expérimenté et terriblement efficient, est au point aux USA. Les
    perfectionnements ne peuvent qu'améliorer sa portée.
    Le rayon de la mort a un nom: le laser.
    L'arme existe. Elle a foudroyé des animaux à des kilomètres de distance. Des
    blindés et des avions en sont déjà pourvus.
    Le principe du rayon de la mort est parfaitement connu et son explication
    scientifique n'est un secret pour personne:
    350
    Sur un cylindre de rubis de moins de 4 centimètres de long, on projette pendant
    quelques instants une lumière verte, puis un flash électronique rouge au 114 000 de
    seconde. Alors,jaillit du cristal une lueur rouge prodigieuse, un éclair infernal 1 00
    000 fois plus intense que la lumière émise par une surface équivalente de Soleil.
    Le très faible signal rouge qui a déclenché le phénomène s'est trouvé ainsi amplifié
    des milliards et des milliards defois.
    Le miracle se rattache à un nouveau procédé d'amplification des signaux
    lumineux. Cela s'appelle laser, terme nouveau à bien retenir car nous n'avons pas
    fini de l'entendre. R pourrait bien annoncer une révolution technique aussi
    importante que celle qui fut déterminée par l'apparition des transistors.
    Laser, ce sont les initiales des mots anglais qui signifient: amplification des ondes
    lumineuses par émission d'un rayonnement stimulé (Light amplification by stimulated
    emission of radiation).
    Comme le transistor, le laser contient des @ impuretés ", c'est-à-dire quelques
    atomes d'un corps différent de celui qui forme la masse du cristal. Mais alors que
    dans le transistor, ce qu'on utilise, c'est le déplacement des électrons d'un atome à
    l'autre, dans le laser les électrons n'ont pas besoin de changer d'atome: ils se
    déplacent à l'intérieur et c'est sur les effets d'un tel déplacement que repose toute
    l'affaire.
    (A un moment donné, il y a inversion de sens pour les atomes de chrome. Les
    électrons passent par quintillions d'un niveau à un autre niveau et cette fantasia fait
    vibrer et resplendir le rubis.)
    Comme la lumière voyage à 300 000 kmlseconde, le phénomène prend une allure
    explosive. Et comme l'une des faces n'est qu'à moitié argentée, les rayons rouges
    multipliés finissent quand même par s'échapper par cette face, suivant un trajet
    presque rectiligne et parallèle à l'axe du cristal.
    Tout cela en une infime fraction de seconde'.
    1. Extrait de la revue Horizon, mai 1961, -Le Laser rubis magique", pa, Michel
    Rouzé.
    351
    L'éclair rouge du laser présente des propriétés remarquables. D'abord, sa
    puissance - à courte distance il perce des plaques de matière solide. C'est un
    véritable rayon de la mort. Le faisceau lumineux du laser diverge beaucoup moins
    q@e les faisceaux obtenus par n'importe quel autre moyen. A une quarantaine de
    kilomètres, il ne s'étale que sur une trentaine de mètres de diamètre.
    La guerre future
    Le rayon de la mort n'est cependant pas l'arme décisive des guerres futures. Il
    n'appartient qu'à l'arsenal secondaire des armes tactiques. L'arme principale
    emprunte aux découvertes des biologistes.
    Elle n'a pas un caractère bactériologique, mais elle agit exactement comme une
    sorte d'épidémie non contagieuse: épidémie de peur, d'aboulie, épidémie de perte
    d'orientation, de manque d'équilibre, etc. La guerre bactériologique, tout aussi
    dangereuse que la guerre atomique, est frappée de la même impossibilité. C'est une
    guerre réversible.
    L'arme secrète nouvelle est une drogue.
    Cette drogue peut provoquer, selon les cas, l'assoupissement ou l'exaltation ;
    l'effet, immédiat, peut se prolonger pendant plusieurs semaines.
    Ces drogues peuvent être administrées par des brouillards naturels ou
    artificiels.
    N'ayant pas un caractère contagieux, ni infectieux, ni mortel, elles ne sont pas
    à proprement parler génératrices de maladie; elles créent seulement un " état d'âme
    " et de ce fait ne sont pas interdites par la Convention Internationale de La Haye.
    Des expériences récentes ont été faites avec le gaz LSD 25 qui annihile les
    réactions du cerveau, déterminant ainsi un complexe de peur: les chats se sauvent
    devant les souris.
    - Moins d'une livre de ce produit suffirait pour neutraliser tous les habitants de
    New York ", a déclaré le général MacCreasy, chef des recherches chimiques de
    l'armée US.
    352
    D'une part, donc, des psychodrogues paralysent les réactions dynamiques:
    l'ennemi se trouve dans l'incapacité de combattre et de s'organiser.
    D'autre part, des drogues pharmacodynamiques : l'assaillant dopé acquiert un
    dynamisme sans égal qui le porte au combat.
    Il est relativement facile à des agents secrets de contaminer une ou plusieurs
    villes dès la déclaration des hostilités et d'ouvrir ainsi la voie à l'invasion. L'agent
    secret serait une des premières victimes, mais sans risque mortel.
    En France, par exemple, il suffirait de contaminer Paris, Lille, Strasbourg, Lyon,
    Marseille et Bordeaux pour que la nation tout entière, paralysée, soit incapable de
    soutenir et de ravitailler les combattants. Ceux-ci, soumis aux bombesbrouillards,
    formeraient une armée sans âme, s'offrant ellemême en holocauste.
    Une étonnante expérience
    C'est précisément l'expérience qui a été réalisée aux USA en février 1961. Des
    nappes de brouillard artificiel ont atteint trois groupes de combattants, au total 1 800
    hommes.
    Ces soldats avaient été sélectionnés dans toute l'armée américaine parmi les plus
    " durs " et ils appartenaient à des corps francs analogues à notre Légion étrangère et
    aux groupes de " Parachutistes de la Mort " qui furent envoyés à Diên Biên Phu aux
    dernières heures de la résistance. Ceux qui ont connu de près la guerre 1914-1918
    auront une idée de la qualité de ces hommes en les assimilant aux célèbres "joyeux
    ", ou nettoyeurs de tranchées, qui appartenaient à des corps disciplinaires.
    L'expérience, supervisée par le général Rosebury de la base US d'Edgewood et
    télévisée par les services de l'armée, s'appelait " Opération Lunacy " (opération
    Folie) et se déroulait sur un champ de manoeuvre de l'État de Maryland.
    353
    Les trois groupes, plongés dans trois brouillards différents, révélèrent des
    comportements extraordinaires.
    Groupe 1. - Plongés dans un brouillard de particules analogues aux
    tranquillisants, 600 hommes erraient sur le terrain semblables à des somnambules,
    sans but, sans volonté, paraissant poursuivre une action dont ils avaient perdu le
    sens.
    Parfois, ils s'immobilisaient, ne sachant plus que faire.
    Des ordres furent lancés et le corps d'armée fantomatique obéit, même si les
    commandements étaient donnés par un sergent à un colonel.
    Les soldats ne parlaient pas et quand la faim se fit sentir, ils saisirent leurs rations
    militaires qu'ils dévorèrent en silence. Ensuite, ils attendirent on ne sait quoi,
    pendant des heures, jusqu'à ce que la drogue soit éliminée de leur organisme. Cette
    période de somnambulisme, qui dura douze heures, ne leur laissa aucun souvenir.
    Groupe 2. - Soumis au LSD 25, drogue déterminant l'hallucination et la psychose
    de la peur, 600 hommes d'un autre groupe réagirent soudain comme s'ils étaient
    emportés par un ouragan. Ils se serraient les uns contre les autres, comme un
    troupeau attaqué par les loups, se cachaient la tête, pleuraient et gémissaient.
    Parfois, un vent de panique semblait souffler sur la troupe qui s'enfuyait en
    hurlant, jetant les armes, puis s'arrêtait terrifiée, insensible aux ordres qui
    parvenaient par haut-parleur.
    Ces hommes, des durs à cuire, ne reprirent pas leur sangfroid avant sept ou huit
    heures.
    Groupe 3. - Cette dernière expérience fut hallucinante.
    Bien entendu, la composition chimique du brouillard fut tenue secrète. On sait
    seulement qu'il s'agissait de drogues pharmacodynamiques.
    Les hommes soumis à l'expérience furent dopés jusqu'à l'extrême limite de
    l'inconscience téméraire.
    Insensibles à la fatigue, à la peur, au raisonnement, les soldats n'eurent plus que
    le besoin morbide d'accomplir des prouesses hors du commun. Ils se ruaient à
    l'attaque,
    354
    tiraient sous tous les angles, se précipitaient vers le danger avec la foi des pilotes
    suicides et comme s'ils étaient saisis d'une sorte de rage homicide.
    il y eut de nombreux blessés et les soldats ne retrouvèrent leur équilibre naturel
    qu'après deux jours de repos.
    Le New York Herald Tribune a révélé que l'armée US possédait aussi le gazminute
    qui tue un homme instantanément si une seule particule touche sa peau.
    Selon le général MacCreasy, ni les Allemands ni les Russes n'ont à leur
    disposition un gaz aussi dangereux sous un si faible volume. Il est mortel sans
    même pénétrer dans les poumons et aucun masque ne peut le filtrer ou le
    neutraliser.
    L'avènement des tranquillisants et des drogues, qui modifient profondément le
    comportement humain et jusqu'au plus élémentaire instinct de conservation, annonce
    sans doute les temps proches où l'homme perdra jusqu'à la conscience de ses
    responsabilités.
    En novembre 1961, de nouvelles applications de ces drogues étaient effectuées
    en Amérique sous forme d'un dispositif permettant d'influencer à distance le
    comportement
    des êtres humains 1 :
    L'annonce de l'expérience a été faite devant le congrès annuel de l'Association
    des Médecins américains et rap-portée par le New York Times.
    Le principe est assez curieux. Des comprimés de produits chimiques sont
    implantés dans le corps d'un sujet. . 1
    Ces comprimes sont conçus de telle sorte qu'ils restent inactifs jusqu'au moment où
    l'on émet, à distance, un signal radio qui déclenche l'absorption du médicament par
    le corps du sujet. Les expériences actuelles portent sur les produits qui modifient
    l'état nerveux ou psychique de l'homme, comme les tranquillisants ou les drogues
    pharmaco-dynamiques.
    1. C'est-à-dire que la " robotisation " générale des peuples est un fait accompli.
    France-Soir, du 29-11-61, a publié la relation de ces expériences.
    355
    L'auteur du rapport lu au congrès américain est le Dr Otto Schmitt, chef du service
    de biophysique à l'université de Minneapolis.
    Il a déclaré notamment:
    Il ne fait pas de doute que nous pouvons d'ores et déjà télécommander le
    comportement d'un homme. Nous pouvons de loin le rendre brutal et agressif, nous
    pouvons au contraire le calmer. Notre tâche principale consiste maintenant à étudier
    comment nous pourrons utiliser cette trouvaille pour le bien de l'humanité, c'est-àdire
    pour aider un homme à faire mieux son travail.
    Le Dr Schmitt a souligné qu'il ne pouvait pas tout dire sur ces expériences car
    elles sont pratiquées avec le concours et sous la surveillance des forces armées US.
    Leurs résultats sont considérés comme secrets militaires. Il a néanmoins indiqué
    que certains essais ont été effectués pour contrôler, par ce système radio, le
    comportement d'un pilote de bombardier atomique.
    D'autre part, le rapport confirme que la médecine s'intéresse à cette technique
    pour faciliter les diagnostics. Dans ce cas, les implants sont capables d'émettre euxmêmes
    une radioactivité ou des signaux radio qui renseignent le médecin sur ce qui
    se passe à l'intérieur de l'organisme.
    Le top-signal
    Des services de Santé US auraient expérimenté sur des volontaires cette
    implantation du produit dit - top-signal ".
    De plus en plus, la formule des guerres futures empruntera à la science du
    biologiste, du chimiste, du physicien. On entrevoit déjà le rôle que l'hibernation va
    jouer.
    La science du froid risque à son tour de bouleverser les tactiques, aussi
    aventureuses qu'elles soient. Nous sommes près de voir se reproduire sous nos
    yeux le miracle de la Belle au Bois Dormant.
    C'est sur le plan militaire, bien entendu, que l'on pousse les recherches.
    356
    Actuellement, en expérience de laboratoires, il est possible de tuer un animal par
    le froid, en le plongeant dans du glycérol à - 7 '. L'animal, cliniquement mort, peut
    être conservé très longtemps. Peut-être indéfiniment. On le fait revenir à une vie
    tout à fait normale en le réanimant par radiothermie, puis par diathermie et
    respiration artificielle. La limite de refroidissement est actuellement de - 6 ' à - 8 '.
    Plus bas se produit la cristallisation, ou congélation.
    Le tissu cellulaire, plongé dans l'azote liquide (- 196 se conserve indéfiniment, ce
    qui autorise les savants à affirmer que dans l'avenir un homme congelé pourra se
    conserver pendant des siècles, sinon des millénaires.
    Le professeur Heinz-Dombroski, de Bad Nauheim (Allemagne), vient de
    ressusciter des bactéries mortes depuis 650 millions d'années.
    Le cas de l'homme est singulièrement plus compliqué que pour des bactéries.
    Pourtant cette conservation n'at-elle pas, autrefois, été réalisée ?
    Les momies incas
    Dans la première quinzaine de mai 1959 parvenait d'Amérique une nouvelle
    étonnante: trente momies vieilles de 10 000 ans au moins et appartenant à une
    civilisation inconnue avaient été découvertes dans une grotte de la province de
    Sonora, au Mexique. Elles étaient parfaitement conservées grâce à des procédés
    d'embaumement dont on ne connaît pas le secret.
    Cette découverte remit en mémoire un fait plus étonnant encore, rapporté par
    Garcilaso de La Vega et commenté récemment par la princesse Marie Wolkonsky et
    le biologiste espagnol Garcia Beltran:
    En 1560, le jeune Inca Garcilaso vit cinq momies d'Incas, transportées dans la
    maison du licencié Paul Ondegardo. On identifia Huiracocha, cheveux longs,
    blanchis par un âge avancé, Tupac-Yupanqui, Huayna Càpac et les coyas Mama-
    Runto et Mama-Oello.
    357
    Les corps étaient si bien conservés qu'il ne leur manquait pas un seul cheveu ni
    un poil aux sourcils. On les avait habillés comme pendant leur vie. Ils étaient assis,
    les mains croisées sur l'estomac et les yeux tournés vers la terre.
    Le Révérend Père Acoste dit à propos de ces corps:
    Ils étaient si entiers et si bien embaumés avec un certain bitume, qu'ils
    paraissaient être en vie.
    En parlant du secret de l'embaumement, Garcilaso écrivit
    J'ima,yine que tout le secret des Indiens à cet égard consistait à enterrer les corps
    dans la neige... et à mettre ensuite le bitume dont parle le R. P. Acoste. A la vue de
    ces corps, il me prit envie de toucher un des doigts de Huayna Cdpac. R me parut
    aussi en vie...
    Lors du transport des momies dans la ville, les passants se jetaient à genoux et
    les Espagnols ôtaient respectueusement leur chapeau, ce qui causait un vif plaisir
    aux indigè nes. Voyant que les Indiens continuaient à adorer les co
    rps
    de leurs anciens souverains, le marquis de Caneta, vice-roi du Pérou, les fit
    transporter à Lima.
    La chaleur et l'humidité firent alors leur oeuvre: les momies se décomposèrent et
    furent enterrées à l'hôpital Saint-André (1562).
    M. Garcia Beltran assure, sur la foi de cette relation:
    Ces momies, avec des dizaines d'autres, furent enlevées du Temple et cachées
    avant la naissance de Garcilaso. Elles furent retrouvées par erreur.
    Scientifiquement, ces momies étaient des corps avec tous leurs organes inertes,
    mais vivants, par suite d'hibernation, procédé que connaissaient fort bien les Incas
    Ces sortes d'embaumements avaient un but scientifique, les Incas croyant qu'en
    un jour lointain la science serait en mesure de redonner une âme et la vie aux
    momies.
    1. Et aussi les Égyptiens: la momie de la princesse égyptienne Mène, morte
    en 322 av. J.-C., dut être mise au réfrigérateur de l'Université d'Oklahoma, en
    mars 1963, car elle se décomposait. Les biologistes constatèrent que les cellules
    de la peau étaient demeurées intactes !
    358
    Au Vatican aussi on embaume et l'on sait bien que le " bitume " des momies incas
    était en réalité une crème solide, transparente, formée de trois produits dont l'un était
    la quinine.
    En 1953, la presse américaine annonçait, avec photographies à l'appui, une
    découverte identique:
    Le muletier chilien T. B... vient de trouver, dans un glacier des Andes, un huac ou
    cachette contenant la momie d'un enfant inca et de nombreuses statuettes en or
    massif. Une de ces statuettes avait une tête de crapaud.
    La momie paraissait âgée, après expertise, de 730 ans environ. Elle était en
    parfait état de conservation.
    Le muletier, exalté par la découverte du trésor, avait sans précaution enlevé la
    momie à son cercueil de glace.
    M. Garcia Beltran donne cette explication de la trouvaille :
    Garcilaso de La Vega avait nettement déclaré que le Sapo Nelado (conge nation
    par le système du crapaud) était un secret inca.
    On pense que la fillette devait apporter un message de la science inca à une
    humanité future, mais qu'elle avait été tuée par sa brusque exhumation.
    Les statuettes d'or, et notamment celle à tête de crapaud, donnaient en langage
    secret l'explication de l'expérience.
    M. Beltran assure que d'autres momies vivantes sont cachées dans des cratères
    de volcans ou dans des glaciers des Andes. Les corps sont en état de léthargie par
    le procédé curara quand ils sont dans des cratères. Les momies des glaciers sont
    en état d'hibernation par la méthode " crapaud ". Il est certain que le crapaud, grâce
    à ses venins diastasiques, peut demeurer enterré, sans manger, et rester vivant,
    durant douze ans.
    Les Russes et les Américains, dans des laboratoires secrets, travaillent sur la
    mort apparente, afin d'adapter des individus, par la léthargie ou la somnolence, aux
    accélérations, à la non-pesanteur, peut-être pour les rendre insensibles aux
    radiations cosmiques.
    359
    Déjà, en 1955, les savants soviétiques annonçaient que des êtres vivants, traités
    par congélation, pourraient être rappelés à la vie après plusieurs milliers d'années.
    L'un d'eux, le professeur Kapterev, s'inspire dans ses recherches des facultés
    observées chez les crapauds.
    Pour l'instant, les découvertes ou études biologiques sont tenues secrètes et
    envisagées à des fins militaires.
    Ce pouvoir des savants, s'il suscite des scrupules chez certains d'entre eux, et
    explique la nécessité du secret gardé, laisse cependant entrevoir les possibilités du
    proche avenir. Des armées entières, soumises aux implants " topsignal " et placées
    en hibernation dans des souterrains, pourront constituer un potentiel militaire " en
    conserve ", non contrôlable. On ne peut assurer que des soldats-crapauds existent
    déjà, mais il est certain que les bases US et russes du Grand Nord sont sévèrement
    gardées. Ces zones interdites sont désignées par le sigle USB n' 1, 2, 3, etc. (bases
    ultrasecrètes n' 1, 2, 3, etc.).
    D'autre part, au cours des années 1961 et 1962, les Russes et les Américains ont
    enrôlé un contingent exceptionnel de Lapons et d'Esquimaux dont on est sans
    nouvelles.
    Enfin, il existe peut-être une arme secrète allemande dont on ne connaît rien,
    sinon la probabilité de son existence, grâce aux fuites qui ont été recueillies par
    l'étatmajor français et par un grand organisme scientifique'.
    1. L'Institut Pasteur à Paris.
    19
    Dieu et les sociétés secrètes
    Ily avait sur lagrand-place de mon village, la pharmacie, la boutique de l'horloger,
    l'antre de Toralba le marchand de ,guenilles, l'épicerie, l'é glise et l'atelier du charron
    dont les portes étaient tou ours ouvertes, et ily avait, sous le marronnier, les belles
    grandes charrettes ferrées peintes en bleu roi...
    Il y avait les billes de noyer du père Boileau où jouaient ensemble le chat de la
    sage-femme, les gosses de la place, les choux dâne et lesgrattons...
    Il y avait l'abreuvoir où les boeufs, les chevaux et les ânes allaient boire à pas
    pressés avant l'angelus du soir... puis revenaient à pas très lents après la beuverie,
    lourds d'eau et affamés de mystérieux errements...
    Ily avait cela avec cent autres choses qui s'entremêlent et chatoient dans le
    souvenir.
    Il y avait cela et puis ily a eu lesguerres...
    Il n:y a plus de pharmacien sur la petite place de mon village, ni de charron, ni
    d'horloger, ni de sage-femme et les billes de noyer du père Boileau ont fait place aux
    buses en ciment armé des Ponts et Chaussées.
    Les bêtes ne vont plus à l'abreuvoir, elles ont été remplacées par les tracteurs et
    par les autos...
    Finies les petites places où se groupaient les boutiques comme au Moyen Age;
    finies les routes poudreuses, les charrettes peintes en bleu roi; finis les chevaux qui
    musent au long des palisses. Le pittoresque, haché, défriché, effrité,
    361
    démantelé, ne vit plus qu'en quelques lieux privilégiés ses dernières heures de
    grâce...
    Ces lignes', ou d'autres, hanteront longtemps la souvenance des hommes
    d'autrefois qui ne voient pas sans effroi s'ouvrir les portes de l'ère nouvelle.
    Mais que devient Dieu ?
    Inconnaissable, Insondable, il ne livre pas la nature de ses desseins. Ce sont les
    hommes qui ont pris l'habitude de les révéler à sa place, Il est absent, proclament les
    athées.
    Une nouvelle conception de Dieu se forme dans l'esprit de l'homme, assurent les
    évolutionnistes : les cosmonautes des fusées spatiales ne peuvent avoir sous leurs
    combinaisons de plastique le même scapulaire que les Croisés sous leurs cottes de
    mailles.
    D'après ces théologiens, les hommes de la nouvelle ère, noyés dans la quiétude
    psychique et les paradis artificiels, pourraient même se passer à jamais de la
    Providence.
    Il est important de noter que le malaise de Dieu - qui inquiète fortement les milieux
    chrétiens, bouddhistes et israélites - est tenu pour une conséquence des
    découvertes scientifiques.
    Avant l'avènement de la science, assurent les nouveaux théologiens, l'homme
    était désarmé devant tout ce qui pour lui était synonyme de péril: tremblements de
    terre, cyclones, raz de marée, foudre, famine, incendie, guerre, maladie.
    Quand la terre tremblait ou quand sévissaient la famine et la peste, quand les
    pluies diluviennes inondaient les vallées, quand la sécheresse anéantissait les
    récoltes, les hommes obscurants essayaient les seuls remèdes possibles,
    l'incantation magique, la prière à Dieu.
    En retour, ou en remerciement d'une grâce présumée obtenue (lors de la " fin du
    monde " de l'an mille par exemple), les hommes édifiaient des églises, des
    cathédrales et honoraient les représentants de Dieu sur la Terre. Ensuite
    1. Ce soir nous serons à Vézelay, par Moune d'Avril.
    362
    vint la science, la médecine, la physique, la chimie, les mathématiques, l'astronomie.
    En quelques années, au cours du xix' siècle notamment, les hommes
    découvrirent une partie des secrets cachés et perdirent, en face du malheur, leur
    vieux sentiment d'impuissance.
    Ils retirèrent une partie de la foi qu'ils avaient mise en la protection divine et la
    reportèrent sur le paratonnerre, contre le feu du ciel, sur le silo et la conserve contre
    la famine, sur l'organisation soc iale contre l'incendie et la guerre, sur les
    médicaments contre la maladie.
    Le Dieu des hommes gardait encore une parcelle de puissance.
    Avec le xxe siècle et les dernières inventions, la foi en la puissance de ce Dieu
    diminua encore. Par exemple: le béton puissamment armé, l'architecture nouvelle, la
    reconnaissance des lignes de fractures terrestres, les sismographes ont
    considérablement réduit la portée des tremblements de terre et des éruptions
    volcaniques.
    Bientôt, les Italiens qui, depuis 2 000 ans, implorent en vain la Madone contre les
    colères du Vésuve, de l'Etna et du Stromboli, seront officiellement informés par radio,
    presse et avis placardés dans les mairies, qu'une terrible éruption volcanique aura
    lieu tel jour...
    Les barrages amenuisent les inondations et les raz de marée ; les émissions
    d'ultrasons résolvent en pluie les nuages; la maladie de langueur, la consomption, la
    tuberculose en un mot, est vaincue par le BCG et dix autres vaccins. Restent les
    dernières calamités : le cancer, l'artérite, la guerre, la bombe atomique, l'insécurité
    sociale.
    Mais les hommes, désormais, ne demandent plus rien à Dieu. Ils n'attendent plus
    par exemple, d'une révélation ou de la bonté divine, le remède contre le cancer: ils
    l'attendent des savants et pensent que dix milliards sont mieux placés dans la
    recherche scientifique que dans les prières et les cierges d'offrandes. La science se
    substitue à Dieu.
    Le problème, pour le savant, n'est pas dans l'authenticité, mais dans la nature de
    la déité. Penché sur son micro-
    363
    scope, il aboutit à un concept qui l'émerveille et qui le trouble.
    Sous la lumière et les lentilles de son instrument, le mystère initial de la vie, celui
    de la molécule vivante, se refuse à livrer son secret. Le biologiste est d'abord frappé
    par l'intelligence de ce qu'il croyait être un simple germe de vie quelque peu
    mécanique. Dans l'infiniment petit qu'il analyse, palpite une centrale d'information,
    de direction et de construction qui, par sa parfaite ordonnance et sa géniale
    distribution, surpasse les centrales de notre propre civilisation.
    La macromolécule est un architecte qui distribue ses ordres à des légions de
    maçons chargés du travail, selon un plan original, gardé dans la centrale qui seule
    possède l'intelligence.
    L'ordre est donné : il s'agit d'édifier un cheval, un oiseau, un poisson, un homme.
    Les maçons aussitôt s'affairent, maçonnent, tissent, construisent. Et le mur qu'ils
    édifient est pourtant morceau d'homme, infiniment complexe, avec déjà, la couleur
    de ses yeux, de sa peau, de ses cheveux, ses pensées et les nuances de son esprit.
    Ces maçons laborieux ont une intelligence limitée; ils ont besoin d'être reliés à la
    centrale par des coordonnées magnétiques, mais ils construisent l'Homme du plan
    original, sans rien oublier de l'extrêmement petit que l'on voit ou que l'on ignore.
    L'Homme enfant - c'est-à-dire en croissance non achevée - participe lui-même
    avec son intelligence subconsciente et une souvenance millénaire à son édification
    magistrale.
    En une vingtaine d'années, les maçons ont monté 70 kg d'édifice à une altitude de
    1,72 m, et alors, ils savent que le plan est réalisé.
    L'Homme est construit en partant de milliards de centrales atomiques et pourtant
    il possède aussi une super-centrale électrique : son cerveau.
    Réalisée en maquette, à l'échelle du laboratoire, la construction cellulaire se
    présente comme une forêt
    364
    d'échafaudages, de mâts, de pylônes, comme un entrelacs de fils, de raccords,
    constellé de relais, de bornes, de coupecircuit: toutes les centrales électriques du
    globe réunies ne correspondraient en complexité qu'à un infime fragment du tissu.
    Et cette trame de cauchemar, cette texture qui s'exprime en progression
    géométrique, qui prolifère et crée, et la super-centrale psychique qui capte sans
    doute la vie subtile du Cosmos... tout cela qui constitue l'Himalaya moléculaire de
    l'Homme, part d'un petit point central, encore inconnu, noyé dans un magma... un
    petit point où grésille et bat comme un coeur quelque chose d'intense, de
    prodigieusement intelligent et mystérieux.
    Dans ce point est la VIE et ce point est la CHOSE.
    Et si loin qu'il cherche dans les abysses électroniques de la matière vivante, si
    loin que sonde son puissant microscope, le savant aboutit toujours au microcosme
    en pulsation, où palpite la CHOSE...
    Est-il là le commencement du monde, le bout de la création qui se développe
    dans l'infiniment grand ?
    Car, par la super-centrale psychique, il semble bien que la création humaine
    reçoive une induction de tout le cosmos éternellement présent, de toute la création et
    de toutes les créatures: Aristote, Platon, Descartes, Curie, Bergson, Einstein...
    Une induction qui anime la super-centrale et lui donne son potentiel et sa qualité.
    De l'infiniment petit inconnu à l'infiniment grand insoupçonné, c'est cela, l'homme
    qui se penche sur le microscope, qui réfléchit et s'interroge.
    Pourquoi?
    Comment ?
    Où est Dieu ? Partout ? Ailleurs ?
    Certains savants ne veulent pas s'interroger, mais nul qui ait regardé dans le
    microscope n'oserait affirmer: Dieu n'est pas là !
    Pour le biologiste, Dieu n'est pas Jupiter Tonnant ou le terrible Patriarche des
    Écrits, mais plutôt la Raison incon--
    365
    nue, insaisissable et merveilleuse qui donne une vie et un sens à l'univers.
    Les Anciens savaient que tout est dans tout et que le plus grand est à l'image du
    plus petit.
    Mais il est bien douteux que le dieu qui palpite sous la lumière mortelle' des
    microscopes électroniques ait jamais envoyé de prophètes à l'humanité d'autrefois.
    Ces prophètes ont dû taire le dieu réel, ne dévoilant qu'un dieu virtuel concevable,
    voilant les vérités essentielles dans la parabole et l'allégorie.
    De toute évidence, la religion des hommes nouveaux doit s'intégrer au Cosmos,
    intégrer aussi tout le cosmos et évoluer avec les acquisitions scientifiques et
    intellectuelles.
    Les Temps sont venus.
    Pour ceux qui savent voir, la Raison inconnue ne demeure-t-elle pas toujours
    présente et miraculeuse en ses plus humbles manifestations ?
    Un épillet de folle avoine tombe sur le sol. Il faut le surveiller longtemps,
    longtemps, mais inéluctablement, à un moment donné, au top-signal de son
    intelligence, l'épillet se mettra à ramper, à marcher, à sauter, jusqu'à ce qu'il trouve
    un creux ou une fissure où se loger.
    Un dieu nouveau
    L'érodium est une plante qui porte sa graine au bout d'une hampe.
    En temps voulu, on assiste à un véritable prodige: la hampe se vrille, puis s'incline
    vers le sol. Quand la graine touche terre, alors la hampe se dévrille, puis se vrille de
    nouveau à la façon d'une perforeuse.
    Et quand le trou est fait dans le sol... quand la graine est logée dans son alvéole,
    alors la hampe se détache et se flétrit. Faut-il encore voir l'intervention de Dieu dans
    cette
    1. La lumière et la chaleur développées par le microscope électronique tuent
    le noyau vivant.
    366
    intelligence des choses ? Faut-il chercher un nouveau
    dieu ?
    En 1961, après la série d'essais atomiques américains et après l'éclatement de la
    bombe russe de 50 mégatonnes, des hommes, des femmes ont défilé, non pas
    devant des icônes, mais devant les laboratoires, en brandissant des pancartes où
    étaient inscrits ces slogans :
    Non à la bombe atomique ! Sauvez le monde de la catastrophe
    Ils n'ont pas prié Dieu ils se sont adressés directement aux savants
    responsables d'Hiroshima, de Nagasaki, de
    Bikini et d'Eniwetok.
    Les prophètes interplanétaires
    D'autre part, la conquête du cosmos a donné naissance à des hypothèses
    extraordinaires dans les nations non chrétiennes d'Europe. Les Russes, qui
    n'hésitent pas à enseigner que jésus et ses apôtres étaient des extraterrestres en
    mission sur la Terre, assurent que nous aurions tort d'imaginer le ciel des textes
    sacrés comme se situant dans un absolu métaphysique.
    Il s'agirait effectivement, véritablement, du ciel, c'est-àdire des planètes et des
    étoiles.
    Quand la Bible dit. Élie fut emporté au ciel dans un char de feu, Énoch a été
    enlevé vivant vers une autre demeure de la Maison de son Père, il conviendrait de
    donner un sens littéral à ces phrases.
    Le ciel dont il est question serait le vrai ciel, le cosmos Élie et Énoch, après leur
    mission accomplie sur Terre, seraient allés par fusée, ou sur un autre engin spatial,
    sur l'astre des extraterrestres, souverains de notre galaxie.
    En fait, Moïse, Élie, Élisée et Énoch sont des héros de l'histoire des Hébreux. On
    ne sait pas de quelle race était Moïse; Élie, suscité par le Seigneur pour détourner
    Israël des faux dieux, était expert en toutes sortes de magies et savait comme le
    grand patriarche allumer électriquement
    367
    des feux (sur le Carmel) et foudroyer ses ennemis à distance. Sa disparition est
    étrange et miraculeuse : il fut enlevé sur un char de feu en la seule présence de son
    disciple@Élisée, initié aux secrets de son maître.
    Enoch (en hébreu : celui qui sait beaucoup) est la parfaite incarnation du
    voyageur interplanétaire, qui explique ses connaissances par le truchement des
    visions. Son oeuvre écrite, Le Livre d'Énoch, que l'on ne connaît que par une
    traduction éthiopienne, est une somme théologique et cosmologique surprenante.
    Énoch raconte les amours des anges (hommes de l'espace) avec les filles des
    hommes, les naissances de mutants et les fléaux qui en découlent; il joue le rôle de
    Prométhée entre Dieu et ses créatures ; il décrit ses voyages merveilleux dans
    différentes parties du ciel et de la terre déclare connaître les secrets de l@univers,
    annonce le Messie et révèle un savoir étonnant sur les étoiles, les planètes, leurs
    mouvements, leurs influences, leurs positions.
    Selon la tradition, il aurait inventé l'écriture, l'arithmétique, l'astrologie, et on lui
    donne le titre de " Père des initiés " ou " Père des dieux ".
    Enfîn, comme Élie, il est emporté au ciel.
    Alors, se pose cette question : LES GRANDS INITIÉS JUIFS
    N'ÉTAIENT-ILS PAS TOUS DES EXTRATERRESTkIiS ?
    Pour les archéologues traditionalistes russes, partisans de cette théorie, il ne fait
    aucun doute que des hommes venus d'une autre planète ont visité la Terre à une
    époque ancienne.
    Cette hypothèse, que nous avons exprimée sans faire intervenir Dieu à propos de
    Tiahuanaco et de ProméthéeAtlante, prolongerait la nôtre en accentuant. Moïse
    aurait donné aux hommes de son temps un dieu virtuel formé à l'image du chef des
    extraterrestres.
    Les exégètes auraient donc mal interprété les textes. Toujours selon les
    théoriciens de l'Europe centrale, une fausse religion serait née de cette erreur. Les
    journaux russes, pour leur part, ne se font pas faute d'écrire que si l'idée de Dieu
    n'est pas encore battue en brèche, la réunion du
    368
    Conseil oecuménique prouve que les Églises veulent briser leurs cadres et
    redessiner le visage de Dieu.
    Cette exégèse nouvelle qui, à la vérité, ne heurte pas le dogme des chrétiens,
    des israélites et des musulmans, est tendancieuse, mais elle trouvera néanmoins un
    écho auprès des hommes des temps nouveaux. Il est même pos sible que le pape
    jean XXIII ait secrètement évolué vers cette tendance en parrainant l'oeuvre du père
    Teilhard de Chardin et en rénovant certains concepts de son Église.
    Ben Gourion et le bouddhisme
    Partout, dans le monde religieux, les cadres se désagrègent. Aux Indes, le
    président Nehru, disciple de Gandhi, essaye délibérément d'échapper aux
    superstitions qui entachent le clergé bouddhiste. En revanche, M. Ben Gourion,
    alors président du Conseil de l'État d'Israël, semblait se détacher de la religion
    ancestrale'.
    En novembre 1961, M. Ben Gourion, pendant une semaine entière, s'est enfermé
    dans un monastère bouddhiste pour y accomplir une retraite suivant tous les canons
    de la règle: jeûne partiel dans la journée, menus strictement végétariens, leçons de
    méditation données par trois moines bouddhistes en robe jaune.
    On n'ignore pas l'intérêt que le Président portait depuis longtemps à
    l'enseignement oriental, mais comment imaginer qu'un jour, au cours d'un voyage
    officiel, il pratiquerait les rites d'une religion étrangère ?
    Les Israéliens - dont beaucoup ne sont plus pratiquants - ont été surpris et
    inquiets.
    L'annonce de la venue en Israël d'une mission d'enseignants birmans, chargés de
    professer le bouddhisme à l'Université hébraïque de Jérusalem, a augmenté les
    inquiétudes.
    1. Aux Écoutes, 29-12-1961.
    369
    Ces indices montrent l'existence d'une crise qui va s'aggravant au sein de toutes
    les confessions. Ce bouleversément cyclique correspond-il à l'effondrement d'une
    race 9 La civilisation blanche projette-t-elle son dernie r
    rayonnement ?
    Les fils des Atlantes blancs, parvenus au bout de leur chemin, vont peut-être
    passer le relais aux Fils du Ciel, descendants directs des extraterrestres et destinés
    à la conquête du ciel. Le premier chaînon entre le règne noir e t le règne blanc,
    l'Égypte, est, depuis des millénaires, perdu de vue au bout de la chaîne des
    civilisations blanches. Le dernier chaînon, l'URSS, va assurer la liaison avec les
    jaunes sans que l'on sache encore si le flambeau sera d'abord repris par la Chine ou
    le apon.
    L'élargissement de notre univers sera-t-il le fait d'extraterrestres plus tôt arrivés
    sur notre globe que nous sur le leur ?
    Ce n'est pas impossible. Rien ne sera impossible un jour. Peut-être alors nous
    rappellerons-nous ces quelques lignes d'André Siegfried:
    La science devenue technique risque de compromettre une notion ancienne de la
    connaissance, car la connaissance
    cesse
    d'être désintéressée pour devenir utilitaire... si l'individu est mis au service de la
    production, s'il devient un moyen au lieu d'être un but.
    Cet avènement du savant, successeur du prêtre, se prépare depuis Moïse et les
    Ptolémées 1. Cette préparation serait l'oeuvre de certaines sociétés secrètes,
    chargées de préserver les traditions ; ces sociétés secrètes placées depuis des
    siècles sous le signe hermétique de la plus glorieuse des fleurs, la rose.
    Le mystère de la rose
    L'histoire de la rose est si secrète que de très rares initiés peuvent en comprendre
    le sens profond. La rose est par
    1. Les Ptolémées tentèrent de sauvegarder toute la science antique en créant la
    bibliothèque d'Alexandrie.
    370
    excellence le symbole du secret gardé, car elle est une des rares fleurs qui se
    referment sur leur coeur. Quand elle ouvre sa co rolle, elle est à l'heure de la mort.
    La plupart des grandes sociétés secrètes, la SainteVehme, le Temple, la francmaçonnerie,
    ont la rose comme emblème et la plus secrète de toutes, celle dont les
    chefs, sans s'ignorer, ne se rencontrent jamais, la Fraternité des rose-croix, a son
    nom accolé au symbole hermétique du
    Christ.
    Dès la plus haute antiquité, la rose fut honorée par les dieux et les héros. Elle
    ornait le bouclier d'Achille, le casque d'Hector, d'Énée et l'écu des preux chevaliers
    du Moyen Age, avec cette devise à sens triple: Quanto si monstro men tanto e piu
    bella (Moins elle se montre, plus elle est belle).
    Familièrement, découvrir le pot aux roses signifie découvrir un secret, mais
    l'origine de cette expression est assez peu connue.
    jadis, nos ai . eux, pour imposer la loi du silence à leurs convives, posaient sur la
    table un pot fleuri d'un bouquet de roses. Le bon ton et l'honneur voulaient que toute
    conversation placée sous ce signe fût tenue rigoureusement
    secrète.
    Cette coutume se pratiquait ailleurs avec une variante une rose était pendue audessus
    de la table du banquet et c'eût été forfaire à l'honneur que de répéter les
    conversations faites sous la rose (sub rosa).
    Il arrivait, pour qu'on parlât plus librement pendant le repas, qu'on recouvrît le pot
    avec un voile; avant de quitter la table, on découvrait le pot aux roses et la loi du
    Silence redevenait une obligation sacrée.
    Pour les pythagoriciens, francs-juges, chevaliers errants, templiers, chevaliers de
    Rhodes, francs-maçons, rose-croix, Rosati, pour le haut clergé chrétien enfin, la rose
    a une haute signification ésotérique.
    Les francs-juges étaient les membres de la Sainte-Vehme constitués en tribunal
    secret et chargés de l'exécution des individus coupables de troubler l'ordre social et
    religieux.
    371
    Sur le fer de leur hache justicière étaient gravés un poignard et un chevalier tenant
    un bouquet de roses. Qui trahissait le secret placé sous le signe de la fleur était
    assassiné avec le poignard.
    S'ils passaient à proximité d'une rose coupée, les francsjuges devaient la porter à
    leur bouche ou la poser sur leur coeur.
    Au xii' siècle apparaît la rosace à vitraux des cathédrales. C'est par une rose
    multicolore que la lumière (Vérité) entre dans les sanctuaires. Pour réaliser cette
    merveille qu'est la rosace de Notre-Dame de Paris (12,90 m de diamètre) il a fallu
    que le maître architecte connaisse le secret du Nombre d'Or, de la résistance du
    matériau et des formules savantes, transmises seulement aux grands initiés des
    sociétés secrètes.
    Partout où la rose entre en jeu, le secret et le silence l'accompagnent.
    On pouvait au début de ce siècle voir à Lyon, 14, rue Thomassin, sur la porte
    d'entrée et gravée dans la pierre, une petite tête encapuchonnée surmontée d'une
    énorme rose. Une enseigne d'artisan ? Un signe d'appartenance ? Personne n'a
    déchiffré cette énigme, mais il est probable que des voyageurs, en voyant l'insigne,
    en devinaient le sens caché.
    Il existait au Moyen Age de nombreuses auberges portant le mot " Rose " dans
    leur enseigne: A la Rose de Provins La Rose et lÉ
    1 glantine, Auberge de la Rose, Auberge de
    la Rose Blanche, etc.
    On a de bonnes raisons de croire que ces auberges qui jalonnaient les grandes
    routes de l'Occident et le chemin des sanctuaires étaient tenues par des hôteliers
    affiliés à une société secrète. L'enseigne indiquait aux voyageurs qu'ils se trouvaient
    , sous la rose " et que tout ce qu'ils diraient ou feraient ne serait jamais divulgué.
    D'après Charles Nodier, un édit du parlement de Rouen, à la fin du xvie siècle,
    interdit aux habitants de la ville d'aller à la Taverne de la Rose et à la Taverne du
    Rosier. C'est de cette même époque que date le schisme de la rose, qui
    372
    opposa les initiés laïcs aux initiés chrétiens. De plus en plus, les sociétés secrètes
    placées sous le signe de la fleur s'écartaient du dogme rigide institué par les francsjuges.
    Les rose-croix seraient, de nos jours, les derniers tenants de la vérité sub rosa,
    vérité que les grands occultistes considèrent comme la seule qui provienne en droite
    ligne de nos
    ancêtres.
    Pourtant, avec la rose pour devise, il existe une sorte de super-société secrète qui
    aurait encore, dit-on, quelques membres au Portugal ou en Amérique du Sud. A ia
    porte de leur demeure seraient plantés - de part et d'autre un rosier rouge et un
    rosier blanc.
    Jacques Coeur, dont l'immense fortune fut confisquée par Charles VII, puis
    reconstituée, selon la légende, grâce à l'or philosophale appartenait à cet ordre
    hermétique, et aussi, ces " pilotes " de jean Il de Portugal, qui, obligatoirement,
    prenaient leur retraite dans les îles des Açores ou de Madère, loin des curieux, après
    avoir, dix ans avant Colomb, rapporté l'or des mines de Brazil.
    C'est en 715 que fut instituée la bénédiction des clefs de la Confession de Saint-
    Pierre, lesquelles furent données ensuite à cluelques établissements religieux
    privilégiés. On pense que de cette coutume dérive le rite de la rose d'or ou rose des
    papes.
    Vers 1048, le pape Léon IX ordonna à deux monastères, détenteurs des clefs de
    la Confession de Saint-Pierre, de fournir en reconnaissance, chaque année, une
    rose en or, ou d'en payer la valeur.
    La rose d'or était alors le symbole de la fragilité humaine. L'inaltérabilité du métal
    était une image de l'éternité de l'âme. Elle était une simple fleur d'églantine qu'on
    peignait en rouge, puis vint l'usage de l'orner, au centre, de rubis et de pierres
    précieuses. Depuis Sixte IV (1471) la fleur des papes, ciselée en or fin, était faite
    d'une branche épineuse portant plusieurs roses fleuries ornées d'un
    feuillage.
    La fleur placée au sommet du rameau était plus grosse que les autres et
    comportait en guise de coeur, au centre
    373
    IP@
    de la corolle, une petite coupe percée de trous. Lors de la bénédiction de la rose, le
    pape déposait dans cette cupule des parfums imitant l'odeur de la rose pour "
    rappeler aux initiés les propriétés mystérieuses qui sont attachées à la fleur ".
    jamais le sens secret de la rose chrétienne n'a été révélé aux profanes.
    Le rôle des sociétés secrètes fut peut-être moins important qu'on ne se plaît à
    l'imaginer. Toutefois, leur action appartient à l'histoire secrète et à ce titre mérite
    d'être soulignée.
    Le toast à la nation
    Eliphas Lévi, plein de parti pris, mais aussi de finesse et de bon sens, raconte une
    étonnante anecdote qui vaut d'être connue:
    Le Toast à la Nation.
    Les exterminateurs en France ont toujours été appelés les Jacques.
    Il ,y avait dans le monde un homme profondément indigné de se sentir lâche et
    vicieux et qui s'en prenait de sa honte mal dévorée à la société tout entière...
    R osa plaider contre la science la cause de l'ignorance, contre la civilisation celle
    de la barbarie, contre toutes les hauteurs sociales en un mot, celles de toutes les
    bassesses.
    Le peuple par instinct lapida cet insensé, mais les grands l'accueillirent. Après sa
    mort, le monde s'ébranla pour se retourner, en réalisation des rêves dejean-jacques
    Rousseau, et les conspirateurs qui, depuis la mort dejacques de Molay, avaient juré
    la ruine de l'édifice social, établirent, rue Plâtrière, dans la maison même oùjeanjacques
    Rousseau avait demeuré, une loge inaugurée sous les auspices dufanatique
    de Genève.
    Cette loge devint le centre du mouvement révolutionnaire et un prince de sang
    royal vintyjurer la perte des successeurs de Philippe le Bel, sur le tombeau
    dejacques de Molay...
    374
    Le roi était au Temple (Louis XVI) et l'elite du clergé français était en exil ou à
    labbaye. Le canon tonnait sur le Pont-Neuf et les écriteaux menaçants proclamaient
    la Patrie en danger.
    Alors, des hommes inconnus organisèrent le massacre.
    Un personnage hideux, gigantesque, à longue barbe, était partout où ily avait des
    prêtres à égorger.
    - Tiens, leur disait-il avec un ricanement sauvage, voilà pour les Albiqeois et les
    Vaudois ! Tiens, voilà pour les Templiers ! Voilà pour la Saint-Barthélemy ! Voilà pour
    les proscrits des Cévennes ! et il frappait avec rage et il frappait toujours, avec le
    sabre, avec le couperet, avec la massue.
    Les armes se brisaient et se renouvelaient dans ses mains; il était rouge de sang,
    de la tête aux pieds, sa barbe en était toute collée et il jurait avec des blasphèmes
    épouvantables qu'il ne la laverait qu'avec du sang.
    Ce fut cet homme qui proposa un toast à la nation et à l'angélique demoiselle de
    Sombreuil...
    Le jacobinisme était déjà nommé avant qu'on n'eût choisi l'ancienne église des
    jacobins pour y réunir les chefs de la Conjuration; ce nom vient de celui de Jacques,
    nom fatal et prédestiné aux révolutions...
    Après la mort de Louis XVI, au moment où il venait d'exptrer sous la hache de la
    Révolution, l'homme à la longue barbe, cejuif errant du meurtre et de la ven ,séance,
    monta sur l'échafaud devant la foule épouvantée; il prit du sang royal plein ses deux
    mains et les secouant sur la tête du peuple, il cria d'une voix terrible:
    " Peuple français, je te baptise au nom de Jacques et de la liberté' .1 "
    La moitié de l'oeuvre était faite et c'était désormais contre le Pape que l'armée du
    Temple devait diriger tous ses efforts...
    1. Prudhomme, dans son journal, rapporte autrement les paroles de cet
    homme. Nous tenons celles que nous donnons ici d'un vieillard qui les a enten-dues.
    (Eliphas Lévi, 1860, Histoire de la Magie. La Révolution Française. Pages
    443-444.)
    375
    Les Junkers
    L'Ordre des jésuites eut, surtout au xix' siècle, une certaine influence sur le destin
    du monde, mais on ignore généralement le rôle mystérieux des "junkers" dont on
    pourrait contester l'action si Adolf Hitler n'avait précisément mis en honneur dans sa
    marine deux de ces principaux personnages: Gneisenau et Scharnhorst.
    Il convient cependant d'accueillir avec circonspection l'envoûtement dont
    Napoléon aurait été victime en 1813.
    Après Iéna', Napoléon a vécu 9 semaines au château de Schlobitten-Dôhna' en
    Prusse-Orientale, l'un des temples secrets des prêtres dAhriman, et son étoile a pâli
    brusquement: il s'était laissé envoûter, lui qui faisait trembler lEurope, par les
    magiciens noirs prussiens.
    Ces ma ,giciens étaient les redoutables héritiers des Chevaliers Teutoniques,
    lesquels avaient ramené en Allemagne la magie orientale des sectateurs dAhriman.
    Les désastres s'accumulèrent. Il était pris dans le cercle
    1
    infernal. A Leipzig, les Saxons sur lesquels il comptait marchèrent brusquement
    contre lui.
    Sa " Grande Armée " ne pouvait rien contre les armes invisibles des
    impitoyablesjunkers (hobereaux)...
    1
    Le junker Gneisenau for ,ge en secret une nouvelle armee plus redoutable que
    celle de Rossbach et cela sous les yeux des contrôleurs de Napoléon.
    Le junker Scharnhorst conçoit le plan d'une offensive foudroyante.
    Leiunker Blücher dirige cette offensive et emporte la déciston à Waterloo...
    Actuellement, une société secrète, créée après la débâcle allemande de 1945,
    paraît vouloir jouer un rôle politique dans le destin de l'Europe.
    Cette société, ou 31 Force Noire, rassemblait en 1946 les éléments hitlériens et
    fascistes d'Allemagne, d'Italie, de France, de Belgique, des Pays-Bas, d'Angleterre et
    d'Ir-1. G. Voisin, Aj, n' 31, sept. 1948.
    376
    lande. De 1946 à 1950, elle se tint dans une relative clandestinité, bornant
    apparemment son action à des réunions annuelles lors du solstice d'été sur de hauts
    lieux où les jeunes hitlériens faisaient brûler de grands feux. Au cours de ces
    veillées rituelles, des mots d'ordre étaient donnés afin que secrètement se perpétuât
    l'orientation politique définie par Adolf Hitler.
    La 3' Force Noire disposait de ressources énormes que le Reich avait amassées
    sous forme de trésors de guerre, en deux lieux principaux: le Wolfchanze, près de
    Koenigsberg dans l'ancienne Prusse, et le lac Toplitz, dans le Tyrol autrichien, non
    loin de Gratz. Il est à noter que Koenigsberg et Gratz sont deux hauts lieux
    consacrés par l'Ordre Teutonique
    Les chevaliers de Poséidon
    En 1950, du moins en France, les hitlériens, dispersés, tenus à l'écart des
    fonctions publiques, paraissaient avoir usé leurs forces vives. Soudain, dans le
    monde entier, la 3' Force Noire resurgissait, et son noyau le plus virulent se
    constituait en société secrète, Les Chevaliers de Poséidon, cachant ses desseins
    occultes sous une activité sportive,
    2.
    celle des plongeurs sous-marin
    En marge des clubs, s'entraînant de façon intensive sur les côtes américaines,
    espagnoles et africaines, la 3' Force Noire regroupait ses éléments sur le principe
    des maquis communistes clandestins du capitaine El Sol qui, de nos jours, tiennent
    solidement position dans le Midi et le SudOuest, notamment le long de la frontière
    espagnole.
    1. Voir Trésors du Monde, de Robert Charroux, éd. Fayard, 1962. (Les
    Mystérieux Trésors du Reich.)
    2. La société secrète - non déclarée évidemment - des Chevaliers de Poséidon
    n'a rien de commun ni aucune relation avec les Clubs et sociétés de pêche et de
    chasse sous-marines légalement constitués, tant en France qu'à l'étranger. Nous
    espérons qu'aucune association connue n'existe sous ce nom.
    377
    Les effectifs des deux groupements politiques, fondamentalement opposés, sont
    à peu près les mêmes -. 15 000 hommes dans les rangs des Chevaliers de
    Poséidon, autant pour les communistes: bûcherons, ouvriers agricoles et maçons qui
    contrôlent les passages pyrénéens.
    L'existence des maquis communistes du Sud-Ouest et de la 31 Force Noire ne
    trouve pas grand crédit auprès des milieux gouvernementaux. Il ne nous appartient
    pas de forcer les réserves, mais nous signalons toutefois qu'en 1948 l'hebdomadaire
    France-Hebdo 1, publiant une relation détaillée sur les effectifs, l'armement et les
    positions clefs tenues par les trois maquis communistes dans les Landes, dans les
    Pyrénées et dans la région de Montpellier, reçut la visite du capitaine El Sol
    (Coustellier), bien connu des maquis FTP de 1944, qui reconnut volontiers le bienfondé
    de cette information.
    Quant à la 3' Force Noire, France-Dimanche, malgré des réticences avouées, dut
    convenir de l'authenticité du groupement devant le témoignage que vint apporter à
    Guy Goujon, rédacteur en chef, et au secrétaire de rédaction, un collaborateur
    condamné à mort'.
    Une aventure attire vers les fonds marins des personnages mystérieux. En
    Europe, un grand nombre de plongeurs célèbres étaient, en 1940, des partisans
    politiques des régimes totalitaires. Une enquête sur le trésor - contesté de Rommel
    dans les eaux côtières de la Corse nous a confirmé l'existence d'un véritable Ordre
    Teutonique sousmarin. L'ex-condamné à mort, qui avait rencontré le rédacteur en
    chef de France-Dimanche, nous a fait à ce sujet de surprenantes confidences:
    Si le trésor existait, il y a belle lurette que nous l'aurions récupéré. Mais peut-être
    avons-nous la garde d'autres trésors, authentiques ceux-là, vous pouvez me croire...
    L'Ere du Verseau est arrivée, c'est-à-dire lère du Trident, de Poséidon, du Cheval
    Marin et du Cheval du Chevalier..
    l. France-Hebdo, avril 1949, n" 264-265-266.
    2. Voir France-Dimanche, n' 149, 1 0 juillet 1949.
    378
    Sans doute le savez-vous: à l'extrême pointe occidentale des Açores, il existait
    encore, au xvi' siècle, une statue équestre, celle du Chevalier Noir'. Elle regardait
    l'océan Atlantique, le Nouveau Monde qui était ancien et Atlantis immergée et émer
    ,gee.
    En 1949, vous avez, avec notre autorisation, publié un reportage sur
    cettejeunesse d'après la défaite, quijouait aux SS à Ozoir-la-Ferrière. je puis donc
    vous faire encore certaines confidences.
    Nous faisions alors un baroud d'honneur, histoire de ne pas perdre la face et de
    nous persuader de quelque confuse certitude.
    Bref, tout cela s'est dilué dans des magmas d'indifférence et de veulerie et seuls
    ont subsisté les plus tenaces, la meilleure trempe: lesfils et lesfilles des
    Hyperboréens.
    Ceux-là ont réfléchi, refait les calculs et réalisé en partie le grotesque et le
    primaire de certaines conceptions hitlériennes (sic). Oui, avec son sens du grandguiqnolesque
    et avec sa folie, Hitler a mené les Hyperboréens à la mort.
    Sans doute même est-il le plusgrand criminel du siècle, car il a fait massacrer la
    véritable élite, celle qui aurait mérité de survivre et de repeupler le troisième
    millénaire.
    Presque inconsciemment, les rescapés de la dernièrequerre se sont rassemblés
    pour une nouvelle aventure. Vous avez dû le remarquer, la conquête du fond des
    mers est, en certains cas, le fait d'hommes très particuliers, qui ont été amenés là ar
    leur dynamisme et la nécessité de cacher une activité P,
    repréhensible.
    Seule l'elite est agréée dans notre section, laquelle est très exactement un Ordre
    de Chevalerie - adapté aux temps nouveaux - avec des rites d'initiation.
    Toute formation politique ouvertement déclarée, fasciste, hitlérienne ou nazie, est
    absolument étrangère à notre bord'.
    1' Peut-on faire un rapprochement avec le satellite inconnu " I£ Chevalier
    Noir " dont nous avons parlé au chapitre ix ?
    2. Notre interlocuteur a beaucoup insisté pour que l'on dissocie les anciens
    hitlériens - évolués " devenus les tenants de l'Europe Unitaire des hitlériens -
    demeurés " dont les chefs de file sont l'Anglais Colin Jordan et l'Américain George
    Lincoln Rockwell. Bien que s'insurgeant contre cette définition, les Chevaliers de
    379
    Si nous effleurons cette déplaisante question politique, c'est parce qu'elle revêt
    soudain un caractère fantastique assez inattendu, qui surgit au-dessus de l'habituel
    fatras.
    Incapables de participer à la grande aventure cosmique qui s'annonce, ils ont
    voulu affirmer leur présence.
    Il s'agit de créer un homme nouveau - l'homo aquaticus - artificiellement
    apparenté aux poissons et capable, comme eux, de vivre dans le milieu marin.
    Brutalement exprimé, si invraisemblable que cela puisse paraître, les Chevaliers de
    Poséidon veulent devenir des poissons et constituer un Empire sous-marin.
    De prime abord, un pareil projet, même étalé sur des millénaires, semble
    chimérique, pour ne pas dire démentiel. La mutation prévue pour l'homo aquaticus
    vise à le faire nager, respirer, se nourrir et procréer exactement comme les poissons,
    et sans le secours de scaphandres.
    Ce projet, très sérieux, n'appartient pas en propre aux anciens nazis. Ils l'ont
    emprunté à des organismes officiels absolument étrangers à leur idéologie politique.
    Il est vrai que même si les Chevaliers de Poséidon ont eu l'idée les premiers, ils
    n'avaient pas la possibilité de l'expnmer publiquement.
    En tout cas, l'aspect sérieux de l'opération homo aquaticus est en partie accrédité
    par l'intérêt que les gouvernements portent aux questions sous-marines. En 1961,
    écrivant au président du Sénat américain, le Président Kennedy s'exprimait ainsi:
    La connaissance des océans est plus que de la simple curiosité. Notre
    survivance même en dépend peut-être.
    Au deuxième Congrès Mondial Subaquatique qui se tint à Londres en octobre
    1962, sir Wavelle Wakefield, membre du Parlement, a repris l'idée d'un projet qui
    avait mystérieusement échoué en 1960.
    A cette époque, des plongeurs français et l'Anglais Oscar Gugen, vice-président
    de la Confédération Mondiale des
    Poséidon, de même que les néo-hitlér-iens, sont des communistes, hostiles à l'idée
    de patrie et pratiquant une politique raciale.
    380
    Activités Subaquatiques (CMAS), voulaient prendre place comme passagers à bord
    d'un transatlantique effectuant la traversée Le Havre-New York.
    Arrivés au milieu de l'Océan, ces hommes devaient prier le commandant de
    réduire la vitesse, puis, solennellement, ils auraient immergé un grand drapeau bleu
    foncé marqué aux initiales CMAS, en déclarant qu'ils prenaient possession du fond
    des mers au nom de leur groupement.
    Il devenait alors obligatoire pour le commandant de faire un constat de l'incident
    sur son registre de bord, ce qui, dans l'immédiat, n'avait aucune répercussion, mais
    pouvait acquérir plus tard, en droit international, une importance encore imprévisible.
    Or, ce projet ne fut pas mis à exécution pour des raisons mal définies, et certains
    y voient maintenant une manoeuvre des Chevaliers de Poséidon peu enclins à se
    laisser devancer dans cette entreprise.
    Quant à l'opération homo aquaticus, elle fut rendue publique au cours du Congrès
    d'octobre 1962 par le coinmandant Cousteau qui avait déjà expérimenté sur les côtes
    méditerranéennes un système de stations sous-marines.
    L'opération homo aquaticus consiste dans l'étude de la possibilité, pour l'homme,
    de s'intégrer définitivement au milieu marin. En bref, le commandant Cousteau,
    représentant officiel de groupements apolitiques et agréés par le gouvernement
    français, préconisait de remplir la cavité thoracique des plongeurs avec une matière
    plastique et de remplacer le complexe poumons-coeur par un système pseudobranchial
    auquel seraient branchées les veines et les artères.
    Ainsi, l'homme ne pourrait plus vivre à l'air libre, mais aurait les fonctions
    respiratoires des poissons en attendant d'acquérir, sur le plan morphologique, un
    hydrodynamisme défini par le milieu marin.
    On nous a certifié qu'en 1962 des hommes-grenouilles allemands et japonais
    avaient subi volontairement des interventions chirurgicales.
    381
    Nous pouvons rappeler à ce propos les expériences chirurgicales réalisées en
    1937-1938, au laboratoire de Physiologie de Berlin, sur des SS taillés en athlètes qui
    avaient accepté de se faire castrer et de subir des interventions sur le coeur, les
    glandes et le cerveau, dans le seul but d'études scientifiques, pour préparer
    l'avènement de l'Aryen nouveau.
    Un grand nombre de ces opérations eurent des issues mortelles.
    Les documents et le dossier photographique de ces expériences sont la propriété
    du professeur Lecerf, l'éminent expert graphologue de l'Isle-sur-Tarn.
    La mutation artificielle qui annoncerait l'ère de l'homo aquaticus apparaît pourtant
    très improbable, sinon impossible dans l'absolu, mais elle entraînera très
    certainement une révolution dans la plongée sous-marine; en particulier, elle
    conduira à une plus longue immersion. Automatiquement, ce progrès sera utilisé à
    des fins militaires.
    Il entrerait dans les vues des Chevaliers de Poséidon de créer une véritable cité
    sous la mer, pratiquement invulnérable, d'où ils pourraient lancer des raids et
    contrôler de vastes espaces marins.
    S'ils parvenaient un jour à couler un sous-marin atomique russe, américain ou
    français - ce qui n'est pas exclu de leur programme - ils auraient alors à leur
    disposition, et pour un temps pratiquement illimité (5 000 ans), une centrale capable
    d'alimenter toute leur cité.
    On distingue mal encore ce qu'il y a d'hypothétique et de réalisable dans ce
    projet, mais on ne saurait le classer a priori dans l'impossible, attendu qu'il
    correspond, point par point, au problème de la colonisation des planètes et
    principalement de la Lune.
    L'informateur, de qui nous tenons ces révélations, laisse paraître son pessimisme:
    Cette épopée sous-marine que nous sommes contraints de vivre est mal ,gré tout
    une véritable évasion valable.
    Il est certain que nombre d'entre nous accepteraient de faire plastifier leur cage
    thoracique, par solution de désespoir ou par déft.
    382
    En fait, nous n'avons plus d'ambitions politiques et beaucoup pensent que notre
    défaite de 1945 est irrémédiable.
    Si vous voulez une image historique, je vous dirai que cette fois, Charles Martel a
    été vaincu à Poitiers.
    Il n:y aguère d'espoir et nous le savons. Cependant, nous possédons une arme
    décisive et nulle puissance humaine ne peuty faire échec. Nous mourrons avec le
    reste des hommes.
    Cette arme irrésistible sortira de la mer.
    On peut rapprocher cette menace de deux faits connus: l' Les services français de
    renseignements pensent qu'une puissance (qui n'est ni l'URSS ni les USA) possède
    actuellement une arme secrète supérieure à l'arme atomique.
    2' Les Allemands, en 1940, avaient mis au point une arme bactériologique d'une
    virulence telle qu'Adolf Hitler l'avait déclarée inutilisable.
    Les Français possédaient eux aussi des obus à virus qui, éventuellement,
    pouvaient être employés dans une guerre bactériologique. Ni les Allemands ni les
    Français n'engagèrent les hostilités sur ce terrain, fort heureusement, mais il se
    produisit un événement extraordinaire dont le public n'eut pas connaissance.
    Vers mars 1940, les Français firent prisonnier - assez aisement du reste - un
    commando allemand dont chaque homme portait sur la bouche et sur le nez une
    sorte de masque de ouate imbibé d'une solution à base de sulfate de cuivre.
    Aussitôt, les masques à gaz français furent pourvus d'un tampon additionnel au
    sulfate de cuivre, de manière à établir une protection identique à celle des Allemands
    contre un gaz qu'on ne connaissait pas mais qu'on avait tout lieu de croire inopérant
    dans ces conditions.
    Le résultat fut sensationnel: en quelques jours, les masques à gaz de l'armée
    française étaient inutilisables, leurs capsules filtrantes ayant été détruites par le
    sulfate de cuivre.
    Ce n'était là qu'un épisode de la guerre psychologique. Toutefois, une arme
    bactériologique non mortelle, mais frappant de parésie durant plusieurs semaines,
    avait été
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    inventée par les chimistes d'outre-Rhin. Les bouillons de culture existeraient encore,
    avec d'autres armes bactériologiques plus terribles, dans une usine souterraine dont
    les murs sont tapissés de plomb, à Spala et à Kouweka en Pologne. L'usine est
    engloutie sous plusieurs mètres d'eau dans les fortifications du blockhaus Hermann
    Goering.
    Ces révélations ont été publiées par le journal communiste polonais Trybuna
    Ludu, d'après les déclarations d'un ingénieur qui a transmis aux autorités le plan
    détaillé des souterrains inondés en 1945 lors de la retraite allemande.
    On pense qu'un échantillonnage de virus est entre les mains de l'Ordre
    Teutonique Sous-Marin. Un authentique nazi a fait la déclaration suivante
    Un espion porteur de deux douzaines d'ampoules pourrait - si ce n'est déjà fait -
    se rendre en Russie Soviétique.
    Deux ampoules seraient brisées à Moscou, une à Stalingrad, une à Karkov, et
    120 millions de Russes se trouveraient frappés de stupeur ou d'hystérie. Des
    milliards et des milliards de virus paralyseraient immédiatement la nation soviétique.
    Il ne s'agit pas deguerre microbienne. C'est mieux et plus facile (sic).
    Le métro, les wagons de chemins de fer, les places publiques, les cinémas, les
    stades, les fleuves, les brouillards, les vents saisonniers seraient les auxiliaires toutpuissants
    du contaminateur.
    Ces virus ont été préférés aux microbes des maladies contagieuses parce que
    leur action est spontanée et localisée.
    Avec le prix d'une BA on peut paralyser le globe tout entier.
    Les fusées, rampes de lancement, avions stratosphériques, sont déjà dépassés.
    Un seul espion ferait l