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Les Mystères du Mot: AMEN (de Jean Tourniac)

 
Renaissance Traditionnelle N°21-22 Tome VI janvier-avril 1975

Dans cet article, Jean Tourniac poursuit son étude de l'ésotérisme Chrétien. Il s'intéresse
A la langue hébraïque, qui pourrait être considérée comme langue sacrée de la maçonnerie
(légendes, termes hébraïques, temple de salomon).
Alors que le judaïsme et l'islam s'appuient sur une médiation linguistique sacrée entre Dieu et l'homme, la tradition Chrétienne ne repose sur aucune langue sacrée.
En fait, dans le Christianisme la présence divine n'est plus tributaire d'une révélation idiomatique, mais est contenue dans la chair, nourriture sacrée eucharistique.
Ceci entraine différentes conséquences quand aux modalités doctrinales :

- Dans les comportements sociaux : annonce de la bonne nouvelle
- Au niveau liturgique : la nourriture consacrée déificatrice : « Faites ceci en mémoire de Moi », qui se substitue à l'invocation du nom divin.
Cependant, la communion au corps et au sang de la parole faite chair peut s'accompagner d'un « souvenir du nom de Jésus ».
Ainsi à la suite des réformes liturgiques, le communiant devient actif en proférant le mot : «Amen» précédant la réception de l'hostie.
Y aurait-il alors correspondance entre l'Eucharistie, l'invocation du nom du Seigneur, et l'emploi du mot hébreu Amen ?
2 mots tirés de la langue sacrée originelle du judéo-christianisme sont conservés dans la
liturgie chrétienne : Halleluia (louez dieu) et Amen.
De plus ce Amen est commun aux 3 religions abrahamiques ;étant d'origine hébraïque
L'étude va se faire au travers de la tradition juive.

La racine : sa signification originelle est : porter, supporter, assurer une stabilité et une sécurité.
Amen est le roc de la foi et par extension désigne l'accord donné par le peuple d'Israël
Aux volontés de l'Eternel. A un degré plus élevé il est synonyme de vérité, d'où son
Assimilation au nom de l'Eternel. Il se joint à l'Halleluia, symbolisant le verbe ou le Messie rédempteur et ce mariage préfigure la liturgie apocalyptique. Il est cité dans de nombreux
Passages de l'écriture.
Ainsi chez Isaïe(65/16) , identifié à la vérité, il devient par « sa face divine »le vêtement du
Saint –béni-soit-il : Elohey-Amen, nom du Dieu fidèle qui se souvient de son alliance.
C'est dans cet aspect suprême d'Elohey-Amen que les kabbalistes cherchent à joindre dès maintenant, par l'acte de la Kawanna (intention), les oppositions découlant de la chute.

1/Aspect kabbalistique :

- Rabbi Akiba conte une histoire où les pêcheurs d'Israël et les justes païens crient Amen du
Fond des enfers. a miséricorde de Dieu s'émeut et les délivre. L'Amen prend ainsi un pouvoir rédempteur universel. L'Amen est ici le libérateur, le sauveur.
- Paul Vuillaud, dans l'analyse du mot Amen fait référence aux deux noms :Jéhovah et Adonaï désignant miséricorde et puissance et formant la combinaison : Yahadonaï, qui
exprime le désir de l'homme d'être en union avec Dieu et la profession de l'unité divine.
La valeur numérale de Jéhovah+ Adonaï est = 91, tout comme le mot Amen. Cela induit que Amen a la puissance de ces deux noms.
- Dans un passage du Zohar , version de J. de Rouly :
Rabbi Simeon demande :
Qu'est ce que l'Amen ?
Et il répond :
L'aleph désigne le puits profond d'où jaillissent toutes les bénédictions, le mem
Ouvert le fleuve qui coule sans cesse, le noun désigne le principe mâle et femelle.
L'Amen est donc le centre(ein soph) d'où partent toutes les bénédictions, irriguant ainsi tous les sephirots jusqu'à malkout qui les distribue à Israël.
Ainsi y-a-t-il un rapport entre l'Amen et le nom de l'éternel. L'écoulement des bénédictions suggère une autre relation spirituelle qui unit l'Amen à la Shékinah(présence divine) dans le judaïsme et les noms de Jésus et Marie dans le christianisme(le premier s'appliquant au verbe fait chair, le second désignant la toute puissance suppliante « aqueduc des grâces »).
Le mot Amen de nos jours se traduit : ainsi soit-il, mais pour le juif des origines il se disait :
Il en est ainsi.


2/Aspect numéral

Amen= 91 représentation symbolique du soleil
9 : chiffre cyclique
1 : unité centrale
donnant 10, et ramenant à l'unité d'origine après épuisement d'une manifestation numérale.
Il est ainsi possible de mettre le symbole numéral d'Amen avec la désignation du verbe dans sa profération du monde manifesté.
Dans la valeur développée des 3 lettres, aleph = 111(nombre du pôle), cette unité triplée correspond à l'animation de cette unité dans sa fonction de révélation et de génération des mondes.
Mem + noun = 196. Unis à l'aleph unité centrale = 197 nombre du Dieu très haut : El Elyon et Emmanuel, le nom du Messie venu dans la ronde des cycles pour affirmer l'unité divine et
Dieu avec nous.

3/Aspect technique rituelle

La ronde novénaire autour du pivot polaire qu'évoquent le cercle et le point central du nombre 91 de l'Amen n'est pas sans faire penser à une danse autour du maître :
Dhikh musulman ou la ronde enseignée par le Christ à ses disciples formant un cercle autour de Lui et ponctuant chaque strophe d'un chant par le mot Amen(actes de Jean).

Dans notre tradition chrétienne le mot Amen revient fréquemment en fin des doxologies
Neo-testamentaires : cf 2 Corinthiens, 1, 20. Dans cette perspective paulinienne la
Médiation christique entre Dieu et l'homme paraît tenir dans l'Amen.Il peut être finalement une désignation fonctionnelle du Christ, mais aussi le nom générique des Espèces
Eucharistiques.
Enfin dans l'Apocalypse ? L'Amen est le nom que se donne le Seigneur : « Voici ce que dit l'Amen, le Témoin Fidèle et Vrai, le Principe de la création de Dieu » .
De même lorsque les 24 vieillards vêtus de blanc entourent le trône devant lequel brûlent les 7 lampes et que cernent les 4 vivants, l'Amen est proféré pendant que la création acclame l'
Agneau Triomphant. Les 24 vieillards et les 4 vivants se prosternent et adorent l'Eternel en
Disant : « Amen-Alleluia ».
Ce sont les 2 seuls mots qui subsistent dans la Jérusalem Céleste et dans le monde apocalyptique.
Ainsi le Christ est « La Parole », et ces 2 noms sont « Sa Parole » puisqu'ils demeurent alors que le monde a pris fin.
On peut ainsi être enclin à supposer que l'hébreu pourrait bien être une «langue sacrée du christianisme» , langue sacrée récapitulée dans un nom du Christ et du germe de David :
L'Amen.