• Le Catharisme

    Sciences des Religions Marion Jobin

    LES CATHARES


    Introduction
    Tout d’abord, ce thème a attiré mon attention, car, étant petite, j’ai souvent vu, chez moi, des
    cassettes vidéo ou des livres sur les cathares, sans savoir vraiment de quoi il s’agissait. En effet, mon
    père est quelqu’un qui s’intéresse beaucoup à eux. Après quelques menues recherches, c’est
    finalement ce thème que j’ai choisi. D’une part, car je le trouvais très intéressant et il me permettait de
    me plonger dans quelque chose qui m’étais, jusqu’alors, encore inconnu. D’autre part, car je savais
    qu’en choisissant les cathares j’aurais la possibilité d’aller à la rencontre de personnes qui font partie
    d’un mouvement gnostique proche : La Rose-Croix d’Or.
    Cette perspective me réjouissait, car je trouve plus intéressant de pouvoir faire plus que, simplement,
    rédiger mon travail sur l’ordinateur.
    Ce qui m’amène à expliquer la manière que j’ai employée pour faire mon Travail de Maturité. Tout
    d’abord, j’ai fait des recherches sur le catharisme et je me suis intéressée à leur historique. C’est à ce
    moment que mon hypothèse m’est venue à l’esprit. Hypothèse à laquelle j’ai consacré un de mes
    chapitres. Je me suis demandé, après avoir vu à quel point les cathares ont été persécutés, si l’on
    pouvait réellement les qualifier d’hérétiques, comme l’a fait l’Eglise catholique.
    Ensuite, j’ai cherché à savoir qu’est-ce qu’il en était à nos jours. Je savais que la Rose-Croix d’Or
    avait des liens avec le catharisme, c’est pourquoi je me suis penchée sur ce mouvement gnostique.
    Puis, j’ai décidé de terminer par l’interview d’Annita Sandoz, qui fait partie de la Rose-Croix d’Or.
    Pour finir cette introduction, j’aimerais ajouter que j’ai choisi ce sujet non seulement, car il
    m’intéressait mais aussi pour un motif plus personnel. En effet, grâce à lui, j’espérais pouvoir mieux
    comprendre la spiritualité à laquelle se consacre mon père. En somme, apprendre quelque chose de
    plus sur lui.
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    Le catharisme
    Avant toute chose, il est nécessaire d’expliquer ce qu’est la Gnose, car le christianisme cathare et le
    manichéisme appartiennent aux mouvements gnostiques. La Gnose, du grec « gnosis » signifie
    connaissance, une connaissance salvatrice qui affranchit l’âme de l’ignorance, elle-même cause de la
    souffrance, la relie à l’Esprit et fait de l’homme un « imitateur de Dieu ». Les cathares utilisaient le
    terme de « Verbe » ou « Logos » pour désigner cette connaissance, cette Gnose. Recevoir le Logos,
    c’est reconnaître qu’on porte en soi l’étincelle du véritable Dieu, du Feu Originel.
    Celui qui est touché par la Gnose sait que le Christ doit naître, mourir et ressusciter1 en tout être
    humain et c’est à l’achèvement de ce processus intérieur que l’homme devient semblable au Christ, il
    devient un « imitateur de Dieu ». Ce processus immense et mystérieux mène à la vie véritable, celle
    de l’Homme-Ame-Esprit.
    N 2
    La religion cathare descend du manichéisme. Elle
    provient, plus précisément, de Mani (en sanscrit,
    Mani a deux significations. Cela veut dire « perle
    précieuse » et « penser »). Mani est aussi appelé
    « souffle de la pensée ». Souffle, qui pousse le
    croyant à entreprendre un voyage jusqu’au monde
    de lumière de l’origine de l’homme.
    Mani fonda une Eglise de l’esprit qui entraîna de
    nombreux hommes sur les chemins de « l’éveil de
    l’âme lumière ». Car le but de l’initiation cathare,
    tout comme celle du manichéisme ou de n’importe
    quel processus gnostique, est de construire un
    nouveau corps immortel, à partir du corps terrestre
    et une conscience réorientée vers l’Originel. L’Ame
    doit se détacher du corps terrestre, car ce dernier
    appartient à une nature dualisée, qui est opposée
    à celle de l’Originel, Patrie de l’Homme Vrai.
    En effet, le catharisme enseigne le principe de
    l’existence de deux ordres de nature opposée, car
    les cathares ne peuvent concevoir qu’un Etre unique aie
    pu créer à la fois le royaume Originel dans lequel il n’y a pas de place pour le Mal, et le monde
    terrestre où le Mal se manifeste.
    S’il est un dualisme des deux Principes, c’est parce que le catharisme est avant tout un dualisme des
    deux Créations. En effet, tout le système repose sur l’existence de ces deux ordres de nature
    opposée. D’une part, l’ordre de la Lumière et d’autre part, l’ordre des Ténèbres où tous les êtres
    humains sont enfermés et hors duquel chaque homme est appelé à s’élever.
    1 Il s’agit de l’incarnation, la crucifixion et la résurrection de Jésus-Christ
    2 Image de Mani trouvée dans Le Catharisme : Hérésie ou pur Christianisme ?, Edition du Septenaire, p.5
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    Voici ces deux natures :
    - la Nature Originelle où règnent la Lumière, la Force divine, l’Unité, l’Amour, le Logos. Il s’agit
    de la Patrie Originelle de l’Homme Vrai, la véritable Création voulue par Dieu. C’est la Nature
    des réalités spirituelles, invisibles et éternelles. C’est le royaume du Dieu légitime dont les
    âmes sont des émanations, comme les rayons émanent du soleil.
    - La nature terrestre dualisée. C’est-à-dire le monde visible, ensemble de réalités matérielles et
    temporelles, donc transitoires, vouées à la corruption et à la destruction. Ce monde n’est que
    le reflet dégradé de la Nature Originelle, dans lequel le Mal se manifeste : les corps de chair
    connaissent la souffrance, la dégradation, la mort. Tous les vices, tous les malheurs et tous
    les maux sont liés à la condition matérielle.
    Mais ces deux ordres de réalités ne sont pas égaux. La Nature Originelle est éternelle. Le monde
    visible, quant à lui, est vain, puisqu’il est transitoire. C’est presque comme s’il n’existait pas. Ce monde
    n’est que Néant, car à quoi bon exister si ce n’est pas éternel ? De plus, Jean parle du Néant dans
    son Evangile, il dit « Sans Lui, le rien est apparu ». Par rien, entendons bien sûr le Néant. Cette
    phrase signifie également que le mal est indépendant de Dieu, c’est un non-être établi dans le temps,
    hors de la création divine.
    Lucibel (ou Sathanel - Satan) est le monarque de ce Mal. Ange déchu, il est le prince de la division,
    le « Grand Imitateur » : il reproduit et tente de modifier les Idées originelles du Christ. Il n’a pas créé,
    mais seulement transformé le monde en images grossières et terrestres du monde parfait et céleste.
    Lucibel s’est construit sur la terre un monde de douleurs et d’expiations avec l’aide des ombres et des
    nuages.
    En opposition à Lucibel, Dieu ne possède en lui ni ombre ni variation. Il est le Père de la Vie, de la
    Lumière et de l’Esprit. Quant au Christ, il est le seul vrai Créateur.
    Le Christ est décrit par les cathares comme la Parole libératrice. En effet, pour eux, « le Christ n’est
    pas né de la Vierge, il n’a pas souffert pour les hommes, il n’a pas vraiment été mis au tombeau, et il
    n’est pas ressuscité […] »3. Dans le catharisme, le Christ n’est pas un homme, mais une force.
    Lorsqu’un homme reçoit le Logos et porte en lui l’étincelle du Feu Originel, lorsque cette dernière est
    éveillée dans le coeur de l’homme, il reconnaît ces deux natures en lui et décide de vouer sa vie
    entière au processus de renaissance de l’Ame divine en lui, c’est-à-dire au processus de la vie
    véritable.
    Tout au long de ce processus, de ce chemin qui mène à la délivrance de l’âme, les « Parfaits » sont
    accompagnés par Mani. Ils ne le considèrent non pas comme un personnage historique, mais comme
    l’Esprit consolateur et purificateur. Il est l’incarnation vivante du Christ universel, l’envoyé du Logos.
    Lorsqu’on parle des Parfaits, il s’agit d’une appellation plus précise des cathares, car comme dans
    tous mouvements gnostiques, les cathares connaissaient plusieurs degrés : les croyants (ou appelés)
    et les Parfaits (ou élus).
    3 Notice sur les chanoines d’Orléans, vers 1050 : Les cathares : Pauvres du Christ ou apôtres de Satan,
    Edition Gallimard
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    Les croyants écoutaient les prédications. Ils étaient conscients des deux natures, ils pouvaient ainsi
    orienter leur vie vers le pur idéal chrétien.
    Cependant, ils ne recevaient le consolament qu’à l’article de la mort. Ils y étaient préparés toute leur
    vie par les prédications que les Parfaits leur enseignaient. Or, lorsqu’un croyant voulait, par vocation,
    devenir un Parfait, et recevoir le sacrement sans attendre la fin de ses jours, le consolament était
    également un sacrement d’ordination.
    Le croyant faisait alors un noviciat de trois ans dans une maison de Parfaits ; c’était à la fois une
    initiation spirituelle, un enseignement dogmatique, et une préparation pratique à la règle de vie très
    contraignante à laquelle il était soumis après son ordination.
    Les « croyants hérétiques » étaient les ministres et les membres du clergé cathare, et eux seuls,
    avaient droit au nom de « chrétiens ». Ce sont eux que les historiens ont pris l’habitude d’appeler
    « Parfaits ».
    1.4
    Le Parfait s’engageait concrètement dans le triple processus de renaissance de l’âme divine. Il entrait
    dans la pratique de « l’endoura » qui est l’abandon conscient de l’ambition terrestre et de toute
    tendance égocentrique dans les trois sanctuaires de la tête, du coeur et du bassin, l’abandon total de
    soi à l’Ame-lumière. La vie des cathares était la plus pure possible, ils étaient végétariens et faisaient
    voeu de chasteté.
    La séparation définitive des deux principes en lui : lumière et ténèbre, était marquée par le
    consolament, ou baptême de l’Esprit. Il est l’unique sacrement pratiqué par les cathares.
    Le consolament est « le salut, par l’imposition des mains, qui lave de tous péchés et remplit du don du
    4 Première page du Rituel cathare, trouvé dans La religion cathare, Edition Loubatieres, p.3
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    Saint-Esprit ».
    Le consolament consacre la liaison de l’âme purifiée avec l’Esprit, l’affranchit de toute attache à la
    nature corruptible et introduit le futur Parfait dans le sacerdoce cathare, c’est-à-dire l’état de
    perfection. Il entrait alors dans la nature supérieure et la réalité de cette liaison se démontrait dans le
    courage serein de ces milliers de martyrs devant la mort, qu’ils avaient intérieurement vaincue.
    Lors du consolament, l’officiant est nécessairement un Parfait, puisqu’il faut l’avoir reçu pour pouvoir le
    donner. La cérémonie se déroule en présence d’autres Parfaits, ainsi que des parents et des amis du
    postulant. Celui-ci répond d’abord aux questions de l’officiant, puis, après que tous les Parfaits
    présents aient donné leur accord, il fait voeux de suivre « la règle de justice et de vérité » et « se
    donne à Dieu et à l’Eglise des Bons Chrétiens ».
    C’est alors, s’il est marié que son conjoint lui donne son consentement, en l’absolvant du lien conjugal.
    Après un échange de phrases rituelles, le postulant peut recevoir la transmission du Nouveau
    Testament et la Parole du Seigneur.
    Il s’agenouille devant une table recouverte d’un linge. L’officiant place sur sa tête le Nouveau
    Testament, et, de même que tous les Parfaits présents, pose sa main droite dessus. Il récite alors le
    « Benedicte », puis trois « Adoremus », sept « Pater », et de nouveau trois « Adoremus » et conclue
    par la formule du pardon.
    Voici, par exemple, les paroles de l’officiant lors d’un rituel cathare :
    « Pierre, vous qui voulez recevoir le baptême spirituel, par lequel est donné le Saint-Esprit en l’Eglise
    de Dieu, avec la sainte oraison, avec l’imposition des mains des bons hommes […] ».
    Ce saint baptême par lequel le Saint-Esprit est donné, l’Eglise de Dieu l’a maintenu depuis les apôtres
    jusqu’à ce jour, et il est venu de « bons hommes » en « bons hommes » jusqu’ici, et elle le fera
    jusqu’à la fin du monde.
    Et vous devez entendre que le pouvoir est donné à l’Eglise de Dieu de lier et de délier, de pardonner
    les péchés et de les retenir, comme le Christ dit, dans l’Evangile de Saint-Jean5 :
    « Comme le Père m’envoie, je vous envoie aussi. » Lorsqu’il eut dit ses choses, il souffla sur eux et
    leur dit : « Recevez le Saint-Esprit ; ceux à qui vous pardonnez les péchés, ils leur seront pardonnés,
    et ceux à qui vous les retiendrez, ils seront retenus. » […]6
    5 (xx, 21-23)
    Références bibliographiques :
    - La religion cathare, Edition Loubatieres
    - Les cathares : Pauvres du Christ ou apôtres de Satan, Edition Gallimard
    - Le Catharisme : Hérésie ou pur Christianisme ?, Edition du Septenaire
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    Historique : des Croisades à l’Inquisition
    Tout d’abord, commençons par un historique général afin de bien comprendre la situation. Puis nous
    entrerons dans les détails.
    Il y a près de huit siècles, à l’instigation du pape Innocent III, une guerre sans merci connue sous le
    nom de Croisade albigeoise s’abat sur les terres qui, plus tard, deviendront la province du Languedoc.
    Ces terres sont les comtés de Toulouse et de Foix, ainsi que les vicomtés de Carcassonne, Albi et
    Béziers. Le principal prétexte de cette guerre, qui fut menée de 1209 à 1229, est l’éradication du
    catharisme, une hérésie solidement implantée en pays occitan, qui enseignait que le monde visible
    n’est pas l’oeuvre de Dieu, mais celle d’un créateur mauvais, Lucibel.
    La première croisade prit fin en 1215. Cependant, les princes occitans, qui furent dépossédés au profit
    de Simon de Montfort, se ressaisirent et repartirent en guerre.
    En 1218, Simon de Montfort fut tué sous les murs de Toulouse.
    Rome lança une deuxième croisade dont le roi de France Louis VIII prit le commandement jusqu’à
    l’effondrement du Languedoc.
    n7
    Ces guerres, d’une durée de vingt ans n’ont pas éteint l’hérésie. En 1229, elle est plus forte au
    Languedoc qu’elle ne l’était en 1209. C’est pourquoi Rome organise un nouveau mode de répression
    du catharisme : l’Inquisition, confiée à l’ordre des Dominicains, fondé à Toulouse par saint Dominique.
    Ce dernier s’était voué à la lutte contre l’hérésie par la prédication. L’Inquisition s’instaure
    véritablement en 1234. Contre cette persécution, une résistance maintiendra la religion interdite
    pendant encore un siècle.
    7 Photo du château de Monségur trouvé dans Cathares, Pyrénées Magazine collection, p.98’
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    L’assassinat des inquisiteurs, en 1242, entraîne le siège du quartier général de l’Eglise hérétique
    Monségur, qui tombe en mars 1244, lorsque plus de deux cents cathares, qui ont refusé d’abjurer,
    furent jetés aux flammes.
    Cependant, la chute de Monségur ne marque pas la fin de catharisme en pays d’Oc. Cette religion
    interdite survécut encore pendant 85 ans, mais cette période est le volet le plus méconnu du
    catharisme. Je trouve également qu’il est moins important, c’est pour cette raison que je ne vais pas
    m’y attarder.
    Entrons maintenant dans de plus amples détails, voici comment s’est déroulé, tout d’abord, la
    croisade :
    Au début du XIIIe siècle, Monségur est la dernière citadelle cathare en Terre d’Oc. A cette époque,
    l’Occitanie était libre. Cependant, l’Eglise catholique et le clergé sont corrompus. Les moines abusent
    des jeunes filles et lorsqu’elles ne sont pas consentantes, on les enferme pour hérésie. On dit du
    Pape Innocent III qu’il a une côte de maille sous sa soutane. Le clergé occitan est l’ennemi des
    cathares.
    Ces derniers sont, pour l’Eglise catholique, une secte. Cette église belliqueuse ne convient pas à tous
    les catholiques. C’est pourquoi des moines, tel que frère Dominique, qui jouera un rôle important dans
    l’histoire cathare, sillonnent l’Occitanie afin de convertir les hérétiques de manière pacifique. Pacifique
    certes, mais sournoise. Les cathares sont des personnes qui accompagnent leur propre prédication
    par l’image d’une vie exemplaire, d’une bonté et d’une simplicité tout évangélique. Frère Dominique
    utilise donc la pauvreté, l’humilité et la charité pour convertir les cathares, bref il les imite.
    Grâce à ses actions, frère Dominique s’entend relativement bien avec les cathares jusqu’au jour où il
    se range du côté de l’Eglise catholique, car il n’accepte pas l’assassinat par les cathares du légat du
    Pape, Pierre de Castelnau. Ce dernier fut tué d’un coup de lance dans le dos parce qu’il donna
    l’excommunion majeure au comte de Toulouse Raymond VI. Le comte passait pour un protecteur des
    cathares.
    Suite à l’assassinat du légat, rapporté au roi par Arnaud Amaury, l’Eglise décrète que les cathares
    sont pires que les Sarrasins. C’est pour cette raison que c’est une croisade qu’il faut mener, avec, à
    sa tête, Arnaud Amaury. De plus, ceux que ne voudront pas se croiser seront tués.
    Le comte de Toulouse Raymond VI, qui est un homme bon et soucieux du bien-être de son peuple,
    accepte d’être réintégré, par l’amende honorable, à l’Eglise catholique afin que la croisade n’est pas
    lieu. Mais l’Eglise ne respecte pas les conditions et mène une croisade non seulement contre le comte
    de Toulouse, car au départ la croisade ne devait être menée que sur les terres toulousaines, mais
    contre tous les cathares.
    Le comte de Toulouse change alors de tactique. Il veut faire la croisade et demande la croix. De cette
    manière, il rend ses biens inviolables, l’Eglise ne peut plus prendre ses terres et donc, elle ne peut
    plus mener la croisade.
    De son côté, le vicomte de Béziers refuse de prendre la croix. Pour lui, il s’agit d’une honte qu’il ne
    peut surmonter. Il est à l’opposé du comte de Toulouse, qui, souvent, pliera pour mieux se relever.
    Le vicomte de Béziers protège les hérétiques. Lui et son peuple catholique refusent de les donner à
    l’Eglise catholique. C’est alors qu’éclate, bien plus qu’un combat, un massacre.
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    Cathares et catholiques, tous furent tués à Béziers. Même au temps des Sarrasins, une si sauvage
    tuerie n’avait eu lieu. C’est lors de ce massacre que Simon de Montfort dit ces mots qui resteront
    gravés dans l’histoire cathare : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ».
    Simon de Montfort s’acharne tellement pour faire tomber les villes que bientôt, c’est au tour de
    Carcassonne. C’est à ce moment que Montfort se fait vicomte de Béziers et de Carcassonne.
    Les hérétiques passent en jugement devant Simon de Montfort. Ceux qui se disent de la véritable
    Eglise du Christ (donc cathare) sont envoyés au bûcher. Frère Dominique tente d’en convertir
    quelques uns. Ceux qui se disent catholiques sont graciés. Ce jour-là, 387 cathares furent envoyés au
    bûcher.
    Le comte Raymond VI décide d’abdiquer en faveur de son fils, Raymond VII. Plier pour mieux se
    redresser, telle est sa devise. C’est pourquoi il remet ses terres entre les mains du Pape. Cependant,
    malgré cela, la sainte Eglise l’expulse du pays. Son fils tente alors de reprendre ses terres par la
    force.
    Frère Dominique n’est pas d’accord avec les pratiques de l’Eglise, mais il est moine. Il veut alors créer
    une milice pour livrer un juste combat.
    Le 12 septembre 1217, Simon de Montfort est vaincu par le fils du comte Raymond, la terre occitane
    est à nouveau remplie d’espoir. Le comte Raymond VI revient à Toulouse et veut rejeter l’intrus hors
    de sa ville. Après neuf mois de siège, Toulouse finit par sortir pour anéantir ses ennemis. Simon de
    Montfort est tué par lapidation. k8
    Puis la croisade évolue, désormais c’est
    l’Inquisition :
    Le comte Raymond VI est mourant. Pendant
    ce temps, le roi de France remet le clergé
    occitan debout. Les terres occitanes, qui sont
    sous l’emprise de Simon de Montfort,
    appartiennent au Royaume de France.
    Ce n’est plus la guerre, c’est la destruction :
    les gens de l’Eglise incendient les vignes. Ils
    s’en prennent non seulement aux cathares,
    mais dès lors les terres subissent elles aussi,
    à la seule différence qu’elles ne peuvent se
    défendre. En vingt ans de guerres, on
    recense un million de morts. Le comte de
    Toulouse, fils de Raymond VI
    est contraint de signer, en 1229, le traité de
    Paris.
    8 Image de l’Inquisition trouvée sur http://www.maidenfans.com
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    Le comte se plie à l’Eglise et au roi de France. La moitié de ses terres sont rattachées aux domaines
    royaux.
    C’est alors que le Pape instaure l’Inquisition, afin de traquer et débusquer l’hérésie. Les armes sont
    les sergents de France. Ceux qui aident les hérétiques sont aussi punis, et de la même manière.
    Les cathares morts sont déterrés des terres saintes et sont envoyés aux ordures…Tous les hommes à
    partir de 14 ans et les femmes à partir de 12 ans doivent rechercher et livrer les hérétiques. Les
    cathares sont traqués de toutes parts, la plupart d’entre eux brûlent sur les bûchers, mais malgré cela,
    leur foi reste inébranlable.
    Dans l’Inquisition, il n’y a pas de témoins ni de défenseurs. Les toulousains se révoltent et, finalement,
    l’Inquisition est faite prisonnière par le consul de Toulouse.
    En 1242, l’Inquisition est tuée. Tout le pays se révolte alors contre les Français. Le comte de Toulouse
    ne peut pas les vaincre, mais il ne veut pas capituler. Les Français encerclent Monségur, capitale de
    l’hérésie, qui est le seul lieu qui résiste. La ville résiste tant bien que mal, mais les renforts n’arrivent
    pas à Montségur. La ville n’a, désormais, plus d’autre choix que se rendre. Cependant, personne
    n’abjurera.
    Les cathares se rendent le 15 mars, jour de l’équinoxe. Tous vont au bûcher, ils vont vers la vie
    éternelle. Tous sauf deux. Ces deux personnes ont été choisies pour sauver les textes sacrés, le
    trésor spirituel et reprendre la foi cathare. Ils réussissent à s’échapper et, grâce à eux, le catharisme
    perdurera. Cependant, pour beaucoup, cette religion interdite meurt le 16 mars 1244, jour de la
    reddition du château de Monségur.9
    Références bibliographiques :
    - Film tiré d’une émission française « la caméra explore le temps » réalisé par Stelio Lorenzi, André
    Castelo et Alain Decaux
    - Histoire des cathares : hérésie, croisade et inquisition du XIe au XIVe siècle, Editions France Loisirs
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    Les cathares peuvent-ils être qualifiés d’hérétiques ?
    Hérétiques par l’Histoire
    Avant toute chose, j’aimerais préciser que les cathares ne sont pas les premiers à être désignés
    comme hérétiques. Peu après l’an mil, apparaissent les premiers hérétiques de la chrétienté
    occidentale appelés « protocathares ». Il s’agissait d’une communauté mixte de chrétiens exigeants et
    critiques qui prenaient comme modèle les apôtres et l’Evangile, tout en rejetant l’Ancien Testament.
    Ces chrétiens exigeants contestent aussi l’humanité du Christ et donc le sacrement de l’eucharistie,
    qui est au centre des pratiques catholiques et ils font concurrence à l’Eglise en célébrant un
    sacrement de salut qui délie les péchés par l’imposition des mains, appelé aussi consolament. Ce
    même consolament qui sera, plus tard, repris par les cathares.
    m10
    Les pratiques de ces chrétiens appelés hérétiques semblaient être l’accomplissement d’un travail en
    recherche d’exactitude évangélique. Il suffisait de se reporter dans la Bible au récit des Actes des
    apôtres pour lire que les apôtres, que l’on cherchait à imiter, baptisaient en imposant les mains, c’està-
    dire qu’ils pratiquaient le consolament.
    Le catharisme descend des manichéens, et ce terme était simple synonyme d’hérétique. En outre, le
    XIe siècle est entièrement et spontanément manichéen.11
    Il l’est, d’une part, car les prophéties de l’Apocalypse étaient dramatisées. En effet, le thème de la
    chute des anges, qui provient de nombreuses copies du commentaire de Beatus de Liébana12 sur
    10 Image de « l’antique serpent de l’Apocalypse » trouvée dans Les cathares : Pauvres du Christ ou apôtres de
    Satan, Edition Gallimard, p.6-7
    11 Selon Georges Michel Claude Duby, historien français spécialiste du Moyen Âge, période dont il a largement
    contribué à renouveler la connaissance.
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    l’Apocalypse fut très prisée au Xe et au XIe siècles. Bon nombre de chrétiens, donc des hérétiques, se
    sont nourris de ce mythe dans lequel la queue du dragon vaincu entraîne avec lui dans sa chute le
    tiers des étoiles du ciel. Ce thème s’accompagnait de celui du grand combat entre l’archange saint
    Michel, défenseur de la cité céleste contre l’attaque du dragon, qui est aussi appelé « l’antique
    serpent de l’Apocalypse ». Il est ainsi nommé, parce qu’on l’avait assimilé au serpent qui tenta Eve.13
    Dans plusieurs de ces thèmes, on retrouve l’idée du dualisme représentant le monde terrestre partagé
    entre les peuples justes et les associés du diable. Idée qui sera, plus tard, reprise par les cathares.
    Le XIe siècle, est, d’autre part, manichéen par le choix de certains moines de broder sur les thèmes
    dont il est question plus haut. Il est également manichéen par la résignation des paysans chrétiens qui
    vivent dans un quotidien lacéré par les violences qui découlent du droit féodal de l’époque.14
    Hérétique par définition
    Je pense qu’il est également nécessaire de définir plus précisément l’hérésie. Le mot vient du grec
    « hairesis » qui signifie « choix, opinion particulière ». Il s’agit d’une doctrine contraire à la foi,
    condamnée par l’Eglise catholique.
    « Théologiquement, l’hérésie peut se définir comme une doctrine qui s’oppose directement à la vérité
    révélée par Dieu et proposée par l’Eglise catholique. Ce terme désigne aussi, subjectivement, la faute
    f15
    de celui qui soutient une doctrine sachant
    qu’elle est qualifiée d’hérétique. Ce qui
    caractérise l’hérésie, c’est l’erreur réfléchie
    contre la foi. De plus, pour que l’erreur
    constitue une hérésie, il faut que cette
    erreur soit directement opposée à un article
    de foi. Toute hérésie est une erreur, mais
    toute erreur n’est pas une hérésie. On ne
    considère pas comme hérétique celui qui,
    par une ignorance même coupable des
    vérités de la foi, soutient une erreur avec
    la disposition de s’en rapporter
    sincèrement au jugement de l’Eglise.»16
    12 Beatus de Liébana était un moine espagnol du monastère de San Martín de Turieno, aujourd'hui Santo Toribio
    de Liébana. On appelle Beatus les manuscrits espagnols des Xe siècle et XIe siècle, plus ou moins
    abondamment illustrés, où sont copiés l'Apocalypse de Jean. Wikipédia
    13 Genèse 3 « la tentation et la chute »
    14 Les cathares : Pauvres du Christ ou apôtres de Satan, Edition Gallimard
    15 Image symblisant le thème de la chute des anges trouvé dans Les cathares : Pauvres du Christ ou apôtres de
    Satan, Edition Gallimard, p.22
    16 Dictionnaire encyclopédique Quillet, Edition 1975, p.3’109
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    « En un sens déjà second, l’hérésie consiste à affirmer une identité et non une différence, car une
    différence est, bien souvent, en opposition à quelque chose. Or, l’hérésie n’est pas de s’opposer, mais
    d’affirmer une identité et ce sont les autres qui s’opposent dès lors à cette démarche.»17
    Mais alors pourquoi le catharisme, ce mouvement religieux si profondément chrétien de part sa
    doctrine qu’il tire au coeur même de la Bible, dans les Actes des apôtres, fut-il combattu avec tant
    d’acharnement, rejeté et anéanti ?
    Pour ceux qui ont foi en la religion cathare, c’est parce que certains n’acceptent pas qu’on rappelle à
    l’homme la grande vérité : « Toi qui as nié ton origine divine, tu dois la retrouver en cette vie ». Il s’agit
    d’une découverte qui se déroule à l’intérieur de chaque être humain, qui est, simplement, le combat
    entre la Lumière et les Ténèbres. Cette découverte est exprimée dans toutes les traditions et toutes
    les gnoses, et plus particulièrement dans le catharisme.18
    Personnellement, je ne trouve pas que cette réponse soit suffisante. L’hérésie ne peut pas s’expliquer
    en une seule phrase.
    De plus, je ne pense pas que ces gens « n’acceptent pas qu’on rappelle à l’homme la grande vérité »,
    mais plutôt qu’ils n’y croient tout simplement pas. Le déroulement intérieur qui implique un combat
    entre la Lumière et les Ténèbres est un résonnement purement gnostique. Pour les chrétiens,
    l’homme n’a pas d’origine divine. Dieu a créé le monde et les hommes, Dieu est donc placé plus haut
    que les hommes. La grande vérité qui dit : « Toi qui as nié ton origine divine » implique que l’homme a
    pu, à un moment donné, vivre dans un autre monde, qu’on peut appeler « la Patrie Originelle de
    l’Homme Vrai ». Chaque cathare doit reconnaître ce monde en lui et une fois qu’il y parvient il décide
    de vouer sa vie entière au processus de renaissance de l’Ame divine en lui.
    Cependant, ce monde n’est pas reconnu par l’Eglise catholique. C’est donc une différence de
    croyance qui a poussé les chrétiens à anéantir le catharisme. En effet, l’hérésie est définie dans le
    dictionnaire comme une opinion particulière, une doctrine contraire à la foi catholique. On peut ainsi
    dire qu’il s’agit d’une divergence d’opinion. De plus, théologiquement, l’hérésie est un terme qui
    désigne la faute de celui qui soutient une doctrine sachant qu’elle est qualifiée d’hérétique. Les
    cathares reniaient l’Ancien Testament, ils n’étaient donc pas en accord avec l’Eglise catholique et bien
    qu’ils aient été qualifiés d’hérétiques, ils ont soutenu leurs croyances. En outre, dans le sens déjà
    second de l’hérésie où celle-ci n’a pas pour but de s’opposer, mais d’affirmer une identité et dès lors,
    ce sont les autres qui s’opposent à cette démarche, on peut voir, ici, le comportement de l’Eglise
    catholique.
    Toutes ces définitions me font arriver à la conclusion que, oui, les cathares sont qualifiés d’hérétiques.
    Notons que par hérésie, j’entends : opinion différente de celle de l’Eglise catholique.
    La chrétienté n’accepte pas d’autre foi que celle qu’elle prône, c’est une des raisons pour laquelle les
    cathares furent persécutés par tant de violence et brûlés vifs par ceux qui prétendaient agir au nom du
    Christ. La seconde raison, c’est parce que l’enseignement dualiste garde dans le catharisme la haute
    main sur la morale chrétienne que l’Occident chrétien a écrasé l’hérésie dualiste.19
    17 http://www.la-non-philosophie.net/etudes%20laruelliiennes/Religion-heresie.htm
    18 Le Catharisme : Hérésie ou pur Christianisme ?, Edition du Septenaire
    19 Les cathares, Edition Payot
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    Le catharisme de nos jours : l’Ecole de la Rose-Croix d’Or
    Depuis toujours, le catharisme a fait partie d’une alliance qui s’appelle « la Triple Alliance de la
    Lumière ». Cette dernière regroupe trois mouvements gnostiques, aussi appelés « Fraternité ». Il
    s’agit du Graal, des cathares et de la Rose-Croix. Les trois Fraternités se complètent les unes les
    autres.
    M20
    La Fraternité de la Rose-Croix apporte
    la connaissance divine. Celle des
    cathares apporte l’amour en tant que
    force d’une âme nouvelle et la
    Fraternité du Graal pousse à
    l’accomplissement d’une construction
    intérieure.21
    Ces trois Fraternités ont pris
    ensemble la décision de fonder,
    selon une trame nouvelle, un tout
    nouveau travail mondial, bien
    différent de ce qui avait été possible
    auparavant, car elles croient toutes
    les trois au processus de l’Homme-
    Ame-Esprit qui mène à la vie
    véritable.22
    De nos jours, les deux Fraternités des
    cathares et du Graal se sont éteintes.
    Il ne reste, désormais, que la Rose-Croix, qui est, aujourd’hui, appelée « Rose-Croix d’Or », pour
    suivre ce processus. Les fondateurs de la Rose-Croix d’Or, qui est, si l’on veut, une Rose-Croix
    moderne, sont : Jan Van Rijckenborgh, Z.W Leene et Catharose de Petri. Leur première réunion eut
    lieu il y a maintenant bientôt 84 ans, le 24 août 1924. Et que je pense qu’il s’agit, en quelque sorte,
    d’un catharisme du XXIe siècle.23
    La Fraternité de la Rose-Croix se manifeste en 1614 pour la première fois en Europe. Elle veut
    présenter au monde une réforme générale des arts, des sciences et des religions.
    20 Image symbolisant « la Triple Alliance de la Lumière » trouvée dans Le Catharisme : Hérésie ou pur
    Christianisme ?, Edition du Septenaire, p.21
    21 Le Catharisme : Hérésie ou pur Christianisme ?, Edition du Septenaire
    22 La Rose-Croix Vivante, Rozekruis Pers-Haarlem-Pays-Bas
    23 La Rose-Croix Vivante, Rozekruis Pers-Haarlem-Pays-Bas
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    Quelques uns parmi les plus grands esprits de l’époque, tels que Jean Valentin Andreae ou encore
    Jacob Boehme adhèrent à cette Ecole. C’est à travers le mythe de Christian de Rose-Croix qu’un
    renouvellement de l’homme et de l’humanité est présenté.
    Ce mythe est présenté comme un récit allégorique dans lequel Christian est invité au mariage royal
    par un ange. Le mariage a lieu en haut d'une montagne. Christian arrive au château en portant quatre
    roses. Après quelques épreuves, il est admis, avec quelques autres invités, à la préparation des
    noces alchimiques. Devant lui, trois couples de rois et de reines sont décapités par un bourreau qui
    subit ensuite le même châtiment. Son sang est recueilli pour donner vie à un phénix qui est aussitôt
    réduit en cendres et transformé en une pâte. Celle-ci est placée à l'intérieur de deux moules et donne
    naissance à un couple princier qui est vivifié par l'esprit des souverains décapités. Au 7ème jour de
    l'aventure le nouveau couple princier s'unit à tout jamais. Une toison d'or est alors offerte à Christian
    et à ses compagnons et tous sont faits chevaliers de la pierre d'or, allusion à la pierre philosophale et
    symbole du Christ.
    Ainsi fut fondée la doctrine Rose-Croix, affirmant que la régénération du monde est possible, tout
    comme Jésus, qu'on nous montre comme le stade ultime de la grande oeuvre alchimique.
    La philosophie Rose-Croix propose de s'améliorer au sein de sa propre chrétienté pour pouvoir
    transformer le monde. Dans le monde tourmenté de l'époque, la sagesse Rose-Croix tente d'oeuvrer
    avec mesure à l'amélioration du monde.24
    La Rose-Croix d’Or, qui est héritière d’une tradition gnostique accomplit, à nos jours, une triple
    mission :
    • Rappeler aux hommes la noblesse de l’état humain véritable pour qu’ils
    f entreprennent ensuite le Chemin de la renaissance de leur âme
    • Leur faire connaître les étapes de ce processus de changement intérieur
    • Leur offrir les moyens concrets de parcourir le Chemin grâce à des activités
    f spirituelles
    La Rose-Croix d’Or est une Ecole de pensée qui essaie de relier l’homme à sa véritable origine et de
    lui faire découvrir le but qui est à la base de la vie. Le but de l’Ecole de Rose-Croix d’Or est de guider
    les hommes qui le veulent vraiment vers la Gnose pour qu’ils entrent dans un état nouveau et pour
    qu’ils puissent ainsi devenir de véritables serviteurs de l’humanité. Ce sont des forces d’âmes
    nouvelles qui feront de l’homme un homme véritable, capable de penser, de vouloir et d’agir
    conformément à l’Enseignement Universel de la délivrance tel qu’il apparaît au coeur du Christianisme
    originel :
    « Planter les germes d’une véritable fraternité orientée sur la destinée supérieure de l’homme »25
    C’est-à-dire la résurrection de l’homme intérieur.
    24 http://www.alliancespirite.org/article-363.html
    25 Citation trouvée dans Lectorium Rosicrucianum, brochure de l’Ecole spirituelle de la Rose-Croix d’Or, p.6
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    Ce but implique, pour celui qui décide d’adhérer à cette Ecole, le rejet de toute illusion et de toute
    liaison à des autorités visibles ou invisibles que ce soit sur terre ou dans les mondes subtils de l’audelà.
    Il implique également le rejet de toute intolérance vis-à-vis de ceux qui choisissent d’autres
    voies. L’unique exigence de l’Ecole de la Rose-Croix d’Or est d’entrer vivant dans les domaines de
    l’éternité que l’on doit découvrir en soi-même.
    Elle s’est donc donnée pour tâche de reconduire les hommes qui recherchent le sens profond de leur
    existence dans le Royaume originel de la Lumière, tout comme les cathares.
    C’est sur cette base que l’Ecole de la Rose-Croix d’Or envisage la naissance d’une façon de penser
    toute nouvelle qui puisse permettre aux hommes de retrouver librement leur destinée originelle.
    Ceux qui recherchent cette destinée originelle reconnaissent qu’ils ont besoin d’un changement
    intérieur, qui s’opère sans distinction de race, de milieu social et encore de religion.
    La Rose-Croix d’Or n’a pas le même but que les religions ou les sectes qui s’efforcent de mener les
    hommes à un progrès moral, mais l’un d’entre eux est de rassembler ceux qui on décidé de
    commencer la régénération complète de leur être.
    Oui, mais alors on pourrait se demander ce qu’apporte réellement la Rose-Croix d’Or ?
    Elle n’apporte ni dogme, ni mystique émotionnelle, ni pratique magique, mais une philosophie
    concrète de la délivrance qui pousse à une transformation de l’être humain, une force nouvelle
    reconnue humain et une communauté orientée vers un même but.
    M26
    26 Image de la rose de la Rose-Croix d’Or trouvée dans Lectorium Rosicrucianum, brochure de l’Ecole spirituelle
    de la Rose-Croix d’Or, couverture de la brochure.
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    Dans cette recherche de la Rose-Croix d’Or, une question m’est venue à l’esprit : d’où provient ce
    nom ?
    J’ai découvert que la rose et la croix sont en réalité des symboles. La croix rappelle bien sur la
    crucifixion du Christ. La rose, quant à elle, est le symbole d’une libération hors de l’étreinte de plomb
    de notre nature. Cette rose se situerait, bien entendu de manière métaphorique, dans le coeur.27
    Pour résumé, je dirais que la Rose-Croix d’Or est un mouvement gnostique qui est très proche du
    catharisme, mais qui n’est pas tout à fait le même. En effet, les cathares n’ont pas pu se consacrer
    entièrement à leur cheminement intérieur, car ils devaient se battre pour ce en quoi ils croyaient. On
    les a combattus, brûlés, exterminés et ils devaient se défendre contre tous ceux qui voulaient leur
    mort. De ce fait, ils n’ont pas pu vouer beaucoup de temps au processus qui mène à la vie véritable.
    Les Rose-Croix d’Or, quant à eux, ne sont pas persécutés, on ne les traite pas d’hérétiques. Ils ont à
    disposition tout le temps dont ils désirent pour rechercher le sens profond de leur existence.
    Il me semble également que la Rose-Croix d’Or possède une spiritualité plus développée, qui a
    évolué. Elle a évolué non pas dans l’esprit où, il me semble qu’elle est identique, mais dans le coeur.
    C’est dans ce coeur même, où se situerait la rose, qu’il faut puiser. C’est au plus profond de soi que
    l’on doit faire une recherche, que l’on doit se remettre en question, que chacun peut trouver le sens
    profond de son existence.
    27 Lectorium Rosicrucianum, brochure de l’Ecole spirituelle de la Rose-Croix d’Or, p.18
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    Interview d’Annita Sandoz
    Pour terminer ce travail, j’avais envie de faire une interview et j’ai choisi une personne qui fait partie de
    l’Ecole de la Rose-Croix d’Or. Annita Sandoz, domicilée aux Hauts-Geneveys, a eu la gentillesse de
    répondre à mes quelques questions.
    • Tout d’abord, où situez-vous la Rose-Croix d’Or par rapport aux cathares ?
    La Rose-Croix d’Or est la continuation du catharisme. Imaginons qu’Antonin Gadal, qui est le dernier
    patriarche des cathares, est un maillon. Un jour, Antonin Gadal a rencontré deux envoyés de la Rose-
    Croix d’Or. Ceux-ci sont le deuxième maillon. Lors de leur rencontre, ils se sont reconnus comme
    étant frères et soeurs de la même fraternité. Antonin Gadal, qui avait la mission de transmettre le
    flambeau, l’a remis aux deux envoyés et c’est, à ce moment, que les deux maillons se sont mis en
    commun. C’est ainsi que je situe la Rose-Croix d’Or, comme le maillon suivant.
    • Selon vous, les cathares peuvent-ils être qualifiés d’hérétiques ?
    Par définition, oui. Les cathares n’ont pas besoin d’intermédiaire pour aller vers Dieu, car chacun porte
    en soi un peu de Jésus. Or, les catholiques pensent qu’il faut un intermédiaire, qui est l’Eglise. Rien
    qu’avec cette différence, les cathares sont déjà accusés d’hérésie.
    • Comment décrieriez-vous le Logos ?
    Comme un grand Tout. Le Logos dépasse l’univers, les galaxies et l’invisible. Il va de l’infiniment petit
    à l’infiniment grand. Il s’agit d’un monde créée et incréée, dont nous n’en apercevons qu’une infime
    partie avec nos cinq sens. On peut comparer cette partie à une graine. Une graine inactivée, qui
    renferme en elle, tout comme la graine du baobab, l’arbre tout entier. Le Logos est aussi appelé
    « soleil central ». Nous sommes un éclat, une étincelle de ce grand feu, de ce soleil central.
    • La Rose-Croix d’Or ne se définit pas comme une secte, mais comprenez-vous qui certaines
    personnes pensent que c’en est une ?
    Oui, car « secte » veut dire « sectionner, couper » et les Rose-Croix sont coupés du canon de l’Eglise
    catholique. Il y a eu une rupture avec le Catholicisme. Cependant, dans les sectes, il y a de la
    manipulation parlementale, de la manipulation dans la vie privée, du lavage de cerveau. Les sectes
    agissent sur le penser, sur la vie affective des gens. Lorsqu’une secte coupe une personne de sa
    famille, cette dernière ne pense plus, ne vit plus par elle-même. La secte la dépouille de tout ce qu’elle
    possède et l’a fait, en quelque sorte, prisonnière. En aucun cas la Rose-Croix d’Or agit de cette
    manière.
    • Comment voyez vous Dieu ?
    Avant tout, faisons une distinction entre Dieu et dieu. Les dieux sont des cosmocrateurs, ils ont créé le
    cosmos et nous sommes des créateurs qui ont été façonnées par ces cosmocrateurs. Dieu avec un
    grand D est le Logos, le sans-nom, il ne peut pas être représenté.
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    • Qu’est-ce qui vous a poussé à entrer dans l’Ecole de la Rose-Croix d’Or ?
    « La ressouvenance de mon origine », une nostalgie profonde de quelque chose qui était là depuis
    tout petite. D’où je venais ?
    Puis, j’ai été mise en contact avec la Rose-Croix d’Or et cette ressouvenance a jailli et je me suis
    dit : « c’est ça ! Je n’y comprends rien, mais c’est ça ! ». Cette ressouvenance n’a pas résonné en moi
    avec l’intellect, mais avec le coeur.
    • Qu’est-ce que cela implique dans la vie de tous les jours ?
    De vivre selon son coeur. Etre autonome, authentique, sortir du réseau magnétique mis en place. Ce
    réseau magnétique est un champ de force comme une toile d’araignée. C’est une résille terrestre qui
    enferme les humains dans ce champ. Lorsqu’on a une ressouvenance, on se connecte à un autre
    champ, un champ divin, une autre résille où l’on vit avec son coeur.
    Vivre selon ce qu’on ressent intérieurement est déjà tout un programme, car on se marginalise !
    • Où cela vous mène ?
    Mon but est d’allumer, à travers le monde entier, la résille, le réseau magnétique divin pour que les
    humains se réveillent à une autre conscience.
    J’aimerai ajouter que ce chemin, on ne le découvre pas par la volonté, mais avec le coeur. Si l’on
    utilise la volonté, on tourne en rond. Si l’on est touché dans l’atome du coeur, on s’enflamme de tout
    son être et on entre dans une voie guidée par une voix intérieure divine.
    Propos recueillis le 20 janvier 2008, aux Hauts-Geneveys
    Sciences des Religions Marion Jobin
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    Conclusion
    Tout d’abord, je pense que j’ai réussi à faire ce travail avec l’idée de départ que j’avais à l’esprit.
    J’avais, comme hypothèse de départ, « Les cathares peuvent-ils être qualifiés d’hérétiques ? » et je
    pense avoir réussi à répondre à cette question dans le chapitre que je lui ai réservée. De plus, mon
    interview avec Annita Sandoz m’a conforté dans ce que je pensais être juste.
    Ce travail m’a apporté une connaissance dans un domaine dont j’ignorais l’existence : j’ai appris ce
    qu’était un mouvement gnostique et j’ai trouvé très intéressante, très pure, cette approche de la
    spiritualité.
    Ce qui m’a également plu, c’est de voir l’évolution de la spiritualité depuis le XIIIe siècle jusqu’à nos
    jours, de sentir que, par rapport aux cathares, le coeur a pris une plus grande importance dans la
    Rose-Croix d’Or.
    Pour terminer, j’aimerais dire que je trouve ces deux mouvements gnostiques d’une pureté
    exceptionnelle, car, comme le dit Annita Sandoz, l’important c’est « de vivre selon son coeur ». Et, je
    pense que, lorsqu’on essaie de traverser la vie en cherchant à vivre avec ce que l’on ressent au plus
    profond de soi-même, on ne peut pas se tromper ou échouer complètement, car j’ai toujours entendu
    dire qu’il faut suivre et parler avec son coeur.
    Déclaration
    Par cette déclaration, je certifie que j’ai réalisé ce travail sur les cathares par moi-même, sans aides
    illicites et sans plagiat des ouvrages mentionnés ou non dans la bibliographie.
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    Bibliographie
    - Le catharisme : Hérésie ou pur Christianisme ?, Edition du Septenaire, France, 2006 : les
    documents et illustrations proposés dans ce fascicule ont été réunis à l’occasion d’une exposition
    intitulée « Deux mille ans de tradition spirituelle vivante » présentée pour la première fois en
    septembre 2006 à Tarascon-sur-Ariège.
    - Michel Roquebert, La religion cathare, Edition Loubatières, Cahors, 1986.
    - Anne Brenon, Les cathares : Pauvres du Christ ou apôtres de Satan, Edition Gallimard, France,
    1997.
    - Photo du texte d’Anne Brenon, Montségur village cathare, Spécial cathares, Pyrénées Magazine
    collection, p.98-99, publication de MILAN PRESSE, Toulouse, 2007.
    - Michel Roquebert, Histoire des cathares : hérésie, croisade et inquisition du XIe au XIVe siècle,
    Edition France Loisirs, Paris, 1999.
    - Dictionnaire encyclopédique Quillet, Edition 1975, Paris.
    - Arno Borst, Les cathares, Edition Payot, Paris, 1978.
    - Rozekruis Pers, La Rose-Croix Vivante, fascicule de l’Ecole International de la Rose-Croix d’Or,
    Haarlem, Pays-Bas, 1989.
    - Lectorium Rosicrucianum, brochure de l’Ecole spirituelle de la Rose-Croix d’Or, Editions de la
    Rose-Croix d’Or, Caux, 1987.
    - Film tiré d’une émission française « la caméra explore le temps » réalisé par Stelio Lorenzi, André
    Castelo et Alain Decaux.
    - http://www.maidenfans.com
    - http://www.la-non-philosophie.net/etudes%20laruelliiennes/Religion-heresie.htm
    - http://www.alliancespirite.org/article-363.html


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