• LA SAINTE TRINITE (1)

    DU MYSTÈRE DE

    LA SAINTE

    TRINITÉ

    Quel est le premier et le plus grand mystère de notre religion ?

    C’est le mystère de la sainte Trinité.

    Qu’est-ce que le mystère de la sainte Trinité ?

    C’est un seul Dieu en trois personnes ; il n’y a dans Dieu qu’une nature, qu’une essence, qu’une substance, qu’une seule chose, et qu’un seul et même esprit, qui subsiste néanmoins en trois personnes, qui sont le Père, le Fils, et le Saint-Esprit.

     

    DE L’UNITÉ DE NATURE DANS LA TRINITÉ DES PERSONNES

    Qu’entendez-vous par les mots de nature et de personne ?

    La nature, c’est l’essence d’une chose, et la personne, c’est la subsistance de la chose ; ou la nature, c’est la manière dont la chose subsiste séparée ou distinguée de toute autre. Ma nature, c’est mon corps et mon âme, et ma personne, c’est moi-même, parce que c’est dans moi que mon corps et mon âme subsistent ; la nature divine, c’est l’Esprit infini de Dieu, et il subsiste tout entier dans la personne du Père, et dans celle du Fils, et dans celle du Saint-Esprit, et c’est en cela que consiste le mystère auguste de la sainte Trinité, en ce que la même nature subsiste en trois personnes différentes.

    Qui est-ce qui nous a révélé le mystère de Trinité ?

    C’est Jésus-Christ lui-même qui a dit dans l’évangile à ses Apôtres : " Allez... baptisez au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ". Voilà les trois Personnes bien exprimées et bien distinguées ; et cependant pour nous faire comprendre qu’elles ne sont qu’un seul et même Dieu, Jésus-Christ les nomme sous un seul et même nom. Jésus-Christ dit encore ailleurs : " Moi et mon, Père nous ne sommes qu’un " : moi et mon Père, voilà la distinction des Personnes ; nous ne sommes qu’un, voilà l’unité de la nature. Saint Jean, dans son épître, nous dit : " Il y en a trois dans le ciel qui rendent témoignage à la vérité ; le Père, le Verbe, et le Saint-Esprit ; et ces trois ne sont qu’une même chose ", c’est-à-dire qu’une même substance et qu’un même esprit.

    Le mystère de la Trinité était-il connu aux Juifs comme à nous ?

    Non, Dieu, par un effet de sa sagesse, ne leur avait point manifesté clairement ce mystère, parce qu’étant charnels et grossiers ils n’auraient jamais pu admettre que trois personnes ne sont qu’un seul Dieu, et ils auraient pris de là occasion pour tomber dans l’idolâtrie à laquelle ils étaient beaucoup portés par l’exemple des nations qui les environnaient. Cependant on trouve des preuves de ce mystère dans plusieurs endroits de l’Ancien Testament.

    1° Quand Dieu voulut créer Adam il dit : " Faisons l’homme à notre image ". Or, cette manière de parler dénote plusieurs personnes en Dieu, car, s’il n’y en avait qu’une, elle ne dirait pas, " faisons l’homme à notre image ", au pluriel, mais au singulier : " Je vais faire l’homme à mon image ".

    2° Quand Dieu voulut détruire Sodome il envoya trois Anges, qui, étant revêtus de la figure humaine, logèrent chez Abraham, qui leur parlait comme à un seul ; sur quoi saint Augustin dit qu’il en vit trois et qu’il n’en adora qu’un, parce que ces trois représentaient les trois Personnes de la sainte Trinité, qui ne font qu’un seul Dieu.

    3° Le prophète Isaïe nous dit qu’il vit dans une vision les Séraphins qui, étant près du trône de Dieu, chantaient en chœur, " Saint, saint, saint " ; or cette parole ainsi répétée trois fois marque clairement les trois personnes de la sainte Trinité.

    4° Il est dit dans un psaume que Dieu a créé le ciel par son Verbe et par son Esprit, ce qui fait voir que les trois personnes ont également concouru à la création du monde, et qu’elles sont éternelles.

    5° La plupart des Prophètes on annoncé le Messie comme Dieu, puisqu’ils lui donnent le nom et les qualités de Dieu ; de là les saints Pères concluent que, quoique le commun des Juifs eût ignoré le mystère de la Trinité, les Patriarches et les Prophètes, et plusieurs Saints de l’Ancien Testament l’ont connu, mais non pas aussi parfaitement que nous le connaissons.

    Ne peut-on pas connaître et prouver le mystère de la Trinité par la raison ?

    Il est vrai que la raison éclairée par la foi nous sert à connaître en partie ce mystère, quoiqu’elle ne le puisse pas comprendre, puisqu’il est infiniment au-dessus de l’esprit humain. Voici cependant ce que l’on peut en savoir par les lumières de la raison : Dieu, étant un esprit, a un entendement et une volonté ; l’entendement de Dieu pense et raisonne, connaît et contemple sa nature et ses perfections : ainsi il y a dans Dieu une pensée, une parole intérieure, une connaissance, une image, et une représentation de lui-même et de ses perfections ; or, la foi nous apprend que cette pensée, cette idée, cette image de la substance de Dieu est une personne comme lui, qui est son Fils, et la raison n’est point contraire à cette conséquence, car la raison nous dicte que tout ce qui est dans Dieu est infini, et par conséquent Dieu ; ainsi nous comprenons que cette pensée, qui a toujours été Dieu, est Dieu elle-même, étant éternelle et infinie comme Dieu.

    La raison nous montre aussi que la volonté de Dieu n’a pas été oisive, non plus que son entendement ; elle n’a pas même été un instant dans l’action, elle a toujours aimé, et cet amour, c’est le Saint-Esprit, qui est la troisième personne de la Trinité. Voilà comment la raison nous aide elle-même à connaître quelque chose du mystère de la Trinité ; mais il est impossible que nous comprenions parfaitement ce grand mystère ; puisque nous ne pouvons pas comprendre notre nature elle-même, comment pourrions-nous comprendre la nature de Dieu, qui est infiniment élevée au-dessus de la nôtre ? Plus les mystères de la foi sont incompréhensibles et au-dessus de la portée de l’esprit humain, plus ils sont adorables et respectables, et plus ils nous font voir que notre religion est une religion surnaturelle et divine, puisqu’elle est si élevée au-dessus de la raison.

    Voyons-nous dans le monde quelque image de la Trinité ?

    Tout ce que nous pouvons voir dans l’univers ne représente qu’imparfaitement ce mystère, et toutes les comparaisons qu’on peut faire pour le comprendre sont imparfaites. Cependant, 1° notre âme ayant été créée à l’image de Dieu représente en quelque sorte le mystère de la sainte Trinité, en ce qu’elle a trois facultés, savoir, l’entendement, la volonté et la mémoire, et ces trois facultés ne sont que la même âme, de même que les trois personnes ne sont qu’un Dieu. 2° Le soleil est aussi une image de la Trinité ; car de même que le soleil produit la lumière et la chaleur, de manière que la lumière et la chaleur ont été aussitôt que le soleil, de même le Père engendre son Fils, et le Père et le Fils produisent le Saint-Esprit ; de manière que le Fils a été aussitôt que le Père, et le Saint-Esprit aussitôt que le Père et le Fils ; et comme la lumière et la chaleur ne sont qu’une même chose avec le soleil, de même le Fils et le Saint-Esprit ne sont qu’une même chose avec le Père. 3° Un triangle : les trois angles sont distingués l’un de l’autre de sorte qu’ils forment cependant le même triangle qui consiste dans ces trois angles ; ainsi les trois personnes sont distinguées l’une de l’autre, quoiqu’elles soient la même nature qui subsiste dans ces trois personnes. 4° L’Église représente aussi le mystère de la Trinité par le cierge triangulaire du samedi-saint, et par les trois infusions dans le baptême, versant trois fois de l’eau sur la tête de l’enfant, en l’honneur de chacune des trois personnes de la sainte Trinité.

     

    DE CE QUI EST COMMUN AUX TROIS PERSONNES DE LA TRINITÉ, ET DE CE QUI EST PROPRE À CHACUNE

    Qu’est-ce qui est commun aux trois personnes de la Trinité ?

    Les trois personnes ont la même nature, c’est-à-dire, le même esprit est dans cette nature qui est commune à tous les trois ; elles possèdent les mêmes perfections : même puissance, même bonté, même sagesse, même divinité, selon ces paroles du Sauveur : " Tout ce que mon Père a est à moi ".

    Quand on dit que les trois Personnes ont la même nature et les mêmes perfections, est-ce seulement qu’elles ont une nature et des perfections semblables, comme on pourrait dire de trois personnes qu’elles se ressembleraient parfaitement : " Voilà trois personnes qui ont la même grandeur, le même caractère et le même naturel " ? Ou est-ce à dire que les trois Personnes de la Trinité aient la même nature et les mêmes perfections, de telle sorte que la nature et les perfections du Père soient les mêmes que celles du Fils et du Saint-Esprit ?

    Les trois Personnes de la sainte Trinité n’ont pas une nature semblable comme trois personnes qui se ressembleraient, et qui ont cependant chacune une autre nature propre, chacune un corps et une âme différents de celui des autres ; mais elles ont tellement la même nature et les mêmes perfections qu’elles n’ont qu’une seule et même nature ; puisqu’elles n’ont et ne sont toutes trois que le même esprit. Les trois Personnes ont aussi la même action ; ce qu’une fait, l’autre le fait également ; ainsi comme le Père a tout créé, gouverne tout, et conserve tout l’univers, le Fils et le Saint-Esprit ont de même tout créé avec le Père, et gouvernent et conduisent tout avec le Père.

    Que résulte-t-il de là ?

    Que les trois Personnes étant le même Dieu, ayant la même divinité, doivent être aimées, servies et adorées l’une comme l’autre, puisqu’elles sont autant l’une que l’autre ; c’est ainsi que Jésus-Christ nous apprend dans l’évangile que son Père a jugé qu’on rendrait au Fils le même honneur et le même culte qu’à lui-même. Ainsi l’Église adore-t-elle les trois personnes de la sainte Trinité l’une comme l’autre et l’une avec l’autre, en disant : " Gloire au Père, au Fils, et au Saint-Esprit " ; et elle n’adore rien autre chose, parce qu’il n’y a que ces trois personnes qui soient Dieu.

    De ce que les trois personnes de la Divinité ont le même nature, que s’ensuit-il encore ?

    Il s’ensuit qu’elles sont inséparables, qu’elles sont l’une dans l’autre, l’une avec l’autre, sans pouvoir être un moment l’une sans l’autre. Ainsi Jésus-Christ nous dit dans l’évangile : " Mon Père est dans moi, et moi je suis dans mon Père. Je ne suis pas seul, mais mon Père fait les œuvres que je fais avec moi ". De là il s’ensuit encore que le Père et le Saint-Esprit étaient avec Jésus-Christ quand il était sur la terre, et qu’ils sont encore avec lui par concomitance dans le saint Sacrement de l’autel, puisqu’étant le même esprit ils sont inséparables.

    Qu’y a-t-il de particulier à chacune des personnes pour la distinguer des autres ?

    Ce qui est propre au Père, c’est qu’il engendre le Fils, lui seul ; et qu’il produit le Saint-Esprit avec le Fils ; ce qui est propre au Fils, c’est qu’il est engendré du Père, et qu’il produit le Saint-Esprit avec le Père ; ce qui est propre au Saint-Esprit, c’est qu’il procède du Père et du Fils : ainsi le Père n’est produit d’aucun autre principe, et le Saint-Esprit est produit du Père du Fils sans produire aucune autre personne : voilà ce qui est propre à chacune des Personnes, et ce qui met de la différence entre elles, de sorte que l’une est distinguée de l’autre ; mais, excepté ces propriétés qui conviennent à une Personne sans convenir à l’autre, tout est commun aux trois Personnes, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, excepté cependant encore le mystère de l’Incarnation, qui convient au Fils seul, à l’exclusion du Père et du Saint-Esprit.

    Pourquoi la première personne s’appelle-t-elle Père, la seconde, Fils, et la troisième, Saint-Esprit ?

    La première personne s’appelle Père, parce qu’elle engendre le Fils, la seconde s’appelle Fils, parce qu’elle est engendrée du Père, la troisième, Saint-Esprit, parce que c’est l’Esprit du Père et du Fils, qui est infiniment saint.

    Comment le Père engendre-t-il son Fils ?

    Par voie d’entendement, en se connaissant lui-même, et en contemplant ses perfections ; il se forme dans son entendement une pensée, une idée, une image toute semblable à lui, et qui le représente parfaitement, comme lorsqu’on pense à une chose, on s’en forme une idée qui est semblable à la chose à laquelle on pense, ou lorsqu’on se regarde dans un miroir, on voit sa représentation, avec cette différence que l’idée que nous avons d’une chose n’est que passagère, et que la pensée de Dieu lui est essentielle et continuelle, et que la représentation de nous-même dans un miroir n’est qu’une réverbération des rayons réfléchis vers nous, au lieu que la représentation et l’image que le Père se forme de lui-même est une personne réelle et véritable ; c’est pour cela que le Fils de Dieu est appelé dans l’écriture le Verbe éternel, c’est-à-dire la pensée ou la parole intérieure de Dieu, qui a toujours été dans son entendement, l’image du Père, et la figure de la substance, mais une image réelle et substantielle, qui ne représente pas seulement la nature divine en figure, mais qui la contient réellement.

    Comment le Père et le Fils produisent-ils le Saint-Esprit ?

    Par voie d’amour, c’est-à-dire, en s’aimant, et comme c’est la volonté qui aime, et que le Père et le Fils ont la même volonté, il s’ensuit que le Saint-Esprit procède des deux personnes comme d’un même principe ; c’est ainsi que l’Église l’a décidé dans le concile de Florence.

    Quand le Père a-t-il engendré le Fils ?

    De toute éternité, parce qu’il s’est toujours connu.

    Quand le Père et le Fils ont-ils produit le Saint-Esprit ?

    De toute éternité, parce qu’ils se sont toujours aimés. Ainsi il est aisé de voir que le Fils est aussi ancien que le Père, et le Saint-Esprit aussi ancien que le Père et le Fils.

    Le Père engendre-t-il encore son Fils maintenant ? Et le Père et le Fils produisent-ils encore le Saint-Esprit ?

    Oui, la génération du Fils, et la procession du Saint-Esprit, est éternelle et continuelle, parce que le Père n’a pu et ne peut être un moment sans se connaître, et le Fils et le Père ne peuvent être un moment sans s’aimer ; ce qui s’est fait dans Dieu de toute éternité se fait encore actuellement, et se fera toujours de même, parce qu’il ne peut y avoir de changement dans Dieu.

     

    PREUVES DE LA DIVINITÉ DES TROIS PERSONNES

    Comment peut-on montrer par l’écriture sainte que le Père est Dieu ?

    Jésus-Christ en adressant la parole à son Père dit dans l’évangile : " C’est la vie éternelle de vous connaître, vous qui êtes le vrai Dieu " ; et l’écriture nous dit partout que le Père est Dieu.

    Comment peut-on prouver que le Fils est Dieu ?

    Saint Jean le dit en propres termes dans le premier chapitre de son évangile : " Au commencement était le Verbe, et le Verbe était Dieu ". Et l’écriture nous apprend qu’il a la nature divine, qu’il est égal au Père, qu’il a tout créé, et que les Anges l’adorent ; tout cela prouve évidemment qu’il est Dieu, et l’Église, dans le premier concile général de Nicée, a condamné les Ariens qui niaient la divinité de Jésus-Christ.

    Comment peut-on prouver que le Saint-Esprit est Dieu ?

    Lorsqu’Ananie, ayant vendu un champ, voulait tromper les Apôtres en retenant une partie du prix, assurant qu’il n’en avait pas reçu davantage, saint Pierre lui dit : " Pourquoi avez-vous menti au Saint-Esprit ? Ce n’est point aux hommes que vous avez menti, c’est à Dieu ". Le Saint-Esprit est donc Dieu. Le même Apôtre nous dit encore que les Anges brûlent du désir de le voir et de le contempler dans le ciel, et l’écriture nous enseigne qu’il a créé le ciel avec le Père et le Fils. Jésus-Christ ordonne à ses Apôtres de baptiser en son nom aussi bien qu’au nom du Père et du Fils. Il le promet à son Église comme enseignant toute vérité, comme l’auteur et le distributeur de toutes les grâces ; or, tout cela prouve évidemment qu’il est Dieu. Enfin, l’Église a condamné comme hérétiques, dans le second concile général de Constantinople, les Macédoniens qui niaient la divinité du Saint-Esprit.

    Puisque le Père est Dieu, que le Fils est Dieu, que le Saint-Esprit est Dieu, pourquoi ne peut-on pas dire que ce sont trois Dieux, comme on dit : Pierre est homme, Paul est homme, Jacques est homme, donc ce sont trois hommeS ?

    C’est que ces trois personnes, Pierre, Paul et Jacques, ont chacun une nature différente, chacune un autre corps et une autre âme ; au lieu que les trois personnes de la Trinité n’ont qu’une même nature, qu’un même esprit, et qu’une même divinité.

    La nature divine est-elle divisée et partagée entre les trois Personnes ?

    Non, la nature divine étant un esprit simple ne peut être divisée ni partagée, mais elle subsiste tout entière dans la Personne du Père, et tout en entière dans la Personne du Fils, et tout entière dans la Personne du Saint-Esprit.

     

    RÉFLEXIONS ÉDIFIANTES SUR LE MYSTÈRE DE LA SAINTE TRINITÉ

    Quelles réflexions devons-nous faire à l’occasion du mystère de la sainte Trinité ?

    1° Ce mystère étant incompréhensible et infiniment au-dessus de l’esprit de l’homme prouve l’excellence et la divinité de notre religion, et nous fait voir qu’elle ne peut venir que de Dieu, car jamais l’homme ne se serait imaginé qu’il y eût trois Personnes en un seul Dieu, si Dieu lui-même ne le lui avait révélé. Une religion qui ne nous enseignerait de Dieu que des choses faciles à comprendre ne paraîtrait qu’une religion naturelle et humaine ; mais celle qui nous apprend de Dieu des choses incompréhensibles est une religion surnaturelle et divine.

    2° Le Père engendrant son Fils par voie d’entendement en se connaissant et en contemplant sa nature et ses perfections nous apprend que toutes les lumières de notre esprit doivent être consacrées à connaître et à contempler la nature et les perfections de Dieu ; et le Père et le Fils produisant le Saint-Esprit par voie d’amour nous montrent que notre volonté et toutes les puissances de notre âme doivent être consacrées à aimer les perfections divines, ainsi que toute notre religion consiste à connaître et à aimer Dieu.

    3° Le Père en communiquant à son Fils toute sa nature et toutes ses perfections nous fait voir combien la bonté est essentielle à Dieu, puisqu’il n’a jamais été un seul instant dans l’éternité sans se donner tout à son Fils : ainsi Dieu est infiniment bon, en lui-même à l’égard de son Fils, puisqu’il se communique tout à lui ; et il est aussi infiniment bon hors de lui-même envers nous, puisqu’il nous donne tout en nous donnant son Fils dans le mystère de l’Incarnation, comme on le verra ci-après. Le Père et le Fils qui produisent le Saint-Esprit par voie d’amour, et qui lui communiquent aussi sans réserve leur nature et leurs perfections, nous apprennent que la vraie charité n’est point stérile, mais qu’elle est efficace, qu’elle opère, qu’elle donne tout, et qu’elle se sacrifie elle-même pour la gloire de Dieu et le salut du prochain.

    4° Enfin, l’union essentielle qui est entre les trois personnes de la Trinité, qui, n’ayant qu’une même nature, une même volonté, une même action, ne font qu’un Dieu, nous marque quelle doit être la paix, l’union, la concorde qui doit régner entre nous, à l’exemple des premiers fidèles qui n’étaient qu’un cœur et qu’une âme. C’est Jésus-Christ lui-même qui nous fait voir cette conséquence en nous apprenant que nous devons être unis de sentiments comme les personnes de la Trinité sont unies par nature : " afin qu’ils soient un comme nous ".

     

    CE QU’ON DOIT FAIRE APRÈS AVOIR ÉTÉ INSTRUIT SUR LE MYSTÈRE DE LA TRINITÉ

    Que doit-on faire quand on a été instruit sur le mystère de la Trinité ?

    1° On doit remercier Dieu de la grâce qu’il nous a faite de nous révéler ce mystère qu’il a caché à tant d’autres ! Et on peut lui dire comme David, pénétré d’une sainte reconnaissance : " Seigneur, vous n’avez pas agi ainsi à l’égard des autres nations ", et vous ne leur avez pas manifesté comme à moi les mystères de votre religion.

    2° On doit croire ce grand mystère d’une foi ferme et inébranlable, puisque c’est Dieu lui-même qui nous l’a révélé, et que toute l’Église, qui est infaillible, l’a toujours cru, le croit, et nous le propose à croire comme le premier et le plus grand mystère de notre foi. On doit donc souvent faire des actes de foi sur ce mystère.

    3° On doit l’adorer avec un profond respect.

    4° Nous devons aussi consacrer aux trois personnes de la Trinité les trois facultés de notre âme, l’entendement, la mémoire et la volonté, qui sont en quelque sorte l’image de ce mystère.

    5° Nous devons avoir un grand soin d’apprendre ce mystère à tous ceux qui l’ignorent, et surtout aux enfants, aux domestique et à toutes les personnes qui sont sous notre conduite.


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